Publié le
26.1.26
Par
Virgul
C'est la cinquantième Parenthèse de Virgul ! Et déjà huit ans que la rubrique existe. Eh bien, pour fêter ça, le sujet était tout trouvé : moi. Ou tout ce que vous avez toujours voulu apprendre (ou pas) sur le plus cool des chats.
Miaw !
Virgul par Virgul
Nous avons abordé bien des sujets au cours de ces quelques années, que ce soit Fantômas ou Captain Universe, les uniformes confédérés et le soi-disant effet Mandela, l'incroyable destin de Wilhelm Reich ou le format à l'italienne, sans parler de quelques règles de grammaire ou même des débuts de Buffy. Vous retrouverez tout cela détaillé à la fin de cette Parenthèse.
Mais pour le moment, à la manière des annuals des vieux comics qui proposaient de menues explications et anecdotes sur les personnages, voici quelques informations félines sur votre serviteur !
Nom : VIRGUL
Date d'arrivée sur UMAC : mai 2015
Poste : mascotte, rédacteur de la rubrique "La Parenthèse de Virgul"
Activité préférée : la sieste
Musique préférée : Year of the Cat, d'Al Stewart
Série préférée : Waldo Kitty
Plat préféré : le canari en sauce les croquettes
Tout d'abord, il faut savoir que ma force est peu commune. Je peux soulever, comme qui rigole, plus de 250 kilos.
Et il n'y a pas de raison spéciale à ça, les chats mosellans sont juste super balèzes.
Et il n'y a pas de raison spéciale à ça, les chats mosellans sont juste super balèzes.
L'une de mes grandes passions dans la vie, c'est les flingues. Les grenades aussi, un peu, mais un bon fusil d'assaut,
ça permet de bien se marrer et de calmer les ganaches. J'aime bien la dynamite aussi.
Profondément mélomane, je joue de la guitare, du piano, du saxophone et de la flûte.
Ça aide quand même pour dragouiller la féline en maraude.
Mon meilleur ami est Panzer, un maine coon qui descend la bière presque aussi vite que moi.
Il a un peu la grosse tête car il vient d'obtenir un rôle important dans une BD. Mais on vous en reparlera en temps voulu.
Il a un peu la grosse tête car il vient d'obtenir un rôle important dans une BD. Mais on vous en reparlera en temps voulu.
Sportif accompli, je maîtrise le cha-jitsu, l'art de chuter en planche à voile, le parachutisme et la valse.
Mais la balade sylvestre reste quand même ce que je préfère.
Aventurier émérite, j'ai inspiré les plus grands, de Bob Morane à Albator, en passant par Jack Ryan.
Comme vous pouvez le voir, j'ai fière allure ! C'est fou, tout me va.
Comme vous pouvez le voir, j'ai fière allure ! C'est fou, tout me va.
Et bien entendu, comme mon humain, je suis un grand passionné de lecture.
Dans ces moments-là, il me faut quand même un bon gros coussin moelleux pour mon auguste derrière.
Dans ces moments-là, il me faut quand même un bon gros coussin moelleux pour mon auguste derrière.
Bref, j'ai redéfini à moi seul la notion de coolitude. Nous voilà donc repartis pour quelques Parenthèses supplémentaires,
avec des infos insolites, des anecdotes passionnantes et surtout, votre matou préféré ! Rock 'n' roll !
Liste et thèmes des Parenthèses 1 à 50
01. Tortues Géniales (points communs entre l'univers des TMNT et l'univers Marvel)
02. La Confusion des Flash (comment différencier Flash et Flash Gordon)
03. Quand Conan rencontre Cthulhu (les incartades des Grands Anciens dans l'univers de Robert E. Howard)
04. Goldorak Go ! (incohérences et bizarreries dans le dessin animé de notre enfance)
05. La Voie du Sabre (les différents sabres des Jedi)
06. L'Homme au Cent Visages (le véritable Fantômas !)
07. À Fond la Caisse ! (évolution de la Batmobile)
08. Et la Puissance fut ! (Captain Universe et la Force Enigma)
09. Canard Masqué (Fantomiald et ses créateurs)
10. Flics et Bikers (de The Shield à Sons of Anarchy)
11. De la Toile et des Gnons (les premiers combats de Peter Parker)
12. Computer in Love (avant Penny de The Big Bang Theory : Madeline de Electric Dreams)
13. Vous avez dit "spoiler" ? (sens réel du terme "spoiler" et ses dérives)
14. Le Feu sous la Glace (quelques infos sur Emma Frost)
15. L'Homme-Multiple (présentation de Madrox et son équipe)
16. Une Vie de Chat (retour sur Waldo Kitty et ses incarnations)
17. D'Araña à Spider-Girl (connaissez-vous Anya Corazon ?)
18. Schizophrène et Surpuissant (les "véritables fausses" origines de Sentry)
19. L'Album Maudit (un Spirou très particulier)
20. Programmée pour Tuer (les tribulations de Laura Kinney)
21. Des Bulles aux Piques (le destin de Robert Baldwin)
22. Le Pouvoir du Ridicule (Top 10 des surhumains les plus kitsch du monde des comics)
23. Le dernier Héros qu'il nous reste (romans post-ap)
24. Quand la Tante May reprend du poil de la bête (déglinguage de vieux)
25. Cohabitation Difficile (quand Spidey déménagea avec sa famille dans la tour des Vengeurs)
26. Quand sonne l'heure du Midnighter (de Stormwatch à l'univers DC Comics en passant par The Authority)
27. De l'évolution du Badass (tout est dans le titre)
28. Monty Python et Guerre des Malouines (quand la fiction s'invite dans un véritable conflit armé)
29. La Saga du Prêtre Jean (saga culte et livres dont vous êtes le héros)
30. Gattaiger, le premier "puissant robot de l'espace" (avant Goldorak)
31. Bichette contre les Vampires (les débuts improbables de Buffy)
32. Les Mots ont un Sens (quelques fautes courantes parmi les nombreuses dérives actuelles)
33. De la véritable Longueur des Romans (ou pourquoi la page n'est pas une unité de mesure)
34. L'Effet Mandela (quand l'inculture devient paranormale)
35. Le Team-Up improbable (quand le Tisseur rencontre Invincible)
36. Le taf idéal pour Peter Parker ? (l'évolution du personnage durant l'ère Straczynski)
37. L'autre "Spiderman" (découverte de ce personnage méconnu, sans trait d'union)
38. Le Club tente la fusion impossible (un format hybride entre roman et BD)
39. Cinquante Nuances de Gris (uniformes confédérés et idées reçues)
40. Garde-Robe (évolution stylisée de la tenue de Batman)
41. Guiboles de Comics (quand les dessinateurs exagèrent "un peu" la taille des jambes des dames)
42. Du Nom des Gnons (ne pas confondre ce qui vous arrive en pleine tronche)
43. Follow the White Rabbit (le titre envoûtant du Jefferson Airplane au sein de trois grands films)
44. Quand les périodiques BD avaient leurs propres aviateurs (le combat entre Tanguy & Laverdure, Buck Danny et Dan Cooper)
45. I still dream of Orgonon (chanson culte et incroyable histoire vraie)
46. L'Aventurier se plie en quatre (quand Bob Morane proposait un roman, une BD, un jeu de rôle et un guide au sein de son magazine)
47. Sur les Traces d'Elric (la dark fantasy de Moorcock)
48. À l'italienne (les avantages d'un format sous-employé)
49. Dessins bâclés et dégueulasseries visuelles (gros ratages et BD atypique)
50. Virgul par Virgul (vous êtes ici)
Publié le
26.1.26
Par
Vance
Dans l'épisode 29 (Le Sacrifice) de cette très belle saga de bande dessinée mêlant mythologie, aventures, histoire et science-fiction (cf. notre "First Look" sur le premier épisode), l'illustre Jean Van Hamme rédigeait son dernier scénario et, officiellement, le héros éponyme Thorgal passait au second plan au profit de son fils aîné, Jolan, né avec d'incroyables capacités héritées de ses ancêtres venant des étoiles (des pouvoirs de télékinésie pouvant altérer la matière jusqu'à la transformer). C'est Yves Sente qui devait prendre la relève, Grzegorz Rosinski restant aux pinceaux. Une tâche pas du tout évidente que de passer après un créateur multi-récompensé.
Le « relaunch » de la série, s’il ne permet pas encore de nous offrir des moments aussi épiques et intenses que par le passé, distille un parfum agréable de saga initiatique : c’est donc le jeune Jolan qui devient le centre du récit, même si Sente semble ne pas avoir eu le courage de se débarrasser du père (trop) charismatique - on a vraiment l'impression d'un rétropédalage sans doute imposé par l'éditeur. Après Moi, Jolan et Le Bouclier de Thor, épisodes charmants où Jolan apprenait à dominer ses pouvoirs, à en relativiser l’importance (il se retrouve dans un groupe de jeunes gens tout aussi « doués ») et surtout à user de qualités plus adultes – et directement inspirées de son père – pour s’imposer, à présent on a droit à la révélation des buts cachés de Manthor, ce mage aux pouvoirs énormes sur lequel les dieux eux-mêmes n’ont pas de prise.
C’est que Manthor nourrit un rêve secret, lié à sa mère, déesse déchue : il désire lui redonner ce qu’elle a perdu, et pour cela, il lui faut quelqu’un pour aller en Asgard quérir un fruit magique. Jolan est cet élu : il devra puiser en lui beaucoup de courage et de détermination mais aura également besoin d'un minimum de chance, sachant qu’il risque de trouver Thor (présenté comme un dieu rustre et colérique, bien loin de l’imagerie Marvel) et surtout le fourbe Loki sur son chemin. Naguère, son père put compter sur son ingéniosité et son charme pour se sortir d’épreuves similaires en Asgard ou dans le Deuxième Monde (lieux où aucun mortel n'avait réussi à survivre jusque lors). Jolan, lui, dispose d'atouts différents, et il aura pour alliés tous les pantins animés de son "Armée qui vit".
Mais sera-ce suffisant pour tromper la vigilance d'êtres divins (et plutôt vindicatifs) ? Rien n'est moins certain, d'autant que les motivations de Manthor, révélées dans le volume précédent, ne seront sans doute pas du goût des membres de ce panthéon de divinités un peu trop sûres d'elle, concentrées sur leurs petites querelles et incapables de concevoir qu'un humain puisse interférer avec leur existence immortelle. Comme dans les grands récits mythologiques, les héros sont ceux qui se montrent aptes à déceler les failles d'êtres supposément omnipotents, mais souffrant pourtant des mêmes défauts que les mortels.
Les dessins de Rosinski ont repris manifestement de la vigueur, avec toujours ce soin apporté aux visages (quoique légèrement plus anguleux qu’auparavant, avec des rictus faisant penser aux personnages de Clayton Crain) : c’est, avouons-le, très agréable à suivre. La suite ne sera pas toujours de cet acabit.
Publié le
25.1.26
Par
Nolt
Retour sur une série véhiculant une idéologie de merde mais très bien écrite : Sex Education.
Il y a deux éléments à bien séparer pour pouvoir juger cette fiction disponible sur Netflix : le fond et la forme. L'un est épouvantable, l'autre est brillant. Cela donne un objet télévisuel très particulier, à la fois infect et merveilleux.
Commençons par le fond : le wokisme.
Bon, est-il nécessaire de présenter cette idéologie criminelle et mortifère, qui balance des saloperies dans la tête des gamins dès leur plus jeune âge et va jusqu'à les charcuter, voire les pousser au suicide ? Et ce n'est que le pan "sexuel" de cette doctrine de tarés, qui est également injuste, misandre, raciste (envers les Blancs) et j'en passe. Heureusement, peu de gens sont tombés dans le panneau de ces dérives sectaires, stupides et extrémistes. Mais les quelques excités qui soutiennent ce fléau mental font du bruit, du coup, on les entend beaucoup.
Vu que je déteste ça, pourquoi regarder une série purement wokiste justement, dont le but est précisément la promotion de cette folie qui nie l'Histoire, la biologie, le bon sens et la logique ? Eh bien, déjà, étant donné que le sujet est précisément les dérives wokistes, cela me gêne moins que lorsque Netflix (ou d'autres) injecte artificiellement des personnages "woke" dans un polar, un film de SF ou, pire, un récit historique. Et puis surtout, c'est tellement exagéré, tellement stupide, que ça en devient parodique. Les auteurs vont si loin que l'effet voulu (la promotion de cette saloperie) est raté et que ça tourne presque à la dénonciation critique.
Aucune famille n'est normale, les parents blancs ont des enfants noirs, l'un des personnages noirs a deux lesbiennes pour parents, c'est bourré de gays, trans, queers, "non-binaires" et autres "asexuels" en tout genre, et tout le monde passe son temps à baiser (ce sont des lycéens à la base). Bref, c'est totalement barré. Régulièrement, les auteurs assènent des conseils ou des réflexions censées être philosophiques mais tout est tellement exagéré que l'on tombe dans le grotesque.
Prenons un exemple : le consentement. Bon, déjà désolé pour les plus jeunes qui pensent l'avoir inventé, mais dans les années 80 et 90, ça existait déjà. Il y avait aussi des salauds et des criminels, bien entendu, mais il est factuellement faux de prétendre que l'on se permettait tout et n'importe quoi avec les femmes à cette époque. Pour avoir fréquenté pas mal de boîtes, de fêtes de village ou de soirées chez des particuliers, je peux vous assurer que tout le monde (en tout cas, l'immense majorité des gens) se comportait de manière respectueuse. Si une nana répondait par la négative à une invitation à prendre un verre ou à danser, le gars repartait, un peu triste et vexé, et ne lui sautait pas dessus de force pour autant. Si vous n'avez pas l'âge pour avoir vécu cette époque, demandez donc à vos parents.
Eh bien, dans la série, le consentement va si loin que les personnages sont sans arrêt en train de se demander la permission de faire la moindre connerie : "je peux t'enlever ça ?", "je peux mettre ma main là ?", "je peux te toucher ici ?", ça en devient lourdingue et ridicule.
D'ailleurs, globalement, tout ce qui touche au "message" véhiculé par la série est complètement con, mensonger et décadent. C'est la ruine de la pensée, de l'intelligence et de tout ce qui est sain. Mais franchement, on ne s'attendait pas à autre chose de la part d'individus pourris par le confort, l'oisiveté et le nombrilisme.
Par contre, la forme est vraiment réussie. Les personnages sont attachants, les situations souvent imprévisibles, c'est parfois très drôle et même émouvant, bref, tout est fait, avec talent, pour rendre le produit attractif.
Le personnage principal, Otis, sorte de loser en bas de la chaîne alimentaire des bahuts anglosaxons, devient "consultant amateur" en problème de cul, et il va même aller jusqu'à se taper les plus emblématiques (et canon) gonzesses du lycée. Ce n'est pas réaliste du tout (surtout avec sa dégaine), mais c'est particulièrement jouissif à voir, forcément. D'autant que le personnage génère une forte empathie. Les seconds rôles sont souvent très bons aussi. Mention spéciale, par exemple, pour Lily, une jeune fille dégingandée et fan d'aliens, qui va s'avérer très touchante. Même chose pour Adam Groff qui, à la base terreur des couloirs et brute épaisse, va peu à peu s'humaniser et laisser apparaître ses failles : la découverte de sa sexualité, différente de ce qu'il pensait, son amour des animaux ou sa relation difficile avec son père font partie des grandes réussites de ces quatre saisons.
Soulignons également la présence de plusieurs handicapés dont la portée du rôle dépasse leur simple handicap. Ça, c'est souhaitable et bien fichu, donc soyons honnête, c'est un point positif et une réussite.
Et, comme précisé plus haut, l'humour apporte tout de même une touche de légèreté fort bienvenue. Les quiproquos et les gaffes sont bien amenés la plupart du temps, et l'on peut même partir en fou rire à deux ou trois occasions (la présentation d'Otis par lui-même, lors de son arrivée à Cavendish, restera mythique). Notons en plus la présence de Gillian Anderson (très bonne, mais décidément très versée dans le discours wokiste, cf. The Fall) et, globalement, d'un casting très réussi (d'Emma Mackey, interprétant Maeve, à Alistair Petrie, en proviseur strict et insensible qui va évoluer d'une manière très inattendue). Ajoutez à ça un rythme soutenu, de la musique bien choisie, une bonne dose de pathos, et vous obtenez un cocktail détonnant, soutenu par une narration très habile.
Alors, c'est à conseiller ou non ?
Ben oui, c'est très largement conseillé. D'une part parce que, contrairement aux débiles qui pensent qu'il faut tout censurer parce que les idéologies "s'attrapent", je suis persuadé au contraire que les auteurs doivent être le plus libres possible (dans le respect de la loi) et que le wokisme, s'il fait des dégâts sur les esprits jeunes, ne peut "s'attraper" à l'âge adulte (ou à l'adolescence, la série étant classée +16) sous prétexte que l'on regarde un film ou que l'on écoute une musique. Il faut déjà être inculte et un peu con à la base. Donc, pas de danger à ce niveau-là, si vous êtes sensé, vous le resterez. Et si vous ne l'étiez déjà pas, ça ne vous aidera pas, mais ça n'empirera rien. D'autre part, même si elle est au service d'une idéologie nauséabonde, criminelle et indigne, cette série est... vraiment très bonne. Tout n'est pas à jeter dans le propos (qui tente de manière bien maladroite de décrire des situations pénibles, ici bien trop politisées), ça joue bien, la réalisation est efficace et on se surprend à jubiler, faire des bonds et être heureux ou déçu par les réactions des personnages. Tout cela fait de Sex Education une bonne fiction. Tout comme de bons auteurs pourraient rendre géniale une série faisant la promotion du nazisme. Cela ne veut pas dire que le wokisme ou le nazisme sont souhaitables, juste que la technique d'écriture, quand elle est maîtrisée, peut tout faire passer. Dans un roman ou une série, ce n'est pas bien grave, dans un discours politique, méfiez-vous quand même un peu.
Brillant donc. Et profondément abject sur le fond.
| + | Les points positifs | - | Les points négatifs |
|
|
|
Publié le
24.1.26
Par
Nolt
Avec Le Secret, paru dans la collection Urban Indies il y a une douzaine d'années, les auteurs font le pari de la peur. Mais les frissons sont-ils au rendez-vous ?
Pam et ses amis se livrent un soir à une mauvaise blague : ils appellent des numéros au hasard, balancent cette simple phrase : "je connais ton secret", et invitent la personne à se rendre à minuit dans un parc. Pas forcément très malin mais un jeu innocent en apparence.
Pourtant, alors que le petit groupe continue la soirée dans le fameux parc, Tommy, récent petit ami de Pam, aperçoit un type à l'allure effrayante. L'homme est venu au rendez-vous ! Ce dernier patiente un peu puis disparaît.
Le lendemain, les jeunes gens ne pensent déjà plus à l'étrange apparition quand Pam reçoit un appel qui la fait paniquer. C'est apparemment cet homme, appelé la veille, qui veut savoir comment une inconnue peut connaître son... secret.
La situation dérape ensuite franchement quand Pam devient introuvable. La police s'en mêle mais rien n'y fait, la jeune fille a disparu. Et Tommy va tout faire pour la retrouver.
Le thriller horrifique, s'il fonctionne très bien au cinéma, est toujours plus risqué en BD. Rappelons-nous les peu inspirées versions BD de Freddy ou Vendredi 13, transpositions graphiques pas franchement abouties des célèbres licences. Cette difficulté à rendre l'ambiance effrayante des récits d'épouvante (cf. cet article) tient non seulement à la qualité des auteurs, au talent de l'illustrateur, mais aussi aux spécificités du support. La musique, très présente au cinéma pour amener certains effets et stresser le spectateur, ne peut évidemment être utilisée par exemple. Tout comme les célèbres "jump scares". Et surtout, à l'inverse d'un film, le lecteur d'un comic ne reste pas uniquement dans le "présent" du récit, le simple fait de tourner une page lui dévoile une partie du futur des événements, avant même qu'il n'ait eu le temps de les lire. Cela oblige à inventer de nouvelles astuces narratives ou à être particulièrement attentif aux moments clés, en les faisant par exemple intervenir systématiquement sur la dernière case des pages impairs afin de préserver le suspense.
L'équipe créative est ici composée de Mike Richardson (surtout connu pour être le producteur de films tels que Hellboy ou Alien vs Predator) au scénario et Jason Shawn Alexander au dessin.
Graphiquement, aucun problème, Alexander parvient à créer une ambiance oppressante suffisamment convaincante tout en s'inspirant de certains codes très connus (la maison isolée un peu cradingue, le type louche au look rappelant celui de I know what you did last summer...).
Au niveau du scénario, il y a du bon et du moins bon. L'idée de départ est originale et les premières planches très efficaces. Par contre, tout va un peu trop vite, au point que l'on a du mal à s'attacher aux personnages. Ceux-ci restent pour la plupart des caricatures sans profondeur. Si cela peut convenir pour le "méchant" de l'histoire (en renforçant son aspect lugubre, presque irréel), cela nuit grandement aux protagonistes pour qui l'on est censé craindre le pire.
Et si la deuxième partie du récit (dans la maison) est traditionnelle mais bien faite, la première semble trop vite expédiée. L'on n'a pas le temps de profiter de la (supposée) lente montée de l'angoisse, la situation se radicalisant trop vite. Même l'aspect téléphonique (une voix sortie de nulle part qui menace et peut vous suivre partout) est sous-exploité. Et le coup du "on n'a qu'à se séparer en deux groupes" est trop usité (et même involontairement comique) pour être encore employé !
Le résultat final est franchement mitigé. Le comic n'est pas mauvais, loin de là, mais il passe probablement à côté de sa principale ambition : effrayer, ou au moins installer une certaine tension. Ce qui fonctionnerait à l'écran est ici largement amoindri à cause d'une narration trop rapide et de personnages survolés. Quant au fond, il n'est guère surprenant et n'apporte rien de neuf à un genre dont il s'ingénie à respecter scrupuleusement les principes mais aussi les clichés.
Une semi-déception, à lire par curiosité.
| + | Les points positifs | - | Les points négatifs |
|
|
|
Publié le
19.1.26
Par
Virgul
![]() |
| (voir encadré à la fin de l'article) |
Tout d'abord, je vous souhaite une excellente année 2026, pleine de bonheur et de pognon (parce que ça compte aussi). Pour cette première Parenthèse de l'année, on va se moquer un peu de certains dessinateurs qui se sont peut-être trompés de carrière. Mais comme on ne va pas non plus rester sur une note négative avec uniquement des ratages, je vous ai concocté un petit (un grand en fait) encadré consacré à une BD à l'aspect merdique mais qui n'est pas si nulle qu'on pourrait le croire.
Miaw !
Dessins bâclés et dégueulasseries visuelles
Parfois, ce qui se retrouve dans le commerce mériterait d'être quelque peu retravaillé. Et on ne parle pas de trucs amateurs auto-édités, mais bien de grosses maisons d'édition, comme Marvel, et même de dessinateurs très connus. Il n'est pas question de comparer des styles, dont la valeur esthétique est par nature subjective, mais bien des erreurs coupables ou même parfois une absence de travail.
On commence par le bien connu John Romita Jr et ses gribouillages sur la série Avengers, en 2011. C'est tout de même le lancement d'un titre majeur de l'éditeur. Les dessins sont-ils au niveau ? Pas vraiment.
![]() |
| Ici, un Steve Rogers qui a l'air bien jeune... |
![]() |
| ... mais à quelques cases de distance, il semble s'être pris 20 ans dans la gueule. |
![]() |
| Une Carol Danvers au charme... heu... aléatoire. |
![]() |
| Notons le même Rogers, qui ressemble à Spock, et un Beast, ou un Wolvie, je ne sais pas, absolument affreux en arrière-plan. |
![]() |
| Oh, le joli dessin fait à la règle. C'est bien, c'est propre. Ça a bien dû lui prendre 5 minutes une belle illustration comme ça. |
![]() |
| Ici c'est encore mieux, Romita arrête de dessiner, et c'est le coloriste qui fait tout. |
![]() |
| Ah, on a peut-être trouvé une piste pour cacher la misère : mettre tous les personnages de dos. Quand il ne dessine pas les visages, c'est vrai que Romita est finalement très bon. |
Bon, si Romita faisait sa feignasse sur les dessins ci-dessus, là on tombe dans l'involontairement drôle avec les personnages dessinés à l'époque par Paul Azaceta et Matthew Southworth dans un Spider-Man Hors-Série sorti en France en 2011 également. Très belle prestation du duo, comme nous allons le voir.
![]() |
| Là on a Peter Parker et Betty Brant. Fallait le savoir, hein ? Mais qu'est-ce qu'il a sur le front l'autre ahuri ? |
![]() |
| Un magnifique Spidey, très bien proportionné (il n'est pas en train de se transformer et n'a rien de spécial, il est censé être "normal" là). |
![]() |
| Ah c'est impressionnant les effets spéciaux quand on les maîtrise ! Ou l'Homme Sable dessiné par un enfant de 5 ans. |
![]() |
| Ici, c'est ce bon vieux Harry Osborn. Très joli boulot sur le visage. Notons également, en case 1, un bébé à tête de toast. |
![]() |
| De bien beaux visages, dans un style très heu... approximatif ? |
![]() |
| Là encore, postures et visages ne sont pas au top. |
![]() |
| Une Spider-Woman qui a déjà été plus jolie. Heureusement qu'elle porte un demi-masque qui limite les dégâts. |
Et on ne pouvait pas terminer sans ce petzouille de Mike Allred et ses personnages tout raides et aux proportions étranges. Ici des extraits de Fantastic Four et Silver Surfer.
![]() |
| Allez, c'est un balai dans le cul pour tout le monde. Miss Hulk a l'air surprise quand même... |
![]() |
| Bon, il paraît que la bonne longueur pour les jambes, c'est quand les pieds touchent par terre. |
![]() |
| Un coup de... de poing, de la Chose. Difficile de dire si c'est un bras que l'on voit. Précisons que la case n'est pas coupée, le "dessin" est en entier. |
![]() |
| Une des pires poses du Tisseur. On dirait qu'il est assis sur une chaise invisible. Du Allred dans toute sa splendeur. |
Si votre dessineux préféré s'est fait un peu malmener dans cette Parenthèse, ben... faites avec, ça ne va pas vous tuer. Ou allez chialer chez votre mémé. Ceci dit, parfois, des dessins moches, ou pas très réussis disons, peuvent avoir un intérêt. Et même être employés intelligemment. Cette Parenthèse ne serait pas complète sans une sorte d'antithèse montrant une BD affreuse sur le plan visuel mais malgré tout particulièrement travaillée et réussie.
Allez, les matous, on vous laisse avec l'encadré (plutôt surprenant) ci-dessous.
Ronronnez bien !
Un exemple de dessins bien moches mais assumés : Geogres Clooney, une histoire vrai (volontairement sans "e").
L'humour ne plaira pas à tout le monde, les dessins encore moins, mais la BD s'avère cohérente, couillue, drôle et étonnamment bien construite. Une vraie bouffée d'air frais.
L'auteur, Philippe Valette, a tout d'abord publié les deux premières parties de son histoire sur son blog. L'ensemble, avec les parties 3 & 4, a ensuite été édité chez Delcourt, dans la collection Tapas.
Lorsque l'on se lance dans cette étrange lecture, la première réaction qui vient est de se dire que l'on est devant une merde intersidérale : c'est moche, le lettrage est dégueulasse, c'est blindé de fautes. Du coup, quand on se met à rire, c'est la stupéfaction !
"Mince, ce truc me fait marrer ! Mais j'ai dix ans ou quoi ?"
Peu à peu, le mépris et la stupéfaction font place à une curiosité sincère. Et plus l'on rentre dans cet univers débile, plus la réaction est viscérale. C'est tout ou rien, très probablement, soit l'on est allergique, soit l'on se dit que, derrière une apparence bâclée, il y a peut-être là quelque chose de non seulement frais et original mais aussi profondément maîtrisé.
L'intrigue est aussi barrée que le reste. Un super-héros trouve une merde chez lui et se demande qui a bien pu oser ainsi lui larguer une crotte dans le salon. Bien que préoccupé, il ne tarde pas à se lancer sur la piste d'un braqueur, qui ressemble furieusement à une Tortue Ninja.
On assiste également à un long détour par le Domac, le héros étant particulièrement friand de cheeseburgers. Il y rencontre alors le commissaire et ses hommes et a quelques soucis avec la serveuse, qui lui occasionne une émotion ayant une conséquence physique difficilement conciliable avec le port d'un costume moulant.
Bien que tout soit fait pour faire penser à une BD d'ado attardé, ne sachant même pas dessiner, Georges Clooney se révèle finalement assez subtil. Ou disons, au moins, osé.
Il fallait tout d'abord assumer ce graphisme simpliste, possédant tout de même ses qualités. Certains plans (comme ceux dans l'intérieur des véhicules, où l'on voit le personnage en contre-plongée, à partir des pédales de la voiture) sont aussi inattendus qu'efficaces et permettent de rompre totalement avec cette fausse impression d'amateurisme laissée par les dessins. Certaines postures également ne sont pas seulement "mal dessinées" mais servent le propos (comme lorsque le héros, surpris, fait un bond avec les membres en arrondis, comme si tout son corps exprimait un "o" d'étonnement).
Les dialogues sont souvent très drôles, non pas tellement à cause des propos tenus (l'humour très "pipi-caca-bite" ne vole pas très haut) mais grâce à un réel sens du rythme et de la rupture. Il faut tout de même admettre que certains échanges sont à mourir de rire, comme lorsque l'un des flics doit appeler le héros en se faisant passer pour une fille en chaleur.
Pour ce qui est de la dégradation volontaire du texte, dans 99 % des cas, ce n'est pas une bonne idée (cf. cet article). Ici cependant, cela fait sens et convient au style de la BD. Je dirais même que ça participe autant à son humour qu'à son aspect visuel global.
Enfin, narrativement, c'est tout simplement brillant. Que cela soit volontaire ou purement instinctif, l'auteur met dans son histoire suffisamment de technique pour emballer le lecteur. Attention cependant, si Valette a avoué dans certaines interviews qu'il avait improvisé l'essentiel du récit et que les fautes avaient été laissées volontairement mais n'étaient pas prévues au départ, il serait dangereux de croire que n'importe quelle connerie, dessinée sur un bout de table, peut être qualifiée d'œuvre artistique ou simplement même de récit.
Si l'on prend le parti de vous parler de cette BD, c'est non seulement parce qu'elle est drôle (ce qui n'est pas si courant) mais c'est aussi parce que son apparence est intéressante et cache tout de même de réelles fondations techniques. Et ce "squelette" technique, qui soutient l'ensemble, peut être voulu ou être indépendant de l'auteur, mais il ne peut être absent. Ne faites donc pas l'erreur de penser que quelques feutres et deux ou trois insultes peuvent bâtir une BD ou même une histoire. Pour que cela fonctionne, il faut la présence de ces mécanismes invisibles qui rendent le tout efficace.
Par exemple, toute la scène se situant dans la voiture des flics, dans la deuxième partie, fonctionne grâce à des effets techniques précis. On voit d'abord des plans larges, avec une seule phrase par case et même une case sans dialogue entre les différents échanges. Cela donne une impression de langueur (en adéquation avec l'état d'esprit du commissaire), de temps qui passe lentement. Puis, on passe à un plan rapproché, montrant qu'il se passe quelque chose, que le commissaire n'est plus dans ses pensées mais rentre dans son domaine d'action. Enfin, on le voit en contre-plongée, il vient de prendre une décision, il paraît immense, puissant. Retour à un plan large et des échanges courts pour le temps de la réflexion et le gag qui l'accompagne. De la même manière, quand les deux flics (le commissaire et Michel) sont sur le banc, alors que le commissaire se confie, c'est l'incroyable longueur de la scène et la monotonie des plans qui permettent la rupture qui conclut ce moment (avec le passage des autres personnages en bagnole et le geste du "petit frère").
Et l'on pourrait continuer comme ça longtemps. Mais on ne va pas tout décortiquer, l'idée est simplement de montrer que, même avec une apparence pourrie, une histoire qui fonctionne est une histoire qui fait appel à un minimum de technique, qu'elle soit ou non consciente.





















































