First Look : Valérian et Laureline
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Inauguration d'une rubrique First Look qui revient sur les premiers épisodes de séries mythiques. On commence aujourd'hui avec Valérian et Laureline.

Petit préambule tout d'abord, j'ai bien dormi et mon cul va bien. Je ne suis pas devenu cinglé, si je vous livre ces confidences triviales, c'est seulement pour vous rassurer sur l'inefficacité des poupées de Babelio. N'hésitez pas à cliquer sur le lien, lire le post et le partager si ce n'est déjà fait (j'ai rajouté un cache qui permet de constater la mesquinerie du site et ses procédés hautement discutables). Fin du préambule.

Vous le savez peut-être, une adaptation cinéma, par Luc Besson, est prévue pour cet été. Mais bien entendu, à la base, il y a la BD écrite par Pierre Christin et dessinée par Jean-Claude Mézières. Valérian, agent spatio-temporel voit le jour en 1967, dans la revue Pilote, mais c'est au premier album, datant de 1970, que nous allons nous intéresser aujourd'hui. Intitulé La Cité des Eaux Mouvantes, il constitue un mélange de science-fiction et d'aventure saupoudré d'humour.
Commençons par planter le décor.
Nous sommes au 28e siècle. Valérian et Laureline sont des agents du service spatio-temporel de Galaxity, la capitale de l'empire galactique. Car la Terre, suite à une période sombre, est devenue en effet une puissance à l'échelle cosmique. Le SST et ses agents ont pour but de préserver les intérêts de Galaxity, notamment en voyageant dans le temps pour empêcher les modifications du passé lorsque cela est nécessaire. Plutôt cool comme job.

Précisons que nous n'allons pas juger l'intégralité de la série, le principe de ce First Look est bien de s'intéresser aux premiers pas de Valérian, avec tous les défauts que l'on peut imaginer pour un premier album. Par la suite, les histoires s'étofferont, les missions des agents seront plus subtiles, les thématiques plus diverses. le tout étant blindé de références à la littérature, au cinéma ou à la peinture. Donc si la série a perduré et est devenue aussi célèbre, ce n'est pas pour rien. Elle possède de véritables qualités.
Par contre, pris isolément, ce premier album est un peu... mitigé. C'est le moins que l'on puisse dire. Bien qu'il soit aussi assez révolutionnaire, non seulement par le thème SF - peu courant à l'époque en BD en France - et par le style graphique, qui s'éloigne de la ligne claire tout en conservant un côté épuré. Le résultat est un mélange entre Franquin, Morris et Moebius. Pas dégueulasse et même souvent percutant.


Le récit débute alors que Xombul (ah des Xombul, pas la peine de chercher dans l'annuaire, t'en trouveras pas des tonnes) s'échappe de prison et se barre en 1986, période trouble normalement interdite pour les agents. Finalement, le SST se dit qu'il va violer ses propres règles et envoie Valérian aux trousses du fameux Xombul. On va pas s'emmerder avec le règlement les gars. Surtout que sinon, il n'y a plus d'histoire.
Très vite, l'on se rend compte que 1986, ça craint comme époque. En effet, un stock de bombes à hydrogène entreposées non loin du pôle Nord (pratique le coin pour ranger ses merdes) a pété, causant un réchauffement climatique et l'engloutissement de nombreuses villes. Xombul, qui a de grands projets pour la planète, va créer des robots avec l'aide d'un scientifique local et tenter de s'emparer de secrets technologiques lui permettant d'arriver à ses fins.
Toute cette première aventure est donc une suite de péripéties où Valérian, rejoint par Laureline, déjoue les plans de l'ambitieux maboul.

Autant le dire, ce n'est pas toujours passionnant. Loin de là. Certaines scènes sont vraiment présentes pour rallonger la sauce, sans faire pour autant avancer l'intrigue. Les auteurs utilisent également beaucoup ce procédé, courant à l'époque, qui consiste à décrire en texte ce qui est déjà montré en dessin, ce qui donne une impression de "non-immédiateté" des évènements, ce qui nuit à l'immersion. Les personnages sont, de plus, encore très rudimentaires. L'on va dire que Valérian est caractérisé par le fait qu'il est un type plutôt courageux, futé et débrouillard, et Laureline par le fait que c'est... une nana. Oui, c'est basique quoi.
Si ce premier opus (qui n'explique pas comment Valérian et Laureline se rencontrent, il faudra attendre pour cela le tome 0 qui... viendra plus tard) n'est pas très SF, il est tout de même dépaysant : New York post-ap, cataclysmes, parc de Yellowstone, balades à cheval, en avion, pour finir dans l'espace à bord d'un satellite, on voit du pays et il se passe des choses !
Malheureusement, même s'il convient de prendre en compte l'évolution de la narration (très différente en 1970), l'on sait bien que si l'on n'est pas attaché aux personnages, qu'il n'y a pas d'enjeux, de profondeur, d'habillage si l'on peut dire, l'on a beau avoir de l'action non-stop, on s'en bat la race n'est pas très impliqué. C'est ce qui arrive ici, même si certaines trop rares scènes peuvent prêter à sourire (Laureline qui rétrécit et retrouve sa taille normale par à-coups) et à rendre les protagonistes plus humains.


En plus de cette narration datée et peu efficace, il faut noter la piètre qualité du texte et du lettrage (alors pourtant que la version actuelle a été modifiée). Je sais bien que les dessinateurs apprécient les lettrages à la main, ce qui peut se comprendre, mais là... on se dit que le numérique aurait été bien utile. Entre les espaces qui manquent, les fins de phrase collées à la bulle, les pavés de texte non centrés, les interlignes qui varient, ça fait peut-être "roots" mais ça fait surtout "pas abouti".
Quant au texte lui-même, il contient son lot de coquilles : mots qui sont passés à la trappe ("quelque d'assez étonnant"), traits d'union en trop ou en moins, genre aléatoire ("le vidéo"), et, là aussi, une utilisation des points de suspension systématique qui n'a aucun sens.
Le point culminant du binz étant un "ce ne sont pas les flics qui t'envoyent", qui vraiment a failli faire péter notre enculomètre de la langue française [1]. Oui, c'est un outil dont nous disposons et qui nous permet de mesurer le degré de déchirure anale de la grammaire. Parce que, "ils envoyent", en vieux français médiéval, peut-être, mais en français moderne, non.
Du tout...

L'on rencontre également parfois des choix logiques assez étranges. Par exemple, "de nombreuses demi-heures plus tard". Ben... si les demi-heures sont nombreuses, est-ce que ça ne serait pas plus pratique de les compter en heures ? Si hein ?
Ou alors, peut-être qu'en 1970 l'on ne mesurait pas le temps de la même manière.
- Ah quand même ! Tu foutais quoi ? Ça fait des quarts d'heure que je t'attends !
- C'est pas de ma faute ! J'ai passé plus de huit demi-heures dans les bouchons...
Enfin, bon, on ne va pas sodomiser des insectes, je reconnais que ce n'est pas grave.

En conclusion, pour une entrée en matière, c'est loin d'être parfait. Néanmoins, non seulement ça faisait son petit effet à l'époque mais, en plus, cela a donné une saga SF culte et suffisamment riche pour inspirer encore des réalisateurs presque 50 ans après son lancement. Et ça, ce n'est quand même pas rien.
Si vous souhaitez vous faire votre propre opinion, sachez que ce tome est actuellement disponible gratuitement (ce qui n'est vraiment pas cher) sur Izneo (je n'ai pas d'intérêts chez eux, je le précise).

À découvrir comme tremplin vers une saga dans l'ensemble bien supérieure à ce premier opus.



[1] Alors, pour faire simple, on va dire que les "ils croivent", "ils envoyent", "je m'ai trompé", "c'est qu'est-ce que je dis", "j'en sais pas" et autres joyeusetés, ça aboutit dans le rouge de l'enculomètre. Ah si, parce que ça fait déjà bien mal au... enfin, à la langue.
Du coup, toi aussi, procure-toi l'enculomètre de la langue française (55,99 € TTC) et teste tes amis ! De belles soirées de fous rires en perspective !
L'enculomètre de la langue française est un produit © UMAC. Respectez les conditions d'utilisation. Déconseillé aux candidats de télé-réalité et aux footballeurs professionnels.  


+ Les points positifs - Les points négatifs
  • Un style graphique agréable et se démarquant des tendances grand-public de l'époque.
  • Un concept énorme.
  • Dépaysement garanti.
  • Quelques touches d'humour sympathiques.

  • Beaucoup d'action mais beaucoup de platitude par manque d'enjeux et de développement des personnages.
  • Un lettrage et un texte vraiment perfectibles.
Les pratiques douteuses de Babelio - Auteurs & Sites : attention !
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Les pratiques de certains sites sur le net ne cesseront jamais de me surprendre. Le cas de Babelio est assez représentatif de ce que l'on peut faire de pire en matière d'usurpation d'identité et de mesquinerie.
Voilà l'histoire en détail.

Il y a quelques jours, un ami me charrie par mail en me disant que j'ai posté une "critique" de mon propre roman sur Babelio.
L'information me surprend au plus haut point, d'une part parce que je n'ai pas de compte sur ce site, d'autre part parce qu'il serait évidemment ridicule de critiquer son propre travail.
Je me rends sur le site et là, surprise, je découvre un compte UMAC (cf. l'image ci-dessous).



Alors en fait, ce compte ayant été créé en... 2011, il utilise l'ancien logo du blog, l'ancien nom (enfin, le nom qui figurait dans l'url), et l'ancienne url.
Je me rends compte que 329 de nos articles ont été ajoutés sur Babelio. En soit, même si la démarche est cavalière, puisque Babelio est un site commercial qui gagne de l'argent avec notre travail (je rappelle que UMAC refuse toute pub ou partenariat), ce n'est pas le seul site qui procède de cette manière pour se faire du contenu, et donc je pourrais passer sur le principe pourtant déjà discutable.
Par contre, en général, l'internaute peut tout à fait se rendre compte qu'il s'agit par exemple d'un lien RSS, un flux qui est repris. Ici, dans ce cas précis, il s'agit d'un compte utilisateur. Au nom de notre site. Comme si l'on s'était inscrits nous-mêmes et que l'on partageait nous-mêmes chaque article.
Là, ça me plait déjà moins.

Mais surtout, on aboutit à des inepties. Comme mes propres ouvrages sont présents dans leurs bases de données, leur équipe (en utilisant le compte UMAC, enfin, Comics Marvel), a ajouté en "critique" de mon roman la pub que j'ai publiée lors de sa sortie (qui n'est donc évidemment pas une critique alors qu'elle est présentée comme telle sur Babelio).
Cela donnait donc l'impression, au pire, que je critiquais mon propre travail (le truc bien schizophrène), au mieux que je me lançais dans de la pub sauvage sur des sites extérieurs (ce que je ne fais pas).

J'ai donc contacté le site pour demander que ce compte soit renommé ou supprimé, afin de ne pas laisser à penser qu'il s'agissait de moi ou d'un compte officiel UMAC.
Pas de réponse dans un premier temps. Second mail.
Cette fois, un certain Pierre Fremaux me répond que Babelio est dans son bon droit puisque le site "respecte le droit de courtes citations". J'explique alors au monsieur que dans le droit de citation, il faut qu'il y ait une nette différence entre la personne qui reprend les propos et celle qui en est l'auteur (par exemple, ce sont les citations que l'on retrouve au début des romans). Dans le cas de Babelio, il ne s'agit pas de cela puisque les internautes ont l'impression que nous postons nous-mêmes sur ce site, que nous le "validons" et le soutenons en quelque sorte.

Finalement, le responsable me dit qu'il va supprimer le compte et les articles. Très bien.
Je vérifie aujourd'hui, sur la page de mon roman, Le Sang des Héros (puisque c'est celle qui me posait un réel problème déontologique), et là... je m'aperçois d'une petite mesquinerie. Mon nom d'auteur, auparavant complet (cf. ce cache google du 28 mars), a été remplacé par une simple lettre "D." (cf. l'image ci-dessous).
Le même procédé a été appliqué sur la fiche de The Gutter.
Il n'est donc plus possible de faire des recherches avec mon nom sur leur moteur de recherche, alors que c'était bien le cas auparavant (puisque c'est comme ça que je suis allé vérifier la fameuse "critique" que j'avais soi-disant postée). Ce n'est pas tant que je souhaite absolument figurer sur leur si respectable site, mais le procédé de petite vengeance de cour d'école est quand même ahurissant.


Ainsi Babelio, puisqu'ils ne peuvent plus bénéficier gratuitement de nos articles et de notre travail, estiment qu'ils peuvent se torcher avec le code de la propriété intellectuelle et supprimer mon nom de mes ouvrages. Ah, belle mentalité non ? La classe internationale.
Je contacte de nouveau ce Fremaux, lui dit que tant qu'à faire, il peut aussi virer complètement mes livres de sa base de données, ça serait plus simple, ce à quoi il me répond ceci : "Restez tranquille je sais même pas votre nom, et m'en balance comme de l'an quarante. Mais si vous voulez oui on a aussi des poupées à votre effigie, si ça vous pique les fesses la nuit c'est le cabinet noir dédié à votre cas : une équipe à plein temps chargée de vous nuire. "
Autrement dit, je dois me calmer et la fermer, tant pis s'il se sert de notre travail sans autorisation depuis six ans, tant pis s'il usurpe mon identité puis escamote mon nom sur les livres que j'ai écrits, je n'avais qu'à pas la ramener... et menteur avec ça, puisque le cache du 28 mars prouve bien que mon nom a disparu de la fiche de mes ouvrages après nos échanges.


J'espère vraiment pouvoir rencontrer ce monsieur si sympathique afin de lui expliquer ma façon de penser de manière plus... pénétrante. On verra qui de nous deux aura les fesses qui piquent le plus.
En attendant, que vous soyez blogueur, responsable d'un site ou auteur, méfiez-vous, vous avez peut-être un compte Babelio sans le savoir. Et si ça vous emmerde et que vous avez l'audace de vous plaindre, il y aura des représailles. De petites représailles, à la hauteur de la morale de ces gens, mais des représailles tout de même.

Bref, à faire circuler.

Où sont passés les grands jours ?
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L'on découvre aujourd'hui un récit bouleversant et d'une rare qualité dont le titre est une question quelque peu énigmatique : Où sont passés les grands jours ?

Cette BD en deux tomes, publiés en 2014 et 2015, est éditée chez Bamboo, dans la collection Grand Angle. Le scénario est de Jim, les dessins et la colorisation sont d'Alexandre Tefenkgi.
Autant vous prévenir tout de suite, le récit ne contient pas d'enquête policière, de combats, de vaisseaux spatiaux, de dragons ou de vampires, il s'agit d'une réflexion, douce-amère, sur la vie. La vraie. Et ça n'en reste pas moins extrêmement plaisant à lire. Une histoire qui peut se rapprocher d'un Blankets par exemple, au moins en termes de qualité. C'est vous dire si les auteurs sont bons.

Où sont passés les grands jours se trimballe tout de même deux petits défauts, que l'on va évacuer immédiatement, histoire d'être tranquille. Tout d'abord, les points de suspension sont utilisés n'importe comment. Et tout le temps. Ah si vous aimez ça, vous allez vous régaler, il y en a partout : à la place des points, après les points d'exclamation, après les points d'interrogation... c'est du déstockage de masse. Plus sérieusement, la ponctuation a un sens, une fonction dans le texte, et balancer comme ça des points de suspension partout, ça les rend inefficaces. C'est comme s'il n'y en avait pas. Sauf qu'il y en a et que c'est gonflant.
Deuxième point, l'aspect juvénile du visage des personnages. Ils sont censés avoir la quarantaine alors qu'ils font à peine vingt ans. Mais bon, on finit par s'y faire.
Il y aurait bien encore un ou deux trucs à soulever, sur les élisions sauvages ou quelques répétitions, mais on va dire qu'on n'en a rien à foutre étant donné... qu'on n'en a rien à foutre.

Et avant de passer à la longue liste des qualités, voyons un peu le pitch.
Hugo est lettreur. Il vit avec Alice et leur petite fille. Il rêve d'écrire. Mais depuis quelque temps, il déconne. Vraiment. Parce qu'il ne digère toujours pas le suicide de son meilleur ami, Fred. Il se plonge dans d'anciens souvenirs, met son couple en danger, ment à ses amis. Il a gardé le numéro de Fred dans son portable, alors un jour, il l'appelle. Et quelqu'un répond. Bien sûr, ce n'est pas son vieux pote, le numéro a simplement été réattribué, mais Hugo décide de se confier à cet inconnu. De l'appeler Fred. Parce que Hugo ne va vraiment, vraiment pas bien.


Commençons par l'aspect graphique : un pur régal. Les plans sont bien pensés, le style est efficace, esthétique et rehaussé de jeux de lumière travaillés et d'une colorisation tout en douceur et en tons pastel. L'on peut noter également quelques métaphores graphiques qui ne sont pas dégueulasses. C'est beau, c'est propre, ça claque.
Niveau écriture, c'est simple : c'est excellent. Et pourtant, avec ce genre de sujets, l'on peut vite tomber dans le larmoyant, le sentencieux, voire l'ennui. Autant d'écueils habilement évités par le scénariste. L'histoire est à la fois subtile, profonde, passionnante, émouvante et drôle. Ah ben, si c'est pas un vieux combo des familles ça !

L'on pourrait croire que ce n'a rien à faire dans ce genre de récit, mais Jim parvient à maintenir un réel suspense sur plusieurs points que l'on ne découvre que peu à peu. L'intérêt est constant. Il aborde également des sujets importants et universels sans en faire des caisses, en attirant gentiment le lecteur à lui (un lecteur, c'est une bestiole fragile, lorsque l'on veut le faire aller quelque part, mieux vaut lui prendre doucement la main que lui filer des coups de pied au cul).
Les réflexions sont pertinentes, certaines scènes très drôles viennent alléger un peu l'atmosphère (on est bien d'accord que l'on n'est pas du tout devant un Gaston Lagaffe hein là ? on parle de suicide, de gens qui se déchirent...) et l'on se prend régulièrement de grandes bouffées d'émotion en pleine gueule. Et ce n'est pas tout.

Le personnage principal, très loin d'être monolithique, est si bien écrit que l'on éprouve d'abord de la sympathie pour lui, avant d'avoir envie de lui péter la gueule, puis de le prendre en pitié, bref, non seulement c'est un joli maelström émotionnel (pas si facile que ça à créer, surtout à propos d'un seul protagoniste), mais cela rend compte en plus de la complexité de l'individu (pas juste Hugo, les gens en général) qui ne peut se résumer à son seul plus grand défaut... ni à ses seules qualités.
Et faire en sorte que Hugo ne soit pas juste un logo mais une vraie personne, cohérente mais avec ses contradictions et ses parts d'ombre, c'est fort.
Au fil de ces 150 pages, les auteurs évoquent, avec justesse et pudeur, l'amitié, la jeunesse perdue, la solitude, les amours, les saloperies du quotidien. Et deux ou trois autres trucs.

Où sont passés les grands jours ? fait partie de ces livres qui ont un effet réel sur vous. Qui changent votre façon de voir le monde. Pas forcément pour toujours, les mauvaises habitudes reviennent vite, mais qui vous laissent entrevoir autre chose que la grisaille et l'aigreur.
Il y a trop de choses vraies dans cette BD pour qu'elle ne fasse pas mal. Mais c'est une bonne douleur. Une douleur qui contribue à entamer cette croûte que l'on acquiert au fil des ans et qui contribue à vous désensibiliser. Comme si nos sens étaient nettoyés, notre regard affuté, notre vie plus lumineuse.
C'est pour cela que l'on continue à tourner des pages. Pour se faire un peu secouer, certes, mais surtout pour se sentir un peu plus propre, reboosté, revitalisé. Et là pour le coup, l'on se dit que l'on a parfaitement rentabilisé jusqu'au moindre centime de cet achat.

À ne pas rater.
Vraiment, c'est pour votre bien.



+ Les points positifs - Les points négatifs
  • Profond, sans jamais être chiant.
  • Grosse charge émotionnelle.
  • Une écriture subtile et d'une grande intelligence.
  • Un humour bien dosé et efficace.
  • De superbes planches, bénéficiant d'une colorisation parfaite.

  • La ponctuation ne se distribue pas aléatoirement bordel !
  • Visages trop juvéniles pour des mecs de 40 balais.
Seinfeld : la sitcom qui domine le game même 20 ans après
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Nous vous avions déjà parlé de cette sitcom de manière succincte lors d’une sélection, totalement subjective, de séries cultes. Mais Seinfeld mérite bien d’avoir une chronique dédiée tant la série est, encore aujourd’hui, unique et incroyablement efficace.

Les 178 épisodes vont être diffusés entre 1989 et 1998 sur NBC. En France, il faudra attendre 1993 pour une diffusion, confidentielle, sur Canal+. De nos jours encore, la série est dramatiquement méconnue dans nos contrées malgré sa qualité. Et lorsqu’elle est diffusée sur un canal anonyme dans les profondeurs d’une box, c’est souvent en… français uniquement. Et ça, c’est inacceptable.
Parce qu’il faut absolument voir cette série en VO. Tant pis si vous ne maîtrisez pas bien l’anglais et que vous n’aimez pas les sous-titres, c’est indispensable. D’une part parce que la VF est dégueulasse. Mais vraiment dégueulasse. Ensuite parce que la simple intonation des voix en VO est un plus énorme qui fait que l’on ne regarde plus tout à fait la même chose.

Au niveau du pitch, c’est très simple, c’est une série sur rien. Comme l’explique Jerry Seinfeld, d’une façon un peu provocatrice (mais pas totalement fausse) : « a show about nothing ».
En réalité, il s’agit de la vie de Jerry Seinfeld, humoriste de stand-up très connu aux États-Unis, accompagné de son meilleur ami George, de son ex, Elaine et de son voisin, Kramer.
Un épisode peut être centré sur le fait d’attendre une table dans un restaurant ou sur la rareté d’une place de parking libre dans New York par exemple. C’est ce qui fait dire aux auteurs (Seinfeld et Larry David) que la série ne porte sur « rien » alors qu’elle aborde tout.

L’élément essentiel qui contribue au ton particulier de la série, c’est qu’elle ne respecte pas du tout les codes politiquement corrects de la sitcom classique. Peut-être ne l’avez-vous pas remarqué, mais dans la plupart des sitcoms, il y a une morale et des moments « émouvants ». Elles n’ont pas pour seul but de faire rire mais aussi de démontrer quelque chose. Et ce, quelle que soit la qualité de la sitcom. Dans Friends par exemple, il y a des passages obligés où les personnages sont blessés, souffrent, se disputent, puis font un pas en avant et se réconcilient. La morale est toujours sauve. La situation conflictuelle toujours résolue positivement. Dans Larry & Balki (Perfect Strangers), de la même manière Larry va apprendre très souvent de Balki (ou plus rarement, inversement). L’un des personnages nourrit l’autre et le fait grandir. Et il y a aussi cet aspect dans Alf. Ou les Simpson. Il y a toujours un moment où un dilemme sérieux (dont on a ri) est résolu par une morale acceptable socialement.
On rigole mais on respecte les conventions.


Dans Seinfeld, ce rapport à la morale n’existe pas. Ce qui en fait une série plus acide, plus réaliste et… bien plus drôle.
Attention, il ne faut pas en déduire que les personnages n’ont pas de limites. Ils ne vont pas jusqu’à tuer des gens par exemple. Enfin… non, bref, disons qu’ils ne vont pas jusque-là pour simplifier. Mais ils n’ont pas ce « recul » bienséant qui caractérise habituellement les personnages. Ils ne « grandissent » pas, surfent sur leurs défauts, n’apprennent jamais, sont égoïstes, pleutres, manipulateurs. Bien que jamais méchants volontairement, ils ne tirent pas de leçons de ce qu'ils vivent. Ce qui est une rupture énorme dans la manière classique de raconter des histoires.

Jerry Seinfeld est le pivot central, le personnage le plus lisse bien qu’il ne soit pas exempt de défauts, ses blagues « innocentes » peuvent d’ailleurs avoir un effet désastreux (cf. le cas des enfants qui aiment les poneys). Il peut se montrer lâche, condescendant, content de lui, et pourtant, il fait office de personnage raisonnable et mature si on le compare à son entourage.
George Costanza est pour beaucoup le personnage le plus attachant de la série. À moitié chauve, courtaud, complexé, instable et totalement immature, il est celui qui se retrouve dans les situations les plus improbables (son test de QI ou le message chanté sur son répondeur restent des moments cultes pour les fans). Il est celui que l’on aimerait voir gagner mais qui échoue systématiquement. Il est cependant loin d’être idiot, c’est aussi cela qui en fait un personnage en dehors des normes, car son intelligence et sa culture ne l’aident en rien (du coup… pas de morale).
Elaine Benes, seul personnage féminin important dans la série, est plus anecdotique. C’est un peu une Seinfeld bis dans le sens où elle a ses défauts et qualités. Elle est dans la norme, n’a pas de peine à séduire, mais échoue à construire sur le long terme, souvent parce que ses exigences, comme celles de Jerry, sont basées sur des détails et une recherche de la perfection qui confine à la sociopathie. Elle se montre également superficielle à de nombreuses occasions, surtout dans ses relations amoureuses, et confirme ainsi le caractère révolutionnaire de la sitcom, osant présenter un personnage féminin comme dévoré par les mêmes démons que les protagonistes masculins (ce qui est très, très rare).
Enfin, Cosmo Kramer est un personnage lunaire, à part, qui sera même décrit, pour son manque de tact, comme « une plante et non un être humain ». Il peut néanmoins faire preuve d’empathie, mais sa maladresse chronique en fait une calamité ambulante. C’est le plus « visuel » des personnages en cela qu’il montre son inadaptation à la société en se frottant physiquement à ses symboles (ouvrir une porte, conduire un véhicule ou porter un paquet est une épreuve épique pour lui).


La thématique est très difficile à définir puisque le point de départ de la série est de toucher à tout, donc à rien de spécifique [1]. L’on peut tout de même classer les sujets en deux catégories : les sujets structurants, qui vont soutenir tout un épisode, et les sujets anecdotiques, qui vont enrichir une conversation ou une scène unique.
Dans le cas des sujets anecdotiques, l’on peut par exemple avoir un débat (très sérieux) sur le fait que Superman ait ou non un super-sens de l’humour. En ce qui concerne les sujets structurants, cela peut être le fait de prendre une limousine qui ne vous était pas destinée, ou le choix du prénom d’un enfant. Oui, il y a de quoi faire des histoires avec ça. Et de bonnes histoires (cf. cet article).
En dehors de cela, la série regorge de moments épiques, où il faut par exemple absolument remplacer la cassette (on est dans les années 90, OK ?) d’un répondeur. Ou rendre un stylo. Si les running gags sont nombreux (les bretzels, l’architecte…), les références externes à la série sont parfois également mythiques, comme la reconstitution d’une sortie de stade où quelqu’un a craché sur les protagonistes des années auparavant, qui parodie la reconstitution du parcours de la « balle magique » dans le procès final du JFK d’Oliver Stone. Incompréhensible si l’on n’a pas vu le film mais magistral si on a la scène en tête.

La série, en plus de quelques récompenses (dont l’Emmy Awards et le Golden Globe de la meilleure série comique), a fait un carton d’audience sur NBC et a été régulièrement citée parmi les séries exceptionnelles : en 2002, TV Guide lui attribue le titre de meilleure série de tous les temps. Depuis, elle atteint régulièrement le podium de tous les classements (tapez sur Google « best sitcom ever », vous la verrez toujours parmi les premiers). En 2016… la série, soit près de 20 ans après sa fin, est encore classée en cinquième position dans le top 100 du magazine Rolling Stone (qui regroupe des séries et aussi des émissions), juste après Breaking Bad et Mad Men [2].

Si vous n’avez pas vu Seinfeld… c’est dommage, parce que c’est carrément un truc qu’il faut voir au moins une fois, mais ce n’est pas grave, parce que ça n’a pas vieilli et parce que c’est disponible en DVD et que vous avez du coup pas mal d’heures de pur bonheur devant vous.
Alors, niveau DVD, il existe une intégrale en import avec des sous-titres français, dans les 55 euros (pour 8/9 saisons, c’est honnête [3]).
Par contre, j’ignore si cette intégrale propose aussi les bonus (excellents) des DVD sortis en France, et qui proposent des versions alternatives des épisodes (des petites scènes d’intro disons) et, surtout, des commentaires des épisodes par les acteurs et Larry David, des sujets sur l’écriture, enfin bref, ça double carrément la durée et la valeur du binz. Parce que les anecdotes sont énormes.  
Et du coup, je vais vous en raconter une. En gros. Lors d’une scène un peu étrange, Jason Alexander, qui joue George, est allé voir Larry David. Il lui a dit : « Je ne peux pas jouer ça, personne, personne au monde ne ferait ça dans une situation pareille ! »
Et Larry lui a répondu : « C’est exactement ce qui m’est arrivé la semaine dernière, et c’est exactement ce que j’ai fait. »
C’est ça aussi qui est dingue dans Seinfeld, c’est que la plupart des situations et des personnages sont vrais. Par exemple Kramer existe réellement. Le plus barré des persos est réel. Il s’appelle aussi Kramer dans la réalité. Et quand la série est sortie… il a voulu soutirer du fric à NBC. Ce qu’aurait carrément fait le vrai-faux Kramer ! ;o)

La télévision n’est pas merdique en soi. C’est un tuyau, tout dépend de ce que l’on fait circuler dedans. Seinfeld fait partie de ces programmes qui donnent vraiment envie de s’intéresser au tuyau, malgré les saloperies qui l'encombrent.



[1] Rappelons qu’une série sur « rien », cela veut dire en réalité une série sur rien de « spécial », ce que NBC a bien compris (notons aussi que la création de la série est d’ailleurs développée à l’intérieur même de la série, ce qui est une bonne idée mais aussi ce que l'on appelle un canon récursif).
[2] Ben… R.E.S.P.E.C.T. #arethafranklin #jesuisunesitcomquigèresarace
[3] La première saison est si courte qu’elle forme une seule réelle saison avec la deuxième, du coup, il y a 9 saisons officielles mais, dans les faits, c’est plutôt 8 en matière de contenu DVD. 


+ Les points positifs - Les points négatifs
  • Vraiment très bien écrit.
  • Un casting parfait.
  • Non-conformiste et en dehors des règles télévisuelles habituelles.
  • Souvent très drôle.
  • Carrément moderne malgré les années passées.
  • De véritables plus dans les bonus DVD. 

  • Seulement 9 saisons...
Le Sang des Héros disponible en librairie
Par


Sortie aujourd'hui de mon roman, Le Sang des Héros, chez Nestiveqnen Éditions. ;o)

Amis Belges, Suisses et Québécois, n'hésitez pas à vous renseigner chez votre libraire habituel, car l'ouvrage est également disponible chez vous.


L'apparition des suprahumains a profondément bouleversé le monde. Aux États-Unis, un service militaire a été mis en place pour encadrer les nombreux jeunes qui se découvrent des super-pouvoirs, aux effets parfois dévastateurs.
C'est dans l'une des bases de l'armée que se retrouvent Amber (qui peut défier les lois de la gravité), Terry (qui pratique la télékinésie), Kiera (dotée d'un sixième sens), Mike (à la force surdéveloppée) et Ebenezer (un métamorphe). Alors que les amitiés se nouent, le groupe est confronté à un télépathe violent dont le comportement va être encouragé par un officier incompétent.
Quand un drame survient, les supras n'ont d'autre choix que de faire justice eux-mêmes et tenter d'affronter un monde qui n'a pas été rendu meilleur par la prolifération des super-pouvoirs. Mais au bout de leur périple, un secret terrifiant les attend. Un secret qui pourrait changer le monde et faire d'eux des héros. Ou des criminels.
Les pouvoirs sont dangereux. La vérité l'est plus encore.


Une tragédie moderne, une histoire d'amitié également, abordant, à travers la thématique des super-pouvoirs, les excès liés à la nature humaine et les dérives de tout système social organisé.



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Si vous êtes en Moselle, n'hésitez pas à venir me faire un petit coucou le 15 avril, au Cultura de Terville (zone du linkling) ou le 29 avril, à la librairie Hisler de Thionville (galerie marchande Géric), où je serai en dédicace.


Informations libraires
Diffuseur France : CED
Distributeur France, Belgique et Suisse : Belles Lettres Diffusion S.A.S
Diffuseur/distributeur Québec : Agence du Livre


Bite Fighter : baston porno-homo-écolo
Par

Bite fighter est une BD improbable, le 13e opus de la collection BD Cul des Requins Marteaux dans laquelle chaque volume propose une histoire complète, avec un auteur différent. Pour ce numéro symbolique, c’est Olivier Texier qui s’y colle avec un mélange détonnant de combats en arènes, de pensées écologistes et d’amour, tout cela dans un univers post-apocalyptique ultra viril !


Ce récit de science-fiction se place après la guerre du Golfe de 1972, où le monde industriel — qui avait tant misé sur les énergies fossiles pour sa croissance — se retrouve ravagé, ses ressources épuisées. Il survit désormais au moyen de la permaculture. En Californie, la population s’est tournée vers la nature, sans abandonner son confort de vie. Mais voilà, des irréductibles emploient encore ces polluants, dont le fameux Masked Warrior et toute sa clique.
1991. Le jeune Kato possède un cœur tendre. Pratiquant le kung-fu, il complexe de ne pas être auto-suffisant quant à son potager. Il envie aussi un couple soudé d’amis, Ty (ex-lutteur) et Buzz (ex-catcheur), des jardiniers aguerris, bodybuildés et propriétaires d’une maison 100 % passive. Ils sont toujours pleins de bons conseils pour le jeune adulte : drague, agriculture... Afin de se sentir utile, Kato décide d’aller combattre dans des arènes de free-fight. Pour son premier match, où il représente son quartier, il invite ses amis. Ty l’accompagne, Buzz décline l’offre. Kato s’y prend une belle raclée. La présence d’un adversaire équipé en énergie fossile le déstabilise. Ty est kidnappé et subira les pires sévices anaux. Kato prévient Buzz qui va tenter de le libérer… mais peine perdue. Le cœur de guimauve de Kato s’avère être son talon d’Achille : il se laisse séduire par les hommes virils qui l’entourent. Désormais seul, le jeune héros doit lutter contre les champions de chaque arène dans laquelle on combat autant que l’on baise, afin de retrouver et délivrer Tyler, dans des affrontements brutaux et sanglants, où tous les coups seront permis !

Bite Fighter s’avère une agréable surprise. Sous une apparence de BD torchée à la va-vite, on découvre que l’auteur maitrise les faux mauvais dessins : expression, choix des plans, rien n’est laissé au hasard [1]. La plupart des dialogues sont hilarants au possibles, frisant l’absurde. Le petit format, quant à lui, rappelle les illustrés imprimés sur du papier bon marché comme les collections ElviFrance ou Aredit/Artima. Ce récit d’action porno-homo-écolo se lit vite. La mise en scène efficace, riche en rebondissements foisonne de clins d’œil. Les enjeux clairs sont posés rapidement. L’intrigue de Bite Fighter se calque donc sur un schéma classique de films de baston ou de jeux vidéo : un combattant qui passe d’arène en arène où la puissance de la bite (et de l’amourrrrrr) mène à la victoire. Le bémol vient d’une fin un peu précipitée, un retour à une situation d’équilibre salutaire pour nos héros, pleine de bons sentiments...
Inspiré d’un véritable nanar vidéo-ludique de baston, Pit-Fighter, développé par Atari dans les années 90, Bite Fighter en reprend les personnages hauts en couleur, de Masked Warrior en passant par C.C. Rider, Chainman Eddie… ainsi que leurs design ridicules et gentiment SM pour certains. Il en parodie aussi le logo et le visuel. Il ne manquerait plus que la musique électronique 8 bits pour couronner le tout.

Sous la recherche d'une harmonie mondiale, ce qui fait plus enrager les héros n’est pas tant les agressions sexuelles que peuvent subir certains de leurs compagnons, mais l’emploi des énergies fossiles ! Bite Fighter use du classique et éternel affrontement entre l’éros et le thanatos, avec des personnages débordants de désirs et d’ambitions. Kato s’éprendra même de son violeur auquel il inculquera la valeur de l’amour ! Quant à Ty, il subira un magnifique moment de masturbation prostatique de la part de l’un de ses tortionnaires. Car dans cette histoire, les méchants aussi possèdent des sentiments et les scènes de sexe proposent de l’amour libre consentant où l’on s’affranchit du couple. Ce coulis de virilité cache une seule femme, à barbe, adepte des énergies fossiles et de la civilisation industrielle ainsi qu’un personnage particulier : une shemale [2], femme fatale pourvue d’un pénis qui aide autant Kato qu’elle le trahit… signe de sa nature trompeuse ?

Bite Fighter, comme tous les livres de cette collection, est proposé dans une édition de qualité avec léger relief sur la couverture située sur les parties des messieurs, faisant de cette expérience sensuelle une partie intégrante de la lecture. Des citations, des fausses publicités parsèment les pages : « n° 1 de la BD indébandante », le prix abordable de « touze euros », en vente « partouze »…

Bite Fighter est un délire foutraque complet en 136 planches, brossant un univers post-apocalyptique écologiste intéressant. Une civilisation d’amour libre, de redécouverte de soi et de la nature, le tout emmené par le côté très linéaire des jeux vidéo de baston. Métaphore politique, dérision au millième degré, outrancière et crue, cette BD peut autant être adorée que détestée. L’humour, timide au début de l’histoire, le temps de s’imprégner de l’univers, vire au grotesque au fil des pages. Il en va de même des scènes de sexe. Cette BD n’est clairement pas à mettre entre toutes les mains, à cause des fornications débridées qui pourraient choquer les moins tolérants ou les réfractaires aux gros plans de fist fucking anal. 

Pour en découvrir plus, Olivier Texier explicite le processus créatif de cette improbable BD de baston sur son blog.


[1] Dans le même genre, je vous renvoie à Mutant Hanako, un manga tout aussi outrancier et faussement mal dessiné qui a été chroniqué sur UMAC.
[2] Il s'agit d'une femme transgenre (homme à la naissance) ayant suivi un traitement hormonal et s’étant fait retirer une partie de sa pilosité, mais n’ayant pas (ou pas encore) subi d’opération chirurgicale visant à transformer son appareil génital.

+ Les points positifs - Les points négatifs
  • Univers post-apo homo-écolo
  • De la baston et du cul
  • Improbable mélange qui tient la route
  • Graphisme assumé
  • L'embossage sur les pénis de la couverture
  • Outrancier
  • Fin précipitée
  • Un peu cher
  • La couverture plus laide que les planches !
UMAC's Digest #33
Par
Les sélections UMAC dans l'actu de la pop culture



-- JACK KIRBY AU CHÂTEAU DE MALBROUCK --

Depuis septembre dernier, la Moselle célèbre le centenaire de la naissance de Jack Kirby au travers de manifestations diverses qui se poursuivront tout au long de l'année 2017.
C'est dans ce cadre que l'artiste sera mis à l'honneur lors de l'exposition "Les héros dessinés, de la guerre de Troie à la guerre des Étoiles", qui se tiendra d'avril à octobre dans le magnifique cadre du château de Malbrouck.
Les visiteurs pourront bien entendu découvrir d'autres auteurs, notamment des planches originales du célèbre Jacques Martin (auteur des séries Alix, Lefranc...). Les artistes locaux contribueront également à l'évènement, nous pourrons ainsi admirer des planches, en hommage à Kirby, réalisées par Daniel Gattone et Emmanuel Bonnet (Red Cat). Une excellente initiative que d'apporter la BD au cœur du seul château du XVe siècle entièrement conservé (et restauré) en Lorraine !
#papier&vieillespierres






-- ÉPOUVANTE DANS LE MAINE --

Stephen King et J.J. Abrams ont annoncé la mise en chantier d'une nouvelle série, Castle Rock, qui, comme son nom l'indique (il s'agit d'une ville fictive centrale dans l'œuvre de l'écrivain), sera basée sur l'univers de King. La société Hulu, qui avait déjà produit l'adaptation de 22.11.63, s'est pour l'instant engagée sur 10 épisodes. Ceux-ci devraient permettre de lier entre eux les différents récits de King, une mission relativement aisée puisque l'on sait que les romans faisant partie du kingverse contiennent très souvent des passerelles et références communes (un procédé qui voit son apogée dans la saga de La Tour Sombre).
Reste à espérer que le résultat soit meilleur que le ridicule Under the Dome...
#frissons





-- ANOMALIES TEMPORELLES --

Le premier tome de FRNCK sort ce mois (aujourd'hui d'ailleurs) chez Dupuis.
Cette BD humoristique s'attache au destin de Franck, jeune ado de 13 ans, qui va être projeté en plein paléolithique. Plus de smartphone, de pizzas, ni de net donc pour le jeune garçon qui devra faire face à quelques brutes épaisses, échapper à des bestioles plutôt dangereuses, et inventer le feu, le savon et... les voyelles.
Une idée originale portée par Olivier Bocquet et le graphisme dynamique de Brice Cossu. Le tome #2 sortira en août.
#humourdescavernes





-- CATHARTIC POST-FOLK --

Voilà un groupe intéressant à plus d'un titre : Translucid Souls.
D'une part le style s'inscrit dans les courants "post" de la folk et du metal, avec des influences diverses (et pas dégueulasses) allant de Swans à Radiohead en passant par Alanis Morissette (avec une touche de rock industriel et de folklore anglo-irlandais). D'autre part l'on peut suivre l'évolution des morceaux du groupe (qui prépare son premier album, "Ours may be...") sur sa page facebook.
Un son puissant, sombre et mélancolique, porté par un duo expérimenté ayant déjà pas mal bourlingué sur les scènes françaises et anglaises.
#chargeémotionnelle






-- LA SCIENCE À LA PORTÉE DE TOUS --

Lorsque l'on parvient à surnager dans le monceau de conneries qui sature Youtube, l'on découvre parfois une petite pépite qui redonne foi dans l'humanité. La chaîne e-penser est l'une d'elle.
Il s'agit de vulgarisation scientifique particulièrement bien foutue. Les vidéos sont très bien réalisées, les sujets passionnants et le ton plutôt détendu et humoristique. Oui, on peut être drôle et pas chiant du tout en parlant du spin, de la relativité ou du principe d'incertitude.
Pour ceux qui, échaudés par l'approche scolaire, pensent encore que la science est un domaine ennuyeux et opaque, faites-vous le cadeau de pénétrer dans ce domaine incroyable décrivant les merveilles de l'univers. Car c'est bien de cela qu'il s'agit ici, non pas d'assommer tout le monde avec des équations mais d'expliquer, en termes relativement simples, ce qu'elles impliquent. L'espace-temps, la mécanique quantique, la gravitation, autant de sujets fascinants qui sont abordés ici avec intelligence et bienveillance.
Excellent. Et comme on peut le voir sur l'image ci-dessous, pas dénué de références à la pop culture.
#curiositébienplacée





-- POISCAILLE --

La sortie du film Aquaman, initialement prévue pour octobre 2018, été reportée de deux mois. Honnêtement, elle pourrait être reportée de 200 ans que ça ne nous ferait ni chaud ni froid.
#plouf