Risk version Game of Thrones : le test
Par


Nous vous en avions déjà parlé brièvement dans cet UMAC’s Digest, eh bien nous avons profité des fêtes pour tester la version Game of Thrones de Risk. Et l’impression est plus que bonne !

Le jeu se déroule sur les continents bien connus de Westeros et Essos. L'on retrouve les Maisons importantes de la saga (sept en tout), comme les Stark, les Lannister, les Baratheon ou encore les Targaryen.
Il est bien entendu possible de jouer dans cette version avec les règles initiales (le mode « escarmouche »), ce qui permet de familiariser gentiment des novices ou de jeunes enfants aux mécanismes de base.
Par contre, ce sont forcément les particularités de GoT qui vont nous intéresser. Elles sont classables en deux catégories : l’aspect tactique et l’ambiance.


Disons-le tout net, Risk, à l’origine, est un pseudo-wargame bien trop simple et hasardeux pour véritablement exciter le général qui sommeille en vous. Cette version rehausse fort heureusement l’intérêt du jeu, par divers moyens bien trouvés.
Tout d’abord, les territoires disposent de châteaux ou ports qui vont engendrer des bonus militaires ou financiers. Et effectivement, les pièces d’or vont jouer un rôle important dans ce jeu de conquête.

Ensuite, outre les objectifs très différents (contrôler un certain nombre de ports, avoir une certaine somme dans les caisses du royaume, conquérir un certain nombre de territoires dans un même tour…), les cartes personnages et mestres vont permettre d’influer sur les jets de dés. Les capacités (uniques pour les mestres, activables à chaque tour pour les personnages) sont aussi variées qu'efficaces. Il est possible par exemple de soudoyer le territoire attaquant, de renforcer ses propres positions, d’utiliser une flotte de navires pirate ou encore de voler une carte mestre ou de l’argent à un adversaire.
Chaque carte ayant un coût, les jouer à bon escient, au bon moment, devient vite crucial.


Enfin, des unités spéciales (chevaliers, catapultes et tours) permettent de donner des bonus d’attaque ou défense à vos armées. Tout cela combiné rend l’aspect tactique bien plus important que dans la version de base, d’autant que certaines capacités feront intervenir des dés à huit faces par exemple, ou permettront tout simplement d’inverser une situation pourtant critique.
Pour ce qui est des renforts, l’on obtient des armées supplémentaires en fonction des territoires et châteaux contrôlés mais aussi grâce aux cartes territoires que l’on obtient après une invasion réussie. Il est possible de les troquer contre des unités spéciales ou encore de les combiner pour obtenir des armées conventionnelles.


Niveau ambiance… c’est le top. Du moins, si l’on aime l’univers de A Song of Ice and Fire.
Les deux plateaux de jeu sont magnifiques, les armées sont personnalisées selon les Maisons, et les personnages viennent ajouter la petite touche sympathique supplémentaire (même quand on joue des persos que l’on n’apprécie pas trop).
Parfois, ambiance et aspect tactique se confondent, notamment parce qu’il est nécessaire, pour l’emporter, qu’une Maison contrôle sa « capitale », ce qui oblige aussi les armées à défendre leur territoire « natif ».

Les tours de jeu sont assez longs (mais jamais ennuyeux), les coups fourrés nombreux, l’on se laisse vite aller à imaginer des alliances destinées à être parfois oubliées le tour d’après, bref, l’on passe un très bon moment.


Si l’on maîtrise à peu près la notion d'objectif (point clé du jeu), il est toutefois possible d’être très vite en position de l’emporter, même dans une situation militaire critique. L’on peut par exemple remplir un objectif (qui ne sera pas forcément tenu jusqu’au tour où il peut être « encaissé ») simplement à la phase de partage des territoires et de placement des armées. Il faudra également choisir entre des objectifs nombreux rapportant peu de points ou des objectifs plus risqués mais à la valeur bien plus importante.

Tout est fait, jusque dans l’attribution des Maisons et bonus, pour renouveler l’expérience et découvrir de nouvelles façons de jouer. L’on peut être heureux de voir que certaines régions cruciales dans la saga (le Neck par exemple, à l’importance historique certaine, cf. cet ouvrage) sont également stratégiques dans le jeu.


D’un point de vue pratique, cette édition Deluxe mérite son nom. Chaque armée se range dans une petite boîte en plastique et chaque joueur dispose d’un plateau permettant de tenir le compte des territoires contrôlés, des châteaux, des ports et des points de victoires, avec en plus des emplacements pour les personnages et l'argent, ainsi qu'un récapitulatif des phases de jeu. Nickel !
Niveau prix par contre, attention, le jeu était disponible pendant un moment à 44 euros, ce qui semblait raisonnable, mais les prix se sont récemment envolés, allant jusqu'à 60 euros et plus...

Franchement, même en étant accro des wargames parfois un brin complexes, ce Risk se laisse agréablement jouer. Pour peu que l’on y mette du sien, tout est fait pour que l’on soit dans l’ambiance des conflits, approches diplomatiques et nombreuses trahisons de la saga. Même si les jets de dés et les règles d’affrontement conservent un aspect aléatoire et réducteur, les personnages, cartes mestres et unités spéciales apportent la touche tactique indispensable, tandis que la gestion de la trésorerie et des objectifs permet des stratégies très diverses.

Un pur bon moment de jeu.



+ Les points positifs - Les points négatifs
  • De très beaux plateaux de jeu.
  • Des armées personnalisées.
  • L'apport tactique des personnages, cartes mestres et unités spéciales.
  • Une notice claire et bien illustrée.
  • Les plateaux pour chaque Maison.
  • Un nombre d'unités parfois un peu juste, obligeant à se servir des armées des Maisons non engagées dans la partie (donc, à sept joueurs, prévoir des pions supplémentaires).
Sélections UMAC : le Meilleur du Vampire 3 - dans les comics
Par

Si la place des bloodsuckers dans le monde des comic books est largement moins importante que celle des zombies (lire à ce sujet Epidémie  de zombies dans les comics), elle n'en est pas pour autant insignifiante, et le thème a su engendrer quelques tentatives plus ou moins réussies de relecture moderne, parfois carrément dans un contexte historique.

-- A crocs & à sang --

Oubliez tous ces films d’horreur de merde : les vampires ne savent pas voler. Mais ils existent.

C'est par ce genre de phrases que commence cette remarquable chronique signée Howard Chaykin, David Tischman & David Hahn, sortie chez nous dans la collection Panini Big Books en 2011, et parue initialement chez Vertigo en 2007. The Complete Bite Club tient à la fois de la fresque familiale et du film de gangsters, nous plongeant dans une Miami rongée par la pègre et la corruption contre lesquelles la police s'avoue impuissante. Car le clan mafieux tenant la ville sous coupe réglée est celui des Del Toro qui ne sont rien d'autres que des vampires. 
Or, lorsqu'on évoque ce genre de dynastie au pouvoir, on ne peut éviter les conflits d'intérêts, internes et externes, les luttes fratricides pour s'emparer des rênes d'un empire moins reluisant qu'il n'y paraît, les trahisons et fausses alliances. Lorsque le chef de clan est assassiné, c'est au fils pourtant entré dans les ordres (!) qu'incombe la succession, alors que Risa, la jeune et dévoyée héritière, se demande de quelle manière elle pourra tirer la situation à son avantage. 
Même si on peut hésiter sur le style graphique de Hahn, avec des dessins très "cartoony", on saluera l'effort dans la mise en page et la colorisation, respectant notamment cette caractéristique moderne des vampires de l'ouvrage : ils ne voient pas en couleurs, ce qui occasionne bon nombre de planches monochromes. L'apparent naïveté du trait n'édulcore pas en revanche la brutalité et le caractère sanglant des affaires qui secouent le quotidien de Miami, ni non plus les séquences "adultes" - car les vampires sont autant affamés de sexe qu'assoiffés de sang. Et si le nouveau chef de la pègre veut mettre un terme à toute cette immoralité, Risa est une grande coquine doublée d'une stratège perverse. 

Cette saga pourrait être une version citadine et sophistiquée de True Blood avec laquelle elle partage bon nombre de points de vue. Intelligente, violente et dotée d'un remarquable sens de l'humour : une réussite.

-- Extinction Parade --

Nous évoquions les zombies dans notre introduction, sans doute le personnage le plus utilisé dans la dernière décennie si on excepte les super-héros. Or, que se passerait-il si on mêlait les deux genres de morts-vivants dans un même récit ? Le résultat serait forcément spectaculaire.
Encore faut-il ménager un réel équilibre des forces et trouver une approche sensée. Et surtout tenir en haleine.
Ce genre de mélange des genres a rarement été gage de réussite : au cinéma, Aliens vs Predators n'a été qu'un monstrueux gâchis. Dans les comics, les vampires et les zombies sont parfois intervenus dans le monde des super-héros (Marvel Zombies, malgré des déclinaisons ratées, a bénéficié d'un traitement assez original, et les amateurs des X-Men se souviennent sans doute d'un arc calamiteux sur la Malédiction des mutants où Jubilé devenait vampire).
Ici, l'affaire a été confiée à Max Brooks, l'auteur désormais célèbre du Guide de survie en territoire zombie, qui s'est vu adjoindre le renfort graphique de Raulo Caceres, spécialiste des comics gore (vous l'avez vu à l'œuvre dans Crossed notamment). Le tome 1, paru cet été chez Panini, nous propose la vision d'un clan de vampires qui découvre les effets dévastateurs de la propagation de l'engeance zombie. D'abord, profitant de la panique générale qui s'empare du genre humain, ils en profitent pour enfin se livrer à leur chasse sans avoir à se cacher avant de se demander dans quelle mesure la menace qui est en train de rompre l'équilibre mondial ne viendra pas également mettre en péril leur propre existence : car lorsque les hommes auront intégralement succombé aux hordes zombies, que restera-t-il aux vampires ?

Comme à son habitude, Caceres propose de nombreuses cases multipliant les horreurs et turpitudes. L'ambiance est sombre et le désespoir règne dans chaque page. Pourtant l'impression générale est confuse, on ne parvient jamais à prendre le parti de l'une ou l'autre des forces en présence, et il est assez désagréable de voir combien l'espèce humaine est faible et désemparée contre ces forces contre-nature. Ambitieux dans son propos, le récit (sans doute développé à partir d'une nouvelle de World War Z) manque souvent son but et laisse le lecteur de côté, d'autant que le rythme est lent et le suspense inexistant : on voit assez tôt se profiler les termes du futur conflit dans lequel l'Humanité ne sera qu'un enjeu.
A lire par curiosité.

-- I am Legion --

Cette œuvre majeure due au scénariste français Fabien Nury est sortie aux éditions des Humanoïdes associés en 2011. Le grand John Cassaday, qui n'a pas son pareil pour renforcer les ambiances surnaturelles ou anxiogènes en élaguant ses décors et soignant l'expression des visages de ses protagonistes, illustre ce récit méticuleusement écrit évoquant l'investigation menée en 1942 par des agents au service du Royaume-Uni sur une arme secrète détenue par des nazis en Europe de l'Est : une jeune fille dotée de pouvoirs effrayants... En parallèle, on suit la progression d'une autre enquête initiée par la découverte de l'assassinat d'un industriel retrouvé exsangue en plein cœur de Londres.
Malgré un tempo languissant, qui laisse aux personnages de nombreuses périodes de réflexion et d'atermoiements, l'intrigue complexe accroche le lecteur par ses implications, retardant le plus possible la révélation de l'origine vampirique des sujets concernés. Bien que plus proche des récits de guerre que des œuvres fantastiques, I am Legion s'avère être de la très grande SF sans pour autant verser dans l'uchronie comme le récent Uber, pourtant assez proche. Beaucoup moins complaisant dans la violence et le sang que les deux précédents comics, il devrait plaire même à ceux que la bande dessinée rebute habituellement.

Un coup de maître.
Sélections UMAC : le Meilleur du Vampire 2 - en littérature
Par

Afin de traiter au mieux de cet aspect particulier du mythe vampirique, la rédaction d'UMAC a choisi d'inviter une blogueuse passionnée dont les morts-vivants aux dents longues constituent un des centres d'intérêt.

Place donc à Satine pour sa sélection.


C'était bien difficile de faire un choix. Pourquoi en choisir un plutôt qu'un autre ? Mes étagères regorgent de romans, de séries dont les héros ou les méchants sont des vampires. Fallait-il sélectionner les gentils vampires de Twilight, les chasseurs de vampire comme Anita Blake ou les suceurs de sang qui tuent à loisir ? Voici les élus, ceux qui me tiennent le plus à cœur, ceux que j'ai préféré mais aussi celui qui m'a déçue.

-- la Lignée --


Incontournable !
La trilogie de Guillermo Del Toro et Chuck Hogan n'est rien moins qu'un film sur papier bénéficiant de la patte, du génie du réalisateur de Hellboy dans une aventure à couper le souffle. Ce n'est pas pour rien que le premier tome a eu pour publicité une bande-annonce de film ! Pour finir (en beauté), la trilogie est désormais adaptée en série et bien évidemment je la regarderai avec avidité tant j'ai dévoré les romans.
Les vampires sont ici tout à fait originaux, ce sont des bêtes en putréfaction qui n'ont qu'un objectif : se nourrir. Leur façon de manger est inhabituelle, c'est inédit et impressionnant. Les pages se tournent vite, l'action prend systématiquement le dessus, c'est une quête sans fin, une survie difficile, un suspense qui nous tient en haleine. Les personnages que l'on suit sont variés, ça va du jeune de la cité au détective, en passant par le scientifique ou l'homme d'église. Ils sont effrayés par la propagation rapide de l'épidémie - et nous aussi. Les auteurs n'hésitent pas à sacrifier des personnages, à leur faire subir ou voir des atrocités. C'est une véritable plongée au cœur de l'apocalypse. 
Préparez-vous à être emmenés dans les ténèbres.

-- la Reine des vampires --

En fait, je préfère plutôt évoquer tous les écrits d'Anne Rice, "Madame Vampire". C'est L'auteure qui sait mettre en lumière ses vampires. Elle les fait évoluer avec brio au fil des âges, ils traversent le temps de façon majestueuse, ils sont intemporels.
Souvenez-vous de Tom Cruise et Brad Pitt dans le film  Entretien avec un vampire. Ils tuent pour se nourrir, ils n'ont aucune pitié, les humains sont des friandises et pourtant ils sont beaux, raffinés et leurs costumes issus de l'époque classique les mettent tellement en valeur qu'on aurait envie de passer la soirée avec eux quitte à finir en dessert.
Anne Rice les humanise mieux que personne et c'est pour cela que ses romans sont intéressants. Chez elle, les vampires se fondent dans la masse, ils s'adaptent à l'époque qu'ils traversent, ce sont des animaux embourgeoisés, des survivants suffisamment intelligents pour commettre leurs crimes sans se faire remarquer.
Une mention spéciale pour la Reine des damnés (le roman hein, pas le film totalement décevant) : si je ne devais en choisir qu'un, ce serait celui-ci, qui nous amène à l'origine de ces êtres.
Une plongée dans le passé tout à fait intéressante.

-- Vampires ! Une histoire sanglante --


Il s'agit d'une petite encyclopédie complète sur les vampires, rédigée par Elisabeth Campos & Richard D. Nolane.
Elle condense les origines du mythe vampirique, les croyances des différents pays, les crimes des tueurs en série soi-disant possédés mais aussi les films, les séries, les livres, les comics évoquant nos amis buveurs de sang.
Cet ouvrage est riche en photos, illustrations, affiches de film et couvertures de livres. On passe du sérieux historique au fantastique culturel parfois risible.
Pour moi, c'est un véritable petit trésor, une boîte de Pandore qui vous fournira un grand nombre d'informations tant pour comprendre (preuves à l'appui) la naissance du phénomène que pour vous divertir à travers des films ou livres intéressants voire simplement divertissants.
Amateurs de vampire, laissez-vous tenter.

-- Traité de vampirologie --

Bien évidemment, le nom de l'auteur (Abraham Van Helsing) est une pure fantaisie. Si vous ne vous en doutiez pas, c'est que vous ne connaissez pas le Docteur Van Helsing qui a été interprété par Anthony Hopkins dans Dracula de Francis Ford Coppola ou par Hugh Jackman dans Van Helsing de Stephen Sommers. C'est le chasseur de vampires par excellence !
Ce livre est un documentaire historique sur la vampirologie qui se prend au sérieux puisqu'il est soi-disant écrit par le maître des vampires, lui-même multi-diplômé. Il est historique car il évoque avec certitude la naissance du monstre à travers plusieurs événements qui prouvent son existence. Toutefois, si vous cherchez des informations de ce style, je vous conseille plutôt le livre cité précédemment, à mon avis plus complet...
Dans ce traité, le vampire est décrit dans toute sa splendeur, dans toute sa superbe bestialité : sa transformation, ses pouvoirs, son mode de vie, ses façons de tuer, de chasser sont largement détaillés. Néanmoins, si les premières pages sont intéressantes, le dernier tiers est quant à lui franchement redondant et ennuyeux. Au final, on n'apprend pas grand-chose. Même en prenant le livre au second degré, on a du mal à être finalement captivé.
C'est bien dommage car le support est une œuvre en lui-même par les couvertures et la décoration du papier qui font penser à un vieux manuscrit - que Van Helsing aurait pu manipuler et rédiger à son époque.


Le blog de Satine : un penchant pour les vampires et les thrillers glauques mais aussi une passion pour Shakespeare et Hugo ainsi que des textes de son cru.
Bonnes Fêtes !!
Par

Avant-propos

Voilà le texte que j’ai proposé à la rédaction d’UMAC en novembre et qui a été approuvé pour présenter nos vœux communs. Ce texte a été écrit avant les propos calomnieux qui m’ont visé récemment et auxquels j’ai donné une réponse judiciaire. J’ai un temps hésité avant de le publier, car je pensais que cela pouvait passer pour une forme de justification, mais en fait, non, aucun salopard du net ne me fera, par ses calomnies, changer ma ligne de conduite.
Tout comme aucun monstre ne fera de moi le gardien de sa monstruosité, aucun fanatique ne fera de moi la victime consentante de sa stupidité. Seuls les actes comptent. Les miens ne changent pas au gré des menaces.

Homme sans ennemi, homme sans valeur.
Proverbe bosniaque

Serais-tu aussi chaste que la glace et aussi pure que la neige que tu n’échapperais pas à la calomnie.
Shakespeare


Nos Vœux

Nous avons passé une année plutôt sombre, il faut bien le reconnaître. Les attentats contre Charlie Hebdo puis ceux de novembre nous ont bouleversés par leur sauvagerie mais aussi par les symboles visés tout autant que par le nombre de victimes. Aussi, ce Noël, nous le souhaiterions un peu spécial. Déjà, en ne lui donnant pas un sens religieux (bien que cette fête ne le soit pratiquement plus pour beaucoup déjà) mais universel.
Ce Noël, plus que tout autre, se devrait d’être une parenthèse dans la Nuit. Il devrait illuminer le cœur des enfants, adoucir les pensées des adultes. Il devrait aussi contribuer à mettre de côté le pire, pour au moins une soirée.
Cette fête nous appartient à tous, quelles que soient nos croyances. Elle fait partie de notre culture commune. Et plus que jamais, elle devrait rassembler chrétiens, protestants, musulmans, juifs, bouddhistes, athées, adeptes de Wotan ou je ne sais quoi encore. Parce que nous avons quelque chose de fondamental en commun, qui dépasse nos couleurs, nos fois, nos origines ou nos opinions politiques. Nous sommes tous des Hommes et Femmes qui croient fermement que dessiner, se rendre à un concert ou boire un verre à une terrasse ne mérite pas la mort. La voilà notre religion véritable, notre base commune. Le voilà ce ciment que nous recherchons tous.
Il ne s’agit nullement de naïveté mais d’évidence. Nous sommes nombreux à être raisonnables, à aimer nos enfants, à pouvoir faire la différence entre des idées différentes qui peuvent générer des débats houleux et des idéaux mortels qui doivent être combattus. Il y a du bon en nous. Que l’on porte une casquette ou un voile, que l’on écoute du metal, du classique ou du rap, que l’on soit Goldorak ou Pokemon, que l’on soit boulanger, maçon, mécanicien ou que l’on n’ait pas encore réussi à trouver une voie, il y a du bon en nous. Bien sûr, nous sommes humains. Nous faisons parfois preuve d’emportement, de lâcheté, d’imbécilité… mais globalement, nous n’avons pas à avoir honte, ni de notre pays, ni de nos institutions, ni de notre Histoire et encore moins de notre présent commun.
Ce n’est pas que nous n’avons pas peur, bien sûr que nous avons peur, c’est normal, mais nous continuerons à vivre malgré cette peur. Et nous vaincrons ce fanatisme moyenâgeux qui nous menace. Parce que ce qui nous rassemble est plus important que ce qui nous divise. Il est important d’en prendre pleinement conscience. En saluant l’action des policiers et militaires. En disant à nos frères, de toutes confessions : « Nous sommes proches de vous et ne confondons pas ce que vous êtes avec ce que certains font. » En continuant à écrire, dessiner, inventer des fictions pour divertir mais aussi élever les consciences. En restant vigilant pour tirer les leçons des erreurs du passé et d’un laxisme qui laisse toujours à terme du sang sur nos trottoirs
Il y a du bon en nous, nous qui ne tuons pas pour un regard de travers, un dieu différent, un visage découvert, un baiser interdit ou une caricature. Il y a eu beaucoup de slogans « je suis » ces derniers temps, notamment sur le net. Je suis Charlie, Je suis flic, je suis musulman, je suis juif, je suis Paris… J’en ai un nouveau à proposer. Pas un « je suis » généré par un drame, mais un « je suis » généré par l’espoir : « Je suis loin d’être con »
Parce que c’est vrai, vous êtes loin de l’être, parce que notre intelligence est une arme, parce que ça n’est lié qu’à notre condition humaine et à rien d’autre, et surtout parce que ça emmerde les fanatiques. Et puis, il y a un gros mot dedans, ça fait « rebelle ». ;o)
Bon réveillon à tous. Et n’ayez pas peur d’abuser des bonnes choses tant qu’elles sont là.
Guns&ApplePie

Sélections UMAC : le Meilleur du Vampire 1 - au cinéma
Par

De nos jours, difficile de parler de "vampire" sans que l'image d'un bellâtre à l'épiderme lumineux ne vienne se superposer à celle, presque ringardisée, du comte transylvanien aux dents longues. Cette figure de la littérature gothique qui a fait les beaux jours des Studios Hammer dans les années 50 a subi à la fin du siècle dernier une cure de jouvence qui n'a, la plupart du temps, que réussi à démystifier complètement un être archétypal au potentiel psychanalytique exceptionnel. Sans parler de la vague incessante issue de sagas pour adolescent(e)s, les productions actuelles ont eu tendance soit à ancrer la créature dans un contexte plus moderne (en explorant ses origines ou en tentant d'expliquer scientifiquement ses caractéristiques) soit à miser sur un côté éminemment graphique mis en avant dès les balbutiements du genre (le Nosferatu de Murnau est déjà visuellement splendide - à voir bien entendu dans sa version colorisée).
Si on peut (légitimement) regretter la façon dont le thème a été vulgarisé, presque vandalisé, la dynamique engendrée par ces productions successives a su également donner naissance à quelques projets étonnants, dissonants et toujours intéressants.
Comme d'habitude pour les Sélections UMAC, ne voyez nullement dans ce qui suit un classement de qu'on trouvera de meilleur, mais une présentation rapide d'oeuvres qui nous ont interpellés - et seraient susceptibles d'attirer votre attention.

-- A girl walks home alone at night --

Je décide de commencer très fort avec un de mes chouchous de l'année écoulée, le stupéfiant premier long-métrage de la réalisatrice américano-iranienne produit entre autres par un certain Elijah Wood. Après avoir illuminé quelques festivals par son approche osée, ce mélange de western urbain et de film noir joue en permanence la carte du décalage, situant son action dans une "Bad City" hors du temps au sein de laquelle opère un jeune homme aux allures de James Dean oriental, dont les trafics semblent constamment surveillés par une jeune femme mutique qui ne sort que la nuit et n'hésite pas, tel un spectre vengeur, à s'en prendre à ceux qui enfreindraient une règle qu'elle s'est elle-même imposée.
Entre les scènes n'hésitant pas à questionner fortement la légitimité des contraintes imposées par la société patriarcale iranienne et ces dialogues presque subliminaux sur le destin et la fatalité, Ana Lily Amirpour n'oublie jamais de prendre le contrepied des attentes du spectateur, de quelque obédience qu'il soit, tout en affirmant son savoir-faire étonnant dans une réalisation saisissante bien mise en valeur par une photo (un noir et blanc) absolument sublime. Parfois subtilement sauvages, parfois délicatement éthérés, certains plans peuvent vous marquer profondément.


Un de ces films jouant constamment avec notre image du vampire classique et réussissant parfaitement à en imposer une nouvelle.
Assurément, une excellente surprise et une réalisatrice à suivre.

-- Only lovers left alive --


Ah, ça y est, j'en vois deux qui baillent et un autre qui lève les yeux au ciel. Ça prouve au moins qu'ils connaissent ce métrage de Jim Jarmusch et se disent que cette sélection sera consacrée à des films lents, languissants même, voire carrément mous du genou. Peut-être se sont-ils même fait une opinion sur moi. Pourtant, il ne s'agit pas de mon genre de films favori, mais j'avoue avoir suffisamment d'ouverture d'esprit pour ne pas m'arrêter à un style en particulier. Je ne suis pas fan du réalisateur de Stranger than Paradise, mais j'ai suivi mon instinct (et des conseils de camarades plus avisés que moi) car j'apprécie la nouveauté.
Bien m'en a pris puisque cette autre réécriture contemporaine du mythe vampirique, malgré effectivement un tempo outrageusement délétère, constitue une expérience sensorielle et esthétique incomparable. On y croise Adam, compositeur underground résidant dans les ruines de Detroit, amoureux de la musique dans toutes ses formes d'expression, qui se languit d'Eve, sa bien-aimée depuis des siècles, laquelle cultive sa passion pour les livres dans la nuit moite de Tanger. L'amour et la mort se côtoient constamment dans cette atmosphère fin de siècle et ce monde à l'agonie dans lequel les vampires, quoique rebutés par l'engeance humaine et ses dérives, cultivent jusqu'à l'excès les Beaux-Arts, les seuls véritables apports valables de l'Humanité au monde réel. Se sentant condamnés, trahis même par leur besoin vital (le sang des hommes étant vicié, il leur est difficile de se sustenter efficacement), ils jouent à se faire peur et jouissent de la moindre opportunité. Tom Hiddleston trouve ici un terrain fertile pour son talent effarant (vous l'avez tous adoré en Loki dans les films Marvel) et une partenaire largement à la hauteur en la personne de Tilda Swinton.


Sorte d'opéra immobile, ode à la Culture et élégie nocturne, Only lovers left alive ne laissera personne indifférent. Mais que ses vampires sont beaux - sans être luminescents !

-- Blood, the Last Vampire --


Attention ! Que ceux qui sortiraient de la salle en pensant à la très mauvaise version live de Chris Nahon en 2009 reviennent sur-le-champ : je vais évoquer devant vous ce moyen-métrage époustouflant qui avait profondément marqué les esprits des connaisseurs, et notamment d'un certain James Cameron. Sorti en 2000 au Japon, conçu davantage comme un avant-projet que comme un film à part entière, Blood met à profit l'extraordinaire dynamisme propre aux anime nippons pour construire une histoire cohérente à partir d'un personnage fascinant.
L'action se passe dans les années 60, sur une base militaire américaine sise sur l'archipel japonais, alors que les prémisses de la Guerre du Vietnam se font sentir : une série de meurtres sanglants alerte le gouvernement qui charge une équipe d'agents secrets d'y mettre un terme. Parmi eux se trouve la jeune Saya, infiltrée au sein des enfants yankees qui suivent des cours sans se douter de l'horreur rôdant à l'intérieur même des baraquements. Saya, petite brune renfrognée et peu loquace, est pourtant l'arme absolue de l'équipe : elle est une guerrière impitoyable, entraînée spécialement pour détecter et éliminer l'engeance vampirique à grands coups de sabre.
Sur moins de 50 minutes, on n'a pas le temps de souffler : les meurtres et les éviscérations succèdent aux lacérations sur un rythme effréné. Ici, les vampires sont des Chiroptériens, des démons ancestraux avides de chair et de sang, dotés de capacités métamorphiques et d'une intelligence pratique. Pour les vaincre, il faut avoir le cœur bien accroché même si les armes conventionnelles sont bien peu de choses face à leur puissance dévastatrice. Sauf que Saya n'est pas conventionnelle...


Brutal, sanglant et plein de possibilités malheureusement mal développées ensuite, que ce soit dans la médiocre série Blood + ou les autres supports (manga, jeu vidéo ou romans). Prenons-le comme un one-shot prometteur.

-- Blade II --

Pour ceux qui seraient restés jusqu'au bout, j'avais prévu de basculer dans le plus léger. J'ai longtemps hésité entre plusieurs films ou franchises que je ne dédaigne pas revoir régulièrement, malgré leur côté poseur et/ou grandiloquent. Le Van Helsing de Sommers ? J'avoue que j'aime bien ce délire en forme d'hommage, parfois ridicule mais souvent jouissif, doté d'un méchant de pacotille mais qui sait s'entourer de bombasses volantes (on remarquera que Dracula a souvent bon goût au cinéma). Et puis, Kate Beckinsale, même dans un nanar, c'est toujours un atout. Tiens, d'ailleurs il y a également les Underworld dont le style peut débecqueter mais qui, outre la sublime Kate en combi moulante, bénéficie de la prestation de deux acteurs ultra-charismatiques (Michael Sheen et Bill Nighy). Finalement, mon choix s'est porté sur une série de films à la parenté évidente avec ces derniers, mais dont l'un d'entre eux a réussi à se détacher du lot.
Je veux parler de la saga Blade, adaptée de Marvel. Le premier opus a ses aficionados : photo léchée, montage clippesque, Wesley Snipes prenant la pose mais histoire bâclée et combats manquant de mordant. Le second volet semble reprendre à son compte les mêmes éléments que Blood : du sabre, du sang et des vampires monstrueux. Sauf que Guillermo Del Toro est aux commandes, dans ce qui semble souvent être une sorte de répétition non officielle de Hellboy II, avec en outre l'apparition de ces "Reapers", des vampires mutants d'une férocité inouïe qui seront sans aucun doute à l'origine de sa trilogie livresque la Lignée. Plus couillu que le précédent, mais avant tout plus riche visuellement (la direction artistique regorge de trouvailles géniales), construit sur un montage plus fluide bien que souffrant d'un script encore déséquilibré, Blade II est bourré à ras bord de bons mots et de gunfights, déborde littéralement de testostérone entre un Snipes en roue libre et un Ron Perlman déchaîné (et les fans reconnaîtront sans peine Donnie Yen).



Moins tape-à-l'oeil et plus stylé, plus théâtral et dramatiquement plus riche, c'est de très loin le meilleur film de la série. Cela dit, pour les amateurs, on peut trouver le coffret en blu-ray pour un prix modique.

Les amateurs de torrents d'hémoglobine et de dents pointues seront ravis de savoir que mes gentils collègues d'UMAC vous proposent encore d'autres joyeusetés vampiriques dans les jours à venir.