Publié le
4.2.23
Par
Nolt
Présentation du contenu de la première Boîte des Irréductibles, la nouvelle collection Hachette concernant l'univers d'Astérix !
Nous vous avions parlé récemment de la collection Michel Vaillant, cette fois Hachette s'attaque à un autre grand classique de la BD franco-belge avec l'intégrale des aventures d'Astérix, présentée ici en albums grand format. Outre les traditionnels bonus présents dans l'album, chaque boîte contient également un livre (20 x 20 cm) consacré aux personnages ainsi qu'une figurine.
Voyons cela en détail (plus d'infos sur la collection sur le site officiel).
Le premier album est consacré au célèbre Astérix et Cléopâtre. Il ne s'agit pas du premier récit de la série (c'est le tome 6 qui est envoyé en premier) mais ce "désordre" apparent a bien un sens. En effet, le premier album de René Goscinny et Albert Uderzo (Astérix le Gaulois, 1961) était loin d'être réellement abouti, que ce soit graphiquement ou narrativement, aussi, pour un nouveau lecteur, ce n'est peut-être pas la BD idéale avec laquelle commencer. En tout cas, elle ne donnerait pas suffisamment le ton de la série.
Astérix et Cléopâtre est plutôt un bon choix étant donné que les personnages sont au complet (Idéfix fait maintenant partie de la bande) et qu'ils ont un aspect physique quasiment définitif. Dans cette histoire, les Gaulois viennent en aide à l'architecte de la reine d'Égypte, cette dernière ayant relevé un défi lancé par César : construire un magnifique palais en trois mois afin de prouver que le génie égyptien égale celui de Rome. Un récit très classique donc, et habilement mené, mêlant enjeux réels (ce qui manque aux albums actuels), gags et exotisme.
L'album contient aussi du matériel supplémentaire présentant notamment le contexte de l'époque, les sources d'inspiration, diverses explications de texte et des dessins inédits (dont une illustration absolument magnifique que nous reproduisons ci-contre).
Et ce n'est pas fini, puisqu'il s'agit d'une "boîte", l'on a droit à des bonus. Tout d'abord, une très jolie figurine d'Obélix et Idéfix. Pouvoir rassembler tous les personnages emblématiques de la série devrait être assez sympa.
Deuxième supplément : un petit livre dédié justement à la galerie de personnages, ici en l'occurrence Obélix et Idéfix dans Le Tour de Gaule. Alors, en réalité, il y a bien plus que ça. La première partie est assez généraliste et revient par exemple sur les caractéristiques d'Obélix ou encore son évolution graphique. L'ouvrage se penche ensuite effectivement sur l'album précité, avant de revenir sur l'enfance des auteurs. Très complet donc, plutôt intéressant, même si l'on peut noter quelques erreurs graphiques (ici, un gros problème de calage non présent dans la BD originelle (le texte des bulles 2, 3 et 4 n'est pas bien centré), un problème de légende fautive également sur un autre extrait), m'enfin, rien de vraiment méchant.
Bref, voilà une collection enthousiasmante, proposant de collectionner des albums mythiques (pour certains du moins) mais aussi d'approfondir cet univers et celui des auteurs, tout en se confectionnant une jolie vitrine de personnages.
Des albums clairement conseillés, surtout si vous ne connaissez pas déjà ces aventures !
| + | Les points positifs | - | Les points négatifs |
|
|
|
Publié le
3.2.23
Par
GriZZly
In nomine Patris et Filii aussi, hein...
Mais au nom des spiritueux, surtout !
Mes bien chers frères, mes bien chères sœurs, accueillons parmi nous en ce jour béni le fidèle Gihef, scénariste de son état, et sa coreligionnaire assignée aux enluminures, Christelle Galland.
Notre frère Gihef eut déjà droit à être cité récemment en ces lignes pour d'autres ouvrages tels que Monsieur Vadim ou la saga Sirènes & Vikings. C'est ici avec une histoire de femmes à cornette qu'il compte décrocher pour la troisième fois la bénédiction de notre équipe et force est de constater que, si les voies de notre Seigneur sont impénétrables, celles des faveurs de notre page semblent être grandes ouvertes à ce Monsieur.
Notre frère Gihef eut déjà droit à être cité récemment en ces lignes pour d'autres ouvrages tels que Monsieur Vadim ou la saga Sirènes & Vikings. C'est ici avec une histoire de femmes à cornette qu'il compte décrocher pour la troisième fois la bénédiction de notre équipe et force est de constater que, si les voies de notre Seigneur sont impénétrables, celles des faveurs de notre page semblent être grandes ouvertes à ce Monsieur.
L'élixir de Dieu est une toute nouvelle série de bandes dessinées dont le tome 1, intitulé Spiritus sancti, nous narre les péripéties des occupantes d'un couvent confrontées à la brutalité du crime organisé durant la prohibition. Il y sera question de religieuses, d'alcool de contrebande et de gangstérisme, comme le sous-entend de façon évidente la couverture de l'album avec sa nonne en clair obscur (oui, partagée en ombre et lumière, c'est symbolique, Jean-Kévin, tout le monde avait compris !) brandissant une bouteille de tord-boyaux et une Thompson M1928.
1929, le couvent Saint-Patrick (au Massachusetts) a des problèmes de liquidités et, visiblement, Dieu n'y pourvoira pas de sitôt. C'est ce moment que choisit un jeune transporteur d'alcool de contrebande noir pour se réfugier entre ses murs après avoir essuyé les tirs de membres du Ku Klux Klan. Va s'ensuivre nombre de péripéties nous donnant à connaître le trafiquant local, les nonnes (et plus particulièrement Holly, une novice au passé rappelant le personnage de Whoopy Goldberg dans Sister Act, et une autre, Bethany, qui a quant à elle le physique de Whoopy Goldberg dans le même Sister Act) et quelques personnages truculents.
La découverte dans l'enceinte du couvent d'un vieil alambic ayant servi à la distillation du rhum va amener les filles chéries de Dieu à conclure un marché risqué avec l'odieux bootlegger : fabriquer pour lui un alcool savoureux mais qui tabasse en échange de la somme nécessaire à satisfaire la banque.
Les personnages sont bien caractérisés ; chose essentielle lorsque la majorité d'entre eux sont affublés de robes-chasubles identiques. Jusque-là, quelques événements semblent n'être présents que pour faire "couleur locale", comme les deux allusions à cette saloperie de KKK, par exemple (mais cela prendra sans doute une toute autre importance par la suite) et l'on trouve de minuscules facilités scénaristiques qui passent inaperçues lorsque l'on s'en tient à une lecture récréative. L'ouvrage est plaisant, les personnages sont attachants et l'intrigue est juste assez blasphématoire pour être originale. Notons que l'album se termine sur un retournement de situation donnant très envie de tenir le tome 2 entre les mains.
Le dessin, quant à lui, est joliment expressif mais souffre un peu de cette qualité en ce qu'il lui arrive parfois de rendre l'un ou l'autre visage un rien trop grimaçant. Ceci n'est dit que pour le plaisir de chicaner, tant le trait est agréable et sert bien le propos. La mise en couleurs est relativement basique mais restitue clairement les ambiances diurnes, nocturnes, froides, chaudes, intérieures et extérieures, se faisant la plupart du temps plus efficace que réellement esthétique. Ajoutez à cela un découpage d'un tel classicisme qu'il pourrait remporter le "grand prix 2023 de la mise en page traditionnelle à la façon des anciens" et vous aurez un album ouvert à tous et apte à plaire au plus grand nombre qui, malgré son accessibilité, n'hésite pas à gratter la croûte de quelques vieilles blessures de l'Amérique et de l'Église catholique.
Encore une série à tenir à l'œil dans la collection Grand Angle des éditions Bamboo... un éditeur qui signe décidément nombre de projets séduisants, depuis quelques années !
| + | Les points positifs | - | Les points négatifs |
|
|
|
Publié le
24.1.23
Par
GriZZly
"Ils sont nés le jour de l'aurore.Ils sont 222 000.Ils sont la fin des temps."
Cette citation nous servant ici de chapeau barre le dos de l'album qui nous concerne. Sa couverture est reproduite ci-contre.
À la lecture de ces quelques mots, à la vue de cette illustration d'un adolescent aux poings ensanglantés entouré de sortes de zombies aux yeux rouges sous un ciel assombri par un vol de corbeaux... une idée vous viendrait sans doute immanquablement en tête, non ? Quelque chose comme : "Oh bah tiens, ça semble avoir la subtilité d'une phrase écrite en caractères gothiques couverte de Stabilo, ce machin"... et vous auriez raison !
Nous tenons effectivement entre les mains une bande dessinée qui a cherché un contexte prétexte à des tueries, des massacres et du gore façon "du sang, des boyaux, de la rate et du cerveau ; je mets ça sur mes tartines, ça fait des vitamines".
C'est volontairement bourrin et défoulant. Ça le hurle à la face du Monde. Ça pose sur la table devant vous, en un geste de défi, une collection d'yeux fraîchement arrachés de leurs orbites en vous enjoignant à ne débuter la lecture qu'à condition d'être friands de récits apocalyptiques sans concession et baignant dans une violence sans retenue.
L'omniprésence du rouge sur sa couverture au vernis sélectif de bon aloi, son éditeur, (Soleil) que l'on ne peut pas soupçonner d'être frileux en termes d'exposition de violence, la présence de Bec (Bob Morane, Tarzan #1, Tarzan #2, Le sanctuaire des hérétiques #1, Le sanctuaire des hérétiques #2, Crusaders, West Legends #2 ou Prométhée et Olympus Mons pour lesquels il avait déjà confié le dessin à Stefano Raffaële) au scénario dont on connaît le goût pour les thrillers fantastiques grandiloquents... j'imagine que tout cela vous renseigne amplement sur la présence de violence dans cet ouvrage, non ?
Oui. L'album nous prévient depuis le début qu'il est ultra référencé, qu'il est le premier tome d'une série, qu'il va envoyer du lourd et qu'il est poisseux de sang comme le nourrisson ci-dessous. Mais... a-t-il autre chose à offrir ?
Il y a vingt ans de cela, une aurore boréale écarlate a traversé les cieux de la planète entière. Cet évènement géomagnétique sans précédent fut si marquant que tous les enfants nés ce jour-là furent surnommés "les enfants de l'Aurore" ; essentiellement parce que "les gosses du jour du ciel tout rouge", c'était moins vendeur.
En nous posant ces bases, l'album tient bien à nous préciser que, "au Moyen Âge, les aurores polaires prenant des teintes rougeâtres étaient associées au sang et à la guerre" par le biais d'un commentaire journalistique... c'est gentil, on ne l'avait pas deviné ; ce n'est pas comme si, durant dix planches précédant celle de cette révélation, nous avions eu des massacres perpétrés en ce futur proche qu'est l'année 2046 par des gens semblant tous avoir vingt ans et affichant ostensiblement une insensibilité elle aussi annoncée dès la couverture.
Vous nous voyez venir : cet album n'est pas un modèle de finesse scénaristique. Mais là où certains pourraient s'en offusquer, nous choisissons de ne pas lui en tenir grief tant il semble assumer le fait qu'il soit la énième mais assez réjouissante relecture de ce mythe moderne de la "génération d'élus", "génération atypique"... Ça peut même rappeler Le village des damnés généralisé à la planète entière, par certains aspects, mais peu importe : ces filiations sont assumées et c'est dans le reste que cette bande dessinée compte bien se faire remarquer... par sa façon différente d'aborder ce poncif du fantastique et de la science-fiction.
Mais retour à notre époque : les enfants de l’aurore sont tous assez renfermés sur eux-mêmes et souvent nettement plus intelligents que la moyenne mais tous sont en pleine santé. Depuis leur naissance, le monde a continué de tourner : crises diverses, apparitions de nouveaux virus, résurgences d’anciennes maladies, fusillades... la came routinière des journaux télévisés. Le récit nous en fait rencontrer plusieurs à leur naissance et lors de leur enfance. Manipulateurs, psychopathes, insensibles et colériques dès leur plus jeune âge, ils semblent attendre une connexion qui leur serait promise pour que, tous, de par le monde, se coordonnent en vue de la réalisation d'un objectif global.
Niveau dessin, le découpage est précis, la mise en page est très évocatrice et confère à l'ensemble, par son horizontalité quasi généralisée, une filiation quasi immédiate avec le cinéma.
Le trait réaliste est efficace même si très classique.
La mise en couleurs de Stéphane Paitreau est fonctionnelle... mais irréprochable dans son efficacité.
Le trait réaliste est efficace même si très classique.
La mise en couleurs de Stéphane Paitreau est fonctionnelle... mais irréprochable dans son efficacité.
Nous avons donc là, certes, un album parfois ultra-violent qui aurait pu se satisfaire d'être bas du front mais la mise en place des personnages et de l'univers à laquelle il s'astreint est plus intéressante que ce que l'on aurait pu craindre.
C'est un tome 1 qui remplit parfaitement et de façon musclée son rôle de tome d’introduction. Évidemment, la majeure partie des explications sont à découvrir dans les tomes suivants, si toutefois l'auteur compte nous en accorder ; comme souvent avec ce genre de série, le dévoilement de l'intrigue et de ses enjeux est progressif et aide à tenir en haleine tout au long de l'album autant qu'à pousser à l'achat du suivant... c'est néanmoins de bonne guerre quand c'est bien fait.
C'est un tome 1 qui remplit parfaitement et de façon musclée son rôle de tome d’introduction. Évidemment, la majeure partie des explications sont à découvrir dans les tomes suivants, si toutefois l'auteur compte nous en accorder ; comme souvent avec ce genre de série, le dévoilement de l'intrigue et de ses enjeux est progressif et aide à tenir en haleine tout au long de l'album autant qu'à pousser à l'achat du suivant... c'est néanmoins de bonne guerre quand c'est bien fait.
| + | Les points positifs | - | Les points négatifs |
|
|
Publié le
21.1.23
Par
Vance
Sorti en France en 1983, ce roman de l'ancien astrophysicien David Brin a immédiatement propulsé l'auteur au rang des futurs grands écrivains de SF du XXIe siècle, trustant les prix les plus prestigieux dans la profession (prix Hugo et Nebula en tête), confirmant tout le bien qu'on pouvait penser de lui avec Jusqu'au cœur du Soleil, qui pourrait se voir comme une sorte d'introduction à Marée stellaire et s'impose d'ailleurs comme premier volet de la saga en devenir Élévation.
Celle-ci constitue le nœud gordien du livre, et une sorte de fil rouge de la série se déroulant dans un futur pas si lointain où l'Homme a été propulsé au rang des races galactiques qui ont toutes bénéficié de ce procédé par lequel une espèce, parvenue à un haut degré de responsabilité et d'évolution, se voit parrainée par une autre, doyenne, qui la fera accéder à un savoir incommensurable et au voyage intersidéral (en échange d'une forme de servitude plus ou moins longue et contraignante). Mais contrairement à Star Trek par exemple, où les Terriens ont dû attendre le "Premier Contact" pour s'émanciper véritablement, ici l'Humanité constitue une forme d'exception car personne ne parvient à expliquer comment (et surtout par qui) ils sont parvenus à la maturité spatiale. Ce qui fait de ces humains des "Enfants-loups", craints, honnis ou jalousés par la plupart des races dominantes. Et les Terriens de ne continuer à en faire qu'à leur tête puisqu'ils ont par la suite procédé à l'Élévation des espèces les plus évoluées sur leur planète-mère (dauphins et chimpanzés en tête) - mais sans pour autant leur demander cette contrepartie normalement exigée des races-clientes. Ainsi, des représentants delphiniens et simiesques siègent à l'Assemblée des Nations Unies terrestres, histoire de se serrer les coudes face à la voracité des extraterrestres.
Ce qui fait que dans cet avenir trouble, les Hommes et leurs acolytes néo-dauphins ou néo-singes marchent sur des œufs, sachant qu'ils sont attendus au tournant à la moindre erreur - et qu'ils n'ont pas les moyens de résister à l'assaut de certaines des races les plus belliqueuses.
Malgré ce contexte à la fois politique, stratégique et scientifique, Marée stellaire s'avère, de fait, et étonnamment, particulièrement enthousiasmant.
S'il n'est pas le premier volume de la saga Élévation, il parvient à se lire plutôt aisément de manière indépendante : construit en dix chapitres subdivisés en paragraphes multipliant les points de vue - ce qui déroute au départ, mais finit par se justifier et apporter un réel confort de lecture - le récit nous plonge immédiatement dans les affres d'un équipage terrien qui s'est réfugié en catastrophe sur une planète océanique, le temps de réparer son vaisseau pris à partie lors d'un guet-apens tendu par des armadas entières de Galactiques (nom donné aux races ayant accédé au voyage spatial par le procédé de l'Élévation). Cachés dans les fonds sous-marins, conscients qu'il leur faudra un miracle pour échapper aux forces militaires lancées à leurs trousses (tout ça pour avoir déniché dans un secteur spatial désert quelque chose de si ancien qu'il pourrait faire vaciller les principes sur lesquels repose le fragile équilibre entre les civilisations doyennes), ils mettent au point un stratagème incroyablement risqué et couillu tout en essayant de survivre autant que possible dans cet environnement hostile, aux eaux chargées de métal et à la géologie totalement incompréhensible.
Humains comme néo-dauphins (en plus d'un néo-chimp' scientifique) tentent de s'adapter d'abord, de travailler de concert ensuite et d'utiliser au mieux leurs compétences respectives malgré les secrets qui hantent certains membres (ceux qui dissimulent un cadavre antédiluvien ou une machine pensante extraterrestre, ceux qui ont mené des expériences génétiques interdites dont les conséquences engendreront inévitablement le chaos, ceux qui fomentent une mutinerie ou simplement ceux qui sont ouvertement amoureux d'un de leur collègue) tandis que, là-haut, en orbite, la guerre fait rage entre les destroyers et croiseurs intersidéraux qui se disputent l'insigne honneur de mettre la main sur ces "Enfants-loups". Et pour rajouter encore à la pression des officiers, d'étranges découvertes vont être faites sur la planète refuge : des falaises de métal, des arbres foreurs, des algues carnivores mais également une race d'êtres précognitifs qu'il faudra absolument préserver de la voracité des Galactiques, toujours prêts à s'adjoindre une civilisation qui leur sera entièrement dévolue pendant des millénaires, en contrepartie de l'accès au savoir universel et au voyage cosmique.
Sur un ton crescendo, le récit nous promène entre les nombreux protagonistes de cette histoire dantesque, pleine de suspense et de rebondissements, rappelant par moments l'ambiance d'Abyss et la tension d'Hypérion, mais sans jamais se départir d'un certain sense of wonder privilégiant les péripéties, les rapports étranges et l'aventure épique à la hard science. Le roman s'achève d'une manière échevelée, avec des hauts-faits, des sacrifices, des coups bas, des coups de génie, des coups durs et une ouverture magistrale vers d'autres niveaux : outre le sort de ces Terriens, pour la majorité desquels le lecteur prend immédiatement parti, se profile une intrigue plus lourde de conséquences, plus insidieuse mais aux répercussions qui pourraient être cataclysmiques. Tous les ingrédients d'un bon space-opera sont rassemblés, mêlant harmonieusement l'imagination débordante des grands classiques (entre Edmond Hamilton et Jack Vance) et la rigueur logique des écrivains des dernières décennies, tels Peter F. Hamilton.
Le travail de David Brin sur le langage pratiqué par l'équipage (de l'anglique au ternaire delphinien) apporte parfois une touche de poésie savante qui n'est pas sans rappeler les visions d'Arthur C. Clarke (on n'est jamais très loin des Enfants d'Icare). Et malgré de solides bases scientifiques, ce livre s'appuie essentiellement sur ses personnages, tous choyés et dépeints avec beaucoup de tendresse, et dans un style agréable, parfaitement équilibré entre réflexions, dialogues pleins d'allant et descriptions non dénuées d'humour et de lyrisme (la manière dont sont présentées certaines créatures extraterrestres puise dans le charme désuet des couvertures des pulps de l'Âge d'or tout en insérant une bonne dose de vice).
Une réussite qui mérite largement sa farandole de prix littéraires.
| + | Les points positifs | - | Les points négatifs |
|
|
|
Publié le
20.1.23
Par
Nolt
Cette collection, publiée par Urban Comics, est en fait une intégrale regroupant, par année, toutes les séries consacrées au Dark Knight. Deux tomes avaient déjà couvert l'année 1987, et le premier tome dédié à l'année 1988 vient tout juste de sortir.
Il s'agit d'un album bien épais regroupant : Batman #415 à #429, Batman Annual #12, Batgirl Special #1, Suicide Squad #10 ainsi que le graphic novel Batman : The Killing Joke. Soit en tout 576 pages.
Niveau auteurs, on retrouve ici des scénarios de Jim Starlin, John Ostrander, Mike Baron, Robert Greenberger, Barbara Kesel et Alan Moore. La partie graphique est assurée par Jim Aparo, Luke McDonnell, Dick Giordano, Mark Bright, Ross Andru, Pablo Marcos, Norm Breyfogle, Dave Cockrum, Barry Kitson et Brian Bolland.
Signalons enfin, avant de passer aux récits, que chaque tome est enrichi d'un contenu rédactionnel. Certains articles viennent recontextualiser les épisodes et sont complétés par du matériel d'époque (commentaires des éditeurs ou encore courriers des lecteurs).
Il faut bien admettre que 1988 a été une bonne année pour le héros de Gotham et que ce tome contient quelques classiques, à commencer par le superbe The Killing Joke, clairement la pièce maîtresse de cet ouvrage, avec un excellent Moore à la manœuvre. C'est bien entendu du Joker dont il est question ici, ce dernier ayant la joyeuse idée de kidnapper le commissaire Gordon pour lui infliger diverses tortures, notamment en s'en prenant à sa fille, Barbara. C'est sombre, percutant et parfaitement mis en valeur par le style torturé de Bolland et la colorisation, très efficace et appropriée (cf. ces planches), de John Higgins.
Autre histoire (en 4 épisodes) présente ici et qui est devenue un classique : A Death in the Family. L'on y retrouve le Joker, décidément très actif et plein d'imagination, qui va s'en prendre cette fois à Robin, alias Jason Todd. Le personnage était devenu très impopulaire à l'époque et, petite curiosité, ce sont les lecteurs qui ont décidé de sa disparition, grâce à un sondage. Donc, la pire manière en général d'écrire une histoire...
Ceci dit, ça aurait pu devenir une sorte de tragédie lyrique, mais sous la plume de Starlin, tout cela reste assez terne. Notamment le texte accompagnant la macabre découverte de Batman, d'une platitude étonnante. Ceci dit, certaines planches d'Aparo sont, elles, très marquantes.
Ceci dit, ça aurait pu devenir une sorte de tragédie lyrique, mais sous la plume de Starlin, tout cela reste assez terne. Notamment le texte accompagnant la macabre découverte de Batman, d'une platitude étonnante. Ceci dit, certaines planches d'Aparo sont, elles, très marquantes.
Les autres récits vont de l'anecdotique au très bon. Dans cette dernière catégorie, citons par exemple l'aventure de Batgirl, The Last Batgirl Story, écrite par Kesel. Un bel équilibre entre moments d'introspection et action, et surtout une thématique intéressante, en avance sur son temps et traitée sans les dérives wokistes actuelles. Mais bon, c'était une autre époque...
Niveau guests, l'on peut noter la présence de l'Épouvantail, KGBeast, mais aussi Nightwing ou encore ce bon vieux Superman. Visuellement, la colorisation de ces épisodes (excepté celui mis en couleurs par Higgins) est très... années 80, donc ça reste assez flashy. Heureusement, le papier mat choisi par l'éditeur s'accorde assez bien avec cette débauche de couleurs criardes.
Niveau guests, l'on peut noter la présence de l'Épouvantail, KGBeast, mais aussi Nightwing ou encore ce bon vieux Superman. Visuellement, la colorisation de ces épisodes (excepté celui mis en couleurs par Higgins) est très... années 80, donc ça reste assez flashy. Heureusement, le papier mat choisi par l'éditeur s'accorde assez bien avec cette débauche de couleurs criardes.
Au final, voilà un très bon tome, proposant un contenu dense et riche, accompagné d'un rédactionnel travaillé.
Clairement indispensable pour les fans de Batman !
| + | Les points positifs | - | Les points négatifs |
|
|







.jpg)
.png)
.jpg)
.jpg)




.jpg)
.jpg)
.jpg)













