Écho #90 : Intégrale Trône de Fer - tome 4
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Le tome 4 de l’intégrale Trône de Fer chez Pygmalion sort en octobre. 

– Dans les points positifs, notons les illustrations, jolies et nombreuses, ainsi que la taille de la police, tout à fait confortable. 
– L'espèce de bandeau intégré à la couverture n'est par contre décidément pas un choix graphique très heureux. 
– Restera donc encore un tome VF à paraître dans cette collection, avec un peu de chance pour l’année prochaine.
– La trad est "révisée" mais on est toujours sur la version ampoulée et désuète de Sola (qui n’a aucunement respecté le style de l’auteur). Une erreur incompréhensible de l’éditeur. Évidemment, dans quelques années, on nous revendra tout ça avec une nouvelle trad…
– 15 ans après la sortie du tome 5 en VO, Martin n’a toujours pas publié le tome 6. Sachant qu’il y en a au moins encore un après (le 7 c’est sûr, son agent a laissé planer le doute sur un tome 8), quelles sont les chances pour que la fin réelle voit le jour rapidement ? Indices : la priorité de Martin, c’est apparemment le tome 2 de Feu et Sang (les livres qui décrivent tout l’univers de A Song of Ice and Fire, cf. aussi Les Origines de la Saga et les cartes du monde connu) ; le gaillard a 78 ans ; il semble actuellement dépressif, ou en tout cas pas au mieux de sa forme.
– Pour ceux qui se posent la question, la fin sera différente de celle de la série produite par HBO. Il y aura bien des points communs (les gros événements que l’auteur avait décrits aux showrunners : Stannis condamne sa propre fille ; Bran devient roi ; Snow tue Daenerys) mais leurs causes et leurs développements seront différents... et meilleurs, il n’y a qu’à constater la baisse de qualité de la série et les incohérences (cf. cet article) quand Martin n’était plus aux commandes et que les scénaristes ont commencé à broder sur sa trame. Notez qu’en plus, il existe des événements et personnages, dans les romans, qui ne sont pas du tout abordés dans la série. Une raison supplémentaire de découvrir l'œuvre originale.
– Enfin, sachez que l’on vous parlera très bientôt, sur UMAC, des adaptations comics des Tales of Dunk and Egg, des aventures qui se déroulent dans le même univers (et dont Martin est à l’origine également).






Batman / Spawn
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La malédiction des crossovers continue de frapper avec Batman/Spawn.

Fin 2023, Urban Comics publie un ouvrage, intitulé Batman Spawn, revenant sur deux récits sortis en 1994 et faisant se rencontrer le Dark Knight et un encore tout jeune Spawn, puisque créé deux ans plus tôt. Nous allons passer très rapidement sur le premier opus, War Devil, qui est scénarisé par Doug Moench, Chuck Dixon et Alan Grant. S'y mettre à trois pour pondre un tel récit insipide, il fallait oser. En gros, tout part de l'assassinat six ans plus tôt d'un entrepreneur louche sur lequel Batman enquêtait. Son retour subit va obliger les deux encapés de service à collaborer, après bien entendu s'être foutu copieusement sur la gueule. Graphiquement, c'est encore pire, avec des dessins (et surtout un encrage grossier, cf. cet exemple) de Klaus Janson. 48 planches médiocres pour délayer une rencontre aussi terne que l'ennemi qu'affrontent les deux héros. À croire que, lorsque l'on fait rencontrer deux têtes d'affiche issues d'univers différents, le but est d'obtenir le scénario le plus nul possible (cf. Superman & Batman vs Aliens & Predator ou encore Judge Dredd vs Aliens). 

On passe ensuite à l'épisode de 52 planches, bien plus réussi, écrit par Frank Miller (cf. notre dossier consacré à l'auteur) et dessiné par Todd McFarlane (Amazing Spider-Man, Batman : Year Two, Hulk). 
Bon, quand on dit "réussi", ça reste relativement moyen au niveau de l'écriture, mais on partait de tellement loin avec l'histoire précédente que celle-ci fait l'effet d'une glace à la vanille après un burger cramé. 
Cette fois, Batman et Spawn (qui vont bien s'esquinter bien sûr, ce serait dommage de réfléchir avant de cogner) vont être confrontés à une curieuse humaniste qui a pour but de massacrer le plus de gens possibles, tout cela à l'aide de sans-abris recyclés en cyborgs.




Graphiquement, c'est fort joli et l'on ne peut qu'être soulagé par l'arrivée de McFarlane. Le dessinateur enchaîne les poses musculeuses et félines dont il est le spécialiste ; on a droit à un défilé de trognes bien atypiques ; et la colorisation, largement plus subtile que celle de l'épisode précédent, supporte bien mieux le côté criard du papier glacé. 
Pour ce qui du travail de Miller, même si le scénario n'atteint pas des sommets, l'auteur parvient tout de même à esquisser une critique sociétale sur les agissements des humains qui n'est pas sans fondements et s'avère assez acide. Critique portée par une adversaire qui aurait mérité d'être plus développée (mais visiblement, la priorité était à la castagne). À part une petite pointe d'humour avec Alfred (le majordome de Wayne) et un petit côté gore sur certaines scènes, rien de bien exceptionnel à signaler. Tous les poncifs issus de ce genre de rencontre sont là. De plus, le final est vite expédié, peu palpitant et la dernière planche se termine même par une pirouette qui confine au ridicule.

Tout cela nous donne un comic franchement dispensable, même si le duo Miller/McFarlane parvient à susciter un semblant d'intérêt (ce qui est tout de même bien peu). Notons pour info que leur récit s'inscrit dans l'univers de Dark Knight Returns, même si la précision n'a pas en soi grande importance. Pour compléter tout cela, Urban a cru bon de nous gratifier de la version encrée intégrale de War Devil ! Quel choix éclairé... le pire des deux épisodes, une deuxième fois ! 
S'ajoutent à cela diverses illustrations ou crayonnés. Signalons enfin le très bon lettrage de Cromatik Ltd, un studio mauricien qui signe ici un sans faute, que ce soit au niveau du calage, du blanc tournant ou même de la taille de la police, bien souvent inutilement trop petite sur d'autres productions du même genre. 

Une simple curiosité qui ne parvient malheureusement pas à offrir aux deux personnages une intrigue à la hauteur de leur popularité.





+ Les points positifs - Les points négatifs
  • Les dessins de McFarlane.
  • Quelques éléments à retenir du scénario de Miller.
  • Le premier épisode, d'une médiocrité rare, que ce soit au niveau de l'écriture, des dessins, de l'encrage ou de la colorisation.
  • Le côté convenu et peu inspiré de l'ensemble.
  • Un bonus (la version encrée du pire épisode) de remplissage.
  • Le prix. Presque 20 balles pour ça, heu... non.
La Malédiction qui s'abattit sur Gotham
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Retour sur un comic plongeant Batman dans l'univers de Lovecraft.

Port de Gotham. Années 1920. Un navire se traîne depuis la Terre Victoria, perdue au sein de l'Antarctique. Dans ses cales se trouve une découverte majeure extraite de la froide poigne de glaces anciennes. Mais, alors qu'un Bruce Wayne encore hanté par un passé lointain et sanglant retrouve sa ville, un mal obscur commence à se répandre dans les rues de la cité. Dans l'ombre, un puissant sorcier manipule des forces terribles et impies. 
Pour Batman, c'est un nouveau combat qui débute. Un combat contre des forces titanesques et d'anciennes entités à l'insatiable appétit. 

Sortie en version française en 2016, cette mini-série en trois épisodes a été écrite plus d'une quinzaine d'années auparavant par Mike Mignola (Hellboy) et Richard Pace. Les dessins sont l'œuvre de Troy Nixey. Commençons par cet aspect qui, s'il n'est pas totalement raté, est loin d'être parfait. Nixey s'attache ici à créer une ambiance gothique et sinistre, amplifiée par la colorisation de Dave Stewart. Les beiges et ocres et les bleus glacés contrastent fortement avec les plus menaçants et éclatants verts et jaunes, le tout servi par des aplats et de profonds noirs qui rappellent le propre style de Mignola. C'est donc loin d'être laid, malheureusement, Si les décors sont relativement réussis, des visages méconnaissables, aux traits maladroits, et une mise en scène souvent confuse viennent brouiller cet aspect graphique qui s'avère au final décevant.




Concernant le scénario, le choix des auteurs peut sembler pour le moins douteux. Tout ici est basé sur l'atmosphère et la relecture des alliés ou ennemis du Dark Knight, ce qui ne serait pas forcément une mauvaise idée si un semblant d'histoire venait soutenir ce cauchemar gothamien et lovecraftien. Or, l'écriture est d'une pauvreté affligeante. L'intrigue est convenue et minimaliste ; les personnages ne sont absolument pas développés (ils ne suscitent donc aucune émotion, à l'exception peut-être d'un Harvey Dent particulièrement horrifique, mais tout l'effet repose sur le visuel uniquement) ; les affrontements sont illisibles ; quant aux dialogues, ils sont plats et servent essentiellement à faire passer des informations au lecteur.
Tout cela donne un récit assez lourdingue et loin d'exploiter le potentiel des Grands Anciens menaçant Gotham. D'autant que l'univers parallèle, hors continuité, permettait de laisser libre cours aux plus folles idées. Eh bien les idées, ne les cherchez pas, il n'y en a pas.

Concernant l'édition publiée par Urban Comics, on reste sur du très passable. L'éditeur se plante dès le résumé de quatrième de couverture en annonçant que le navire de Wayne revient du Grand Nord. Ah, pas de bol, l'Antarctique, c'est au sud (la même erreur figure d'ailleurs encore à ce jour sur le site de l'éditeur). Rien de bien grave, mais ça dénote tout de même au minimum une certaine... nonchalance. D'autant que la traduction n'est pas exempte d'erreurs, avec toujours cette incapacité apparente des traducteurs à comprendre la concordance des temps. ("Je savais que je mourrai ici" : impossible d'employer le futur dans cette phrase, c'est le conditionnel présent qui doit impérativement suivre le verbe au passé, donc "que je mourrais ici". Si l'on prononce correctement le verbe, la faute se perçoit même phonétiquement.) 
Notons toutefois que l'ouvrage contient également en bonus l'épisode Batman : Legends of the Dark Knight #54, écrit et dessiné par Mignola. L'intérêt intrinsèque est très discutable mais ça a le mérite de rester dans le thème. Divers crayonnés ainsi que quelques planches préliminaires de Richard Pace complètent le tout.

Un récit qui, sur le papier, avait tout pour devenir mythique mais dont la faiblesse du scénario, tant au niveau des enjeux que des personnages, le condamne à la catégorie des simples curiosités.






+ Les points positifs - Les points négatifs
  • Le télescopage entre l'univers de Lovecraft et celui de Batman.
  • La colorisation, globalement réussie.
  • Une intrigue à la fois simpliste et paradoxalement confuse.
  • Des personnages sans âme.
  • Un épisode bonus qui rallonge la pagination mais n'améliore en rien la qualité de l'ensemble.
Écho #89 : En Vrac
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En vrac, une sélection UMAC sur des ouvrages ou figurines que nous vous recommandons :

1. Actarus de chez ABYstyle (il a été réédité finalement). 
Pas grand-chose à dire, il est franchement classe. Belle pose, prix relativement correct (une quarantaine d'euros) et taille sympa (un peu plus de 21 cm, socle compris).

2. Le Marvel Comics Library de chez Taschen (de la VO donc) consacré à Spider-Man. Il regroupe les 21 premières aventures du Tisseur, autrement dit plus de 700 pages (petit format, 15 x 20 cm environ), avec hardcover et bonus (dont le courrier des lecteurs et des pubs de l’époque). Pour 20 balles, difficile de ne pas le conseiller. 

3. Une nouvelle gamme de figurines chez Mattel. À bas prix, puisque moins de 15 euros pour des personnages (au visage très réussi) de 16,5 cm, accompagnés de quelques accessoires. Un prix bien moindre donc que les Hasbro (Marvel Legends) ou les McFarlane, mais avec des boîtes moins belles. Du coup, celles-ci seront hors box, hop !
Outre Batman et Flash, Robin et le Joker sont disponibles. 

4. Un ouvrage regroupant les cartes Vidal-Lablache ! Un vrai voyage dans le temps, avec des reproductions réduites, forcément, mais rappelant de lointains souvenirs. Indispensable si vous aimez les cartes et le monde d'avant (cf. cet article) !












Rewind : Ne raccroche pas
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En 1985, Daniel Bevilacqua, dit "Christophe", sort un titre aujourd'hui considéré comme "kitsch" par ceux qui jugent vite et mal : Ne raccroche pas.

Et à l'époque, le titre est tout aussi mal perçu, mais pour d'autres raisons. D'aucuns le trouvent irrespectueux ou, pour le moins, osé. Une drague maladroite, par chanson interposée. Il est vrai que l'interprète des Mots Bleus semble fantasmer sur une princesse de vingt ans sa cadette. Probablement d'ailleurs que, dans un milieu habitué à des écarts d'âge qui atteignent facilement le double, encore aujourd'hui, ce soit le roturier qui choque. Quelle audace de s'adresser ainsi à la Princesse Stéphanie de Monaco !

Mais comme souvent dans les chansons écrites et composées par des perfectionnistes, intelligents et inspirés, tout ne se résume pas à l'écume d'une impression fugitive. Revenons d'abord sur ce chanteur aux tubes populaires mais à l'aura méconnue. Christophe, c'est notamment l'auteur d'albums comme Bevilacqua ou Comm'si la Terre penchait, des "galettes" contenant des compositions complexes, matures et très abouties. Et une forme certaine de poésie, sombre et délicate. Le type n'est pas un chanteur à midinettes, une sorte de Herbert Léonard à moustache, ou un simple interprète de variété. Perfectionniste, cinéphile, pilote de course, collectionneur (de synthétiseurs et de juke-box, entre autres), l'homme est plus profond que les succès de l'artiste (et leurs analyses superficielles) ne le laissent paraître.

Revenons sur la chanson qui fait débat à sa sortie, et notamment sur les paroles.

Ma princesse pleure dans les journaux
Poids des larmes, le choc des photos
Elle a le cœur lourd
Elle a besoin d'amour
Et l'amour, l'amour le voilà
Qui appelle d'une cabine en bas
Pourvu qu'elle réponde
Pourvu qu'elle réponde

Ce premier couplet est très important. S'y cachent en effet des éléments cruciaux qui transforment la soi-disant "chanson facile" voire ringarde en œuvre plus complexe que ce que peut laisser supposer une écoute distraite. 
Tout d'abord, la princesse "pleure dans les journaux". Une manière élégante de souligner la rapacité de la presse people, qui se nourrit de drames, déjà à l'époque. La seconde phrase est d'ailleurs une allusion marquée au slogan de Paris-Match : le poids des mots, le choc des photos. Ainsi, dès les premiers mots, il est impossible de passer à côté d'une critique, subtile mais réelle, d'un fait sociétal et d'une dérive "journalistique". 

Plusieurs extraits permettent ensuite de revenir sur la manière dont le personnage de la chanson s'adresse à "sa princesse".

Allo, Stéphanie, ne raccroche pas
[...]
Dernière chance comme au casino
Dernière chance, dernier numéro
Pourvu qu'elle réponde
Pourvu qu'elle réponde
[...]
Allo, Stéphanie, viens vite je t'attends
Sèche tes yeux, ne fais pas l'enfant
La nuit est douce près de la mer

Si dans un premier temps, l'on peut effectivement penser que Christophe drague Stéphanie, avec audace et insistance, il convient d'analyser ce qui est dit réellement et ce que le personnage (le chanteur se mettant bien entendu en scène) fait exactement. 
Il ne la drague pas, il n'est même pas en sa présence. Il espère sa venue, voire la possibilité de simplement échanger quelques mots avec elle, ce qui n'arrive jamais. Dans un premier temps, elle "raccroche sans un mot". Était-ce seulement elle qui a répondu ? Puis, tout le long de la chanson, Christophe ne fait que répéter son espoir noyé de spleen. Il ne la drague pas, il rêve qu'un jour, elle répondra. Cela change tout.
Nous sommes ici moins dans une démonstration de kéké dragueur que dans les lamentations d'un amoureux transi qui se nourrit d'espérance. Et c'est ici que l'on bascule sur ce qui est évident mais échappe apparemment à bien des gens : la séparation des deux protagonistes.

En effet, Christophe n'aborde pas Stéphanie à l'occasion d'une rencontre due au hasard, lors d'une cérémonie ou après un concert. Il tente de lui téléphoner. Et quand on sait à quel point l'auteur-compositeur est précis et soigne le moindre détail, cela ne peut être le fruit du hasard. Surtout après avoir écorché les habitudes de la presse dans le premier couplet. Alors que les rapaces sans âme torturent la belle princesse à l'aide d'articles aiguisés, l'amoureux sincère demeure à distance, bloqué par un mur que même la technologie ne peut aider à franchir.

La cabine téléphonique, l'appel tardif, l'espoir teinté de douleur et de solitude, tout contribue à faire de cet inconnu qui offre son âme un quidam qui sera laissé pour compte, suspendu à son espoir et son combiné. Ce qui semblait être un pont entre des inconnus (la technologie, ici le téléphone) n'est qu'une passerelle fragile qui ne laisse passer que peu d'élus. Le chanteur le sait bien, ce qui résonne même dans la mélodie. À partir de 2:50, les plages de synthés deviennent aussi planantes que mélancoliques, infinies et lyriques dans leur froide certitude d'un amour condamné au fantasme et au fantasme seul.

La chanson se termine sur une série de "non, non, non, non, non" et de plaintes.
La princesse est toujours seule. L'amoureux, même pas éconduit, est en larmes. La presse, elle, continue d'imprimer. Il ne s'agit nullement d'une chanson sur un type qui veut se taper une jeune princesse, mais d'un désenchantement auquel le protagoniste échappe, au moins un temps, en rêvant d'une histoire cinématographique, dans laquelle les princesses répondent quand on leur téléphone. Mais dans la réalité, même les signaux électriques transportant les voix ne franchissent pas vraiment les murs symboliques. Stéphanie ne répondra pas. L'homme dans la cabine, qui a mis "ses bottes rouges" pour qu'elle le reconnaisse, demeurera à jamais une ombre dans la nuit, un non-être, un spectre se lamentant sur un amour de conte de fées.

Est-ce là la seule interprétation possible de cette chanson ? Oh, sans doute pas. Mais elle est crédible, surtout quand on sait qui l'interprète. Et surtout, elle donne tellement plus à réfléchir que cette hypothèse, farfelue, d'un chanteur draguant réellement une princesse par le biais d'un 45 tours...
Et puis, n'avons-nous pas tous connu cette impression, folle et tordant notre estomac, qui se résume à un "pourvu qu'elle réponde" ? 
Ne raccroche pas, par sa condamnation d'une certaine forme de "journalisme", par sa lucidité concernant certains moyens technologiques et par sa froide et triste conclusion, quitte totalement le domaine de la variété bas de gamme que certains lui avaient imposé pour toucher à l'universalité, à la souffrance partagée, aux espoirs déçus, bref, à notre condition. 
Pas mal, non, pour une chanson "ringarde" et "kitsch" ?