Publié le
25.6.17
Par
Nolt
Zoom sur le Spider-Man Universe #1 de ce mois, contenant un arc de la série Web Warriors.
Il y a quelque temps, Spider-Verse avait permis à la Maison des Idées (recyclées) de mettre en scène un très grand nombre de Spider-Men alternatifs, sans pour autant parvenir à bâtir un récit transcendant. À part un gros catalogue de costumes, la saga ne proposait pas grand-chose.
Par contre, le concept en soi étant loin d'être mauvais (et Marvel ayant pris l'habitude de surexploiter la moindre idée), une série centrée sur ces Tisseurs venus d'univers parallèles a été mise en chantier. Ainsi naissait Web Warriors.
En gros, le scénariste, Mike Costa, reprend le schéma des Exilés, mais en utilisant des éléments de la Spider Family au lieu des mutants, la Toile universelle au lieu du Panoptichron, et Spider-Cochon en élément humoristique à la place de Morph. Le mec ne s'est pas franchement foulé.
C'est Anya Corazon (ex Araña) qui est à la tête de l'équipe. Un choix sympathique a priori, tant le personnage a du potentiel et un passé intéressant, mais que l'auteur n'exploite nullement. Cela pourrait être n'importe qui d'autre, ça ne changerait rien. Or, lorsque l'on peut intervertir les personnages sans influer sur l'histoire, ce n'est évidemment pas bon signe, puisque cela signifie tout simplement qu'ils sont transparents.
Avant de continuer la présentation des protagonistes, revenons sur ce Spider-Man Universe #1 qui annonce fièrement une "saga complète" sur sa cover, ainsi qu'un "nouveau", histoire d'allécher le chaland. Pour ce qui est du "1", c'est simplement un relaunch qui ne correspond à rien au niveau des séries Marvel. De plus, la revue ne contient pas une saga complète mais un arc (et en réalité la fin de la série, sans son début) très fortement lié aux évènements précédents, et tout cela n'est donc absolument pas "nouveau". J'ignore si cette pratique mensongère fonctionne toujours au niveau des ventes, faut croire que oui, mais c'est quand même assez irritant de voir à quel point la malhonnêteté intellectuelle est enracinée dans l'ADN même de Panini.
Donc, nouveau lecteur, si tu es tenté, pourquoi pas, mais sache que tu n'auras pas le début de ce récit dans ce numéro qui te plongera, au contraire, en plein milieu d'une action assez complexe et déjà bien entamée.
Bon, terminons le tour d'horizon de l'équipe après ce petit interlude. L'on retrouve Billy Braddock, du Captain Britain Corps, Mayday Parker, Gwen Stacy, alias Spider-Gwen, Pavitr Prabhakar, le Spidey indien, Lady Spider (issue d'un univers steampunk), Ottavia, version féminine et héroïque d'un univers où tout est inversé, ou encore le fameux Spider-Punk (la plupart de ces personnages figurent dans notre dossier sur les costumes de Spider-Man, n'hésitez pas à y jeter un œil pour avoir un peu plus d'infos et voir à quoi ils ressemblent).
Question intrigue, c'est plus que médiocre. L'équipe fait face, très rapidement, à une épidémie de Venom en Inde, avant que le véritable arc ne débute par... un multivers dont la stabilité est menacé. C'est pas comme si on avait déjà vu ce
truc au moins mille fois...Il y a tout de même quelques scènes sympathiques. Le flashback sur la jeunesse du Spider-Man Noir (comprendre celui des années 30), Toomes et son armée de Vulture Records débarquant au concert des Spider-Slayers, et deux ou trois vannes de Spider-Cochon. C'est quand même très peu pour six épisodes. Si peu que c'est clairement en réalité insuffisant.
Pourtant, c'était l'occasion pour l'auteur, en disposant de personnages secondaires sacrifiables, d'oser des choses, de sortir du carcan marvellien habituel (un peu comme le fit Vaughan dans les premiers Runaways), mais malheureusement, rien ne sort de tout cela, si ce n'est de l'action fadasse, sans enjeux ni originalité.
L'on comprend alors que la série se soit arrêtée au bout de 11 numéros. Christian Grasse [1] cependant, dans son billet de fin et avec sa clairvoyance de bovin syphilitique, "explique" que l'annulation de cette "bonne série" est due à l'absence de "créateurs vedettes" dans l'équipe. Mais non, andouille, c'est dû au fait que c'est très mauvais et ultra-chiant à lire ! Si on met un nom connu sur du crottin de cheval, ça ne devient pas une mousse au chocolat pour autant !
Si ça c'est une "bonne série", alors putain, on n'ose pas imaginer le niveau des séries "moyennes".
Il n'y a de toute façon pas de secrets, si l'on ne fait rien des personnages, que l'on ne leur insuffle pas un peu de vie, que l'on n'introduit pas de la tension, des éléments dramatiques, de
véritables relations, alors l'on se fout totalement de l'action et de ses conséquences puisque ce qui arrive touche des êtres factices, totalement désincarnés. Apparemment, ce principe pourtant basique passe largement au-dessus de Costa et de ses responsables éditoriaux.Les dessinateurs, David Baldeon et Jay Fosgitt, s'en sortent bien mieux et proposent des planches certes classiques mais agréables. Les spécificités de certains univers sont bien rendues (l'univers cartoony de Spider-Cochon par exemple, ou l'univers "Noir"), d'autres, comme la Terre-803, censée être steampunk, ou la Terre-138 du Spider-Punk, sont moins bien développés ou identifiables.
Niveau VF, à part une grosse faute de concordance des temps et une coquille, ça passe. Pour du Panini, c'est même d'une qualité stupéfiante. Par contre, niveau travail rédactionnel, c'est toujours le néant. À part les conneries de Grasse, il n'y a rien, même pas un petit topo sur chaque perso, ce qui aurait tout de même été logique pour un "premier" numéro que l'on veut absolument caser aux novices en les bernant sur le contenu. Mais non, ils ne vont pas commencer à bosser, faut pas déconner, ils ont une réputation à maintenir.
Totalement déconseillé car non seulement le scénariste fait preuve d'une indigence rare, mais ce n'est pas du tout une "saga complète" comme l'éditeur tente de le faire croire.
[1] Christian Grasse n'existe pas, c'est un pseudo générique utilisé par Panini dans tous les pays où l'éditeur publie du Marvel (d'ailleurs, le nom s'adapte au pays, du genre Cristiano Grassi en Italie). D'où ma "liberté de ton" apparente par rapport à ce fantôme.
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Publié le
23.6.17
Par
Nolt
Voilà que les excuses deviennent une mode chez les auteurs lorsque leur œuvre n’a pas eu l’heur de plaire au grand-public. Une pratique aussi inquiétante qu’absurde sur laquelle il convient de revenir. Encore et encore.
Après le pauvre Ben Ramsey,
scénariste de Dragon Ball Evolution, qui avait présenté ses excuses après avoir
été menacé de mort par des « fans » ayant le QI d’une soupe à la
tomate en train de refroidir, après les romanciers qui consultent des « experts » pour ne
pas risquer de choquer leurs fragiles lecteurs (cf. Mendeleïv vs la Police de l'Écriture), c’est au tour de Joel
Schumacher de présenter ses excuses officielles et de faire acte de repentance
pour son Batman & Robin.
Précisons tout de suite un
point capital : que le film soit bon ou pas (et en l’occurrence, il est
vrai qu’il est plutôt naze) n’a aucune importance.
D’une part un auteur
(réalisateur, romancier, scénariste, compositeur, bref, un créatif) a le droit
de se tromper, de proposer des choses à contre-courant, d’expérimenter et même
de faire des daubes alimentaires. Si l’on est en face d’un manque de travail flagrant ou
de sérieux, la presse ou les spectateurs peuvent bien entendu exercer leur
droit à la critique, c’est la règle. Mais les menaces, les insultes et le
harcèlement ne font pas partie des réactions acceptables.
D’autre part, un auteur ne
doit rien à personne. Il devrait s’excuser de quoi ? Auprès de qui ?
Si ce qu’il fait est merdique, ça ne se vendra pas, la voilà la sanction
véritable.
En prenant le risque de s’excuser,
certains tombent dans un engrenage très dangereux qui laisse à penser aux plus
cons déséquilibrés qu’ils sont en droit d’exiger quelque chose. On voit
pourtant mal sur quels critères cette exigence pourrait se baser. L’art, bien
que reposant sur des bases techniques dont on peut juger la présence et la
pertinence, est également subjectif.
Cette dictature molle de la
masse, encouragée par les comportements de meute issus du net et le sentiment d’impunité
qu’ils procurent, n’est bien évidemment en rien légitime, mais pire, elle peut
conduire à terme à une uniformisation créative, plus aucun auteur n’osant
sortir des rails attendus par peur de l’ire de la plèbe.
Imaginez un monde cinématographique
où chaque film serait calibré sur le cahier des charges Marvel actuel par
exemple. Est-ce que l’on a vraiment envie de ne voir que des longs-métrages mièvres,
prévisibles au possible, sans une once d’originalité, avec des vannes
misérables qui feraient passer les pires répliques des années 80 pour le summum
de l’écriture ?
Eh bien pour que ça n’arrive
pas, les auteurs doivent être libres. Libres aussi de faire de la merde pour
pouvoir, avec la même liberté, aller là où on ne les attend pas, innover, désarçonner,
surprendre, bref, faire leur métier de Conteurs.
Surtout, dans le cas de ce
pauvre Joel Schumacher, on se demande ce qui lui a pris. Je sais bien qu’il n’est
plus tout jeune, m’enfin, 20 ans après, ça sert à quoi de remettre ça sur le
tapis, pour s’excuser en plus ? On assume les trucs qu’on fait, enfin !
Et, à moins d’avoir soldé ses
couilles sur ebay, on ne s’excuse pas sous prétexte que des abrutis vous le
demandent ! Au contraire. Tu bouscules quelqu’un dans la rue, OK, tu t’excuses.
Tu fais un film qui ne plait pas, ben c’est ton droit. Tu n’as lésé personne, t’as
juste fait ton job.
Je suppose que dans la meute
de ceux qui ricanent le plus fort il doit y avoir des électriciens parfaits,
qui n’ont jamais salopé une installation, des boulangers parfaits, qui n’ont
jamais raté une baguette,
des conducteurs de bus parfaits, qui n'ont jamais eu aucun accrochage avec leur véhicule, et bien entendu l'immense horde des fans parfaits qui, sous prétexte d'aimer un personnage, en viennent à vouloir le confisquer, comme si leurs attentes compulsives pouvaient faire office de copyright.
des conducteurs de bus parfaits, qui n'ont jamais eu aucun accrochage avec leur véhicule, et bien entendu l'immense horde des fans parfaits qui, sous prétexte d'aimer un personnage, en viennent à vouloir le confisquer, comme si leurs attentes compulsives pouvaient faire office de copyright.
Pourquoi les réalisateurs (et
les auteurs en général) devraient-ils être tenus à un résultat quelconque ?
Lorsque vous allez voir un film, que vous vous rendez à un concert, que vous
achetez un livre, vous faites un pari. Vous vous dites, « je pense que ce
truc va me plaire ». Parfois, c’est le cas. D’autres fois, non.
Parfois, les raisons de la
colère (ou de la déception) sont évidentes et scandaleuses : le chanteur
est arrivé bourré sur scène, sans pouvoir articuler une parole intelligible, le
réal se tapait complètement du jeu des acteurs et voulait terminer au plus vite
un film de commande, Christine Angot avait encore une fois l’impression que
raconter son quotidien avec vulgarité et sans aucun respect pour la langue qu’elle
torture pouvait faire office de livre. Mais, tant pis, c’est leur droit. Il
suffit de ne plus leur faire confiance, de ne plus aller voir leurs films,
leurs concerts, de ne plus acheter leurs livres.
Aussi nul qu’il soit, un artiste
n’a pas à s’excuser de tenter de faire son job.
Revenons un instant sur la
suite des déclarations de Joel Schumacher (cf. cet article des Inrocks par
exemple). Le réalisateur se plante de belle manière en évoquant l’évolution des
films Batman. Il dit notamment que, si l’on compare les films de Nolan aux
siens, l’on peut constater l’évolution des goûts du public (faux) et qu’une
version « divertissante et familiale » comme la sienne n’est plus possible
(faux).
Schumacher se trompe en
premier lieu en croyant voir dans l’évolution des techniques narratives la
simple expression du goût du public. Ce n’est pas ça du tout. Les gens ne
veulent pas forcément du sombre et du réaliste, il n’y a qu’à voir le succès de
certaines comédies. Simplement, on ne peut plus raconter les histoires aujourd'hui
comme on le faisait dans les années 80 ou 60. Et ce n’est pas une question d’orientation
ou de style (réaliste/burlesque, sombre/léger). Toutes les approches sont encore
possibles, mais en tenant compte non de l’évolution du goût mais de l’évolution
du monde.
Si l’on prend les premiers
Spider-Man de Stan Lee, avec des origines torchées en quelques cases pour
laisser place à de l’action farfelue, objectivement, dans l’absolu, ce n’est
pas terrible. Mais, à l’époque, ça fonctionnait.
Si l’on prend des films ayant
cartonné dans les années 80, Top Gun, Die Hard, l’on voit aujourd'hui qu’ils
sont bourrés de clichés énormes, typiques de l’époque.
Toutes les œuvres ne
vieillissent pas « mal », certaines sont intemporelles parce qu’elles
n’empruntent que peu à leur présent. Alien par exemple, de Ridley Scott, est
plus moderne que Aliens, sa suite. Pourtant, James Cameron a fait un bon film
et c’est un excellent réalisateur, mais Aliens possède trop de codes « marqués »
(la testostérone des Marines, le lieutenant incompétent, le salaud prévisible,
les répliques « humoristiques » totalement improbables) pour être vu
au premier degré 30 ans après. Étant adolescent, je considérais Aliens bien
supérieur au premier opus. Aujourd’hui, je constate que c’est faux. Ce n’est
pas un mauvais film, et il ne s’inscrit même pas dans le même genre que le premier,
mais narrativement, il n’a pas les mêmes qualités.
La technique narrative n’a
rien à voir avec le genre, le fond ou l’atmosphère de ce que l’on raconte.
Enfin, si, d’une certaine manière, mais la qualité de la narration n’influe pas
sur ce que l’on a décidé de mettre en scène. On peut être vieillot en étant « sombre ».
Et l’on peut être moderne ou intemporel en étant « léger ». Par
contre, il est vrai que certaines facilités autrefois sur-employées ne passent
plus de nos jours, mais il s’agit là plus de vraisemblance que de réalisme.
C’est assez surprenant qu’un
technicien comme Schumacher ne fasse pas clairement la distinction entre tous
ces domaines. À moins que ses propos aient été un peu trop résumés, voire tronqués,
par la presse.
Bref, pour en revenir aux
excuses, c’est assez désespérant. On vit dans un monde où n’importe qui se
permet n’importe quoi sous prétexte qu’il est planqué derrière un écran. Et
jamais ces gens-là, trop heureux de jouer les caïds virtuels alors qu’ils
rasent les murs et baissent les yeux dans le réel, ne s’excusent.
Par contre, des auteurs
bradent leur dignité et oublient tout sens commun en présentant des excuses
indues, pressés par une foule dont on sait pourtant qu’elle est la mère des
tyrans.
Cette foule, il ne faut jamais
rien lui céder. Car l’on ne crée pas pour plaire, mais, comme l’a dit Malraux,
peut-être bien pour soustraire au temps quelque chose et suggérer un monde de
vérités au regard duquel toute réalité humaine n’est qu’apparence. Ah, c’est un
poil lyrique et grandiloquent, j’admets, mais c’est du Malraux, niveau intérêt
du fond et élégance de la forme, ça en jette quand même plus que du Matt Pokora bordel !
Ceux qui recueillent les
faveurs de la foule sont comme des esclaves qui auraient des millions de
maîtres.
Christian Bodin
Publié le
19.6.17
Par
Nolt
Nouvel article First Look consacré non pas à la série originelle de Michel Vaillant, mais à la seconde époque, commencée en 2012.La première série Michel Vaillant, débutée en 1959, s'est arrêtée en 2007 en affichant pas moins de 70 albums au compteur (sans compter les hors-séries et spin-offs). Jean Graton, créateur du titre et des célèbres Vaillante, a inscrit ses personnages et cet univers automobile, très réaliste, au panthéon des légendes de la BD. C'est son fils, Philippe Graton, qui donne une nouvelle impulsion à la série il y a cinq ans, en faisant appel au scénariste belge Denis Lapière et aux dessinateurs français Marc Bourgne et Benjamin Bénéteau.
Alors que le sixième tome de cette seconde saison (intitulé Rébellion) vient de sortir en début de mois, nous vous proposons de découvrir les particularités de cette évolution pour le moins réussie.
Au Nom du Fils est un album donnant clairement le ton en s'inscrivant dans la grande saga familiale des Vaillant et non dans le seul sport automobile. Bien sûr, cet aspect a toujours été plus ou moins présent, mais il est ici central.
L'on commence d'ailleurs par une réunion de famille qui permet de faire le point sur la situation. Les Vaillante ne sont plus en F1, la marque a subi la crise économique et doit s'adapter aux évolutions de la société, notamment en allant lorgner du côté des moteurs électriques, une hérésie pour Henri, le patriarche.
En attendant son retour sur le devant de la scène F1, Michel participe au championnat des voitures de tourisme grâce à un nouveau sponsor. Mais le pilote n'a pas vraiment la tête à la compétition, obnubilé qu'il est par les problèmes de son fils...
L'aspect course pure, bien que présent, est ici réduit au strict minimum. Le lecteur rêvant d'affrontements dantesques, du genre L'honneur du Samouraï ou Steve Warson contre Michel Vaillant, en sera pour ses frais. De plus, il ne s'agit pas d'une aventure isolée, avec un début et une fin, mais bien de la mise en place d'une longue intrigue
(dont les répercussions, énormes, se font encore sentir dans le dernier tome en date).Le ton est résolument plus sombre (il deviendra même dramatique par la suite), le réalisme, qui a toujours été la marque de fabrique de la série, est encore accentué par divers aspects économiques et techniques, et trois générations de Vaillant cohabitent maintenant : Henri et son caractère bien trempé, les deux frères, Michel et Jean-Pierre, et leurs fils, dont Patrick, maintenant adolescent et tenant un rôle important dans ce tome.
L'écriture est fluide et efficace, les dessins de très bonne facture, et le nouveau "méchant", Ethan Dasz, est un digne successeur du célèbre Leader. Dans les rares réserves, l'on peut noter les courses, très esthétiques mais manquant de suspense au regard de ce que l'on a pu connaître (même si clairement le but de cette seconde saison est différent à ce niveau) mais aussi l'absence de notes de bas de page concernant certaines termes techniques (je suis loin d'être persuadé qu'un non-amateur de courses automobiles sache ce qu'est le WTCC par exemple).
Mais on ne va pas ergoter non plus, cette nouvelle saison est passionnante et a su négocier un virage serré et crucial.
Très conseillé. Et pas seulement aux lecteurs intéressés par les bagnoles.
Les autres BD de la rubrique First Look :
| + | Les points positifs | - | Les points négatifs |
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Publié le
19.6.17
Par
Nolt
Le premier tome de la série Fire Punch sort dans deux jours, voilà qui nous donne l'occasion de vous faire découvrir cet univers (très violent !) un peu en avance.Le manga de Tatsuki Fujimoto a été à la base publié sur internet, sur la version numérique du magazine Jump. C'est maintenant la version papier qui débarque en France, le 21 juin, chez Kazé. Deux avertissements figurent sur les premières pages de ce premier opus. Le premier indique qu'il s'agit d'une fiction n'ayant aucun rapport avec des personnages ayant existé, ce dont on se serait douté vu le récit. Le second précise qu'il s'agit d'une histoire réservée aux personnes âgées de plus de 16 ans et que le contenu peut heurter la sensibilité de certains lecteurs. Ce qui est assez vrai puisque l'auteur ne fait pas vraiment dans la dentelle.
Fire Punch se déroule dans un monde post-apocalyptique où règnent froid et famine. Nous suivons deux adolescents, Agni et sa sœur Luna, qui tentent de maintenir en vie la population de leur petit village. En effet, Agni fait partie des élus, des humains ayant développé des pouvoirs exceptionnels. Comme il peut se régénérer, sa sœur lui coupe régulièrement le bras d'un bon coup de hache afin de... nourrir les villageois.
Comme vous le voyez, ça commence fort.
Quand des hommes armés, au service du roi de Behemdorg, débarquent dans le village pour le piller, Agni s'interpose. Mais la situation dégénère rapidement lorsque
les troupes du roi découvrent des traces de cannibalisme.Le village est alors rasé par un élu générant des flammes ayant la particularité de consumer leur cible jusqu'à ce que mort s'ensuive. Agni, en plus d'assister à la mort des siens, est ainsi condamné, à cause de son propre pouvoir, à brûler pour l'éternité...
Ce premier tome installe les personnages, plante le décor et familiarise le lecteur avec ces fameux élus, aux pouvoirs particuliers (un autre peut par exemple produire de l'acier à partir de rien). L'on apprend notamment que cet hiver perpétuel est dû à une élue appelée la Sorcière de Glace.
Les scènes sont parfois très dures, que ce soit au niveau des images (corps calcinés) ou de l'aspect psychologique (un enfant forcé à boire de l'urine). Les thématiques sont toutes très borderline, outre le cannibalisme déjà évoqué, il est également question d'inceste. Tout cela génère une atmosphère lourde et éprouvante qui destine forcément la série à un public adulte.
Graphiquement, le style de Fujimoto fait des merveilles. Les visages sont expressifs, les scènes très lisibles, les décors minimalistes mais plutôt réussis. Le tout dégage une réelle émotion et ne verse pas dans le voyeurisme malgré les sujets pour le moins scabreux.
Un titre fort, bien réalisé, mélangeant survie, vengeance et fantastique.
| + | Les points positifs | - | Les points négatifs |
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Publié le
17.6.17
Par
Virgul
Les sélections UMAC dans l'actu de la pop culture
-- INCULTE --
Le roman d'Alan Moore, Jérusalem, sortira en France cet été (le 30 août), aux éditions Inculte. Il s'agit d'un énorme pavé, à l'ambition affichée et au style disons... ben c'est du Moore quoi. Donc c'est documenté, plein de références, soutenu, dense, à la limite de l'indigeste et de la prétention, avec des phrases à rallonge (comme Proust, Moore est avare de ponctuation et pense sans doute que chaque phrase doit être une prouesse technique le mettant en valeur). Faut aimer.
Par contre, le traducteur français qui s'est attaché à cette tâche dantesque, Claro, tient une sorte de journal de bord en ligne passionnant, où l'on peut découvrir l'œuvre mais aussi le soin apporté à cette adaptation, les recherches qu'elle a nécessité, les termes à double-sens. Bref, une véritable aventure en soi, qui rend compte de toute la difficulté et de la minutie d'une traduction digne de ce nom.
#gouroubarbu
Par contre, le traducteur français qui s'est attaché à cette tâche dantesque, Claro, tient une sorte de journal de bord en ligne passionnant, où l'on peut découvrir l'œuvre mais aussi le soin apporté à cette adaptation, les recherches qu'elle a nécessité, les termes à double-sens. Bref, une véritable aventure en soi, qui rend compte de toute la difficulté et de la minutie d'une traduction digne de ce nom.
#gouroubarbu
-- PUTACLICK --
Un an déjà nous sépare de la sortie de Youtubers Life. On profite de cet anniversaire pour revenir sur cette simulation qui permet de suivre les traces d'Antoine Daniel, Norman ou EnjoyPhoenix. Le jeu consiste, évidemment, à faire des vidéos qui engrangeront visites, likes et pognon. Quelques choix basiques pour définir les caractéristiques de votre personnage et vous pourrez lancer votre chaîne virtuelle !
Les vidéos peuvent être agrémentées d'effets visuels, vous pouvez décider de faire des commentaires en chantant, etc. Le matériel dont vous disposez pourra aussi être peu à peu upgradé (micro, caméra, PC...). A priori, le thème a l'air spécial, mais l'idée, bien dans l'air du temps, est plutôt futée (le jeu a d'ailleurs très bien marché) et l'aspect gestion est assez complet (votre personnage doit aussi bosser, manger, dormir, au risque de finir ruiné ou d'apparaitre avec une gueule de déterré sur le net).
Répétitif tout de même, mais si vous aimez les Sims et Squeezie, ça peut le faire.
Dispo sur Steam.
#télé2.0
-- AUTOMATES --
Le premier tome de Syberia, adaptation BD du jeu éponyme, est sorti au mois de mai aux éditions Le Lombard. Kate Walker, une jeune avocate new-yorkaise, débarque à Valadilène, petite bourgade des alpes françaises, pour négocier le rachat d'une fabrique d'automates pour le compte d'un fabriquant de jouets. Coup dur cependant, un notaire, sur place, lui apprend qu'il existe un héritier encore en vie pouvant être considéré comme légalement propriétaire des usines Voralberg. La voilà maintenant obligée de courir après cet héritier fantôme, ce qui va l'amener à plonger dans l'Europe de l'Est et ses mystères.
Le scénario est l'œuvre de Hugo Sokal (fils de Benoit Sokal, créateur du jeu). Les superbes planches sont réalisées par Johann Blais, qui parvient à allier mystère, poésie et esthétique. La série en BD se veut être un complément du jeu mais le récit est accessible même si l'on n'a jamais joué à celui-ci.
#poupéesanglante
-- NOUVEAU LOOK --
Le site des éditions Nestiveqnen vient de faire peau neuve et s'avère maintenant aussi pratique qu'esthétique. Rappelons que l'éditeur est spécialisé dans les littératures de l'Imaginaire (fantasy, fantastique, science-fiction), et qu'il propose des versions numériques de ses romans à des prix vraiment attractifs (on vous conseille Le Sang des Héros, complètement au hasard). ;o)
Nestiveqnen a reçu une nouvelle récompense récemment, avec le Grand Prix de l'Imaginaire 2017, attribué à Paul Martin Gal pour le recueil de nouvelles La Cité des Lamentations.
Et dans les futurs projets de l'éditeur, signalons un ouvrage dédié à l'univers sombre et angoissant de Lovecraft (auquel Nolt participera). Nous ne manquerons pas d'ailleurs de vous en reparler le moment venu.
Page facebook de Nestiveqnen.
#coupdepinceau
Nestiveqnen a reçu une nouvelle récompense récemment, avec le Grand Prix de l'Imaginaire 2017, attribué à Paul Martin Gal pour le recueil de nouvelles La Cité des Lamentations.
Et dans les futurs projets de l'éditeur, signalons un ouvrage dédié à l'univers sombre et angoissant de Lovecraft (auquel Nolt participera). Nous ne manquerons pas d'ailleurs de vous en reparler le moment venu.
Page facebook de Nestiveqnen.
#coupdepinceau
-- AMNÉSIE PARTIELLE --
Nous évoquions le premier tome de la série culte XIII il y a peu, nous abordons cette fois le spin-off XIII Mystery dont le onzième opus vient de sortir. Chaque volume revient sur un personnage secondaire, avec des résultats mitigés.
Dernièrement, ce n'était pas la folie (Martha Shoebridge, Felicity Brown, Calvin Wax) mais ce tome spécial Jonathan Fly rehausse le niveau (et l'intérêt) grâce à ses dessins, signés TaDuc, très proches de ceux de William Vance, de quoi se replonger avec délice dans l'univers de XIII. Le scénario, quant à lui, lève un peu le voile sur le père de ce bon vieux XIII. Dans les faits, on n'apprend pas grand-chose de plus que ce qui était suggéré dans la série mère, mais ça fait clairement plaisir de voir s'animer (dans notre esprit) un pan du passé à travers un prisme inédit.
Les fans seront ravis.
#mieuxqueJasonBourne
Wonder Woman de Patty Jenkins est une belle réussite malgré ses nombreux défauts : première partie ratée, effets visuels pas forcément habiles, personnages secondaires à peine esquissés, ennemis peu développés, etc. Pourtant la magie opère grâce au couple que forment Gal Gadot et Chris Pine. L'actrice israélienne est époustouflante de justesse, candeur et "badass-attitude", et le film repose en majeure partie sur ses épaules.
Quatrième volet du DCEU (l'univers partagé de DC Comics au cinéma), Wonder Woman est un succès critique, public et commercial à peine une semaine après sa sortie. Le long-métrage se rapproche de la formule gagnante assez convenue du concurrent mais est plus séduisant, malgré un côté finalement peu féministe, dommage. Une suite a déjà été confirmée et on retrouvera l'amazone dans Justice League au cinéma le 15 novembre prochain.
-- GUERRIÈRE AMAZONE --
Wonder Woman de Patty Jenkins est une belle réussite malgré ses nombreux défauts : première partie ratée, effets visuels pas forcément habiles, personnages secondaires à peine esquissés, ennemis peu développés, etc. Pourtant la magie opère grâce au couple que forment Gal Gadot et Chris Pine. L'actrice israélienne est époustouflante de justesse, candeur et "badass-attitude", et le film repose en majeure partie sur ses épaules.
Quatrième volet du DCEU (l'univers partagé de DC Comics au cinéma), Wonder Woman est un succès critique, public et commercial à peine une semaine après sa sortie. Le long-métrage se rapproche de la formule gagnante assez convenue du concurrent mais est plus séduisant, malgré un côté finalement peu féministe, dommage. Une suite a déjà été confirmée et on retrouvera l'amazone dans Justice League au cinéma le 15 novembre prochain.
Pour une critique plus détaillée, n'hésitez pas à vous rendre sur Comics Batman, le site de Thomas.































