Publié le
18.7.23
Par
GriZZly
On continue avec les One Bad Day de DC publiés chez Urban Comics.
Cette fois, Bane se rachète et Freeze change le monde.
Bonjour à tous, habitants de Gotham ! Il y a encore des gens qui crèchent ici ? Mais vous êtes des malades ! Vous savez qu'il existe de par le monde des milliers de villes où aucun gars cintré n'essaye de vous refroidir en vous congelant ou de vous allumer au lance-flammes ? Il faut déménager avant que votre appartement ne vaille vraiment plus rien, les gars, sérieux ! Il reste surprenant que cette ville soit encore habitée par des
Bane est un personnage de lutteur masqué dopé au Venin, un super-stéroïde transfusé dans son cortex cérébral, bien connu des fans de comics et plus encore des gens dans l'univers de celui-ci. Après tout, il est l'homme qui a brisé la chauve-souris. Littéralement, hein : il lui a pété la colonne vertébrale en la fracassant sur son genou dans une prise de catch qui doit se nommer "le brise-reins", sauf erreur.
Depuis, Bane reproduit cet exploit soir après soir sur des rings miteux, devant une foule visiblement pas vraiment très fan de Batman. Enfin débarrassé de son addiction au Venin, il s'est donné pour mission d'éradiquer cette drogue expérimentale militaire de la surface de la Terre et a même fait équipe avec le Dark Knight par le passé, pour ce faire.
Dans ce volume, un jeune homme va vouloir lui vendre du Venin alors qu'il n'est supposé en rester nulle part. Il n'en faudra pas plus pour que notre montagne de muscles hypertrophiés se lance dans une nouvelle croisade d'éradication de ce fléau, relançant au passage sa rivalité avec Bruce Wayne, seul adversaire qu'il juge digne de lui et qui lui avait promis un combat loyal une fois le venin disparu.
Joshua Williamson nous offre un titre bien écrit et fourmillant de références, où un Bane repenti fait ce qu'il sait faire de mieux : péter des bouches dans des effusions de sang. Car oui, la particularité de ce One Bad Day est sans doute celle-ci : son absence totale de concession. Son personnage central a beau être ici mu par de nobles intentions, il n'en reste pas moins un colosse s'adonnant sans retenue à l'hyper violence lorsque la situation l'exige à ses yeux... et la situation l'exige souvent, semble-t-il. En ce sens, nous avons donc là un récit qui, à l'instar de celui consacré au Sphinx, respecte la personnalité de son personnage central ; et ceci dans le fond tout autant que dans la forme.
En effet, Howard Porter nous offre un dessin anguleux, torturé, déchiré, cabossé et une mise en couleurs de Tomeu Morey dont la sobre efficacité sait se faire aussi parlante qu'un direct de Bane en plein foie. Notre catcheur n'y est plus aussi monumental que lorsque le Venin lui empoisonnait les veines mais il en est d'autant plus impressionnant et radical.
Mr. Freeze est loin d'égaler le gabarit de Bane. Le seul organe impressionnant chez lui est sans doute son cerveau. Bien conscient de cela, Richard (Dick Grayson), alors tout jeune Robin, va influencer son mentor masqué afin de le pousser à aider Victor Fries dans sa recherche d'un traitement pour sa femme Nora. Mais si, vous savez : Nora, son épouse malade et cryogénisée en attente d'un traitement futur pour son mal...
Cette histoire a été vue et revue, écrite et réécrite... l'on se souvient même d'épisodes de la vénérable série animée Batman qui nous narraient déjà ces événements. Toutefois, cette version de Gerry Duggan apporte son lot d'originalités et de bonnes nouvelles : le concept One Bad Day y est respecté, de nombreux flashbacks d'une poétique mélancolie apportent des éclaircissement sur le passé de Freeze, l'on y découvre quelques aspects et compétences rarement exploités de notre Batman mais, et c'est là le point le plus rafraîchissant (haha) de ce tome, le jeune et pétillant premier Robin nous séduit avec toute sa candeur et son énergie ; il y a longtemps que les Robin ne sont plus taillés dans ce bois et, à la lecture de cet album, on se rappelle pourquoi et comment ce personnage a pu devenir le si sympathique Nightwing que l'on connaît désormais et dont nous faisions déjà les éloges en nos pages il y a quelques mois.
Enfin, Freeze y adopte pour la première fois un positionnement radicalement différent de celui qu'on lui connaît vis-à-vis de son infortunée épouse... Plutôt égoïste et passablement misogyne, ce nouvel éclairage efface un peu de la sympathie que l'on pouvait développer pour celui que la série dérivée nous décrivait quasiment comme un héros romantique - mais cela se fait au profit d'un gain d'humanité, en ce qu'elle a de plus mesquin et veule.
Matteo Scalera, pour sa part, nous offre un dessin très expressif et fleurant bon la nostalgie d'une autre époque des comics... le tout saupoudré d'une palette limitée, restreinte aux teintes hivernales et à leurs opposées les plus contrastantes, signée Dave Stewart. L'ensemble crée une impression globale d'œuvre intemporelle (et je sais que cette formule donne l'impression que j'écris dans Les Inrocks mais que dieux et diables m'en préservent !).
En résumé, nous avons là deux bons exemples de ce que peut donner ce concept de One Bad Day. Pour peu que ce soit bien fait, ce genre de stand alone est tout autant un exercice de style qui peut ravir les connaisseurs de l'univers qu'une porte d'entrée agréable pour les novices.
Nous vous recommandons tout autant la lecture de l'un que de l'autre, cette fois. Et c'est avec une confiance renouvelée que nous voyons poindre à l'horizon les tomes consacrés à Catwoman et au Pingouin.
Nous vous recommandons tout autant la lecture de l'un que de l'autre, cette fois. Et c'est avec une confiance renouvelée que nous voyons poindre à l'horizon les tomes consacrés à Catwoman et au Pingouin.
| + | Les points positifs | - | Les points négatifs |
|
|
Publié le
15.7.23
Par
Nolt
Un First Look consacré à deux flics qui passent leur temps à bousiller de la belle mécanique : Les Casseurs !
Janvier 1973. Dans un train, le romancier et scénariste André-Paul Duchâteau et le dessinateur Christian Denayer évoquent de futurs projets. Au cours de la conversation, Denayer parle de son envie de démolir parfois les somptueux véhicules qu'il lui arrive de mettre en scène. Duchâteau, déjà scénariste de la série Ric Hochet, est enthousiasmé par l'idée et avoue qu'il souhaiterait écrire une série orientée action, avec des scènes impressionnantes, à la limite de la parodie. Le concept des Casseurs était né... (source : Intégrale Les Casseurs, tome 1).
Et ces casseurs, ce sont en fait deux flics américains : Al Russel, jeune officier inexpérimenté mais dynamique et élégant, et Petrus Brockowsky, dit Brock, un vieux briscard en surpoids, proche de la retraite. Tout le long des 21 albums que compte la série, les deux coéquipiers vont donc mener des enquêtes musclées et se retrouver au volant d'engins aussi rapides que divers. Et inutile de préciser que vu leur surnom, ils n'ont pas l'habitude de faire dans le subtil et sèment la destruction sur leur passage.
La première aventure, Haute Tension, présente les personnages et donne le ton. Al et Brock vont devoir mettre hors d'état de nuire un gang opérant à bord d'une Phantom mais, surtout, ils vont devoir coopérer, ce qui est loin d'être gagné. En effet, fonctionnant sur le principe du "buddy movie", la série va énormément jouer sur les différences de caractère des deux protagonistes principaux. Brock est un dur à cuire, casse-cou, bourru, peu respectueux des procédures, alors que Russel est un playboy, "bon élève" et plus calme. Leurs rapports vont évoluer, mais ils ne s'entendent vraiment pas dans un premier temps, au point d'envisager de quitter la police pour ne plus avoir à se supporter.
Cet antagonisme va souvent être source de gags, parfois fort bien mis en scène. Dans cet album, le saut de Brock sur le train, par exemple. Ou encore Brock prenant mal le fait que son coéquipier lui apporte des fleurs, alors qu'il est hospitalisé. Il lui demandera même de les jeter à la poubelle, tout en... claquant le cul d'une infirmière. Ah, l'époque était bien différente, on pouvait représenter une scène imaginaire, même un peu osée, sans assister au défilé des pleurnicheuses de service.
Et bien entendu, outre les fusillades et poursuites, chaque aventure déborde de tôles froissées et de véhicules qui finissent à la casse. Rien que dans ce premier album, si j'ai bien compté, ce ne sont pas moins de huit voitures, quatre camions ou fourgonnettes, un bus, un train et une... cabine téléphonique [1] qui sont partiellement ou totalement détruits.
Voilà donc une bonne série franco-belge, mélangeant action bien bourrine et humour, le tout dans un contexte très "seventies". Les dessins sont efficaces et spectaculaires, les chocs et les divers dommages étant en général bien rendus. Les dialogues participent également à l'ambiance rétro, sans pour autant être surannés. La colorisation est un poil trop flashy, mais heureusement l'effet n'est pas accentué grâce au choix d'un papier mat.
Notons que la série a été rebaptisée, dans les années 80, Al et Brock afin de ne pas associer les personnages aux bandes de trous du cul qui détruisent tout dans les villes dès qu'on leur fournit un prétexte, comme un match de foot ou la neutralisation d'un criminel.
Enfin, si vous optez pour les intégrales (7 tomes, éditions Le Lombard), sachez qu'elles contiennent les habituels bonus (dessins, photos, anecdotes...). Ce n'est pas très dense, mais c'est un plus toujours appréciable, d'autant que le prix (21,50 euros le tome) situe cette intégrale parmi les plus intéressantes financièrement.
Une sorte de Shérif, fais-moi peur urbain et policier, mené par un tandem attachant.
[1] Note pour notre jeune lectorat : une cabine téléphonique est l'équivalent d'un "portable" fixe mais qui protège de la pluie et que l'on est obligé de prêter.
| + | Les points positifs | - | Les points négatifs |
|
|
Publié le
8.7.23
Par
GriZZly
Un épisode de Reckless dont le héros est absent. Original.
Et le plus ironique, c'est que ça en fait un bien meilleur Reckless !
En 1989, le fameux Ethan est donc absent ; il cherche un homme disparu à Los Angeles lors du tremblement de terre. C'est le moment que choisit une ancienne gloire du cinéma horrifique pour venir proposer un contrat à Ethan. Elle est donc naturellement reçue par Anna, la fameuse associée/colocataire/amie/on ne sait trop quoi d'Ethan.
Celle-ci va accepter le job qui ne semble pas être d'une grande complexité : il faut élucider le mystère de bruits étranges dans une villa d'Hollywood où a autrefois été perpétré un crime des plus ignobles. Evidemment, ça a toutes les allures d'une histoire de fantômes mais Anna ne croit en rien de tout ça et va rester cartésienne : il y a là des enjeux et des mystères bien humains concernant des gens bel et bien vivants... dont on espère qu'ils le resteront !
L'enquête la mènera à creuser dans l'historique de cette maison et de ses occupants, à poser des questions que certains auraient voulu ne jamais entendre et à mettre son nez là où l'on ne mettrait pas un pied botté.
Le duo Brubaker/Phillips livre ici son quatrième Reckless. La traduction en français du cinquième (Descente aux enfers, retraçant l'enquête d'Ethan à L.A.) est déjà annoncée et la série poursuit son petit bonhomme de chemin éditorial, sous les louanges quasi unanimes de la presse spécialisée. Nous avons toujours été, pour notre part, plus mitigés quant à la qualité de cette collaboration qui bénéficie selon nous d'une aura de respectabilité intimidante pour certains chroniqueurs (voir nos chroniques des tomes 1 et 2)... mais cet album, par son approche davantage féminine, son exploration, d'ailleurs, d'une féminité moins basée sur le cliché de la femme fatale et sa déambulation dans Hollywood ponctuée de clins d'œil au cinéma muet, est déjà bien plus intéressant. Sans toutefois se débarrasser pour autant de défauts endémiques rédhibitoires pour certains d'entre nous.
Si l'histoire, cette fois, a un réel intérêt et parvient à éviter de trop se rouler dans les clichés du polar comme un SDF dans du vomi de toxico, il reste le sempiternel souci du dessin de Phillips et ses Phillipseries : personnages difformes, parfois peu reconnaissables d'une case à l'autre...
Et Phillips senior (le fils est à la mise en couleurs mais nous y reviendrons) n'a même pas la possibilité de prétendre que les personnages sont perçus à travers les yeux de Barry Allen et que c'est déformé par les effets de la force véloce (on ne fera pas un article sur le thème mais c'est l'argument-massue-en-plastique choisi par Andrès Muschietti pour défendre tant bien que mal les effets spéciaux datés et mal finis de The Flash, sorti il y a peu... le type ne manque pas de souffle, il peut se mettre à l'apnée).
N'y allons pas par quatre chemins : pour un duo à la réputation si légendaire, Brubaker dépasse de peu le service minimum et Phillips livre un travail honteux et indigne des ventes que ne manquera pas de faire cet album soutenu par une cohorte de fanboys aveuglés qui feraient bien de lire autre chose, parfois, histoire de revoir leurs critères de qualité.
Reste à jeter un œil sur le travail du troisième bonhomme en la personne du fils Phillips : et... non. Non, on ne fera pas ça. Nos yeux en ont marre de ses aplats sans vie, de ses aberrations chromatique, de son recours au couleurs chaudes pour les ombres (c'est dégueulasse), de son habitude de se contenter du minimum pour remplir les traits maladroits de son paternel. Mettre ça en couleurs doit en effet être démotivant, c'est concevable... mais tu es payé pour ça, espèce de tâcheron, fais-le avec un minimum de soin (même si, restons honnêtes, certaines planches sont acceptables, comme celle ci-contre) !
Vous aurez le droit de trouver injuste cette diatribe, peu importe. Mais si sa hargne pouvait un rien compenser les panégyriques infondés dont ces trois messieurs se retrouvent systématiquement couverts à la sortie de chacune de leur collaboration, comme autant d'urophiles sous des golden showers, ce serait sans doute un pas en direction d'un meilleur équilibre. Excusez-nous d'être soucieux de la vérité et de la symétrie de notre petit taijitu personnel.
Pour résumer, si vous n'êtes en rien un esthète et qu'une enquête pas mal écrite remuant les travers du vieil Hollywood vous tente, ça peut faire le travail.
Si vous êtes un de ces malheureux collectionneurs compulsifs et que vous avez déjà les autres tomes de Reckless, faites-vous plaisir (Revendez les premiers ? Je rigole !).
Si vous êtes curieux et voulez savoir ce dont sont capables Brubaker et Philips... achetez Pulp, chez le même éditeur ! C'est autrement plus qualitatif !
Si vous êtes un de ces malheureux collectionneurs compulsifs et que vous avez déjà les autres tomes de Reckless, faites-vous plaisir (Revendez les premiers ? Je rigole !).
Si vous êtes curieux et voulez savoir ce dont sont capables Brubaker et Philips... achetez Pulp, chez le même éditeur ! C'est autrement plus qualitatif !
| + | Les points positifs | - | Les points négatifs |
|
|
Publié le
5.7.23
Par
Virgul
Hey les Matous ! Notre ami Nolt, alias Cyril Durr, sort un nouvel ouvrage percutant, avec suspense, frissons et quelques pointes d'humour au menu !
Un chasseur frappé par une révélation mystique en forêt et qui doit faire face aux conséquences d'un grave moment d'inattention. Un ado expatrié au Japon qui découvre que pour protéger ceux que l'on aime, il faut parfois leur faire du mal. Une jeune femme, victime de violences conjugales, qui croise la route de ce qui reste de l'équipage d'un avion en perdition. Un guerrier antique qui accepte par amour la destruction de son âme. Un brave Meusien, chargé de l'entretien d'un cimetière militaire allemand, pris dans un tourbillon de tragiques quiproquos. Un jeu de gamins innocents qui vire au drame. Une meute de loups devant faire face à la pire menace qui soit. Un chevalier, un elfe noir et un troll, unis contre leur volonté. Un vétéran des tranchées, se remémorant deux moments essentiels où Éole a changé sa vie. Un vieux vampire affrontant une entité terrifiante. Un astronaute devenant parano lors d'une partie de poker en apesanteur. Deux races numériques s'affrontant pour l'éternité. Un mafieux obligé de composer avec le complice maladroit d'un soir. Une fille des rues, perdue dans la violence du Dédale et sauvée par un scribe. Un officier du Troisième Reich sur les traces des Anciens Dieux.
15 récits de genre, allant du thriller terrifiant au polar humoristique, en passant par le drame historique, la science-fiction ou le steampunk. 15 pistes à suivre et explorer. 15 lieux où se perdre totalement… ou se retrouver un peu.
Notons que deux nouvelles de ce recueil ont un lien direct avec le roman L'Ombre de Doreckam : Les Remparts de Doreckam ainsi que La Chose qui fit trembler d'effroi un Vampire.
Préface par Roland Habersetzer
Illustrations de Daniel Gattone
Éditeur : 2T2N
Publication : mai 2023
Genre : recueil de nouvelles (fantastique, thriller, polar, SF...)
294 pages / 20 euros
Disponible dans toutes les librairies.
Pour frissonner sous la couette et découvrir ces récits doux-amers, tendres ou sombres, il ne vous reste plus qu'à vous procurer un exemplaire de ce recueil chez votre libraire habituel. Bonne balade sous la neige !
Quelques sites où acheter ce recueil :
Jour de Neige est une co-production




.png)
.png)
.png)








.jpg)


















