Publié le
14.7.22
Par
Virgul
Bon, c'est l'été, il fait trop chaud, on a la flemme, et du coup on vous fait un Top 10 comme de vulgaires youtubeurs. Sauf que ce n'est pas vraiment un top, juste une sélection. Et une sélection de quoi, je vous prie ? De critiques BD issues du cultissime et bien-aimé Hebdogiciel. Si vous êtes trop jeunes pour savoir ce que c'est, on est désolés que vous soyez nés dans une époque de merde.
Allez, imaginez, vous êtes dans les années 80, on peut encore imiter des accents ou écrire correctement "un auteur" en parlant d'une femme sans provoquer de descente d'organes chez les "progressistes", on a peur des Russes (ah ben merde, ça n'a pas changé ça finalement), le premier Top Gun est à l'affiche au ciné, vous vous éclatez sur Who dares wins II sur Amstrad, et vous revenez du bureau de presse avec votre dernier Hebdogiciel tout frais sous le bras ! Et vous savez que vous allez passer un bon moment. Parce que les gars d'Hebdogiciel, quand ils flairent l'arnaque ou n'aiment pas quelque chose, ils dessoudent à l'artillerie lourde, ils éparpillent façon puzzle, ils mélangent superlatifs et insultes dans un déferlement de grogne cataclysmique et surjoué !
Évidemment, dans ce qui suit, on n'a pris que des articles négatifs. Parce que ce sont les plus drôles. Et on n'est pas forcément d'accord avec tout, bien entendu, mais l'important ce n'est pas de savoir si Milou (l'auteur des critiques qui suivent) avait raison, juste de se replonger dans l'ambiance et d'imaginer la réaction des gros cons sur les réseaux sociaux si ces chroniques étaient publiées aujourd'hui...
Les scans sont issus du site Abandonware-magazines.org, les dessins sont de l'ami Carali (celui-là même qui nous avait autorisé à reprendre ses petits bonhommes sur UMAC avant qu'on ne les remplace par un certain Virgul).
Hop, un petit coup de baguette magique, et nous voilà quelques décennies plus tôt. Amusez-vous bien !
Publié le
8.7.22
Par
Thomas
Série complète en deux tomes, Un équilibre fragile ajoute une énième pierre à l'édifice « cross-média » de Star Wars - La Haute République. Après les romans et les comics, c'est cette fois en manga que l'on explore cette période singulière de la saga. Sens de lecture français, noir et blanc habituel, 140 pages… que vaut ce premier volume paru chez l'éditeur nobi nobi ! ? Critique.
C’est l’ère de la Haute République, nous explique la quatrième de couverture. L’expansion à travers les
étoiles bat son plein. Les fameux Jedi, gardiens de la paix, sont
chargés de protéger la République et d’entretenir l’espoir de ceux qui
explorent les sombres recoins de la galaxie. Après la Grande
Catastrophe, la jeune Jedi Lily Tora-Asi a été missionnée pour aider les
réfugiés à s’installer sur Banchii, un monde inhabité dans le système
d’Inugg, loin à l’intérieur de la Bordure Extérieure. Banchii est le
site du nouveau temple Jedi dirigé par Maître Arkoff, le mentor wookiee
de Lily, qui envisage le temple comme un refuge pour les nouveaux
habitants et une étape pour les voyageurs. Tandis qu’elle doit gérer les
arrivées des nouveaux colons et élucider d’étranges mystères sur cet
avant-poste éloigné, Lily est tourmentée par une question : en fait-elle
assez pour maintenir la paix dans la galaxie ? Mais lorsqu’un nouveau
danger menace la colonie, la jeune Jedi devra relever le plus grand défi
qu’elle ait eu à affronter jusqu’alors…
Pas besoin de détailler davantage la fiction, on y suit donc encore de nouveaux personnages. Lily et Arkoff notamment, tous deux très charismatiques. Le padawan de Lily, Keerin, et les deux novices Jedi Viv'Nia et Nima complètent la distribution. La seule tête familière de Star Wars présente est Stellan Gios ainsi que les fameux Drengir, au cœur d'un affrontement qui occupe une place importante dans le manga. Un combat peu épique, dramatique ou surprenant par ailleurs, c'est bien dommage…
Il y a un côté trop « sage » dans le récit qui perd en intensité ce qu'il gagne en simplicité lorsqu'il aborde des aspects « quotidiens » de la vie, comme planter des cultures, vivre ailleurs que chez soi, tenter d'aider à sa modeste échelle, etc. Dans ces cas, la bande dessinée est plaisante car, en zoomant ainsi sur des banalités, on découvre une parenthèse un peu inédite (bien que relativement courte) dans le canevas complexe qu'est La Haute République et ses dizaines de titres.
Le point fort du livre consiste à proposer deux protagonistes particulièrement solides, Arkoff – wookie impérial – et Lily et ses deux sabres laser. On espère grandement qu'ils seront dans d'autres œuvres sinon l'intérêt a posteriori de cette courte série en mangas sera peu élevé.
Chronologiquement parlant, Un équilibre fragile se déroule après La lumière des Jedi et en marge des découvertes des Drengils. Autant dire qu'il n'y a pas besoin d'en savoir énormément sur La Haute République pour se plonger dedans. L'histoire est signée Justina Ireland, déjà derrière Une épreuve de courage (ainsi que Hors de l'ombre et Mission catastrophe – pas encore chroniqués) et Shima Shinya, dont on connaît en France le manga indépendant Lost Lad London.
Au dessin, Mizuki Sakakibara (Tiger & Bunny) propose des planches élégantes, aux traits précis, permettant un découpage de l'action lisible et des visages reconnaissables. Cette patte très « propre » confère à Lily un style très noble et majestueux, à l'image des Chevaliers Jedi. Les codes classiques du manga étant respectés avec quelques traits d'humour graphiques, les amateurs de bandes dessinées japonaises seront en terrain connu et probablement conquis. Pour les autres, difficile probablement d'apprécier cette incursion qui est évidemment en noir et blanc et annule, de facto, l'incroyable terrain de jeu chromatique propre à Star Wars. Les combats aux sabres laser sont donc moins percutants, les Drengir peut-être moins impressionnants aussi…
En synthèse, ce premier tome d'Un équilibre fragile est un complément sympathique mais – pour l'instant – plutôt dispensable. Il devrait davantage séduire les fans de Star Wars férus de mangas plutôt que ceux qui favorisent les romans ou les comics. À voir si l'achat (6,95 € par volume) se justifie à terme avec le second et dernier opus, qui sortira le 5 octobre prochain (et qui permettra donc un bilan de la série afin de savoir si elle est ou non à conseiller, dans l'immédiat c'est trop tôt pour arbitrer).
On rappelle que tous nos articles sur Star Wars - La Haute République sont compilés dans cet index.
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Publié le
25.6.22
Par
Nolt
C'est dans la collection Penguin Classics que les lecteurs quelque peu nostalgiques pourront retrouver (encore !) les débuts de Spider-Man en version originale.
350 pages regroupant les épisodes Amazing Spider-Man #1-4 ; #9-10 ; #13-14 et #17-19 ainsi que divers articles introduisant chaque saga. Les débuts du Monte-en-l'air sont également présents avec le tout premier épisode tiré du mythique Amazing Fantasy #15. Petite originalité, c'est cette fois tout ce magazine qui est reproduit, avec donc les histoires courtes (du fantastique soft) qui accompagnaient ce premier récit mettant en scène Peter Parker.
Tout le reste est parfaitement reproduit, covers et courrier des lecteurs compris. Quelques suppléments font office de bonus, comme par exemple le How Stan Lee and Steve Ditko create Spider-Man, une BD de trois pages tirée du premier annual de la série.
Une élégante softcover avec vernis sélectif emballe le tout. Notons que l'éditeur a intelligemment opté pour un papier mat, qui s'accorde beaucoup mieux avec les couleurs criardes de l'époque (contrairement au papier glacé dégueulasse des intégrales Panini).
Voilà de quoi assister dans de bonnes conditions aux premiers pas de l'Homme-Sable, du Bouffon Vert, d'Électro ou, entre autres, de Mystério ! Et en anglais, on évite les coulomberies incompréhensibles.
Déjà disponible, pour environ 25 euros.
| + | Les points positifs | - | Les points négatifs |
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Publié le
24.6.22
Par
GriZZly
On conserve la même recette à base de magie, de culture geek et punk-rock, de tatouages et de filles de 200 ans affichant un physique d'ado mais on secoue le cocktail plus fort, nettement plus fort, au point d'éclabousser partout autour du shaker comme un sagouin de barman parkinsonien formé par un épileptique.
Marqués #2 est la suite de... Marqués #1 (admirez la cohérence d'ensemble du projet, au niveau des titres, déjà... parce que vous en trouverez moins en feuilletant cet album). On retrouve donc naturellement notre petite Saskia, toujours aussi aveugle mais néanmoins capable de voir (ta gueule, c'est magique !) et désormais affublée d'yeux synthétiques cachant sa cécité pour les gens qu'elle croise. Oui, bah, elle n'est plus aveugle, quoi, c'est bon ! Ce ne serait pas terriblement "validiste", comme approche du handicap ? J'dis ça, j'dis rien, moi, hein ! Non, je rigole ; c'est juste ridicule d'offrir à un personnage une caractéristique encombrante pour la faire ensuite disparaître magiquement, voilà tout.
Globalement, ce qui a été dit dans la première chronique sur l'atmosphère, le dessin, la mise en couleurs ou les inspirations n'a pas changé. Ne nous répétons pas.
Néanmoins, il est important de noter que, si le tome 1 parvenait à distiller ses mille idées en gardant une certaine unité narrative, il n'en est rien pour cette suite.
Néanmoins, il est important de noter que, si le tome 1 parvenait à distiller ses mille idées en gardant une certaine unité narrative, il n'en est rien pour cette suite.
On sent bien que l'ambition fut de créer un univers à travers plusieurs petites histoires successives mais plus le tome approche de son terme et plus tout est précipité, au point d'en devenir parfois brouillon et ridicule de maladresse.
On imagine aisément le bidule qui a dû être bouclé à la va-vite suite à l'annonce de la mort de la série.
Ce n'est pas compliqué : la plupart des problèmes de ce tome sont conclus dans les deux dernières planches, à l'aide d'une présentation du futur des principaux protagonistes, façon "que sont-ils devenus". C'est triste de s'être autant dispersé ; le premier tome était prometteur mais aucune promesse ne fut tenue.
Ce n'est pas compliqué : la plupart des problèmes de ce tome sont conclus dans les deux dernières planches, à l'aide d'une présentation du futur des principaux protagonistes, façon "que sont-ils devenus". C'est triste de s'être autant dispersé ; le premier tome était prometteur mais aucune promesse ne fut tenue.
En vrac, Que trouvons-nous dans cet album ?
Pour commencer nous avons évidemment la suite de l'histoire de Liz, devenue plus ou moins abrutie depuis les événements du 1. Ça, d'accord, c'est logique.
Pour commencer nous avons évidemment la suite de l'histoire de Liz, devenue plus ou moins abrutie depuis les événements du 1. Ça, d'accord, c'est logique.
Nous avons ensuite l'explication de l'identité de Lovecraft, le majordome qui nous faisait penser à Lurch dans La famille Addams. C'est amené par le biais d'un flashback où l'on comprend qu'il s'agit bel et bien du Maître de Providence mais que, suite à des événements d'une ironie assez malheureuse, il se retrouve désormais enfermé dans un corps difforme et parasité par une créature d'un autre plan... c'est vaguement intéressant mais long et honteusement caricatural, tout ça pour expliquer la mythologie d'un personnage secondaire et la résurrection d'un second protagoniste dont on n'aura dès lors plus rien à battre !
Ça continue avec l'apparition en plein Manhattan de monstres gigantesques apparemment liés à un leprechaun qui devient vite la priorité de nos sorcières... tout ça les amène dans un monde parallèle où une jeune cliente de leur boutique d'articles magiques préférée a été tenue en esclavage durant une année entière. Mais comme le temps y passe plus lentement, à son retour sur Terre, seules quelques heures se sont écoulées et elle a développé pour nos héroïnes et pour Lady Killdare (ah oui, parce qu'il y a un crossover avec Lady Killdare parfaitement inutile) une haine farouche. Cela pourrait faire d'elle une grosse méchante bien puissante qui deviendrait la nouvelle Némésis de nos héroïnes, mais... bah non. Et pourtant, elle est remontée, hein, la gamine ! Mais non.
Ça continue avec l'apparition en plein Manhattan de monstres gigantesques apparemment liés à un leprechaun qui devient vite la priorité de nos sorcières... tout ça les amène dans un monde parallèle où une jeune cliente de leur boutique d'articles magiques préférée a été tenue en esclavage durant une année entière. Mais comme le temps y passe plus lentement, à son retour sur Terre, seules quelques heures se sont écoulées et elle a développé pour nos héroïnes et pour Lady Killdare (ah oui, parce qu'il y a un crossover avec Lady Killdare parfaitement inutile) une haine farouche. Cela pourrait faire d'elle une grosse méchante bien puissante qui deviendrait la nouvelle Némésis de nos héroïnes, mais... bah non. Et pourtant, elle est remontée, hein, la gamine ! Mais non.
Ajoutez à ça l'inspection académique qui déboule en la personne d'Eden. Un personnage hyper puissant, influent et important qui arrive à vingt pages de la fin du second tome de la série, c'est louche, non ? Parce que second, ça veut bien dire deuxième et dernier ! Eden aura en effet quelques œufs à peler avec la directrice de notre petite école de sorcières, vu la quantité de catastrophes racontées en deux tomes sous la supervision de Mavin ; lesquelles ont occasionné plus de morts que dans n'importe quelle assemblée depuis des décennies... mais on s'en fout, la série est sur le point de se clore.
Je retiens de ce tome un gâchis au goût amer. Je le glisse dans ma bédéthèque avec la ferme intention de ne jamais le voir en sortir à nouveau... alors que le premier tome, lui, en sortira à coup sûr pour être à nouveau feuilleté.
Étrange sensation d'insatisfaction, d'occasion manquée... ils tenaient un truc et l'ont laissé s'échapper, connement. Tant pis, ma foi.
Étrange sensation d'insatisfaction, d'occasion manquée... ils tenaient un truc et l'ont laissé s'échapper, connement. Tant pis, ma foi.
L'idée de mélanger technologie et magie que le premier tome présentait comme enjeu principal pouvait sans difficulté tenir sur la longueur et offrir un univers opposant traditions et modernité, croyances et sciences, archaïsme et transhumanisme...
Pourquoi avoir abandonné une piste si prometteuse pour nous faire un "Buffy chez les tatoués" ?
Aucune idée ! Mais ce n'était guère inspiré !
Pourquoi avoir abandonné une piste si prometteuse pour nous faire un "Buffy chez les tatoués" ?
Aucune idée ! Mais ce n'était guère inspiré !
C'est d'autant plus triste qu'il y a de-ci de-là des idées amusantes ou sympathiques que l'on aurait en effet apprécié voir mieux exploitées. Mais non, elles sont esquissées puis abandonnées au profit d'une suite d'enfilages de perles et d'une bouillabaisse d'idées peu intéressantes ou usées jusqu'à la lie et balancées aléatoirement. À trop vouloir en faire, on ne fait rien de bien, disait le plombier-menuiser-archéologue-thanatopracteur-vétérinaire-proctologue qui a fait le gâteau de mariage de ma voisine... la salmonelle, ce fléau !
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Publié le
14.6.22
Par
GriZZly
"En cinq millénaires, nous n’avons pas développé de sens nouveau. Nous vivons dans une hypratechnologie que presque aucun individu n’est capable de comprendre ou de maîtriser… Une illusion d’évolution alors que nous sommes devenus plus fragiles que nos ancêtres. On voulait faire un humain augmenté… on a créé l’humain assisté."
Cette triste mais pertinente sentence, nous la devons à Zep, dans son dernier ouvrage aux éditions Rue de Sèvres : Ce que nous sommes.
Dans cet album, le papa de Titeuf délaisse une fois de plus le jeune public et le héros à la mèche qui a fait son succès pour nous livrer un récit d'anticipation humaniste de 88 pages au format imposant (24 x 32 cm).
Il y traite de la première génération d'humains augmentés qu'il imagine vivre en 2113.
Constant y est un jeune homme vivant avec un second cerveau connecté au DataBrain Center. Ce projet, lancé 30 ans auparavant, permet aux plus riches d'accéder à des connaissances encyclopédiques stockées dans leur mémoire informatique et de jouir d'expériences virtuelles se confondant avec la réalité.
Mais, comme tout a toujours un prix, le DataBrain consomme quasiment toutes les ressources mondiales en énergie et c'est donc au détriment de la plupart des gens que ce projet, dans un espace protégé par une barrière mortelle, prospère en affamant l'Humanité.
Constant n'a jamais connu l'école et maîtrise pourtant, grâce à sa capacité de stockage, nombre de langues et de savoirs... jusqu'au jour où un piratage l'isole du réseau. Le voilà privé de toutes ses connaissances acquises sans peine, livré à lui-même, paniqué.
Il sera bientôt recueilli par Hazel, ancienne chercheuse du DataBrain vivant recluse dans la forêt et bien trop consciente des dangers de cette technologie pour ne pas vite comprendre le désarroi de Constant.
Ce dernier ne sait plus rien : ni écrire, ni lire, ni même qui il est vraiment.
Voici donc le récit initiatique d'un jeune homme qui savait virtuellement tout et qui part en quête de savoirs réels une fois coupé de ce réseau qui lui conférait l'illusion de maîtriser tant de connaissances.
Ce résumé doit donner envie à tous les professeurs (dont je suis) de faire lire cette BD à leurs élèves. La génération "Pourquoi l'étudier ? C'est sur Google !" se verrait si démunie sans son smartphone (ne serait-ce que pour entrer en contact avec autrui) que l'on se dit que la prophétie pessimiste de Zep n'a rien de bien irréaliste. Après tout, ce petit objet n'a presque plus rien de différent avec le second cerveau de Ce que nous sommes, en dehors du fait qu'il tient dans la main et ne fait pas encore partie intégrante de nous. Pas encore !
Zep, depuis qu'il a gagné en liberté grâce au succès phénoménal de son blondinet fétiche, se lance fréquemment dans des projets de rupture, développant des nouvelles thématiques qui lui sont chères en expérimentant ou non au niveau du dessin.
Les Happy Books (Happy Sex, Happy Parents, Happy Rock, Happy Girls…) sont des bandes dessinées humoristiques visant un public adulte. Il a aussi publié What a Wonderful World (un recueil de dessins) et Découpé en tranches. Mais Ce que nous sommes fait, lui, partie des albums en style réaliste de l'auteur. Il rejoint, dans cette catégorie, Une histoire d’hommes, Un bruit étrange et beau et The End.
La question posée ici par Zep n'est pas tant une interrogation sur les potentielles dérives des progrès scientifiques comme on peut en rencontrer dans la série télévisée Black Mirror mais plutôt un questionnement sur la valeur de nos connaissances et l'intérêt de les avoir acquises par l'apprentissage et l'expérimentation. L'important est-il la destination ou le chemin parcouru ?
Zep tranche en faveur du chemin, de l'expérience authentique et, comme toujours dans ses histoires matures, de la nature.
Zep tranche en faveur du chemin, de l'expérience authentique et, comme toujours dans ses histoires matures, de la nature.
Cette réflexion sur un progrès technologique inégalitaire est servie par un dessin semi-réaliste agréable auquel on commence à s'habituer de la part du dessinateur suisse. L'on pourrait lui reprocher une mise en couleurs des plus simplistes mais elle ne nuit en rien à la lisibilité et ne devrait gêner qu'un nombre limité de lecteurs trop habitués à la flamboyance d'autres titres.
Une lecture intimiste impossible à ne par rapprocher de certains projets que les géants de l'informatique nous concoctent et dont ils annoncent déjà certains avancements avec une fierté parfois cynique. Rappelons que nombre des professionnels de la Silicon Valley sont terriblement réticents lorsqu'il s'agit de confier leurs propres inventions à leurs gamins, pour qui ils préfèrent encore et toujours la craie et le crayon au stylet...
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