Que vaut l'intégralité de la série Batman Rebirth ?
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Les aventures de Batman se suivent et se ressemblent parfois plus ou moins, au grand dam des lecteurs. Après le run décrié de Scott Snyder, c'est Tom King (The Vision) qui a repris en main le personnage du Chevalier Noir — en bénéficiant du Relaunch Rebirth de 2016 — durant une longévité exceptionnelle (une centaine de chapitres publiés pendant quatre ans, au rythme de deux par mois !). En France, c'est sous l’appellation Batman Rebirth que la série a été proposée par Urban Comics, en 12 tomes (le dernier sera en vente à partir du 5 juin prochain). Résumé et critique de l'ensemble (attention, l'article contient donc quelques révélations).

Une porte d'entrée moyenne… (tome 01)


Attirer de nouveaux lecteurs, proposer quelque chose de neuf pour les habitués. L'éternel relaunch, reboot ou autres fresh start. Ici, la nouveauté porte sur deux nouveaux personnages : Hank et Claire, alias Gotham et Gotham Girl. Un frère et une sœur avides de justice, voulant rejoindre la croisade de Batman grâce à des pouvoirs achetés sur le marché noir mais qui les détruisent à petit feu. Une idée de départ plus ou moins novatrice (dans le milieu de l'industrie), débouchant sur un énième comic-book "mainstream" simple et efficace mais non dénué de défauts et, surtout, peu mémorable niveau scénario.

Mon nom est Gotham (le titre de ce premier tome) est un semi-échec (ou semi-réussite c'est selon), avec un premier chapitre introductif déconnecté et inutile, et de superbes planches de David Finch (on parlera des dessins plus loin). Un départ moyen, ni réellement passionnant ni franchement déplaisant. Une production correcte qui est, de facto, un point d'entrée idéal pour de nouveau lecteurs, là-dessus ça fonctionne — malgré des allusions à diverses séries DC Comics, incluant le précédent run de Scott Snyder. Rétroactivement, on peut confirmer que Claire/Gotham Girl aura une certaine importance par la suite (notamment vers la fin) mais elle est écartée peu après et disparaît sans jamais être réellement mentionnée ou (re)mise en avant. De même pour le Psycho-Pirate, ennemi de seconde zone oubliable mais revêtant un certain intérêt tout le long de la fiction.


… puis des aventures fracassantes et originales (tomes 02 et 03) !


Mon nom est Suicide (titre du deuxième volume) peut limite se lire indépendamment et se démarque de son prédécesseur par de réelles qualités d'écriture (et de dessins — tout cet autre aspect, primordial dans une bande dessinée, sera évoqué plus bas). Le Chevalier Noir part en mission avec son propre escadron suicide (incluant Catwoman). L'ensemble est passionnant, très joli et original. On y retrouve un peu la patte Morrison tout en s'en émancipant habilement.

Mon nom est Bane (le troisième) dévoile un incroyablement affrontement entre Batman et Bane, Inversant presque le culte Knightfall (ici c'est l'ennemi qui combat les fous d'Arkham avant le justicier) et mettant en avant une longue galerie de personnages secondaires, notamment les alliés (les ennemis l'étaient dans le volume précédent). La conclusion du récit ? Une demande en mariage de Bruce à Selina ! Alléchant… mais (rétroactivement une fois de plus), ce mariage n'aura lieu que cinq tomes plus tard, pénible.


Le premier vrai loupé (tome 04)


La guerre des rires et des énigmes donne son nom à l'album et évidemment à l’événement éponyme.  Plusieurs fois évoquée juste avant, souvent mentionnée ensuite, cette fameuse guerre est pourtant un ratage complet. Bruce partage son lourd secret avec Selina : il a failli dépasser sa limite et tuer un de ses ennemis… Ce qui était censé être un point d'orgue s'avère un pétard mouillé et surtout un conflit meurtrier entre les troupes du Sphinx et celles du Joker, complètement improbable et peu plausible.

Faussement violent et grotesque, le récrit se vautre dans un survol des personnages, perd en réalisme ce qu'il avait réussi à gagner jusqu'ici en authenticité, et ne sert absolument à rien. Le concept, bon au demeurant, est mal exploité et n'apporte pas grand-chose au passé, au présent ou au futur de Batman (surtout maintenant que la série est terminée). Clairement un volume qu'on peut ne pas lire.

Les égarements… (tomes 05, 06 et une bonne partie du 07)


Sans doute la partie la plus inégale du run. Si rien n'était à sauver dans le tome 04, on retrouve ensuite des choses très moyennes à de rares exceptions, avec donc du bon et du moins bon. Les tomes 05 et 06, En amour comme à la guerre et Tout le monde aime Ivy, proposent des bouts d'histoires en marge du fameux mariage entre Bruce et Selina. On y trouve pèle-mêle un combat entre Selina et Talia al Ghul, dans le but de déterminer qui "mérite" le milliardaire (pfiouh, on en est là…), une sortie amusante entre couples (Loïs et Clark accompagnant Selina et Bruce), Wonder Woman et Batman, piégés dans une dimension où le temps s'écoule plus lentement et devant faire face à des hordes de monstres, Poison Ivy contrôlant les plantes (original…) mais ayant éradiqué le crime, Booster Gold venant du futur, etc.

Ces chapitres sont tour à tour palpitants et ennuyants, parfois drôles, parfois invraisemblables. Presque hors-sujet aussi, tant l'ensemble stagne et n'avance pas vraiment. Heureusement, un aspect poétique et humaniste (servi par de jolis dessins toujours) contrebalance les défauts évoqués, auxquels on ajoute volontiers un côté parfois sexiste (tant dans la narration que dans les postures féminines hyper sexuées qui plombent des morceaux du run).



Le tome 07, Sur la route de l'autel, aurait gagné à être divisé en deux parties pour laisser la première dans le volume précédent et s'en passer aisément, la seconde dans le suivant pour le rendre culte voire indispensable même pour un lecteur qui ne lirait que celui-ci. Le titre est en effet composé de cinq chapitres montrant un affrontement entre un allié et un ennemi de Batman (Robin vs. Ra’s al Ghul, Nightwing vs. Hush, Batgirl vs. l’Homme-Mystère, Red Hood vs. Anarky, Harley Quinn vs. Joker) puis de deux épisodes classiques de la série. Les combats sont peu mémorables, ils permettent de mettre brièvement en avant la Bat-Family, peu vue jusqu'ici, et quelques adversaires emblématiques. La vraie force de ce septième volume réside dans ses deux derniers épisodes, d'une écriture magistrale, avec un Joker d'anthologie, au sommet de sa forme. Du grand art !

 

… avant l'apothéose (fin du tome 07, tome 08, 09 et un volume unique publié en marge)

 


Comme on vient de le voir, la fin du septième tome est une pépite. Le huitième, Noces Noires, est sans aucun doute le meilleur de tout le run. Le fameux mariage a enfin lieu, avec des conséquences inattendues. Pour l'occasion (et aussi car il s'agit du 50ème chapitre de la série, augmenté de plusieurs pages), une grande galerie de dessinateurs [1] clament leur amour pour les deux héros à travers des planches incroyables et des réflexions, signés Tom King évidemment, qui font mouchent, qui émeuvent ou touchent. C'est élégant, c'est incontournable pour la (nouvelle) mythologie de Batman. On peut lire en parallèle À la vie, à la mort, one-shot sur l'idylle entre les deux personnages dans un (trop) court récit qui se termine dans un futur plus ou moins lointain. Autre bijou mélancolique.

La suite de l'histoire n'est pas en reste puisque Bruce Wayne se retrouve juré dans un procès concernant Mister Freeze. Il doit convaincre les autres citoyens de l'innocence de l'accusé et pourquoi Batman n'est pas forcément la représentation idéale de la justice ! Une situation inédite qui se poursuit dans L'aile meurtrière. Ce neuvième tome marque aussi le retour de Nightwing et KGBeast (lui aussi pioché dans la saga Knightfall), un touchant hommage à Alfred et la "renaissance" de… Bane ! Grand absent depuis plusieurs volumes, il revient d'une façon très intéressante.

Tome 10 et 11 - Poursuite en demi-teinte

 

Après l'interminable partie sur la romance entre Bruce et Selina, la série tombe dans un travers classique du genre : les illusions et rêves déments qui prennent un temps fou au lieu de faire avancer l'intrigue. C'est le cas de Cauchemars, dixième tome qui, comme son titre l'indique, voit le justicier coincé dans une machine à cauchemars. On a connu King plus inspiré même s'il en profite pour mettre en avant, une fois de plus, les démons et la fragilité de l'homme (de Bruce Wayne donc).

Malgré de jolis moments d’écriture (des échanges entre Batman et Catwoman notamment), il en résulte à nouveau un sentiment de surplace narratif (l’histoire principale n’a quasiment pas avancé et l'on reste presque intégralement dans la psyché de Bruce/Batman tout le long du titre). On retient la présence de Constantine dans ce volume qui pourrait lui aussi se lire comme un one-shot indépendant.

Le travail de déconstruction psychologique se poursuit dans La chute et les déchus, nettement meilleur mais non exempt de défauts. Bane est (vraiment) de retour cette fois ainsi que… Thomas Wayne ! La version Batman de Flashpoint, difficile de comprendre/suivre si l'on n'est pas familier de ces événements.

Un voyage initiatique avec le père et le fils s'avère particulièrement émouvant. Mieux : les pièces du puzzle de tout ce qu'on a lu depuis le premier tome commencent à se rassembler pour former un tout cohérent.


Tome 12 - Conclusion réussie, épique et émouvante

Tom King avait-il tout prévu depuis la mise en place de son univers ? Il faut croire que oui (au moins dans les grandes lignes) tant tout se recroise avec une étonnante fluidité. La douzaine de chapitres aurait (une fois de plus) pu être réduite, notamment dans sa première moitié qui s'attarde trop sur Selina et Bruce hors de Gotham City et pas assez sur cette dernière et son statu quo inédit.

La Cité de Bane (titre de cet ultime tome) enchaîne les séquences marquantes : une ville sous le joug de Bane, le Batman Flashpoint accompagné de Gotham Girl (rappelez-vous le tout premier volume) en guise de justiciers de l'extrême, les emblématiques ennemis incorporés aux forces de l'ordre (le GCPD est dirigé par Strange), une mort marquante par son exécution puis son testament romanesque touchant, une idylle renouée et une fin tout à fait satisfaisante, fermant ce qu'a instauré King et ouvrant habilement une suite [2].

En somme, une conclusion épique et émouvante, réussie en tous points, et qui permet de conserver une note positive de l'entièreté de l'arc malgré ses égarements narratifs et son côté inutilement étiré.

Des dessinateurs prestigieux et une épopée graphique soignée


On ne l'avait pas encore évoquée pour se concentrer dans un premier temps sur le scénario mais la partie visuelle est évidemment très importante. Un artiste revient régulièrement (impossible d'en avoir un seul vu le rythme de parution de toute façon — deux chapitres de 20 pages chaque mois !) : Mikel Janin. Il aura su apposer son style doux si particulier et ses visages marquants tout au long de la série. D'autres prestigieux noms l'ont accompagné, comme David Finch, Tony S. Daniel, Jorge Fornes, Joëlle Jones et Clay Mann pour les plus importants. Chacun apportant une touche graphique soignée, dans une jolie succession de planches sans réel faux pas. Bien sûr la non homogénéité des styles pourrait déplaire, mais on ne ressort pas choqué de ce mélange des genres.



Batman Rebirth joue donc sur deux tableaux principaux. Le très long plan de Bane, organisé dans l'ombre avec la complicité inédite du Batman Flashpoint. En ce sens, on est presque dans un remake de Knightfall et de la destruction physique et psychologique de Batman/Bruce. Rien de nouveau si ce n'est une modernité et crédibilité plus poussée, palpitante ! Second intérêt : la romance entre Bruce Wayne et Selina Kyle. Leur relation, particulièrement bien écrite, donne lieu à des scènes aussi touchantes qu'agaçantes. Le jeu du chat et de la (chauve) souris est parfois pénible, chacun se drapant derrière son masque au lieu de lâcher prise et savourer enfin un peu de répit et de bonheur. On retient le huitième tome, Noces Noires, qu'on peut même lire indépendamment du reste — comme les tomes 2 et 10 par exemple, une des forces de la série.

Tom King réussit où Scott Snyder échouait : son travail est moins clivant, il déconstruit moins le mythe du Chevalier Noir. Il (ré)écrit à sa manière des sujets et thématiques déjà abordés. Mais à l'inverse de son confrère scénariste, il réussit à produire d'authentiques pépites et, à l'opposé, des navets sans nom. Snyder séduisait ou dérangeait mais n'arrivait jamais vraiment à se hisser au sommet sans pour autant tomber non plus dans les égouts, il arrivait à proposer quelque chose au pire vaguement divertissant. Pour vulgariser grossièrement, Snyder a produit du bon et du moins bon là où King a produit de l'excellent et du médiocre. Les deux souffrent d'une qualité hétérogène évidente vu la longueur de leurs runs respectifs (9 tomes pour Snyder, 12 pour King).



Si Scott Snyder a marqué les esprits avec des créations qui occupent désormais une place plus ou moins importante dans la mythologie de Batman (sa fameuse et surestimée Cour des Hiboux, leurs ergots, la figure singulière du Joker…) ce ne sera pas forcément le cas du travail de Tom King, pourtant meilleur, paradoxalement. Un énième plan de Bane contre un Batman brisé et déchu ? Une idylle avec Selina Kyle, certes détaillée et enrichie ? Tout cela n'est,  in fine, pas réellement nouveau, seul son traitement l'est. Même s'il y a bien sûr des passages marquants et — on le répète — de superbes tomes.

Les conséquences pour la suite seront probablement minimes. Il y a bien sûr la mort d'un personnage principal historique à prendre en compte. Mais on le sait (et on en a déjà parlé) il y a de fortes chances pour que ce dernier revive d'une manière ou d'une autre… Il y a par contre un élément crucial qui sera l'héritier de Batman Rebirth mais… celui-ci n'est bizarrement pas évoqué dans les derniers tomes de la série mais dans une autre production à venir, toujours signée par Tom King. Difficile d'en dire plus sans dévoiler un élément crucial pour cette œuvre à venir. Finalement, c'est le nouvel ennemi, le Batman Flashpoint, Thomas Wayne donc, qui saura peut-être revenir dans un futur proche en tant qu'allié ou vilain de qualité, qui marquera davantage les esprits.


En synthèse, pour ceux souhaitant sélectionner un peu (l'intégralité revient tout de même à presque 230 €, un investissement important donc !), on conseillera d'acheter les tomes 01, 02, 03, 08, 09, 11 et 12 (éventuellement le 07 pour sa dernière partie remarquable et À la vie, à la mort). On se plaît à imaginer une réédition supprimant les chapitres anecdotiques et tout le surplace narratif peu palpitant. Malgré les défauts et égarements divers, la tendance globale reste sur une note plutôt positive. Bravo donc à Tom King d'avoir réussi à mettre de jolis mots sur des maux particulièrement humains. Un travail appréciable, parfois clivant, parfois passionnant, qui laisse rarement indifférent. L'avenir nous dira si tout cela n'aura pas été vain…



[1] Jason Fabok, Frank Miller, Lee Bermejo, Neal Adams, Tony S. Daniel, Paul Pope, Tim Sale, Andy Kubert, David Finch, Jim Lee, Greg Capullo... parmi les plus connus de l'industrie !
[2] L'épilogue ouvre sur une autre histoire, qui sera écrite par James Tynion IV, habitué depuis une petite dizaine d'année à signer ou co-signer diverses bandes dessinées sur le Chevalier Noir. Tout cela sera à découvrir dès septembre dans Batman : Joker War.

Les critiques nettement plus détaillées de tous ces tomes sont disponibles sur mon site www.comicsbatman.fr, cet article se voulant être un bon complément, analysant avec le recul l'entièreté du run et le présentant de manière plus synthétique.


+ Les points positifs - Les points négatifs
  • Un ensemble cohérent, dont toutes les intrigues trouvent une résolution.
  • Les dessins majoritairement assurés par Mikel Janin, David Finch, Tony S. Daniel, Jorge Fornes. De jolies planches, un régal !
  • Deux histoires importantes : le plan de Bane et la romance entre Bruce et Selina.
  • Le côté humain et meurtri de Bruce Wayne, bien mis en avant tout le long.
  • Très bon travail éditorial d'Urban Comics (rapidité des sorties au plus près des versions US, contextualisation de l'ensemble, fiches personnages, choix de couvertures pertinents et galeries de bonus systématiques).
  • Des connexions à d'autres bons récits (Flashpoint et le segment sur le Chevalier Noir de cet univers, Le Badge, Heroes in Crisis, diverses séries sur Batman, etc.)...

  • … qui peuvent perdre (un peu) les non connaisseurs.
  • Beaucoup trop long, l'essentiel aurait largement pu tenir en 7 tomes.
  • Un rythme en demi-teinte, parfois passionnant, parfois ennuyant, avec des épisodes inutiles ou de faible qualité.
  • Des passages pouvant parfois être perçus comme sexistes.
  • Moins marquant que d'autres sagas cultes (à part la mort d'un personnage important mais qui reviendra sans doute d'une manière ou d'une autre, comme toujours, même si on espère avoir tort).
  • (Un chapitre complémentaire qui aurait dû être intégré dans la série Rebirth au lieu de bénéficier d'un tirage à part.)
The Gutter - Édition Collector
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The Gutter, la bande dessinée parodique de nos amis Cyril Durr et Sergio Yolfa, sort en Édition Collector chez Nats Édition !
Voyons tout de suite ce que cette version propose.


- tirage limité à 200 exemplaires, numérotés

- hardcover (ce qui devrait faire plaisir à ceux qui n'étaient pas fans de la couverture souple)

- un cahier de croquis supplémentaire dans la partie bonus, contenant 10 crayonnés de scènes inédites

- des goodies (liés à la thématique du bar The Gutter) : 4 dessous de verre et un ouvre-bouteille exclusifs floqués aux couleurs de The Gutter, de quoi accueillir convenablement vos amis, chez vous, pour l'apéro !

- et un concours (jusqu'au 30 juin) permettant à chaque acquéreur de cette édition d'avoir une chance de remporter une superbe bierkrug (une chope, quoi) The Gutter ! (voir illustrations ci-dessous)


L'édition collector est exclusivement disponible sur le site de l'éditeur, dès aujourd'hui.
88 pages - format 21,5 x 30,2 cm - 18,50 € (frais de port offerts)

Si vous souhaitez découvrir plus en détail ce bar agité où se rencontrent les personnages de vos comics préférés, vous pouvez également vous rendre sur le tout nouveau site officiel de la BD !

On termine avec deux dessins inédits issus des bonus, ainsi que quelques visuels des goodies, histoire de vous donner un avant-goût de ce que vous pourrez découvrir dans cette superbe édition. Vous trouverez également plusieurs planches complètes ici.











Le "Snyder Cut" de Justice League sera visible en 2021 !
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Historique ! Le mouvement #ReleaseTheSnyderCut a visiblement porté ses fruits après deux ans et demi de combat : la version longue du film Justice League telle que souhaitée par son réalisateur initial Zack Snyder sera (enfin) disponible l'an prochain, sur la plate-forme de streaming HBO MAX !

L'information est tombée ce mercredi 20 mai en direct durant le commentaire audio de Man of Steel par son réalisateur lui-même. Pour rappel, après ce premier long-métrage, reboot moderne sur Superman sorti en 2013, Warner Bros et Zack Snyder avaient prolongé un univers DC Comics partagé au cinéma avec tout d'abord Batman vs Superman : l'aube de la justice (mars 2016) puis Suicide Squad (août 2016). Les retours critiques négatifs du premier avaient contraint à rendre le second moins sombre que prévu (malgré les retours extrêmement positifs de la version longue de Bat vs Sup sortie en vidéo).
Le fameux DCEU (DC Extended Universe) — appellation plus ou moins officielle et renommée The Worlds of DC par Warner Bros — devint alors compliqué à gérer : d'un côté des films "solos" qui cartonnent (Wonder Woman en 2017 puis Aquaman en 2018) mais des fondations fragiles et, surtout, un long-métrage hybride raté, Justice League (2017), alors qu'il devait être le point d'orgue de cette franchise censée concurrencer le fameux MCU et ses Avengers. Zack Snyder avait quitté la post-production de Justice League suite au décès de sa fille et Joss Whedon fut appelé à la rescousse. La suite on la connaît : le moustache gate, un humour naze, un cruel gâchis, bref un ratage complet et la fin du DCEU. Enfin… pas tout à fait car Warner Bros continuait de produire d'autres fictions (Shazam en 2019, Birds of Prey et Wonder Woman 1984 cette année) tout en ne sachant que faire de sa ligue de justice bancale… Sans compter le succès de Joker, totalement en marge de cet univers partagé.

(Affiche non officielle conçue par BossLogic)

Depuis quelques mois, de nombreuses rumeurs plus ou moins confirmées et alimentées par le propre casting du film avançaient que Zack Snyder avait quasiment terminé SA version de Justice League, celle sans les scènes supplémentaires ridicules tournées par Joss Whedon, celle qui dure 3h30 au lieu de 1h50, celle qui devait réellement conclure sa trilogie entamée avec Man of Steel (sachant que le plan initial du réalisateur était de bâtir une autre trilogie sur Justice League). Ce mercredi 20 mai la rumeur n'est plus : oui, la Snyder Cut existe bel et bien et on pourra la voir en 2021 !

Beaucoup de choses à dire et à analyser dans un second temps, mais selon Zack Snyder et Hollywood Reporter : cette version pourrait durer 4 heures et être découpée comme une mini-série ou bien demeurer en un seul bloc, comme un long film. Entre 20 et 30 millions de dollars pour finaliser les effets spéciaux auraient été mis sur le tapis. Enfin, les acteurs viendront redoubler certaines scènes. En synthèse, Snyder peaufine sa postproduction et son montage ultime avant de la proposer sur HBO Max, plateforme de streaming de la chaîne du même nom, l'année prochaine. On ne sait toujours pas si cette dernière sera disponible en France, ni quand, mais nul doute que les fans sauront trouver ce Zack Snyder's Justice League (son titre officiel) en temps voulu.

Cette décision est complètement inédite dans l'histoire du cinéma et n'est pas sans rappeler le cut de Richard Donner sur Superman II, sorti en vidéo plus de trente ans après sa version cinéma. Cela soulève également de nouvelles interrogations quant au procédé (économique, lié aux réseaux sociaux…) et à l'avenir de la franchise. On peut affirmer sans trop de risques que cette nouvelle mouture de Justice League sera meilleure que l'ancienne (difficile de faire pire), le jeu des comparaisons sera intéressant. Cela rendra-t-il ses lettres de noblesse au film ? Deviendra-t-il "culte" ? Les futures productions de Warner Bros et du DCEU prendront-elles en compte cette nouvelle version ? Tant de questions (et beaucoup d'excitation, on ne vous le cache pas)… réponses en 2021 !

Nouveau scandale chez Glénat
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Stéphane Bourgoin, tout content d'arborer un t-shirt de très bon goût compilant des tueurs "made in France".
Étonnant de la part de quelqu'un prétendant que sa compagne a été violée, assassinée et dépecée par un serial-killer...


Le sujet du jour est assez sinistre puisqu'il est question de l'exploitation de crimes réels en BD, exploitation qui met en plus en avant un imposteur.

Décidément, Glénat aime faire dans le glauque. Après Petit Paul, une BD contenant des scènes pédopornographiques (sous prétexte de "faire un pied de nez à la sexualité bien pensante", dixit Céline Tran, ex-hardeuse et responsable de la collection Porn' Pop), la maison d'édition a lancé, en mars dernier, une collection consacrée aux serial-killers. Collection présentée par le désormais sulfureux Stéphane Bourgoin, qui s'est inventé un passé de victime et a bâti une carrière entière sur le mensonge, devenant ainsi un "expert" aussi imaginaire que pourtant recherché par les médias.

La démarche de l'éditeur, bien qu'elle sente moralement aussi bon qu'une pissotière publique un jour de canicule, n'est bien entendu cette fois pas illégale. Cependant, elle pose des questions bien légitimes. Ainsi, le premier tome de la collection s'intéresse à l'affaire Fourniret et contient des scènes dans lesquelles sont représentées des victimes de ce criminel. Certaines d'ailleurs sont encore en vie et n'ont malgré tout pas été consultées. Si une autorisation n'est pas obligatoire, se dispenser de la solliciter manque cruellement d'élégance. Voir une bande dessinée retracer une tentative de viol et d'assassinat dont on a été victime, au détour d'un rayon de librairie ou de grande surface, ne doit rien avoir d'agréable. Et c'est un euphémisme !

De plus, les nombreuses révélations récentes sur Bourgoin posent un sérieux problème de déontologie. Ce dernier a en effet, entre autres "exploits", inventé le meurtre d'une compagne imaginaire, il a prétendu avoir formé des magistrats en France (et être à l'origine du service de profilage de la Gendarmerie Nationale), il a également annoncé détenir, dans sa cave, le cadavre d'un tueur (dont il se proposait de remettre des "morceaux" lors d'une séance de dédicace), bref, pas forcément le type avec qui l'on aimerait s'acoquiner, à plus forte raison pour faire figurer son nom sur les covers d'une collection de BD.
Si Glénat n'était peut-être pas au courant du parcours nauséabond de Bourgoin, difficile de l'ignorer à l'heure actuelle.

Si vous souhaitez en savoir plus sur Stéphane Bourgoin, nous vous conseillons l'excellent documentaire Mindliar de Clément Freze, réalisé à partir du travail du collectif 4ème Œil.
Nous signalons qu'il existe également une pétition demandant le retrait des BD sur les serial-killers présentées par Bourgoin.
Enfin, nous vous conseillons également la page facebook du collectif Parcours de Victime, cofondé par Dahina Sy Le Guennan, elle-même victime de Fourniret, des élucubrations de Bourgoin et du manque de tact de Glénat.

La balle est désormais dans le camp de l'éditeur qui aurait tout intérêt à faire un geste désintéressé et humain en retirant les BD incriminées de la vente ou, on peut toujours rêver, en reversant les bénéfices aux victimes des actes du monstre qu'ils exploitent.


Les Omniscients
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Voilà une nouvelle série BD basée sur un pouvoir bien particulier : le savoir absolu.

Les Omniscients, à paraître aux éditions du Lombard le 12 juin, met en scène un groupe de cinq adolescents qui découvrent subitement qu'ils détiennent un immense savoir (sans ouvrir un seul livre, voilà qui devrait faire envie à pas mal de collégiens et lycéens !).
Ceci dit, il n'y a pas que des avantages à devenir un super-érudit puisque, très vite, une organisation gouvernementale va tenter de mettre la main sur les génies, qui eux sont occupés à tenter de percer le mystère de leur "transformation".

Avec Dugomier au scénario et Renata Castellani au dessin, voilà une variation plutôt sympathique sur le thème des super-pouvoirs. Ce premier tome s'ouvre sur la présentation des personnages et la découverte, parfois assez drôle, de l'étendu de leurs connaissances.
Quant aux dessins, ils s'avèrent très réussis, avec des personnages bien caractérisés et des décors détaillés, le tout bénéficiant en plus d'une fort jolie colorisation.

64 pages - 12,45 €

À découvrir.