Saint Seiya Deluxe
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Retour sur l'édition Deluxe du manga culte Saint Seiya.

Doit-on encore présenter les fameux Chevaliers du Zodiaque ? La série de Masami Kurumada a connu un énorme succès grâce à des combats épiques, de l'émotion et quelques concepts astucieux (les armures liées aux constellations, le cosmos et notamment les 7e, 8e et 9e sens).
Si des suites explorant la mythologie de l'œuvre ont vu le jour (Next Dimension, Dark WingThe Lost Canvas...), la série principale, avec sa terrible bataille du Sanctuaire, l'affrontement contre Poséidon et ses Marinas, puis le grand final avec Hadès et ses Spectres, reste la plus mythique et bénéficie d'une réédition apportant diverses améliorations (de plusieurs en réalité, mais on se contentera ici de la Deluxe, pour les autres spin-offs, cf. ce dossier, encore incomplet mais proposant une liste exhaustive et illustrée des suites).

Tout d'abord, précisons que Kana a opté pour le sens de lecture japonais, ce qui est très bien lorsqu'on lit du japonais mais devient une idée absurde quand on lit une adaptation française. C'est au mieux du snobisme crétin, au pire une manière de gagner du temps et de l'argent en n'adaptant pas convenablement l'œuvre pour le marché français (eh oui, quand on "respecte" un "produit", on le travaille, on ne vous sert pas de poisson non vidé au restaurant par exemple, histoire de prendre un exemple que même les plus demeurés comprendront).
Mais voyons cette nouvelle édition dans le détail. Tout d'abord, elle bénéficie d'une nouvelle traduction et d'un nouveau lettrage, permettant notamment de corriger certaines erreurs de sens (mais qui n'est pas exempte de coquilles). Les différents volumes, qui sont plus épais que ceux de la collection antérieure (22 volumes permettent de couvrir la saga, contre 28 auparavant), proposent également de petits bonus : mini-posters reprenant des scènes clé ou covers de Weekly Shonen Jump
Certains tomes contiennent même des parties colorisées, de manière plus ou moins habile. Si le début, en monochrome, est plutôt agréable à l'œil, certaines planches, avec leurs couleurs vives et sans nuances qui rappellent le pire de la colorisation des années 60, sont proprement hideuses. Voilà qui apportera de l'eau au moulin des adeptes du noir & blanc qui en sont encore à croire que l'absence de couleurs est liée à une volonté artistique alors qu'il s'agit de contraintes (de temps et d'argent) qui n'existent plus pour des manga tels que Saint Seiya ou Dragon Ball, pour ne parler que des plus connus. Évidemment, pour qu'une colorisation apporte un réel plus (comme celle de Bone par exemple), il faut la confier à un professionnel aguerri et capable de tenir compte du style graphique, du cadre, des scènes clés, etc.
Notons que les schémas des armures qui terminent chaque ouvrage bénéficient également d'une touche de couleur, plutôt élégante cette fois.




Les deux principales qualités de cette édition tiennent cependant à deux autres éléments : le format, considérablement agrandi (14,5 x 21) et le papier glacé (bien qu'il soit assez impitoyable au niveau des traits approximatifs ou, justement, de cette semi-colorisation bâclée). Le confort de lecture en est vraiment amélioré, tout comme la sensation au toucher. Exit donc le côté cheap de l'ancienne version. 
Au niveau des couvertures cependant, toujours le même système peu pratique de jaquettes. Les couvertures souples situées en dessous sont un peu dépouillées et criardes (il est pourtant rare de réussir à produire les deux effets en même temps). Il y a bien un dessin qui permet de former une illustration plus grande lorsque l'on associe les livres par deux, mais on n'en voit pas bien l'utilité. Une fresque formée par le regroupement des tranches aurait été plus astucieuse.

Reste que pour que cette édition soit clairement définitive et propose un plus incontournable, il manque un vrai gros bonus comme le Taizen par exemple. Pour ceux qui l'ignoreraient, il s'agit d'un ouvrage encyclopédique qui, aussi incroyable que cela puisse paraître, reste inédit en français (voici tout de même plus de 20 ans que ce livre est sorti !). Il contient de nombreuses illustrations colorisées, un rappel des notions de base sur Athéna et ses Saints, des fiches de personnages, regroupées par classe, avec caractéristiques techniques, et même de magnifiques plans du sanctuaire, du sanctuaire sous-marin de Poséidon et des Enfers. Voilà de quoi largement faire un 23e volume qui conclurait de belle manière l'épopée. Kana n'a pas trouvé bon de le faire... à moins que cela pose un problème technique ou juridique dont je n'ai pas connaissance.

Une édition avec une colorisation partielle un peu gadget mais également de réels plus esthétiques liés au format et au papier. Tout cela est cultissime, mais attention, ne vous attendez pas, dans cette version manga, au côté épique et émouvant de la série animée. Kurumada atteint très vite ses limites, que ce soit au niveau des dessins, pas toujours très lisibles, ou surtout du texte, médiocre et incroyablement répétitif (cf. cet article et les nombreux exemples qu'il contient).

Pour les fans et les curieux uniquement. 




 

+ Les points positifs - Les points négatifs
  • Un univers mythique.
  • De nombreux concepts fascinants.
  • Une édition deluxe offrant un plus grand confort de lecture.


  • Des dessins souvent peu aboutis.
  • Un texte d'une médiocrité rare.
  • Encore des coquilles.
  • On attend toujours la version colorisée.