La Parenthèse de Virgul #23
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Attention les matous, cette Parenthèse sent bon le post-ap, le héros buriné et les bains de sang ! Autrement dit, âmes sensibles s'abstenir.
Miaw !

Le seul Héros qu'il nous reste
Il n’a qu’un but : survivre.
Qu’une règle de vie : tirer le premier, sans poser de question.
Mais c’est le seul héros qu’il nous reste…
15 ans après l'apocalypse nucléaire, le monde n'est plus qu'un désert de cendres et de sang. Les survivants se terrent dans quelques villes forteresses, loin des routes dévastées où grouillent les Krabs, des bandes de parias d'une effroyable sauvagerie pour qui une vie humaine ne vaut pas le prix d'un litre d'essence. Un homme vit encore sur ces routes.
La légende l'a surnommé... Ranger.

Ah, autant le dire tout de suite, on est en plein dans le roman de gare bien bourrin, avec action survitaminée et sexe quelque peu sulfureux. Ranger, intitulé Traveler en VO, est une série de romans écrits par D.B. Drumm, pseudo cachant en réalité l'identité de Ed Naha et John Patrick Shirley.
Entre 1984 et 1987, les coauteurs, plutôt prolifiques, vont sortir 13 romans consacrés au fameux Ranger. Seulement cinq seront adaptés en français, aux Presses de la Cité.

Cette série d'anticipation, bien burnée, rappelle un peu Mad Max pour le côté violent, et les romans de la série Gore (chez Fleuve Noir) pour l'aspect parfois érotique. Les titres sont suffisamment éloquents pour que l'on comprenne bien que les auteurs ne font pas dans la dentelle ou le drame psychologique : Le Prix du Sang, Soleil de Cendres, Les Ombres de la Mort, Le Guerrier de l'ApocalypseLa Guerre de la Route...
L'action se déroule aux États-Unis, le pays étant dévasté et à la merci de dangereuses bandes. Au fil des aventures de Ranger, se déplaçant dans une fourgonnette "mieux armée qu'un porte-avions", l'on rencontrera des mutants, un mage-enfant, des scientifiques menant des expériences douteuses, les débris de l'armée légale, une reine aux seins nus et, globalement, un grand nombre de tarés, pervers et criminels en tout genre.

Plutôt jouissive et brutale, on peut sans doute regretter que la série ne soit pas plus subtile au niveau de la psychologie des personnages et de leurs relations en général. Néanmoins, ce fut à l'époque une vraie réussite dans le genre survivaliste (avec une touche de SF). Bien meilleur que Le Survivant de Jerry Ahern, pourtant précurseur dans le genre et probable source d'inspiration, Traveler permettait de s'évader (et éprouver quelques frissons coquins) grâce à un style fluide et un cadre aussi dépaysant qu'inquiétant.

Ces ouvrages peuvent toujours se trouver d'occasion en VF, parfois à des prix dérisoires (1 ou 2 euros), parfois à un tarif ridicule (20 euros sans les frais de port). Autant dire que si vous souhaitez en dénicher quelques-uns, il vaudra mieux faire quelques bouquinistes avant de filer du fric à de vils spéculateurs.


Nouveau label comics/ciné : Vestron
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L'éditeur Wetta-Sunnyside vient d'inaugurer un tout nouveau label comics : Vestron.

La ligne éditoriale est très largement axée sur les adaptations de grosses licences cinéma, comme Aliens, Predator, Evil Dead, Robocop ou encore Terminator, plutôt du lourd donc, à quoi il faut ajouter également une orientation rock, avec des titres consacrés notamment à Kiss ou Alice Cooper.

On sait que cet éditeur indépendant a toujours soigné ses publications et défendu une vision originale et réfléchie (avec notamment des partenariats ciblés et sensés), cette fois, la particularité de Vestron sera de se rapprocher des TPB américains, à savoir un format bénéficiant de couvertures souples.

L'idée est plus que bonne puisqu'elle permet d'allier confort de lecture et prix moindre. En effet, la mode très franco-française du tout cartonné ne semble guère justifiée dans la plupart des cas. Et à ceux qui penseraient qu'une hardcover "protège" mieux un livre, nous leur rappelons que la couverture n'est pas une armure destinée à le protéger des mauvais traitements. À partir du moment où l'on ne s'en sert pas comme dessous de table ou pour chasser les moustiques, aucune raison qu'un livre s'abîme plus avec ce genre de couverture.

Le premier album de cette gamme est déjà disponible depuis le 7 février, il s'agit de Predator : Chasseurs (128 pages, 16,95 €), par Chris Warner et Francisco Ruiz Velasco. Petite particularité : l'album dispose d'une couverture fluo !
C'est un autre album Predator qui est prévu pour la fin du mois (25 février) : Bad Blood, un titre en noir & blanc et en "version longue", puisque disposant de 24 pages absentes de l'édition US. Une publication logique, Bad Blood mettant également en scène Mandy Graves, une héroïne déjà présente dans le premier album, évoqué plus haut.

Des titres bandants et une ligne bien pensée, ça s'annonce plutôt bien.


Alita Battle Angel : adaptation moyenne mais bon film de SF
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Projet cinématographique emmené par James Cameron depuis des années, l'adaptation du manga culte Gunnm a été réalisée par Robert Rodriguez (Sin CitySpy KidsUne nuit en enfer…).
Nous avons longuement présenté l'œuvre initiale dans cet article et nous vous avions livré un premier aperçu du film dans cet autre papier. Que vaut Alita : Battle Angel ?
Critique (no spoilers inside).

En 2563, la Terre n'est plus qu'un immense champ désertique où (apparemment) quasiment tous les survivants humains et les cyborgs cohabitent dans Iron City (melting pot des civilisations). Au-dessus d'eux se dresse l'immense cité céleste Zalem, lieu de fantasme où les citoyens vivent (toujours aussi supposément) dans d'excellentes conditions. Nombreux sont les habitants de la Terre (qui a connu une guerre d'envergure contre des extraterrestres 300 ans auparavant) qui rêvent d'aller à Zalem.
Le Docteur Ido (Christoph Waltz) trouve dans une décharge Alita (Rosa Salazar), cyborg quasiment détruite qu'il recueille et répare. Celle-ci explore alors le monde actuel et cherche à se souvenir de qui elle était, tout en se découvrant des capacités de combat exceptionnelles. Elle devient rapidement une redoutable guerrière...

N'y allons pas par quatre chemins : en compilant les éléments classiques qui font le sel d'une critique de film, on obtient un résultat plutôt correct mais pas transcendant non plus.
Pour les points positifs : on s'attache facilement aux personnages ; l'histoire est plutôt prenante ; le film bénéficie d'un très bon rythme (pas le temps de s'ennuyer) ; l'univers présenté est assez original pour le genre (science-fiction) ; les effets spéciaux sont très convaincants, que ce soit le personnage de Gally capturé numériquement ou les courses de Motorball (sans aucun doute les meilleures séquences du long-métrage, qui deviendront probablement "cultes" avec le temps, au même titre que la course de Ready Player One l'année dernière) ; la 3D est — pour une fois — réussie et implique une certaine immersion bienvenue ; et l'habillage musical et sonore est séduisant.



Pour les points négatifs : on sent un côté "grand public" visant quasiment à faire de cette adaptation un film familial, ce qui est clairement dommage ; le casting est très inégal (le jeune Keean Johnson joue un Hugo peu charismatique voire franchement insupportable, les talentueux Christoph WaltzJennifer Connely et Mahershala Ali ne sont pas vraiment exploités… mais Rosa Salazar, vue dans la saga Le Labyrinthe, est superbe en Alita/Gally) ; et, in fine, l'ensemble reste globalement prévisible (incluant une love story qui manque cruellement d'épaisseur) et peu surprenant.
En se basant sur ces éléments factuels, on pourrait donc conclure à un film "sympa, sans plus", un divertissement de qualité où l'esthétisme primerait davantage que la narration et l'écriture des personnages.

Mais… avec le prisme critique des adaptations de manga, donc en prenant en compte l'univers originel, difficile d'être moins sévère ! Il manque des pans entiers des livres de Yukito Kishiro (le film adapte grosso modo les quatre premiers tomes), aussi bien sur la forme (la décharge n'est pas vraiment sale, lugubre et repoussante, au contraire ! ; les combats ne sont pas assez violents et sanglants, etc.) que sur le fond (il manque cruellement une part d'interrogation philosophique, sur l'humanité et l'intelligence artificielle, sur l'amour et la mort, la politique et l'écologie, qui, même si c'était plus difficilement transposable à l'écran, permettait au manga de tirer le récit vers le haut).
Sous cet aspect (déjà abordé dans cet article) on ne peut qu'être déçu. Les écarts pris avec le support de base sont nombreux mais "compréhensibles" (nouveaux personnages, nouveau lieu de vie…) pour un passage au grand écran, à visée multiple. Si l'on n'est pas trop exigeant et un peu optimiste, on peut se dire que le nouveau public qui va découvrir Gunnm au cinéma se tournera ensuite vers la bande dessinée. Et d'une certaine façon, c'est toujours cela de gagné…

Difficile de conseiller ou non Alita : Battle Angel. Cela reste une expérience, à voir idéalement au cinéma en IMAX 3D, plutôt remarquable ! Les cinéphiles y trouveront peut-être leur compte en tant que fans de science-fiction mais les férus du manga seront sans doute mitigés.



+ Les points positifs - Les points négatifs
  • Des effets spéciaux incroyables.
  • Visuellement superbe.
  • Une 3D efficace.
  • Excellent rythme.
  • L'univers du manga plutôt respecté…

  • … mais beaucoup trop lissé.
  • Un côté "grand public" regrettable.
  • Un casting moyen.
  • Globalement sans surprise.
Saint Seiya - Deck Building
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Attention, voilà un excellent jeu qui s'adresse aux fans des Chevaliers du Zodiaque : Saint Seiya Deck Building !

Ah, la Colère du Dragon, les Météores de Pégase ou encore le Tonnerre de l'Aube, autant de techniques impressionnantes qui devraient rappeler à certains les grandes heures du Club Dorothée ! Ce n'est pourtant pas un véritable jeu de combat que nous abordons ici, mais un "deck building".
Si vous ne connaissez pas cette mécanique, très à la mode depuis quelque temps (à tel point qu'on retrouve de nombreux univers déclinés dans ce format, comme Marvel, DC ou même Alien), rien de plus simple : vous avez un deck de départ et devez l'améliorer en "achetant" des cartes (dans le jeu, pas dans le commerce).

Bien que l'on puisse avoir l'impression que cela ressemble à Magic par exemple (qui permet de construire son propre deck à partir de milliers de cartes), c'est sur le principe très différent. Toutes les cartes existantes sont en effet présentes dans cette boite. C'est au cours de la partie qu'il faudra acquérir de meilleures cartes pour accumuler les points de victoire.

SSDB se joue de 2 à 5 joueurs, chaque participant utilisant un deck de base correspondant à Seiya (Pégase), Shiryu (Dragon), Hyôga (Cygne), Shun (Andromède) et Ikki (Phénix). Un tapis de jeu, sur lequel figure divers emplacements, est disposé devant les joueurs. La partie la plus importante est la "rivière", c'est là que vont arriver les cartes du deck commun, représentant des personnages ou armures.
Six cartes sont placées sur le terrain, ce sont celles que l'on peut acquérir en jouant des cartes de sa main, afin d'égaler leur valeur de force ou de cosmos. Il s'agit alors de vaincre ou rallier un chevalier, mais dans les faits, on a bien l'impression "d'acheter" une carte (ça ne ressemble pas vraiment à un combat).

Peu à peu, vous allez pouvoir épurer votre deck et disposer de personnages plus puissants, aux capacités plus intéressantes. Ces dernières peuvent s'activer lors de l'arrivée des cartes sur le terrain, lors de leur acquisition, ou lorsque vous les jouez depuis votre main, souvent en réalisant une action, du genre la défausser, blesser le personnage ou "détruire" la carte (l'écarter du jeu).


Maintenant que l'on a vu un peu le concept, passons aux points forts et aux éventuels remarques négatives.
Tout d'abord, la qualité du matériel est exceptionnelle (surtout pour le prix, 35 euros). Les illustrations sont magnifiques, les cartes ont toutes un effet "foil" (métallisé), même les jetons sont épais et agréables au toucher. Signalons la présence d'une horloge, avec les fameuses flammes bleues (aimantées) que l'on enlève au fur et à mesure, qui va déterminer la durée de la partie. Rien que ce petit gadget permet déjà d'être dans l'ambiance (pour ceux qui connaissent le dessin animé, bien sûr).

Autre gros point fort, la présence de tous les personnages de l'époque "sanctuaire". Les Chevaliers d'or, d'argent et de bronze sont tous là, ainsi que les chevaliers noirs, les chevaliers fantômes, les chevaliers d'acier (même eux !), les chevaliers sans constellations, Athena, le Grand Pope, et même d'autres protagonistes très secondaires (200 cartes en tout). Impossible de faire plus complet. Notons que des extensions Asgard, Poséidon et Hadès sont d'ores et déjà prévues, pour cette année, ce qui permettrait de pouvoir jouer avec absolument tous les Guerriers Divins, Marinas et Spectres !

Enfin, la mise en place est rapide et les règles très simples (et parfaitement expliquées dans un livret illustré, là encore très bien conçu). L'éditeur annonce 14 ans comme âge conseillé pour découvrir ce jeu, franchement, ça semble même tout à fait abordable dès 12 ans, il n'y a rien de bien compliqué.
Reste tout de même un petit bémol, provenant du système de jeu lui-même. L'on a un peu l'impression de jouer chacun dans son coin (même si certains effets peuvent parfois impacter le jeu des adversaires), et l'acquisition des cartes ressemble plus à des achats qu'à de réelles confrontations épiques. C'est un peu frustrant pour une thématique Saint Seiya, mais si le système Deck Building ne vous dérange pas, il sera difficile d'être déçu par ce jeu.

Visuellement magnifique et simple d'accès.
Un must pour tous les fans de Saint Seiya.



+ Les points positifs - Les points négatifs
  • Simplicité du système de jeu.
  • Grande qualité du matériel.
  • Tous les personnages de la partie Sanctuaire !
  • Prix  raisonnable.

  • Impossibilité de réellement "combattre" les adversaires.
Nouvelle Collection Star Wars Altaya
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Lancement d'une nouvelle collection de comics Star Wars, éditée par Altaya.

L'abonnement est déjà ouvert (sur ce site) si vous souhaitez (re)découvrir les nouveaux récits consacrés à la célèbre épopée cosmique. Au menu des trois premiers tomes : les séries Star Wars, Star Wars : The Force Awakens et Darth Vader, autrement dit des aventures faisant partie de l'univers canonique officiel (dans lequel se déroulent les films).

Au niveau des auteurs, l'on retrouve au scénario Jason Aaron, Kieron Gillen, Mark Waid ou Chuck Wendig, et au dessin John Cassaday, Salvador Larroca, Terry Dodson ou encore Luke Ross.
C'est graphiquement très soigné, avec des personnages ressemblant aux acteurs bien connus et des décors qui en jettent.
En ce qui concerne les récits proprement dits, on vous en avait déjà parlé en 2015, dans cet article. Cela reste plutôt convenu en général, en tout cas pour ces premiers arcs, mais clairement respectueux des personnages. Notons quelques touches d'humour efficaces de temps à autre.
De nombreux personnages importants de la saga auront droit à leur mini-série : la princesse Leia, Chewbacca, Dark Maul...


Cette édition s'avère clairement soignée, avec une traduction de qualité, du rédactionnel intéressant, une frise chronologique permettant de situer chaque tome, et des galeries de covers (grand format).
Pratiquement, les ouvrages se présentent sous une élégante hardcover (avec frise au niveau des tranches) et disposent d'un papier glacé mettant parfaitement en valeur les planches.

Comme toujours dans ce genre de collection, les premiers numéros sont à prix réduit et un abonnement vous permet d'obtenir divers cadeaux. Outre les trucs un peu traditionnels, voire "gadget" (t-shirt, thermos, sticker, enceinte bluetooth...), notons le numéro 3, gratuit, et surtout l'offre Premium qui, pour 0,95 centimes en plus par numéro, vous permet de recevoir un livre rassemblant tous les plans et concepts de la première trilogie (250 croquis, 500 photos et 10 pages dépliantes sont annoncés). Précisons que la thermos est réservée aux abonnements effectués avant le 26 février, avec le code PROMOSTARWARS.

La collection comprendra 40 tomes. Plus d'infos ici.



Quelques extraits des séries concernées