Publié le
1.4.26
Par
Virgul
La date de sortie est donc fixée au mois de juin et la première bande-annonce devrait arriver dans quelques jours. Le nouveau Fantômas, avec Jean Reno dans le rôle du terrible criminel et Michaël Youn dans le rôle du commissaire Juve, sera bien une comédie, dans la lignée des films d'André Hunebelle.
Michaël Youn, emballé par le projet, nous livre ses impressions : "Depuis Le Jardinier, où j'ai pu montrer que je pouvais tout jouer, même face aux meilleurs, j'avais envie de relever un défi encore plus grand. J'ai beaucoup de respect pour le travail de Louis de Funès, mais je crois que je vais apporter au rôle de Juve une modernité, une fraîcheur, qui vont surprendre le public. Je suis très content de pouvoir réinventer cette grande saga aux côtés de Jean, qui est fabuleux en Fantômas. C'est le retour, je crois, de la comédie populaire ambitieuse et de qualité."
Aux commandes de ce premier Fantômas, Pierre Gautier, plutôt un habitué des films d'auteur, puisqu'il a notamment réalisé L'aspect abscons du paraître en province ainsi que Le Dindon et la Bécasse. Il nous explique les raisons d'un tel virage artistique :
— Bonjour Pierre, on ne t'attendait pas sur un tel projet, pourquoi ce choix audacieux ?
— Mon dernier long-métrage a fait moins de 2500 entrées, ce qui est somme toute un demi-échec. C'est pas avec ça que je vais payer les opérations de changement de sexe de mes enfants, Campanule et Galinette. Donc, je me lance dans tout autre chose. Les bouseux veulent du gras, du lourd, du Youn qui pète, ben je vais leur en donner.
— Ah... heu, et Jean Reno ? Comment l'as-tu convaincu de reprendre le rôle de Fantômas ? Cela a été facile ?
— Très facile à partir du moment où je lui ai promis qu'il n'aurait pas trop de texte et qu'il serait doublé par une IA en post-prod pour les mots de plus de deux syllabes.
— D'accord, heu, vous voulez sans doute dire qu'il parvient à faire passer beaucoup de choses dans ses silences ? Par ses regards, sa gravité ?
— Je veux surtout dire qu'il n'est jamais aussi bon que quand il ferme sa gueule.
— OK, heu, merci Pierre.
Eh bien gageons que cette comédie bourrée de facéties n'engendrera pas la mélancolie !
— Ah... heu, et Jean Reno ? Comment l'as-tu convaincu de reprendre le rôle de Fantômas ? Cela a été facile ?
— Très facile à partir du moment où je lui ai promis qu'il n'aurait pas trop de texte et qu'il serait doublé par une IA en post-prod pour les mots de plus de deux syllabes.
— D'accord, heu, vous voulez sans doute dire qu'il parvient à faire passer beaucoup de choses dans ses silences ? Par ses regards, sa gravité ?
— Je veux surtout dire qu'il n'est jamais aussi bon que quand il ferme sa gueule.
— OK, heu, merci Pierre.
Eh bien gageons que cette comédie bourrée de facéties n'engendrera pas la mélancolie !
Publié le
31.3.26
Par
Nolt
Un roman graphique particulier aujourd'hui puisque consacré à l'immense et génial Feynman.
Le petit Richard est intelligent, et diablement curieux ! Son père lui parle de dinosaures, de la nature, des règles qui sous-tendent le monde. Et Richard est insatiable. La chimie, les mathématiques, la physique, tout lui semble fascinant et merveilleux.
Bientôt, il sera diplômé du MIT. Plus tard, il obtiendra le prix Nobel.
Mais avant la consécration - et ses inconvénients - il y aura une formidable aventure, du projet Manhattan à la navette spatiale, en passant par l'électrodynamique quantique, mais aussi la samba, le dessin ou encore la calligraphie.
Cet homme exceptionnel, au charisme évident, à l'humour subtil, aura été également un professeur brillant et un vulgarisateur de talent.
C'est son histoire qui est contée ici.
C'est aussi une épopée qui parle du sens du monde, de ses rouages, de ce que l'on en sait et de ce que l'on est prêt à faire pour comprendre une équation ultime qui, peut-être, nous échappera à jamais.
Le titre de l'ouvrage semble bref, peut-être même peu inspiré, mais que peut-on vraiment accoler à Feynman qui ne soit pas déjà contenu dans ce nom et qui n'en ternisse pas l'éclat ? Pas grand-chose, à l'évidence. Il fait partie de ces rares êtres dont le nom seul est déjà en soi une promesse, porteuse de rêve et de découvertes. La lourde tâche de raconter Feynman incombe ici à Jim Ottaviani, pour le scénario, et Leland Myrick, au dessin.
Ce que l'homme a apporté à la science est bien entendu crucial, mais son parcours est tout aussi intéressant, tout comme d'ailleurs sa personnalité, attachante et finalement éloignée de l'idée que l'on pourrait en avoir a priori. Car Feynman est une sorte de génie facétieux, pensant en dehors des conventions. Il va ainsi prendre la défense du patron d'un bar topless, où il a ses habitudes, lorsque celui-ci aura des ennuis avec la justice et que les notables s'empresseront de s'éclipser. Il va également, à Los Alamos, mettre sur les dents la sécurité militaire en s'amusant à démontrer qu'il peut forcer les serrures de tous les coffres-forts (il apprend la serrurerie pour l'occasion), ou encore en demandant à son épouse de lui adresser des courriers codés, dont il ignore la clé. Il se "contente" de cracker le code à chaque lettre...
Oui, ce type n'est vraiment pas commun. À travers ses interrogations, sa réflexion, l'on aborde également la philosophie (qu'il déclare, comme beaucoup de matières littéraires, ne pas beaucoup apprécier, alors qu'il la manie avec une rare acuité), la déontologie, l'enseignement... et dans tous ces domaines, Feynman fait preuve d'une grande honnêteté intellectuelle et d'une intégrité basée sur le bon sens et la logique, intégrité qui le poussera d'ailleurs, au sein de la commission enquêtant sur l'accident de la navette spatiale Challenger, à produire ses propres conclusions, mettant en cause le management dangereux qui avait fait fi des avertissements des ingénieurs.
Une partie de l'ouvrage, vers la fin, s'attache à expliquer la QED (la fameuse électrodynamique quantique citée plus haut) de manière très visuelle, ce qui reste tout de même ardu (s'il suffisait d'une BD pour expliquer ça, les mecs ne se feraient pas chier à l'étudier pendant des années) mais permet de démontrer, notamment à certains enseignants, qu'il ne faut pas confondre l'importance de la matière et l'aridité des moyens de transmission du savoir. La vie personnelle de Feynman est évidemment abordée également, et le regard, lucide, voire touchant, qu'il pouvait avoir sur certains événements est très bien rendu par les auteurs.
Ce livre est édité en français par la Librairie Vuibert, qui nous avait déjà gratifié, dans un genre très similaire, du très bon Logicomix. La traduction est globalement bonne si l'on excepte une manie, désagréable, d'utiliser d'étranges graphies pour "rendre" le ton du langage parlé, du genre "passsque" ou "quessa veudire ?". Difficile de comprendre un tel choix (cf. cet article approfondissant le sujet), d'autant que, phonétiquement, une forme plus classique ("qu'est-ce ça veut dire ?") se prononcerait exactement de la même manière. Pas besoin d'inventer quand on a déjà les bons outils sous la main. Signalons également une double négation qui fausse le sens d'une phrase ("Je ne m'attendais pas à ce que personne ne vienne avant des années."). Le reste est tout à fait correct, ce qui n'est pas si mal pour 250 pages.
Une bibliographie commentée, plutôt exhaustive, complète l'ouvrage.
Bien fichu et passionnant.
Très vivement conseillé.
| + | Les points positifs | - | Les points négatifs |
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Publié le
25.3.26
Par
Virgul
Ce double album vinyle reprend bien entendu les titres du plus célèbre live du groupe. En vrac, l'on peut retrouver The Trooper, 22 Acacia Avenue, Aces High, Powerslave, The Number of the Beast, Running Free ou, entre autres, Phantom of the Opera. En tout, 18 titres mythiques issus des premières années du groupe.
En plus des deux superbes disques bleu et jaune, ce package collector (qui reprend la magnifique couverture originale, par Derek Riggs) contient une réplique du programme de 24 pages du "World Slavery Tour", un "tour pass", ainsi qu'un livret de 12 pages reprenant le contenu original créé pour la sortie de l'album à l'époque, plus un bonus exclusif récent intitulé Rime And Punishment: Celebrating 40 Years Of Live After Death.
Ajoutons que les pistes audio sont celles des titres remasterisés en 2015, et l'on pourra conclure que l'on se trouve ici devant une édition de grande qualité, à l'esthétique aussi soignée que le son. Même si vous ne sortez pas souvent votre platine disque, l'objet vaut largement le coup, même pour le prix de 50 euros.
Puissant, lyrique, visuellement sublime, bref, Maiden.
Publié le
25.3.26
Par
Nolt
L'on aborde aujourd'hui une œuvre magistrale et chargée d'émotion : Trois Ombres.
Louis et Lise ont un enfant, Joachim. Ils vivent heureux, à l'écart du monde, profitant de la nature et de leur petite maison douillette. Rien ne semble pouvoir briser ce bonheur fait de choses simples et de moments essentiels, comme les soirées au coin du feu ou les balades dans les bois.
Mais un jour, trois ombres apparaissent en haut d'une colline.
Ce sont des cavaliers.
Ils sont encore là le lendemain, et le jour d'après. Ils se rapprochent de plus en plus, scrutent la maison abritant la petite famille mais demeurent silencieux et insaisissables. Lise, effrayée, va tenter d'en savoir plus auprès de la vieille madame Pique. Celle-ci lui annonce une terrible nouvelle... les ombres viennent pour Joachim. Leur enfant va leur être bientôt arraché.
Louis ne peut se résoudre à accepter un tel destin. Bien décidé à sauver son fils, il part avec lui dans un long voyage destiné à semer ces ombres criminelles. Mais contre le destin, l'amour d'un père ne peut rien.
Delcourt, pour fêter ses 25 ans en 2007, avait réédités quelques ouvrages dont From Hell (du lourd donc) mais aussi le moins connu Trois Ombres, publié dans la collection Shampooing (dirigée par Lewis Trondheim). Et ça, c'est une putain de bonne façon de fêter un anniversaire ! Parce que la claque que nous administre l'auteur, Cyril Pedrosa, est magistrale.
Le style graphique, bien que parfois simpliste et quelques peu "rugueux", possède un réel charme et varie selon les scènes, renforçant ainsi le côté onirique du récit. Quant à l'écriture, c'est un modèle du genre.
Le pari était pourtant loin d'être gagné d'avance tant le sujet abordé, la perte d'un enfant, est grave et sérieux. L'auteur s'interroge sur l'absurdité de la mort, son inéluctabilité, mais également sur son refus ou encore le moyen de surmonter la perte d'un être cher. Rien de bien gai me direz-vous, et pourtant, grâce à un style aussi subtil que touchant, Pedrosa parvient à développer sa dramatique thématique avec tendresse, poésie et retenue. La touche fantastique, qui imprègne fortement l'histoire, est pour beaucoup dans la pudeur et la pourtant immense richesse du propos.
En effet, c'est à un long voyage initiatique et à une réflexion douce-amère que Pedrosa nous invite, en jouant sur l'atmosphère et l'expressivité de ses dessins. Les ombres par exemple, tout d'abord mystérieuses et inquiétantes, puis agressives, finissent par se révéler douces et innocentes, comme pour suivre en parallèle l'émotion des protagonistes, d'abord terrorisés, puis en colère et trouvant, enfin, la sérénité dans l'acceptation.
Même les margoulins, toujours prompts à se repaître de la douleur et du désespoir des autres, sont fort bien symbolisés ici.
Les personnages sont eux aussi parfaitement réussis, que ce soit la mère, d'une dignité et d'un courage ahurissants, le petit Joachim, attendrissant, ou le père, véritable vedette de l'ouvrage, qui malgré sa carrure imposante sera terrassé de chagrin.
C'est bien simple, ce roman graphique, de 268 planches, est une pure merveille. Le sujet est sérieux mais son traitement (qui s'inscrit un peu dans les pas d'un Blankets) permet de le conseiller à tous les publics (et peut-être à certains journalistes qui pensent encore que le 9e art est réservé aux gamins et aux attardés).
Bien sûr, c'est triste. Mais c'est d'une tristesse de papier qu'il s'agit. Et c'est bien là le but véritable des livres : dissoudre dans l'encre les pires saloperies de la vie pour tenter, sinon de les rendre belles, au moins de leur trouver un début de sens. Vous serez sans doute longtemps hantés par Trois Ombres une fois la dernière page tournée. Et je ne garantis pas qu'une petite poussière dans l'œil ne vous obligera pas à faire une pause de temps en temps dans votre lecture. Mais au final, comme tous les bons auteurs, Pedrosa ne vous veut pas de mal et vous offrira un petit soupçon d'espoir en guise d'au revoir. Une petite lumière, vacillante parfois, mais qui permet de dissiper les ombres. Au moins pour un temps.
Une œuvre intelligente, belle et profondément émouvante.
Un auteur exceptionnel à découvrir d'urgence si ce n'est déjà fait.
| + | Les points positifs | - | Les points négatifs |
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Publié le
22.3.26
Par
Nolt
Monde post-apocalyptique, sales bestioles et combats sanglants sont au menu de Solo, une série en six tomes, publiée chez Delcourt.
Solo est trop grand pour continuer à être un poids pour sa famille. Il doit maintenant partir, seul, pour affronter le monde et trouver de nouvelles terres où il pourra chasser.
Sur sa route, des proies mais aussi des monstres. Et des humains, dont les fameux pirates qui organisent des combats à mort dans des arènes où s'affrontent les meilleurs combattants.
Bien contre son gré, Solo va devenir l'un d'eux.
Le premier volume, qui compte un peu plus d'une centaine de pages et présente personnages et univers, est écrit et dessiné par Oscar Martin, un artiste espagnol connu notamment pour avoir œuvré sur Tom et Jerry.
Il reste ici dans l'animalier, avec de nombreux personnages anthropomorphiques, mais abandonne l'humour pour une ambiance bien plus sombre. Le monde dépeint est violent, peuplé de créatures viles, stupides ou corrompues, et de guerres interespèces. Et si le trait est joli et les trognes souvent sympathiques, cela n'empêche nullement les décapitations et joyeusetés du même genre.
Si l'on peut faire un reproche à ce récit, pourtant plutôt bien mené, c'est sans doute l'aspect très monolithique de son personnage principal. Solo, taciturne et efficace, se révèle l'archétype du héros solitaire et ombrageux, sortant vainqueur de tous les combats grâce à son habileté dans le maniement des armes mais aussi à une tête bien faite. Trop bien faite peut-être. Presque ennuyeux à force d'être sans défauts, il faut attendre les toutes dernières pages de la longue introduction que constitue le premier opus pour voir notre sympathique rat "s'humaniser" un peu.
L'univers en lui-même est assez riche. Outre les rats, l'on retrouve d'autres animaux ayant mutés, parmi lesquels les chiens, les porcs, les singes ou encore les nocturnes. Les humains sont, eux, divisés en plusieurs castes, parmi lesquelles les ferrailleurs, les pirates, les bannis ou les politiques.
Certains éléments sont parfois naïfs, voire caricaturaux, mais il se dégage une vraie cohésion de l'ensemble ainsi qu'un gros potentiel. Difficile, en se plongeant dans cette saga, de ne pas penser à d'autres histoires de rongeurs, comme Le Dernier des Templiers ou les Légendes de la Garde, qui proposaient toutefois des aspects sociaux ou politiques plus aboutis.
Une série sympathique et visuellement réussie à laquelle il manque un brin d'audace et d'originalité pour complètement convaincre.
| + | Les points positifs | - | Les points négatifs |
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