Entretien avec... le Radis Irradié !
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Un entretien un peu particulier aujourd'hui, puisque nous ne recevons pas un acteur du milieu éditorial mais un vidéaste, portant l'étrange nom de Radis Irradié. Sa chaîne Youtube est essentiellement consacrée aux critiques et aux analyses, toujours effectuées avec un montage soigné et un humour décapant ! Ce qui justifie pleinement ses plus de 140 000 abonnés.
Vu le courage légendaire de la rédaction, tout le monde s'est défilé lorsque le mot "irradié" a été prononcé. C'est donc Virgul qui mène la danse. Après tout, quoi de mieux qu'un chat pour interroger un radis ? Miaw !


Virgul : On commence par une question que l’on a déjà dû te poser mille fois, pourquoi le "Radis Irradié" ?

Le Radis Irradié : Non, on commence par se dire bonjour déjà, haha !
Alors, au début de ma chaîne, j’avais pour pseudo "RadTV". "Rad" en référence aux radiations de Fallout (une des licences de Bethesda que j’adore) et "TV" car je voulais quelque chose qui rappelle simplement la télévision, un programme qui ne diffuse que du Fallout 4 (j’ai fait bien d'autres jeux après). Puis, avec le temps, j’ai eu comme surnom "Rad" puis "Radis". Et comme j’étais sur Fallout 4… Radis Irradié ! Tadaaaam !
C’est vraiment bête, hein ? Oui, faut le dire.. haha.


Virgul : Ta chaîne propose plusieurs rubriques, notamment les JMAMY ou les PLS, est-ce que tu pourrais nous dire en quoi elles consistent ?

Le Radis Irradié : Bien entendu.
Une vidéo dans le format JMAMY ou "J’ai Mal À Mon Youtube" est une critique/analyse d’un phénomène sur Youtube (logique), une tendance, une ou un Youtubeur.
Je suis plutôt soft dans ce format, avec quelques blagues par-ci par-là.
Les Micro JMAMY, pareil que les JMAMY mais en plus rapide !

Dans le Format AVY ou "Analyse Vidéo Youtube", je reprends une vidéo sans grand intérêt et y balance un maximum de blagues ! J'essaie de construire quelque chose à partir de rien, héhé ! Il n’y a pas de réel but, juste faire rire les gens !

L’HDLPLS ou "L’Heure De La PLS" est un format qui se rapproche plus… de la dénonciation que de la critique. Je dévoile les délits que certains Youtubers commettent, comme Jericho et le vol d’articles ou de vidéos, ou TopDuTop, des arnaques à gogo... Et plus récemment Jery "Chasseur de fantômes" (cf. cette vidéo, puis celle-ci), qui a une belle liste de délits à son actif, comme : arnaques, abus de confiance, infiltrations et dégradations dans des propriétés privées, cyber harcèlement et j’en passe...
Ce format est tellement garni de preuves que parfois YouTube ferme les chaînes comme 4Zurian, Topdutop et bientôt je l’espère Jery "Chasseur de fantômes". (J’y travaille.)

Et finalement Soignons Notre Youtube, où là je présente des chaînes qui me tiennent à cœur.
Ça aide des gens talentueux à se faire connaître et cela me donne un gain "capital sympathie" non négligeable !


Virgul : Tu fais un travail critique, axé (au moins au début, nous y reviendrons) sur le négatif, les pires choses que l’on trouve sur Youtube, pourquoi un tel choix ?

Le Radis Irradié : Quand j'étais petit, je voulais être un super-héros mais…  je n'avais pas ce qu'il fallait pour me foutre la tronche dans une cuve de produit chimique ! Du coup BIM ! Youtubeur. Je reste au chaud et ne passe pas mes soirées en collants !
Plus sérieusement, je déteste qu'une personne abuse de sa notoriété pour faire des conneries sur internet (même dans la "vie réelle" hein), que ce soit des vols, escroqueries, mensonges, foutages de gueule ou même de la désinformation.
Une personne influente ne devrait pas se comporter ainsi devant les gens qui la suivent, au risque que ces derniers reproduisent les mêmes choses. Comme Kay, qui conseillait de se mettre du miel dans les yeux pour les éclaircir. Alors, oui ça fonctionne... mais paye ta cataracte, ma biche !


Virgul : Une question un peu technique, entre l’écriture, l’enregistrement, les effets, le montage, combien une vidéo te demande-t-elle de temps ? Est-ce que tu es riche comme tous les youtubeurs ? Est-ce que tu peux me prêter 10 000 euros ?

Le Radis Irradié : Houla, je ne connais pas vraiment la réponse !
Comme j'essaie de mettre le plus de choses dans mes vidéos, il m'arrive de devoir refaire de l’écriture même après un tournage. Mais pour ma première vidéo sur Jery, je sais qu'il m'a fallu un mois et dix jours pour la prise de renseignements, l'écriture, le tournage, le montage, plus les vérifications (en comptant 5 à 7 heures de travail par jour).
Autant dire que ce n’est pas du tout rentable, alors ne compte pas sur moi pour avoir un seul centime ! Ça me fait bien rire les gens qui me disent que je fais ça pour l'argent... Hum...


Virgul : J’ai cru comprendre que tu étais un pro du montage, et que tu officiais sur d’autres chaînes, souhaites-tu nous parler de cette partie de ton travail ?

Le Radis Irradié : Merci pour le compliment !
En effet il m’arrive de faire du montage pour les copains mais c’est très rare, je place mes projets en tête de liste... car ils me prennent beaucoup de temps, haha !
Il y a de cela un an j’avais aidé Superflame pour son format "YOUTUBE FAKE NEWS".
Et plus récemment Anthox Colaboy à qui j'ai prêté ma voix pour un futur projet !


Virgul : Tu fais preuve d’un humour assez acide, humour qui passe parfaitement grâce notamment à une grande rigueur dans l’argumentation (autant dire que sur UMAC, on adore !), mais qu’est-ce qui te vient en premier ? Est-ce que tu es en colère en voyant des conneries, et tu te dis que tu vas en rire un peu, ou bien tu veux te moquer et tu soutiens les vannes par un propos bétonné ? Et en même temps, est-ce que c’est pas un peu pareil au final ? Est-ce que j’aurais pas dû bosser un peu plus mes questions ? Je ne suis qu’un chat, mince, qu’est-ce que je fais là ?

Le Radis Irradié : Cela commence par de la colère (surtout dans le format l’heure de la PLS).
Puis, après plusieurs heures d’écriture, vient la prise de recul, les moqueries et les rires, oui. Je ne me permettrais pas de me moquer sans preuve solide ou raison valable. De mon point de vue, il est légitime de faire des blagounettes sur certains vidéastes si ces derniers se moquent de leur communauté.
Et puis... le rire me permet de ne pas prendre la chose trop à cœur, il ne faut pas en faire une affaire personnelle, c’est dangereux pour la santé du cigare.
Et... oui, bosse tes questions, j’ai du relire plusieurs fois pour comprendre ton truc !!


Virgul : Je vais faire un effort, promis. Tu as évoqué diverses évolutions possibles de ta chaîne, certaines que l’on voit déjà, comme Soignons notre Youtube (comme par hasard, la première vidéo positive est consacrée à des nanas exclusivement… ça va, c’est mieux que Tinder, Youtube ?). Mais, tu as aussi parlé d’urbex… alors, à quand une collab avec McSkyz ?

Le Radis Irradié : La Youtube Money, c’est bien. C’est encore mieux quand il y a de la gonzesse (j'espère que ma femme ne verra pas ça, haha).
Sauf dans le maquillage et le lifestyle, la gent féminine est sous-représentée dans tous les domaines. Je trouve ça important de mettre certaines vidéastes en valeur et puis… ça me permet de me mettre les féministes dans la poche.
Oui, J'aimerais faire d'autres choses sur ma chaîne comme de l’Urbex, mais aussi des reportages, ou même des trucs complètements cons mais qui me font rire (avec un minimum de travail, toujours).
Un feat avec McSkyz ? Haha non !
S'il apparaît sur ma chaîne ça ne sera pas pour de bonnes raisons.


Virgul : Bon, je redeviens un peu plus sérieux. Heu… tu vois comment l’avenir de Youtube ? Est-ce que c’est condamné à devenir être un océan de merde avec quelques ilots sympathiques surnageant de-ci de-là ? En gros… comme la télé ?

Le Radis Irradié : Tu as cru que j’étais Nostradamus ? Haha !
Si l’article 13 [1] devient valide… Oui. C’est un avenir probable. Mais en faisant abstraction de celui-ci, non. Je suis plutôt confiant malgré toutes les merdes que je montre sur ma chaine. La télé est présente sur Youtube depuis quelques années, bien plus aujourd’hui, c’est vrai, mais je suis certain qu’il y aura toujours des créateurs indépendants. Les gens n’aiment pas uniquement les œuvres professionnelles, ils aiment aussi les créations amateurs. Et je ne parle pas des films pour adultes.
Il y aura toujours des personnes qui voudront voir du gaming, des conseils beauté, des critiques de film et j’en passe. Des choses que nous ne pouvons pas forcement voir à la télévision.


Virgul : Alors là, on passe au niveau philosophique et tout, comme si on était capable de réfléchir, d’avoir du recul, tout ça. Tout en sachant que tu es une plante et que je suis un animal. Donc, dénoncer, critiquer, être vigilant, essayer de promouvoir ce qui vaut le coup… c’est cool. Mais, sur quels critères te bases-tu ? Est-ce qu’il n’y a pas un risque de basculer dans une sorte de snobisme ou de vision un peu sclérosée du "contenu idéal" ? Le "viewer moyen" est-il condamné à osciller entre contenu merdique anarchique et les vidéos validées par une sorte "d’élite" ?

Le Radis Irradié : Ah bah mince… c’est le sujet d’une prochaine vidéo !!
BWHAHAHAHAHAAaaaa !
Je te demande donc d’attendre un petit peu pour avoir une réponse bien plus complète en vidéo que sur le papier ! Si, si, vraiment, ce n’est pas une astuce à deux balles, t’inquiète pas mon minet !


Virgul : Ami Radis, je termine cet entretien par la question habituelle sur UMAC. Si tu pouvais bénéficier d’un super-pouvoir, tu choisirais lequel, et pourquoi ?

Le Radis Irradié : La technopathie. Nous vivons dans une ère où la technologie prend une place des plus importantes dans nos vies. Donc, transfert de ma conscience dans le World Wide Web (ce qui me garantira une immortalité sympathique) puis prendre le contrôle des machines et finalement asservir l’humanité. Une seule pensée, les mêmes objectifs. Expansion, espace, conquêtes, divinité.
Ouais, ça me semble bien comme plan, non ?


Virgul : Un plan aussi machiavélique qu'excitant, oui ! Il me reste à te remercier, cher Radis, pour avoir répondu aussi sympathiquement à notre invitation.

Le Radis Irradié : Merci beaucoup ! Haaaahahahahaha !
[Disparaît mystérieusement (et avec panache) dans une fumée noire...]


Le Radis Irradié



[1] Référence à l'article 13 de la directive Copyright, visant à renforcer le contrôle des œuvres protégées par le droit d'auteur. Si cela semble positif à première vue, le sujet est très complexe et restreindrait énormément la création originale sur Youtube. Pour plus de renseignements (et bien qu'il se défende de maîtriser parfaitement le sujet), nous vous conseillons cette vidéo du Joueur du Grenier.
« Solo », vaurien…
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En mettant de côté les attentes (qui peuvent générer des déceptions) et la production chaotique du film (changement de réalisateur en plein milieu du tournage, scènes ajoutées ou retournées, rumeurs diverses…), que vaut Solo ? Rien…

Critique à l'occasion de la sortie en DVD et Blu-Ray de ce second spin-off de la saga créée par Georges Lucas (pour rappel, nous avions beaucoup aimé le précédent Rogue One).


Il y a tant à dire sur Solo : A Star Wars Story (son vrai titre)… En tant que fan de Star Wars ou non, en tant que spectateur « lambda » ou cinéphile, en tant que connaisseur de l’univers étendu de Star Wars ou novice dans ce domaine, etc. Son histoire s’attarde bien évidemment sur une partie de la « jeunesse » de Han Solo (Alden Ehrenreich) - les guillemets sont de mise car son passé le montre déjà jeune adulte et non enfant ou adolescent - avec un scénario simpliste de prime abord : le pilote se voit séparé de Qi’Ra (Emilia Clarke), sa bien-aimée, et s’enrôle dans les rangs de l’Empire, jurant de la retrouver.

Trois ans plus tard, le soldat - guère émérite - est considéré comme déserteur. Il se lie d’amitié avec Chewbacca (qui était censé le… manger !) avant de rejoindre une bande de voleurs menée par Tobias Beckett (Woody Harrelson). Leur but ? Dérober du coaxium, précieux carburant pour vaisseau, et être payé par Dryden Vos (Paul Bettany), leader de l’Aube Écarlate, une puissante organisation criminelle.

#Gênant : Han s’appelle Solo parce qu’il est… « solo »
(solitaire et sans famille)

Parmi les inepties proposées dans le film de Ron Howard, on en retiendra deux en particulier. Chewbacca est considéré comme un monstre mangeur d’hommes ! Des prisonniers de l’Empire (déserteurs y compris) lui sont envoyés dans une fosse, où il est retenu captif. On ne voit pas le célèbre wookie bouffer de l’humain à l’écran mais c’est évoqué plusieurs fois. Quand on a croisé Chewie dans la prélogie, en plus de la trilogie originale, on a du mal à l’imaginer ainsi… Par ailleurs, entendre Han « parler » le langage du Wookie est là aussi totalement ridicule.

Le mythique nom de Han ? Il trouve un éclaircissement pitoyable. Au moment d'intégrer les rangs de l’Empire, le contrebandier, qui s’est toujours fait appeler « Han », explique qu’il n’a pas de nom de famille puisqu’il n’en a pas (de famille) et qu’il est seul. Le soldat de l’Empire propose donc « Solo ». Voilà. C’est donc « grâce » à cette trouvaille ingénieuse que le célèbre vaurien est officiellement devenu « Han Solo ». Quelle tristesse…


Sur le plan technique, nous sommes dans une production Disney/Lucasfilm à gros budget, en 2018. Donc, sans surprise, les effets spéciaux sont clairement réussis, apportant une certaine crédibilité à l'œuvre de Ron Howard, lors des courses-poursuites par exemple. On retient surtout un braquage à bord d’un train de folie, la scène la plus réussie, originale et intéressante de tout le film. Malgré tout, on ne peut s’empêcher de pester contre la photographie de Solo : celle-ci n’est pas soignée et assombrit le long-métrage de façon continue. La plupart des séquences sont en effet « illisibles », la faute à une image insuffisamment lumineuse, aussi bien dans l’espace (à bord du Faucon Millenium principalement) que sur des planètes paradoxalement chaudes, désertes et aux couleurs vives. Un comble ! Pire encore : le visionnage en 3D - qui n’apporte rien en plus - ajoute une couche obscure supplémentaire à l’écran.

La réalisation de Ron Howard (Apollo 13, Da Vinci Code…) ne sort jamais des sentiers battus. Aucune surprise en termes de mise en scène… C'est peut-être pour cela qu'on l'a pris ! Rien d'original, pas une once d'élégance et malheureusement, aucun moment réellement poignant ou épique. Le spectateur n’a guère d’empathie pour les personnages  - il manque une écriture appliquée ou des ressorts dramatiques convaincants - et, du coup, n’a jamais peur pour eux. Pourtant la distribution est prestigieuse.

Acteurs fades et caméo étrange

Côté casting, justement, c’est le vide intersidéral car aucun acteur ne sort vraiment du lot, à l’exception de Donald Glover qui interprète un Lando Carlissian fort charismatique (autant, voire plus que Billy Dee Williams qui le jouait dans la trilogie originale). Lando est accompagné de son amusante droïde L3-37, doublée par Phoebe Waller-Bridge (et à l’origine d’une théorie romantique inédite, voir encadré ci-après). En mettant de côté ces deux rôles sympathiques, tout le reste est limite à jeter. Alden Ehrenreich campe un Solo parfois crédible (on se plaît à retrouver quelques gimmicks d’Harrison Ford), parfois risible (difficile de retrouver un Solo plausible par rapport à celui que l’on connaît).

Emilia Clarke, connue pour être l'inoubliable Daenerys Targaryen dans Game of Thrones, ne parvient pas à être magnétique. Sa ressemblance avec Jyn Erso (jouée par Felicity Jones dans Rogue One) est assez troublante mais Clarke, elle, reste globalement mono-expressive. Dommage… Quant à Woody Harrelson, il se contente d’être la caricature de la plupart de ses rôles (Hunger Games, True Detective…), c’est-à-dire le « bon gars » attachant (son retournement de veste sur la fin, prévisible, laisse à désirer). Thandie Newton n’apparaît que trop brièvement pour être réellement jugée et le grand ennemi Dryden Vos, incarné par Paul Bettany (alias Vision dans les films Avengers), ne brille pas des masses. Ça reste un méchant plutôt convenu in fine.



La sexualité de Lando 

Lando Calrissian est pansexuel, c’est-à-dire qu’il est attiré, sexuellement ou affectivement, par un individu de n’importe quel sexe ou genre (femme, homme, trans ou, comme dans Solo, droïde !). C’est ce qu’ont confirmé à demi-mot les deux co-scénaristes Lawrence et Jonathan Kasdan en mai 2018. « Je dirais que oui, il est pansexuel, a déclaré le second. Une certaine fluidité ressort des interprétations de la sexualité de Lando par Billy Dee Williams et Donald Glover. J'aurais adoré intégrer un personnage plus explicitement LGBT dans le film. Je pense qu'il est temps pour ça et j'aime le spectre de sexualité que Donald laisse entrevoir. Et j'aime que les droïdes en fassent partie. »


Il est vrai que l’étrange relation sentimentale - et a priori physique (!) - entre Lando et L3-37 fait partie des ressorts comiques et originaux de Solo. Après tout, on a toujours vu diverses créatures et races cohabiter, voire nouer une relation dans la saga Star Wars ou dans son univers étendu, alors pourquoi pas des droïdes ? « Lando maintient l'ambiguïté. Je trouve ça amusant ! » concluait l’auteur.


En plus de tous ces éléments « négatifs », qui n'empêchent pas de voir un spectacle de divertissement plus ou moins convaincant (selon son degré d'exigence et sa relation avec Star Wars), on est dubitatifs devant le retour d’un méchant iconique. Attention : si vous n’avez pas vu le film, on vous déconseille la lecture de ce paragraphe et du suivant, passez à celui d'après. La fin de Solo révèle en effet un échange entre Qi’Ra et le « vrai » chef de l’Aube Écarlate : Dark Maul ! Surprise totale pour les spectateurs puisque rien n’avait fuité de ce caméo.

L’ancien apprenti de Dark Sidious est donc vivant, même si son corps avait été coupé en deux avant sa chute mortelle dans La Menace Fantôme. L’explication de cette « résurrection » est à découvrir principalement dans la série The Clone Wars (cf. notre article sur Dark Maul). De quoi satisfaire les fans de l’univers étendu ? Oui et non car le film se doit d’être accessible au plus large public possible. Ce segment s’avère donc assez peu compréhensible pour le spectateur « lambda ». À moins que ce ne soit pour attirer ces derniers vers les extensions canoniques de la saga… Dans les deux cas, ça reste malhabile.

Solo n’apporte rien (d’intéressant) à l’univers Star Wars

Un scénario simpliste et prévisible (de Lawrence Kasdan, responsable de l’écriture des épisodes V - le meilleur pourtant ! -, VI et VII, accompagné de son fils Jonathan Kasdan), un casting majoritairement insipide, une photographie hideuse avec son ton lugubre et monotone, pas de réel moment épique, une musique guère entraînante ou mémorable (pourtant signée John Powell et, surtout, John Williams, compositeur historique de tous les épisodes de la saga à l’exception de Rogue One), des connexions maladroites avec l’univers étendu… Il ne reste pas grand-chose pour sauver le film sur le vaurien le plus célèbre de la saga.

On retiendra principalement Lando & L3-37, les effets spéciaux et la scène du train. Quelques « réponses » à des interrogations de fans (acquisition du Faucon Millenium, rencontres avec Chewbacca et Lando…) et des références aux autres épisodes peuvent être plaisantes, selon le degré d’exigence (à nouveau) du spectateur. Le plus attentif peut déceler les différences de « ton ». Celui-ci oscille parfois entre le très sérieux et l’humour en roue libre (sans doute les rares scènes restantes des deux réalisateurs Phil Lord et Chris Miller - responsables de Tempête de boulettes géantes, La Grande Aventure Lego, 21 Jump Street et sa suite -, qui devaient initialement mettre en scène Solo avant d’être remplacés par Ron Howard). Difficile d’être enthousiaste devant le deuxième spin-off de la saga étoilée car le film n’apporte rien à l’univers. Et en tant que long-métrage isolé, il est plus que moyen.


Cet article a été publié dans le magazine Ciné Saga #25 en juillet 2018.




+ Les points positifs - Les points négatifs
  • Le personnage de Lando et son duo avec L3-37.
  • Les effets spéciaux (notamment pour la scène du train).

  • Un scénario simpliste et prévisible.
  • Casting insipide.
  • Photographie hideuse et sombre.
  • Des inepties par rapport au reste de la saga.
  • Des connexions maladroites avec l'univers étendu.
  • Une musique peu mémorable.
  • Une mise en scène guère originale.
  • Pas vraiment de moments épiques.
Immortel
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[1]

Je ne sais pas si le grand public et les médias mesurent l'importance de l'influence qu'a eu Stan Lee sur la pop culture en général et bien entendu l'univers Marvel en particulier.

L'on sait que "Stan the Man" n'était pas le seul à œuvrer sur le destin de certains personnages devenus aujourd'hui mythiques. Selon le "Marvel way" de l'époque, la tâche créative et narrative était répartie entre lui et les dessinateurs, comme Steve Ditko ou Jack Kirby.
Il n'en demeure pas moins que le bonhomme est à l'origine de certains des plus grands super-héros de la Maison des Idées, comme les Fantastic Four, les X-Men, les Avengers, Hulk, Daredevil, Iron Man ou encore bien évidemment Spider-Man. Et que son style bien particulier, consistant à insuffler plus de réalisme et de problèmes quotidiens dans les récits (ce qui était particulièrement novateur pour l'époque), a contribué au succès de ces titres sur le long terme.

Rares sont les scénaristes et/ou responsables éditoriaux pouvant se vanter d'avoir eu un tel impact sur leur maison d'édition et le lectorat.
Et puis, avec le temps, Stan était devenu une sorte de symbole, que les plus jeunes découvraient dans les adaptations cinéma grâce à de petites apparitions "clins d'œil".

[2]
Sans Stan Lee, UMAC n'existerait pas. Puisque c'est ma passion retrouvée pour le Spider-Man que je suivais, enfant, qui est à l'origine de ce site.
Sans Stan Lee, je n'aurais pas allié passion et activité professionnelle et n'aurais jamais eu la chance de travailler sur les centaines de comics dont on m'a confié la relecture.
Sans Stan Lee, j'aurais tout de même écrit, mais certainement pas une BD parodique sur les personnages de comics.

Pour un mec que je n'ai jamais rencontré, qui n'est pas de ma génération et qui habite sur un autre continent, il a tout de même pas mal influencé mon emploi du temps ces dernières années.
Alors, forcément, c'est étrange de savoir qu'il tire sa révérence.

Le 12 novembre 2018, Stanley Martin Lieber s'est éteint à Los Angeles à l'âge de 95 ans.
Mais Stan Lee, lui, était déjà une légende depuis longtemps. Et comme on le sait, les légendes sont éternelles...



[1] Dessin de Bob Al-Greene.
[2] Dessin de Sergio Yolfa, issu de The Gutter.

Bon courage Serge !
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Nous avions prévu aujourd'hui de poster un article classique, il n'y en aura pas.

À la place, tout le staff UMAC souhaite un prompt rétablissement à notre ami et collègue dessinateur Sergio Yolfa, victime d’une lâche et violente agression qui lui a occasionné plusieurs fractures et nécessite une opération des yeux, mercredi.
Et oui, de nos jours en France, on peut quitter son lieu de travail, tranquillement, et se faire tabasser sans raison par des gens qui sont à peine humains.

Pour les deux lâches (connus des services de police mais… en liberté) qui l’ont tabassé, on leur souhaite de passer Noël en taule et même d’y rester très, très longtemps après.

Quant à Serge, dont on connaît le talent, la gentillesse, l’abnégation et l’intelligence, on lui fait de gros bisous et on pense fort à lui !

Pour éviter de choquer, et pour rendre justice à Serge, nous avons décidé de ne pas montrer son visage tuméfié, mais plutôt de poster l’un de ses dessins.


Spider-Man : Reign
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En 2007, Panini publie Spider-Man : Reign dans le septième volume des 100% Marvel consacrés au Tisseur. Retour sur cette saga crépusculaire.

Dans un futur pas si lointain, Manhattan est sous le joug d'une dictature froide et violente. Les Masques ont disparu en même temps que les libertés. Parker est un vieillard solitaire, parlant dans le vide, rêvant la présence d'une Mary Jane morte depuis des années. Il n'est plus que l'ombre de lui-même. Un être brisé, à la dérive, qui va même se faire virer de son job minable et se faire péter le nez par la police en voulant aider un gamin.
Décidément, les temps sont durs pour l'ancien Spidey.
Mais lorsque l'on a été un héros pendant si longtemps, peut-on vraiment baisser les bras ?

Le scénario et les dessins sont de Kaare Andrews, il a d'ailleurs également participé à la colorisation, très réussie, aux cotés de José Villarrubia. Le graphisme est à la fois beau et original, les visages et les corps ont du caractère, certains décors pleine page touchent au sublime et les teintes pastel qui accompagnent le tout sont du plus bel effet. Bien que cette histoire soit hors-continuité (et donc parfaitement accessible pour le profane), l'on retrouve quelques-unes des grandes figures de l'univers arachnéen : Octopus, le Rhino, l'Homme-Sable, Kraven, Mysterio ou encore Venom. L'on pourrait se dire que cela fait beaucoup, mais chaque apparition a son utilité et est bien intégrée au récit.
Mais penchons-nous justement sur l'histoire...


L'influence de Frank Miller et de son Dark Knight est visiblement passée par là. Le côté vieillissant du héros, l'outrance caricaturale des forces de l'ordre, la litanie des médias, tout y est. Et c'est plutôt bien orchestré. L'atmosphère est inquiétante, tendue, les personnages sont marqués par la souffrance et les rides, les combats se déroulent dans une ville aussi esthétique que sinistre, éclairée par des néons et noyée sous des trombes d'eau. Certains affrontement sont vraiment spectaculaires, appuyés par de très bonnes idées de mise en scène.
Certains moments plus intimes, où Peter imagine la présence de Mary Jane, sont à la fois pathétiques et, là encore, magistralement réalisées. C'est proprement déchirant, impossible, si l'on éprouve ne serait-ce qu'un vague attachement pour le personnage, de ne pas ressentir quelque chose. Bref, c'est parfait.
Ou plutôt, ça serait vraiment parfait si Miller justement, puis des Moore, Millar et autres adeptes de la dystopie, n'avaient déjà surtraité le sujet. C'est bien écrit, écrit avec talent même, mais cela repose encore une fois (au moins au départ, la suite étant plus originale) sur le vieil épouvantail dictatorial.

Il manque certainement un brin d'audace, d'originalité et de véritable parti pris personnel pour faire basculer cette mini-série dans le club restreint des contes inoubliables. Le final notamment, s'il est visuellement léché, s'avère n'être qu'un long et classique combat qui manque de lyrisme, surtout au regard de tout ce qui a précédé. Reste cependant une belle histoire d'un vieillard qui se bat plus contre son passé et ses démons intérieurs que contre le pouvoir en place ou d'improbables super-vilains.

Une vision futuriste, froide et mélancolique du Tisseur, qui mérite le détour.



+ Les points positifs - Les points négatifs
  • Un Peter Parker comme on l'a rarement vu.
  • Des planches somptueuses.
  • Le côté crépusculaire.
  • L'impact émotionnel énorme des scènes avec Mary Jane.

  • Une dictature que rien ne justifie dans le récit.
  • Une conclusion un peu faiblarde.