UMAC's Digest #15
Par
Les sélections UMAC dans l'actu de la pop culture





-- PARODIE/COMICS --

On commence par un peu d'auto-promo puisque la BD que j'ai eu le plaisir de réaliser avec Sergio Yolfa sort, avec un peu d'avance sur le planning prévu, le mois prochain chez Nats Editions.
L'on retrouvera, dans The Gutter, les poids lourds du mainstream super-héroïque (Spidey, Batman, Iron Man, Green Lantern, Wonder Woman, Hulk...) mais aussi des "civils" (Bone, Rick Grimes...), le tout dans une ambiance feutrée, autour de quelques verres, puisque les protagonistes ont l'habitude de se retrouver dans un bar, après le boulot, pour se détendre un peu ou se plaindre des idées saugrenues des scénaristes ! ;o)
The Gutter sera disponible en librairie, sur les sites de vente habituels (Fnac, Amazon...) ainsi qu'en version numérique. On vous en reparle à sa sortie avec plus de détails.
#encapés&whisky



-- ZIK MYTHIQUE --

Après avoir erré longtemps à la recherche de la Terre, Ulysse revient enfin, et en force !
En effet, pour les 35 ans de la série Ulysse 31, ce n'est pas un mais carrément trois CD qui sortiront cette année. Didizuka nous précise tout cela :
Tout d'abord, le projet de réorchestration mené par Parallax sortira enfin (rappelez-vous, l'on vous en avait déjà parlé longuement dans cet article).
Ensuite, un CD "anniversaire", édité par Télé80, reprendra le contenu des vinyles originaux.
Enfin, le double CD "édition ultime" reprendra l'intégralité des musiques et génériques composés par Denny Crockett, Ike Egan, Haïm Saban et Shuki Levy.
Vous pouvez suivre tout ça sur cette page facebook dédiée.
#Ulyyyyyseguidéparlapaixlavéritééééé




-- MILLER --

Urban Comics réédite en mars l'intégrale de Ronin, de Frank Miller.
Un samouraï tombé en disgrâce tente de venger son maître après avoir été transporté dans une New York futuriste et rongée par la corruption. Pas de bol, même après avoir voyagé à travers les siècles, le ronin en question tombe sur son pire ennemi, le démon Agat.
Près de 300 pages pour 28 euros.
Là encore, l'on vous reparlera de cet ouvrage en détail un peu avant sa sortie.
#Frankrules! 



-- NINTENDO --

Après un Mario Kart sur Wii U qui possédait quelques défauts et se reposait un peu sur les lauriers de l'éditeur, Nintendo nous pond un Mario Tennis Ultra Smash... bâclé. Rien que ça.
Pas de tournois ni de modes franchement intéressants, pas de coups spéciaux délirants propres aux différents personnages, un décor unique, un "maxi-champi" qui plombe plus les matchs qu'autre chose et, surtout, un manque de fun ahurissant alors que c'était pourtant le point fort de Nintendo depuis toujours !
Même à deux joueurs, l'on s'ennuie ferme lors des échanges soporifiques. Une première sur un Mario ! Et puis, que dire de cette simplicité enfantine qui rend le jeu totalement inintéressant en mode solo ? C'est bien simple, il est impossible d'envoyer la balle dans le filet ou en dehors du terrain. Un jeu orienté arcade, ok, mais là on est plus dans du orienté foutage de gueule.
#groscaca



-- BLINDÉS --

Altaya sort actuellement en kiosque une nouvelle collection de chars de combat de la seconde guerre mondiale, à l'échelle 1/43 (ils appellent ça d'ailleurs des "miniatures de grande taille", ce qui est un peu paradoxal).
Pour les amoureux de gros machins qui font boum, voilà une bonne nouvelle, bien que l'investissement soit tout de même assez important. Les premiers numéros sont toujours un peu moins chers, mais les 60 pièces de cette collection reviendront ensuite à 20 euros l'unité. En sachant qu'il faudra compter en plus les frais de port et des boites d'archivage à 9 euros, la somme est tout de même importante à l'arrivée.
Bon, il faut reconnaître qu'il y a de beaux engins, et puis, qu'est-ce qu'on ne ferait pas pour garnir nos étagères et se trouver de nouveaux nids à poussière !
#megaflingues



-- DRONE AVEC PASSAGER --

Une toute nouvelle sorte de drone a fait sensation au CES (Consumer Electronics Show) de Las Vegas. C'est une société chinoise qui a présenté l'Ehang 184, un drone totalement autonome et capable de transporter un passager.
L'engin possède huit hélices, a une vitesse de pointe de 100 km/h et, bien qu'il puisse monter bien plus haut, il est conçu pour des vols à quelques centaines de mètres d'altitude.
Compact, un peu effrayant (le passager ne peut agir sur les commandes en cas de problème, il se contente de choisir son lieu de destination), son prix est évidemment encore très élevé (entre 200 000 et 300 000 dollars).
Entre les Google Cars et les trucs volants automatiques, on pourra bientôt lire tranquillement pendant nos déplacements au lieu de pester contre le connard de devant qui n'avance pas ou vous fait une queue de poisson.
#lesfessesenl'air



-- THRILLER POUSSIF --

Knock Knock, d'Eli Roth, avec notamment Keanu Reeves, devrait sortir en DVD dans quelques mois (la version US étant déjà dispo). Le pitch : un architecte, seul pour le week-end, accueille deux nanas perdues sous la pluie qui frappent à sa porte. Problème, les filles en question vont se révéler tout d'abord très entreprenantes (en fait non, ça ce n'est pas un problème du tout) puis carrément... agressives.
Sur le papier, l'idée avait de quoi exciter la curiosité : une sorte de mélange entre Liaison Fatale et Funny Games, franchement malsain, avec des personnages féminins aussi sexy que barrés.
Et effectivement, le début est sympa. Malheureusement, le film s'englue ensuite dans l'invraisemblable, voire le guignolesque. De plus, ce pauvre architecte est tellement lent, tellement passif, tellement dominé par deux petites filles désarmées, qu'on a envie de lui mettre des baffes tout du long, histoire qu'il réagisse un peu.
Le réalisateur réussit finalement à transformer une bombe nucléaire en pétard mouillé. Faussement provoquant, prévisible, longuet et même bien crétin par moment, ce Knock Knock fait regretter d'avoir ouvert la porte dès la première demi-heure. Dommage...
#femdom

Un couteau ou une casserole... hmm... voyons, voyons, lequel de ces objets pourrait me servir à me défendre ?
Oh, je sais ! Je vais leur faire des pâtes trop cuites, ça leur apprendra !
Secret Wars : La Fin du Multivers Marvel
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C'est aujourd'hui le lancement en France de l'évènement Marvel Secret Wars. Ce ne sont pas moins de onze revues kiosque qui couvrent ce nouvel event, totalement disproportionné.
Tout de suite, le point sur la situation et les premières analyses et impressions.

Nous allons nous concentrer essentiellement sur quatre titres : Secret Wars, Secret Wars - Battleworld, Secret Wars - Ultimate End et enfin Secret Wars - Spider-Man. Mais avant tout, un petit rappel de la situation n'est peut-être pas inutile.
Tout commence il y a bien longtemps dans la série Avengers (cf. ce premier tome librairie) qui permet à Jonathan Hickman, le maître d'œuvre de Secret Wars, de développer les premiers éléments qui aboutiront à la saga qui nous intéresse actuellement. L'on découvre notamment qu'un grave danger menace l'existence même du Multivers [1] : différents univers entrent en collision les uns avec les autres.
Les Illuminati et même la Cabale tentent de trouver une solution mais rien n'y fait. Peu à peu, les nombreux univers parallèles sont détruits.

La série phare, publiée dans la revue Secret Wars, commence alors que seulement deux univers subsistent : l'univers Marvel classique (616) et l'univers Ultimate (1610).
Après leur destruction, seuls quelques survivants parviennent sur un monde étrange appelé Battleworld. Ce dernier (qui constitue maintenant la seule réalité) a été créé par Fatalis qui y règne en dieu, appuyé par son armée de Thor...
On le voit, même si l'on retrouve quelques points communs (la présence de Beyonders), ce Secret Wars moderne est bien différent sur le fond de son prédécesseur. Battleworld abrite en fait de nombreux territoires à la réalité très différente (moderne, cartoony, heroic-fantasy ou encore apocalyptique). Ces territoires (cf. la carte en fin d'article) sont dirigés par des barons, nommés par Fatalis.


L'idée de base, comme souvent, est non seulement intéressante mais franchement ambitieuse. Si le crossover historique des années 80 cherchait surtout à rassembler et faire se rencontrer le plus grand nombre de personnages possible, cette fois, ce sont carrément des univers différents (connus ou confidentiels, anciens ou récents) qui cohabitent. L'on retrouve ainsi une quarantaine de territoires, dont Fatalistadt, Spider-Island, Manhattan (accueillant les restes des univers classique et Ultimate), New Quack City, Weirdworld, l'Angleterre du roi James, Greenland ou encore le domaine d'Apocalypse.
Tout cela est vaste, très vaste, trop peut-être...

Car de toutes les remises à zéro de la numérotation des comics, celle-ci est sans doute celle qui constitue le pire "point d'entrée" possible pour de nouveaux lecteurs tellement les protagonistes sont nombreux, la trame complexe et les références multiples.
Et, pour tout arranger, la série principale est écrite par Hickman, pas vraiment un auteur réputé pour la clarté de son propos (cf. Red Wing ou Avengers justement). Et si l'on tente un regard d'ensemble, cela n'arrange en rien cette impression de foutoir immense et d'éléments disparates.


La revue Secret Wars, après un prologue censé récapituler la situation mais qui se révèle aussi confus que le reste, accueille donc les deux premiers épisodes de la saga qui sera publiée jusqu'en mai. L'on découvre Fatalis sur son trône, son conseiller, les premiers barons mais aussi le Bouclier, sorte de mur séparant les contrées civilisées des zones dangereuses, peuplées par des zombies ou les armées d'Ultron.
Les dessins d'Esad Ribic sont souvent magnifiques et apportent majesté et mystère aux lieux découverts.
De jolies planches mais un récit décousu, à la Hickman.

Passons à Secret Wars - Battleworld  qui accueille des séries annexes franchement... "exotiques" on va dire.
L'on commence par une courte introduction, dans New Quack City, avec un duo Blade/Howard the Duck complètement délirant. Plutôt sympa et récréatif mais carrément déroutant pour le nouveau venu qui ne connait pas le fameux canard.
L'on poursuit avec Weirdworld, dans une ambiance et un style graphique radicalement différents. Arkon (sorte de Conan à la sauce Marvel) tente de retrouver son royaume et combat d'étranges créatures.
La suite est tout aussi surprenante avec un récit signé Garth Ennis, qui reprend le personnage de Karl Kaufmann (que l'on avait pu voir notamment dans l'un des rares ratages de l'auteur : War is Hell), mais aussi du kung-fu et même une version toute particulière des Runaways, embrigadés dans les jeunesses Fatalis.
Rien de bien indispensable toutefois dans ces tie-ins (n'hésitez pas à consulter notre lexique si certains termes un peu techniques vous paraissent abscons).


C'est Secret Wars - Ultimate End qui va se révéler être la revue la plus intéressante de notre sélection.
D'abord parce que le duo Brian M. Bendis / Mark Bagley y fait son grand retour (cf. cet article par exemple), probablement pour signer la fin d'un univers Ultimate qui avait brillamment commencé et a perdu peu à peu son lectorat à cause d'un immense gâchis et de quelques décisions éditoriales aberrantes [2]. Bendis retrouve le ton, moderne et parsemé de pointes d'humour, des premières années d'Ultimate Spider-Man et Bagley met brillamment en scène une foultitude de personnages.
L'on passe ensuite aux Inhumains. L'action se déroule dans le Greenland ainsi qu'à New Attilan et présente des résistants confrontés aux Thor.

L'on découvre également le Squadron Sinister, avec à sa tête un Hyperion conquérant qui annexe de nombreux territoires. Marc Guggenheim, au scénario, développe ici une intrigue très bien ficelée, à base de complots politiques et d'action violente.
Enfin, Captain Marvel & the Carol Corps, une série très féminine par ses auteurs autant que par ses protagonistes, nous plonge dans la réalité d'un monde totalitaire et dangereux, où la science est vue comme une hérésie et la désobéissance un crime.
Sur les quatre séries de ce mag, quatre bonnes histoires, claires et agréables à suivre, voire passionnantes.
LA revue à ne pas rater.


Enfin, la revue consacrée au Tisseur accueille un Peter Parker toujours marié et ayant un enfant (bizarrement Annie et non Mayday). L'on y rencontre notamment un Venom impressionnant, dessiné par Adam Kubert, mais aussi un Parker étonnant, plus froid et réaliste, écrit par Dan Slott.
L'on fait ensuite un détour par l'univers 2099 et Spider Island avec des récits qui ne s'avèrent guère passionnants pour le moment.
De nombreux personnages vus (ou revus) dans Spider-Verse font également une apparition. L'on peut citer Spider-Gwen, le Venom version Flash Thompson ou encore le Spider-Man du Captain Britain Corps (cf. notre dossier sur les costumes de Spidey).
Rien de bien transcendant dans l'ensemble.

Et donc, au final, ce Secret Wars, il se présente comment ?
Eh bien, en étant très très optimiste, on peut dire que c'est mitigé. Il y a de bonnes idées, le concept des territoires/réalités est sympa, certaines séries sont franchement bien fichues et permettent de redécouvrir des personnages au potentiel réel.
Mais, tout cela est aussi une énorme usine à gaz, très difficile à suivre, menée en plus par un Hickman clairement surcoté et pas du tout adapté pour ce genre de grosse machinerie étant donné qu'il parvient déjà à rendre confus des récits bien moins complexes que celui-ci.

Surtout, malgré les déclarations toujours tonitruantes de Panini, l'on sait bien que, aussi grand soit l'évènement, il n'aboutira à rien. Grasse, dans son édito, à beau proclamer (encore une fois !) qu'il s'agit "du plus important évènement de l'ère moderne Marvel, voire de l'histoire de la maison d'édition", il est évident qu'il n'en est rien.
Depuis House of M et Civil War, les deux premiers mais aussi sans doute les deux meilleurs events de cette fameuse ère moderne, les évènements [3] se sont enchaînés à un rythme frénétique, mais à part une débauche de superlatifs, ils n'ont rien donné sur le long terme, Marvel revenant inlassablement à un statu quo aussi décevant que périlleux (cf. cette chronique). Tant que les éditeurs de comics mainstream n'auront pas réglé ce problème de surplace narratif, les planches pourront être belles, les histoires captivantes, il n'en restera rien ou presque. Car sans un minimum de prise de risque, sans un minimum d'évolution (tout à fait possible, même en conservant la "marque" et sa notoriété [4]), la magie s'évapore peu à peu des récits, que l'on sait d'avance sans impact réel.

Secret Wars n'échappera pas à la règle, peut-être parce que justement, malgré ce que l'on a l'habitude de dire, l'ère moderne Marvel n'est pas encore arrivée.

Une carte simpliste (voire ridicule), sans relief, cités ou routes, bref, sans âme, à l'image de SW.


[1] Cf. ce dossier pour en apprendre plus sur les différents univers composant le Multivers Marvel.
[2] Avec l'univers 1610, Marvel tenait pourtant son Spider-Man jeune revenu aux "fondamentaux" si chers à Quesada (cf. notre dossier One More Day). Mais au lieu d'en profiter pour permettre l'existence parallèle de deux Parker populaires et très différents, la Maison des Idées a réussi à infantiliser le Parker historique du 616 et saccager la série du Parker adolescent (avec des inepties comme Ultimatum par exemple).
[3] Cet article permet de faire la différence entre ce que nous appelons les events modernes et les crossovers traditionnels.
[4] Un éditeur a aussi des préoccupations économiques, ce qui est tout à fait normal à partir du moment où l'on ne laisse pas l'artistique de côté. Il est impossible par exemple de laisser mourir Spider-Man ou Batman, qui sont devenus de véritables icones de la pop culture, mais Peter Parker ou Bruce Wayne pourraient disparaître sans que cela nuise à ces "marques". Il y aurait alors un passage de relai (tous les 15, 20, 25 ans ? à voir...)  qui permettrait de redonner aux récits la dimension dramatique et le suspense dont ils ont été peu à peu dépouillés tout en conservant l'image iconique et bien reconnaissable du super-héros. Et pour les identités civiles les plus marquantes, rien n'empêcherait une série (de plus) consacrée à d'anciennes incarnations du personnage. Mais au lieu de cela, non seulement tous les héros et personnages secondaires sont immortels, mais même des faire-valoir, comme la tante May, sont perpétuellement ressuscités (alors qu'elle avait pourtant eu une belle fin, cf. cet Omnibus).


+ Les points positifs - Les points négatifs
  • Un Battleworld riche et diversifié.
  • Quelques très bonnes séries.
  • Un foutoir monstrueux.
  • Très difficile d'accès pour les novices.
  • Franchement onéreux pour les complétistes.
  • De nombreux titres plutôt fadasses.
  • Un event survendu de plus, dont on sait pourtant à l'avance que, contrairement à ce qui est prétendu, il ne changera pas grand-chose...
Résolution #07 : Voisinage
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— Bonjour, je viens vous voir comme je sais que vous ne faites rien…
— Heu, attendez, je ne fais pas « rien », je travaille chez moi.
— Je sais, vous êtes… saltimbanque, c’est ça ?
— Non, je ne suis pas « saltimbanque », ni diseuse de bonne aventure, mais auteur.
— Oui, enfin, vous êtes plus souvent là que votre pauvre femme en tout cas…
— Comment ça ma « pauvre » fe…
— Mes toilettes sont bouchées.
— Qu’est-ce que vous voulez que ça me fasse ?
— Non mais comme vous êtes un bonhomme, je pensais que…
— Que j’allais me transformer en plombier et mettre les mains dans votre merde ?
— Vous ne savez pas faire ?
— Évidemment que je ne sais pas faire ! Et même si je savais, j’en ai carrément pas envie.
— Qu’est-ce qu’on va faire alors ?
— Mais, il n’y a pas de « on », moi je vais retourner dorm... enfin... bosser, au propre, et vous, vous allez appeler un plombier, ça se fait vous savez.
— Pfff… artiste va !

Résolution #007 – entretenir des relations de bon voisinage : failed
Sélections UMAC : le meilleur du Vampire 5 - évolution du mythe
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Les suceurs de sang sont très connus de nos jours mais ils sont passés par bien des stades dans la fiction, ont connu des explications scientifiques parfois stupéfiantes dans notre monde et demeurent encore une source d’inspiration véritable pour un grand nombre d’artistes.

There’s a moon over Bourbon Street tonight,
I see faces as they pass beneath the pale lamplight
I’ve no choice but to follow that call
The bright lights, the people and the moon and all…

Quand, en 1985, Sting chante cette ballade ténébreuse et mélancolique, l’image du vampire a déjà changé. Il n’est plus le monstre froid et épouvantable qui doit être combattu mais devient une victime romantique d’une malédiction parfois contrôlable. Il n’est plus forcément l’ennemi mais devient le personnage central du récit, un homme damné, perdu, qui souffre lui-même avant d’être instrument de souffrance.
Pourtant, nous partions de loin…


Le Dracula de Stoker, roman épistolaire publié en 1897, pose déjà les bases dont se serviront, bien des décennies plus tard, des auteurs plus fleur bleue. Ce Dracula fondateur (bien que les vampires, ou des créatures y ressemblant, soient déjà présents bien avant lui dans les contes populaires) émerge à une époque cruciale et aussi sombre qu’excitante.
Bouh, j'ai été mordu par une chochotte !
L’on a encore peur des forêts sombres, des régions reculées, des montagnes inexplorées. Et, en parallèle, les villes connaissent déjà leurs premières dérives, avec notamment l’affaire de Jack l’éventreur, premier tueur en série, mais surtout premier tueur en série médiatique. Les journaux se repaissent des faits divers et du sang sur les trottoirs comme la première hyène venue… les vampires modernes, aux dents bleues comme l’encre, sont là.

Le Dracula stokerien reste néanmoins un monstre, une chose abjecte qui inspire répulsion et terreur. Mais le vampire est trop riche comme concept pour en rester au rôle de simple goule ou créature de la nuit.
Déjà, dans les années 60, Polanski joue avec la créature et la peur qu’elle inspire dans Le Bal des Vampires, en mélangeant frissons coquins et sourire moqueur.

C’est pourtant sans doute Anne Rice – et son succès populaire dans les années 80 – qui va donner au mythe une approche à la fois nouvelle et tendancieuse. Le vampire devient très sensuel (voire carrément efféminé) et prisonnier d’un désespoir et d’un questionnement métaphysique qui le pousse à renier sa condition et se mettre en danger (Louis, qui refuse de tuer des humains et se fait interviewer, Lestat, qui finit par écrire des chansons révélant au monde l’existence des vampires).
Le vampire, prisonnier de sa condition, devient non plus un objet de crainte mais d’apitoiement. Il n’est plus monstre mais victime et même, sous le régime ricien, victime pleurnicheuse.


A la même époque, certains tentent d’accommoder le vampire à la fois à la sauce moderne au niveau de la narration et à des époques historiques auxquelles il n’est pas habitué. C’est le cas de Kathryn Bigelow, dans Near Dark, un film d’action mélangeant codes du western et aura des dentus confédérés. C’est aussi original que réussi mais le film est un échec commercial. Le vampire comme « ennemi » basique ne marche plus. On lui a donné une âme, il se doit d’être maintenant habité, contrarié, humanisé…
Ainsi, le Dracula de Coppola, en 1992, parait aller à contre-courant en revenant aux bases gothiques et romantiques du mythe, comme si une piqûre de rappel était de temps en temps nécessaire.
Stephen King lui-même va également utiliser le mythe de manière très classique dans Salem, puis de manière plus anecdotique dans le cycle de La Tour Sombre, sans pour autant en donner une approche nouvelle.

L’on peut passer rapidement sur les Blade ou Underworld, plus films d’action que récits s’attaquant véritablement au mythe, pour en venir aux gentils vampires, véritable évolution cette fois, bien que très contestée.
Twilight et Vampire Diaries ont réussi à ringardiser la bestiole. Le pire, c’est que les films ou cette série ne sont pas si mauvais que ça, l’on peut très bien s’y laisser prendre, mais une fois une saison ou un long-métrage passé, il faut tout oublier, comme un pet honteux que l’on a balancé au moment crucial dans un diner de famille, ou constater que tout cela n’a que très peu de rapport avec le vampirisme et bien plus avec le soap opera et les séries à la Beverly Hills (Beverly Hills avec de longues canines disons). La vision ricienne atteint ici son apogée et ses limites.
Même True Blood, faussement sulfureuse, s’avère rapidement très nunuche dans son fonctionnement (et est encore bien pire dans son adaptation en comics). L’on est loin par exemple du vampire irlandais de Preacher, bénéficiant de l’approche intelligente, complexe et dérangeante d’un Garth Ennis.


Le vampire impitoyable et inquiétant, voire dégueulasse, est devenu « cool », sexy et sympa dans l’imagerie populaire. Il faut s’immiscer dans la BD pour en voir parfois une interprétation plus cradingue, effrayante ou simplement originale : American Vampire, Bite Club, Ouvert la Nuit ou encore Turf offrent des visions assez rock n’roll des créatures de la nuit. Alors que dans le même temps, l’adaptation en roman graphique de Dracula est un bide total à la fadeur aussi triste que prévisible, les scénaristes n’osant rien et, surtout, ne racontant rien.
Le cinéma, quant à lui, continue de tenter de décliner le monstre dans des situations diverses. En inversant les rôles dans Daybreakers par exemple, où le vampire devient l’espèce dominante, bien que menacée par la raréfaction de l'humain. A l’opposé, le Lesbian Vampire Killers de Claydon donne dans la parodie potache et sexy, carrément débile ou franchement culte selon les goûts (Virgul, lui, a adoré et craqué pour Myanna Buring, ce chat est un obsédé mais il a un goût certain). 
Plus récemment, le vampire devient même une sorte de super-héros dans Dracula Untold. Le terrible Vlad l’empaleur, dont les origines sont révélées, fait ici office de noble protecteur de son pays et de sa famille en combattant l’envahisseur turc. Le vampire n’effraie plus, au contraire, l’on s’en remet à lui contre les menaces extérieures !


Outre le parcours chaotique du mythe dans la fiction, il est amusant de constater que pratiquement tout ce qui fait la légende du vampire, en tout cas tout ce qu’on lui attribue, est réel et explicable.
Bien des maladies ou carences temporaires peuvent bien sûr être soulagées par des transfusions mais il existe aussi une sorte d’allergie à la lumière, la protoporphyrie érythropoïétique, qui provoque des douleurs intenses après une exposition.
Plus fou encore, l’on peut aussi expliquer l’absence de reflet dans les miroirs par un trouble mental relevant de l’hallucination négative. Dans de très rares cas, un sujet (et la puissance de l’inconscient est ici fascinante) peut ne plus distinguer sa propre image.

Mais l’essentiel ne tient pas dans les faiblesses du vampire, ses variations littéraires ou ses réactions scientifiquement explicables.
Le vampire, avant la prochaine révolution qui ébranlera faussement son territoire, reste un gentleman du crime, un tueur tout excusé, car n’obéissant qu’à des règles de survie, un type souvent instruit et fascinant, car ancien et expérimenté, un aristocrate véritable, car au-dessus de la mêlée.
Il marche parfois au grand jour et en vient à ne plus craindre les crucifix et l’ail, comme s’il évoluait, lui aussi, et cherchait à nous dire que les vieux grigris ne fonctionnent qu’un temps.
Il est partout et nulle part, s’infiltre dans nos habitudes, surfe sur nos idées reçues et pose une main glacée sur le bord du lit ces nuits où l’on sait pertinemment que quelque chose est présent dans la pièce…


Plus encore qu’un monstre, il est aussi l’éternité, celui qui tient la mort en échec et en devient maudit. Mais à l’inverse du zombie, qui se dégrade et perd intelligence et personnalité, le vampire partage encore bien des habitudes avec nous. Il peut être sans pitié ou faire preuve de mansuétude, il peut encore aimer et bien sûr haïr, il échappe à la loi des hommes mais il dépend d’eux et de leur sang. Il est un monstre mais un monstre séduisant, complexe, contradictoire, dont les pouvoirs font envie.
C’est peut-être cela qui fait sa plus grande particularité. Peu de gens souhaitent devenir un tueur en série psychopathe, une créature de Frankenstein rapiécée ou un alien gluant, mais certains sont tentés par le vampire, ce qui en dit certainement plus long sur l’Homme, et ce qu’il est prêt à endurer pour échapper à son destin de fourmi, que sur cet être maléfique légendaire.



Sélections UMAC - Le meilleur du Vampire :
                                                                                                             1 - au cinéma
                                                                                                             2 - en littérature
                                                                                                             3 - en comics
                                                                                                             4 - en manga
                                                                                                             5 - évolution du mythe (vous êtes ici)
Alix Senator
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On commence 2016 en vous souhaitant bien entendu une très bonne année et en vous présentant la série Alix Senator !

Tout le monde ou presque connaît Alix, une bande dessinée, de style "ligne claire", créée en 1948 par Jacques Martin (non, ce n'est pas le mec de la télé) et qui continue sa route actuellement avec de nouveaux auteurs à la barre (cf. UMAC's Digest #5). Ces récits mettent en scène un jeune Gaulois intrépide, adopté par un romain, qui vit de nombreuses aventures à Rome mais aussi en Gaule, en Afrique ou encore en Asie mineure.

Alors que la série mère n'est plus aussi excitante qu'à l'époque de Martin, un spin-off voit le jour en 2012, sous le titre Alix Senator.
Le personnage principal a cette fois une cinquantaine d'année, il est devenu sénateur et a un fils. Sous l'impulsion de la scénariste Valérie Mangin, cette nouvelle série va prendre une orientation un peu différente. Bien qu'il y ait toujours de l'action en son sein, l'aspect aventure est ici parfois mis de côté au profit d'une approche plus politique, où complots, enquêtes et trahisons s'entremêlent.


Le premier tome, Les Aigles de Sang, est assez exemplaire de ce point de vue, puisque tout commence avec une mort aussi brutale qu'étrange : le Grand Pontife, dernier rival d'Auguste, vient de rendre l'âme après avoir été attaqué par un aigle. Beaucoup voient dans cet assaut venu du ciel la volonté de Jupiter. Cependant, quelque temps après, c'est cette fois Agrippa qui succombe à un nouvel assaut.
Auguste charge alors Alix d'enquêter sur ce qui pourrait bien être des crimes.

Le ton est réaliste, la série bien documentée, le mélange entre personnages historiques et fictifs fonctionne très bien. L'ambiance, résolument mature, tient aussi beaucoup aux forts beaux dessins de Thierry Démarez, qui signe aussi la colorisation. Décors et personnages sont soignés, même si certains visages ont parfois tendance à se ressembler. L'artiste est également plus doué pour les scènes statiques que l'action, certains combats ou personnages en mouvement se révélant parfois étrangement figés.


Cette première intrigue, parfois un peu prévisible (difficile de ne pas trouver le coupable dès le début), se poursuit en réalité dans les tomes suivants (Le Dernier Pharaon et La Conjuration des Rapaces) et prend de la consistance, le troisième album qui marque la fin d'un premier arc narratif étant sans doute le plus abouti.
Un quatrième album, Les Démons de Sparte, est sorti récemment (cf. UMAC's Digest #13).

Pour les anciens lecteurs, qui ont connu Alix dans leur enfance, le retrouver ainsi en sénateur aux cheveux blancs devrait être un réel plaisir. L'idée de le faire évoluer ainsi, dans un cadre plus politique, est en tout cas très bonne. Les nouveaux lecteurs, passionnés par l'Antiquité et Rome, devraient, eux, trouver dans cette série un style plus moderne, notamment au niveau graphique, que celui de la collection originale.

Pas sans menus défauts mais clairement intéressant, d'autant que l'ensemble s'améliore au fil des épisodes.



+ Les points positifs - Les points négatifs
  • Alix, devenu sénateur et papa.
  • Des décors détaillés et parfois fort jolis.
  • L'aspect politique et historique.
  • Une première intrigue un peu téléphonée.
  • Des dessins manquant parfois de dynamisme ou, pour les visages, de variété.