Batman & Tortues Ninja
Publié le
10.4.17
Par
Nolt
Un crossover au menu du jour avec la mini-série Batman/Teenage Mutant Ninja Turtles.
Nous vous en avions déjà parlé en 2015

Pour mettre en scène cette rencontre assez improbable mais très attendue, l'on retrouve James Tynion IV au scénario et Freddie E. William II au dessin (je vous épargne les vannes sur les numéros des gars cette fois).
Premier point assez important, bien que la série (de six épisodes) soit publiée en Kids, elle est clairement tout public. Ce n'est donc pas spécialement enfantin, le ton et l'aspect graphique sont même assez sombres.
Le second point touche directement à la nature des crossovers inter-éditeurs. L'on sait qu'en général il s'agit d'un "coup" éditorial destiné à exciter les fans, sans toujours un véritable bon concept derrière. Il suffit de s'intéresser aux précédents (le crossover Marvel/Top Cow par exemple, ou Batman vs Predator) pour s'apercevoir que les récits ne brillent que rarement par leur qualité et alignent les figures imposées attendues par le plus grand nombre. C'est clairement aussi le cas ici, même si le scénario pondu par Tynion possède tout de même quelques points positifs.
Le pitch est assez banal : Batman, en enquêtant sur des vols survenus dans des laboratoires, tombe sur un gang de ninja qui s'avèrent eux-mêmes poursuivis par les fameuses Tortues (Raphael, Michelangelo, Leonardo

L'on parlait de figures imposées et Tynion les aligne toutes : origines, première rencontre orageuse, ennemis mythiques de Batman (Joker, Pingouin...), batcave, combats en quantité, pizzas et passage dans les égouts, tout y est.
L'histoire est extrêmement convenue et prévisible mais il faut bien reconnaître que ça reste propre et efficace. L'on a droit à quelques vannes, à une petite tension mélodramatique et à une idée plutôt bien trouvée qui confronte les ennemis traditionnels de Batman au virus mutagène, transformant toute la compagnie en ménagerie anthropomorphe assez comique (Mr Freeze en ours polaire par exemple ou Bane en éléphant). Malheureusement, les meilleures scènes sont à peine ébauchées (le coup de colère de Raphael, le début de régression de Leonardo) et l'auteur ne parvient pas à donner à Shredder l'aura de dangerosité qu'il est censé avoir.
Si ces petits défauts narratifs font que l'on reste un peu sur sa faim, l'aspect graphique relève

Au final, rien de transcendant, une intrigue minimaliste et téléphonée, mais également des moments savoureux et un aspect graphique agréable.
L'ouvrage est complété par les fiches des personnages principaux, toujours utiles pour les néophytes, et une belle galerie de covers alternatives (avec des auteurs et des styles très différents, par exemple cette magnifique version de Dell'Otto).
Pour les amateurs de rencontres arrangées.
+ | Les points positifs | - | Les points négatifs |
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