Publié le
28.3.18
Par
Unknown
La poussée d'Archimède
— ... et alors là, Penny offre une téquila sunrise à Léonard. Ce dernier, en bon physicien, ne peut s’empêcher de montrer à ses amis que le subtil spectacle qui s'offre aux yeux de tous a une explication toute simple dans le monde physique.
— Quel spectacle, prof ?
— Le fait que l'on observe un empilement de fluides colorés, de densité différente, dans un contenant cylindrique.
— Ah. Et c'est de la physique, ça ?
— Tout à fait ! En fait, il faut que je te parle un peu d'un certain Archimède, ainsi que d'une baignoire et d'un bateau, et avec tout ça tu vas comprendre pourquoi les fluides de couleurs différentes flottent les uns sur les autres.
— Bah, pourquoi pas... si ça nous permet de boire un verre.
— Je ne suis pas certain que la téquila soit bien recommandée pour les chats. Enfin, passons. Donc, commençons par cette phrase bien connue : "Tout corps plongé dans l'eau..."
— En ressort mouillé ?
— C'est pas faux, mais...
— C'est "mouillé" que tu ne comprends pas ??
— Non, j'ai parfaitement compris. C'est juste ta vanne qui me laisse pantois : tu es le huitième aujourd'hui à me la faire.
— Je ne pouvais pas passer à côté...
— Donc, en réalité, tout corps plongé dans l'eau subit une poussée dirigée vers le haut, que l'on nomme la poussée d'Archimède. C'est ce qui permet, entre autres choses, aux bateaux de flotter...
— Ça a l'air sympa, si on se faisait un petit cocktail pour vérifier ça ? J'ai soif de science tout à coup !
— Pour le cocktail, je n'ai rien sous la main, mais si tu veux en savoir plus, j'ai une petite vidéo de derrière les fagots.
— OK pour la vidéo, mais la prochaine fois, on devrait vraiment se procurer de la téquila... c'est important qu'on soit crédibles et qu'on puisse pico... heu... expérimenter !
Publié le
24.3.18
Par
Virgul
Si nous, les chats, sommes incontestablement les plus futés (en étant simplement mignons, on vous a tout de même domestiqués et forcés à nous chouchouter), les canards viennent juste après niveau coolitude. Une espèce qui est à l'aise sur terre, dans l'eau et qui peut voler mérite que l'on s'y intéresse. Ce que l'on va faire tout de suite au travers de l'un de ses plus célèbres représentants.
Coin ! Heu... miaw !Canard Masqué
La popularité de Donald Fauntleroy Duck, célèbre personnage de Disney, est en grande partie due à son côté colérique, malchanceux, bref "humain". Pourtant, les lecteurs se sont quelque peu offusqués à une époque du fait que le sympathique canard était toujours le dindon de la farce des histoires où il intervenait. Ce qui, en 1969, a donné l'idée de Fantomiald à deux auteurs italiens : le scénariste Guido Martina et le dessinateur Giovan Battista Carpi.
En effet, Donald est un personnage particulièrement apprécié en Europe, sa popularité dépassant même celle de Mickey dans les pays scandinaves où en Italie, où des auteurs locaux produisent d'ailleurs leurs propres histoires mettant en scène le fameux canard.
En désirant explorer une autre facette de sa personnalité, Martina va doter Donald d'un avatar plus sûr de lui et plus habile : Fantomiald, ou Paperinik en italien (tiré du nom italien du personnage, Paperino, et d'une référence à Diabolik, sorte de Fantômas héros d'une flopée de fumetti). Le premier récit mettant en scène le vengeur masqué s'intitule Comment on devient Fantomiald et est publié en France dans Mickey Parade, en 1974. L'histoire, qui sera également adaptée en roman au sein de la mythique Bibliothèque Rose (sous le titre Donald, le Vengeur Masqué), dévoile comment Donald devient propriétaire de la Villa Rose, une bâtisse non loin de Donaldville dans laquelle il découvre le journal d'un certain Fantomius, dont il va fortement s'inspirer. Donald va alors régulièrement jouer au gentleman-cambrioleur, aidé par Géo Trouvetou qui lui fournira moult gadgets.
Vers le milieu des années 90, une version plus super-héroïque et SF du personnage (ce dernier affrontant extraterrestres, robots et autres intelligences artificielles) prendra un temps la place du Fantomiald originel sous le nom de Powerduck. Ses origines sont très différentes et assez proches de celles d'un Green Lantern par exemple. Le ton est également plus "sérieux".
Pourtant, le vériable Fantomiald n'a pas été abandonné, on le retrouve actuellement en kiosque dans Les Chroniques de Fantomiald, mais aussi à travers le monde, sous différents noms plus ou moins exotiques, comme Superpato (Portugal), Patomas (Espagne), Superdonald (Pays-Bas), Stalanden (Danemark) ou encore Phantomias (Allemagne). Notons qu'il existe aussi une version féminine (et féministe) du personnage, incarnée par Daisy qui prend alors le nom de Fantomialde. Cette Super Daisy est également une création de Martina, datant de 1973. Ainsi, paradoxalement, l'aspect super-héroïque de ce pan de l'univers Disney aura en fait été basé sur l'influence italienne.
Si vous souhaitez en savoir plus sur les publications mettant en scène Fantomiald mais aussi le restant de la famille Duck, nous vous conseillons INDUCKS, une base de données internationale permettant de retrouver toutes les bandes dessinées Disney publiées à ce jour, avec dates de parution, auteurs et résumés à la clé !
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| Fantomiald, prêt à passer à l'action ! |
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| De nombreux gadgets sont à disposition du héros (cf. ce Mickey Parade Géant). |
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| La famille Duck au complet (issu de l'intégrale Don Rosa). |
Publié le
22.3.18
Par
Nolt
Gros plan sur une série de romans pour la jeunesse bien écrite et loin d'être aseptisée : Cherub.
S'il existe des séries "young adult" de qualité (Gone par exemple), il est difficile de trouver des romans spécifiquement dédiés aux enfants qui ne soient pas trop niais et fadasses. L'on sait que la mode est au charcutage d'œuvres anciennes qui tenaient la route (le Club des Cinq notamment) pour, entre autres, des raisons de "politiquement correct" [1]. Et vu la tendance actuelle, visant à limiter la liberté des auteurs (cf. cet article), il est donc plus qu'étonnant de trouver une série s'adressant à un jeune public qui ne soit pas vidée de toute aspérité.
Mais commençons tout d'abord par planter le décor de cette saga signée Robert Muchamore.
Cherub est une agence gouvernementale secrète anglaise, employant des enfants de 10 à 17 ans. Ces derniers sont recrutés dans les orphelinats et reçoivent un enseignement de qualité et un entraînement physique poussé. Ils peuvent alors ensuite effectuer des missions (qu'ils peuvent refuser) sur le terrain, là où des adultes se feraient très vite soupçonner et repérer.
L'on suit dans les premiers tomes James Adams, un jeune garçon de 12 ans qui s'est attiré de gros ennuis en blessant plus ou moins involontairement la sœur d'un des petits caïds de son quartier. Et après quelques problèmes avec la police, la série noire continue pour James qui, après le décès de sa mère, se voit séparé de sa demi-sœur et placé dans un orphelinat. C'est dans cet endroit sinistre qu'il va être recruté...
Il y a pas mal de choses à dire sur ce titre, mais commençons tout d'abord par la vraisemblance. À première vue, des gamins agents secrets, question crédibilité, ça part moyen. Et pourtant, l'auteur parvient à justifier la création de cette agence (qui remonte à la Seconde Guerre mondiale) et à délimiter raisonnablement son domaine d'activité. Bien sûr il y a quelques péripéties imprévues (et un programme d'entraînement un peu hard pour des enfants), mais globalement on arrive à croire à chaque mission.
D'ailleurs, à ce sujet, en préparant cet article, j'ai lu, sur le site du Figaro, qu'il s'agissait d'une sorte de "James Bond junior" auquel les enfants pouvaient parfaitement s'identifier parce qu'il a leur âge. Une phrase, deux âneries (je doute que la journaliste ait vraiment lu ne serait-ce que le premier roman de la série vu qu'elle ne dit rien sur le contenu, si ce n'est des conneries). D'une part, l'identification ne fonctionne pas sur l'âge des personnages (cf. cet article), et heureusement d'ailleurs, sinon on ne s'identifierait pas à grand-monde. D'autre part, c'est tout sauf du James Bond. Tout le côté folklorique est absent : pas de gadgets, de poursuites effrénées, de glamour à la 007. L'univers décrit est bien plus âpre et terre-à-terre.
C'est d'ailleurs sur ce point que nous allons nous attarder. Muchamore n'hésite pas à aborder des sujets réputés délicats (surtout lorsque l'on s'adresse à des enfants [2]), comme l'alcool, la drogue, la violence ou encore la sexualité (et notamment l'homosexualité). L'on assiste parfois à des scènes assez dures (certaines blessures plutôt graves), voire humiliantes (un personnage obligé de lécher le sol).
Le contenu n'est donc pas édulcoré, et c'est une chance. D'une part parce que cela permet d'installer une vraie tension (pour enfant, certes, mais une tension réelle),
d'autre part parce qu'on ne lit pas, quand on est adolescent (ou pré-adolescent), pour s'entendre raconter des sornettes mais pour au contraire découvrir et expérimenter en étant en sécurité. Là-dessus, Cherub remplit parfaitement son rôle.Un autre aspect important, et encore inattendu dans des récits pour enfants, est le non-manichéisme des personnages. Dans le premier tome, James infiltre une communauté abritant de dangereux éco-terroristes. Des frappadingues prêts à buter des centaines de personnes à l'anthrax, donc du sérieux. Mais malgré tout, le jeune garçon découvre aussi leur côté humain, leurs motivations (qui, contrairement aux moyens qu'ils emploient, sont déjà plus nobles), etc. Dans le second tome, c'est encore plus évident. James doit côtoyer un trafiquant de drogue. Là, on se dit que le mec est juste un mafieux, que rien ne peut justifier ses actes. Cependant, là encore, on découvre une autre facette du personnage, dans son rôle de père, qui l'humanise grandement et injecte une dose d'amertume à l'histoire. Les personnages, même "méchants", ne sont ainsi jamais réduits à leur seul défaut principal, ce qui, même dans la littérature pour adultes, n'est pas si courant.
James lui-même est loin d'être un héros idéal, uniquement bourré de qualités. Bien sûr le garçon s'avère sympathique, sensible, intelligent, mais il peut aussi faire preuve d'impulsivité, être rancunier et mesquin, voire même violent sans réelle raison. Il va également évoluer au fil des épisodes, gagner en maturité, passer des épreuves pour parvenir, peu à peu, à l'âge adulte et céder la place à d'autres agents qu'il encadrera.
Le style de l'auteur est quant à lui particulièrement vif et fluide, la narration est nerveuse, parfaitement rythmée. Les descriptions sont peu nombreuses, pour aller directement à l'essentiel (peut-être l'un des points faibles de la saga, certains lieux méritant sans doute une plus grande mise en valeur). Les dialogues sont quant à eux fort bien écrits, l'auteur ne tombant pas dans le piège consistant à trop infantiliser ses personnages (les enfants s'exprimant rarement comme les adultes l'imaginent).
La série principale est aujourd'hui terminée et compte 17 tomes. Il existe une série spin-off se déroulant pendant la guerre, aux débuts de l'organisation, ainsi qu'une adaptation en BD (moins intéressante à première vue) et un projet de série TV.
Le site officiel de la série, très bien fait, dispose d'un contenu intéressant également : lexique, présentation des personnages, cartes, fonds d'écran et même de courts récits additionnels.
C'est pratiquement un sans faute donc pour Cherub, qui propose une saga s'avérant passionnante et épicée (sans aller trop loin non plus [3]), ainsi que des personnages attachants.
Ultra-conseillé pour vos enfants. Peut même s'avérer sympa pour des adultes.
[1] L'un des romans de la série, qui mettait en scène un jeune gitan, battu par son père, a été réécrit pour ne froisser personne, le gamin passant d'enfant battu à enfant... injustement grondé. Ce qui enlève bien entendu tout l'aspect dramatique du récit et ne justifie plus l'intervention du fameux Club. Les dérives sont aussi grammaticales, tous les temps étant remplacés par le présent de l'indicatif et les descriptions jugées trop longues étant supprimées (cf. cet article).
[2] Le site de la Fnac annonce la série comme étant abordable "dès 13 ans". Honnêtement, ça me semble un peu "vieux". J'imagine qu'un lectorat de 10/12 ans éprouvera plus de plaisir et de frissons que des ados de 14 ou 15 ans, qui peuvent déjà lire des romans pour adultes. En tout cas, rien de traumatisant dans la saga, malgré son côté mature (c'est bien moins gnangnan, pour prendre un exemple connu, que le Harry Potter à l'école des sorciers de Rowling).
[3] Question sans doute aussi de point de vue. On a quand même droit à une overdose à la coke d'une gamine de douze ans par exemple. Cela peut avoir l'air choquant, mais l'auteur, en montrant le côté dégueulasse de cette drogue (saignements de nez, vomissements et autres joyeusetés) fait certainement plus pour la prévention que bien des spots bienveillants mais trop généralistes et mielleux pour être efficaces.
| + | Les points positifs | - | Les points négatifs |
|
|
Publié le
17.3.18
Par
Nolt
![]() |
| [1] |
L’homme était un scientifique
exceptionnel, dont la qualité des travaux, notamment sur la gravité quantique
et les trous noirs, sont unanimement reconnus par la communauté scientifique.
Mais Hawking était plus que
cela.
Il était un vulgarisateur.
Ce rôle est fondamental. Car
Hawking ne s’est pas contenté de faire des recherches en s’enfermant dans la
pourtant si enivrante course au savoir. Il fait partie de ces gens qui ont
décidé d’expliquer ce qu’ils font. Ce qu’ils comprennent de l’univers.
Hawking était une passerelle.
Et les passerelles sont d’autant plus précieuses qu’elles sont rares et relient
des points éloignés. Il a permis à des gens, incapables de résoudre des
équations complexes, de s’imaginer un peu ce que celles-ci signifiaient. Il a
contribué, par son ouverture d’esprit et ses ouvrages, notamment Une Brève
Histoire du Temps, à rendre le merveilleux accessible.
Car oui, la science, l’univers,
la physique ont un côté merveilleux, magique et contre-instinctif qui fascine
et surprend. Personne n’a besoin d’équations, si ce n’est quelques
spécialistes. Mais tout le monde a besoin de réponses.
De réponses accessibles.
Cet homme fait partie de ces
gens qui vous rendent meilleurs. Qui vous font sentir tout petit aussi, parce
que le gars luttait contre une maladie de merde, qui l’a laissé paralysé et le
condamnait. Malgré cela, le mec a obtenu un doctorat, s’est marié, a écrit des
livres et publié des recherches impactant durablement le monde scientifique.
Le parcours de cet homme est proprement
ahurissant. À côté de lui, Indiana Jones, Rambo et Luke Skywalker sont des
petites choses fragiles.
En 1985, après une pneumonie
qui le laisse encore plus handicapé, on propose à son épouse de le « débrancher ».
Elle refuse.
Walt Waltosz, un informaticien
américain, va alors construire un dispositif permettant à Hawking d’utiliser un
ordinateur, ses propos étant relayés par un synthétiseur vocal.
La maladie progresse encore.
Le mec tient.
En 2001, perdant l’usage de
ses mains, c’est un système hallucinant, détectant les infimes contractions des
muscles de sa joue, qui vont lui permettre de continuer à communiquer…
Cet Homme, et là, la majuscule
s’impose, a continué, malgré son état, à écrire, donner des cours, et vivre,
tout simplement.
Ce génie, enfermé dans un
corps en ruine qui le lâchait peu à peu, a connu un destin tragique. Mais aussi
merveilleux, dans le sens où tout le monde (ou presque) connait ce scientifique
(et pas seulement à cause de The Big Bang Theory) et dans le sens où tout le monde
peut apprendre de ce gamin anglais, né pendant la Deuxième Guerre mondiale.
L’effet Hawking, celui qui
impacte bien au-delà du monde scientifique, c’est probablement cela. Un mélange
de courage et d’abnégation, couplé à un désir de partager le savoir, de
réenchanter le monde. De transmettre des clés. De tenir un rôle de passerelle
branlante entre des gens et des sphères d’intérêt en apparence éloignés.
L’effet Hawking, c’est la
croyance fondamentale que les Ténèbres ne sont que provisoires. Et que la
lumière a ceci de bénéfique qu’elle éclaire tout le monde, sans distinction.
Par un hasard assez douloureux,
nous avons lancé, sur UMAC, une rubrique de vulgarisation scientifique la
veille de la mort de Stephen Hawking.
Bien que cette rubrique soit
supervisée par Cédric, un véritable physicien, chercheur et enseignant, ayant
lui aussi l’envie de transmettre, d’expliquer, d’émerveiller, nous n’avons
évidemment pas la prétention d’égaler ce que les grands vulgarisateurs ont pu
faire jusqu’ici. Nous essayons simplement, par fascination pour la science et
ce qu’elle a de fantastique, de partager ce que nous savons. De faire reculer
les ombres et l’ignorance. De susciter des vocations, pourquoi pas ?
Mais cette inspiration, cette
passion, cette curiosité, nous les devons à de grands pionniers, et notamment à
Stephen, qui restera à jamais un génie, un type inspirant et, en tout cas je le
crois, ce qui se rapproche le plus de ce que l’on peut qualifier de
super-héros. À cette différence près que lui n’a pas eu à combattre des super-vilains fictifs mais la froide saloperie du réel.
UMAC dédie
respectueusement ce modeste article à la mémoire de Stephen William Hawking (1942-2018).
[1] Crédit photo : David Montgomery
Publié le
15.3.18
Par
Vance
Le 20 mars 2017, Nats Editions sortait une bande dessinée bien particulière, Sex Shop Wonderland (cf. cet article), dans laquelle l'auteur, Boris Tchechovitch, racontait une bonne partie des nombreuses anecdotes ayant émaillé son stage d'un an dans un sex shop, alors que, de son propre aveu, il pensait au départ travailler dans une boutique vidéo, radicalement plus proche de ses inclinations, puisqu'il est fan de films de genre, d'animes japonais et des BD de Moebius. Sur le point de se lancer dans un tout autre genre de bandes dessinées, l'auteur-dessinateur a tenu à compléter son expérience autobiographique par un second tome, sous-titré Chef d'équipe.
Quasiment pas de rupture avec le premier, on y retrouve les éléments qui avaient fasciné, étonné ou agacé comme ce recours à des graphismes légers qui permettent une certaine distanciation avec les situations souvent scabreuses dont il a été témoin, tout en leur conférant une tonalité subtile, acidulée, remplaçant le glauque et les déviances par de petites piques bien senties. Par le biais de pastilles ouvertement humoristiques, on assiste à un défilé désopilant de quidams aux propositions déroutantes tout en explorant davantage le caractère, les envies et les remords du personnage principal.
Le format ne prête pourtant pas à une véritable remise en question ou étude sociétale, ces tranches de vie inégales se dégustent posément, par petites touches parfois surréalistes,
allant du petit gag aux clins d'œil appuyés en passant par les délires fuligineux imprégnant les mystères de l'arrière-boutique.
Sex Shop Wonderland, malgré ses couleurs primaires, son trait simpliste, ses expressions exacerbées et ses bulles pleines de bons mots, n'est paradoxalement pas aisé à parcourir ; il y a quelque chose d'inconstant dans le caractère de l'auteur/personnage et, si on le soutient volontiers lorsqu'il déclare sa flamme pour Akira, on ne parvient pas toujours à le suivre dans ses petits délires quotidiens, moments de douce folie lui permettant de conserver une certaine sérénité dans ce concentré de spleen et de bonheurs fugaces où on y trompe davantage son ennui que ses partenaires.
Objectivement moins réaliste que le premier volume, cet album amorce dans son dernier quart une direction imprévue avec des personnages récurrents, des réflexions approfondies sur le bien-fondé de ce travail alimentaire et sur les rapports entre les clients et les vendeurs, avant d'élaborer un finale ambitieux mais réussi, une mise en abyme redistribuant les rôles d'auteur et de lecteur. Boris Tchechovitch y règle une partie de ses comptes et nous invite incidemment à en faire autant.
Pas toujours aussi drôle qu'attendu, rarement graveleux ou provocateur, un titre qui s'avère finalement plus profond et subtil que ne le laisse croire son emballage.
À tenter.
Quasiment pas de rupture avec le premier, on y retrouve les éléments qui avaient fasciné, étonné ou agacé comme ce recours à des graphismes légers qui permettent une certaine distanciation avec les situations souvent scabreuses dont il a été témoin, tout en leur conférant une tonalité subtile, acidulée, remplaçant le glauque et les déviances par de petites piques bien senties. Par le biais de pastilles ouvertement humoristiques, on assiste à un défilé désopilant de quidams aux propositions déroutantes tout en explorant davantage le caractère, les envies et les remords du personnage principal.
Le format ne prête pourtant pas à une véritable remise en question ou étude sociétale, ces tranches de vie inégales se dégustent posément, par petites touches parfois surréalistes,
allant du petit gag aux clins d'œil appuyés en passant par les délires fuligineux imprégnant les mystères de l'arrière-boutique.Sex Shop Wonderland, malgré ses couleurs primaires, son trait simpliste, ses expressions exacerbées et ses bulles pleines de bons mots, n'est paradoxalement pas aisé à parcourir ; il y a quelque chose d'inconstant dans le caractère de l'auteur/personnage et, si on le soutient volontiers lorsqu'il déclare sa flamme pour Akira, on ne parvient pas toujours à le suivre dans ses petits délires quotidiens, moments de douce folie lui permettant de conserver une certaine sérénité dans ce concentré de spleen et de bonheurs fugaces où on y trompe davantage son ennui que ses partenaires.
Objectivement moins réaliste que le premier volume, cet album amorce dans son dernier quart une direction imprévue avec des personnages récurrents, des réflexions approfondies sur le bien-fondé de ce travail alimentaire et sur les rapports entre les clients et les vendeurs, avant d'élaborer un finale ambitieux mais réussi, une mise en abyme redistribuant les rôles d'auteur et de lecteur. Boris Tchechovitch y règle une partie de ses comptes et nous invite incidemment à en faire autant.
Pas toujours aussi drôle qu'attendu, rarement graveleux ou provocateur, un titre qui s'avère finalement plus profond et subtil que ne le laisse croire son emballage.
À tenter.
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