Rewind : Opération Coup de Poing
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Brigadier, sabari !
Ce sont les mots que vont reprendre des milliers de français dans les années 80 (et bien plus tard), sans connaître forcément leur signification. Sans la prétention d’aller chercher la vérité au fond des notes, nous allons nous pencher rapidement sur ce titre, envoutant, historique et toujours actuel.

Quand Alpha Blondy sort cette chanson, très personnelle, très risquée aussi pour l’époque (la Côte d’Ivoire n’a pas connu que des périodes tranquilles, loin de là, et ses forces de police étaient relativement… musclées), il parle en fait d’une arrestation brutale, de violence policière, il se révolte mais, contrairement aux insultes idiotes (non justifiées) que lanceront des années plus tard certains rappeurs en France, l’homme implore et transforme ses cris de douleur (réels) en reggae jouissif et lancinant.

Cette façon de faire est loin d’être stupide. Une insulte divise toujours, un cri de désespoir a tendance, au contraire, à rassembler.
Plutôt que de mettre l’accent sur les faits, il évoque ce qu’il ressent sur l’instant, la souffrance, et insiste sur ce « brigadier, pitié ! », lancé comme une supplique désespérée.

La chanson, évidemment opaque pendant longtemps pour les adolescents que nous étions, est chantée presque intégralement en dioula, plus spécifiquement une version du langage que le chanteur revendique comme « du terroir, non javellisée ».
Volontairement, il s’écarte de la ville (d’Abidjan pour être exact) afin de puiser dans des racines plus authentiques. Le reggae africain est né…

Ce qu’il y a de paradoxal avec ce reggae, différent de celui de Marley, c’est qu’il est à la fois censé être plus roots mais sera, pour nous français, bien plus accessible, Alpha Blondy, francophone, incluant régulièrement des passages en français dans ses chansons (ou optant carrément pour cette langue).
L’homme est loin de faire pourtant l’unanimité, il faut dire qu’il ne manque pas d’audace. Si son Apartheid is Nazism est caricatural et vise les États-Unis (c’est le seul pays qui est critiqué de la même manière quand il intervient ou n’intervient pas quelque part), son Abortion is a Crime, très peu dans l’air du temps, dénote un véritable courage dans le positionnement, loin des astuces marketing.

Nous avons tous notre propre rapport aux musiques et à ce qu’elles évoquent.
Une mélodie sympa, des basses puissantes, une circonstance particulière, et nous voilà marqué à vie.
Je suis très peu sectaire, que ce soit dans les genres littéraires ou la musique. Je me fous pas mal des étiquettes. Mais, comme tout le monde, j’ai besoin de passerelles pour aller vers l’inconnu.
Alpha Blondy a été ma passerelle vers le reggae.
C’est ce qui a permis au fan d’Iron Maiden que je continue d’être de découvrir Black Uhuru ou Steel Pulse dans un autre genre. Ce qu’il y a de bien avec les passerelles, c’est qu’elles sont multiples et vont, à partir d’un même point, dans toutes les directions.

Et puis, mettez donc Opération Coup de Poing dans la bagnole, à fond (quand vous êtes seul hein, le but n’est pas de vriller les tympans de votre bébé de cinq mois !), et vous verrez, ça tabasse particulièrement bien.
Et peut-être trouverez-vous, tout comme moi, que ces « aïe, aïe, aïe, aïe », sont vachement bien chantés…
Je ne fais aucun parallèle avec l’actualité, notamment parce que notre police n’a rien de violente dans son immense majorité et, au contraire, subit des agressions quotidiennes qui n’intéressent que très modérément les médias. Mais attention, être attaqué par des barbares, être lâché par les politiques, être méprisé par certains cercles, n’autorise personne à se comporter en tortionnaire. La violence n’est pas inutile, mais elle doit être employée à bon escient, à l’encontre d’individus armés et menaçants.

Quant au « sabari », il n’a jamais apaisé les matraques, même virtuelles.
Mais bon, quand on croule sous les coups, ça ne coûte rien d’essayer.
L’honneur ne quitte pas celui qui implore mais celui qui frappe un homme à terre.

Retroreading Iron Man : le Diable en bouteille
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Alors que je m'apprête à finaliser l'article, une question me taraude : pourquoi Iron Man ? Ben oui quoi, pourquoi lui, pourquoi maintenant, et pourquoi des anciens épisodes ?
Allez, je dois me faire vieux, c'est sans doute un accès de nostalgie. Ce petit pincement au cœur de ne plus suivre mois par mois les tribulations de mes héros costumés venus d'outre-Atlantique. Et de constater que, parfois, ces sacripants hauts en couleur me manquent. Un peu. Parfois.
Et tant qu'à plonger dans le passé, autant le faire en toute connaissance de cause et s'équiper dignement en retournant aux époques que j'ai préférées. Car, figurez-vous qu'Iron Man n'a pas toujours fait partie de mes séries favorites : dans le défunt Strange, je lui préférais de loin les aventures de Spider-Man ou Captain Marvel, voire celles des X-Men originaux. Je trouvais Daredevil chiant et Iron Man un peu ridicule - vous savez comment on est quand on est jeune. Jusqu'à ce que Michelinie s'empare du personnage et qu'il prenne une nouvelle dimension graphique avec Bob Layton. Là, soudain, Tête de Fer avait la classe, le style : un héros glamour et high-tech et des histoires de plus en plus denses et intenses.

L'album le Diable en bouteille constitue un des sommets de la collaboration entre David Michelinie et Bob Layton, le second intervenant progressivement davantage dans la série en coécrivant certains scripts tout en continuant à encrer les crayonnés d'un John Romita Jr pas encore totalement dégrossi mais déjà sorti de l'ombre de son père et diablement dynamique. Les personnages secondaires gagnent en consistance, les combats en armure deviennent plus percutants et sophistiqués. Et ce trio d'artistes hausse le niveau des aventures d'un personnage nettement moins premier degré dont la dualité sera soumise à des tensions de plus en plus irrésistibles : perdant peu à peu le contrôle de l'armure qui lui avait sauvé la vie et donné un nouveau sens à son existence, Tony Stark, désormais moins play-boy qu'entrepreneur dans le vent (mais tiraillé entre son goût pour l'ingénierie et son devoir de capitaine d'industrie), voit également son entreprise lui filer entre les doigts, le gouvernement s’immisçant insidieusement dans son capital dans le but non avoué d'en contrôler les rênes. Inacceptable pour un Stark qui a déjà tourné le dos aux contrats juteux avec l'armée et tente de thésauriser sur ses nouveaux brevets tout en développant un caractère philanthropique prononcé. Toutefois, le S.H.I.E.L.D. ne voit pas d'un bon œil que l'ancien fournisseur privilégié des États-Unis cesse de fabriquer des armes. Les plus jeunes parmi nos lecteurs tiqueront immédiatement en constatant qu'il s'agit d'une des trames majeures des films Iron Man et ils auront raison.
Pourtant, de tous ces maux, ajoutés aux ennemis habituels de son alter-ego en armure rouge et or, le plus redoutable, le plus difficile à stopper n'est pas le plus visible. Car Tony, malgré le soutien de la jolie détective Bethany Cabe certainement capable de combler le vide affectif qui le taraude, de l'inaltérable Jarvis qui l'a vu grandir, de l'indéfectible Rhodey qui en a vu d'autres depuis le Viêt-Nam (l'album nous propose d'ailleurs en épisode bouche-trou une énième relecture des origines de "l'Invincible Iron Man" avec Carmine Infantino aux crayons - ça ne nous rajeunit pas), essuiera déconvenue sur déconvenue, connaîtra des victoires à la Pyrrhus et nombre de désillusions, avant le drame, sec, brutal et fatal. Un mort sur la conscience, tâchant malgré tout de surnager dans ces eaux de plus en plus troubles où les considérations politiques sapent toutes les confiances, où chaque ami de naguère devient un potentiel traître, Stark va commencer à s'adonner à la boisson, histoire d'effacer les souvenirs de la veille, jusqu'à ce que le "Démon" de l'alcool devienne son adversaire le plus farouchement implacable et qu'il ne reste d'autre choix que de sombrer... ou de lutter.


La lecture est parfois déconcertante : on n'est pas franchement devant un arc tel quel, le "Diable en bouteille" se concentrant surtout dans le dernier épisode. Du coup, en dehors de la suite du complot ourdi par le fourbe Justin Hammer pour porter un coup fatal à Stark, les deux premiers épisodes semblent assez anodins, bien qu'ils permettent à Iron Man de se frotter au Prince des Mers... avant de s'allier à lui contre une faction militaire. Plus loin, lorsque Iron Man est donc accusé de meurtre, Michelinie va nous surprendre une nouvelle fois en lançant cette fois son alter-ego sur la piste de Hammer, dans un épisode très "bondien" avec casinos, belles pépées et infiltration.
Bien entendu, le point culminant sera la confrontation attendue entre le héros et une foultitude d'anciens ennemis ligués contre lui par contrat. Comme souvent dans les cycles Iron Man, l'une des clefs de la victoire de notre héros sera l'upgrade de son armure qui lui permet de prendre le dessus sur des opposants en retard d'une génération. Cela apporte un côté ludique à la saga, lui permettant de ne pas tourner en rond et de proposer des versions toujours plus impressionnantes de Tête de Fer (la stealth armor noire, l'armure spatiale, la version War Machine ou hulkbuster...). Lorsque la tension retombe, il reste un épisode qui intervient comme une sorte d'épilogue tragique : c'est celui qui donne le titre à l'album, et il est remarquable.


Franchement stupéfiant à l'époque (autant que la mort de Mar-Vell rongé par le cancer), le sujet de cette histoire sombre s'est retrouvé en filigrane dans la plupart des grands arcs ultérieurs - et on n'est en face, ici, que des prémisses de la descente aux enfers de l'industriel fortuné. Dommage qu'elle n'ait été qu'à peine suggérée dans les films, qui délaisseront l'alcoolisme au profit d'une quête plus technologique mais nettement moins profonde. Plus dure sera néanmoins la chute...
Un style clair, fin et enlevé, un design recherché et une histoire à tiroirs remarquablement écrite et dont la fin hantera à jamais la série.

+ Les points positifs - Les points négatifs
  • Un classique à la réalisation remarquable.
  • Une histoire dont l'influence ne se tarit pas.
  • Un trio d'artistes dont la conjonction des talents fait merveille.
  • Malgré l'âge, le style des personnages prête moins à sourire que dans les épisodes des années 80.
  • Tony Stark adopte une attitude très James Bond et on retrouve quelques jolies filles au long de ces cases.
  • Une collection peu onéreuse.

  • L'arc couvert dans ces épisodes manque un peu d'intérêt, l'essentiel étant concentré sur la fin.
  • Les dialogues ont pris un méchant coup de vieux.
UMAC's Digest #32
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Les sélections UMAC dans l'actu de la pop culture





-- AFTERNAZE --

On vous en a parlé longuement il y a très peu de temps, Aftermath suit son cours sur SyFy. Les deux premiers épisodes étaient bourrés de défauts mais se laissaient regarder, malheureusement la suite se révèle bien pire.
Le scénario est toujours aussi idiot, répétitif et prévisible (il faut voir le coup du père qui parvient à empoisonner trois types armés par la "ruse"... une débilité parmi mille autres), par contre maintenant, en plus des incohérences, cela devient ennuyeux. Les péripéties, toutes plus invraisemblables les unes que les autres, n'apportent rien et alourdissent une narration déjà calamiteuse. Au final, il n'y a même plus le côté gentiment barré et un peu flippant.
Reste une impression d'amateurisme et de (très) gros gâchis.
#écritaveclespieds






-- MARY JANE EN IRON SPIDER --

Là encore nous avions évoqué le sujet il y a quelques mois (cf. Digest #21), l'épisode de la série Amazing Spider-Man dans lequel Mary Jane revêt une tenue de Spider-Man est finalement sorti en France en janvier.
La manie qui consiste à faire des personnages "civils" secondaires des héros ou criminels n'est pas nouvelle. Harry Osborn ou Flash Thompson y ont eu droit, même la tante May (oui, la même qui était à deux doigts de crever toutes les 10 pages il y a quelques années et qui maintenant se fait joyeusement trombiner par Pôpa Jameson). Donc, c'est au tour de MJ dont l'intervention permet de sauver non pas le Tisseur mais tous les surhumains, Vengeurs compris, qui étaient sous l'emprise de Régent. Slott, décidément très inspiré, justifie cela par le fait que l'ex de Parker a de l'expérience en matière de combat (elle a aussi utilisé une armure pendant The Other, en même temps que la tantine) et qu'elle a eu des pouvoirs pendant Spider Island. Mouef.
Un point positif tout de même, cet arc de quatre chapitres est terminé. Slott, lui, est toujours là par contre...
#àchier






-- SWEET DREAMS ARE MADE OF THIS --

La suite de Gregory Sand (cf. la chronique du premier tome) sort ce mois chez Wanga.
Toujours Romain Mobias au scénario, accompagné de Josselin Billard qui signe également dessins, couleurs et lettrage.
Alors que le monde des Rêves est menacé, les Gardiens d'Hypnos unissent leurs forces pour contrer les sombres desseins du Croque-Mitaine. Une belle balade onirique et mythologique, peuplée d'êtres effrayants (Mormo) ou étonnants (le Maître des Doudous), le tout porté par un style graphique très agréable.
104 pages, 16 euros, format 16 x 24.
Site de l'éditeur.
#marchanddesable






-- LES ZOMBIES SELON FINCHER ? --

David Fincher (dont nous avons récemment évoqué l'excellent Se7en) se montrerait intéressé par la suite du pourtant calamiteux World War Z. Rappelons que le premier opus, qui contenait tout de même quelques scènes spectaculaires, s'était surtout illustré par sa crétinerie, ses incohérences et son manque d'intérêt. D'ailleurs, détail qui ne trompe pas, le film avait eu à l'époque une très mauvaise critique dans Mad Movies alors qu'il était encensé par... Télérama. C'est vraiment ça le pire pour un film de genre. Parce que, se faire descendre par Mad Movies, ce n'est pas bon signe, mais être soutenu par les autres bobos snobinards décérébrés, ça n'augure que très rarement quelque chose de bon.
Ceci dit, le réalisateur de Fight Club ou Alien 3 pourrait surprendre en donnant une vision inattendu du classique film de morts-vivants. C'est en tout cas tout ce que l'on souhaite.
#fincherrules






-- AMOURS EN TOUT GENRE --

Corps Sonores est discrètement sorti en début d’année. Compilant une bonne vingtaine de chapitres indépendants sur « l’Amour », l’auteur, Julie Maroh (qui avait déjà écrit et dessiné le magnifique Le Bleu est une couleur chaude, plus connu grâce à son adaptation cinématographique un chouilla différente mais tout aussi réussie, La Vie d’Adèle), conte avec brio des situations du quotidien. Impossible de ne pas être touché par tous les couples qu’elle croque à Montréal, entre ceux qui se rencontrent, se mentent, s’unissent, se détruisent, se découvrent, se trahissent, se retrouvent, etc.
Si le thème est universel, la particularité (en dehors de la touchante mélancolie qui se dégage de l’ensemble) provient surtout du fait que la plupart des êtres n’ont pas une sexualité « conforme » (selon le diktat de la société). On y découvre donc des hétérosexuels mais aussi des homosexuels, des trans, des adeptes du « polyamour », et ainsi de suite. Souvent marginalisés voire croqués sous forme de clichés préétablis via d’autres médiums, toute la galerie de personnage qui virevolte dans Corps Sonores est comme tout le monde : des gens qui tombent amoureux, qui ont peur de l’engagement ou de la dispute, des gens qui ont des sentiments, tout simplement.
Une bande dessinée incontournable.
#coupdecœurdeThomas 






-- VIEUX OS --

Les fondations d'une école primaire peuvent cacher bien des choses, mais un squelette, ce n'est quand même pas courant. Le commissaire Gérand, chargé de l'enquête, va rapidement être amené à suivre une piste très ancienne, liée à la dictature chilienne...
Quarante ans que je t'aime, deuxième roman de la mystérieuse série A&E, par Liliana di Pietro, sort ce mois chez Nats Éditions. À ne pas rater si vous avez aimé le premier opus, Le meurtre d'Edgar Vrilles.
244 pages, 14 euros.
Site de l'éditeur.
#thriller&dictateur




Virgin Dog Revolution
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Tokyo. Une jeune fille, en retard pour aller en classe, se fait massacrer par un doberman géant. D’autres rues, d’autres carnages, toujours perpétrés par le même molosse. Panique en ville. Sur un plateau télé, une émission dont le thème tourne autour des animaux a lieu. Soudain débarque l’immense chien accompagné d’un homme à face canine, les cheveux coupés raz, complètement nu. L’étrange créature déborde de ressentiments envers l’humanité. Messager de la terreur, il s’introduit comme Sadao Inudô et il exhorte la faune, dans sa globalité, à massacrer les habitants de Tokyo et du Japon. Il en profite pour liquider les invitées, les intermittents sauf une jeune femme, la présentatrice, Yuri Honda. Son but : « éveiller les animaux pour qu’ils se vengent des humains ». Entre-temps, Yûji, ex-catcheur et connaissance de Yuri, découvre avec stupeur le discours d’Inudô qui lui rappelle l’un de ces anciens amis. Il décide de se rendre dans le gratte-ciel de la chaine de télé pour stopper le massacre.

Délaissant rapidement le propos écologiste, l’histoire se recentre sur un conflit autour d’un trio de personnages : Sadao Inudô est l’homme chien puceau révolutionnaire. Il essaye d’éradiquer ses comparses en manipulant les animaux. Yûji Nakao, l’ex-catcheur au cœur tendre, est déterminé à le sauver. Il croit reconnaitre son ami d’enfance en lui. Yuri Honda, journaliste présentatrice TV, est l’étoile montante de la chaine, elle connait Yûji depuis sa jeunesse. L’auteur ne s’attarde pas sur des détails inutiles et entre dans le vif du sujet.
La rancune envers Yûji et Yuri - cette dernière ayant refusé de devenir sa petite amie - motive les actes de l’homme chien. Sa rancœur est telle qu’il est resté puceau et a passé son temps à rejeter ses fautes sur les autres, sans jamais se remettre en question. S’il se métamorphose partiellement en toutou, c’est par mimétisme, pour en convoiter la puissance. Il oublie cependant le défaut majeur du mammifère : sa fidélité. Détail qui le perdra. Sadao Inudô apparait comme un être torturé plus humain qu’animal, malgré son grimage. Un individu qui n’a jamais su trouver sa place dans une société très codifiée ni comprendre le rejet dont il a été la victime. Ce personnage improbable, manquant de confiance en lui, assume très difficilement sa virginité face au culte de la performance. Dégouté, il pose un point de vue acerbe sur le monde mais cherche à trouver sa place parmi les siens.
Pour mener à bien sa vengeance, l’extinction des humains, il instrumentalise la faune. Soit il la manipule, sans que les êtres comprennent ce qu’ils subissent, soit il la dirige à la manière d’un dictateur, poussant ses compagnons de révolte à d’abord s’en prendre à lui à cause de sa loyauté envers les hommes. Le premier groupe d’animaux vit à proximité de ceux-ci, plus ou moins en symbiose ou en harmonie. Il obéit par hypnose aux ordres d’Inudô, en écho à ses souffrances. Le second - composé de mâles - les imite avec leurs postures, leurs vêtements et il acquiert les caractéristiques humaines et pas les meilleures : violence et instinct de domination. Mais au fond de leur cœur de bêtes, la tristesse, le regret d’avoir été sorti de leur condition et le désir de retrouver leur quiétude les rongent. L’existence des humains ne leur parait que comme complications relationnelles et souffrances.

Inudô fait le mauvais choix de devenir un chien, une espèce qui s’est laissé apprivoiser. Trop proche de l’humanité, il ne peut amorcer la révolution dont il rêve, celle qui rendrait la Terre à tous les êtres vivants. La créature à face canine reste vierge comme la majorité des bêtes de compagnie. Les animaux que les individus gardent auprès d’eux n’existent plus à l’état sauvage. L’analogie entre le chien et l’homme est présente : peu de liberté de mouvement, obéir à des ordres… Le manga met face à face la sagesse des bêtes indomptées, loin de tout aspect matérialiste face à la domesticité des congénères de compagnie. L’auteur propose un laïus sur l’asservissement par le biais des animaux et la destruction de la nature en général. Il montre aussi que les humains ne tolèrent pas ce qui sort de l’ordinaire, ce qui pourrait faire basculer leur monde qui poursuit sa course inexorable vers la destruction, au détriment de la nature. Inudô doit donc disparaitre pour éviter un bouleversement radical des mœurs. Finalement, si changement il doit y avoir, il ne viendra pas d’Inudô mais d’une autre génération.

La thématique du regret, lié à Yûji va beaucoup se modifier entre les deux tomes. Son regard sur son ami, l’homme-chien, va évoluer et lui permettre de se rapprocher de lui. L’auteur en profite pour désigner certains des travers de la société contemporaine : outre la difficulté à communiquer entre les êtres (humains et animaux), il critique la course à l’audience lors d’événements dramatiques, les émissions ridiculisant les invités, la mise en scène des actions brutales pointant le désintérêt du public lambda. Dans les rues, de larges écrans abreuvent les passants d’informations catastrophiques, mais à peine un souffle de panique se manifeste. Toute cette violence exposée, scénarisée, n’est en fait qu’un petit événement isolé à Tokyo. L’auteur ne montre pas si le reste du pays s’en préoccupe. Aucun autre média du globe n’est présent non plus. L’armée est décrite comme un corps obtus et non ouvert à la discussion. La grande majorité des animaux suivants de près Sadao est issue d’espèces en voie de disparition ou mises en danger : calao bicorne devenu gigantesque, nasique, koala…
Virgin Dog Revolution ne pouvait que mal se terminer pour ce pauvre Inudô : un chien est un chien et demeurera toujours dévoué à celui qu’il considère comme son ami, son maître. Les humains et les chiens ont ça en commun : la fidélité réciproque entre deux individus, autres que la relation amoureuse.
À la première lecture, on découvre que le premier tome de Virgin Dog Revolution se suffit à lui-même. Le second opus utilise une ligne directrice similaire à celle de la partie précédente - Inudô apparait pour faire sa révolution tout en massacrant la population avec sa faune - mais développe son propos dans une autre voie.
La construction de ces deux tomes se répond. Si le premier promet l’éveil des animaux, il s’agit surtout de la prise de conscience de Yûji envers Sadao, où comment un événement mal interprété peut précipité dans le désespoir un individu. Mais il choisit son amour plutôt que l’amitié. Le second, l’illumination, permet à Yûji de méditer sur ses actes et de tout faire pour sauver Sadao ou du moins, de lui montrer que la réalité s’interprète de différentes manières. Il cherche à se réconcilier avec Sadao, à le comprendre et à s’excuser pour le passé, ce qui aura d’importantes conséquences... Cependant, l’auteur ne livre pas toutes les clés : la provenance du chien géant, la force surhumaine d’Inudô…
Graphiquement, Shôsei Sasaki, au style semi-réaliste, propose des planches denses aux décors détaillés et immersifs et ancre le récit dans notre monde contemporain, avec un véritable sens des volumes. Le visage canin d’Inudô est une réussite de finesse. Le grotesque et le gore ponctuent l’ensemble et appuient le cynisme teinté d’humour noir : effusion de sang, expressions faciales exagérées au sein d’ambiances plus dures et douloureuses... tel le combat final du tome 1, climax dont l’issue est précipitée à l’aide d’une situation pitoyable. La seconde partie voit l’apparition d’un bestiaire humoristique, caricature de plusieurs travers humains.
Virgin Dog Revolution est un manga atypique à destination des ados et des adultes, proposé par les éditions Akata. Complet en deux volumes avec son pitch étonnant entre action et horreur, il entre dans leur collection WTF, au côté de l’excellent Lady boy VS Yakuzas. La version française s’avère de belle facture : un logo recherché, onomatopées traduites, bon choix des polices de caractère et des illustrations, couverture avec léger gaufrage, vernis sélectif. Ce manga comporte 17 chapitres élaborés entre 2011 et 2013 et fut publié dans Young Magazine de Kôdansha (Akira, Dragon Head, Prison School [1]...).

Virgin Dog Revolution est une courte bande dessinée à mi-chemin entre récit d’action violent, grotesque et drame humain. La touche d’érotisme ne dénote pas dans la continuité de l’histoire. Son graphisme attrayant, sa créature canine des plus intrigantes, ajoute de l’intérêt à ce manga dont l'accroche s’avère des plus improbables et frise le nanar. Bien que s’éloignant d’un fond écologiste sur la condition animale qui aurait mérité d’être développé, cette série se laisse lire d’une traite et propose, comme c’est la spécialité dans la BD nippone, de se concentrer sur les rapports humains. L’écoute, l’empathie, la volonté de comprendre, des choses simples qui pourtant pourraient sauver tellement de personnes désespérées. 

Virgin Dog Revolution,  Akata, 2 tomes, complet, 8,50€.


[1] Respectivement dans l'ordre : de Katsuhiro Otomo, Minetarō Mochizuki, Akira Hiramoto.

+ Les points positifs - Les points négatifs
  • L'homme-chien, un personnage original.
  • Deux livres épais.
  • Le travail d'adaptation.
  • Des idées bien tordues.
  • Un propos écologiste léger.
Se7en : beau film et atroce constat
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Thriller noir et tragique mais aussi constat lucide et amer sur l’évolution de la société moderne, Seven reste, plus de 20 ans après sa sortie, un incontournable chef-d’œuvre d’une rare profondeur.
Petit retour analytique sur ce film à la force encore intacte.

C’est en 1995 que l’on peut découvrir Seven au cinéma. Pendant 130 minutes, David Fincher sublime un scénario d’Andrew Kevin Walker, livrant un long métrage coup de poing à l’esthétique léchée et à l’incomparable maîtrise technique, photographie en tête.
Morgan Freeman et Brad Pitt interprètent deux flics, William Somerset et David Mills, aux prises avec un épouvantable tueur en série, John Doe, joué par Kevin Spacey.
Si vous ne connaissez pas l’histoire, nous vous conseillons de voir le film avant de lire cet article car ce qui suit dévoile l’intrigue dans son intégralité.
Plutôt que de revenir sur la symbolique des sept péchés capitaux, limpide, nous allons nous attacher à d’autres aspects, tout aussi fascinants, de Seven.

1. Personnages et faux trio
Alors que l’on pourrait les croire opposés, les deux protagonistes ayant le plus en commun sont Somerset et Doe. Tous les deux sont intelligents, cultivés, patients, et tous les deux sont arrivés au même constat sur la société. Seules leurs réactions face à ce constat divergent : Somerset, vieux flic blasé, proche de la retraite, a développé une forme de fatalisme bienveillant alors que Doe, lui, va verser dans le délire métaphysique criminogène.
La véritable opposition se situe donc du côté de Mills, enquêteur impulsif adoptant un optimisme presque juvénile. Somerset et Mills sont si différents qu’il faudra l’intervention de la compagne de ce dernier pour qu’ils se « rencontrent » vraiment et parviennent à une véritable relation de travail. Il est intéressant de noter que Tracy Mills, en incarnant l’image de l’épouse modèle, de la mère aussi (elle est enceinte, mais aussi enseignante, ce qui n’est pas anodin), reste (avec le Livre, comme nous le verrons plus tard), la seule touche positive du film.
Cette disposition psychologique asymétrique des personnages n’est donc pas très courante puisque, à la vision de Mills, s'oppose celle de son collègue plus expérimenté et du tueur qu’ils poursuivent. Bien qu’encore une fois leur réaction soit différente, l’incarnation de la sagesse (Somerset) est parvenue au même constat que l’incarnation de la folie (Doe) : le monde est un cloaque.
Et pour mettre en scène cet égout moral, Fincher va utiliser un autre personnage. La ville.

2. Enfer Urbain
Rarement l’on aura vu un environnement urbain aussi bien décrit dans ce qu’il peut avoir d’angoissant et oppressant (avec des relents de Brazil parfois). La ville est sombre, éclairée par une lumière sale, jaunâtre. Les ruelles sont nombreuses, petites, sordides. La circulation est dense, le bruit constant. Des trombes d’eau s’abattent sans discontinuer sur cet enfer devenu le réceptacle de tous les vices.
Chose rare, même l’appartement de Tracy et David Mills, qui devrait être un havre de paix, est « contaminé » par la pollution urbaine, puisque situé à proximité d’une ligne de métro qui cause régulièrement tremblements et vacarme.
Même le bureau de Somerset (qui deviendra celui de Mills) au commissariat est étriqué, sombre. Les casiers sont ternes, la lumière provenant de l’extérieur presque inexistante. Lorsque les deux inspecteurs se retrouvent dans une salle plus spacieuse des locaux de la police, il s’agit d’une fourmilière presque plus angoissante encore, dans laquelle s’alignent des tas de bureaux éclairés au néon et pleins d’un fatras épouvantable.
Dans Seven, l’on n’échappe pas à la ville, au système qui s’impose au détriment de l’humain. Le glauque est présent à l’extérieur mais il s’infiltre dans les foyers et sur le lieu de travail.
Même lorsque, enfin, les flics quitteront la ville en voiture avec Doe, pour se perdre dans une nature désertique et aride, la ville les poursuivra par la présence de pylônes électriques immenses. Ainsi, même la campagne évoquée à plusieurs reprises (par Tracy qui en vient, par Somerset qui rêve d’aller travailler dans une ferme) est peu à peu rongée par les maux de la ville, donc du système.
L’univers dépeint est d’autant plus angoissant qu’il ne semble pas y avoir d’échappatoire possible. Pourtant, il existe une planche de salut… celle de la connaissance.



3. Une Bulle de Beau
La connaissance en général, et le pouvoir du Livre en particulier, sont évoqués à de multiples reprises dans le film, souvent d’ailleurs dans des buts différents.
C’est par leurs lectures communes que Somerset parvient à identifier Doe. Les deux personnages lisent beaucoup, ils écrivent aussi (Doe, ses pensées sur des milliers de cahiers, Somerset, des rapports, tapés à la machine, ce qui lui donne une distance par rapport à la chose écrite que n’a pas Doe). À L’inverse, Mills peste contre les bouquins, s’énerve, a du mal à comprendre même certains noms (il prononce « Sade » comme le nom de la chanteuse [1]).
Les livres ne sont pas seulement utilisés pour souligner la proximité ou l’opposition des personnages, ils sont aussi (avec Tracy) la seule note d’espoir du film. Un espoir cependant bien mince et teinté d’amertume. Alors que Somerset se rend dans une bibliothèque pour y faire des recherches, il déambule parmi les rayons. La lumière est artificielle mais plus discrète, moins crue que celle diffusée au commissariat. Les livres demeurent dans la pénombre, pleins de mystère. En fond sonore, plus de bruits de circulation, de cris ou de polutions mécaniques, mais… du Bach. Des violons. Un moment de grâce, une bulle de beau au milieu de la merde.
Mais les livres, bien sûr, ne règlent pas tout. La bibliothèque est vide, seuls quelques gardiens, qui jouent au poker, sont présents. Somerset leur fera la réflexion qu’ils ont des milliers de livres à portée de main et qu’ils préfèrent jouer aux cartes. La réponse, cruelle, ne se fera pas attendre. « On sait tout ce qu’il y a à savoir » dit l’un d’eux sur le ton de la plaisanterie.
Le désintéressement de la populace pour les ouvrages écrits et la connaissance en général sera ainsi plusieurs fois souligné (Tracy est déprimée car les conditions de travail, en ville, sont si épouvantables qu’elle ne peut pas exercer son métier de professeur). Fincher et Walker parviennent ici à revenir sur la cause première de tout effondrement sociétal et civilisationnel : si l’enseignement n’est plus assuré, si les livres sont délaissés, la pensée niée ou corrompue, alors tous les autres domaines s’effondrent, de la morale à l’économie en passant par la justice ou la science.
Car sans réflexion, seule l’émotion surnage.

4. Humain par la rage
La fin du film est évidemment tragique [2]. Elle est pourtant inéluctable et brillamment construite. Mills, réfractaire aux livres (« c’est de la poésie de pédé ! » s’exclamera-t-il dans un élan de colère) est manipulé par un Doe dérangé et sadique mais familier du Papier. Somerset, lettré et respectueux des livres, tente de venir en aide à son collègue, mais c’est tout bonnement impossible.
Mills n’a ni le recul ni l’expérience de Somerset, il est jeune, porté par un idéal utopiste. Il s’est fermé à des voies essentielles qui auraient pu l’amener à d’autres choix.
Un être humain est un mélange, pas toujours équilibré, d’émotion et de réflexion. Hors causes psychiatriques, la réflexion vient toujours contrebalancer la pulsion émotionnelle. Dans un cas aussi extrême, peut-être ne serait-elle pas suffisante, mais l’on voit dans le film que Mills cède à l’émotion dans d’autres cas (quand il fracture la porte de l’appartement de Doe, au risque d’annuler toute procédure judiciaire par la suite).
Sans construction suffisante de la pensée, la réponse émotionnelle est la seule possible. Elle n’est pas seulement possible, elle devient nécessaire.
Sans cette réponse, que serait Mills ? Pas grand-chose, car s’il échappe à la réflexion ET à l’émotion, alors il n’a plus rien d’humain. Cette colère qui l’habite est une manière de boucler la boucle non pas tant pour Doe (qui après tout n’est qu’un pauvre taré assassin) mais pour Fincher, qui démontre ici qu’une société délabrée, apathique et amorale ne peut engendrer de la part de ses composantes qu’une réponse émotionnelle violente.
À ce point de l’analyse, l’on pourrait alors objecter que Somerset, lui, n’est pas violent, qu’il est lucide, calme et réfléchi. Ce qui nous amène au pire…



5. Noir extrême
Somerset, à bien des égards, est infiniment sympathique. Il est intelligent, bienveillant, de bon conseil, il respecte la loi, aide Tracy… c’est le brave type que l’on aimerait tous avoir comme pote. Sauf que… si Somerset est aussi tranquille, c’est qu’il a renoncé à sa condition humaine.
Tout d’abord, il est célibataire. Il n’a pas d’attache sentimentale. Ensuite, il a eu l’occasion d’avoir un enfant et a demandé à sa compagne de l’époque d’avorter. Non parce qu’il ne l’aimait pas, mais parce qu’il estimait que mettre un bébé au monde dans un tel système, dans un monde aussi violent et injuste, était une folie. Somerset ne « joue pas le jeu » dans le sens où il se construit un mur émotionnel qui le rend intouchable. Ce détachement, ce recul, cette froide analyse ne lui vient pas seulement de son expérience mais de sa volonté de s’extraire des joies et des peines de la vie. Si Mills cède trop à l’émotion, Somerset commet, lui, l’excès inverse.
Somerset s’apparente ainsi bien plus à un robot insensible qu’à un humain. Il est méthodique, son appartement est rangé d’une manière minutieuse, il a toujours une apparence parfaite (contrairement à Mills qui se roule par terre avec ses chiens), même un métronome, présent chez lui, donne à son intérieur un ton mécanique. Surtout, il n’a personne à aimer, pour qui s’inquiéter.
Mills est mort involontairement, du moins moralement (il est inconcevable qu’il se remette de la mort de sa femme, seul élément positif de son monde, lui qui n’a pas accès à la « bulle de beau » évoquée plus haut), Somerset est mort depuis longtemps (en se privant de l’amour d’une femme, du risque lié au fait de devenir père, il s’est privé de l’essentiel de la condition humaine), Doe est mort physiquement (le seul qui ait réellement désiré cette mort d’ailleurs), seul le système perdure, atrocité poussée par une force d’inertie inéluctable.
C'est la Nuit Totale. 
Il n'y a rien à quoi se raccrocher. Soit on nie la réalité (Mills) et l'on en devient la victime, soit on la sublime au sens strict du terme (Doe) et l'on devient un criminel, soit on la met à l'écart (Somerset) et l'on se déshumanise aussi, d'une manière moins violente mais bien plus radicale encore. 

Se7en, plus de 20 ans après sa sortie, n’a rien perdu de son impact émotionnel. Surtout, chaque vision permet d’en apprécier les nombreuses subtilités et l'horlogerie implacable.
Cette métaphore sur l’état de nos sociétés est l’une des plus dures mais aussi des plus lucides parmi celles qui ont été portées à l’écran. Elle n’épargne rien ni personne et ne laisse que peu d’espoir quant à l’avenir. D’autant qu'en 1995, le constat était violent, le trait appuyé, alors qu’aujourd’hui, je le crains, le film apparaît comme bien en dessous de l’atrocité du réel.

Le film se termine sur cette citation de Somerset, citant lui-même un auteur fabuleux :
« Hemingway a écrit "Le monde est un bel endroit qui vaut la peine que l’on se batte pour lui". Je suis d’accord avec la seconde partie. »
J’ai bien peur pour ma part de n’être d’accord avec aucune partie de la citation d’Hemingway. Ce qui en dit long sur moi mais probablement aussi sur vous le monde.




[1] Un exemple de plus montrant que les VF sont très souvent bien en-deçà du texte (voire du sens) de la VO. En VF, Mills dit simplement « marquise » à la place de « marquis », ce qui lui donne certes l’air d’un benêt mais n’a pas vraiment de sens, alors que la VO le montre faire une confusion entre une chanteuse et le nom d’un écrivain, ce qui en dit un peu plus long sur les habitudes du flic, plus impacté par la radio que les bibliothèques. Plusieurs sites présentent d’ailleurs la confusion comme réelle, Pitt s’étant apparemment trompé lors de la scène et ayant insisté (avec raison) pour conserver l’erreur qui nourrissait parfaitement le personnage.   
[2] Nous avons cependant échappé à deux fins insipides et idiotes. Les studios ont en effet suggéré à Fincher une happy end, où Mills sauvait sa femme, ce qui évidemment enlevait toute sa force au final et venait à l’encontre de tout le propos du film. Pire encore, il fut proposé au réalisateur une fin dans laquelle la boite livrée en rase campagne ne contenait pas la tête de Tracy mais… celle d’un des chiens de Mills. Peut-on faire plus con ? Oui, il ne faut jamais sous-estimer l’imagination d’un commercial.