Publié le
24.12.18
Par
Virgul
J'ai enfilé mon costume, j'ai la hotte bien remplie, je suis paré pour faire la tournée des paniers et des gouttières !
J'en profite pour vous dire un mot sur l'évolution du site. Comme certains l'ont déjà remarqué, nous serons dorénavant un peu plus réactifs sur les news. Auparavant, la formule des Digest nous obligeait à attendre d'avoir cinq ou six sujets intéressants avant de poster, aussi le fait de passer à un format plus court, centré sur une seule info, nous permettra de rebondir sur l'actualité de manière plus efficace.
À chaque fois que cela sera possible, ces news renverront également sur des articles de fond ou des dossiers UMAC en rapport avec le sujet. Une manière d'approfondir chaque thématique pour ceux qui le souhaitent.
Pour le reste, la ligne éditoriale ne change pas : un mélange de chroniques d'anciennes œuvres et de nouveautés (deux avant-premières notamment pour ce mois de décembre, Maestros et Diesel, une troisième arrive très bientôt). Et je vous prépare une bonne grosse Parenthèse pour janvier, avec des personnages de comics très... spéciaux. Miaw !
Joyeux Noël à tous, puisse 2019 vous apporter joie, réussite et des tonnes de chouettes lectures !
Publié le
22.12.18
Par
Nolt
Retour sur deux ouvrages consacrés à l'une des périodes les plus marquantes de la série Thor.
Après la mort d'Odin, Thor accède au trône d'Asgard.
Seulement, l'ex-vengeur a perdu la partie humaine de son âme. Il n'est plus qu'un dieu, certes bon, mais froid et manquant cruellement de sagesse. Alors que la noble Asgard flotte au-dessus de New York, l'humanité constate avec inquiétude la puissance du dieu nordique, tandis que ce dernier intervient de plus en plus dans les affaires terriennes.
Bientôt, Thor va régner sur le monde entier. La population se scinde alors entre partisans du divin monarque et opposants. Thor, sûr de son bon droit, maintient ces derniers hors d'état de nuire à coups de lobotomie magique. Une nouvelle ère débute pour l'humanité.
Le règne de Thor a commencé !
Panini a publié ce long récit voici quelques années, dans deux Marvel Monster (difficilement trouvables aujourd'hui, si ce n'est d'occasion à des prix ridiculement élevés). Ceux-ci regroupaient pas moins de 23 épisodes de la série Thor (vol. 2), initialement publiés en VO en 2003 et 2004.
Les évènements se déroulent bien entendu avant le Ragnarok (conté dans le Marvel Icons hors série #1).
Le premier volume, intitulé La Légende Asgardienne, présente un Thor très interventionniste, qui a même installé Asgard à la verticale de New York. Les ingérences commencent peu à peu et entraînent une intervention violente qui aboutit à la chute d'Asgard...
Le second volume, Le Règne, se déroule alors que Thor dirige la Terre d'une main de fer depuis des années. L'on découvre la vie quotidienne sous la gouvernance asgardienne et l'on suit également les péripéties du prince Magni, jeune héritier du trône intéressé notamment par une terrienne au charme certain.
C'est un Dan Jurgens en grande forme, et très à l'aise sur le sujet, que l'on retrouve au scénario. Pour ce qui est des dessins, ils sont assurés par plusieurs artistes, dont Paco Medina, Scot Eaton, Joe Bennett ou encore Max Fiumara.
L'ensemble ne souffre nullement de cette alternance, les planches étant d'ailleurs souvent sublimes. Un soin particulier a été apporté aux décors. L'on notera, entre autres, le mont Rushmore version nordique, aussi impressionnant que magnifique, ou encore la majestueuse New Asgard.La thématique est classique mais toujours intéressante : vaut-il mieux pour l'Homme être libre et commettre ses perpétuelles exactions et erreurs ou être strictement encadré par une puissance supérieure ?
Niveau personnages, outre Sif, Hogun, Amora ou Loki en responsable de la sécurité, l'on a droit à une petite apparition de Hulk, la Chose, Wolverine ou encore Strange.
L'intrigue, elle, est suffisamment habile pour maintenir un intérêt constant. Le Thor décrit ici n'a rien d'un sombre dictateur mais sa toute puissance et son manque d'humanité en font une entité déconnectée de la réalité et perdue dans les traditions asgardiennes.
Bizarrement, le sort des super-héros est un peu trop vite scellé. Cap et ses troupes, s'opposant à la volonté de Thor, ne peuvent lutter contre un dieu et sont bien trop rapidement neutralisés. Un meilleur développement de cet affrontement aurait été appréciable, même s'il se termine sur une scène d'anthologie, brutale et surprenante.
On ne peut s'empêcher de penser qu'il y avait là presque matière à un Civil War avant l'heure.
Voilà en tout cas une saga efficace, installant un univers crédible, ce qui est déjà un exploit en soi tant le mélange entre monde moderne et "heroic fantasy" nordique s'avère complexe à doser.
Idéal en tout cas pour faire connaissance avec le Thor de la Maison des Idées.
| + | Les points positifs | - | Les points négatifs |
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Publié le
21.12.18
Par
Virgul
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| Toute cette eau, ça donne quand même envie. |
Mais... est-ce que cet Aquaman vaut vraiment le coup ?
À la rédac, les volontaires n'étaient pas très nombreux pour aller frétiller avec la poiscaille, mais finalement, Thomas s'est dévoué. Et le petit bilan qu'il nous a fait est plutôt positif.
Il faut savoir tout d'abord qu'il s'agit d'une "origin story" très classique, qui fonctionne bien. L'univers est fouillé, l'histoire plutôt intéressante, et il y a quelques scènes assez impressionnantes, notamment un plan-séquence assez dingue. Le tout servi par un excellent casting.
Néanmoins, le scénario reste convenu, avec par exemple un Black Manta très cliché. Certains éléments sont également franchement kitsch (certains effets notamment, voire quelques scènes un peu mièvres). Ceci dit, le kitsch reste un aspect du personnage totalement assumé, dans la droite ligne de ce que Geoff Johns (qui a d'ailleurs collaboré au scénario) a fait sur la version New 52 d'Aquaman (cf. cet article revenant sur le premier tome, vivement conseillé).
Bref, si vous n'êtes pas trop exigeant et que l'aspect marin ne vous rebute pas, Arthur Curry et la jolie Mera devraient vous faire passer un bon moment (2h24 tout de même).
Publié le
21.12.18
Par
Nolt
À l'occasion du reboot de l'univers DC Comics, Shazam a également eu droit à sa "renaissance".
Billy Batson est un jeune adolescent qui n'a connu jusqu'ici que familles d'accueil et foyers sociaux. Lorsqu'il est enfin adopté par les Vasquez, un gentil couple devant lequel il joue le rôle de l'enfant "modèle", il ne se fait aucune illusion.
Il a d'ailleurs bien du mal à accepter les règles de sa nouvelle famille, tout comme à se lier avec les autres enfants, pourtant sympathiques, qui la composent.
Néanmoins, les circonstances vont faire que Billy va peu à peu se rapprocher de Freddy, un autre fils adoptif des Vasquez.
Surtout, alors qu'il aboutit dans le métro après une course-poursuite mouvementée, voilà qu'il est transporté dans un étrange lieu où il acquiert des pouvoirs magiques...
Si parfois le grand ménage imposé au DC Universe n'aura pas été très inspiré (comme notamment les débuts de la Justice League), il faut admettre que les personnages secondaires (notamment Aquaman ou Catwoman) s'en sortent beaucoup mieux. C'est également le cas pour ce Shazam (anciennement Captain Marvel), écrit par Geoff Johns et dessiné par Gary Frank, le tandem déjà à l'origine du très bon Batman : Terre-Un.
Johns est d'ailleurs un spécialiste de la réactualisation des personnages, puisqu'il s'était notamment occupé de revisiter les origines de Green Lantern ou même de Superman. C'est donc dans un exercice familier qu'on le retrouve.
Le point fort de la série tient essentiellement à la manière, touchante et subtile, dont est dépeint le jeune Batson. L'on découvre un adolescent complexe, intelligent, quelque peu renfermé, qui est sensible, droit, mais peut se révéler aussi borderline.
Le moment qui suit l'acquisition des pouvoirs
est à la fois drôle et relativement réaliste. Billy, devenu adulte et presque invincible, découvre par exemple qu'il peut... acheter de la bière ! De quoi les ravir, lui et son pote Freddy.Différentes menaces ne tardent cependant pas à se manifester, de Black Adam, dont on nous explique les sombres origines, aux incarnations des sept péchés capitaux.
L'on navigue donc entre petites explications sur la magie, découverte des pouvoirs, scènes humoristiques et grosse baston.
Au niveau de l'impact visuel, l'on a ici du très bon Gary Frank. C'est joli, une réelle impression de puissance se dégage de certains protagonistes, et l'on a droit à quelques décors qui ne manquent pas de charme.
Les épisodes, qui avaient été publiés à l'origine en back-up (petite série feuilletonnante, de complément) de Justice League, ont été réunis dans un album librairie paru chez Urban Comics. Comme de nombreux titres issus du New 52, c'est très accessible. C'est le but, bien entendu, mais il arrive pourtant que certains reboots éliminent une bonne partie de l'intérêt d'un personnage sans pour autant se débarrasser de la complexité de son univers (au niveau de la concurrence, l'opération Marvel Now ne fut pas franchement une réussite, cf. entre autres All-New X-Men). Ici, non seulement l'arc est complet, mais tous les éléments nécessaires à sa compréhension sont contenus dans le récit.
Un titre agréable, qui apporte un vent de fraîcheur au personnage.
| + | Les points positifs | - | Les points négatifs |
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Publié le
18.12.18
Par
Nolt
Saviez-vous que Peter Parker avait eu une fille ? Si elle n'a pas eu d'avenir sur la Terre-616, elle a par contre tissé sa toile sur une autre ligne temporelle. Gros plan sur Spider-Girl.
May "Mayday" Parker fait ses débuts en France dans le Marvel Mega hors série #9 en janvier 2000. Les lecteurs découvrent alors la fille de Peter et Mary Jane Parker, une ado attachante qui a hérité des pouvoirs de son célèbre papa (qui, lui, a raccroché les lance-toiles suite à la perte d'une de ses jambes lors du combat final contre le Bouffon Vert).
Pour le coup, voilà une ambiance rappelant les débuts de Spider-Man à quelques détails près : pas de soucis d'argent pour May, ni de vieille tante malade (elle a tout de même écopé du prénom), ni de réputation de vieux rat de bibliothèque, bien au contraire, elle est même sportive et plutôt douée pour le basket. Une jeune fille moderne et bien dans sa peau donc, mais qui va vite découvrir ses fameux dons et la joie de se trimballer nuitamment dans du spandex moulant.
La série a droit en France a son propre titre (sobrement intitulé Spider-Girl) pendant seulement six numéros. Elle échoue ensuite logiquement dans le mensuel Spider-Man jusqu'au numéro #59 de la revue du Tisseur, Panini décidant ensuite de stopper la publication de la série au profit de Venom. Plus de la moitié de cette première "saison" est donc inédite en France.
Aux États-Unis, le titre fait une brève pause en 2006 pour repartir sous le titre Amazing Spider-Girl, avec d'ailleurs la même équipe créative aux commandes : Tom DeFalco pour le scénario et Ron Frenz aux crayons. Pas de souci pour ceux qui n'auraient pas suivi les débuts de la petite araignée, un numéro #0 retrace ses aventures sous la forme de fragments d'un journal intime. L'on peut donc rapidement se remettre à niveau et prendre connaissance des grandes lignes et des évènements marquants de la première série.
Et il y a pas mal de bonnes idées dans ces premiers épisodes. Les auteurs "recyclent" quelques personnages et équipes (Darkdevil, les Fantastic Five) mais ils inventent aussi de nouveaux vilains plutôt intéressants, comme Canis ou Funny Face (un mélange du Joker et de Two-Face ?). On retrouve aussi de vieilles connaissances du papa, comme Kaine ou le fils de Black Tarantula. Le personnage d'April Parker, un clone de Mayday, est
également très bien trouvé et connaîtra une évolution spectaculaire, passant d'ennemi à équipière très badass. Bref, un habile mélange entre nouveaux personnages et héritiers de figures connues.Évidemment, l'aspect teenager oblige à accorder une grande place aux études, histoires de cœur (May sortira notamment avec Eugene Thompson, le fils de Flash !) et sorties entre copains. Cela apporte une fraîcheur que l'on a déjà pu voir dans Emma Frost (la série consacrée aux jeunes années de la mutante), Spider-Man loves Mary Jane ou même chez les Runaways, tous ces héros ayant la particularité de conserver, de par leur jeune âge, une certaine fragilité malgré leurs pouvoirs. Et puis le côté "je sauve des vies mais je dois rentrer avant 22h00 sinon je vais me faire fracasser", ça reste indémodable.
Graphiquement, sans atteindre des sommets, la série (qui prendra ensuite le nom de Amazing Spider-Man Family puis Spectacular Spider-Girl) a un certain charme. Les scènes d'action sont plutôt bien torchées et les dialogues contiennent toujours une ou deux bonnes vannes par épisode. Bref, un travail tout à fait valable pour un personnage qui bénéficie de l'aura de son père mais qui reste un peu sur la touche dans nos contrées. Il faut dire qu'à une époque, bon nombre de lecteurs s'étaient mis en devoir de prendre leur plus belle plume (ou même parfois un vieux bic mâchonné) pour demander la suppression de la série sous peine de boycott ou d'immolation par le feu. Panini, n'écoutant que son courage, avait alors joué les girouettes en s'empressant de suivre le vent du moment.
Par la suite, dans l'univers Marvel classique, c'est Anya Corazon, anciennement Araña (cf. la Parenthèse de Virgul #17 pour en apprendre plus sur le personnage), qui reprend le rôle de Spider-Girl et fait des apparitions dans de nombreux events (notamment Spider-Verse) et séries.
Tout commence alors qu'Anya "hérite" du costume noir d'Arachne (anciennement Spider-Woman) des mains de Julia Carpenter et quitte le groupe des Young Allies dont elle faisait partie (là encore, c'est inédit en VF) pour commencer à opérer en solo. Petite précision, suite à divers déboires,
elle se retrouve un temps sans pouvoirs. En attendant de les récupérer, elle conserve tout de même des qualités physiques exceptionnelles et une technique issue d'un entraînement poussé. Elle s'occupe ainsi des petits malfrats qui sont à sa portée, voire de certains "super-vilains" de seconde zone, comme Screwball (pour faire connaissance avec ce personnage, cf. scène #62 de notre Bêtisier Marvel).Après quelques péripéties mineures et une exposition de sa vie quotidienne (peu reluisante, Anya n'ayant guère d'amis), les choses sérieuses commencent avec l'intervention d'un Red Hulk qui va causer la mort de son père...
Au scénario, l'on retrouve Paul Tobin (qui s'occupait déjà de la version "kids" des aventures de Spidey), les dessins sont l'œuvre de Clayton Henry.
Il faut se rendre à l'évidence, ces premiers épisodes sont tout simplement très bons. Les scènes en costume sont très bien fichues (il faut dire que la tenue version Carpenter en jette plus que l'originale), il y a de l'action, de l'émotion, un peu d'humour, des guests prestigieux (les FF mais surtout en fait Susan Richards), de bons dialogues, bref, tout ce qu'il faut pour ne pas s'ennuyer et vite rentrer dans l'histoire.
Certains éléments narratifs sont également assez originaux. Par exemple, à la place des petits pavés de texte habituels reflétant les pensées ou l'état d'esprit du personnage, l'auteur a opté pour des posts Twitter que la jeune fille adresse à ses fans.
Au final, le premier arc donne clairement envie de continuer à suivre Anya. Cette dernière apparaît comme une jeune fille sympathique, intéressante et permettant aux auteurs d'explorer des directions assez différentes de la version Mayday Parker.
Que ce soit May ou Anya qui endosse le rôle de Spider-Girl, voilà une héroïne qui, même si elle n'est pas spécifiquement destinée aux plus jeunes ou aux filles, pourrait bien permettre à votre petite sœur ou votre copine de s'initier aux joies du tabassage de vilains et du saut d'immeubles en pyjama moulant.
Un personnage attachant que l'on retrouve avec grand plaisir et qui s'avère bien plus fédérateur que certaines têtes d'affiche.
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