Seconde série "Star Wars - La Haute République" en comics
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En marge des romans de Star Wars - La Haute République, deux séries de comics sont publiées en France. Celle du même nom, dont nous chroniquions le premier tome récemment (publiée par Marvel aux États-Unis) et une nouvelle, reprenant à nouveau le même titre suivi d'un sobre "Les Aventure" (Adventures en VO, publiée par IDW). Toutes deux sont disponibles chez Panini Comics chez nous. C'est la seconde qui nous intéresse aujourd'hui, c'est-à-dire Star Wars - La Haute République : Les Aventures.
Découverte du premier tome, Collision imminente, en vente depuis le 10 novembre dernier.

La planète Trymant IV est en détresse (probablement à cause de La Grande Catastrophe relatée dans La Lumière des Jedi). Le Star Hopper, vaisseau dirigé par Yoda et Buck, deux maîtres Jedi qui supervisent plusieurs padawans, est proche de Trymant. Les Jedi, emmenés notamment par la jeune Lula Talisola, décident d'aller secourir la population. Parmi elle, une jeune adepte de la Force qui a toujours caché ce pouvoir : Zeen Mrala.
 
Une autre menace plane sur les citoyens : les terribles Nihil, venus chercher "l'ancien Tromak", créature âgée détenant des informations secrètes… L'affrontement entre les Jedi et les Nihil est inéluctable. Zeen est sauvée par les Jedi mais son meilleur ami, Krix Kamerat, est recueilli par le chef des Nihil : Marchion Ro !

Comme toujours avec les œuvres de Star Wars - La Haute République, la situation est plus simple à comprendre si l'on est déjà familier de ce nouveau segment de la saga étoilée. La bande dessinée est bien sûr abordable mais elle se savoure plus aisément quand on connaît déjà les Nihil par exemple.
 
Dans Collision imminente, les enjeux sont posés très rapidement et si le récit semble suivre un chemin balisé, en mettant en avant Lula dans un premier temps, il s'en écarte pour se concentrer sur le destin croisé de Zeen, guerrière novice dans la Force, et Krix, son ami d'enfance qui lui est arraché et qui ne digère pas que Zeen lui ait menti toute sa vie (à propos de ses pouvoirs). Ainsi, la padawan Lula est plus ou moins reléguée au second plan après ses exploits…

C'est un peu dommage car on pensait de prime abord à une sorte de "dyade" dans la Force entre Lula et Zeen, un peu comme Rey et Kylo Ren dans le neuvième film de la saga (dont la novélisation sera au cœur d'un article à venir sur UMAC) – cf. l'image qui ouvre cette critique. Cette connexion entre les deux protagonistes n'a finalement pas lieu ici… Lula sera d'ailleurs ensuite plutôt survolée tout au long de l'aventure, qui se concentre sur Zeen et Krix, entourés de Jedi et de Nihil.

C'est l'un des rares points faibles de la bande dessinée : un manque de caractérisation véritablement poussée pour ces personnages, qu'on accompagne (trop) rapidement le temps de cinq chapitres. La complicité évidente entre Lula et Zeen en fait les frais et demeure peu exploitée (elle l'est davantage dans un roman du même auteur, on en parle plus loin). La série se veut à destination d'un jeune public mais ce n'est pas une excuse. Il est vrai qu'il y a beaucoup d'enfants (de toutes races) mais ce n'est pas gênant ici.

L'un des mentors de ces futurs Jedi est le célèbre Yoda : enfin une tête connue de Star Wars dans La Haute République ! Même s'il n'y en avait pas forcément besoin, ça fait plaisir et ça permet d'ajouter un nouveau lien un peu plus concret avec le reste de l'univers (films, romans et comics). Yoda est accompagné de Buck, une des cautions humoristiques du titre (même si, lui aussi, est peu développé).

La fiction propose à nouveau une poignée de personnages majoritairement attachants (l'un des points forts de toutes les œuvres de La Haute République). Seul Krix semble un peu idiot par ses actes, basculant dans une certaine haine puérile mais… guess what, un certain Anakin avait fait la même chose avant lui, alors why not

Outre quelques représentations de vaisseaux intercalés au sein des pages, une carte de la galaxie est proposée, permettant de mieux situer l'action – ce qui manquait cruellement aux romans.
 
Le scénario est signé Daniel José Older, auteur d'un roman jeunesse (bientôt chroniqué sur UMAC) : La tour des Trompe-la-Mort, dans lequel on retrouve Zeen et Lula déjà proches, donc idéalement à lire après cette bande dessinée. Older avait déjà écrit sur Star Wars avec, entre autres, le roman Baroud d'honneur, sur Han Solo et Lando (lié au film Solo : A Star Wars Story).

Comme déjà dit, à part quelques défauts ici et là, l'ensemble se lit bien et reste plutôt haletant, satisfaisant le fidèle lecteur avec une nouvelle œuvre connectée au reste de La Haute République. C'est un divertissement honorable, qui ne révolutionne ni le genre ni la saga en elle-même, mais qui introduit suffisamment d'éléments pour avoir envie de lire la suite avec une grande attention.

On apprécie d'ailleurs de voir davantage les Nihils, loin d'être des ennemis sauvages ou primaires. Même si on ne retrouve pas tout à fait les nuances avec lesquels ils étaient décrits dans La Lumière des Jedi et En pleines ténèbres, on sent la dangerosité de cette menace. Mention spéciale pour la relation entre Marchion Roh et Krix, dont la conclusion inaugure le meilleur pour la suite…

Tous les dessins sont de Harvey Tolibao, artiste oscillant entre DC Comics (Green Arrow, Green Lantern…), Marvel (Silver Surfer, X-Men…) et Star Wars (Knights of the Old Republic). Son style atypique permet une homogénéisation de l'aspect graphique tout au long de l'aventure. Grâce à sa patte graphique fourmillant de détails, les cases sont un régal, sublimées par la colorisation très inspirée de Rebecca Nalty (dont le nom est cité sur la couverture US mais pas en France…).

Son travail est essentiel pour conférer une vraie identité à l'œuvre et clairement lui apporter des points positifs. Elle use d'une richesse chromatique très variée, offrant de belles séquences qui tirent le titre vers le haut.

Malheureusement, Tolibao charge beaucoup trop ses planches de temps en temps, rendant le tout peu lisible (cf. grande image en fin d'article). Cela reste heureusement assez rare. Par contre, on est parfois gêné devant certains visages de Yoda, bizarrement croqué.

Côté prix, La Haute République : Les Aventures coûte 17 € et le dos du livre (souvent appelé à tort la tranche) arbore entièrement la couleur dorée du logo Star Wars (une décision de l'éditeur IDW visant à différencier ses productions de celles de Marvel). On apprécie, même si cela casse un peu l'homogénéité de la collection dans la bibliothèque.

Pour chipoter, on aurait par contre favorisé une couverture provenant des épisodes trois, quatre ou cinq (notre coup de cœur), tant ils sont plus représentatifs de l'histoire que le dessin du premier chapitre qui orne l'ouvrage ; jugez plutôt.


Dans le second tome, qui paraîtra probablement en France au printemps 2022, le récit mettra en avant Farzala et Qort (deux alliés de Lula assez en retrait dans le premier volume) qui s'allieront avec l'équipage du Vaisseau. L'occasion de retrouver Leox Gyasi, Affie Hollow et Geode, tous trois croisés dans l'excellent roman En pleines ténèbres. Cet arc narratif est intitulé Mission to Bilbousa en VO.
 
Plus tard, c'est Maz Kanata qui sera de la partie, personnage introduit dans le film Le Réveil de la Force fin 2015. Si Panini Comics suit la publication librairie en VO, alors on trouvera cette histoire dans le troisième volume (Back Together and Away Again).


On rappelle que tous nos articles sur Star Wars - La Haute République sont compilés dans cet index.


+ Les points positifs - Les points négatifs
  • Une histoire simple mais efficace.
  • (Encore) de nouveaux personnages attachants (Zeen, Lula…).
  • Un zoom sur les Nihil et une conclusion intrigante pour la suite.
  • (Retrouver Yoda dans cette nouvelle saga, donc enfin revoir une figure iconique familière de Star Wars.)
  • Une explosion de couleurs, très diversifiées, conférant une identité graphique alléchante.
  • Des dessins de bonne facture et très détaillés…


  • … mais parfois trop chargés, rendant peu lisibles des cases ou planches.
  • Une exécution de l'ensemble un brin rapide, survolant un peu trop les personnages secondaires.
  • Des décisions qui semblent peu logiques même si elles sont justifiées par le peu de maturité d'un protagoniste.