Wolverine : Arme X
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Dans cette dernière édition française (Panini comics 2017), l'Arme X réaffirme avec classe son statut d'œuvre à part, fondatrice et incontournable du paysage des comics, avec un récit entièrement conçu et illustré (et colorisé) par un artiste impliqué qui se réapproprie totalement un personnage déjà chargé d'une aura singulière et entreprend de raconter - mais à sa manière - un épisode capital de son passé. 

Barry Windsor Smith
, qui fit les grandes heures avec John Buscema de la saga dessinée de Conan le Barbare (sous la houlette de Roy Thomas) se frotta donc en 1991 à celui qui était en passe de devenir un pilier du monde Marvel : le petit mutant griffu et vantard, quelque peu délaissé par Dave Cockrum sur les premières histoires de ces Nouveaux X-Men, brillait déjà sous les crayons d'un John Byrne totalement sous le charme, jusqu'à ce que Frank Miller n'achève de lui donner ses lettres de noblesse en dynamitant un script de Chris Claremont pour sa toute première mini-série (1982), prélude à sa propre série régulière visant à l'extirper du carcan de son groupe d'appartenance. 
Préalablement au récit de ses origines, qui mit longtemps à se concrétiser, il y avait ainsi manifestement la place pour conter l'événement qui transforma l'obscur Logan en ce Wolverine de chair et d'adamantium et monter de toutes pièces une mythologie autour du programme gouvernemental ultra-secret destiné à créer des super-soldats. Smith s'empara de l'idée qu'on lui tendait mais conserva la main sur l'ensemble du projet éditorial, en en faisant une mini-série décalée, prenant le contrepied de certains des standards de l'époque. 

C'est ainsi que naissent, parfois, les mythes. Et que se créent les œuvres intemporelles.


Vétéran de l'armée, le dit Logan traîne son mal-être entre les USA et le Canada, vivant presque reclus, tentant de noyer comme il peut son spleen : il sait que son destin l'attend, et que la révélation ne sera pas une partie de plaisir. Un destin qui se présente à l'improviste et le retrouve prisonnier dans un laboratoire expérimental, prêt à subir des tortures inimaginables visant à démontrer la pertinence d'un ambitieux programme militaire. Face à lui, un médecin radié de l'ordre, donc peu scrupuleux quant aux questions d'éthique, une secrétaire  novice et un professeur ambitieux, soucieux de prouver ses théories tout en gardant pour lui quelques-uns des mystères entourant ce patient X, notamment son étrange robustesse. Ligoté, drogué, Logan assistera impuissant à son propre martyre...

La narration, vive, ludique mais chaotique, se cale sur l'état d'esprit du héros (paumé, puis torturé, puis paumé à nouveau) et celui des quelques rares protagonistes nommés (le professeur, complètement parano, le docteur Cornelius et sa secrétaire Hines) : les dialogues s'entrecoupent, se chevauchent et les encadrés récitatifs croisent les phylactères autonomes pour renforcer encore le côté psychanalytique de l'œuvre, agissant plutôt comme une voix off sans indication de lieu ou de temps. Malgré un dispositif assez semblable à ce qu'on pouvait trouver dans The Dark Knight strikes again, on se rend compte que la volonté est davantage ici de nous priver de garde-fous, de saper nos repères de lecteurs et de nous faire partager le trauma insensé que traverse le pauvre Logan. La mini-série se vit ainsi comme une aventure sous acide, une expérience hallucinatoire où le réel, terrible et sanglant, transperce l'illusion, où les souvenirs s'effilochent et la psyché se délite. 

L'exploration de la psyché fracturée de Logan a souvent donné lieu à des tentatives similaires, audacieuses et hautes en couleur, avec des télépathes puissants qui ont fini par s'y casser les dents : Jean Grey la première, mais on retiendra aussi la période où la Main, ayant fini par mettre la... main sur leur pire ennemi, avait tenté de le maîtriser psychiquement par le biais d'une Psylocke manipulée. Des épisodes très enlevés et parfois stupéfiants (avec un Jim Lee en pleine forme aux manettes) mais qui n'avaient ni l'impact ni l'ambition graphique de ce que propose Barry Windsor Smith ici.

Le choix des couleurs, quasi psychédéliques (on a parfois l'impression de lire du Moebius période l'Incal ou même du Druillet) tranche furieusement avec le tout-venant des histoires de super-héros et confère un ton abrupt aux séquences ultra-violentes tout en achevant d'inscrire un personnage définitivement singulier au rang de nouvelle figure tutélaire de l'univers Marvel, voire de la culture pop, avec ce mutant au passé trouble, aux capacités méconnues, qui cherchait la solitude et l'oubli et qui libéra la bête en lui le jour où l'on tenta de le domestiquer de force. 


Ni sauveur, ni justicier, (le pas encore) Wolverine est ici décrit comme un gars qu'il vaut mieux ne pas trop emmerder. On ne fera guère mieux que cet album par la suite, quand bien même les possibilités intrinsèques soient gigantesques : c'est sans conteste jouissif pour un auteur ou dessinateur de comics, mais pas facile de se mettre à la hauteur du "Meilleur dans sa partie".

Un mot quand même sur cette énième édition, oversized : alors c'est grand, très grand même (vous jugerez par vous-mêmes sur la photo comparative, ci-dessous) et du coup pas très pratique à manipuler, surtout si vous avez en tête de le feuilleter au lit ; et encore moins à ranger dans une bibliothèque normale (chez moi, il a fini par trouver une place à l'horizontale en compagnie du Dracula de George Bess chez Glénat - même longueur mais largeur et épaisseur supérieures - et de L'Appel de Cthulhu de Baranger chez Bragelonne, à peine moins imposant). 

De gauche à droite : Wolverine Arme X grand format (Panini 2017) ; Wolverine Black, White & Blood (Panini 2021) ; X-Men Golgotha (Panini Deluxe 2016) ;  Savage Wolverine : Kill Island (Marvel 2013).

Évidemment, cela ravira aussi les lecteurs qui prennent de l'âge et dont la vue commence à faiblir (ne rigolez pas, on m'en a fait l'aveu !) et ajoutera un certain cachet à l'objet lui-même, cependant c'est avant tout au niveau du rendu visuel qu'il faut s'attacher, et le moins que l'on puisse dire c'est que c'est de la belle ouvrage. Le travail a été fait de telle sorte que les cases, ainsi amplifiées, confèrent davantage d'aisance dans la lecture (en aérant un peu le lettrage) tout en conservant leur côté étouffant par leur densité et leur palette de couleur. Et cette édition Panini comics 2017, imprimée en Inde (!), si elle ne contient guère de suppléments hormis une notice sur l'auteur et la reproduction des couvertures originales, propose un poster dépliable en couverture (cf. photo) sur un papier mat de bonne qualité, bizarrement plié, qu'on pourra juger totalement inutile ou rigoureusement indispensable. Reste une préface par Larry Hama commençant par "Ceci est une œuvre d'art." : on finit par admettre, en refermant le bouquin, qu'il a bien raison.

En dehors d'un ou deux contresens sans gravité et une erreur grammaticale, la traduction de Nikolavitch s'avère satisfaisante. Comme quoi Panini sait (parfois) faire du bon travail (cf. cet article)...


+ Les points positifs - Les points négatifs
  • Un récit fondateur de la mythologie de Wolverine, voire de la mythologie mutante.
  • Un projet singulier, porté par un seul artiste, qui y insuffle sa voix particulière et son style hors du commun.
  • Une histoire forte, sans concession, violente et dense mais également emplie de poésie et de symboles.
  • Une lecture presque expérimentale qui demandera un effort certain aux lecteurs profanes.
  • Un album aux dimensions hors normes qui magnifie le contenu, une édition enthousiasmante.
  • Un point de vue permanent sur Logan (dont on ne sait pas grand-chose), qui plonge le lecteur dans les affres de sa pensée chaotique.


  • Un style sans concession qui peut dérouter.
  • Un format oversized, imposant mais pas très pratique.
  • Une certaine frustration au niveau des informations, très parcellaires, sur Logan et le projet Weapon X.
Cœurs Noirs
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Alors là, 2023 commence très bien avec une énorme série française : Cœurs Noirs ! 

Cette série, très (trop) courte, de six épisodes est disponible sur Prime. L'on y suit le parcours d'une unité des forces spéciales française en Irak. Nous sommes en 2016, peu avant la bataille de Mossoul, et après avoir mis la main sur un ponte français de Daech, le groupe 45 va devoir exfiltrer la famille de ce haut responsable afin d'empêcher de futurs attentats en France.
Pitch relativement conventionnel, mais ce qui ne l'est pas, c'est la réalisation de ces épisodes.
Dès les premières minutes, la tension est installée et l'on est totalement immergé au sein de cette unité. Les interventions sont très bien filmées, les personnages habilement et rapidement installés, et le suspense va être maintenu jusqu'à la dernière minute du sixième épisode, qui se termine sur un terrible cliffhanger.

Autant le dire, c'est peut-être la série la mieux écrite depuis Cobra Kai (dans un genre très différent, évidemment). En ce qui concerne l'atmosphère générale, c'est très proche d'un The Shield pour le côté tendu et finement ciselé au niveau de l'écriture. Putain, que ça fait du bien de voir que l'on est capable, en France, de réaliser des fictions de cette qualité ! Même si vous n'êtes pas très attiré par les récits de guerre ou le cadre étouffant et poussiéreux où se déroule l'essentiel de l'action, on vous conseille de regarder au moins les 10 premières minutes, tant cette série mérite d'être vue et, surtout, de bénéficier d'une suite ! Si vous êtes normalement constitué, vous devriez être pris dans l'engrenage et vous envoyer la totalité des épisodes en deux soirées.



Ça sent le savoir-faire et l'implication à tous les niveaux : le casting est parfait (Nina Meurisse, Tewfik Jallab, Marie Dompnier, Jérémy Nadeau, Thierry Godard... et Nicolas Duvauchelle, parfait dans le rôle de Martin), la réalisation est nerveuse et immersive, les rebondissements sont bien amenés, le choix de certaines musiques est magistral, et on évite même les situations téléphonées. Un truc tout simple, il arrive plusieurs fois que l'on s'attende à une explosion, un tir ennemi, une catastrophe, juste parce que c'est tendu, que l'on sent le stress des personnages et que l'on a l'habitude, dans les fictions, qu'une période de tension intense amène une "résolution" ou une action percutante. Mais non, parfois, il ne se passe rien (ce qui ne veut pas dire que l'on s'ennuie, loin de là), simplement, le côté angoissant des missions est si bien rendu que l'on a l'impression que ça peut péter à tout moment. 

Jolie et efficace avec un flingue. La femme parfaite !
On ne va évidemment rien dévoiler sur l'intrigue, mais mention spéciale tout de même pour deux scènes que l'on appellera "Pierre Bachelet" et "Knockin' on Heaven's Door" (vous comprendrez en regardant). L'une parvient à rendre compte du profond attachement qui unit ces soldats, que l'horreur transforme en frères (et sœurs pour le coup), avec un côté jouissif et un petit moment de folie et de détente au milieu de la désolation. L'autre sublime une situation désespérée dans laquelle se trouve un personnage attachant, que l'on a appris à aimer. Dans les deux cas, ça prend aux tripes. Les personnages sont d'ailleurs très fouillés, leurs réactions sont réalistes, ce ne sont pas des machines ou des "Rambo" mais bien des êtres humains, qui doivent composer avec leurs émotions et leurs défauts. 
Et, petite cerise sur le gâteau déjà délicieux, l'on est très loin d'un traitement manichéen (les "gentils" ont des failles, les "méchants" aiment leurs enfants aussi, enfin, certains...). Et on évite en plus les leçons de morale à deux balles (bah ouais, la guerre, ce n'est pas propre par nature). 

Bref, tout cela est juste magistral, intelligent, bien foutu et immanquable !
Bravo et merci au réalisateur, Ziad Doueiri, et aux scénaristes, Sophie Maurer, Thomas Rio, Duong Dang-Thai et Corinne Garfin. 

L'une des scènes poignantes et inattendues de Cœurs Noirs. 



+ Les points positifs - Les points négatifs
  • Immersif et tendu.
  • Des personnages attachants et bien écrits.
  • L'intelligence des scénaristes, qui évitent les poncifs et autres lieux communs.
  • La musique qui vient magnifier certaines scènes.
  • Une réalisation parfaite.
  • Sab !!!!
  • RAS. Ou plutôt, si, on veut, non, on implore la suite, vite !!
Catwoman - Lonely City
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Qui mieux que Selina Kyle pour accomplir la dernière volonté de Bruce Wayne ?
Après la mort de la chauve-souris, seule la féline peut encore accomplir un de ses derniers projets.


Dix ans après la Nuit du Fou, dix ans après la mort de Batman, de Nightwing, du commissaire Gordon et même du Joker, celle qui fut Catwoman sort de prison et retrouve une Gotham métamorphosée.
Plus aucun héros masqué, plus le moindre vilain bariolé... tous ces phénomènes de foire ont été neutralisés et relégués au rang de souvenirs un rien embarrassants.
La Gotham new look est désormais une ville moderne comme tant d'autres. Plus propre, plus sûre, plus inclusive et accueillante. Sous la tutelle de son maire, Harvey "Double Face" Dent, elle a placé la sécurité en haut de ses priorités et des Batcops très zélés, renseignés en direct sur l'identité du moindre citoyen désormais fliqué à l'extrême, patrouillent en tenue de troupes d'intervention à oreilles pointues.

Selina va renouer avec quelques vieux complices et monter le coup ultime de sa carrière de monte-en-l'air, le coup qu'elle seule peut parvenir à tenter... mais n'est-ce pas précisément ce que l'on attend d'elle ?

Le déroulement du casse n'est pas révolutionnaire mais ce n'est pas là le point important de cet ouvrage. Sa force réelle vient de ce qu'il parvient à nous faire authentiquement ressentir de l'affection pour cette héroïne désormais vieillissante, de la compassion pour ses genoux abimés, de l'empathie pour elle lorsqu'elle cède à la nostalgie et à la mélancolie, de la douleur lorsqu'elle se laisse aller aux regrets.

Ce comic parvient à faire revenir quelques méchants aux profils plus ou moins ambigus ainsi que quelques vilains vraiment détestables en nous les offrant immédiatement selon le point de vue spécifique de Selina ; un point de vue qui apporte à l'ensemble un agréable sentiment de proximité avec ces protagonistes très souvent traités en antagonistes bien plus manichéens qu'ici.

Cliff Chiang
 est ici l'unique artisan du volume entier et ça se sent, c'est tout sauf "chiang". Comme l'explique l'éditeur Urban dans un article sur son site officiel, ce dernier n'a pas hésité à enfiler chacune des casquettes, réalisant par exemple un vrai scénario complet et un storyboard et pas juste un synopsis mental vite torché avant de se lancer dans le dessin. On sent l'implication du bonhomme de A à Z avec une réelle attention aux détails, une envie de placer des clins d'œil qui ne soient pas de vulgaires caméos, l'intention sincère de faire de Selina Kyle une personne crédible plutôt qu'un personnage bêtement sexy, l'ambition de jeter un regard critique et parfois sans concession sur l'utilité des super-héros et autres vigilantes. 
C'est un album qui a un message à faire passer et dont l'existence n'est pas vaine, en ce qu'il explore la possible vanité de l'existence de héros tels que Batman. C'est une remise en question désabusée, une analyse du mythe du héros. Après tout, une police bien équipée, autoritaire et bien coordonnée n'aurait-elle pas évité bien des victimes, bien des douleurs, bien des traumatismes en lieu et place de la Bat Family ? Ce n'est pas le premier comic book à douter de la pertinence des "masques", nombreux sont même ceux qui suggèrent que les super-criminels seraient en grande partie engendrés en réaction à l'existence de super-justiciers...  mais rares sont ceux qui le font après l'amer constat de leur échec. Ici, certains personnages comme Barbara Gordon sont clairement convaincus que leurs combats, leurs acrobaties et leurs nuits entières à faire autrefois du parkour sur les toits de la ville furent moins utiles qu'un engagement politique déterminé défendant des idées efficaces.


Outre le scénario ouvrant des pistes de réflexion bien plus importantes qu'il peut y paraître, Lonely City est aussi le travail d'un dessinateur. À ce sujet aussi, il est assez remarquable. Sans aucun artifice superflu, à l'aide d'une économie de traits et d'une mise en couleurs à la palette restreinte, Cliff Chiang délivre des planches dont l'atmosphère colle au récit et dont la lisibilité immédiate appuie le message avec une efficacité évidente.
Selina est une cinquantenaire aux traits de laquelle on devine les douleurs de son passé. Ivy est devenue une jeune femme opulente qui semble s'épanouir autant que ses pouvoirs... chaque lieu, chaque personnage a clairement été réfléchi dans l'optique de confronter sa mythologie à une réalité où elle est quasi obsolète.
On tient là un des comic books les plus cohérents et accomplis qu'il nous ait été donné de lire. Accessible à tous, intrigant, intelligent, cohérent... Il peut être l'aboutissement d'une vie de passion pour les amoureux de Batman comme une porte d'entrée un peu méta dans cet univers.
Pourquoi ces gusses en costumes se battent-ils comme des forcenés en habits de carnaval ? Leur action est-elle utile, n'est-elle pas contreproductive ?
Une politique de fermeté mettant fin aux agissement de chacun de ces personnages, de quelque camp qu'il soit, ne serait-elle pas la solution ?
Au final, c'est sans doute ça qui est impressionnant : Lonely City est autant la résurrection d'une question que l'on ne se pose plus qu'une réponse à une question que l'on ne se pose pas encore.



+ Les points positifs - Les points négatifs
  • C'est beau.
  • C'est intelligent.
  • C'est condensé en un seul volume autosuffisant.
  • C'est sans concession.
  • C'est d'une cohérence prouvant qu'il s'agit de l'œuvre d'un seul homme.
  • C'est peut-être parfois un rien cryptique pour les non initiés à l'univers, mais rarement.
Quand Panini trolle ses lecteurs 2
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Hello les Matous ! Suite de cet article, dans lequel on revenait sur les accusations fantasques de Panini.

Au niveau des traductions scandaleuses validées par Panini, nous avons fait un point complet dans cet autre article (contenant des dizaines d'exemples consternants, le tout avec les sources et de nombreuses photos et comparaisons VO/VF).

Mais restait l'argument du "Geneviève Coulomb a pris sa retraite il y a 15 ans", sous entendu, "ne nous faites pas chier avec ça, ce n'est plus d'actualité".
Et peut-être qu'après tout, on est dans l'erreur, peut-être que Panini, conscient du niveau des textes de Coulomb, a décidé de tout remanier et qu'elle ne figure plus dans aucune publication actuelle. Donc, pour vérifier, ce que l'on a fait est très simple : on est allés dans une librairie voir ce qu'il y avait en rayon. Vous savez qu'en plus, les publications Panini ont la particularité d'être rapidement épuisées et indisponibles. Donc là, nous n'avons que du récent.

Précisons également que toutes les Intégrales et les Omnibus étaient sous blister et que l'on n'a pas voulu tout déballer pour éviter d'emmerder le libraire (qui était déjà bien gentil et s'est franchement marré quand on lui a expliqué le but de la démarche, en haussant les épaules et en nous sortant un très beau "ah Panini... pfff !"). On n'a donc eu accès qu'à une petite partie de ce qui était proposé en rayon, et c'est déjà... édifiant.

- La Mort du Capitaine Stacy - Traduction : Geneviève Coulomb

- De Grands Pouvoirs - Traduction : Geneviève Coulomb

- La Dernière Chasse de Kraven (dans une énième réédition) - Traduction : Geneviève Coulomb

- Avengers Forever - Traduction : Geneviève Coulomb

- Les Trésors de Marvel 7 - Traduction : Geneviève Coulomb
(elle n'est pas la seule traductrice de l'ouvrage, mais elle est bien présente)

- Les Trésors de Marvel 9 - Traduction : Geneviève Coulomb
(idem)

- Mighty Marvel 1 - Traduction : Geneviève Coulomb

Pour quelqu'un qui a pris sa retraite, elle est tout de même bien présente dans les collections actuelles (photos et preuves ci-dessous), que ce soit les Must-Have, les Intégrales, les Trésors ou les Epic. Pour cette dernière gamme, il s'agit des VF de la très bonne collection VO que nous vous avions présentée, en 2018, dans cet article ou encore ici. N'allez surtout pas prendre la VF, c'est illisible. Même avec un niveau d'anglais médiocre, vous vous en sortirez mieux avec les éditions originales.

Panini en pleine com
pour ses lecteurs.
Désolé pour le "community manager" de Panini (un wokiste revendiqué, c'est dire le niveau du bazar) qui a réussi l'exploit de se tirer une balle dans le pied et de vider le restant du chargeur dans les couilles de son patron, mais l'argument de la "retraite" ne tient donc pas. Si c'est un pur mensonge, ce n'est pas glorieux, si c'est une méconnaissance pure de ce qui est publié, c'est à peine mieux.
Dans les deux cas, méfiez-vous des gens sur le net (ou ailleurs) qui ont des idées définitives sur plein de choses mais ne fournissent jamais de preuves pour étayer ce qu'ils affirment (et pour cause, ils seraient bien en peine d'en trouver). 

Bon, ceci dit, il faut être honnête, on ne peut pas réduire Panini à Coulomb et un gars inculte sur facebook, il y a aussi des gens qui font un travail tout à fait correct chez eux (pas tous, loin de là, mais il y en a), ce ne sont donc pas eux qui sont visés dans cet article, mais les débordements de certains ahuris et une tendance tout de même appuyée à ne pas assumer les critiques justifiées et pourtant blindées d'exemples. 

Le pire c'est que du Panini, encore une fois, nous n'en chroniquons quasiment plus. Mais quand tu viens gratouiller l'arrière-train d'une bande de félins un brin hargneux et sûrs de leur fait, faut pas t'étonner si tu repars à poil et avec des doigts en moins.

To be continued...


Petit rappel ?







Photos prises en librairie le 11 février 2023 :
















Quand Panini trolle ses lecteurs
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Hello les Matous ! L'ensemble de la rédaction ayant été mis en cause par... Panini (on n'aurait pas dû relever leurs erreurs apparemment), on va s'offrir une petite explication de texte. 

Tout part de l'intervention d'un lecteur qui cite notre article consacré aux égarements de l'éditeur et à la Grande Prêtresse de la Traduction : Geneviève Coulomb. N'hésitez pas à lire cet article pour voir de quoi il est question, des dizaines d'exemples, sourcés, parfois avec capture d'écran, sont donnés. 
Bref, rien d'agréable sans doute pour l'éditeur, m'enfin, nous ne sommes tout de même pas responsables de ses égarements passés et actuels. Eh bien, ce n'est pas ce que Panini semble penser, car la réponse faite sur sa page facebook est juste magique. Nous serions des "trolls anti-panini".
Rien que ça !
La réponse ne satisfait pas le lecteur, qui d'ailleurs nous fait parvenir l'échange. 

Voici la capture de l'échange en question, reproduite avec l'autorisation de notre ami Franck.

Attention, ce commentaire de Franck a depuis été passé en "masqué" par Panini.
C'est-à-dire qu'il est invisible pour tout le monde, mais que son auteur ne le sait pas,
car il le voit encore. Ah, la grande classe, non ? 


Eh bien, cette réponse, mensongère autant que stupide, ne nous satisfait pas non plus. Mais on va tout de même prendre le temps de décortiquer tout ça, vu que nous, on n'a rien à cacher.

Revenons tout d'abord sur cette histoire de retraite. C'est sans doute vrai, mais en quoi est-ce pertinent ? Panini continue, encore aujourd'hui, de rééditer des comics traduits par Geneviève Coulomb (cf. les nombreuses preuves listées dans cet article), sans qu'ils soient modifiés ou corrigés. Donc, la question du lecteur est légitime, d'autant que le sujet portait justement sur une énième collection de sagas anciennes.
Juste donc de la mauvaise foi de la part de Panini (d'autant que, même s'ils ne publiaient plus d'ouvrages traduits par Coulomb, ça n'excuse pas les centaines de comics qu'elle a saccagés et qu'ils ont validés).

Passons ensuite aux accusations (risibles, mais bon, quand on voit avec quel soin ils recrutent leurs traducteurs, on imagine bien que le gars qui tient la page facebook n'a pas été sélectionné pour sa compétence).
D'abord, c'est quoi "troller" ? Selon nous, c'est avancer des arguments fallacieux, souvent faux, pour le plaisir de provoquer. Dans l'article en question, difficile de nous accuser de mentir, les preuves ont été publiées par notre accusateur lui-même. Et l'on en reproduit un nombre conséquent (dérisoire cependant en comparaison des milliers de fautes et de traductions incompréhensibles qui gangrènent les ouvrages en question).

Quant au fait d'être anti-panini, on est déjà revenus sur ça il y a quelques années, mais visiblement, certaines personnes ont besoin qu'on leur explique plus lentement, avec des mots simples. Et comme toujours, nous allons prendre des exemples concrets et vérifiables pour appuyer nos dires.

Quand nous rédigeons un article, ça part toujours à la base d'un intérêt réel. Nous ne nous forçons pas à lire ce qui ne nous intéresse pas (d'où le peu d'articles récents sur les publications Panini). Par contre, nous rendons toujours compte du résultat. Non en faisant un "j'aime/j'aime pas" qui n'aurait pas grand intérêt, mais en tentant de démontrer comment un scénariste parvient à bâtir une intrigue brillante, la manière dont un dessinateur se montre inventif et percutant ou en quoi un éditeur fait bien ou mal son travail, par exemple en bâclant les traductions dont il a la charge.

À chaque livre, les compteurs sont donc remis à zéro. Et il nous est arrivé de vanter certaines œuvres publiées par Panini, en soulignant le bon travail de l'éditeur (c'est rare, mais ça arrive, comme ici où l'on vantait la qualité de la réédition en Marvel Select de House of M). 
A contrario, nous en venons parfois à critiquer les choix d'éditeurs réputés sérieux lorsqu'ils semblent discutables. Sur l'ancienne version du site, nous avions notamment souligné le choix douteux de Delcourt concernant le Guide des Personnages de Walking Dead, difficilement lisible en VF (regardez cette image, difficile de nous accuser de "troller"). On pourrait alors nous accuser d'être également "anti-delcourt", sauf que les critiques que nous formulons ne sortent pas de nulle part, on n'invente rien, tout cela est étayé et démontré. 
Autre exemple plus récent, dans l'article concernant la nouvelle collection Hachette sur Astérix, nous avons mentionné des problèmes de légende et de calage qui ne concernent même pas la BD elle-même mais le petit livre l'accompagnant. Pourquoi ? Parce qu'on est "anti-Hachette" ? Non, parce que l'on estime que l'on se doit d'être honnêtes envers les lecteurs qui nous font confiance et nous lisent. C'est un simple constat, il n'y a pas de volonté de nuire. Et vous savez quoi ? Il s'agissait d'un SP (un service presse), et notre contact Hachette nous a remercié pour cet article. Malgré les réserves émises. Peut-être que ce contact est déçu par l'article cedi dit, mais il a l'intelligence de ne pas pleurnicher et encore moins de nous accuser de malhonnêteté. Ça, c'est la manière de se comporter des professionnels du secteur. Enfin, de la plupart. 

Et il se trouve que, oui, Panini produit souvent un travail médiocre, pour ne pas dire scandaleux. Encore une fois, relisez cet article... il n'existe aucun autre exemple de cet ordre chez les grands éditeurs français. Et question "troll", cela nous semble déjà plus convenir à la définition : publier des monceaux de conneries en se foutant de la gueule des lecteurs et du travail des auteurs.
Évidemment, vu la densité de fautes, cela peut donner l'impression d'un acharnement quand on les relève, mais en réalité, personne dans la rédaction UMAC ne déteste (ou n'aime d'ailleurs) Panini. On s'en fout en fait. Ce que l'on voudrait, c'est avoir des VF de qualité. Et peu importe qui les produit. Si c'est Panini, très bien, ça nous ira parfaitement. Si Panini n'en est pas capable et qu'un autre éditeur prend le relais avec plus de sérieux (comme Urban l'a fait en tirant l'univers DC Comics du marasme dans lequel Panini l'avait plongé), ça nous ira aussi. Et quel que soit l'éditeur, s'il fait correctement son travail (avec parfois une erreur de temps en temps, ça peut arriver), nous n'aurons alors rien à lui reprocher. Encore une fois, nous n'inventons rien. 

Notre équipe comprend des auteurs, des professeurs, des journalistes, des passionnés de tous horizons, qui sont recrutés pour leur rigueur, leur honnêteté et leurs qualités littéraires. Nous en sommes à notre 18e saison. Oui, nous fêterons bientôt nos 20 ans d'existence. Un peu long pour un simple troll, non ?
Évidemment que nous ne "trollons" pas, nous présentons, avec le plus d'honnêteté possible, le travail (ou le manque de travail) des éditeurs dont nous achetons ou recevons les livres. 
Il se trouve que l'on ne parle plus beaucoup de Panini parce que certains, au sein de la rédac, ne veulent plus s'infliger des VF poussives et absurdes. Car c'est bien de ça qu'il s'agit. Rappelons que Coulomb, qui est toujours actuellement publiée par Panini dans de multiples rééditions, ne parle pas anglais et qu'elle ne sait pas écrire correctement le français non plus. On ne compte plus les contre-sens, les erreurs de personnages, les traductions mot-à-mot qui n'ont aucun sens, les vulgarités inventées (non présentes en VO), les tournures incompréhensibles et cie. Ce sont des centaines de fautes et de traductions fautives par ouvrage (les Intégrales par exemple) ! Et même si d'autres traducteurs Panini s'en sortent mieux (difficile de faire pire), les maladresses demeurent monnaie courante.

Un éditeur sérieux ne ferait pas autant d'erreurs (nous avions déjà expliqué dans cet article la différence entre commettre de temps en temps des erreurs, ce qui est normal, et se "paniniser"). Et un éditeur simplement digne ne tenterait pas de diffamer ceux qui les relèvent mais tenterait, au contraire, de les corriger. 
Si un sentiment "anti-panini" se développe chez les lecteurs, ce n'est en rien lié à nos articles mais bien à cause de ce genre de réactions infantiles et minables. Quand on a un brin d'intelligence et d'honneur, on s'excuse lorsque l'on a commis une erreur (enfin, des milliers d'erreurs, durant des années, en se fichant bien des réclamations des lecteurs et de la qualité de ce qui est publié), on ne tente pas de salir ceux qui, à juste titre, s'en étonnent. Mais bon, quand tu confies ta communication à un demeuré inculte et wokiste, ben tu obtiens ce que tu as été chercher : de la merde. 

Nous continuerons à relever l'impéritie des éditeurs incompétents pour une raison toute simple : nous aimons les livres. Nous les pensons importants. C'est grâce à eux, grâce au travail d'auteurs, de traducteurs et d'éditeurs consciencieux que nous avons été émerveillés quand nous étions enfants. Ces livres nous ont fasciné, ils nous ont instruits, fait vibrer, appris les bases de notre langue. Et ils continuent de nous faire rêver. Nous les pensons importants, aussi, il convient de ne pas confier leur sort à des mains scélérates. Le terme est fort, mais quand on ajoute le mensonge et la calomnie à l'incompétence et au cynisme, à un moment, il faut appeler un chat un chat.
Miaw !


Puisque "troller" c'est être honnête, on signale qu'on n'a pas l'intention d'arrêter
et qu'on a même encore pas mal de munitions.