Le Métier de Correcteur : Maintenance et Artisanat
Par

Point communs de ces individus ? Ils sont tous traduits. Sauf celui du milieu.
Lui, c'est le traducteur qui doit endosser la tenue et la personnalité de chaque personnage.



Petit sujet sur une activité méconnue du grand public mais essentielle dans le processus éditorial : celle de correcteur. Un maillon de la chaîne qui vous permet de suivre vos BD et romans préférés en français.

En général, si vous dites à quelqu’un que vous êtes correcteur, vous êtes automatiquement catalogué comme « bon en français », ce qui, dans l’esprit des gens, veut dire en gros que vous êtes capable d’écrire des mots compliqués. Une sorte de Larousse ambulant quoi.
Pourtant, malgré ce que l’on pourrait croire, les connaissances orthographiques n’ont rien à voir avec le véritable travail d’un correcteur. Si cela se limitait à ça, n’importe qui, avec un bon dictionnaire, pourrait remplir cette fonction.
Bien sûr, ne pas avoir à vérifier un mot sur deux permet d’aller plus vite, mais l’essentiel n’est pas là. Et pour comprendre ce qui est essentiel dans ce travail, il faut aussi comprendre comment se construit la langue écrite, à grande échelle.

Un correcteur en pleine action.
Là encore, contrairement à ce que l’on pourrait croire, il n’existe pas de « bible » officielle du français correct. Même des ouvrages épais et sérieux, comme le Grevisse, se contentent, lorsqu’ils abordent un cas complexe, de donner une tendance puis de lister immédiatement des contre-exemples.
Et cela pour une raison simple : la langue n’est pas basée sur les ouvrages techniques, c’est même exactement l’inverse, ce sont les ouvrages techniques qui se basent sur l’usage.
Un usage mouvant puisqu’il s’agit (pour l’instant encore) d’une langue vivante.
Alors, quand on parle « d’usage », il faut bien comprendre que les mecs ne vont pas traîner dans le bistrot du coin pour dénicher la dernière tournure de phrase à la mode. Il s’agit d’un usage écrit, constaté dans les publications littéraires. D’où l’importance de ne pas imprimer n’importe quoi : les Livres sont l’unique et commune source où vont s’abreuver locuteurs et techniciens. Ainsi, plus un usage va dégrader une forme, plus la forme sera admise, sans considération pour sa logique ou sa pertinence. Et peu importe les prétendues réformes décidées par les « autorités », elles n’ont en général pas d’impact et font plus de mal que de bien (j’en veux pour preuve la réforme de l’orthographe de 1990, non approuvée par l’Académie Française, et qui ne s’est jamais imposée dans l’usage… il faut dire que pour une réforme qui se voulait « simplifier » la langue, elle ne faisait pas franchement preuve de bon sens).

C’est dans ce no man’s land étrange, mais passionnant, que le véritable travail du correcteur commence.
Lorsque l'on effectue un tel travail, lire beaucoup, écrire soi-même et s’interroger sur certains processus techniques liés à l’écriture sont des plus qui peuvent aider. Car, bien que cela consiste aussi en cela, il ne s’agit pas de simplement rajouter un « s » à un participe passé ou de changer la place d’une virgule, mais bien d’intervenir parfois de manière importante sur un texte, quitte à remanier des phrases entières si besoin est. Mais avec également le souci de ne pas trahir l’essentiel de ce que l’auteur voulait dire à l’origine.
Dans le cas particulier des comics (j’ai travaillé notamment sur des séries telles que Batman, Superman, Green Lantern, Wonder Woman, Justice League, Fables, Scalped, DMZ, Top 10, American Vampire, 100 Bullets, Transmetropolitan, Amazing Spider-Man, Ultimate Spider-Man, Runaways, etc., une liste plus complète figure sur mon site perso), nous avons affaire à un texte en anglais qui est adapté en français. Le traducteur effectue ainsi l’essentiel de la « trahison ». Rien évidemment de péjoratif dans ce terme, il s’agit simplement de prendre conscience qu’une VF, même très bonne, reste une adaptation. Basée sur des choix arbitraires.
Une même œuvre, donnée à cent traducteurs différents, connaîtra cent versions. C’est normal, il ne s’agit pas de mot-à-mot mais de rendre l’essentiel d’une idée, d’une ambiance. Avec parfois des références culturelles différentes qu’il convient de transposer (ou d’expliquer dans une note de bas de page si l’on veut coller au plus près du texte original).
Lorsque le correcteur intervient ensuite, il doit éliminer les erreurs mais aussi les points de « friction », ce qui est désagréable à la lecture.
Mais la gomme se manie avec prudence.

En effet, le pire serait de casser un effet voulu en s’imaginant qu’il s’agit d’une maladresse. Il est donc utile aussi, lorsque l’on intervient sur une traduction, de connaître un peu la langue d’origine, ne serait-ce que pour dénicher immédiatement les erreurs grossières. Les exemples ne manquent d’ailleurs pas.
Dans un recueil de nouvelles policières (commenté par Maurice Rouleau sur son site), l’on a ainsi pu voir un personnage se proclamer « aussi froid qu’un concombre ». Difficile de comprendre quelque chose si l’on ne connait pas l’expression anglaise (qui signifie « être d’un calme olympien », ou « rester maître de soi »). Dans cet article de L’Express, un lecteur rapporte le cas de whisky agrémenté « d’eau à ressort » (pour « spring water » !!). Et j’avais moi-même évoqué les steaks « medium » dans Dôme (en français, on a l’impression que c’est une taille, alors qu’il s’agit de la cuisson).
Le mot-à-mot réserve bien des surprises.

La règle première est bien évidemment de comprendre ce que l'on écrit. Cela peut avoir l'air évident, et pourtant, il m'est souvent arrivé de devoir modifier des phrases traduites de manière trop « scolaire », qui ne voulaient plus rien dire dans le contexte.
Il faut notamment se méfier de deux difficultés récurrentes : les expressions étrangères et les références étrangères.
Bouh ! Je suis la coquille
que tu n'as pas vue.  
Je suis ainsi tombé un jour sur un « fais attention à ton bras quand tu te taperas sur l’épaule », qui est une traduction mot-à-mot d'une expression qui signifie en réalité « arrête de te jeter des fleurs » ou « ne te vante pas ». Autre exemple, dans un contexte bien particulier, un personnage rétorque à un type qui lui avait balancé un truc et l'avait raté : « vise mieux ou tu ne deviendras jamais chasseur de poisson-chat ». Bon, la phrase ne veut rien dire dans le contexte, donc je sais qu'elle n'est pas bonne. L'expression (en anglais) ne me dit rien du tout. Du coup, je fais quelques recherches rapides et me rend compte que Catfish Hunter est le surnom de James Hunter, un célèbre joueur de baseball outre-Atlantique. Là, j'ai donc le choix, soit m'en tenir au baseball en supprimant la référence incompréhensible pour le lectorat français, soit transposer dans un autre sport, avec quelqu'un de plus connu. 
Ce genre de modification est très courant et demande donc de ne pas seulement s'intéresser à l'aspect grammatical des phrases (qui dans ces cas-là étaient « justes » sur le plan de la syntaxe, mais parfaitement incompréhensibles).  

Il est également utile, si ce n’est indispensable, de connaître l’univers auquel l’on s’attaque.
C’est vrai pour les mondes riches et foisonnants que développent les grands éditeurs de comics (mieux vaut ne pas confondre les personnages et être capable de repérer d’éventuelles confusions), mais ça l’est aussi pour certains classiques de la littérature. Je vous invite d’ailleurs à lire cet article, instructif, sur l’Intégrale des Sherlock Holmes publiée par Le Masque. Loin de moi l’idée d’en rajouter dans le jet de tomates, mais il est évident que cette nouvelle édition est loin d’être parfaite et ne semble pas contenter les fans les plus érudits.
Parmi les erreurs que j'ai pu constater (et rectifier) personnellement, citons par exemple un épisode de la série Fantastic Four, dans lequel deux personnages s'exclamaient "nullifier !", ce que la traductrice de l'époque avait retranscrit par "ça s'annule !". Or, ça ne voulait rien dire dans le contexte. Normal puisque le fameux "nullifier" est en réalité une arme, que l'on traduit en français par "annihilateur ultime". Mais évidemment, si l'on ne connaît pas bien l'univers Marvel, impossible de le savoir.

Pour prendre un autre exemple concret de travail qui s'écarte de la correction courante, j’ai eu à intervenir sur une BD traitant du conflit (ou des conflits, devrais-je dire) ougandais. Le thème ne me passionnait guère, mais j’estime que mon degré d’implication doit être constant, quelle que soit l’histoire sur laquelle je suis amené à travailler. À un moment, sur un journal, posé à l’envers sur une table, j’ai l’impression qu’il y a une erreur. Le sigle d’une faction ne me semble pas correct par rapport à la logique du récit. Misère ! Étant donné que je ne connais évidemment rien à la politique intérieure ougandaise, me voilà en train de faire des recherches sur le sujet. Et vu le peu de crédibilité des sources sur le net, je suis obligé d’en trouver plusieurs qui recoupent l’information que je recherche.
Cela m’a pris un temps fou. Pour un simple sigle, même pas dans le texte, que personne n’allait probablement remarquer. J’étais tout de même content, non d’avoir déniché la petite erreur cachée, mais d’avoir été jusqu’au bout de mon doute.

C’est toujours quand ça se complique que cela devient vraiment intéressant. Remplacer un futur de l’indicatif par un conditionnel présent, ou supprimer une virgule qui n’a rien à faire là, ne procure aucun plaisir, c’est là une routine sans saveur. Mais quand l’on découvre un mot dont on ignore même le sens, lorsque l’on aborde un domaine peu connu, alors là, l’excitation survient. Comme un chien d’arrêt, le correcteur se fige, nez au vent, puis suit la piste, jusqu’à dénicher le gibier attendu, en l’occurrence une certitude.
Un correcteur n’est pas quelqu’un qui sait tout. C’est quelqu’un que l’ignorance n’arrête pas, et qui la rend donc provisoire.
Bien souvent d'ailleurs les recherches induites par les vérifications sont intéressantes. J’ai notamment eu l’occasion d’apprendre un tas de choses dans des domaines aussi variés que la chimie, l’aéronautique ou l’économie.

Il me faut aussi aborder bien entendu la réalité économique, plus terre-à-terre mais cruciale.
Si vous souhaitez devenir riche, il y a pas mal d’activités qu’il vous faudra envisager avant celle de correcteur (vendeur de hot-dogs par exemple). Mais ça, je suppose que vous l’auriez deviné seul. Le « métier » tend à se précariser (et à devenir plus une activité complémentaire, utile pour un auteur ceci dit). Et lorsque l’on est payé à la tâche, l’on ne peut compter systématiquement sur la même somme à la fin de chaque mois.
Il y a cependant des avantages : gérer son temps soi-même, bien que cela demande une certaine rigueur, a un côté très pratique. Et travailler sur un domaine qui est aussi un centre d’intérêt personnel est franchement agréable.

Il faut savoir également que la somme de travail, pour une adaptation de qualité, est tout simplement énorme. Vraiment énorme. Je vais prendre un exemple concret pour vous donner une idée du circuit d'un comic traduit en VF pour Hachette. Je travaille depuis quelque temps chez Makma, un studio fondé par Edmond Tourriol et Stephan Boschat, que de nombreux éditeurs sollicitent pour effectuer, entre autres, ce travail d'adaptation.
Vous allez voir à quel point la chaîne des intervenants est bien plus complexe qu'on ne pourrait le croire. Je prends l'exemple d'ouvrages Marvel pour lesquels j'ai un rôle un peu plus important que celui de correcteur (je vérifie chaque modification jusqu'au feu vert final pour l'impression).
Voyons donc ces étapes.

Lorsque le comic arrive en France, l'essentiel du travail éditorial a déjà été fait. Les responsables éditoriaux américains ont en effet coordonné le travail des scénaristes, dessinateurs, encreurs, lettreurs, pour aboutir à un livre publiable. En anglais. 
Et pourtant, vous allez voir que le taf restant est immense. Car notre tâche consiste à adapter un produit culturel purement américain en livre parfaitement compréhensible pour un lecteur français.
(La description qui suit n'engage que moi, c'est ce que je vois à mon niveau du processus, cela ne veut pas dire que c'est exhaustif. J'ai néanmoins, comme toujours, demandé l'autorisation de dévoiler ce qui relève du domaine professionnel.)

Étape 1 : le comic arrive chez un traducteur qui va transposer l'ensemble du texte en français.
La balle progresse grâce
 au travail d'équipe.
Étape 2
: le texte arrive chez le lettreur qui insère ce texte là où il faut sur un fichier Indesign de la BD (ça ne servirait à rien de le corriger avant, car on ne verrait pas si c'est bien le bon personnage qui parle).
Étape 3 : une version pdf arrive chez moi (le correcteur donc, vous suivez toujours ?). J'insère toutes les modifications qui me semblent utiles (une modification, cela peut être l'ajout d'une virgule ou la réécriture complète d'un pavé de texte, et pour un ouvrage de 150 à 200 pages, on peut aller jusqu'à 200, 300, voire 400 modifications ou plus, tout simplement parce que l'on essaie vraiment de tout optimiser).
Étape 4 : mes propres corrections sont relues et visées par mon responsable chez Makma (Ed Tourriol en l'occurrence). 
Étape 5 : le pdf retourne chez le lettreur qui insère les modifs. 
Étape 6 : à partir de là, un ping-pong s'effectue entre le lettreur et moi, jusqu'à ce que tout soit parfait. (Car en fait, modifier quelque chose dans le texte peut générer un problème qui n'était pas présent au départ, comme un problème de calage par exemple.)
Étape 7 : le fichier part chez le client (Hachette dans cet exemple) qui va le faire relire par une personne chargée de dénicher ce qui serait passé entre les mailles du filet (et qui va également poser des questions sur divers points un peu obscurs, j'explique ça à l'étape suivante).
Étape 8 : ça revient chez moi, à ce moment-là, je réponds aux questions du client (l'univers Marvel est très complexe et est peuplé de milliers de personnages, dont les aventures se déroulent depuis plusieurs décennies dans des centaines de séries... il est donc normal qu'un non-spécialiste puisse être dérouté par des éléments de langage, des références, des relations, des particularités qui sont évidentes pour les lecteurs de comics mais beaucoup moins pour le profane). 
Étape 9 : ça retourne, avec les derniers changements, chez le lettreur, l'occasion d'un nouveau ping-pong entre lui et moi.
Étape 10 : je valide et ça part à l'impression, ouf ! 

L'on se rend compte tout de suite qu'adapter une BD nécessite beaucoup de gens, spécialisés dans des domaines techniques différents (et encore, je me suis focalisé sur la partie texte qui me concerne, le maquettiste va également intervenir sur des éléments purement graphiques par exemple).
Et le prix de vente d'un comic de ce type, c'est 12,99 euros. Avec ça, il faut payer tous les intervenants, l'imprimeur, le distributeur, le libraire, les droits d'adaptation bien sûr, et l'éditeur doit se faire une marge. Rock n'roll ! 

Le correcteur : un ronin au
service de 1000 maîtres.
Il m’est arrivé également de travailler pour de petits éditeurs, voire même sur d’autres formes que la BD. Et il m’est arrivé aussi de… refuser certaines propositions.
Un travail de correction suppose quelques ajustements : resserrer les boulons, mettre un peu d’huile dans les rouages. Remanier des phrases entières reste exceptionnel. Et la réécriture de A à Z est inconcevable. Il arrive pourtant de se voir proposer la relecture d’un roman qui est très loin de la phase de correction. Voire même pas encore véritablement écrit parfois.
Dans ces cas-là, c’est très difficile de dire à un éditeur enthousiaste, qui en plus vous propose du fric (une somme dérisoire de toute façon en regard de la somme de travail), que vous ne pouvez pas accepter ce qu’il propose. Mais c’est indispensable. Car un correcteur n’est pas un « nègre », ou une plume de substitution pour dire les choses d’une manière plus digne et plus précise.
Bien souvent, à la lecture de certaines œuvres, il m’arrive de me demander pourquoi un correcteur n’intervient pas, ou s’il était seulement présent. Il convient cependant de ne pas accepter tout et n’importe quoi. S’il y a tout à faire, alors il n’y a rien à faire, du moins en tant que correcteur.
Un mécano, même s’il en est éventuellement capable, ne corrige pas les plans d’un avion. C’est là le rôle des ingénieurs de faire en sorte que l’engin vole.

Une autre anecdote pour vous expliquer la réalité de ce rôle de correcteur : je ne relis jamais ce qui est publié et que j’ai corrigé, ça n’aurait aucun intérêt et cela prendrait trop de temps. Une fois, pourtant, il y a déjà quelques années, j’ai été amené à me rendre compte que des corrections importantes (relevant de ce que j’appelle « l’hygiène élémentaire », donc ce qui ne peut en aucun cas relever de l'interprétation) n’avaient pas été reportées sur un livre sur lequel j’avais travaillé.
Je suis choqué sur le moment. Je me dis « putain, comment j’ai pu laisser passer ça ? »
Je vérifie (je garde tout, évidemment), et je me rends compte que j’avais bien corrigé ces fautes.
Je me dis alors que l’on a « corrigé ma correction ».
Je repars dans mes recherches, je vais même jusqu’à exposer le problème au service de correction de l’Académie Française, qui me confirme que je suis dans le vrai.
Et là, contactant l’éditeur, sûr de moi, on me répond qu’en réalité… mes corrections n’ont tout simplement pas été reportées. Un bête oubli.
Cela arrive aussi. Bosser comme un dingue, dans un délai court, rendre un texte propre, et le voir publié avec des fautes qui étaient pourtant corrigées.

Je pourrais me dire « bof, je m’en fous, je suis payé pareil », mais en fait ça m’a fait un peu mal au cul. Non. Je mens. J’étais enragé. Dingue. Pas contre quelqu’un en particulier (tout le monde commet des erreurs, surtout lorsque l’on travaille beaucoup), mais contre le résultat imprimé. Et pourtant, mon nom ne figure pas sur ce livre. Mais j’avais l’impression d’être dans un cauchemar, genre à poil dans la rue.
Et je crois que c’est une saine réaction.
Lorsque l’on veut qu’une œuvre soit la plus parfaite possible, et qu’au final elle contient des conneries que l’on aurait pu gérer, c’est vital d’être en colère. Ou au moins mal à l’aise.
Quand on merde (n’importe quel maillon de la chaîne éditoriale, ça peut arriver), le pire consiste à se transformer en usine à excuses (c’est machin, on n’a pas eu le temps, il a plu, mon chat a mangé mon pdf, ma grand-mère s’est barrée avec mes virgules…). Dans ce domaine comme dans d’autres, quand tout ne se passe pas de manière idéale, mieux vaut être en colère qu’indifférent. Car l’indignation a au moins cela de bon qu’elle oblige à trouver des solutions.

Je sais pertinemment que bien des gens n’accordent pas une grande importance à la forme, même parfois des lecteurs acharnés. Une virgule en trop, un « s » en moins, quelle importance ? Outre le fait que le diable – et une cohorte de démons – se cache dans les détails, il ne faut pas oublier que le langage écrit est une passerelle reliant auteurs et lecteurs. Retirez quelques planches et le parcours sera moins agréable, les enjambées nécessaires plus grandes. Laissez pourrir le bois et s’élimer les cordes et le trajet sera éprouvant, voire impossible. Bien sûr, pour le lecteur, pas de danger vital, le seul précipice dans lequel il tombera sera celui de l’incompréhension. Or, ne pas être compris est bien là un écueil que veulent éviter tous les auteurs, qu’ils soient bons ou mauvais.
Ces passerelles sont fragiles. Elles demandent de l’entretien. Et du respect, car il ne s’agit pas de se tromper d’essence de bois lorsque l’on remplace une planche. Ni de laisser des échardes là où l’on avait auparavant une surface lisse et vernie.

Cela ressemble à de l’artisanat en quelque sorte. Nécessitant un bon sens de l’équilibre, une certaine minutie...
Et parfois quelques coups de machette.



La Parenthèse de Virgul #8
Par


Vous le savez, je me transforme parfois en super-chat. Ou plutôt en Captain UMAC. Mais si, regardez le logo du site. En haut, vous voyez ? Je porte un masque, mais c'est moi. Cependant, malgré mes pouvoirs, je suis loin d'égaler le détenteur d'une réelle puissance cosmique. Et c'est de cela que l'on parle aujourd'hui les matous !

Et la Puissance fut !
Captain Universe, contrairement à ce que ce nom laisse penser, n'est pas un personnage mais plutôt un... état. En effet, il y a eu de nombreuses incarnations de Captain Universe dans l'univers Marvel. Spider-Man, X-23, Hulk ou encore Susan Richards, des Fantastic Four, ont tous endossé ce rôle à un moment ou un autre. Mais du coup, qu'est-ce que c'est que ce truc exactement ?
Eh bien, à la base, il faut revenir un peu sur la Force Enigma, qui est une force heu... énigmatique ? Oui, mais pas tant que ça. L'on sait qu'il s'agit d'une énergie cosmique, liée au Microvers et dotée d'une sorte de volonté propre, qui peut investir un hôte et lui conférer des pouvoirs (ou des pouvoirs supplémentaires si la personne a déjà des capacités surhumaines) que l'on appellera l'Uni-Pouvoir pour faire simple.

Ces pouvoirs varient sensiblement selon l'hôte, voire même les circonstances, mais en général, si vous faites partie des rares et heureux élus, vous pourrez manipuler la matière au niveau moléculaire, balancer des rafales d'énergie, voler, obtenir des dons de télépathie, bénéficier de sens boostés et j'en passe !
Il y a moyen de s'amuser, non ?
Bon, remarquez, en général, vous ne devenez Captain Universe que lorsque la situation craint déjà un peu. Il y a un truc qui cloche, ça pue du cul sévère, hop, la Force Enigma file les clés de l'Uni-Pouvoir au premier clampin qui passe. En ce qui concerne les menaces à gérer, c'est très variable, ça peut aller d'un simple détournement d'avion, qui va se régler les doigts dans n'importe quel orifice libre, au truc un peu plus corsé, comme intercepter un missile nucléaire ou empêcher la fin du monde en évitant une fusion de deux dimensions. C'est quand même très large comme éventail, un peu comme si on te filait un flingue et que les missions allaient de "empêcher une bagarre dans la cour de l'école" à "mettre fin à toute activité criminelle en s'attaquant seul à la mafia". Ce n'est pas tout à fait le même niveau d'emmerdes à la clé.
Au niveau éditorial, l'apparition de Captain Universe date de 1979, dans l'épisode Micronauts #8, paru en VF dans le troisième numéro des Micronautes, chez Artima. C'est alors un astronaute, Ray Coffin, qui est investit de l'Uni-Pouvoir. Outre les personnages déjà cités, le Dr Strange, le Fléau et même Deadpool ont pu tester l'étendue de ces pouvoirs cosmiques.
Pour vous faire une idée de l'apparence du Tisseur dans ce rôle, vous pouvez jetez un œil à notre dossier sur les costumes de Spidey. Vous pouvez également découvrir d'autres exemples dans les illustrations ci-dessous, dont la charmante Susan Richards.
Miaw !

Un boost cosmique pour le Silver Surfer... en avait-il vraiment besoin ?



Le plus puissant - et sexy ! - membre des Fantastic Four devient Captain Universe.

De la Doublepensée dans la Continuité
Par
[1]

Le concept de doublethink est peut-être l'un des plus fascinants et des plus terrifiants de la littérature. Lorsque George Orwell le met en place dans son 1984, au côté de la tout aussi fascinante novlangue, il ne se rend peut-être pas compte à quel point il va aborder un domaine essentiel de la psychologie : faire cohabiter deux notions contradictoires en supprimant les éventuels conflits qui pourraient surgir d'une telle rencontre.
Dans le monde de Big Brother, une telle notion est effrayante. Appliquée à la continuité des séries fleuves de nos comics, elle devient nécessaire. Presque agréable.

Rappelons d'abord à quoi la doublepensée se rattache de prime abord. Elle est profondément liée au concept de novlangue qui consiste à supprimer le plus grand nombre de termes pour n'en garder qu'un seul. Ainsi, "bon" et son contraire, "inbon", vont remplacer des dizaines de mots, comme excellent, mauvais, savoureux, agréable, irritant, déplacé, magnifique... il s'agit là d'une application dérivée de la doublepensée. Le Mal n'existe plus puisqu'il ne subsiste alors que le Bon et son absurde compagnon, l'Inbon. Un tel système linguistique implique évidemment une perte effroyable de concepts, d'idées, d'opinions, liée au naufrage des mots qui les sous-tendent.

Mais laissons là la novlangue et ses atrocités syntaxiques pour nous concentrer sur la non moins terrible doublethink. Le système politique, au centre de la dystopie du roman d'Orwell, a besoin de maintenir le peuple sous contrôle. Pour cela, l'Océania, en guerre perpétuelle contre les autres puissances du moment, doit maintenir l'illusion de la "noble cause". L'ennemi d'aujourd'hui doit avoir été l'ennemi d'hier. Et l'allié de demain nécessitera d'effacer, des écrits et souvenirs, son ancien rôle d'adversaire. Pour effectuer ce travail, et réécrire le passé, les journaux et les livres d'Histoire, le gouvernement en place a besoin de fonctionnaires qui connaissent ses mensonges et réécrivent ses vérités. Pour autant, ces soldats dévoués ne peuvent être tous systématiquement éliminés. Il leur faut donc appliquer la doublepensée dans leur travail quotidien. Un individu, grâce à ce principe, peut donc avoir connaissance d'un fait, l'identifier comme non acceptable, le réécrire, et identifier la réécriture de ce même fait comme une vérité absolue ayant toujours été admise. Si une trace de la vérité dans son état premier survient, la doublepensée permet à l'agent de l'identifier, de la corriger, sans jamais perdre foi en la nouvelle interprétation que lui-même en donne. C'est, en littérature, un coup de génie, en psychologie, ce sont là les prémices de la dissonance cognitive.

Cette dissonance cognitive, moins romancée, plus âpre, oblige l'individu à adapter ses croyances ou attitudes selon les éléments qu'il perçoit. Les faits ne pouvant être modifiés dans notre monde (contrairement à celui d'Orwell), la dissonance se doit d'être réduite par modification graduelle de l'opinion ou du comportement. Il s'agit alors d'une réécriture, non de l'Histoire d'un pays, mais de la Foi d'un individu ou, tout au moins, de son système de pensée. Plutôt que de se briser, la pensée consciente s'adapte et développe une souplesse permettant de prendre en compte des données qu'elle refusait d'intégrer auparavant.
Le fait de modifier volontairement notre opinion afin de gommer les contradictions issues de faits incompatibles entre eux est au cœur de la continuité de nos comics, habitués à la réécriture de réalités malmenées sur plusieurs décennies.

Prenons un exemple tout simple. Dans le marvelverse, Tony Stark, alias Iron Man, a conçu sa première armure alors qu'il était captif des vietnamiens pendant l'intervention US en Asie du Sud-Est. Conserver un tel pitch serait, aujourd'hui, rendre le personnage incroyablement âgé puisque, tout comme dans la réalité, les présidents des États-Unis se sont succédés dans l'univers 616 jusqu'à aujourd'hui.
Or, pour différentes raisons éditoriales, Stark doit être plus jeune, plus intégré justement dans son époque. Ses origines sont donc réécrites afin de correspondre aux besoins du moment. S'il ne pouvait se trouver au Vietnam, c'est donc qu'il était en Afghanistan, ou en Irak. Pour les plus jeunes lecteurs, pas de problème, pour les plus anciens, le doublethink intervient alors.

Évolution radicale pour Tête de Fer.
Il ne s'agit évidemment pas de tout effacer. L'on connaît le caractère de Stark, ses prouesses, ses défauts, son passé. Il faut en tenir compte pour aborder le personnage comme il se doit et ne pas l'appauvrir. Mais, de la même manière, il faut également le replacer dans un contexte moderne permettant de le garder "actuel". Pour cela, le lecteur de comics pratique, inconsciemment et à bon escient, la doublepensée.
Suivant le contexte, nous saurons quoi garder, quoi mettre de côté, et nous pourrons, si tout se passe au mieux, faire comme si de rien n'était. Coexistent alors au sein d'un même esprit (le nôtre) deux concepts contradictoires que nous nous efforçons de gérer au mieux afin d'en annuler les effets indésirables.
Il s'agit d'un processus de réduction de la dissonance cognitive appliqué à la fiction.
Soit un mécanisme fort confortable permettant au lecteur de corriger les incohérences liées aux très longues séries ou aux insuffisances éditoriales. Pour continuer à se placer dans le présent de la fiction, le lecteur se doit de corriger automatiquement les anachronismes qui découlent du passé de cette même fiction. Et pour être pleinement dans l'histoire, il se doit d'oublier cette correction et de vouer une réelle croyance aux nouveaux faits réinterprétés.
Dans ce cas précis, il ne s'agit pas d'un renoncement moral ou d'un acte d'abandon à un système mais bien d'un processus naturel permettant de ne pas rompre le lien entre auteurs et "récepteurs" au sens large. Ce n'est pas une entité étatique qui aliène ses citoyens mais bien deux sujets qui poursuivent un même but et sont acteurs d'une non-rupture de la continuité.

Nous parlons presque exclusivement de continuité pour les deux géants de l'édition américaine que sont DC Comics et Marvel, mais nous en oublions des bizarreries bien européennes.
Quelques modèles de la gamme Vaillante.
Buck Danny, par exemple, commence ses aventures en BD comme pilote pendant la deuxième guerre mondiale. Or, tout au long des albums lui étant consacrés, il poursuit sa carrière aux commandes d'appareils de plus en plus modernes et rencontre, sans jamais vieillir, les différents présidents en exercice, dont Reagan par exemple. Dans cette série typiquement européenne, aucune réécriture n'intervient. La dissonance cognitive est donc admise sans aucune volonté de la diminuer de la part des auteurs. Malgré tout, sa diminution étant naturelle, elle est alors assumée par les seuls lecteurs. Ceux-ci développent la doublepensée nécessaire à l'acceptation du fait, pourtant logiquement impossible, qu'un même héros peut être présent à la bataille de Midway, vétéran de la guerre de Corée et partie prenante dans les plus récentes actions militaires occidentales. La vérité du moment devient "temporairement" absolue mais peut mentalement se réécrire lorsqu'il le faut. Ce n'est jamais dit ou pensé clairement mais lorsque Buck Danny est aux commandes d'un F-14, le lecteur "oublie" volontairement que le même personnage pilotait déjà de vieux Grumman dans le Pacifique.
La même gymnastique peut se retrouver sur des séries comme Michel Vaillant, ou un même pilote va conduire des antiquités et les plus récentes Formule 1, sans aucune explication ou "remise à niveau" de la part des scénaristes.
Dans d'autres cas, le contexte et le temps "figé" vont jouer en faveur du statu quo. Les Tuniques Bleues par exemple ne vieillissent pas parce que l'histoire est liée à la guerre de sécession, autrement dit une période très précise (en l'occurrence, de 1861 à 1865). Pour les séries qui ont un début et une fin, comme XIII, évidemment le problème ne se pose pas.

En quelques dizaines d'albums, époque et zincs ont bien changé...

En BD, le système presque naturel du doublethink semble donc être un joli compromis en ce qui concerne les on-goings s'étalant sur de nombreuses années. Attention tout de même.
S'il faut manipuler des faits contraires tout en oubliant parfois leur existence, il s'agit là d'un confort purement artistique et fictionnel. Si dans 1984, la doublepensée se termine par la capitulation de Winston, qui va jusqu'à trahir Julia sous la torture, dans la réalité, nous ne souhaitons qu'un peu de sens dans nos lectures.
Orwell, lui, a dit, par l'intermédiaire de Winston, que "la liberté est la liberté de dire que deux plus deux font quatre".
C'est logique, essentiel, sensé. Et terriblement précieux.
Bien souvent aujourd'hui, certains faussent les additions, réécrivent l'Histoire, réinterprètent des faits anciens. Et ce faisant, ils mordent sur nos libertés. Pour de vrai.
D'autres, dans un univers purement fictionnel, nous demandent parfois de fermer les yeux sur la manipulation des chiffres. Pourquoi pas ? Nous pouvons bien concéder un peu de logique à la magie des planches.
Courber la réalité, la plier à nos besoins, permet alors de profiter pleinement des sagas passées tout en conservant à nos héros un âge approprié à leurs activités contemporaines. Une jolie façon de tricher en quelque sorte, sans que, pour une fois, personne n'ait trop à s'en plaindre.

Grâce à la doublepensée, Spider-Man peut assister aux manifestations étudiantes de la fin des années 60 et, avec la même crédibilité, être présent sur les décombres encore fumants du World Trade Center en n'ayant vieilli que de quelques années. Pour épargner au Tisseur et à ses illustres collègues l'affront du temps qui passe ou le ridicule de la contradiction, nous sommes devenus des Winston au service d'une douce Océania.
Et que les fans d'Orwell se rassurent, nous, nous ne sacrifierons pas de Julia. Peut-être juste une Mary Jane à l'occasion (cf. la partie Amazing Spider-Man de notre dossier Straczynski), mais ce sont là une histoire et des impératifs bien différents...

[2]


[1] Crédit image : RockLou (Douglas Gavelin), via DeviantArt.
[2] Infographie par Christian Tate, texte de Owen Williams.
NOU3 : animaux de compagnie & ultra-violence
Par


Suite de notre tour d'horizon des meilleurs comics (cf. notre dossier Best Of) avec WE3, une œuvre tragique mettant en scène d'adorables bestioles.

Bandit, Tinker et Pirate auraient pu continuer à couler des jours paisibles au sein des familles qui les aimaient, malheureusement, ils ont été enlevés. Aujourd'hui, ils ne sont plus que des numéros.
1, 2 et 3 sont des prototypes destinés à atteindre l'objectif du "zéro mort" sur les champs de bataille humains. Implants, exosquelettes et améliorations en tout genre ont fait d'eux un véritable arsenal sur pattes. Ils ont même acquis un langage basique, une intelligence presque... humaine.
Quand les tests se terminent et que la deuxième phase s'engage, 1, 2 et 3 deviennent obsolètes. Sacrifiables.
L'une des scientifiques responsables du projet, prise de remords, les laisse s'enfuir. C'est alors toute l'armée US qui se lance à leur poursuite. Aidée, bien sûr, par quelques molosses de guerre. 1, 2 et 3 vont devoir se battre. Encore. Pour leur survie mais aussi pour retrouver le chemin de ce qu'ils appellent, parfois, "maison".

Voici une histoire qui risque fort de vous marquer durablement. L'excellent scénario a été écrit par un Grant Morrison dont on connaissait déjà le talent mais qui parvient, ici, à nous toucher peut-être plus encore que d'habitude grâce à de petits animaux, aussi dangereux qu'émouvants. Les dessins sont signés Frank Quitely, pas un inconnu non plus donc, qui nous offre un découpage incroyablement travaillé, des angles de vue originaux et stupéfiants d'efficacité, des traits frisant la perfection et, grenade à fragmentation sur le gâteau, quelques scènes qui peuvent aisément figurer parmi les plus spectaculaire jamais vues.
La planche ci-dessous montre, par exemple, un type en train de se faire... "évaporer" par un tir nourri. Les projectiles semblent surgir de la page pour boucher notre champ de vision et ce n'est qu'après un moment que l'on commence à distinguer du sang, des membres, derrière ce pudique brouillard de balles. Sensations garanties.


Le fait de choisir, comme personnages principaux, un chat, un chien et un lapin peut sembler quelque peu enfantin. C'est du moins ce que l'on peut se dire au départ, surtout en voyant les animaux arborer des armures très "manga", aux douces couleurs pastel. C'est pourtant une habile trouvaille qui fonctionne très bien. Non seulement l'opposition entre l'innocence des bêtes et le rôle qu'on leur destine n'en est que plus évidente mais, surtout, le lecteur - à moins d'avoir un putain de cœur de pierre - est cueilli tout de suite.
Les animaux ne sont pas choisis au hasard d'ailleurs : ce sont probablement les espèces les plus proches de l'homme, les plus attachantes, mais aussi les plus fragiles et tributaires de nos actions.
Le danger évident serait de verser dans l'anthropomorphisme et, en cherchant la corde sensible, de nous prendre pour de gentilles nouilles trop émotives. Pourtant, le risque est évité et c'est presque l'inverse qui est mis en scène, car à travers la perte de leur "animalité", c'est bien de la perte de l'humanité - ou de ce qu'elle devrait être - qu'il est question.

Bien des dérives sont possibles sur l'interprétation du sens de cette série. Il n'est pas question d'en faire un pamphlet anti-militariste (l'homme est ainsi fait qu'il a besoin d'avoir des flingues pour calmer les ardeurs de ses voisins) ni d'en profiter pour sacraliser l'animal au-delà du bon sens (certaines expérimentations doivent être tentées si elles peuvent sauver des vies). Par contre, si l'on quitte les fanatismes idéologiques de tout bord, l'on peut se laisser aller à méditer sur la place de l'animal dans la société (même celui qu'on bouffe, un poulet, c'est moins mignon qu'un chaton, mais ce n'est pas une raison pour l'élever en batterie) ou sur celle de l'homme, qui corrompt tout et se donne bonne conscience pendant cinq minutes en signant une pétition contre la corrida (sans même connaître les tenants et aboutissants de cette pratique) puis sans va joyeusement reprendre son rôle de connard absolu au volant de sa Renault en roulant, sans le faire exprès évidemment - les imbéciles ne font jamais rien exprès - sur la première bestiole qui traverse une rue un peu trop droite et trop longue. Les petites habitudes à la con tuent bien plus que les "grandes causes". Mais qui se préoccupe vraiment des petites habitudes à la con ?

Ce comic Vertigo, d'une centaine de pages, a été publié par Panini en 2006, puis réédité par Urban Comics en 2012 dans une version Deluxe, agrémentée de bonus. Ce dernier ouvrage est toujours disponible au prix de 15,50 euros.
Une belle BD, bénéficiant de magnifiques dessins et d'un propos suffisamment rare et profond pour vous remuer le bide, voire les méninges.



+ Les points positifs - Les points négatifs
  • L'impact émotionnel.
  • La virtuosité de Quitely.
  • L'association animaux/technologie.
  • RAS.
Pop Science
Par

Petite info, les matous, sur une nouvelle rubrique périodique à venir sur UMAC !

Est-ce que vous vous rappelez de vos cours de science physique au collège ?
C'était chiant, hein ?
Peut-être même que vous êtes actuellement scolarisé, auquel cas c'est encore plus chiant.
Eh bien, nous allons tenter de vous faire aborder la science autrement.

Pour cela, nous accueillons dans l'équipe Cédric, alias Feezhic, un physicien (un vrai, hein), enseignant et chercheur, mais aussi fan de science-fiction et vulgarisateur (jetez donc un œil à son profil dans la section Staff, ainsi qu'à sa chaîne youtube).

Les pastilles Pop Science vous feront découvrir la science dans ce qu'elle a de plus merveilleux et fascinant. Il y a aura des vidéos, des réponses que l'on espère simples à des questions compliquées, et, forcément, des références à la pop culture.

Et j'ai même le droit de jouer avec des tubes à essai !
Miaw !