Kaamelott vs SJW (ou la Fable des trois Bécasses et du bon Roi)
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Allez, ça faisait longtemps, c'est reparti pour une petite analyse d'un article débile, cette fois très critique envers le public de Kaamelott.

Une fois n'est pas coutume, il ne s'agit pas d'un torchon publié sur Slate mais sur Konbini. Mais ne vous sentez pas dépaysé, c'est les mêmes bestiaux. L'article est signé Marion Olité, rédactrice en chef de Biiinge, spécialisée dans les séries "féministes" et LGBTQ+. Ah, ça pose tout de suite le bazar. On sent dès le départ le trop-plein de temps libre et le manque de neurones.
Mais, analysons ça en détail. Vous allez voir, ce n'est pas triste, Marion étant littéralement une usine à inepties et à idées reçues.

Déjà, ça commence avec de l'écriture inclusive et du point médiant. Tant qu'à faire, autant que la forme soit aussi ridicule que le fond. L'auteur de l'article nous annonce qu'elle va s'intéresser aux fans de Kaamelott, une "fandom" (une communauté, en gros) qui "s'est révélée plus d'une fois problématique".
Là déjà, ça part très mal.
La "communauté des fans de Kaamelott", ça n'existe pas. Ou plutôt, Kaamelott est un dénominateur commun trop vague pour que les spectateurs de la série puissent être désignés sous le terme "communauté". Donc, comment une entité inexistante pourrait-elle "poser problème" ? 

Marion invite du coup une copine universitaire, Justine Breton, qui tente de définir ces gens "qui posent problème". Pour elle, si une "fandom" est l'ensemble des gens fans de la série et qui sortent une réplique culte de temps en temps, ça représente une centaine de milliers de personnes. Hmm... drôle d'estimation à la louche. Les "fans" de Kaamelott me semblent bien plus nombreux que ça. Difficile je pense de faire un million d'entrées en une semaine, en pleine pandémie (et alors que la fréquentation des cinémas est en baisse) avec une fanbase de 100 000 peigne-culs. Le nombre est donc sous-évalué, mais même s'il était juste, 100 000 personnes, c'est énorme. C'est à peu près toute la population de Nancy ou de Caen. Il est donc évident que dans un échantillon aussi large, l'on trouvera de tout. Des intellectuels et des débiles profonds, des boulangers, des dentistes, des étudiants, des chômeurs, de braves gens et même des criminels. Ils ne forment donc pas une communauté cohérente, même s'ils sont tous fans de Kaamelott.

Mais bon, admettons. Voyons ce qu'il leur est reproché à ces gens (ou peut-être devrais-je dire "nous", vu que j'aime plutôt bien cette saga moi aussi, cf. cet article). "Premier grief fait aux fans de la série : cette manie de reprendre en boucle ces répliques que l'on a entendues 1000 fois."
Alors, deux remarques : 
1. Perso, je ne radote pas des répliques de Kaamelott en boucle. Et je ne crois pas connaître quelqu'un qui fasse ça.
2. Ben, ça va, comme "communauté qui pose problème", je m'attendais à quelque chose de bien plus chaud. Il y a pire comme salauds en France à l'heure actuelle, a priori.

Il y a ensuite une pintade ("MauvaiseFille", issue de twitter, on est au bord du pléonasme) qui explique qu'à chaque fois qu'elle rencontre un mec qui cite des répliques de Kaamelott, elle sait que ça ne va pas marcher entre elle et lui. Le fait que ce soit une chieuse qui ne supporte rien n'a évidemment aucun rapport avec son célibat prolongé...

Ça vole haut jusque-là, hein ? Je vous cite carrément tout le paragraphe suivant, il est magique :
"Kaamelott, c’est un peu la série phare des trentenaires à sensibilité de gauche vintage, celle des années 1990, début 2000. Et, à l’image de ses personnages, elle cible – consciemment ou non – en premier lieu un public précis, les hommes geeks et blancs de France, qui tenaient là une belle revanche contre le monde des intellos snobinards."
Wow... autant de conneries en aussi peu de phrases, c'est presque un record.
Alors, il me semble que Kaamelott touche un public bien plus vaste que les seuls trentenaires déjà. Mais surtout, c'est quoi une "sensibilité de gauche vintage" ? Pff... sensibilité de gauche économique ? Sociétale ? Et le "vintage", il signifie quoi ? Dépassé ? Ringard ? À l'ancienne ? Qu'est-ce que c'est que cette manie d'affirmer des théories venues de nulle part et de les étayer par des définitions tellement vagues qu'elles sont incompréhensibles ? 

Et Kaamelott "ciblerait" un public particulier ? S'il y a bien un auteur en France qui a su s'éloigner justement de la pure logique commerciale (ne serait-ce que sur le choix du design des boîtiers DVD, ou sur le merchandising, très contrôlé), c'est bien Alexandre Astier. Et lorsque l'on écrit, de toute façon, on ne cible personne. On écrit (si on le fait bien, en tout cas) pour soi, sans tenir compte d'un éventuel public.
Ce n'est pas fini, ce public visé serait les "hommes geeks et blancs". Ah bon ? Pour quelle foutue raison ? Rien n'est jamais argumenté, c'est dingue, et dire que ça fait partie d'une association de "critiques". 
Geek, déjà, ne veut rien dire. Si à l'époque, cela avait un sens aux États-Unis (où cela désignait de manière insultante une "caste" bien à part), c'est devenu aujourd'hui tellement flou que ça ne désigne plus rien ni personne. Ou plutôt, ça désigne tout le monde (lecteurs de BD, fans de SF, gamers, pratiquants de JdR...), donc personne. Et pourquoi ça ne viserait que des Blancs ? Parce que les personnages principaux (très logiquement) le sont ? Donc, ça veut dire qu'une série ou un film avec des acteurs majoritairement noirs ne pourrait pas intéresser des spectateurs blancs ? Encore une fois une preuve que les fameux "anti-racistes" modernes ne voient tout que par le prisme de la race. 
Et enfin, dernière connerie de ce pourtant court paragraphe, qu'est-ce que c'est que cette histoire de revanche sur les "intellos snobinards" ? J'imagine que ces intellos sont opposés à des gens un peu "simples" on va dire. Et qui ne seraient pas snobs. Donc, quoi... des paysans non-sectaires ? des paysans sympas ? Ben, ça me va comme définition. Par contre, pourquoi faudrait-il obtenir une revanche sur les intellos snobinards ? De qui parle-t-on exactement ? En quoi Kaamelott serait un pied-de-nez à ces gens ? Encore et toujours ce flou qui permet finalement au lecteur de penser ce qu'il veut (ce qui est bien pratique pour ratisser large).
Quant au milieu intello-snobinard, si l'on parle bien de ce microcosme de parisiens dégénérés, qui aiment notamment les relations sexuelles avec de très jeunes enfants et souhaiteraient qu'elles soient dépénalisées (cf. le manifeste signé à l'époque par Jack Lang, Bernard Kouchner, Cohn-Bendit, Louis Aragon, Roland Barthes...), difficile de toute façon de s'y identifier. Même en étant écrivain, en ayant 140 de QI et une solide culture générale, impossible de se sentir proche de cette clique de personnages nauséabonds. 
Donc, si on résume, Kaamelott, c'est la revanche des bouseux un brin vulgaires sur les pédophiles parisiens [1]. Hmm... je ne vois pas en quoi, mais ça me va.

Et on n'est pas rendu au bout du truc hein...
Bon, la meuf sur twitter balance ensuite une nouvelle remarque brillante : "Je serai un white guy fan du Moyen Âge, je serai au summum de mon existence au moment où Kaamelott sort !"
Déjà, d'une, il ne s'agit pas du Moyen Âge mais de l'Antiquité. Mais bon, elle était certainement trop occupée à se faire les ongles quand le sujet a été abordé à l'école. De deux, c'est "je serais", le futur est ici impropre, c'est le présent du conditionnel qui s'impose (mais c'est sans doute Marion qui est à incriminer... ah pour foutre des points médians, elle est forte, mais pour conjuguer correctement un verbe, il n'y a plus personne). Et de trois, toujours ce continuel rapport à la race, mâtiné d'un franglais qui trahit les origines de ces théories débiles.
Vous remarquerez que chez les SJW ou "progressistes", la forme importe aussi peu que le fond : je ne sais pas écrire, je n'y connais rien en Histoire non plus, je ne suis pas foutu d'argumenter, mais on s'en fout, ce qui compte, c'est de taper sur des mecs blancs. Misère...

Les trois bécasses s'attaquent ensuite à l'humour spécifique de Kaamelott, en le caricaturant par "un personnage intelligent qui tente d'expliquer des trucs à des personnages trop bêtes pour comprendre". 
Alors, pour être honnête, il y a de ça, mais c'est un peu réducteur. Il y a notamment des "passes d'armes" à la Audiard, entre personnages de même niveau intellectuel, qui valent aussi le coup. 
Après, il existe trop d'humours différents pour que Kaamelott soit universel. Je peux donc tout à faire comprendre que certains n'aiment pas la série. Là encore, je ne vois pas en quoi ça pose problème, il existe des tonnes de séries soi-disant comiques qui ne m'occasionnent pas le moindre rictus sans que je n'aie pour autant l'idée de venir m'en plaindre. 
Bon, les pintades se plaignent surtout du fait qu'apparemment, des gens leur on dit que si elles ne comprenaient pas l'humour de Kaamelott, c'était parce qu'elles n'étaient pas assez intelligentes. Du coup, elles l'ont mal pris. Mais, quand on voit le niveau de ce qu'elles étalent dans cet article, effectivement, on voit bien que l'on n'a pas affaire à des prix Nobel. 

Viennent ensuite des considérations sur Astier lui-même, qui serait à tort (ou "trop") considéré comme un "génie". Là, j'avoue que je suis d'accord (j'essaie de faire preuve d'honnêteté intellectuelle, même Marion et Justine peuvent émettre des avis pertinents de temps à autre). J'ai toujours pensé qu'Astier était un excellent auteur, mais qu'il pouvait aussi se tromper (cf. L'Exoconférence ou les longueurs insupportables du Livre VI). Ce n'est d'ailleurs pas grave de se tromper, ça n'enlève rien au mérite du gars, à son parcours, au fait qu'il produise, la plupart du temps, de l'excellent travail. Mais il faut juger l'œuvre de manière dépassionnée, sans considération pour la sympathie (ou pour certains l'admiration) éprouvée pour l'auteur.
Donc, un bon point pour Riri, Fifi et Loulou. J'ai l'impression qu'il n'y en aura pas des tonnes.

Allez, on retombe tout de suite dans la connerie avec une affirmation qui relève à la fois de l'extrême naïveté et de la pure hypocrisie : "Critiquer Kaamelott, c'est s'exposer à des critiques, notamment sur les réseaux sociaux."
Ces filles ont grandi avec internet et ces saloperies de réseaux, elles utilisent sans doute elles-mêmes l'effet de meute à leur profit, mais elles découvrent que, ouais, sur internet, les connards sont en roue libre et s'inventent des couilles. Critiquer n'importe quoi, sur internet, c'est s'exposer à des critiques. Même proférer des banalités, c'est s'exposer à des critiques. Ce n'est en aucun cas un phénomène propre aux fans de Kaamelott. C'est juste que parmi cette vaste "communauté" (qui n'en est pas une), il y a des gens qui ont le temps, la motivation et la bêtise d'aller harceler ceux qui ont un avis contraire au leur. Ça s'appelle la connerie humaine.

Pour le moment, alors qu'on est à plus de la moitié de l'article, on ne sait toujours pas ce qui "pose problème" avec les fans de Kaamelott. Mais on y vient.
Pour les trois mousquetaires, Kaamelott comporterait des blagues sexistes et homophobes. Là, il faut bien comprendre que l'on est dans un lexique SJW et dans une logique parallèle. Il n'y a rien d'offensant pour les femmes ou les homosexuels dans cette série, bien entendu, mais de nos jours, tout (et même son strict contraire, cf. cet article) peut être interprété comme raciste, misogyne, homophobe ou n'importe quoi en "phobe". Par exemple, l'épisode où Arthur se retrouve dans la même chambre que l'évêque Boniface est considéré par ces gens comme homophobe. Et, bien entendu, sans aucune considération pour le contexte, l'époque, les personnages, l'effet voulu, etc. Même si Arthur (Arthur, pas Astier !) était disons... peu enclin à bien considérer les homosexuels, ne serait-ce pas normal à l'époque ? Et, de toute façon, cet épisode avec Boniface n'est qu'un prétexte à divers gags, dont certains reposent effectivement sur le fait que le personnage d'Arthur est gêné de dormir avec un homosexuel (et surtout soucieux à l'idée que ça puisse se savoir). En quoi est-ce "homophobe" ? 
Jusqu'à preuve du contraire, l'homophobie, c'est agresser, physiquement ou verbalement, un individu à cause de sa sexualité. Il ne fait pas ça, Arthur. Astier encore moins. Par contre, oui, l'homophobie ça existe, même moi qui ne suis plus l'actu, je vois régulièrement passer des infos sur telle ou telle personne qui a été tabassée à cause de son orientation sexuelle. Mais, les SJW sont bien trop occupés à combattre les auteurs et la fiction pour se préoccuper du réel. Il faut dire que le réel a des conséquences physiques parfois, alors qu'ânonner des lieux communs sur le net, en déféquant sur de l'imaginaire, c'est sans risque. Ah ben, on se trouve les combats que l'on est prêt à mener hein...

Bref, on nous parle d'une nana qui aurait fait remarquer à Astier le caractère sexiste et homophobe de sa série (sic), celui-ci aurait répondu sèchement qu'il faisait ce qu'il voulait (on le comprend !) et la "communauté des fans" serait tombée sur la demoiselle, en l'insultant, la menaçant, etc.
Donc, non, pas la "communauté", juste quelques imbéciles. Et encore une fois, comment ne pas s'y attendre ? Internet est le paradis des lâches qui n'agissent jamais dans le réel. Donc, une bécasse se découvre subitement le courage virtuel d'aller ahaner en public quelques remarques désagréables et stupides à un auteur, puis elle découvre qu'il existe aussi con qu'elle et le déplore... ben oui mais, machine, assume. C'est déjà pas glorieux d'être une simili-guerrière du net, tu peux au moins supporter que tes méthodes se retournent temporairement contre toi. 

Là, Marion passe à la vitesse supérieure en nous sortant que non seulement, l'humour de Kaamelott ne passerait plus aujourd'hui (en effet, c'est pas comme si le film qui vient de sortir cartonnait), et surtout, et là c'est bien plus grave, elle nous dit qu'Arthur et Astier, c'est la même chose !
"On imagine bien qu’Alexandre Astier n’avait évidemment pas en tête de "lâcher les chiens" sur cette femme. Pour autant, ce fandom ultrafidèle a été créé à son image et à celle du personnage principal de Kaamelott qu’il incarne, Arthur Pendragon, les deux se confondant tant ils sont proches."
Là on est donc dans du délire pur et de la diffamation. Non, un auteur ne peut se confondre, en aucun cas, avec l'un de ses personnages. Si l'on ne comprend pas ça, l'on n'est pas capable par exemple de faire la différence entre les inclinations d'un personnage, ses défauts, son caractère, et cetera, et ce qui relève de l'éventuel message que souhaite faire passer l'auteur. Si l'on ne comprend pas ça, l'on n'est pas capable de (bien) jouer à un jeu de rôles (en s'éclatant à interpréter des personnages très différents de ce que l'on est) et l'on en est réduit à employer des X-Cards (cf. cet article). Si l'on ne comprend pas ça, l'on n'est pas capable de critiquer une œuvre, parce que l'on manque du recul et de l'intelligence nécessaires pour distinguer ce qui relève de la fiction et ce qui relève des propos tenus par un individu réel. 

Marion poursuit en expliquant, en gros, qu'Astier à les fans qu'il mérite (donc, des cons), et que les séries "qui véhiculent bienveillance et amour" n'ont pas ce problème de "fandom" malodorante (tu la sens, toi aussi, la "bienveillance" de Marion ?). 
Rhaa, mais Marion, tu es tellement conne, ça dépasse les limites du raisonnable.
On ne peut pas écrire de bonnes fictions avec uniquement de "la bienveillance et de l'amour". Pour des tonnes de raisons :
- Si tout est merveilleux et "bisounoursé", il n'y a juste pas d'intrigue.
- Il ne faut pas confondre la finalité d'une œuvre, ou le message véhiculé, et les embûches qui permettent d'aboutir à cette finalité.
- On ne lit pas pour être chouchouté et maintenu dans un confort factice mais pour expérimenter, pour ressentir des émotions puissantes et "sans risques", pour atteindre le processus de catharsis.
- Si tu n'acceptes que les œuvres "bienveillantes et véhiculant de l'amour", tu mets donc à l'écart l'ensemble des auteurs classiques ou modernes (de Racine à Stephen King, en passant par Orwell ou Shakespeare). Ça va, tu n'as pas du tout l'air d'une psychopathe hystérique du coup...

On a ensuite une explication vide de sens sur le processus d'identification. Rappelons que l'on ne s'identifie pas à un personnage parce qu'il a la même couleur que nous, le même caractère, le même âge, mais parce qu'il souffre. C'est l'affect négatif qui soude. On peut devenir frères d'armes parce que l'on s'en prend plein la gueule, ensemble, mais personne ne devient frères de Nintendo ou frères de Star Wars. Quand un spectateur ou un lecteur s'identifie à un héros, ce n'est pas par hasard ou par choix, mais parce que l'auteur l'a décidé, en montrant une souffrance partagée donc reconnue. 
Tain mais, cette meuf est une critique pro (ou disons une soi-disant spécialiste) et elle ne comprend même pas ça ? C'est pas possible d'être à côté de la plaque à ce point-là !

L'autre andouille continue avec ces biais psychologiques et ses rapports logiques accouchés aux forceps en nous disant que (je résume, mais en gros c'est ça), Astier étant un gros bourrin fan d'Astérix, il a une communauté de fans à son image. Elle parvient même à sortir que si Astier est respecté, c'est en partie à cause de "la grande intelligence" dont il a fait preuve dans "le domaine scientifique" avec l'Exoconférence. Pas de bol, c'est son pire spectacle et sa plus mauvaise œuvre. Et il y fait plus preuve de condescendance stupide que d'intelligence. Et ce que je viens de dire ne m'empêche nullement d'aimer Kaamelott et de reconnaître qu'Astier est un auteur respectable. 
Encore une fois, Marion (qui m'a l'air d'être bien remontée contre ce pauvre Alexandre), fait comme si le fan de Kaamelott était dénué d'esprit critique. Pour elle, il n'y a que deux états possibles : le fan masculiniste, homophobe et sexiste de Kaamelott, prêt à tout pour défendre son maître, et ceux qui n'aiment pas Astier, l'humour de Kaamelott, et pensent comme elle à la virgule près. Ben non Marion, le monde, les gens, c'est un peu plus compliqué que ça. Tu as une approche enfantine de style "gentils ou méchants", mais ça n'existe pas ça. Enfin, si, chez les SJW, mais dans le monde réel, tu verras le jour où tu ouvriras des livres d'Histoire, où tu aiguiseras ton esprit, où tu commenceras à réfléchir par toi-même, sans "prêt-à-penser", que les nuances de gris, ce n'est pas réservé à la ménagère en mal de SM soft. Rares sont les génies absolus. Les gentils absolus. Ou les salauds absolus. L'être humain est une machine un peu plus complexe que ça, Marion. Le crétin fan de Kaamelott que tu décris existe, j'en suis certain, mais tu ne peux, sur la seule base de cette existence, élaborer une théorie venant diffamer et insulter tous les fans de cette série. Tiens, toi qui aimes tout aborder par le prisme de la race, c'est un peu comme si tu te faisais agresser par un Noir, et que tu en tirais la conclusion saugrenue et fausse que tous les Noirs sont méchants. C'est débile. On juge les gens sur ce qu'ils font, pas ce qu'ils sont. Fan de Kaamelott ou Blanc ou Noir, ce sont des états, ça n'induit rien de positif ou négatif. T'insulter parce que tu profères des inepties (comme je l'ai fait à quelques reprises dans cet article), c'est un fait. J'ai mes défauts, je le reconnais. Ce que tu peux me reprocher, ce n'est pas de défendre Astier (que je critique parfois par ailleurs) ou d'être un membre de cette "communauté" de fans qui n'existe pas, mais juste de ne pas avoir eu envie de faire preuve de retenue à ton égard. Le "bécasse", il ne t'est pas adressé par tous les fans de Kaamelott, ou tous les Blancs, ou tous les Mosellans, juste par moi. On ne peut mutualiser ce qui relève de l'individuel. Je ne sais pas pourquoi je fais semblant de te parler, à l'évidence, tu ne lis pas UMAC. Sinon, tu aurais quelques bases en grammaire et en analyse concrète et technique de la fiction.

Pfiouu, on n'en est pas encore à la fin, mais ça approche. 
Voyons ce qui ne va toujours pas dans la série selon Marion (remarquez qu'au départ, elle parle de problèmes avec les fans, pour au final critiquer la série elle-même, donc Astier, qui aurait rassemblé les pires salopards grâce à son écriture infâme). Si Kaamelott attire les pires connards du monde moderne, c'est parce qu'il n'y a pas assez de femmes dedans, ni assez de personnages "issus de la diversité". Pff... c'est usant tellement c'est stupide.
Bon, des femmes, il y en a un paquet quand même : entre Guenièvre (qui prend une importance énorme dans le temps et dont le personnage est grandement étoffé), Dame Séli, la Dame du Lac, Mevanwi, sans parler des maîtresses d'Arthur, d'Angharad (au caractère bien trempé) ou Aconia, ce ne sont pas les rôles féminins qui manquent. 
Pour la "diversité", ben évidemment, andouille, ça se passe en Bretagne (pas la région française, la Bretagne antique) ! Ta "diversité", elle est absente à cette époque ! Le melting pot, le grand remplacement ou quel que soit le nom qu'on donne à ce mélange qui ne fonctionne pas, il arrive bien après. Et pourtant, malgré tout, il y a des rôles mettant en scène, dans Kaamelott, des acteurs d'origine étrangère (puisque c'est cela que désigne le terme de novlangue "diversité") : Attila, joué par Lan Truong ; Narsès, joué par Denis Maréchal ; Papinius jeune, joué par Ayman el Kadhi... tout ça, c'est encore trop blanc pour toi Marion ? Il n'y en a pas des tonnes, de ces exemples de "diversité", on est d'accord, mais le contexte ne s'y prête pas. Et malgré le contexte, on en trouve (sauf que toi, tu les ignores puisque ça t'arrange, ou sans doute que tu ne les connais même pas).

Ensuite, la "médiéviste" (quand on vous invente un titre à la con comme ça, c'est en général que vous n'avez aucune compétence de validée dans votre domaine d'intervention... si Justine était docteur en Histoire, on nous l'aurait signalé, mais puisque son seul fait d'armes, c'est d'avoir fondé un forum sur Kaamelott, elle devient "médiéviste") nous apporte une information cruciale, qui a sans doute demandé une étude approfondie. Attention, je vous la livre. Prêt ?
"Comme le pointe du doigt la médiéviste Justine Breton, les fans de la comédie sont en fait composés à moitié d’hommes et à moitié de femmes."
Wow... sans déconner ? T'es sûre, Justine ? Attention, tu vas loin là...
Rhalàlà, mais je n'oserais jamais inventer, en tant qu'auteur, des répliques aussi stupides. Et pourtant, ça existe en vrai. Donc, oui, quand un domaine devient populaire, passé un certain cap, le nombre de femmes et d'hommes a tendance à s'équilibrer. Quelle découverte spectaculaire ! Ah mais bravo Marion, tu nous as déniché le gratin des spécialistes, on se régale.

Du coup, ce constat va à l'encontre de la théorie de départ, qui affirmait que Kaamelott visait un public masculin (et blanc). Mais pour ces gens, se contredire n'a aucune importance, puisque tout se vaut (cf. cet article). Par exemple, tout comme certaines ont "démontré" que le Club des Cinq était "sexiste" parce qu'il était composé d'une jeune fille douce, passive, trop féminine, mais aussi d'une jeune fille un peu bourrine, active, et pas assez féminine (cf. cet article), Kaamelott peut très bien être sexiste parce qu'il n'y a pas assez de personnages féminins ou parce qu'il y en a trop. Pour les SJW, ce qui importe, c'est la condamnation de principe, la mise au ban de la société, et jamais les faits. Si le camp du "progrès" décide que vous êtes par exemple un mauvais père ou une mauvaise mère parce que vous avez giflé votre enfant suite à une bêtise, ce même camp décidera de la même manière que vous êtes un mauvais père ou une mauvaise mère si vous ne le giflez pas. Pour ces gens, si A est "inbon" et que B est le contraire de A, cela n'induit pas pour autant que B est bon. Il faut bien comprendre cette façon très particulière d'appréhender le monde et les faits pour prendre la mesure du côté délirant et névrotique des théories absurdes qui en sont la conséquence.

Bon, le duo magique (Marion/Justine) nous explique ensuite que les hommes sont plus prompts à prendre la parole sur le sujet de Kaamelott que les femmes (sur quelles bases, quelle étude ? d'où ça sort ?). 
Elles parviennent tout de même à admettre, cette fois, que ce n'est pas propre à Kaamelott, mais on sent bien que c'est une hérésie pour elles. Ben effectivement, les hommes et les femmes n'ont pas le même comportement, c'est tout. Parce que, malgré ce que l'on veut nous faire croire, ils ne sont pas identiques (ce qui ne veut pas dire que la femme est inférieure, juste différente). Ils ne sont pas identiques physiologiquement, physiquement, intellectuellement, etc. Ce qui n'est en soi pas grave, mais ce qui est un blasphème pour les partisans de l'égalitarisme actuel. Parce qu'ils ne comprennent pas que l'égalité, raisonnée et raisonnable, ce n'est pas "tout le monde est au même niveau à l'arrivée" mais "tout le monde est au même niveau au départ" [2].

On en arrive enfin à la conclusion (ouuuuf ! non mais, ça a été encore plus dur pour moi hein).
Là encore, en résumant (mais allez vous farcir l'article original si ça vous amuse), Astier est un conservateur (donc un enculé, un fasciste, etc., vous savez comment ça marche) qui est responsable du fait que ses fans soient des gros cons. 
Et pour justifier ça, Marion et Justine avancent ceci : 

"Alexandre Astier répondrait qu’il ne fait pas une œuvre politique et qu’il veut juste raconter son histoire comme il l’entend, d’accord. Mais il faut avoir conscience que toute représentation est politique et sociale, qu’on le veuille ou non. Je pense qu’il est suffisamment intelligent pour avoir conscience qu’il possède un point de vue conservateur, ou du moins pas aussi progressiste qu’il veut bien le faire croire. J’imagine qu’il dirait que ce qu’en font les fans est un autre problème, mais qu’il le veuille ou non, c’est un problème qui le concerne."

Putain mais... même si on était d'accord avec ce qu'elles veulent avancer, c'est tellement approximatif, mal dit, absurde, que ça n'a aucun putain de sens ! On dirait une gamine qui fait une dissertation pour la première fois de sa vie !
Toute "représentation", c'est-à-dire ? Toute fiction ? De quoi on parle ? 
"Est politique et sociale, qu'on le veuille ou non.", pourquoi ? Qui dit ça ? Quels sont les arguments, les exemples, les citations d'auteurs, de philosophes ? 
"Il possède un point de vue conservateur", c'est-à-dire ? Sur quoi ? Où est la démonstration ? Ce n'est pas parce que tu n'aimes pas un auteur, ou parce que tu n'apprécies pas son humour, qu'il est "conservateur". C'est encore un mot-poubelle qui ne veut rien dire, que chacun peut modeler et déformer à sa sauce ! Des faits, bordel !
"Pas aussi progressiste", pareil, c'est quoi le "progrès" ? Des œuvres avec des quotas et de "la bienveillance" ? Eh ben, on va se marrer tiens...
"Qu'il veut bien le faire croire", mais quand, à quel moment veut-il faire croire qu'il est "progressiste" ?
C'est incroyable ce brouillard permanent, cette négation du sens et du signifiant, qui permet d'affirmer dans la ouate et le mépris de l'intellect !

Et tout ça pour en arriver là ?? "Astier n'est pas assez comme nous" ??
Parce que c'est ça, au final. Il ne s'agit pas d'une critique argumentée sur la série, encore moins d'une analyse sur une communauté inexistante (attention, les fans de Kaamelott, ça existe, ils sont même très nombreux, mais je nie le fait qu'ils forment une communauté), mais juste de deux petzouilles qui n'aiment pas la série, le disent maladroitement en public, se sont pris quelques gros lourdingues sur le râble et viennent pleurnicher parce qu'une œuvre qu'elles n'ont pas écrite n'est pas conforme à leurs idées.
Ben là, Marion et Justine (et l'autre pétasse de twitter, dont j'ai oublié le pseudo), je vous conseille de rester sur le net hein. Parce que, dans le monde réel, vous allez souffrir. Pis surtout, si pour vous le combat urgent, c'est une série qui est justement plutôt "feel good" (dans ses premières saisons en tout cas) et très bien écrite, il va falloir revoir votre façon de hiérarchiser vos priorités. Parce que, l'homophobie, la violence, ça existe, même en France. Ça fait même des morts. Mais ce n'est pas chez les fans de Kaamelott qu'il faut chercher la tendance la plus marquée à "casser du pédé" ou à "agresser des femmes". 
Vos condamnations, en plus d'être ineptes, maladroites et risibles, car jamais étayées, sont iniques car elles se trompent de cible et font d'un auteur innocent la victime désignée de vos fantasmes malsains et de vos conflit psychiques personnels non résolus (ça s'appelle une névrose, ce n'est pas grave tant qu'on ne fait pas chier le monde entier avec). 

Que dire en conclusion d'un tel fatras d'âneries ? 
Qu'on est mal barré ? Si vous avez de l'eau chaude dans la cafetière, vous vous en êtes déjà sans doute rendu compte. 
Que ça va empirer ? Ma foi, je le crains. Le règne des demeurés, affirmant beaucoup, argumentant peu, est advenu.
Qu'il est encore permis d'espérer ? Oui, la lumière, même faiblarde, n'est jamais si importante qu'au cœur des ténèbres. Et puis, nous avons été plus d'un million à montrer aux abrutis sectaires que l'espoir, que la passion, que le libre arbitre étaient encore des notions vivaces. Oh, je ne me fais pas d'illusion, contrairement à Marion et Justine, je ne généralise pas. Sur ce million de spectateurs, il y a de tout. Des héros, des alcooliques, des professeurs, des violeurs, des génies, des Parisiens, des putes, des femmes non tarifées que je ne fréquenterais pour rien au monde, des homosexuels respectables, des homosexuels qui sont des connards finis (oui, ça arrive aussi, l'on n'est pas défini par ce que l'on est mais ce que l'on fait), des trans, des militaires, des racailles, des flics, des psychopathes et des journalistes, pour la plupart incultes. Cela, ce n'est pas une supposition, c'est un fait statistique. Et cela aussi, c'est une lueur dans la nuit. Car l'on peut être des millions à être fans de Racine, de Saint Seiya, de The Big Lebowski, de Spider-Man, du grand Meaulnes, de Maiden, de Dorothée, et de Kaamelott... sans pour autant se ressembler, sans être des clones, sans former une pseudo-communauté où chacun serait solidaire de la connerie des autres, ou profiterait de l'intelligence de certains. 
S'il y a bien un principe, un seul, sur lequel jamais personne ne doit transiger, c'est que l'on n'est responsable que de ce que l'on fait. Ce que l'on est n'est pas condamnable. Et ce que les autres font au nom d'une fiction, lorsque l'on est auteur, ne peut nous être imputable. Aussi, je serai toujours aux côtés d'un Astier (que je ne connais pas personnellement, et dont je critique certaines œuvres) lorsqu'il est aussi injustement et absurdement attaqué. Oh, je sais qu'il n'a pas besoin de moi. 
Je ne le fais pas pour lui.
En fait, je le fais pour moi...
C'est une question de principe. D'honneur. Une question de choses anciennes, plus trop à la mode.
Mais qui, de toute façon, a envie d'être "à la mode" dans le monde actuel ?

Je vais finir par une évidence, mais qui ne l'est pas tant pour certains apparemment.
On ne peut imputer à la fiction les tares et les injustices du réel. Ce n'est pas vrai. Ce n'est pas parce que "tout n'est pas parfait" dans les romans, les séries, les films, les chansons, que tout ne va pas bien dans le réel. C'est l'exact inverse. C'est parce que la souffrance existe dans le réel que la fiction la reflète. 
De tout temps, les illuminés, les sectaires, les extrémistes, les tarés, ont voulu contrôler la fiction. Personne, jamais, à aucune époque, n'a réussi. Et tant mieux. Je ne suis pas fan de tout ce qui existe, il m'arrive de rager devant le succès de certains incompétents, mais jamais je ne leur dénierai le droit à exister, à faire ce qu'ils veulent, à se tromper. Parce que sans cela, tout s'écroule. Aujourd'hui, je défends Astier, dont j'aime en partie l'œuvre, mais je pourrais tout autant défendre Azoulay et ses séries AB. Non parce qu'elles sont bonnes de mon point de vue, mais parce qu'elles ne sont pas légalement condamnables, ce qui est la seule limite imposable aux auteurs (cf. cet article).

Et puis, si ces gens si "purs", si "déterminés", ont envie de bien faire, pourquoi ne vont-ils pas faire appliquer, dans les rues, la tolérance qu'ils prônent ? Car enfin, reprocher à Astier son "homophobie", alors que chaque jour, des pauvres couillons se font démonter la gueule, dans l'indifférence générale, par des racailles, juste pour un bisou, une attitude, quelques fringues, c'est un peu étrange non ? 
Vous savez pourquoi les "Social Justice Warriors" ne vont pas protéger dans les rues ceux qu'ils disent défendre ? 
Parce que ces gens ne sont ni des guerriers ni des individus justes... juste des lâches qui se sont rêvés soldats, et qui aboient sur des innocents, dans le confort et la chaleur de la meute.


Le courage est le prix que la vie exige pour accorder la paix.
Amelia Earhart

La conscience n’est qu’un mot à l’usage des lâches, inventé tout d’abord pour tenir les forts en respect.
William Shakespeare 




[1] C'est une généralité à la Marion Olité. C'est agaçant hein ? 
[2] Il n'existe rien, en France, à l'heure actuelle, qui freine la carrière des femmes par exemple. Au contraire, certaines arrivent à des postes politiques importants non pour leur pertinence mais pour des histoires de quotas. Les différences existent aussi entre hommes, non "au départ" (tout le monde a droit à l'éducation, à la protection sociale, etc.) mais "à l'arrivée" (parce qu'il existe des cons, des gens intelligents, des fainéants, des bosseurs, etc.).


La Parenthèse de Virgul #34
Par

Hey les matous ! Alors, on dragouille sur les plages ? 
Bon, aujourd'hui, on fait dans le paranormal, mais un genre de paranormal très particulier.
Miaw !

L'effet Mandela
Il va falloir vous accrocher un peu, parce que le niveau de couillonnade est hallucinant. Mais vous allez voir, c'est rigolo quand même. Qu'est-ce donc que l'effet Mandela ? Eh bien, il s'agit de "faux souvenirs" partagés par un "grand nombre" de personnes dans le monde. Ces gens se souviendraient de faits qui, en réalité, n'ont pas eu lieu ou sont très différents. Ce qui a donné naissance à diverses théories, dont des "bugs" dans la Matrice, des univers parallèles, etc.
Or, en réalité, il ne s'agit pas de "faux" souvenirs, mais de stupidités issues de gens incultes. Voyons plus précisément l'exemple qui a donné son nom au fameux "effet".
Tout commence quand une bécasse du nom de Fiona Broome (une blogueuse, qui écrit de nos jours des chefs-d'œuvre, du genre Is your house haunted ? ou Ghost hunting in haunted cemeteries, ce qui prouve qu'elle a bien la tête sur les épaules) assiste à une conférence sur Mandela. La nana est en fait persuadée que Mandela est mort en 1980, d'où son choc quand elle apprend qu'en fait, non, l'homme politique africain est décédé en 2013. Elle n'en revient pas, au point qu'elle interroge ses amis qui, tous aussi cultivés qu'elle, sont stupéfaits eux aussi. Elle met alors un site en ligne pour évoquer cet étrange phénomène... qu'on appelle la crétinerie en Moselle, mais "effet Mandela", c'est clair que ça sonne mieux.

Pourquoi c'est débile ? Eh bien, dans les années 80, Mandela est encore en prison. Et bien évidemment, c'est encore l'Apartheid en Afrique du Sud (le système de développement séparé n'a été aboli qu'en 1991). Or, on sait tous (enfin, quand on a une culture générale à peu près correcte et que l'on ne vit pas dans une grotte de très haute montagne) que Nelson Mandela a été, après sa libération, président de l'Afrique du Sud. Comment pourrait-il avoir exercé cette fonction s'il était mort dans les années 80 ? 
Il ne s'agit évidemment pas de se moquer de quelqu'un qui ne saurait pas donner la date exacte du décès du gars, mais il est évident que ça ne peut être qu'après 2000. Et certainement pas en plein Apartheid. Ça revient à penser qu'Hitler est mort dans les années 20, c'est complètement con.
La pauvre Fiona est donc juste ignorante à un point spectaculaire. 
À une époque, les cancres le savaient qu'ils étaient nuls. Ça ne les inquiétait pas plus que ça. Mais de nos jours, les imbéciles n'ont même pas idée de leurs lacunes, pour eux, s'ils se trompent sur quelque chose, c'est forcément du paranormal. Pour Fiona, impossible d'admettre qu'elle est une nouille de dimension cosmique ! Elle est persuadée qu'elle a affaire à une histoire de réalités multiples qui interféreraient entre elles, une sorte de "saut quantique"...
Ah, c'est réjouissant à quel point c'est niais !

Fiona en personne. Elle a pourtant un regard qui
respire l'intelligence et l'équilibre mental.
Évidemment, tous les demeurés de la Terre (et ils sont quand même nombreux) ont adhéré à ce ramassis de conneries, pressés d'étayer la théorie en étalant leurs propres lacunes. Dans le lot, pour certains, le fameux manifestant de la place Tian'anmen, stoppant un char, aurait été écrasé par le véhicule (faux, évidemment), pour d'autres le Rubik's Cube s'écrirait en fait "Rubix", ou encore l'Écosse n'aurait pas la bonne "taille", bref, un concours d'énormités. Parfois, il s'agit de simples répliques de film, dont on se souvient évidemment mal, ou d'associations d'idée évidentes, comme le petit bonhomme du Monopoly, dont on pense qu'il porte un monocle (ce qui est faux, mais ce qui se comprend étant donné que le monocle est couramment associé à la tenue qu'il porte : redingote, haut-de-forme et canne).
Certains vont même jusqu'à inclure ce pauvre Pikachu dans l'histoire, en affirmant qu'il a toujours eu le bout de la queue noir. Or non, mais le bout des oreilles, oui. Facile du coup de faire la confusion. 

Bref, voilà sans doute la théorie exotique (et ésotérique) la plus naze de l'histoire du paranormal. Des lacunes évidentes (sur des sujets importants et très connus) et une mémoire défaillante (sur des broutilles, comme des logos ou des répliques de film), ont permis d'aboutir à une théorie de mondes parallèles s'entrechoquant et modifiant la réalité. 
Alors, il est pas beau mon effet Mandela ? Il n'atteint certes pas le niveau de la théorie de la Terre plate (encore une bonne façon de détecter les génies), mais il est moins connu et tout aussi savoureux. 
En tout cas, si vous devez passer un concours ou un examen quelconque et que vous vous plantez comme une merde, vous savez quoi invoquer maintenant : vous n'êtes pas nul, vos réponses étaient même rigoureusement exactes, mais la réalité a changé entre-temps. 
Ah, je suis d'accord, il va falloir oser la tenter celle-là, mais de nos jours, ça passe. Regardez Fiona...
Miaw !


Les cons, ça ose tout. C'est même à ça qu'on les reconnaît. 
Michel Audiard

Monsieur Vadim
Par

Na boga ! On avait oublié de parler de Monsieur Vadim à la sortie du tome 1.
Réparons ce tort à la sortie de ce tome 2 qui clôt un diptyque comme la BD en compte trop peu.


Pour moi, Monsieur Vadim, c'est avant tout un ressenti profondément cinématographique. Monsieur Vadim, c'est ce que Luc Besson mettrait en scène s'il avait continué dans la lignée des Taxi mais en s'entourant d'auteurs valables (j'ai bien conscience, du coup, que c'est très loin de ce que Besson nous livre, fort malheureusement). On y a le soleil cru du sud, des personnages charismatiques et légèrement caricaturaux, de l'humour, de la sensibilité et, évidemment, de l'action. Mais c'est de l'action modeste, parfois intime, et sans démesure. De l'action à la française servie par un scénario intéressant, des enjeux à taille humaine et des rebondissements comme seule la vie peut en fournir.

Dans le premier tome (Arthrose, crime & crustacés), on apprend à connaître Vadim, vétéran de la légion étrangère qu'il intégra en 1958 pour échapper au régime communiste polonais. Le vieil homme a récemment perdu Aleksandra, sa fille unique. À tort ou à raison, Vadim fait porter la responsabilité de ce décès au mari de sa fille, ce qui a fini de l'éloigner de son petit fils Sasha, seule famille qu'il lui reste... Pour faire un dernier geste envers cet unique héritier, Vadim a contracté une assurance-vie, malheureusement détournée par un escroc. Sans le sou, sans famille, le pauvre vieux se retrouve à la rue et dans l'obligation morale de recomposer un pactole pour mettre Sasha à l'abri du besoin. Pour ce faire, l'ancien soldat va renouer avec ses anciens savoir-faire et les mettre au service d'un restaurateur belge extrêmement louche installé à Cagnes-Sur-Mer.
Voilà. Dans les grandes lignes, la trame principale est posée. Et déjà, l'on apprend à aimer ce vieux dur à cuire qui avoue s'être fait berner par facilité, parce qu'il était trop occupé à "ne s'occuper de rien". On apprend à respecter son code d'honneur. On comprend son côté taciturne que l'on admet d'autant plus que son humanité est toujours à quelques millimètre de la surface et qu'un sourire n'est jamais loin de faire craqueler le vernis de sa morosité. Vadim est très bien écrit, très bien décrit et crédible. Il porte un fardeau d'erreurs passées trop lourd pour pouvoir être considéré comme un héros mais il fait ce qu'il a à faire. C'est un homme d'honneur. Et c'est un personnage touchant malgré sa colère et sa violence, malgré sa honte et ses remords.

Le tome 2 (Supplément frites et sulfateuse) reprend avec un Vadim dans la fâcheuse posture dans laquelle on l'a quitté en fin de tome 1. Les personnages et situations s'enchaînent, multipliant les marchandages, les trahisons, les coups tordus et les coups d'éclat. Je ne me permettrai pas de trop en dire ici car quand un scénario n'est pas cousu de fil blanc, il est inconvenant d'en dévoiler les ourlets. Surtout en ces temps où, trop souvent, les scénarios semblent cousus au fil électrique phosphorescent planté maladroitement dans un tissu noir mat de facture douteuse.
De plus en plus baladé par les événements, notre héros n'aura de cesse de vouloir enfin reprendre les choses en main et, confronté à cette pègre et à cette police qu'il ne connaît pas, il finira par imposer sa propre mesure, son propre faux rythme. À plusieurs reprises, on comprend qu'il ne renoncera pas, que rien ne l'arrêtera et que ni le crime ni la loi ne le pousseront à abandonner l'objectif qu'il s'est fixé : son jeu, ses règles !
Vadim, ses gros bras et son obstination de forcené nous offrent, malgré l'arthrose, l'image de ce vieil homme viril que l'on serait sans doute nombreux à vouloir devenir sur nos vieux jours : cette force tranquille, cette arme humaine insoupçonnée, cette tenace incarnation de la volonté. 
Il n'avait rien demandé mais, puisque cette chienne de vie lui met quelques derniers obstacles en travers de sa route, il les surmontera. Malgré la douleur physique, malgré la souffrance émotionnelle, il respectera l'engagement qu'il a pris envers lui-même. C'est à ce prix seul qu'il pourra encore se sentir honorable.

Monsieur Vadim conclut ici un arc narratif de façon satisfaisante mais c'est une fin ouverte. Une nouvelle histoire pourrait arriver à ce vétéran de la légion. J'ignore si une suite est concevable pour les auteurs et les éditions Bamboo (collection Grand Angle) mais, si tel était le cas, je rempilerais avec plaisir à leurs côtés.


Les BD dont l'adaptation au cinéma deviennent un besoin quasi évident au sortir de leur lecture sont rares à mes yeux. Dans ce qui est paru ces derniers temps, je n'en connais que deux qui m'ont fait cet effet. 
Il y a tout d'abord l'incontournable Il faut flinguer Ramirez (de Nicolas Petrimaux) qui joue tellement avec certains codes cinématographiques que les albums semblent vouloir d'eux-mêmes sauter de la bédéthèque pour se jeter dans le bac à DVD. 
Puis il y a Monsieur Vadim qui elle, pourtant, est nettement plus ancrée dans le neuvième art.
Mais c'est par ses qualités intrinsèques qu'elle fait naître en nous cette envie de grand écran : action, humour, bons personnages, bon scénario... C'est typiquement de ce genre de cocktail que manque le cinéma populaire français actuel (excluons toutefois quelques rares bouffées d'air comme Kaamelott de cet amer jugement).

Mais c'est avant tout une BD. Une bonne BD aux manettes de laquelle on retrouve le scénariste Gihef dont j'avais déjà chroniqué avec plaisir la série Sirènes et Vikings et qui, à n'en pas douter, connaît son métier !
 
J'ai déjà exposé ici nombre des qualités d'écriture de ces deux albums mais, en BD, le dessin compte autant que l'écrit, et c'est ici Morgann Tanco qui s'y colle avec efficacité. Un trait semi-réaliste bien français pour ce récit bien français. L'expressivité des visages et des corps, le dynamisme, les décors lorsqu'ils sont utiles, la mise en page... tout fait mouche ! 
Les couleurs de Cerise sont elles aussi posées avec goût, et un soin particulier apporté aux ombrages dans la moindre case permet aux albums de ne pas générer cet effet trop fréquent en BD que l'on connaît tous... vous savez, le fameux : "Ouah, cette couverture, elle déchire ! Fais-voir, un peu les planch... ah. Ouais. Dommage."
Mais force est quand même de constater que... oui, les couvertures déchirent ! Je suis parfois un peu frustré par les couv's qui prennent des libertés avec l'histoire pour présenter une situation qui n'est pas présente dans la BD, sous prétexte d'évocation, de symbolisme, de métaphore ou que sais-je.
Mais ici, même si elles sont juste évocatrices et n'illustrent pas précisément les faits tels que narrés dans les albums, je le leur pardonne en un quart de nanoseconde tant elles sont efficaces. Il doit être malaisé d'aimer la bande dessinée et de croiser celles-ci sans être au moins interloqué. La seconde, pour moi, est juste parfaite : un appât à bédéphile !

Si vous êtes nostalgique des histoires policières françaises où le personnage central avait autant de modestie que de noblesse ; si vous aimiez les bastons où ne l'emportaient pas ceux qui couraient sur les murs mais, pragmatiquement, ceux qui cognaient sec, dur et en premier ; s'il n'est pour vous de meilleur dur à cuire qu'un sensible tanné par les chienneries de la vie ; si vous aimez les gueules, les vraies, les typiques ; si vous en avez assez des fictions qui présentent les policiers comme des incompétents ou des ripoux uniquement intéressés par l'appât du gain (comme si un gars que seule l'avidité motive pouvait ne serait-ce qu'un jour envisager une carrière dans les forces de l'ordre sans s'esclaffer !) ; si vous n'en pouvez plus des scénarios conventionnels et des héros interchangeables... alors venez serrer la louche de M'sieur Vadim : le gars va vous plaire !



+ Les points positifs - Les points négatifs
  • Un scénario qui tient la route jusque dans ses sous-intrigues.
  • Un personnage central qui emporte notre sympathique malgré ses défauts.
  • Un dessin et une mise en couleurs efficaces et appropriés au récit.
  • Rien du tout si vous aimez la BD franco-belge et que vous appréciez le pitch. Vous ne sauriez être déçus, c'est du bon boulot !
Chroniques des Classiques : I comme Icare
Par


Retour sur l'excellent et trop peu rediffusé I comme Icare.

Ce film d'Henri Verneuil, avec Yves Montand dans le rôle principal, sort en 1979. Il s'inspire à la fois de l'assassinat de JFK et des expériences de Stanley Milgram sur la soumission à l'autorité.

Tout commence peu après l'assassinat du président Jary, dans un pays imaginaire dont de nombreux détails évoquent l'Amérique du Nord. La commission Heiniger est constituée pour faire toute la lumière sur les circonstances de ce crime. Les conclusions de celle-ci sont sans appel : le tueur a agi seul, sans motivations politiques, c'est l'œuvre d'un fou, rien d'autre. Le procureur Henri Volney, lui, n'est pas d'accord avec ces conclusions et le fait savoir. Il obtient ainsi les pleins pouvoirs pour mener une nouvelle enquête, qu'il souhaite plus sérieuse.
Rapidement, il met à jour des incohérences dans le rapport officiel. Puis, il parvient à mettre la main sur un témoin clé. Tout porte à croire que le présumé tueur, Karl-Éric Daslow, n'est qu'un bouc-émissaire. Mais en mettant à jour un complot dans lequel sont mêlés mafia et services secrets, le procureur Volney commence à devenir gênant...

Ce film ayant plus de 40 ans, il est quelque peu désuet sur la forme (que ce soit la réalisation ou, parfois, le jeu d'acteur). Ceci dit, cela lui confère aussi un certain charme, d'autant que certaines scènes sont encore très efficaces (et inquiétantes, comme celle de Bellony, terrorisé dans sa cabine téléphonique). La musique d'Ennio Morricone parvient en outre à accentuer l'atmosphère angoissante. Bon, on connaît le gaillard, partout où il passe (cf. Orca ou encore Il était une fois en Amérique, entre autres), il magnifie les scènes en leur apportant relief et profondeur.
C'est cependant sur les thématiques qu'il aborde que I comme Icare va se révéler passionnant.

Si certains éléments concrets et bien connus sont empruntés à JFK et Oswald, il ne s'agit là que d'une toile de fond. Le long-métrage va en réalité, en sous-texte d'une enquête passionnante, aborder la problématique des "appareils" représentant parfois un État dans l'État ainsi que celles de la déresponsabilisation de l'individu et de l'obéissance.
L'une des scènes retranscrit ainsi parfaitement les expériences menées par Milgram, un psychologue ayant publié en 1963 les résultats, édifiants, d'une expérience redoutable. Dans le cadre d'une étude scientifique sur le rapport entre punition et apprentissage, deux volontaires sont recrutés. L'un sera le "moniteur" et devra réciter des couples de mot à "l'élève", qui devra les retenir. Par exemple "ciel bleu", "vent violent", "neige blanche", etc. Puis, le moniteur donne uniquement l'adjectif, et l'élève doit se souvenir du nom qui l'accompagne. À chaque erreur, le moniteur inflige une décharge électrique croissante à l'élève, qui est ainsi incité à "mieux répondre".



En réalité, le véritable but de l'expérience est tout autre (nous l'avions déjà évoqué dans cet article). L'élève est toujours un complice, un acteur en réalité, qui va faire semblant de souffrir, va sa plaindre, demander à quitter l'expérience, puis simuler une perte de connaissance. Milgram, grâce à cette mystification, cherche en fait à savoir à quel moment le moniteur cessera d'obéir à un ordre révoltant qui peut aller jusqu'à la mise à mort d'un individu qui ne lui a strictement rien fait. Le film explique très bien cette étude et la met parfaitement en scène. Dans la réalité, les chiffres sont stupéfiants... absolument tous les participants acceptèrent le principe de l'expérience. Et 62,5 % d'entre eux, soit une écrasante majorité, la menèrent à terme, infligeant à une victime inerte des chocs électriques allant jusqu'à 450 volts, donc pouvant largement s'avérer mortels.

Le mécanisme permettant une telle attitude est aussi efficace que sinistre. La plupart des individus, s'ils respectent et reconnaissent une autorité, n'auront aucun souci à lui obéir pour peu que le contexte soit logique (si l'autorité n'est pas respectée ou si l'ordre est farfelu, ça ne fonctionne évidemment plus). Un effet encore plus vicieux est ensuite à l'œuvre. Lorsque l'élève commence à souffrir, hurler, supplier, le moniteur est pris d'un violent conflit intérieur qu'il doit résoudre. Il pourrait bien entendu stopper l'expérience, mais s'il n'obéit plus à l'ordre numéro 7, pourquoi avoir obéi à l'ordre numéro 6 en infligeant une souffrance dès lors devenue inutile ? Si le cobaye arrête l'expérience de son propre chef, il admet implicitement sa propre responsabilité : il montre qu'il pouvait arrêter avant, et il avoue subitement l'immoralité de l'expérience. Ainsi, pour obtenir le plus grand confort moral possible, il devient nécessaire de poursuivre... jusqu'à l'ordre final. Diabolique ! Ou plutôt... très humain.

Mine de rien, Verneuil va ainsi livrer un film intelligent mais surtout tendu et inquiétant. De nombreux effets de mise en scène viennent appuyer l'angoisse latente et l'impression d'être observé et menacé par une entité épouvantable. Lorsque Volney se retrouve de nuit dans son bureau, par exemple. Il regarde la ville, froide, inhumaine, parsemée d'immeubles dans la pénombre, dont les quelques fenêtres éclairées ressemblent aux yeux d'une bête à l'affut. 
Même chose pour ce pauvre Bellony, déjà évoqué plus haut, dans sa cabine. Un simple véhicule qui passe devient pour lui un danger palpable. Les tueurs, invisibles, presque omnipotents, peuvent être partout. C'est le principe de la surveillance imposée par un système dictatorial : il est impossible de surveiller tout le monde, tout le temps, mais le simple fait de se savoir potentiellement surveillé induit déjà l'angoisse et l'obéissance résignée qui l'accompagne. 
Le final, qui explique le titre du film, revient une dernière fois sur cette menace invisible, avec un ascenseur qui s'ouvre sur une silhouette que l'on ne verra même pas à l'écran. C'est la dernière émanation, le dernier pied-de-nez de la pieuvre étatique, toute-puissante et meurtrière

Thriller sombre, futé et intemporel dans ses thématiques, I comme Icare s'impose comme le chef-d'œuvre absolu de Verneuil et pourrait figurer, sans aucun problème, dans le Top 10 des meilleurs films français de tous les temps. 
À voir absolument.




+ Les points positifs - Les points négatifs
  • Un film profond, intelligent et divertissant. Contrairement à ce que certains producteurs pensent, ce n'est pas incompatible.
  • Les expériences de Milgram, parfaitement employées et mises en scène.
  • La musique de Morricone.
  • L'atmosphère angoissante.
  • Pour les puristes du cinéma de genre, notons la présence de Brigitte Lahaie. 


  • Ça ne date pas d'hier, donc la "patine" dont le film est teinté ne conviendra peut-être pas à tout le monde, mais ce n'est nullement un défaut en soi.
La Parenthèse de Virgul #33
Par

Alors les matous, ça ronronne dans les chaumières ?
Petite parenthèse aujourd'hui sur une unité de mesure qui n'en est pas une : la page.
Miaw !

De la véritable longueur des romans
Cela peut paraître surprenant, mais estimer le volume du contenu d'un livre en nombre de pages est absurde. Parce qu'une page ne correspond à rien. Un même texte, suivant les éditeurs, peut très bien tenir sur 200 pages ou 400, et sans que l'ouvrage paraisse affreusement dense ou trop délayé.
Cela dépend de très nombreux éléments, comme le format du livre, la police employée, la taille de cette police, les marges, les interlignes, le volume de dialogues, les alinéas, les possibles illustrations, bref, bien trop de choses en réalité pour que le terme "page" puisse correspondre même vaguement à quelque chose de concret.

Il existe donc des romans de 300 pages qui sont en réalité plus longs que certains romans de 400 pages. Relisez la phrase précédente une deuxième fois, elle vaut le coup ! Pourtant, les journalistes, les éditeurs, les libraires, les sites de vente et même les lecteurs font toujours systématiquement référence à ce nombre de pages, censé donner une indication sur la longueur d'un texte. Indication totalement illusoire et aussi précise que si l'on parlait de "cartons" ou de "paquets" pour mesurer la viande (qui s'achète au kilo) ou les Lego (dont on connaît le nombre de pièces).

Il serait pourtant facile, si l'on tient vraiment à indiquer la longueur d'un texte (ce qui n'est évidemment pas le seul élément qui en détermine le prix, attention à ne pas faire de comparaisons hasardeuses), de recourir à de véritables unités de mesure, comme le nombre de mots ou, encore mieux, le nombre de signes. Les comparaisons (sur la longueur d'un texte, et uniquement cela, pas le prix d'un livre) auraient alors un véritable sens. Cela ne demanderait pas non plus un effort particulier puisque ces tailles véritables sont aujourd'hui facilement connues (grâce aux traitements de texte).

Mieux encore, dans le monde de l'édition, tout se détermine en nombre de signes (voire, plus rarement, de mots). Le prix d'un texte est fixé en fonction du nombre de signes (que ce soit pour la traduction, la relecture, la rédaction, en presse ou dans l'édition classique). Les concours littéraires amateurs ont tous (ou presque) recourt à une limitation de "taille" grâce au nombre de signes. Un éditeur va juger de l'opportunité de publier un récit en plusieurs tomes grâce à ce même nombre de signes. Et pourtant, dès que l'on s'adresse aux lecteurs, on leur parle en pages, c'est-à-dire qu'on refuse de leur donner une information réelle. Étrange, non ? C'est un peu comme si, pour vous donner l'autonomie d'un véhicule électrique, on ne vous parlait pas en kilomètres mais en "trajets"...

Bref, sans vouloir se focaliser là-dessus, il ne serait pas idiot de préciser, même de manière discrète à l'intérieur du livre, le nombre de signes d'un texte. Cela n'augurera en rien de sa qualité, mais il s'agit d'une information que le lecteur (qui est le seul à n'en pas disposer) est sans doute en droit d'avoir.

Collector #16 : Buste Semic Thanos
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Un collector centré cette fois sur un seul objet : le buste Thanos par Semic.

C'est donc le Titan Fou, un super-vilain modèle XXL du vaste univers Marvel, que l'on retrouve ici. Il est représenté avec le Gant de l'Infini (orné de toutes ses gemmes) et un Cube Cosmique, deux objets qui permettent de bien s'amuser et de taquiner un peu le super-slip.

Le buste n'est pas très grand (17 cm de haut environ), mais il est assez lourd et donne une bonne impression générale de qualité. Quelques défauts minimes de finition quand vraiment on zoome sur certains détails, mais rien de vraiment méchant.
Le socle, noir et orné de crânes, est plutôt réussi également.

Le tout pour moins de 50 euros (46,00 € précisément).

Pas grand-chose à dire de plus, le mieux est de jeter un œil à nos photos exclusives !








Kaamelott - Volet 1
Par


Eh bien, après plus de 10 ans d'attente, Kaamelott a enfin sa suite au cinéma !

En fait, l'attente fut si longue que mon intérêt pour l'univers créé par Alexandre Astier s'était largement émoussé. De plus, la saison 6, clairement la moins bonne, ne m'avait pas laissé un souvenir émerveillé. Cette dernière, contrairement au Livre V, épique et émouvant, avait en effet enchaîné les longueurs et les approximations. Sans compter Kaamelott Résistance, initialement la saison 7, prévue en nouvelles illustrées (un format presque aussi absurde que ceux que nous avions abordés lors de ce poisson d'avril), qui n'a jamais vu le jour sans que l'on comprenne bien pourquoi. Ajoutons en plus le désastre d'une Exoconférence mal écrite, mal mise en scène et aux affirmations risibles, ce qui n'avait rien de rassurant. Tout cela pour dire que je suis probablement l'un des rares fans de la série d'origine à être allé au cinéma en traînant les pieds et avec un énorme a priori négatif.
Mais au final, je suis bel et bien ressorti avec le sourire aux lèvres. Pas un sourire amer et ironique, non, un sourire franc, heureux, de spectateur comblé. Ceci dit, le film n'est pas sans défauts pour autant. Nous allons voir tout cela en détail.

Tout commence huit à neuf ans après la fuite d'Arthur, alors qu'il a remis volontairement le pouvoir entre les mains de Lancelot du Lac. Ce dernier n'a pas franchement fait preuve de sagesse puisqu'il règne en despote, a fait détruire la table ronde et traque les anciens chevaliers, fidèles à son prédécesseur. Lancelot emploie même des mercenaires saxons afin de retrouver Arthur, dont il veut la tête. Fort heureusement, le "fils Pendragon" est retrouvé par un type qui, poussé par l'appât du gain, va le vendre au bon Duc d'Aquitaine (alias Alain Chabat). Duc qui, malgré la réticence d'Arthur, va tenter de le ramener à la raison et d'insuffler de nouveau en lui le feu sacré...


Sans nul doute, Kaamelott profite de cette transposition sur grand écran. Tout y est plus grand, plus fort, plus beau. Il y a eu du pognon de mis sur la table, et l'on voit clairement où il est passé. Les décors sont variés et ont de la gueule, quant aux costumes, ils mériteraient à eux seuls une analyse (et un César ?) tant ils sont pour beaucoup dans l'atmosphère générale et le charisme de certains personnages, Lancelot en tête. Thomas Cousseau n'a en effet jamais été aussi inquiétant, engoncé dans une tenue étrangement spectrale et aviaire. 
En ce qui concerne les nouveaux personnages, ils sont assurés par un casting de haut vol, Sting, Guillaume Gallienne et Clovis Cornillac en tête. Mention spéciale pour les Saxons, tous parfaitement incarnés par des acteurs anglais dont l'accent apporte une inattendue et angoissante touche de dureté.

La musique, composée par Astier, contribue elle aussi au souffle épique qui porte le récit. Car bien entendu, nous ne sommes plus dans le schéma des premières saisons, teintées de légèreté et ciselées par des dialogues enlevés. Kaamelott, en prenant de l'âge, est devenu plus sombre, plus complexe, et dévoile ses ambitions. Cette quête initiatique, nous la connaissons. C'est le squelette narratif de Star Wars, du Seigneur des Anneaux et de bien des romans et films. La différence ici tient en deux particularités : c'est français (et pour une fois qu'un film de genre "made in France" est réussi, autant s'en réjouir) et l'humour et le second degré constituent l'un des piliers du récit, ce qui est rarissime dans cet affrontement classique du Bien contre le Mal et apporte un agréable contraste entre le propos et la forme. Voire même un brin de réalisme, les gens étant plus souvent des trous du cul qui ne comprennent rien à rien, plutôt que de nobles, preux et intelligents chevaliers.

L'on navigue donc entre le sinistre et le risible, l'émotion (notamment lors d'une scène de rapprochement entre deux protagonistes centraux) et le décalage, le lyrisme et les répliques efficaces mais terriblement prosaïques. Le mélange fonctionne d'autant plus qu'il est ici plutôt bien dosé (une dose de cheval... hop, celle-là, c'est pour les vrais).
Mais alors, il serait parfait ce film ? 
Hmm... non. Pour être honnête, il se trimballe même plusieurs gros défauts. 
Tout d'abord, l'on peut noter la scène du jeu du Pays de Galles. Un classique pour ceux qui connaissent la série, décliné ici dans une version plus "physique". Le problème c'est que ce n'est ni drôle, ni original, ni même intéressant. L'on peut comprendre le côté "fan service", mais quand on emploie un ressort déjà surexploité, il vaut mieux s'assurer que l'on en propose une vision nouvelle, ou au moins au niveau des précédentes, sinon c'est une facilité coupable. Là, ça plombe en plus le film juste avant un moment crucial. 


Dans la même veine, il faut noter que Perceval et Karadoc n'ont guère de moments drôles et semblent presque s'autoparodier dans leur rôle de chefs de clan. Notons d'ailleurs que les meilleurs répliques sont attribuées à Quarto et Alzagar, les personnages déjà connus se contentant de paraphraser ce qu'ils ont déjà dit par le passé (que ce soit Loth, Dagonet ou même Léodagan). Étonnant tout de même, pour un auteur qui fait du "sur-mesure" et accorde une grande importance aux dialogues, de n'avoir pas réussi à transcender ses habitudes et ce côté "déjà-vu". Surtout en ayant bénéficié d'autant de temps...

Enfin, et c'est sans doute l'élément qui pose le plus de problèmes, la menace à laquelle Arthur et ses alliés sont confrontés reste tout de même assez peu impressionnante. Bien entendu, Lancelot est inquiétant, Horsa aussi, mais globalement, on ne voit guère les conséquences de cette politique que l'on nous présente comme monstrueuse. On nous dit bien, au détour d'une conversation, que Lancelot fait exécuter des enfants, mais c'est un peu léger et cela reste de l'ordre de la rumeur. Même les sbires de Lancelot, bénéficiant pourtant de fort esthétiques tenues, n'interviennent qu'en coup de vent, et sans montrer de sauvagerie particulière. Or, tout l'enjeu est là. C'est le "méchant" qui fait l'épaisseur du héros. [1] Si l'adversaire n'est pas à la hauteur, si la menace perçue n'est pas suffisamment importante, Arthur n'en ressort pas grandi, ou en tout cas pas suffisamment, ce qui est quand même le but. 
Ceci dit, l'on comprend que différents éléments sont déjà en place pour de futurs développements, et l'on peut espérer une montée en puissance des enjeux et un plus grand soin apporté aux ennemis et à la dramatisation dans les suites qui ne manqueront pas de venir.

Au final, voilà un film qui n'est certes pas parfait, qui s'avère même parfois quelque peu sur la réserve au niveau de son écriture, mais qui reste un agréable et honnête divertissement, apportant son lot de surprises, d'émotion et de gags.
On peut toujours en demander plus, mais il faut avouer que c'est déjà pas mal.



[1] Ou "l'ombre" selon la terminologie mise en place par Vogler (cf. ce dossier), théoricien auquel se réfère souvent Astier.


+ Les points positifs - Les points négatifs
  • Les dialogues réservés aux nouveaux personnages.
  • Les décors et costumes.
  • La musique, épique.
  • Quelques rares moments émouvants, d'autant plus impactants.
  • Le casting.
  • Les Saxons !


  • Des redites, parfois bien lourdes et inutiles.
  • Certains dialogues, trop peu différents de ceux de la série et n'exploitant pas les nouvelles situations.
  • La menace représentée par Lancelot, qui n'est incarnée que par ce seul personnage, ce qui est trop peu.
Lucky Boy - Coquin de sort
Par

If I slowly turn the wheel / Diving down into the sea / Would you come back rescue me ?
I'd be a Lucky Boy, I'd be a Lucky Boy (Lucky Boy de Shaka Ponk)


Vous êtes le dernier homme sur Terre.
L'ultime espoir de l'espèce humaine repose en vos glorieuses gonades.
En tant qu'unique représentant de la masculinité, il est de votre devoir de partager avec les rares survivantes vos précieuses semences dans de fougueuses et salvatrices étreintes afin de repeupler le Monde après une guerre proprement apocalyptique... enfin, plutôt salement apocalyptique, du coup !

Vos partenaires promises dans cette tâche héroïque ne sont autres que sept plantureuses jeunes scientifiques aussi brillantes qu'attirantes. Votre devoir, à n'en pas douter, va sans nul doute en être rendu bien moins pénible.

C'est donc avec fierté et enthousiasme que vous allez entreprendre de charmer ces demoiselles afin d'offrir à l'Humanité un nouveau départ.
Mais, à votre plus grand dam, ces dernières ne voient en vous qu'un vieillard pervers et libidineux... 

Déception, désarroi et désappointement fleurissent en votre petit cœur de puceau octogénaire. Pourquoi tant de haine ? Pourquoi ce rejet ? Pourquoi ne vous souvenez-vous même pas de votre nom ? Que s'est-il passé sur cette Terre pour que vous ne soyez plus que huit humains à sa surface ? Et... euh... qui est cet autre homme ? Jeune, lui. Séduisant, lui. Visiblement attirant, lui. Et... comment les filles osent-elles s'amouracher de lui ? C'est vous le dernier homme sur Terre ! C'est votre harem à vous ! C'est... c'est pôs juste !

Mais la mémoire va vous revenir, oui. Et tout va rentrer dans l'ordre. Vous allez régler son compte à ce petit nouveau. Vous allez reprendre votre place et vous pardonnerez à vos promises leurs infidélités. Vous oublierez leurs mesquineries et leur champ de force répulsif. Vous allez enfin pouvoir, avec dignité et élégance, vous consacrer à ce qui n'aurait jamais dû cesser d'être votre noble objectif... leurs nichooooooons !


Initialement, j'ai voulu chroniquer cet album en le prenant de cette façon : au premier degré. Comme une simple farce coquine futuriste. Mais à y réfléchir un peu plus longtemps que d'autres (oui, j'ai une fois de plus lu des chroniques sur d'autres pages avant de rédiger celle-ci et il n'y avait apparemment pas de promo sur la pertinence cette semaine), je dois bien me résoudre à y voir plus que cela.

Le nombre de thèmes abordés ou survolés, déjà, est assez impressionnant. L'on y trouve bien entendu les rapports hommes-femmes dans tout ce qu'ils peuvent avoir de complexe, d'amusant, de conflictuel, d'injuste et de... ludique. Mais ce n'est pas tout, loin s'en faut.

Bien évidemment, ces sept filles surdouées et brillantes vivant en autarcie et n'envisageant les deux seuls hommes qu'elles connaissent que comme un prédateur sexuel pour l'un et un reproducteur potentiel pour l'autre, sont déjà un marqueur de notre époque.
Nous vivons en cette période étrange post #metoo où les hommes hétéros doivent composer avec ces deux caricatures auxquelles on peut avoir tôt fait de les résumer s'ils n'y prennent garde : le pervers et le digne d'être père. Entre le vieux saligaud et le jeune niais, ces demoiselles jettent leur dévolu sur Candide et fuient les avances du clone de Tortue Géniale. On les comprend. Mais la seconde partie de la BD amène un flashback en forme de pied de nez : en chaque vieil obsédé ne subsiste-t-il pas un jeune homme timide et frustré que le temps a soumis à son diktat et qui se demande ce qui a bien pu se passer ?

La BD interroge aussi à sa façon le rapport des femmes à leur corps : sans nul homme à séduire aux alentours, elles n'en affichent pas moins des tenues mettant leur féminité en valeur. Cela rappelle de façon simple mais à mon sens pertinente ce que nombre de gros bourrins ont du mal à se mettre dans le crâne : une femme peut être sexy parce que ça lui plaît, ça ne veut pas dire que c'est open bar ! Oui, une femme peut se faire belle pour être belle, sans nécessairement avoir la moindre volonté de séduire quiconque. Nombre de scènes rappellent cela plus ou moins subtilement et c'est bienvenu, selon moi.

La BD peut aussi, bien entendu, ouvrir sur une réflexion sur le rapport qu'ont les jeunes femmes actuelles avec les études scientifiques. Ceux parmi vous qui travaillent dans l'enseignement savent pertinemment que c'est un thème d'actualité depuis quelques années. Voir dans un livre aussi léger sept filles spécialisées en diverses matières scientifiques sans pour autant oublier d'être terriblement femmes n'est pas anodin et cela va là aussi dans le bon sens.

Outre cela, Lucky Boy est bourré de références aux mangas comme à la SF plus classique et rien que la chasse aux allusions à ses modèles peut être un motif pour une deuxième lecture ludique de l'album.

Non, vraiment, cette BD a plus à offrir que l'histoire d'un vieux pervers en quête de dépucelage et n'en retenir que ça serait vraiment dommage. Certes, l'histoire de ce loser de petit vieux à qui l'excitation provoque des hémorragies nasales éjaculatoires dignes de Maître Muten Roshi pourrait n'être qu'une énième coquinerie bédéistique. Mais il y a, selon moi, davantage à voir dans ce tome paru aux éditions Ankama. Alors si c'est coquin, marrant et plutôt malin... c'est déjà pas mal, non ? 



D'un point de vue purement objectif, maintenant, cette BD est l'œuvre de Bill Presing. Le gars est loin d'être étranger au dessin : il a étudié l'illustration de bande dessinée mais a bien vite travaillé sur des émissions et des dessins animés pour le web comme The Gotham Girls pour le site Internet de Warner Bros. et The Venture Bros. pour Cartoon Network. Il a aussi été storyboarder pour Pixar et a bossé sur Ratatouille et Là-haut...  
Ça explique pas mal de choses : le sens du mouvement et du découpage, l'aspect mignonnet, cette capacité à faire du "grand public" malgré une thématique pas mal en-dessous de la ceinture, les couleurs vibrantes, l'alternance entre humour et émotion... Monsieur n'a pas travaillé pour Disney sans y apprendre des recettes qui marchent !

Du coup, cet album est joli et, malgré son apparente légèreté, il n'oublie pas d'être malin à maintes reprises... Ne peut-on pas dire ça de la majorité des films d'animation produits par la firme à la lampe de bureau ?

Les plus collectionneurs d'entre vous apprécieront, en plus, l'ex-libris offert avec cette première édition et que je me permets d'utiliser ci-contre pour illustrer mon article de façon, ma foi, assez plaisante.
Ce n'est pas la BD de l'année, de fait. Mais elle est bien plus intelligente que ce que d'aucuns voudraient laisser entendre. La lire me fit passer un bon moment. Mais y réfléchir un peu ensuite me plut tout autant.



+ Les points positifs - Les points négatifs
  • C'est joli, ces couleurs.
  • C'est rondouillard à souhait, ce dessin.
  • C'est comique, cette histoire.
  • C'est aussi un peu intelligent, par moments.
  • J'avoue que si le dessin avait pu être encore un peu plus éloigné du tracé typique des storyboards, cela m'aurait plu davantage... mais ça lui confère une personnalité.
  • L'introduction de la BD est terriblement "premier degré" et assez longue. Cela n'aide guère à prendre l'ensemble au sérieux alors que, pourtant, il y a matière à réflexion dans cette bande dessinée.