Écho #93 : Intégrale Tuniques Bleues
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Retour sur la seconde partie de l'intégrale des Tuniques Bleues, sortie en novembre 2023 mais disponible actuellement sur un site bien connu à moins de 70 euros (au lieu de 85).

Il s'agit du coffret complet de l'intégrale (pouvant contenir les 4 tomes) ainsi que des tomes III et IV de ladite intégrale. En tout, 32 albums sont regroupés ici, soit 16 albums par tome (attention, c'est du 19,3 par 26,5 cm, la taille est sensiblement réduite par rapport aux albums classiques). Des couvertures spéciales, fort élégantes, ont été composées pour l'occasion (des dessins originaux ornent également la quatrième de couverture de chaque opus).

Même si la qualité de la série a globalement baissé ces dernières années (avec quelques exceptions, cf. cet article), les aventures du sergent Chesterfield et du caporal Blutch, initiées par Raoul Cauvin, Louis Salverius et Willy Lambil, demeurent un classique de la BD franco-belge. Cette intégrale, dont le prix devient plus raisonnable, fera donc certainement quelques heureux parmi les collectionneurs complétistes. Notons qu'il s'agit d'une édition limitée à 2000 exemplaires, mais vu le tarif (pas scandaleux rapporté au nombre d'albums, mais ça reste une grosse dépense), trois ans après, il en reste encore !

Sommaire visuel complet ci-dessous.


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Tintin : À la recherche de l'Intégrale parfaite
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Il existe énormément d'éditions différentes des albums de Tintin (cf. cet article), malgré cela, la plus célèbre série de BD franco-belge n'a toujours pas son intégrale ultime !
Petite réflexion à destination de Casterman/Moulinsart... (on peut toujours rêver)

Il existe bel et bien une intégrale actuellement, contenant 24 albums (les 22 classiques, plus Tintin au Pays des Soviets et Tintin et L'Alph-art, qui selon moi est loin d'être un album, mais là n'est pas le sujet). Cette intégrale (qui ressort régulièrement, dans différentes couleurs, mais avec un contenu et une charte graphique identiques) présente cependant quelques défauts. Et aucun bonus. 
Et comme visiblement, malgré trois gros rayonnages pleins de différentes variations des mêmes albums, je ne suis toujours pas rassasié, j'ai imaginé une intégrale "parfaite", en tout cas selon moi. Voyons cela en détail.

Tout d'abord, il conviendrait de corriger les deux énormes défauts de l'intégrale actuelle. Le premier est bien entendu la taille. Les tomes de l'intégrale sont en effet plus petits que les albums classiques, ce qui n'a pas lieu d'être. Le deuxième problème, inacceptable, est l'absence des couvertures ! Chaque aventure est en effet introduite par une page planche sur laquelle figurent le titre et une pauvre image symbolisant l'album (quelle idée de merde !). Pas de trace des couvertures originales, qui font pourtant partie intégrante de l'œuvre. 
Les deux premiers points de cette "intégrale de rêve" consisteraient donc à rétablir la taille normale des albums et à ajouter enfin les couvertures en début de récit.

Les deux points suivants sont plus personnels et sans doute moins évidents, mais ils me semblent ajouter une véritable plus-value à l'ensemble. Tout d'abord, puisque Tintin au Pays des Soviets est maintenant considéré comme un album à part entière, autant choisir la version colorisée. Non seulement elle existe déjà, elle est même très réussie, mais cela permettra de rendre ces pages (jamais retravaillées par Hergé) plus agréables et lisibles. C'est également cohérent avec la collection entière, tous les albums étant colorisés. 

Ensuite, pour ajouter un petit plus, il serait bon d'avoir, à la fin de chaque tome, quelques dessins d'Hergé, non issus des albums mais du Journal de Tintin. Il en existe énormément, qui ont été publiés à l'occasion de Noël ou du Nouvel An, pour annoncer le début d'une nouvelle aventure ou pour un jeu ou une pub quelconque. Ce serait tout de même agréable là encore de pouvoir se plonger dans des illustrations qui prolongeraient le plaisir avant de refermer un volume. Pas besoin de rédactionnel ou autre, on a déjà eu des tonnes de textes sur le sujet, l'image et une vague légende (date, numéro du journal) suffisent largement. Cela ne rajouterait que quelques pages par tome (disons trois planches pour six dessins), ça ne semble pas poser problème. 

Bon, on a corrigé deux gros défauts, on a ajouté des petits plus sympas, il reste encore deux détails pratiques. Rien d'indispensable, mais ça ne gâcherait rien : un petit visuel de chaque album au dos de chaque tome, et un découpage en 8 x 3 albums. Le découpage actuel propose 6 tomes contenant 3 albums, mais le premier en contient 2 et le dernier 4. Cela sépare les diptyques sans raison valable, on se fiche bien qu'un ou deux tomes soient plus épais ou plus mince, l'idée, c'est de conserver une logique de contenu.

Si l'on résume, ça donne donc : un meilleur confort de lecture, la présence indispensable des covers, Les Soviets dans une version plus jolie et lisible, des bonus sympathiques, un contenu facilement identifiable grâce aux vignettes des albums en quatrième de couverture, et une répartition permettant de conserver une certaine logique (premiers albums constituant les "balbutiements" de la série ensemble ; non séparation des diptyques). 

Bon, en réalité, serait-ce "parfait" pour autant ? Sans doute pas, on peut toujours imaginer plus et mieux, mais ce serait un bon début. Et oui, ce serait sans doute plus cher que les 99 euros de l'intégrale actuelle, mais entre nous, on a l'habitude de se faire plumer, non ? 


Petit résumé visuel, par ordre d'importance :


Écho #92 : Pack Marvel Legends Wolverine/Psylocke
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Un fort joli pack Marvel Legends, prévu pour la fin décembre, réunit Wolverine et Psylocke dans une version "jeu vidéo vintage". 

Les deux mutants sont basés sur la version alternative du jeu, c'est-à-dire un costume différent disponible quand un autre joueur a déjà choisi le personnage. Pour Wolverine, l'on a un costume jaune et vert, assez sympa, alors que Psylocke troque son costume habituel bleu contre une fort jolie tenue rose. 
Deux visages, très réussis au niveau des expressions, accompagnent chaque protagoniste, ainsi que trois paires de mains (cinq mains en réalité en tout pour Psylocke).

Des accessoires reproduisent pas mal d'effets visuels (coups de griffes, TK) pour ceux qui souhaitent exposer hors boîte et réaliser une scène. Notons que le parti pris très cartonny du design permet à Logan d'exhiber des griffes très longues. Et, une première dans la collection Marvel Legends, celles-ci sont disponibles en version os ou lames !

Par contre, Hasbro a pété les plombs sur les prix ces derniers temps, entre leur gamme Maximum à 60/70 euros pour un personnage unique (au lieu de 25/30) et leurs packs 2 personnages à 80 balles (au lieu de 45/60), c'est devenu complètement délirant. Et donc, oui, c'est bien 80 euros qu'il faudra débourser pour précommander ce pack. Il ne rigole pas m'sieur Hasbro. Il n'est pas là pour jouer de la clarinette. 
Bon, dans ces cas-là, on fait quoi pour se consoler ? On chante la chanson du pigeon et on se dit que non, ce ne sont pas juste des morceaux de plastique, c'est de la nostalgie solide, camarade ! 

Sur mes belles étagères qui ploient sous les BD
Quelques Pop de travers jettent un regard glacé
À l’inconnu curieux laissant traîner sa main
Sur des bustes hors de prix ou le dos des bouquins
Merci encore messieurs pour mes 26 Matrix
Et toutes ces éditions de Tintin, d'Astérix
Je n'sais plus où les mettre mais je chéris ces doubles
Je suis prêt à payer en sesterces ou en roubles
Tout n’est qu’un long flashback des années 80,
Car c’est dans le passé que l’on est vraiment bien !
Tenez dame Amazon, prenez donc mon argent,
En échange de plastique et d’un peu de bon temps !
Je garde même la boîte car elle est collector,
C’est sûr c’est un peu cher mais il m’en faut encore !
Les produits dérivés sont nos meilleurs amis,
Figurines et répliques vont enchanter nos vies !
Bob Morane, Ric Hochet, Goldorak, Albator
Sont réellement pour moi le plus beau des trésors
J’entasse dans l’euphorie, frénétique, j’accumule 
Je suis un doux pigeon que l’on plume sans scrupule 







Pourquoi la Pop Culture, c'était mieux avant ?
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Et si la nostalgie n’était pas forcément ce que l’on croit ? Étude sur la modification des supports et contenus culturels et de leur perception.

L’on a tous entendu maintes fois la fameuse phrase « c’était mieux avant » et ses multiples déclinaisons (« à notre époque, c’était quand même autre chose » ;  « les développeurs, dans le temps, ils savaient faire » ; « la musique, aujourd’hui c’est toujours pareil »…). Et si l’on peut mettre parfois ces tirades sur le compte d’une certaine aversion à l'égard de la supposée nouveauté, parfois façonnée par des éléments techniques ou politiques qui tendent vers l’uniformisation [1], ce sentiment de régression ne vient pas de nulle part. Si cette baisse de qualité généralisée est ressentie, c’est peut-être parce qu’elle est réelle. Et si vous avez la cinquantaine ou plus, cette impression de chute de la valeur de ce qui vous était auparavant précieux ne vous aura sans doute pas échappé.
Au travers des romans, de la musique ou même des jeux vidéo, nous allons voir ce qui a profondément contribué à modifier notre perception de l’art et du divertissement, et ce sans même tenir compte d’une qualité intrinsèque de toute façon difficilement mesurable (c’est possible sur le plan technique, mais pas vraiment au niveau de l’aspect créatif).

1. La Rareté
Voilà un point évident, nous vivons à une époque de surabondance de biens culturels. Accéder à la musique, aux films, aux BD, aux romans, aux jeux, n’a jamais été aussi aisé. Et cet accès est même parfois gratuit (pas seulement par le piratage, les médiathèques proposent légalement un tas de biens culturels). Dans les années 70 et 80, se procurer un nouvel album, un nouveau roman ou un nouveau jeu était un petit événement en soi. Les contraintes étaient d’ailleurs multiples. Impossible par exemple de lancer une plateforme pour regarder ce que l’on voulait, il fallait attendre une certaine heure pour voir son dessin animé préféré, lequel était parfois tronqué, censuré, modifié par le diffuseur ou les traducteurs qui s’érigeaient en pères-la-morale. Impossible également à l’époque de commander un livre en quelques clicks. Il fallait partir en chasse, écumer les librairies du coin, farfouiller dans les rayons. Cela prenait du temps, cela demandait de l’énergie, voire un certain budget. Tout n’était pas forcément disponible partout, il était rare, si l’on avait un objectif précis, de dénicher le graal tant convoité chez le premier disquaire (sauf nouveauté très populaire, forcément) ou bouquiniste venu. Et si vous étiez adolescent, les contraintes économiques et logistiques étaient encore plus pesantes. Dans un tel contexte, posséder quelques cassettes audio et une poignée de livres était perçu, par les passionnés, comme être le détenteur d'un véritable trésor. L'inverse n'est pas très dur à comprendre : si vous vous goinfrez de chocolat tous les jours, il finira par devenir banal, avoir moins bon goût, et sa valeur à vos yeux diminuera. Ce qui induit le point ci-dessous. 

2. La familiarité avec l'entièreté de l’œuvre 
Le côté « entier » de l’appréhension d’une œuvre découle en grande partie du premier point, donc de sa rareté. Quand on a le choix entre des milliers de titres (voire des millions), il est tentant de changer d’album ou d’artiste dès la première chanson qui semble un peu « faible ». Autrefois, un nouvel album était systématiquement écouté en entier. Et même plusieurs fois. Ce qui permettait d’ailleurs de découvrir la subtilité de certains styles musicaux (comme le rock progressif, notamment). Sans ce temps long à consacrer à un album, difficile d’en découvrir les nuances. Et une fois que l’industrie musicale a compris cette tendance à effectuer des « sauts » dès qu’un titre ne parvient pas à convaincre, la logique commerciale l'a alors poussé à ne plus prendre de risques, à offrir des refrains accrocheurs et des structures attendues. 
Ce phénomène se retrouve même dans les jeux vidéo. Certains jeux, à la difficulté aberrante, finissaient pourtant par être maîtrisés par les joueurs, non parce qu’ils étaient bons, mais parce qu’ils étaient là, tout simplement. Si un Ikari Warrior, sur Amstrad, était fun, avec une progression constante et une prise en main facile, l’on finissait aussi par s’acharner sur des Airwolf, par exemple, qui étaient d’une ergonomie qui frisait la torture. À comparer aujourd’hui avec certains qui regardent des films (et pas forcément des navets)… en accéléré ! Une telle hérésie ne conduit évidemment pas à accorder de la valeur à ce que l’on « consomme ».
Bref, qu’elles soient bonnes ou pas, les productions étaient en majorité vues ou lues dans leur entièreté par le grand public. Et connaître quelque chose, au point de se familiariser avec, augmente artificiellement la valeur perçue de ladite chose. 

3. L’Effort
C’est sans doute l’aspect qui est le moins compréhensible pour un jeune consommateur moderne, tant les sources se sont adaptées pour que leurs produits soient vite et bien accessibles. Il y a encore trente ou quarante ans, tout demandait un petit effort et un minimum d’organisation. Il fallait se rendre au vidéo-club, au supermarché, à la librairie. En plus du budget, il fallait avoir le temps de le faire, et un moyen de locomotion. Lorsque l’on revenait à vélo d’une escapade de trente kilomètres, à douze ans, le livre précieusement rangé dans la sacoche arrière faisait office d’une merveille qu’il convenait de protéger des affres du temps et des maladroits. Et si vous aviez écumé quatre supermarchés et trois disquaires avant d’enfin tomber sur l’album de vos rêves, là encore, sa valeur en était décuplée. Parce que ça vous avait coûté, réellement, quelque chose. Pas juste du pognon, pas juste du temps, mais de l’énergie, de l’effort musculaire. Votre livre, votre disque, vous l'aviez mérité. 

4. L’Aspect tactile
Voilà un point moins immédiatement perceptible mais bien réel tout de même. Â l’époque de la numérisation, et donc de la dématérialisation, nous n’avons plus (ou moins) de liens physiques avec le support de l’œuvre. Bien entendu, cela a aussi ses avantages, ce serait stupide de le nier. Un kindle permet de stocker facilement de très nombreux romans, de se les procurer rapidement, à un meilleur prix (en France, ça se discute, la plupart des éditeurs majeurs maintenant un prix du numérique artificiellement élevé, dépassant même celui des livres physiques au format poche !), cela permet même de lire la nuit sans déranger son conjoint, de redémarrer la lecture exactement où on en était, et des tonnes d’options peuvent faciliter même l’accès à des ouvrages en langue étrangère. Pas question donc de nier les avantages d’un fichier numérique. Mais cela apporte aussi de profondes modifications dans notre rapport à l’œuvre. Personne ne va « feuilleter » un fichier numérique lu dans sa jeunesse. Alors qu’un véritable livre, un objet physique, va raviver bien des souvenirs et créer un lien affectif « palpable ». La texture du papier, l’odeur de l’encre, la couverture, la charte graphique de l’éditeur, autant d’éléments avec lesquels le lecteur aura été en contact pendant des heures. Là encore, cette proximité physique, identique pour un vinyle, va créer de la valeur perçue. Si le collectionneur va s’attarder sur la pochette d’un album, en savourer chaque détail, la caresser même, personne ne va s’ébahir devant un fichier mp3. L'objet donne du poids à l'œuvre qu'il abrite. 

5. La Virtuosité
Enfin, l’absence de virtuosité, virtuosité naguère induite par des contraintes techniques majeures, va également se faire cruellement ressentir de nos jours. 
Nombre d’albums mythiques furent autrefois enregistrés sur 16, 8 voire 4 pistes (même si l’overdub permettait de « tricher » un peu, mais c’est là une adaptation à une contrainte, donc déjà de la débrouillardise, donc de l’exploration du domaine technique, ce qui amène à sa maîtrise, ce qui relève de la fameuse « virtuosité »). 
De la même manière, certains jeux vidéo addictifs et à la profondeur unique étaient contenus sur une simple disquette, et pas forcément le standard à 1,4 Mo, ce qui semble déjà peu aujourd’hui, mais parfois, selon les machines, moins de 800 voire moins de 400 Ko (kilo-octets !). La limitation technique forçait les développeurs à s’adapter, à concevoir autrement, à maîtriser 100 % d’une machine spécifique et de ses routines complexes. 
Quand tout est illimité, n’importe qui (ou presque) peut créer un jeu. Et certains logiciels (sans parler de l’IA [2]) ont énormément facilité la composition musicale. Mais quand il faut être obligatoirement un expert de son domaine, et même un expert ingénieux, pour pouvoir aboutir à quelque chose, forcément, la qualité générale s’en ressent. Et la valeur perçue aussi. Cela se retrouve aussi dans le cinéma, avec les anciennes maquettes, les animatronics, les prothèses, les bricolages et le système D. Attention, cela ne veut absolument pas dire que les images de synthèse (appelées globalement plutôt CGI actuellement) sont nulles, juste que la manière de travailler n’est plus la même, et que le rendu à l’écran est différent également. 
Soulever 250 kg à l'aide d'un chariot élévateur, ça n'a rien d'exceptionnel. C'est un dispositif conçu pour et démocratisé. Soulever la même charge à l'aide de poulies, de câbles, d'un chevalet bricolé après des calculs personnels, c'est de la "virtuosité". 


Des œuvres diluées dans un magma bouillonnant 
Ainsi, nous sommes bien obligés d’admettre que les supports, la manière de travailler leurs contenus et même la manière de se les procurer ont radicalement changé depuis 2000 et surtout 2010. Pour quelqu’un né même à la fin des années 90, il n’y a aucune césure. Tout a « toujours » été comme ça. Mais pour une personne plus âgée, le basculement est bien net. Et sa perception n’est pas forcément un simple « ronchonnage de vieux con ». Elle est liée à de véritables pertes et de profondes modifications. Avec des biens culturels abondants, faciles d’accès, que l’on « picore » au lieu de les « dévorer », des œuvres qui n’ont plus de réalité physique et qui perdent en virtuosité, parce que leurs auteurs n’ont plus besoin d’être des virtuoses, il y a bien a minima une perte de valeur perçue.
Le « c’était mieux avant » n’est pas seulement un réflexe commun face à une nostalgie envahissante, c’est la contraction, la version « rapide », d’une perception explicable de la véritable chute de valeur des œuvres liées à l’art et au divertissement. Non parce qu’elles seraient forcément moins bonnes (et il en existe encore, fort heureusement, qui demeurent fascinantes), mais parce qu’un ensemble de changements physiques, techniques et logistiques ont automatiquement abaissé cette valeur. On n'y peut rien, c'est un fait. Si vous devez noter sur 10 un roman lu sur une tablette, acheté en un click sur amazon parmi des milliers d'autres, et doté d'une cover générée par IA, même s'il est bon, vous aurez tendance à lui mettre 1 ou 2 points de moins que le roman physique, doté d'une couverture conçue par un dessinateur virtuose, dont vous avez tourné les pages bien réelles, et que vous avez acheté après une heure d'immersion et de recherches dans l'une de vos librairies préférées.  

Si l’on veut rentrer dans une forme plus schématique de la valeur accordée à une œuvre, l’on peut le faire très simplement : la valeur absolue (VA) d’une œuvre va être égale à sa valeur intrinsèque (VI) additionnée à sa valeur perçue (VP). La valeur intrinsèque est composée, elle, d’un pan technique objectif (justesse des notes, absence de faux raccords, effets littéraires employés à bon escient, etc.) et d’un pan artistique subjectif (ce qui vous plaît, vous touche, le lyrisme, la force de l’œuvre). La valeur perçue, elle, sera composée des cinq points développés plus haut (rareté, familiarité, effort nécessaire, proximité physique et virtuosité). Il est donc aisé de comprendre qu’en baissant radicalement la valeur de VP (car les cinq points sont impactés), celle de VA baisse drastiquement également, mais ça ne veut pas dire que les œuvres récentes sont moins bonnes, car VI peut demeurer identique, voire augmenter. Cela permet juste de comprendre pourquoi... « elles étaient mieux avant ».




[1] À l’inverse, des éléments techniques (comme la démocratisation du synthétiseur, puis d’autres outils comme le séquenceur et les boîtes à rythme) ou politiques (comme la légalisation des radios libres, ce qui contribuera à un énorme appel d’air en termes de nouveautés à diffuser), peuvent largement influer sur la diversité de la production et sa perception. 
[2] Ce qui n'est pas une critique. L'IA est là, il convient de faire avec. C'est un outil, au même titre qu'une gomme, qu'un crayon de papier ou que Photoshop. Rappelons-nous à l'époque les débats  « idéologiques » sur la colorisation numérique des bandes dessinées. Débats qui paraissent aujourd'hui bien vains. 

Écho #91 : It's alive...
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Logical Tears
vient de sortir son nouvel EP : It's alive...

Ambiance horrifique pour cet EP inspiré notamment du roman de Mary Shelley. Les titres sont éloquents et vous donnent une idée de l'atmosphère générale : It's alive, Monsters ou encore Slasher nous plongent dans les classiques de l'épouvante !

Sur le plan musical, on est sur de la dark wave bien vitaminée, qui flirte avec un rock electro pop qui peut évoquer New Order, The Cure ou même Indochine. L'arrivée de O. Scar au chant est une réussite totale, cette nouvelle formation se révélant inspirée et extrêmement addictive. Noctule. h, l'âme du groupe, est toujours là à la basse et aux arrangements. L'harmonie entre les deux membres de Logical Tears semble totale et devrait promettre d'autres créations percutantes, d'autant que de futurs EP sont déjà programmés et en développement !

It's alive... est d'ores et déjà disponible sur toutes les plateformes de téléchargement, la version physique est prévue pour mi-octobre. Et pour écouter le titre phare de ce nouvel opus et découvrir le clip, c'est ici. Évidemment, on vous conseille de suivre cet excellent groupe et de vous ruer sur cet EP qui va vous faire frissonner de plaisir !