Publié le
22.9.23
Par
Nolt
L'on plonge aujourd'hui dans le passé de la plus célèbre famille de canards, avec l'intégrale Don Rosa consacrée à La grande épopée de Picsou.
Après l'intégrale Carl Barks, Glénat a publié une nouvelle série de recueils dédiée à un autre grand nom des comics Disney : Keno Don Rosa.
L'on retrouve notamment dans le premier tome la maxi-série The Life and Times of Scrooge McDuck qui, en douze chapitres, revient sur les jeunes années de Picsou.
Contrairement à ce que le commun des mortels pourrait penser, Balthazar Picsou n'est pas né dans l'aisance, en héritant d'une grande fortune. Au contraire, alors qu'il n'est qu'un enfant, il apprend que le clan McPicsou est ruiné. Son propre père peine à nourrir ses deux sœurs, et Balthazar est obligé de commencer à travailler... comme cireur de chaussures. Son premier client lui refile une pièce américaine, qui n'a évidemment pas cours en Écosse. C'est néanmoins son premier sou, celui qui sera la source d'une motivation sans faille. À 13 ans, le petit garçon, courageux et futé, s'embarque pour l'Amérique et ses promesses de richesse. Pendant des années, il va parcourir le monde, affronter des bandits, apprendre la vie à la dure, avant, enfin, de faire fortune dans le Klondike. Mais peu à peu, le jeune homme est devenu un être aigri, cynique, radin... et même sa famille se détourne de lui.
Bien avant Spider-Man ou la Justice League, Donald, Picsou et leur famille sont sans doute les premiers ambassadeurs des comics dans le monde. Quel enfant n'a en effet jamais lu une de leurs nombreuses aventures ? Celle qui nous intéresse aujourd'hui constitue un fondement de cet univers. Ce récit est d'ailleurs très différent de ceux que l'on pourra découvrir dans l'intégrale Barks, puisque plus récent (il date du début des années 90) et constitué d'une trame générale et non de courtes histoires indépendantes.
Don Rosa fait montre ici d'un grand talent mais aussi d'une incroyable passion pour l'œuvre de Barks, son maître, à qui il n'oublie jamais de rendre hommage grâce à un D.U.C.K. (Dedicated to Unca Carl from Keno) caché au milieu d'une case. Patiemment, Rosa a recueilli toutes les références au passé qui étaient disséminées dans les écrits de Barks, pour bâtir une saga aussi riche que respectueuse de la continuité (du moins, sauf cas de force majeure).
Chaque chapitre se termine sur un texte explicatif de Rosa, qui parle de ses références, ses recherches ou ses choix. L'on mesure alors, malgré l'apparente simplicité du trait, la somme de travail et de recherches que chaque épisode a nécessité.
Mais plus qu'un exploit technique, Rosa parvient ici à toucher le lecteur en donnant une profondeur inégalée à Picsou. Sa lente transformation est magistrale et, bien que de nombreux gags parsèment la saga, l'émotion est bien présente. La scène où un Picsou adulte se recueille sur la tombe de sa mère, ou encore celle montrant son départ définitif pour les États-Unis, sont des moments d'une rare intensité et d'une grande subtilité. Bien que la mélancolie soit présente, tout passe en finesse, sans effets larmoyants et même avec une rare poésie. La seule case, sans aucun texte, où l'on entraperçoit la dépouille de Fergus, dans un lit éclairé par le clair de Lune, alors que son fantôme disparaît à travers un mur du château, est une pure merveille de maîtrise et de retenue.
Bon, heureusement, l'on n'est pas tout le temps sur ce registre et l'on va assister à de nombreux évènements importants. Entre les personnages historiques qu'il croise, sa première rencontre avec les Rapetou ou son propre neveu Donald, la construction de sa tour/coffre-fort, dominant un Donaldville encore à l'état de petit village, ou l'achat de la célèbre redingote, tout ou presque ce qui constitue le personnage et sa légende est exposé et détaillé.
Le travail éditorial est à souligner, puisque, en plus des textes de Don Rosa, une page assez complète permet de donner diverses informations sur chaque chapitre, notamment les dates des différentes publications et les titres des revues, américaines ou françaises, les ayant accueillies. Pour ceux qui ne voudraient pas les chercher, la solution des D.U.C.K. est fournie, avec illustrations à la clé. Et enfin, l'arbre généalogique des Duck (cf. cette Parenthèse de Virgul pour la version française ou ce petit bonus pour la VO) est présent deux fois, dont une sous forme d'un grand poster.
La traduction est également plutôt propre, autrement dit, pour 29,50 € et près de 300 pages par tome, l'on n'a pas l'impression d'être volé.
Peut-être que les histoires de canards n'intéresseront pas tous les lecteurs, mais il semble difficile de ne pas reconnaître la qualité de celle-ci.
Une "grande" épopée qui mérite bien son nom.
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Publié le
20.9.23
Par
Nolt
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| Là, ce sont les Vengeurs des Grands Lacs. Mais ne vous inquiétez pas, c'est normal. |
Retour sur le début du run de Byrne sur Avengers West Coast.
Tout commence alors que les Vengeurs sont attaqués - ô surprise ! - par Ultron. Hawkeye et la Sorcière Rouge, bientôt rejoints par Wonder Man, Hank Pym et la Guêpe, se lancent dans la bataille avant de se rendre compte qu'il s'agit d'une diversion. En effet, un mystérieux ennemi a mis ce temps à profit pour enlever la Vision.
Wanda, qui s'inquiète pour son époux, fait tout évidemment pour le retrouver et apprend, après quelques péripéties, que les services secrets du monde entier se sont alliés pour "démonter" son mari, jugé trop dangereux et prié de ne plus fourrer son nez dans les systèmes informatiques qui ne le regardent pas.
Les Vengeurs parviennent à récupérer Vision en pièces détachées, mais une fois remonté, celui-ci ne possède plus son ancienne personnalité, à la grande déception de Wanda.
Pour tout arranger, le gouvernement des États-Unis envoie d'office un nouveau membre chez les Vengeurs. Il s'agit de U.S. Agent, une version "musclée" de Captain America, qui va être accueilli avec une certaine réserve.
Ce début de run a été réédité il y a quelques années par Panini dans un Marvel Best Of, volume qui contenait neuf épisodes (West Coast Avengers #42 à #50), tous écrits et dessinés par John Byrne. Et il est difficile de soutenir que l'on est devant un chef-d'œuvre. Entre les postures rigides et les décors simplistes voire absents, la partie graphique ne soulève déjà pas l'enthousiasme (sans parler de la colorisation criarde d'époque), or il se trouve que Byrne est pourtant bien meilleur dessinateur que scénariste !
Les intrigues sont aussi ennuyeuses que bâclées, et le côté inutilement verbeux de certains passages alourdit encore l'ensemble.
Bon, il y a tout de même quelques points positifs à retirer de l'ouvrage. Tout d'abord, soulignons la volonté, louable, de creuser les relations entre les personnages et de s'étendre (de manière certes parfois appuyée) sur leurs états d'âme. L'on n'est heureusement pas uniquement dans la baston, ce qui est une chance étant donné la nullité des phases d'action justement.
Ces épisodes permettent également d'assister aux premiers chocs psychologiques qui auront raison de l'équilibre mental de Wanda Maximoff (un fait qui donnera naissance bien des années plus tard à l'event House of M). Il faut dire que la miss, à la base, est tout de même spéciale... rappelons qu'elle est mariée à un synthézoïde basé sur le corps de la première Torche et sur les schémas mentaux de Wonder Man, un collègue à elle. Une love story qui part sur de telles bases, on sent bien que ça pue un peu quand même (certains auteurs s'en moqueront d'ailleurs par la suite, cf. la scène #1 de notre Bêtisier Marvel).
Toujours dans les points positifs (en faisant un très grand effort cette fois) : les Great Lakes Avengers (cf. cette très bonne saga de 2005, les mettant en scène). L'équipe, composée de Mr Immortal, Flatman, Big Bertha ou encore Dinah Soar, fait ici sa première apparition, plutôt remarquée. Des personnalités assez décalées, des pouvoirs parfois étranges et une petite charge contre la multiplication des franchises, voilà plutôt une bonne idée qui permet d'apporter un peu de vent frais. Malheureusement, Byrne a autant d'humour qu'Anne Roumanoff, et une fois les personnages mis en place, il ne sait visiblement pas vraiment quoi en faire.
Le bilan n'est pas glorieux et, pourtant, quelques éléments, comme la lente transformation de Tigra ou le mystère entourant les enfants de Wanda, sont plutôt bien pensés et permettent d'installer un début de tension dramatique et une intrigue sur le long terme. Trop long terme cependant pour que l'on en profite pleinement avec ce seul recueil paninien. Quand ça veut pas...
Il reste les Intégrales en VF, mais... avec Panini, peut-on encore parler de "version française" ? (cf. cet article)
Bref, des épisodes ayant leur charme mais les points forts du scénario sont bien trop peu mis en avant et développés par Byrne pour compenser la narration désuète et des scènes d'action parfois bien poussives.
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Mieux que la balle magique de Kennedy, la trajectoire de la baffe dite "en extension", par Byrne. |
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Publié le
19.9.23
Par
Nolt
Le dernier projet porté par Jonathan Cohen s'intitule Sentinelle et est disponible sur Prime.
Alors, désastre ou honnête comédie ?
François Sentinelle est un flic, parfaitement incompétent et imbu de lui-même, œuvrant sur l'île de la Réunion. Le gars a une passion également : la chanson. La chanson bien ringarde et fleur bleue. Mais lui, évidemment, se trouve irrésistible. C'est alors qu'il prépare la sortie de son nouvel album qu'une affaire touche l'une des notables de l'île. Menaces, enlèvement, magouilles politiques, Sentinelle, chargé d'une enquête qu'il est loin de considérer comme sa priorité, va devoir faire face à un complot qui le dépasse.
Heureusement, son adjoint, Morisset, bien plus efficace, va l'aider à sauver les apparences.
Niveau scénario, ça reste assez simple, tout cela étant prétexte à une suite de gags. Et... ça fonctionne plutôt bien. C'est même carrément au-dessus de la plupart des comédies françaises actuelles. Évidemment, il vaut mieux apprécier Jonathan Cohen, l'essentiel du film reposant sur lui. Il s'en sort d'ailleurs bien, même s'il reste éternellement coincé dans son personnage habituel de crétin prétentieux. Mais le film ne repose pas entièrement sur l'acteur et possède quelques atouts.
L'écriture n'est pas aussi simpliste qu'on pourrait le penser. Les gags sont notamment de diverses natures, avec aussi bien des scènes très "physiques" que des dialogues parfois savoureux. Ce n'est pas du Audiard, mais ça fait souvent mouche.
Ce long-métrage a toutefois subi des critiques parfois très sévères, et souvent hors de propos. Certains lui reprochent par exemple la chanson de Sentinelle, très "premier degré". Mais, tout comme la chanson interprétée dans La personne aux deux personnes par Chabat, il est impératif qu'elle soit crédible. Et encore, elle est même un poil trop débile, mais ça doit rester quelque chose de plausible. Nul mais plausible. Sans cela, ce n'est pas drôle. On n'est pas du tout dans un film absurde, comme certains ont pu l'affirmer. Les situations doivent être crédibles, seul le personnage principal est idiot, c'est cela qui amène le décalage.
Même chose par exemple pour la scène où le Sorcier et Florence essaient de se parler alors qu'ils sont en voiture. Ils jouent très sérieusement, et c'est justement ce sérieux qui rend la scène comique (ils ne peuvent absolument pas faire les débiles, à la Éric et Ramzy). Bref, il semble que ceux qui n'ont pas aimé cette comédie l'aient avant tout mal comprise. On a pu lire également, ici ou là, des comparaisons avec les films des frères Zucker... mais quel rapport ? Ce n'est pas du tout le même genre d'humour. Dans Y a-t-il un pilote dans l'avion, par exemple, tout est absurde. Le médecin fait n'importe quoi, les pilotes également, les hôtesses, les contrôleurs aériens, rien n'est réaliste. Dans Sentinelle, on est bien plus proche d'un film comme La Chèvre (au niveau du registre, pas forcément de la qualité) que des productions des Zucker. C'est le décalage du personnage principal (malchanceux et naïf dans La Chèvre, incompétent et stupide dans Sentinelle) qui génère les gags.
Encore une fois, si vous êtes allergique au personnage et à l'humour de Jonathan Cohen, vous allez passer un moment un peu compliqué, mais si vous êtes sensible au charisme du comédien, l'ensemble se regarde vraiment avec plaisir.
| + | Les points positifs | - | Les points négatifs |
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18.9.23
Par
Nolt
Alors que j'avais terminé le premier jet de L'ombre de Doreckam, courant 2019, j'ai proposé à Manu Bonnet, un ami qui est bassiste, compositeur, coloriste et à l'époque leader du groupe Logical Tears, de s'embarquer avec moi sur un projet musical assez atypique : la bande originale de mon nouveau roman.
Je lui ai filé le manuscrit (dans une version 0 très embryonnaire), il l'a lu et il a accepté. Nous avons donc commencé à travailler sur le projet, lui au niveau des compos, moi au niveau de certains textes. Malheureusement, alors que nous avions déjà des morceaux franchement cool (mais non mixés), le groupe a splitté. En langage courant, il s'est séparé. Pour avoir les détails du comment et du pourquoi, je vous invite à lire le prochain livre de Manu, un énorme ouvrage, émouvant et drôle, revenant sur tout son parcours musical (on vous en reparlera en temps et en heure).
Le projet de Bande Originale est donc tombé à l'eau, mais il en reste tout de même quelque chose. D'une part, des morceaux alternatifs et remaniés, qui sortiront sur un album produit entièrement par Manu (là encore, on vous tiendra au courant de cette sortie). D'autre part, quelques textes que j'ai écrits, et qui vous rappelleront certainement quelque chose si vous avez lu L'Ombre de Doreckam.
J'ai décidé de publier ici ces textes, pour prolonger l'histoire et cheminer, un peu encore, aux côtés de Vik, Nolan, Mel, Inès et tous ces personnages qui m'ont hanté si longtemps.
Sans la musique, sans l'interprétation, évidemment, tout cela reste aride et terne. Mais ça a le mérite d'exister.
À voir également si vous avez lu le roman :
À voir également si vous avez lu le roman :
Les Eaux Mortes
Le lent baiser des horloges est cruel…
Nos pages ont jauni, se sont écornées.
Hier encore nous étions éternels,
Pourtant la vie n’a duré qu’un été.
L’eau a coulé le long de notre enfance,
Les rats ont fini par quitter Doreckam.
Les pâles regards qui naguère faisaient sens,
Peinent à raviver l’onirique flamme…
L’esprit et ses eaux mortes
Cachent bien trop de tabous
Le Temps et ses cohortes
Ont eu raison de nous
Les minutes et leurs faux
Bâtissent des nécropoles
Les secrets des Échaux
Perdus dans les rigoles
Quelles sont ces plaintes s’élevant des remparts ?
Cris mélodieux gorgés d’une encre bleue…
Le soleil s’effondre, il est déjà tard,
Au loin l’horizon prend subitement feu.
L’esprit et ses eaux mortes
Cachent bien trop de tabous
Le Temps et ses cohortes
Ont eu raison de nous
C’est une lente guerre
Qui se déroule dans l’ombre
Les secrets des Archères
Personne ne s’en encombre
L’esprit et ses eaux mortes
Cachent bien trop de tabous
Le Temps et ses cohortes
Ont eu raison de nous
Mécanique
Un crépuscule martial
Anoblit même la rouille
Les mains sont glaciales
Les images se brouillent
Munitions bricolées
Pour enfin en découdre
Le vacarme du passé
Fera parler la poudre
Je suis devenu mécanique
Au son du brouhaha
Le passé dans les veines
Souvenirs teinte sépia
Du whisky sur nos peines
Quand fondent les soldats
Je suis devenu mécanique
Au sein du magma
Une féline escorte
Accompagne mon assaut
Seul le devoir me porte
Je n’ai rien d’un héros
Je suis devenu mécanique
Au son du brouhaha
Je suis devenu mécanique
Au sein du magma…
Le Temps vaincra
Au pied des murs d’école, on nous voyait à peine.
Après les heures de colle, venait la liberté.
Avec nos cœurs d’enfant, on se sentait en veine,
L’éternel poids du temps semblait nous oublier.
Que reste-t-il ce jour, des élans de nos cœurs
Mangés par les vautours d’un avenir avide ?
Où restent enfin nos liesses, jeunes amours, nobles ardeurs,
Détruites d’une seule caresse par le pire des acides ?
Les muettes horloges font s’effondrer les murs,
Rien jamais ne déroge à cette loi inique.
Le Temps vaincra je crois, peu importe nos armures,
Tout s’écroule, des vieux bois aux empires galactiques.
On cherche dans le papier, une trace nostalgique,
Dans l’encre délavée, quelques fragments d’hier.
Au sein de la fiction, un passé chimérique,
Une forme d’abolition d’un présent délétère.
Mais le Temps est bourreau, son appétit funeste,
Il n’épargne ni salauds ni héros admirables.
Quand la Trotteuse approche, tout s’enfuit rien ne reste,
Nos belles vies s’effilochent, redeviennent négligeables.
Ouate Sombre
Ouate sombre
Plus de flash, de souvenirs
Dans une flaque de vide s’assoupir
Oublier le torrent du passé
Mettre sur toutes ces années
Un peu de…
Ouate sombre
Ouate sombre
Plus de bouches qui articulent
Ou de silhouettes qui déambulent
Tout s’arrête, tout se fige
Sur les coups et les vertiges
Un peu de…
Ouate sombre
Ouate sombre
Ni Cupidon ni Jupiter
Pas de paradis, plus d’enfer
S’extraire enfin des barbares
Recouvrir même la mémoire
D’un peu de…
Ouate sombre
Ouate sombre
Effacer le citron et le miel
Délaver jusqu’aux arcs-en-ciel
Se complaire dans un doux néant
N’être ni petit ni géant
Juste un peu de…
Ouate sombre
Une Ombre en nous
Ce soir le danger plane
Nos cœurs ne sont plus sûrs,
Renferment un mal obscur ;
Un peu de Klaalntehtlann…
Nolan ou Bartosz
Êtres en devenir
Le meilleur ou le pire
Choisis si tu l’oses
Des sommets aux égouts
Du panthéon au caniveau ;
Des scélérats, des héros
Un peu étrangers, un peu nous
Cette nuit les remparts pleurent,
Une chute tragique et involontaire.
Dans l’Olsberg et son enfer,
C’est l’innocence qui meurt.
Dans le regard de Mel
Le futur, des promesses,
La beauté et la liesse
Chemineras-tu avec elle ?
Demain, beaucoup seront tombés,
Nous délaisserons même leurs tombeaux.
Érodés par les trotteuses et du ciel les eaux,
Les plus grands sacrifices se feront oublier.
Ce soir le danger plane
Nos cœurs ne sont plus sûrs,
Renferment un mal obscur ;
Un peu de Klaalntehtlann…
Des sommets aux égouts
Du panthéon au caniveau ;
Des scélérats, des héros
Un peu étrangers, un peu nous
Ce soir le danger plane
Nos cœurs ne sont plus sûrs,
Renferment un mal obscur ;
Un peu de Klaalntehtlann…
À l’abri (Le rêve d'Inès)
Baisers anciens, goût années 80
Jeux de gamins, demain est encore loin
Entourée de tes bras, tiens-moi à l’abri
Pour juste une minute ou toute une vie
Deviens forteresse… mon rempart
Protège-moi du vent qui souffle tard
Rivages adultes, goût de l’occulte
Étrange culte, dérive vers le tumulte
À mon tour, je serai bouclier
Un mur contre les dangers
L’amour bien souvent sert à ça
Éviter les bleus, éloigner les scélérats
Parchemins et ridules, goût crépuscule
Nous sommes molécules, les horloges sans scrupules
Protège-moi du temps et du chaos
Éloigne les juges, les bandits, les fléaux
Rien que nous et l’infini des cieux
Enveloppée de ton aura, je tuerai les adieux
Entourée de tes bras, tiens-moi à l’abri
Pour juste une minute ou toute une vie
Deviens forteresse… mon rempart
Protège-moi du vent qui souffle tard
Tords la réalité, sois mon Homme
Dis-moi doucement que nous sommes
À l’abri…
À l’abri…
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| Crédit photo : Tiffany Durr |
Publié le
16.9.23
Par
Nolt
On se penche aujourd'hui sur une excellente série Netflix : Tapie.
Bien souvent, l'on a tendance à uniquement s'intéresser aux biopics des personnages que l'on apprécie. C'est un tort car non seulement une vie suffisamment riche et mouvementée peut aussi être en résonnance avec une certaine époque et, surtout, une série, même basée sur des faits réels, reste en grande part une fiction, c'est donc de sa qualité d'écriture que va dépendre son intérêt. Et là, niveau qualité, c'est un sans-faute.
Bien évidemment, pour ce qui est du parcours professionnel, médiatique et politique de Bernard Tapie, Tristan Séguéla et Olivier Demangel, à l'origine du projet, se basent sur les grandes étapes du mec "qui marche à la Wonder". Mais pour ce qui est de sa vie privée, celle-ci est en grande partie romancée.
Le casting est très bon, avec en tête bien sûr un Laurent Lafitte magistral. L'acteur parvient à incarner l'ancien ministre de Mitterrand à la perfection. Démarche, mimiques, phrasé, c'est assez impressionnant. Joséphine Japy, qui incarne sa compagne, apporte une touche de charme et d'élégance intemporelle.
La mini-série, en 7 épisodes d'une cinquantaine de minutes, est parfaitement rythmée et sans aucun temps mort. Tout s'enchaîne parfaitement, avec moments de tension, humour subtil mais présent, et dialogues parfois épiques.
Tout commence alors que Bernard Tapy (avec un "y") s'essaie à la chanson. Cela donnera lieu à un leitmotiv à base de Polnareff qui durera jusqu'à la fin et son émouvant générique. Brillant.
Rapidement, Tapie se lance dans le dur monde des affaires. Qui le mènera dans celui, encore plus glauque et cynique, de la politique. Adidas, l'OM, les affaires, la prison... la série brosse un portrait assez honnête de Bernard Tapie, sans verser dans la critique acerbe mais sans l'encenser non plus. Bien évidemment, le personnage principal va forcément générer de la sympathie (ne serait-ce que parce que l'on perçoit parfaitement ses souffrances), mais l'ensemble reste mesuré.
L'on passe ainsi des années 70 et 80 à la décennie 90 et l'incarcération de Tapie. Les différentes époques sont fort bien retranscrites à l'écran, avec parfois l'utilisation habile d'images d'archive. Le sujet est en soi passionnant, le type parti de rien qui devient millionnaire, star de la télé, puis ministre et député, ou patron d'un des plus grands clubs de football de France, on pourrait croire que c'est là de la pure invention si l'on ne l'avait pas vécu.
Futé, parfois vicieux mais très humain, à la fois implacable et peut-être trop naïf pour la racaille politicienne et le nid à vipères de la mitterrandie, le Tapie incarné par Lafitte s'avère être un héros tragique et vibrant, que l'on a presque envie d'admirer. Tout est dans le "presque".
Probablement la meilleure série française depuis (dans un tout autre genre évidemment) Cœurs Noirs.
Si vous n'avez pas connu cette époque, cette série vous en offrira un aperçu assez fascinant. Et si vous l'avez connue, cette représentation ne trahira en rien vos souvenirs. Tout juste les embellira-t-elle un peu. Mais n'est-ce pas le lot de la fiction de transformer en douce mélancolie la brutalité du passé ?
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