La version "strips" des débuts du Tisseur vaut-elle que l'on s'y intéresse ? Retour sur The Complete Spider-Man Strips.
Gros plan sur deux recueils, sortis en 2007 et 2008 par Panini, qui contiennent les strips de Stan Lee et John Romita Sr, publiés de janvier 1977 à janvier 1981 dans la presse américaine. Il s'agit donc d'une production à part, spécifiquement destinée aux journaux, et non d'un simple redécoupage des premiers comics.
Quel intérêt me direz-vous ? Eh bien déjà, cela vous évite d'acheter quelques centaines de journaux américains datant des années 70. Plus sérieusement, cela permet de jeter un œil à du matériel certes ancien mais inédit et différent (en tout cas sur certains plans) de ce que l'on connaît des premiers pas du Monte-en-l'air.
Non seulement ces strips sont indépendants de la continuité "normale" (il ne s'agit pas de l'univers 616 mais de la Terre-77013), mais l'on pourra également noter quelques différences avec le début de la vaste saga de Spidey, publiée dans Amazing Spider-Man. Par exemple, Parker acquiert ses pouvoirs non lors d'une sortie d'étude organisée par son école mais suite à l'une de ses propres expériences. Des personnages nouveaux, n'étant jamais apparus en comics, sont également ajoutés, comme Carole Jennings, sorte de Gwen Stacy alternative, ou le Crotale (Henry Bingham) pour les super-vilains. Certains états imaginaires sont conservés, comme la Latvérie de Fatalis, mais d'autres apparaissent dans ces pages, comme la Boravie. Autre petit détail, Mystério s'appelle Hadley Harper et non Quentin Beck.
Si certains de ces changements n'ont pas de réelle fonction, d'autres répondent aux besoins narratifs de ce genre particulier qu'est le strip, donc une histoire à épisodes d'une poignée d'images journalières ne fonctionnant pas comme un comic au format traditionnel. Il faut évidemment être concis, éviter les backgrounds trop complexes et caser un maximum de texte dans un minimum de place, art dans lequel excellait ce bougre de Stan.
Graphiquement, Romita premier du nom fait ici des merveilles, en livrant des cases riches, lisibles et efficaces. Quant au scénario, même en étant pensé à l'origine pour un surdécoupage bien particulier, il tient en haleine, alterne action et moments plus intimes voire émouvants, et fascine par ses petites entorses à la continuité traditionnelle.
Outre les histoires rassemblées ici, ces albums proposent également un petit topo sur les auteurs, quelques planches d'essai, en VO, qui n'avaient jamais été publiées ou encore un glossaire, fort pratique pour les plus jeunes, décrivant les personnages - réels ou imaginaires - évoqués dans ces histoires (on nous explique même qui est Raquel Welch ou Jimmy Carter, ce qui ressemble quand même à du zèle).
Voilà donc des livres au parfum très rétro et au contenu original, mélange de déjà-vu et de subtiles réinventions. Un bel objet de collection également, l'élégant mini format à l'italienne convenant parfaitement au genre. Ajoutons que malgré la présence d'une jaquette, la couverture en dur bénéficie d'un semblant d'illustration.
Notons que les deux tomes se trouvent encore d'occasion à des prix raisonnables.
| + | Les points positifs | - | Les points négatifs |
|
|





