Bêtisier Marvel
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Mise à jour de notre grand Bêtisier Marvel !
Vannes, chambrage, ratés, chutes ou tenues bizarres sont au menu.

Plus de 70 gags maintenant en tout, et surtout de nouvelles illustrations. Bref, de quoi passer un bon moment en vous remémorant quelques scènes mythiques ou insolites.

Comme d'habitude, vous pouvez vous rendre dans notre rubrique Dossier pour accéder au Bêtisier, ou bien tout simplement cliquer sur l'image ci-dessous.

Enjoy !


Green Lantern : The Sinestro Corps War
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Après Green Lantern : Origine Secrète, suite de la "mise à niveau" en ce qui concerne la mythologie Green Lantern avec The Sinestro Corps War, une saga épique faisant office de prélude à l'évènement Blackest Night.

Sinestro fut l'un des meilleurs éléments du Green Lantern Corps. Cependant, après la découverte d'agissements peu en phase avec la philosophie des Gardiens, il est banni et envoyé dans un univers d'antimatière. Aidé par les habitants de Qward, Sinestro va alors fonder son propre Corps et forger des anneaux basés sur la puissance de la Peur, symbolisée par la couleur jaune.
Aujourd'hui, après avoir recruté de nombreux guerriers, Sinestro peut enfin passer à l'offensive. Oa, la planète d'origine des Gardiens, est visée, ainsi que Mogo, la planète vivante sans qui les anneaux des Lantern ne peuvent plus trouver de nouveaux propriétaires. Le combat fait rage, bientôt, la peur commence à s'instiller partout dans l'univers et le cœur de ses habitants.
Pourtant, le véritable but de Sinestro et du puissant Anti-Monitor n'est pas Oa mais la Terre, centre du Multivers. Alors que les Gardiens modifient le Livre d'Oa afin d'autoriser les Lantern à employer la force létale, une ancienne prophétie semble sur le point de s'accomplir. Un affrontement gigantesque entre les différentes forces émotionnelles de l'univers pourrait bientôt aboutir à la fin de toute forme de vie, plongeant le cosmos dans une nuit noire et éternelle...

Cette saga est disponible en version originale sous forme de deux TPB. Ceux-ci contiennent les épisodes Green Lantern #21 à #25, Green Lantern Corps #14 à #19 ainsi que le Green Lantern : Sinestro Corps Special. En ce qui concerne la version française, Urban Comics a publié ce long récit dans le tome #2 de sa collection Geoff Johns présente Green Lantern - Intégrale (la sélection des épisodes diffère cependant un peu : sont présents les Green Lantern #14 à #25, Green Lantern Corps #14 à #18, plus le Sinestro Corps Special, le tout dans un bel album de plus de 500 pages, pour 28 euros).
Pour ce qui est du scénario, l'on retrouve à la barre Geoff Johns, Dave Gibbons et Peter J. Tomasi. Les dessins sont l'œuvre de Ethan Van Sciver, Ivan Reis, Patrick Gleason, Angel Unzeta, Pascal Alixe, Dustin Nguyen et Jamal Igle.


Ce crossover est important à plus d'un titre. Tout d'abord, cela permet aux auteurs d'introduire le fameux concept de spectre émotionnel (cf. notre dossier à ce sujet). En gros il s'agit de forces liées à des émotions primaires que divers groupes peuvent utiliser grâce à des anneaux leur permettant de concentrer cette puissance. Par exemple, les Green Lantern, qui sont au centre du spectre, tirent leurs capacités de la Volonté, une émotion symbolisée par la couleur verte. Plus l'on s'éloigne de ce centre, moins l'utilisateur d'un anneau aura de contrôle sur lui, comme par exemple pour les extrémités que sont la Rage (rouge) et l'Amour (violet). L'on apprend également l'existence d'une prophétie, appelée Blackest Night, on découvre les premiers disciples de l'Espoir (bleu) et l'on aperçoit même une image fugitive présentant une étrange et inquiétante lanterne noire.
Autrement dit, voilà un récit qui semble indispensable si l'on veut suivre par la suite Blackest Night, l'un des plus gros events cosmiques de DC Comics.

Au-delà de l'aspect purement pratique, car riche en informations, la saga se suit avec intérêt à condition, bien entendu, d'apprécier les gros trips cosmiques. Johns et ses collègues ont bâti une énorme superproduction, avec un tas de personnages (et de morts !), de nombreux combats et des effets de lumière souvent fort beaux (l'avantage de se battre à coups d'énergie lumineuse, ça en jette un peu plus qu'un lance-pierre).
L'action n'empêche pas une certaine profondeur et une dimension métaphysique intéressante, le spectre émotionnel et les différents Corps étant un peu à la série Green Lantern ce que la Force et les Jedi/Sith sont à Star Wars.


Dans les qualités propres à ces épisodes, l'on peut notamment citer la facilité avec laquelle l'on parvient à suivre les évènements et à bien cerner les différents protagonistes. Ce n'était tout de même pas gagné d'avance (et c'est ce qui fera terriblement défaut à Blackest Night). Et enfin, l'on peut noter également quelques petits traits d'humour sympathiques. Attention, ce n'est pas Benny Hill hein, on est d'accord, mais l'incompréhension de certaines races extraterrestres devant l'insubordination et l'ironie typiquement terriennes génère parfois des répliques plutôt amusantes.
Bref, voilà une histoire importante et bien écrite.

Le deuxième volume VO contient en plus un entretien entre les éditeurs et auteurs, avec anecdotes à la clé.
Pour être encore plus complet, l'on peut également se procurer un troisième TPB, intitulé Tales of the Sinestro Corps. Il n'est pas indispensable pour comprendre l'histoire mais propose des épisodes qui viennent enrichir des parties sur lesquelles l'on est passé un peu vite précédemment. Et surtout, ce volume contient Green Lantern/Sinestro Corps : Secret Files #1, qui est en fait une sorte de mini-encyclopédie. Au menu : des fiches de personnage (très nombreux Lanterns et membres du Sinestro Corps) et des explications, assez limpides, sur les Gardiens, les entités comme Ion et Parallax, les anneaux et leur fonctionnement, Oa, les Star Sapphires, bref, une base de données fort utile et à laquelle vous pourrez vous référer par la suite en cas de besoin.
Dernière petite précision si vous optez pour la version anglaise, ces recueils sont disponibles en deux versions, avec cover souple ou cartonnée.

Du très bon comic cosmique, épique, esthétique, dépaysant et très agréable à lire.



+ Les points positifs - Les points négatifs
  • Un récit passionnant et facilement compréhensible malgré la profusion de concepts et de personnages.
  • Des planches magnifiques.
  • Les petites touches d'humour.
  • Une saga fondatrice de la vaste mythologie des Lantern Corps.
  • Les informations de la mini-encyclopédie contenu dans les Secret Files.

  • RAS.
Artbook John Howe
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Un magnifique artbook consacré au travail de John Howe était sorti en 2004. Pour célébrer les 15 ans de cette publication, les éditions Nestiveqnen lancent une campagne de financement participatif afin de rééditer l'ouvrage, agrémenté de pages supplémentaires.

John Howe est spécialisé dans la fantasy, il est notamment l'auteur de nombreuses illustrations tirées de la célèbre saga de Tolkien, Le Seigneur des Anneaux, mais il s'est aussi attelé à mettre en images les univers de George R.R. Martin ou Robin Hobb.
Et il est peu de dire que ses dessins sont franchement somptueux.

Cette nouvelle édition bénéficiera d'une biographie, d'une maquette légèrement différente, et surtout de 16 planches supplémentaires.
En tout, il s'agira de plus de 230 illustrations, commentées et enrichies d'anecdotes diverses, le tout au format 25 x 32.

L'on peut dores et déjà commander ce livre sur la page Ulule consacrée au projet. N'hésitez pas à jeter un œil à cette vidéo pour en savoir plus.



A God Somewhere
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Superbe récit que ce A God Somewhere, qui montre l'évolution tragique d'un homme dont la vie est bouleversée par les pouvoirs qu'il acquiert subitement.

Eric Forster a un projet : acheter, avec son meilleur ami Sam, un bateau afin de passer un peu de bon temps ensemble. Il propose également à son frère Hugh et son épouse Alma de faire partie de l'aventure. Ensemble, ils passent une soirée tranquille à discuter de leurs futures virées. Ce sera leur dernier moment d'insouciance...
Dans la nuit, l'immeuble d'Eric explose. Ce dernier est miraculeusement indemne. Mieux que ça, il se sent bien, serein, "complet". Rapidement, il se rend compte qu'il possède maintenant des dons extraordinaires. Il peut voler, est doté d'une force exceptionnelle et semble invulnérable.
La presse et le monde politique s'empressent autour du héros afin d'en savoir un peu plus sur ce bien réel Superman.
Mais quelque chose a changé dans l'esprit d'Eric. Son pouvoir a modifié sa vision des choses. Peu à peu, il s'éloigne de ses proches et s'enferme dans un délire mystique.

Le scénario de ce comic, issu de la gamme WildStorm, est de John Arcudi, les dessins sont de Peter Snejbjerg. Ce dernier possède un style brut et expressif, reposant notamment sur le travail des ombres et des effets de lumière. Cela donne des planches très esthétiques, avec cependant une représentation très crue, voire gore, de la violence.
La thématique, quant à elle, n'a rien de bien révolutionnaire. Moore, avec le Dr Manhattan dans Watchmen, avait déjà en son temps livré une vision comparable d'un homme qui, peu à peu, en devenant l'égal d'un dieu, se détache de l'humanité. Plus récemment, Ellis, avec No Hero ou Black Summer (cf. ce dossier), ou encore Waid, dans Irrécupérable, ont traité le genre super-héroïque avec une approche réaliste (pour peu que l'on accepte le postulat de départ), bien souvent en prenant en compte l'impact des surhumains sur la société mais également l'effet de leurs propres pouvoirs sur leur psyché, un angle psychologique que l'on retrouvera également chez Marvel avec le personnage de Sentry par exemple.


Nous sommes donc sur un terrain largement défriché mais Arcudi parvient néanmoins à rendre son récit original et prenant.
Les rapports entre les quatre personnages principaux sont notamment très bien décrits et évitent les clichés. Malgré le lien familial qui unit les deux frères, l'on sent un peu de jalousie chez Hugh, bien avant l'apparition des pouvoirs de son frère d'ailleurs. Sam, qui fantasme de manière assez malsaine sur Alma, est également un personnage aussi touchant que complexe. Il profite un peu de la célébrité de son ami, condamne par la suite ses actes, mais conserve pourtant un lien fort avec lui.
Lorsque la situation dégénère vraiment (à ce moment, le basculement total d'Eric semble un peu rapide), ce qui se produit est si impensable, si injuste, si choquant que cela entraîne essentiellement une question, qui deviendra obsédante pour Sam : pourquoi ?

Une interrogation qui n'a pas forcément de réponse claire mais entraine une réflexion sur l'absence totale d'empathie liée à un état de conscience particulier, mais également sur la véritable nature des super-héros (souvent trop rapidement considérés comme "bons" et capables de gérer leur différence).
La dérive mystique d'Eric est également des plus intéressantes car, là encore, elle permet de s'interroger sur la véritable "psychologie" (si tant est que le terme convienne ici) d'un dieu. Une entité qui est capable de créer la multitude de merveilles de l'univers, de contempler les galaxies en se disant "bon moi-même ! c'est moi qui ai fait ça !", peut-elle se soucier du destin de l'Homme ?

Pour donner une idée d'échelle, la Terre est un point minuscule de 12 760 km de diamètre. Pluton, la planète la plus éloignée du Soleil, est située à un saut de puce ridicule de 5,9 milliards de km. Il faudrait voyager pendant plus de quatre ans à la vitesse de la lumière pour atteindre l'étoile la plus proche, Alpha du Centaure. Et pour parcourir notre galaxie, la Voie Lactée, d'un bout à l'autre, toujours à la même vitesse, il faudrait 100 000 ans. On estime qu'elle contient environ 200 milliards d'étoiles. Et toute cette immensité inconcevable n'est rien, juste une minuscule poussière en comparaison de l'univers et des amas et superamas de galaxies. À cette échelle, que vaut la destruction du milliardième de grain de sable qu'est la Terre ? Et donc, pire encore, de quelques-uns de ses habitants ?
Le Mal existe-t-il encore lorsqu'il est dilué dans l'indicible terreur mathématique qui se cache derrière l'infinité de zéro qui sert à mesurer d'infimes parties de l'univers ?

Cet aspect (la relativité des actes et de leurs conséquences) aurait pu être davantage creusé, mais il a tout de même le mérite d'être présent.
L'ouvrage de 150 pages, publié en VF par Panini en 2011, contient quelques croquis en bonus et bénéficie d'une traduction correcte. Il est encore facilement trouvable d'occasion à un prix correct.

Une œuvre de qualité mélangeant de subtils rapports humains et d'inquiétantes interrogations métaphysiques.



+ Les points positifs - Les points négatifs
  • Une thématique fascinante.
  • Un style graphique brut et efficace.
  • Des personnages fort bien écrits.

  • Pas vraiment un point forcément négatif, mais un parti pris et une ultra-violence assumée qui destinent ce récit à un public adulte uniquement.
Loki
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Retour sur un graphic novel mettant en scène Loki, le dieu du mensonge.

Loki Laufeyson règne sur Asgard, le royaume des dieux.
Il a enfin vaincu Thor. Certains le pressent d'ailleurs d'en finir avec lui et de le mettre à mort. Mais est-ce seulement ce que voulait vraiment Loki ? Plus que jamais solitaire, il repense à son enfance, à la mort d'un père, abattu par Odin qui, plus tard, l'adoptera. Il songe également aux humiliations subies. Car c'est ainsi que se nourrit la haine d'un être, fut-il un dieu. À coups de quolibets, de railleries et de quotidiennes méchancetés arrosant et entretenant une graine que tous voudraient mauvaise.
Mais alors que l'on imaginait le cœur de Loki uniquement rempli de haine et de malice, voilà qu'en fait, il déborde d'une peine enfantine.

Si l'on connaît bien Thor, membre du panthéon des dieux nordiques et illustre personnage du vaste univers Marvel, on a moins l'habitude de côtoyer son demi-frère, Loki. La mini-série de Robert Rodi et Esad Ribic nous conte, pour une fois, une saga de son point de vue.
L'idée est originale et même excellente. Le personnage prend tout à coup une tout autre stature. Moins monolithique, il en devient émouvant alors que Thor et les siens, Dame Sif surtout, apparaissent parfois terriblement odieux et insensibles. Le final est à l'image du destin de Loki, pathétique et inéluctable. Tout comme Balder le lui dira, il existe de nombreux mondes dans lesquels vivent d'autres Thor, d'autres Loki, tous différents, mais tous unis par la même destinée, telles les branches d'un même arbre. Des paroles bien amères venant résumer le destin de ce héros contrarié, condamné à jouer les super-vilains.


Il s'agit de l'une de ces sagas, rares, qui permettent de découvrir un autre aspect d'un personnage, de creuser sa personnalité, de l'enrichir, tout en préservant son essence. Une sorte d'histoire annexe qui, mine de rien, servira énormément à donner de l'amplitude aux autres récits où Loki incarne son rôle de salopard manipulateur.
Une belle manière aussi de tenter de s'éloigner du manichéisme parfois ridicule des comics super-héroïques.

Au niveau graphique, c'est tout bonnement superbe. Ribic livre des planches somptueuses et parfaitement construites. Les personnages sont à la fois grandioses et réalistes, le dessinateur parvenant même à sublimer la laideur de certains. Les décors sont imposants, les couleurs parfaitement choisies viennent les magnifier. Même les angles de vue et les ombres sont parfaitement employés.
Le monde dépeint en devient magnifique et teinté de cet aspect onirique et crépusculaire qui convient parfaitement à Asgard.

Ce récit a été publié en 2005 par Panini, dans sa collection Graphic Novel. Il n'est plus disponible en neuf en VF et son prix, raisonnable à la base (14 euros), s'est envolé depuis jusqu'à atteindre des sommets ridicules (entre 60 et 140 euros), une pratique entretenue par la politique éditoriale pour le moins singulière de Panini France (l'ouvrage est toujours disponible en neuf chez Panini Allemagne par exemple).
Donc, à moins d'un coup de chance, ou de maîtriser l'anglais (ou l'allemand), il va falloir vous armer de patience si vous ne voulez pas engraisser de vils spéculateurs.

Un comic visuellement magnifique et très bien écrit, qui permet d'insuffler une profondeur rare à un Loki que l'on ne verra plus jamais de la même façon ensuite.
Conseillé.



+ Les points positifs - Les points négatifs
  • Des peintures sublimes.
  • Une manière intelligente et originale de traiter le personnage de Loki.
  • Le panthéon nordique façon Marvel.

  • Difficile de trouver l'ouvrage en VF à un prix raisonnable.