The Cape
Par


Le point sur les débuts de The Cape.

À huit ans, Eric et Nick s'amusaient à jouer aux super-héros. Eric avait une cape qu'il aimait particulièrement. Un simple plaid, transformé en doudou, puis en accessoire précieux le jour où sa mère décida d'y coudre un éclair rouge du plus bel effet ainsi que l'écusson des Marines de son père. Mais même les jeux les plus innocents peuvent se révéler dangereux... un jour, alors qu'Eric nargue son frère du haut d'un arbre, il fait une mauvaise chute. 
Gravement blessé, le petit garçon va mettre très longtemps avant de se remettre de ses blessures. Et il va perdre sa précieuse cape, jetée par sa mère. C'est peut-être là le plus grand drame, car avant sa chute, pendant une fraction de seconde, Eric a eu l'impression de voler, d'être exceptionnel. Lui enlever sa cape, c'est lui ôter tout espoir.
Le jour où Eric retrouve enfin son précieux bout d'étoffe, il est adulte, sans emploi, séparé de sa fiancée et aigri au plus haut point.
Pour lui, il n'est pas question de protéger les faibles mais de faire payer ceux qu'il juge responsables de sa situation...

Après le succès de la série Locke & Key, Milady a sorti en 2013 un nouveau titre associé au nom de Joe Hill. Il n'est pas lui-même aux commandes mais le scénario, écrit par Jason Ciaramella, est inspiré de l'une de ses nouvelles (tout comme pour le comic Road Rage). Les dessins sont réalisés par Zach Howard.




Le récit, complet, est composé de cinq épisodes. Difficile de dire ce qui est dû à Hill ou ce qui relève de l'adaptation de Ciaramella, toujours est-il que l'histoire tient la route et s'avère prenante, même si l'idée de départ (les pouvoirs n'échoient pas toujours à ceux qui en sont dignes) est loin d'être nouvelle. Dès les premières planches, l'on retrouve certains thèmes apparemment aussi chers à Hill qu'à son illustre pôpa (Stephen King, si vous ne saviez pas), comme l'enfance et ses dangers, ou encore le fantastique pouvant s'insinuer dans le quotidien le plus banal. L'on bascule ensuite brusquement dans la violence et la folie, une grande partie de l'intérêt de cette histoire provenant d'ailleurs de l'ambivalence du personnage principal, aussi attachant étant jeune qu'antipathique lorsqu'il se transforme en adulte égoïste et insensible. Eric se montrera notamment particulièrement imaginatif lorsqu'il s'agira de trouver un moyen de se venger de ceux qui lui ont - supposément - fait du tort (mention spéciale pour l'ours, qui démontre fort bien ici l'intérêt de circuler dans un véhicule pourvu d'un toit !).  

La fin est quelque peu rapide, et la relation entre les deux frères aurait sans doute pu être un peu plus développée, mais l'ensemble est aussi fluide qu'agréable à lire. Graphiquement, rien de spécial à signaler, les planches sont plutôt jolies et Howard ne verse pas inutilement dans le gore en parvenant tout de même à rendre toute la dureté de certaines scènes.
Une galerie d'illustration (10 planches) complète l'ouvrage. Celui-ci est encore trouvable chez HiComics pour une vingtaine d'euros.

Une belle histoire, réalisée par une équipe créative qui parvient à conserver le ton propre à Hill.





+ Les points positifs - Les points négatifs
  • Une narration efficace et prenante.
  • Ambiance proche de celle de Locke & Key.
  • Adaptation soignée.
  • Certaines scènes sont parfois un peu trop vite expédiées.