Cadavre trop excitant...
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Une nouvelle cover de comic fait sensation parce que trois blaireaux puritains chialent sur Twitter…

On commence à avoir l’habitude. Entre la polémique déclenchée à l’époque par la variant d’Albuquerque sur le Joker et Batgirl, le scandale en tofu à propos de la cover d’Invincible Iron Man par Campbell (où l’on voyait le nombril d’une nana… ah ben oui mais c’est sale un nombril, beurk !), les hurlements suite à certaines scènes soi-disant choquantes dans le Catwoman de Winick et March, c’est maintenant un dessin de Clay Mann (une simple pré-version, pour Heroes in Crisis #7) qui déclenche des chiasses nerveuses chez les Gardiens de la Bienséance, une pose de Poison Ivy, mal en point, étant jugée trop… suggestive.

Alors, quelques constatations s’imposent.
D’abord, à quel moment c’est une bonne idée de s’en remettre à l’avis absurde des plus débiles et rétrogrades sur un réseau social déjà réputé pour être le fond des chiottes ?

Et surtout, les gars, si vous êtes excités par le dessin d’un personnage mortellement blessé au point de trouver qu’il est trop… sexuellement suggestif, ben je sais pas, allez vous finir sur la rubrique nécrologique de votre journal local. Je vous assure, ça vous soulagera.
Ou bien formez un club avec Thanos.

Une nana, ça a des formes, c’est comme ça.
Si on la flingue et qu’elle s’écroule sur le sol, elle ne perd pas son cul et ses nichons instantanément pour autant. En tout cas, on n’a encore jamais vu le cas se produire, même avec Lolo Ferrari. C’est pas un Transformer ou une baudruche, ça reste entier, ça ne se dégonfle pas.
On ne va pas amputer les femmes qui passent l’arme à gauche sous prétexte que certains voient le mal (et le sexe, brrr !) partout.

Ceci dit, la tendance chez les éditeurs américains est à la frilosité extrême et à la recherche de l’apaisement des tarés qui, de toute façon, ne vivent que de leurs indignations de pacotille.  
Putain, l’avenir qui se profile ressemble tellement à un gros plat de merde que 2019 va certainement être repris par C8 avec Hanouna à la présentation…



Avant-Première : Diesel
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Vaisseaux volants, peuples étranges, robots et aventures sont au menu de Diesel.

Kinaye est une nouvelle maison d'édition française, spécialisée dans l'adaptation de comics destinés à la jeunesse. Pas moins de dix titres sont prévus pour 2019, dont le premier tome de l'excellente série Diesel, à laquelle nous allons nous intéresser aujourd'hui.
Il s'agit d'une histoire écrite et dessinée par Tyson Hesse et publiée à l'origine chez Boom!.
Voyons tout d'abord le pitch.

Dee Diesel est une jeune fille plutôt agitée, vivant sur le Peacetowne, un immense vaisseau flottant abritant toute une communauté. Bien que ce soit l'irascible Cap Wells qui assure le commandement, Dee va bientôt lui succéder. En effet, elle héritera du vaisseau de son père, disparu dans d'étranges circonstances, le jour de ses dix-huit ans.
Pourtant, rien ne va se passer comme prévu. Après une rencontre avec les Teppans, ces hommes-oiseaux qui ne peuvent plus voler, et quelques péripéties aériennes, Dee se retrouve sur les dangereuses terres situées loin en dessous des nuages. C'est là, en compagnie de Rickets, son robot de compagnie, et de Bull, son frère, que Dee va devoir commencer une quête mouvementée pour découvrir la vérité à propos de son père et de la guerre qu'il mena jadis...


Avec un style cartoony et dynamique, aux influences très nippones, Hesse parvient à dépeindre un monde aussi original que fascinant. L'atmosphère si particulière qui imprègne les planches est obtenue grâce à un savant mélange de SF et de fantastique, voire même un léger soupçon de steampunk par moments.
Les vaisseaux sont notamment particulièrement réussis, mais les personnages possèdent également un charisme certain. L'héroïne, sarcastique, débrouillarde et impulsive, se révèle très attachante. L'équipe qu'elle forme avec Bull et Rickets permet à l'auteur de parsemer l'aventure, rythmée et pleine d'action, de nombreuses touches d'humour, très réussies (que ce soit au niveau des répliques, des situations ou à l'occasion de petits détails, comme le titre de certains manuels que Dee consulte).

Les dialogues, fort bien écrits, sont particulièrement bien ciselés et sont pour beaucoup dans le charme qui se dégage des huit chapitres de ce tome. Il faut préciser que cette histoire, bien que destinée a priori aux enfants (à partir de 10 ans), convient parfaitement à un public adulte tant la qualité de son écriture est grande.
Signalons qu'une petite galerie de couvertures complète cet ouvrage de 208 pages, qui sera disponible au prix de 15,50 euros.
Bref, un excellent coup d'essai pour Kinaye qui réalise en plus une adaptation de qualité, avec un soin évident apporté au texte de cette VF.

Un comic percutant, amusant et bien réalisé. Vivement conseillé.
Sortie le 18 janvier 2019.



+ Les points positifs - Les points négatifs
  • Graphismes soignés.
  • Humour.
  • Originalité.
  • Personnages attachants.
  • Qualité de l'écriture.
  • Tout public.

  • RAS.
La Parenthèse de Virgul #21
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Les matous, on aborde aujourd'hui un personnage peu connu mais néanmoins à l'origine de l'une des plus grandes sagas Marvel de ces dernières années.
Miaw !

Des Bulles aux Piques
Robert Baldwin, car c'est de lui dont il est question, a connu un parcours pour le moins peu conventionnel.
Lorsqu'il débute sa carrière, au sein des New Warriors, il n'est guère qu'un héros secondaire, doté d'un pouvoir relativement mineur. En effet, alors qu'il officie sous le nom de Speedball, il peut créer un champ d'énergie lui permettant d'absorber l'énergie cinétique dirigée contre lui. Son look de jeune encapé, entouré de bulles et œuvrant dans un costume bleu et jaune très flashy, ne contribue guère à en faire quelqu'un d'impressionnant.
En fait, il est voué à disparaître tellement il est plat et sans intérêt, d'autant que son équipe n'est pas non plus la plus populaire.

Mais lorsque la Maison des Idées lance la saga Civil War, cela change tout pour Robbie. Les évènements de Stamford le placent au cœur d'une des plus grandes tragédies civiles que les États-Unis aient connues. Il est en effet à l'origine d'un drame épouvantable. Alors que son équipe et lui tentent de prendre d'assaut une maison où se sont retranchés des super-vilains, Nitro se fait exploser, tuant des centaines de civils et, comble de l'horreur, de nombreux enfants présents dans une école toute proche. Le tout sous l'œil des caméras, car les New Warriors participaient alors à une émission de télé-réalité...

Alors qu'on le croyait mort, Robbie est retrouvé vivant mais sans pouvoir, puis incarcéré.
C'est à ce moment que le héros, le vrai, de la trempe de ceux qui créent les légendes, se révèle.
Baldwin refuse tout d'abord de troquer sa remise en liberté contre ses principes et s'obstine à ne pas signer le Superhuman Registration Act. Abandonné par ses propres parents, considéré comme l'homme le plus haï d'Amérique, Robbie affronte avec courage des conditions de détention épouvantables. Là où il va rejoindre - bien involontairement - l'histoire, c'est quand Reed Richards va lui proposer de s'exprimer publiquement devant le congrès et qu'il sera abattu durant son transfert. L'assassinat reprend, point par point, les circonstances du meurtre, bien réel, de Lee Harvey Oswald et prend, tout à coup, une résonance aussi malsaine que fabuleusement inventive.

On s'imagine alors que l'on en reste là. Un héros de seconde zone sacrifié avec beauté. Pourquoi pas, c'est sans doute ce que l'on pouvait rêver de mieux pour le personnage de Speedball. Mais nous ne sommes pas au bout de nos surprises...
Alors que Baldwin est sur le point de mourir, voilà qu'on nous le ramène sur le devant de la scène.
On pourrait facilement penser que cette résurrection de plus, nullement fondée sur l'importance du personnage, est une preuve de faiblesse mais... heureusement, pas cette fois !
Car Speedball n'est plus et laisse la place au bien nommé Penance, la nouvelle identité d'un Baldwin aux limites de la folie et incorporé dans les nouveaux Thunderbolts (avec, entres autres, Venom, Bullseye, le Bouffon Vert ou encore la jolie Songbird).

Son nouveau look est déjà original mais ses capacités encore plus. Figurez-vous qu'il tire son nouveau pouvoir de la douleur physique qu'il éprouve. Plus il souffre, plus il devient puissant. D'où son costume hérissé de pointes et très tendance "sado-maso".
D'un personnage joyeux mais quelque peu insipide et insignifiant, à la rondeur symbolisée par les bulles qui l'entouraient, voilà que Baldwin devient subitement un héros torturé et très politiquement incorrect, obsédé par sa responsabilité et trouvant un piètre apaisement dans la souffrance qu'il s'inflige à l'aide de ses piques acérées.

En 2008, le héros aura droit à sa propre mini-série intitulée Penance : Relentless et publiée en France dans le Marvel Icons hors série #14.
On le retrouve mentalement déséquilibré, paranoïaque, souffrant de problèmes psychologiques liés au stress post-traumatique et doté en plus de troubles obsessionnels compulsifs basés sur d'étranges nombres qu'il ressasse pendant des heures. Sous la plume de Paul Jenkins, qui construit un scénario haletant, Baldwin ira même jusqu'à plonger dans l'univers littéraire érotique et cruel du Marquis de Sade.

Par la suite, l'on retrouvera Speedball, en tant que professeur, au sein de l'Avengers Academy. L'on pourrait se dire qu'il est dommage d'être ainsi revenu au sage personnage du début, mais en réalité, Robbie, même une fois son identité de Penance abandonnée, restera longtemps impacté par ses anciens démons et lié à la souffrance et au masochisme. On le verra même se cacher pour se... scarifier.
Ce qui en fait, avouons-le, un personnage détonant et bien loin de la fadeur de ses premières années de service.

Baldwin, bien qu'ayant repris son identité de Speedball, conserve un rapport particulier à la douleur.

Alita : Battle Angel - premières images
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Repoussé au mois de février pour sa sortie mondiale, Alita : Battle Angel — titre américain du manga de Yukito Kishiro, Gunnm, dont nous vous avons parlé dans cet article — voit des petites séquences dévoilées en salles pour les gagnants de tirages au sort sur les réseaux sociaux.

D’environ une demi-heure, la séance à laquelle j’ai assisté au Kinepolis de Bruxelles ne dissimule pas son but commercial aux dignes ambassadeurs que nous serons. Il a été rappelé à plusieurs reprises de publier ses impressions en ligne avec le hashtag dédié.
Deux petits cadeaux par personne (un porte-clé en métal et une planche d’autocollants translucides dont les motifs, une main et des entrelacs, évoquent celle de Fatima, avec des slogans qui s’adressent surtout à des adolescents) nous ont été offerts. Une rapide séance photo avec maquillage pour imiter l’ange de la mort (ou l'une des demoiselles issues d'une pub de déo ) devant une immense affiche, ainsi que de quoi se restaurer (frites, burger, champagne et/ou jus d’orange) après le visionnage complétaient le tout afin de nous amadouer.

Alita : Battle Angel est réalisé par Robert Rodriguez et coproduit par lui-même et James Cameron, qui lui a fourni le scénario. Ce dernier n’en est pas à sa première adaptation des péripéties de la jeune Alita, puisque Gunnm lui a inspiré sa série TV Dark Angel.

La projection, en relief, se découpait en trois parties : échange de bouquets fleuris entre James Cameroun et Robert Rodriguez, la seconde bande annonce, et enfin, diverses scènes du film, en vostfr et nl, introduites par des cartons pour les contextualiser.
Les extraits présentaient le réveil d'Alita (Gally, dans le manga) et la découverte de son corps, de son univers ; un baiser avec Hugo, le Motorball de rue, Ido chassant la nuit, une séquence de Motorball dans l’arène, le Panzer Kunst, un vaisseau martien en dehors d’Iron City, le sauvetage d’un chien, la récupération du corps de Berserker...

Après cette mise en bouche filmique, impossible de juger de la qualité du scénario : la quête initiatique semble présente, mais quid du rapport corps-esprit ? Le côté crépusculaire et cyberpunk s’avère évacué : adieu poussière, rouilles, détritus, souillures, maladie, foules au visage bigarrées. Les corps des cyborgs, même des opposants à Alita, rutilent. Kuzutestu, ville-décharge, bâtie sur les résidus balancés depuis Zalem, la cité flottante, devient Iron City, à l’ambiance lumineuse. Le Motorball, sport violent et ultra rapide, se déroule sans un éclaboussement de sang et de cervelle digne de ce nom. Enfin, le fluide vital qui s’écoule d'Alita est bleu.
Christopher Watlz, dans le rôle d’Ido, semble impeccable dans son jeu. Lui ajouter un peu plus de cheveux reprenant le graphisme du manga aurait ajouté de la saveur à la silhouette du personnage. Il perd le symbole sur son front, pourtant "marque des médecins" dans cette ville. Gonzu est remplacé par une assistante au bras cybernétique. Koyomi, le bébé, ne semble pas présent. Le design de plusieurs personnages est adapté. Alita trouve elle-même le corps de Berserker dans un vaisseau martien. Néanmoins, la mention de Nova laisse espérer son apparition.

La mise en relief agréable permet de jouir des détails de la mécanique des carcasses cybernétiques. Une véritable dentelle tout en pleins et vides. Les immenses yeux d'Alita ne choquent pas sur grand écran et on en vient à regretter que tous les visages des cyborgs ne soient pas traités dans ce style. Par contre, certaines scènes d’action utilise un désagréable ralenti (sans le son horripilant, ouf) invitant à l'admiration... Alita : Battle Angel appartient à ces longs métrages qui brouillent la frontière entre les acteurs de chair et les avatars numériques, un film d’animation où chaque acteur devient un animateur.
Les dialogues présents dans les extraits ont apporté plusieurs informations que l’on retrouve tout au long de l’œuvre de Kishiro. Les noms des personnages et des lieux ont été presque tous modifiés, mais cela n’empêche en rien de suivre l’histoire. Dans les différences notables, les "bornes" et leur humour douteux semblent avoir disparu. Makaku ne possède même plus son attirail punk. Adieux les drogues, élément prépondérant pour la population pourvu de prothèses. Effacés aussi les implants visibles, les piercings, tatouages et autres ratages de ce monde décadent. D’où vient cette manie de passer à la javel des récits pour les adapter soi-disant à un grand public ? 

Cette adaptation risque de demeurer un divertissement de luxe, à la technique aboutie, mais le cul entre deux chaises, sans un parti pris fort, hormis l’esthétique des yeux de l’héroïne. Pourtant les années 80/90 nous ont offert de magnifiques films à l'ambiance étouffante et cyberpunk. Pour n'en citer que quelque uns : Crash de David Cronenberg, Tetsuo de Shinya Tsukamoto, Nirvana de Gabriele Salvatores, Dark City d' Alex Proyas...

Alita : Battle Angel semble être un long métrage qui évacue la (re)naîssance et la quête d’un être au cœur de la décrépitude et du désespoir pour se concentrer sur la découverte du monde et de l'identité d'un personnage né adolescent. Les quelques minutes dévoilées ne peuvent en dire plus sur le contenu réel du film et l'on ne peut que conseiller d’y aller, ne serait-ce que pour admirer le travail fourni sur grand écran, car cela ne saurait être visible sur un téléviseur ou un écran de smartphone.


Comics et Harcèlement Scolaire
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Un article un peu particulier afin d’aborder un sujet délicat : le harcèlement scolaire.

Il y a quelque temps, l’UNICEF a lancé un projet de comic basé sur la lutte contre le harcèlement scolaire. À cette occasion, un concours a été mis en place, afin que des enfants puissent proposer leurs idées de super-héros, ce dernier devant combattre un super-vilain dont le nom, Silence, fait particulièrement sens dans le contexte (le gagnant sera révélé en janvier).
Nous vous proposons de jeter un œil au trailer. Ce dernier est plutôt bien fait mais il a tendance à occulter, en se basant sur des actes physiques assez violents, l'accumulation d'actes en apparence plus anodins mais qui, mis bout à bout, peuvent devenir insupportables (mais qui sont d'autant plus difficiles à dénoncer, car souvent l'adulte ne prendra pas la mesure de la gravité de la situation étant donné qu'il n'aura pas le "tableau général" devant les yeux).

Apprendre à ne pas détourner le regard n'est pas si facile,
mais c'est parfois vital.
En attendant, il convient de rappeler que le silence est bien l’ennemi commun qu’il faut combattre et briser. Et c’est loin d’être facile pour les premiers concernés, car le harcèlement s’accompagne souvent d’un sentiment de culpabilité et d’une honte qui, s’ils ne sont en rien justifiés (la honte devrait au contraire frapper ceux qui agissent aussi lâchement), n’aident pas à se confier.

Pour aider ces enfants qui souffrent en silence, il convient d’être attentif, que l’on soit parent, professeur mais aussi élève. Si l’un de vos amis est victime de harcèlement et qu’il ne parvient pas à en parler à ses proches, vous pouvez peut-être l’aider en évoquant la situation avec un adulte (vos propres parents, un surveillant, un professeur, l’infirmière de l’établissement…).

Vous pouvez également vous tournez vers des associations, ou encore appeler le 3020, un numéro vert (gratuit) qui vous permettra de parler avec des professionnels (essentiellement des psychologues) qui vous écouteront et vous conseilleront sur l’attitude à adopter.

Sachez en outre qu’au collège et au lycée, vous pouvez devenir "ambassadeur" contre le harcèlement et vous engager dans des actions de prévention, d’aide et d’accompagnement.
Nous vous conseillons ce site du gouvernement pour plus de détails et découvrir divers outils de sensibilisation.

Enfin, il faut savoir qu’un élève subissant un harcèlement peut en venir à perdre toute estime de soi et se dévaloriser constamment. Il est donc essentiel, lorsque le cas de harcèlement est réglé "en surface", de ne pas laisser l’enfant ou l’adolescent sans aide. Il est important qu’il puisse se reconstruire et retrouver une réelle confiance, par exemple par le biais d’activités artistiques ou sportives.

Si vous êtes psychologue pour enfant, professeur ou directeur d’établissement (et seulement dans ce cas), que vous souhaitez aider un élève ayant été victime de harcèlement et que ce dernier est intéressé par l’écriture en général, sachez que l’équipe UMAC se propose de vous aider dans l'accompagnement d'un enfant qui souhaiterait réaliser un projet littéraire (article, court scénario ou nouvelle). Notre staff, composé d’auteurs mais aussi de professeurs, pourrait ainsi s’engager auprès du jeune garçon ou de la jeune fille en proposant conseils, corrections commentées, discussions informelles et soutien bienveillant (dans le cas d’un article, une publication sur notre site est même possible).

Les véritables héros ne portent pas tous des costumes.
Enfin, je tenais à terminer en m'adressant directement à toi, qui trembles à l'idée de te rendre à l'école demain. Qui parcours les réseaux sociaux avec la crainte de découvrir une nouvelle moquerie. Qui subis, jour après jour. Qui es enfermé dans un enfer qui semble inéluctable. Qui ne trouves pas les mots ou le bon interlocuteur pour te confier.
Ce que tu vis est épouvantable. Mais résister, seul, au harcèlement est déjà une preuve de courage et de force incroyable. Tu n'es en rien une "victime" ou un "lâche", au contraire, tu es un héros. Je ne plaisante pas. Peut-être connais-tu Peter Parker ? Mais sais-tu qu'à la base, il était harcelé par une brute du nom de Flash Thompson ? Bien évidemment, c'est une fiction. On ne peut pas comparer. Mais, l'important, c'est que dans cette fiction, les lecteurs prennent parti pour Peter. Ils ne se disent pas que Flash est "cool" parce qu'il est balèze et qu'il semble n'avoir peur de rien. Au contraire, le lecteur éprouve immédiatement de l'antipathie pour ce type. Et il s'identifie au timide Peter, qui se prend des coups et essuie des railleries.
Je peux t'assurer que c'est pareil dans la réalité.
Peut-être qu'un abruti ou un groupe de suiveurs ont réussi à te pourrir la vie pendant un temps, mais ce ne sont pas les héros de l'histoire.
Lorsque ton histoire sera connue (au moins de tes proches), c'est à toi que l'on s'identifiera.
Peut-être as-tu déjà constaté qu'un adulte se désintéressait de ton problème ? Malheureusement, cela arrive. La plupart du temps, il s'agit d'une incompréhension, le professeur, le surveillant ou même tes propres parents n'ont peut-être pas mesuré l'importance de ce que tu essayais de dire. Ils n'ont vu qu'un détail anodin (une insulte, une bousculade) et n'ont pas saisi la violence de ce que tu vivais au quotidien. Parfois, il faut sonner à plusieurs portes avant de trouver la bonne personne, celle qui comprendra l'importance de ce que tu dis (et de ce que tu ne dis pas). 
N'essaie pas de régler la situation par toi-même. Essaie de parler à d'autres personnes. Des gens que tu apprécies et en qui tu as confiance. Peut-être quelqu'un que tu ne côtoies pas tous les jours (c'est parfois plus facile), une tante, un médecin, un voisin... 
L'important est de ne pas rester muré dans le silence. 
Tu es le héros de cette histoire. Je suis désolé qu'elle ait aussi mal commencé, mais sois certain qu'une fois sorti de ce long tunnel, ce sont de bonnes choses qui t'attendent.


Victimes ou témoins, pensez à appeler le 3020.
Le Silence est le plus terrible des super-vilains...
mais c'est aussi le plus facile à vaincre.