La Parenthèse de Virgul #9
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Si nous, les chats, sommes incontestablement les plus futés (en étant simplement mignons, on vous a tout de même domestiqués et forcés à nous chouchouter), les canards viennent juste après niveau coolitude. Une espèce qui est à l'aise sur terre, dans l'eau et qui peut voler mérite que l'on s'y intéresse. Ce que l'on va faire tout de suite au travers de l'un de ses plus célèbres représentants.
Coin ! Heu... miaw !

Canard Masqué
La popularité de Donald Fauntleroy Duck, célèbre personnage de Disney, est en grande partie due à son côté colérique, malchanceux, bref "humain". Pourtant, les lecteurs se sont quelque peu offusqués à une époque du fait que le sympathique canard était toujours le dindon de la farce des histoires où il intervenait. Ce qui, en 1969, a donné l'idée de Fantomiald à deux auteurs italiens : le scénariste Guido Martina et le dessinateur Giovan Battista Carpi.
En effet, Donald est un personnage particulièrement apprécié en Europe, sa popularité dépassant même celle de Mickey dans les pays scandinaves où en Italie, où des auteurs locaux produisent d'ailleurs leurs propres histoires mettant en scène le fameux canard.
En désirant explorer une autre facette de sa personnalité, Martina va doter Donald d'un avatar plus sûr de lui et plus habile : Fantomiald, ou Paperinik en italien (tiré du nom italien du personnage, Paperino, et d'une référence à Diabolik, sorte de Fantômas héros d'une flopée de fumetti). Le premier récit mettant en scène le vengeur masqué s'intitule Comment on devient Fantomiald et est publié en France dans Mickey Parade, en 1974. L'histoire, qui sera également adaptée en roman au sein de la mythique Bibliothèque Rose (sous le titre Donald, le Vengeur Masqué), dévoile comment Donald devient propriétaire de la Villa Rose, une bâtisse non loin de Donaldville dans laquelle il découvre le journal d'un certain Fantomius, dont il va fortement s'inspirer. Donald va alors régulièrement jouer au gentleman-cambrioleur, aidé par Géo Trouvetou qui lui fournira moult gadgets.
Vers le milieu des années 90, une version plus super-héroïque et SF du personnage (ce dernier affrontant extraterrestres, robots et autres intelligences artificielles) prendra un temps la place du Fantomiald originel sous le nom de Powerduck. Ses origines sont très différentes et assez proches de celles d'un Green Lantern par exemple. Le ton est également plus "sérieux".
Pourtant, le vériable Fantomiald n'a pas été abandonné, on le retrouve actuellement en kiosque dans Les Chroniques de Fantomiald, mais aussi à travers le monde, sous différents noms plus ou moins exotiques, comme Superpato (Portugal), Patomas (Espagne), Superdonald (Pays-Bas), Stalanden (Danemark) ou encore Phantomias (Allemagne). Notons qu'il existe aussi une version féminine (et féministe) du personnage, incarnée par Daisy qui prend alors le nom de Fantomialde. Cette Super Daisy est également une création de Martina, datant de 1973. Ainsi, paradoxalement, l'aspect super-héroïque de ce pan de l'univers Disney aura en fait été basé sur l'influence italienne.
Si vous souhaitez en savoir plus sur les publications mettant en scène Fantomiald mais aussi le restant de la famille Duck, nous vous conseillons INDUCKS, une base de données internationale permettant de retrouver toutes les bandes dessinées Disney publiées à ce jour, avec dates de parution, auteurs et résumés à la clé !

Fantomiald, prêt à passer à l'action !


De nombreux gadgets sont à disposition du héros (cf. ce Mickey Parade Géant).


La famille Duck au complet (cf. ce tome de l'intégrale Don Rosa).