Batman - Year Two
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Après le Batman - Year One, de Miller et Mazzucchelli, c'est très logiquement à sa suite, Batman - Year Two, que nous nous intéressons maintenant. 

C'est en 1987 qu'est publié ce récit, dans les Detective Comics #575 à #578. L'équipe créative est alors constituée de Mike W. Barr au scénario et d'Alan Davis au dessin pour le premier épisode. Suite à une petite brouille éditoriale concernant la représentation d'une arme à feu, ce dernier va démissionner et être remplacé dans la foulée par Todd McFarlane qui réalise donc l'essentiel de l'aspect graphique de cette saga. Quant à la colorisation d'Adrienne Roy, elle a plutôt un bon rendu pour l'époque. 

L'idée de Barr est à la fois simple et inhabituelle pour le personnage : laisser le Dark Knight employer un flingue. Et pas n'importe lequel, mais celui qui a servi à assassiner deux de ses proches dans une ruelle bien connue. Batman va ici être confronté au Faucheur, un justicier qui, dans les années 50, faisait régner l'ordre (d'une manière très violente) dans Gotham. Pour cela, il va même être obligé de faire équipe avec Joe Chill, l'assassin de ses parents.

Signalons que ce récit est notamment intégré dans le Batman Chronicles 1987 volume 2, publié par Urban Comics.




Cette redéfinition des premiers pas du protecteur de Gotham, même si elle a été conçue en parallèle de Year One, en constitue donc la suite. Cette fois cependant, le commissaire Gordon n'a qu'un rôle très secondaire et c'est bien Batman qui demeure au centre de l'intrigue. L'ambiance est plutôt sombre, avec l'entrée en scène d'un Faucheur à l'aspect sinistre et aux méthodes expéditives.
Bruce Wayne rencontre également une jeune femme dont il va tomber amoureux (et qu'il va même demander en mariage) : Rachel Caspian. Si celle-ci se destine au départ à rentrer dans les ordres, sa rencontre avec le playboy milliardaire va la détourner très rapidement de sa vocation. Parfois, il suffit d'un rien pour changer de voie... plus sérieusement, il faut dire que Rachel a un passé violent relativement proche de celui de Bruce, sa mère ayant elle aussi été assassinée par un malfrat. Leur relation demeure toutefois assez fade, le scénariste peinant à insuffler un brin de passion au milieu d'échanges banals et convenus. 

En seulement quatre épisodes, ce récit va à l'essentiel, peut-être d'ailleurs un peu trop rapidement. Il dévoile un Batman n'ayant pas encore le code de conduite qu'on lui connaît et explique certains de ses choix. Les confrontations avec le Faucheur sont finalement assez peu spectaculaires, même si certaines scènes se révèlent plutôt sanglantes. Ceci dit, McFarlane apporte tout son talent pour magnifier les poses très esthétiques d'un Batman enveloppé dans une cape qui n'en finit pas de claquer au vent. Ça en jette, il faut l'avouer.
La thématique sur les armes à feu reste cependant trop cliché et trop peu approfondie pour faire sortir cette histoire de son aspect anecdotique.

Une saga graphiquement soignée qui peine cependant à se hisser au niveau de Year One, notamment à cause d'un manque d'émotion et de suspense. 





+ Les points positifs - Les points négatifs
  • Batman avec un flingue... voilà qui n'arrive pas souvent.
  • L'apport de McFarlane.
  • Un ennemi assez impressionnant.


  • Une histoire d'amour très terne, à laquelle on a du mal à croire.
  • Des combats manquant de tension et visuellement peu impressionnants.