Publié le
3.11.26
Par
Nolt
Plongée dans une trilogie très spéciale avec Toxic, La Ruche et Calavera.
Charles Burns est un auteur (dessinateur et scénariste) américain, s'étant fait connaître notamment avec Black Hole, un long et sinistre récit, en noir et blanc, sur le mal-être adolescent. C'est à sa trilogie "Nitnit" (surnommée ainsi à cause des multiples références visuelles à l'univers de Tintin) que nous allons nous intéresser aujourd'hui.
Tout commence avec un jeune homme allongé sur un canapé-lit, dans une pièce dépouillée et glauque. Une fois réveillé, le type suit son chat mort à travers un énorme trou dans l'un des murs. Là, il découvre un monde effrayant, totalement en ruine. Après avoir suivi une rivière verdâtre et lugubre, il parvient à un bâtiment qui contient... de gros œufs blancs à taches rouges.
Parallèlement, Doug, un jeune poète un peu gauche, fait la connaissance de Sarah, une jolie photographe qui semble cacher bien des secrets.
Même le pitch est compliqué à élaborer tant ce récit part dans tous les sens et s'avère, au moins dans les premières planches, pour le moins déroutant. Burns utilise ici un procédé qui peut agacer : il prend une histoire d'une banalité à vomir et la tord tellement dans tous les sens en y insufflant ses obsessions personnelles qu'il obtient quelque chose d'informe et très dérangeant (ce qui fera que d'aucuns crieront immédiatement au génie). Or on est, sur le fond, sur de l'esbrouffe totale. Par contre, sur la forme, on flirte avec l'expérimental. Et un expérimental plutôt maîtrisé, il faut bien le reconnaître, et inspiré d'une part par Hergé, pour la ligne claire, et Williams S. Burroughs, pour sa technique du "cut-up" [1] (même si Burns ne l'emploie pas réellement telle quelle, heureusement).
Nous nous garderons bien de révéler ce que ces trois tomes racontent vraiment tant la sortie du brouillard des deux premiers opus et les révélations finales, éclairant enfin toute la symbolique étrange ingurgitée au cours des planches, constituent une part importante du plaisir liée à cette lecture. Car c'est en effet loin d'être juste tordu ou simplement snob. Si vous aimez les récits classiques, avec une intrigue travaillée, Toxic et ses suites ne sont pas faits pour vous. Par contre, si vous avez envie de tenter une expérience de lecture hors du commun et très impactante (un peu à la manière du Lone Sloane de Druillet, même si le registre est très différent), cette trilogie cauchemardesque pourrait vous réserver de bonnes surprises.
Burns fait ici preuve d'une minutie dans le délire assez exceptionnelle. Rien n'est choisi au hasard, du découpage à la colorisation, jusqu'aux détails d'arrière-plan, tout est soigné et travaillé. L'atmosphère, oppressante et malsaine, est présente dans chaque ligne temporelle, les albums mélangeant passé, présent et monde onirique. Certaines cases fascinantes et troublantes attirent le regard pendant de longs moments, plongeant le lecteur dans son propre univers intérieur, bousculé par ces stimuli inhabituels. D'autres, rebutantes, provoquent rejet et malaise. Quoi qu'il en soit, on ne reste pas insensible à ces chocs continus, qui vont finir par faire sens et révéler une trame simpliste mais présentée d'une manière aussi folle qu'hypnotique.
Burns est un bien meilleur illustrateur que scénariste, il suffit pour s'en convaincre de jeter un œil à quelques-uns de ses travaux, dont Sweet Dreams, un recueil d'illustrations brutes, en noir et blanc, sans aucun texte, qui pastichent les covers de romance comics et génèrent, par la puissance des expressions et le côté incongru de certains éléments, des émotions diverses et intenses. Dans la trilogie Nitnit, c'est cette même puissance évocatrice qui est à l'œuvre et vient secouer le lecteur, en prise avec une technique narrative fragmentée aussi habile qu'éprouvante. C'est donc avant tout à une expérience graphique viscérale qu'est convié le curieux, parfois amené à cette découverte par les références visuelles à Tintin, qui ne sont finalement qu'accessoires dans ce long parcours halluciné.
Une expérience BD à part, à réserver aux adultes désirant explorer une autre facette de l'art séquentiel.
Les trois tomes sont disponibles aux éditions Cornélius.
Les trois tomes sont disponibles aux éditions Cornélius.
[1] Le cut-up est une technique littéraire purement formelle, consistant à prendre des fragments d'un ou plusieurs textes pour les réarranger au hasard ou selon l'inspiration de l'auteur. Le procédé est censé créer des sensations plus qu'une intrigue réelle, évidemment, ce qui le limite très fortement.
| + | Les points positifs | - | Les points négatifs |
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Publié le
1.11.26
Par
Virgul
Sortie du cinquième et dernier tome de l'Intégrale 100 Bullets le mois prochain !
Rappelons qu'il s'agit d'un comic d'action, âpre et violent, qui est scénarisé par Brian Azzarello (Loveless, Futures End) et dessiné par Eduardo Risso. Le point de départ est aussi original que porteur de possibilités : un inconnu vient vous amener un élément prouvant la culpabilité de quelqu'un qui vous a nui, il vous file également un flingue, des balles intraçables et la certitude d'une immunité totale.
À vous de décider ce que vous faites de tout ça !
Outre les récits liés à des personnages très différents, une trame plus globale finit par se dessiner, donnant ainsi une autre dimension à la série. Notons également le style graphique aussi percutant qu'original, et une colorisation qui permet de donner aux planches une dimension exceptionnelle, à la fois dure, cartoony et semi-réaliste, un mélange surprenant et détonnant. La qualité globale est élevée, comme souvent dans les titres Vertigo.
Niveau finitions, c'est du haut de gamme, et heureusement, parce que les tomes ne sont pas donnés (45 euros pour la plupart, ce qui met l'intégrale à 220 euros). Pour ce prix, le lecteur aura droit à un grand format (21 x 32 cm environ), une hardcover, du papier glacé (qui convient parfaitement au style graphique pour une fois), un ruban marque-page et quelques petits bonus disséminés dans chaque tome (covers, bafouilles de différents intervenants, recherches de personnage...).
Niveau finitions, c'est du haut de gamme, et heureusement, parce que les tomes ne sont pas donnés (45 euros pour la plupart, ce qui met l'intégrale à 220 euros). Pour ce prix, le lecteur aura droit à un grand format (21 x 32 cm environ), une hardcover, du papier glacé (qui convient parfaitement au style graphique pour une fois), un ruban marque-page et quelques petits bonus disséminés dans chaque tome (covers, bafouilles de différents intervenants, recherches de personnage...).
Bref, une série culte dans de beaux écrins. Attention cependant, le côté "street" et "gangs" peut aussi rebuter si ce n'est pas votre truc.
Publié le
31.10.26
Par
Nolt
À gauche ci-dessus, une couverture datant des années 80 (du roman pour la jeunesse, Un hiver aux Arpents).
À droite, nouvelle couverture pour le même roman, datant cette fois de 2012.
Heu… c’est moi où cette évolution pue la merde ?
Et pas n’importe quelle merde, celle qui te sort du cul un lendemain de cuite au schnaps local, alors que tu as bouffé mexicain. Un truc classé Seveso qui te change la couleur des peintures.
C’est incroyable, on part d’un véritable dessin, fait par un véritable dessinateur, et 30 ans plus tard, alors que les moyens techniques ont été démultipliés, on obtient un gribouillis immonde d’un pseudo-artiste dont on a l’impression que c’est la première réalisation.
Surtout, ce n’est pas juste un problème esthétique. Oui c’est moche et mal foutu, mais on perd aussi le sens du dessin. Dans le premier, on voit la stupeur et/ou l’inquiétude sur les visages. Ça colle avec l’intrigue et c’est censé donner envie d’en savoir plus.
Dans la deuxième version, rien ne va. Le personnage derrière a l’air de se marrer, la fille du milieu, on a l’impression qu’elle se mouche, et le benêt devant semble être parti en freestyle mi-lambada mi-tecktonik ! À quel moment dans la vie tu peux avoir les bras dans cette position ?
Et l’aspect des fringues… sur le premier dessin, on a même l’impression de relief, d’épaisseur de la doudoune. Sur le second, on dirait un truc fait au stylo sur un coin de table.
Mais putain, comment on peut valider ça ?
Et attention, ce n'est pas une différence de style, il s'agit ici d'un manque de savoir-faire (perte de qualité technique) et d'un manque d'intelligence (perte de sens). Chanter faux et faire des couacs avec une guitare, ce n'est pas un "style", c'est de l'incompétence. Et le dessin, comme tous les métiers, ça s'apprend, ça se travaille, au niveau de l'anatomie, de la perspective, de l'encrage, de la composition des visages, etc. Il ne suffit pas de se déclarer artiste pour l'être. Et quel que soit le style (réaliste, cartoony, "ligne claire", contrasté en jouant notamment sur les noirs profonds et en occultant certaines parties du dessin, etc.), il ne permet aucunement d'excuser un manque d'habileté et un résultat clairement médiocre.
Évidemment, c’est loin d’être le seul exemple dans le genre. Plus on avance dans le temps, plus la plupart des couvertures des livres qui demeurent (difficilement) disponibles en neuf, même s’il existe de rares exception, se détériorent et perdent en qualité technique et en impact émotionnel.
Et ça, ce n’est pas sans conséquences.
La couverture d’un livre, c’est sa capacité de séduction. C’est ce qui, dans les rayons, parmi une multitude de bouquins, va attirer l’œil du lecteur et lui faire de folles promesses. Exactement comme le fait, pour un rencard, de prendre une douche, s’habiller correctement, bref, se présenter de manière accorte.
Je me souviens parfaitement, étant gamin, quand j’ai acheté ce livre, celui de gauche, avec cette exacte couverture. Si j’avais vu la seconde, probablement n’aurais-je même pas feuilleté son contenu.
Et il serait faux de penser que puisqu’on s’adresse à des enfants, l’exigence de qualité peut être absente, ou plus basse. Bien au contraire. L’effondrement a commencé il y a bien des années, quand des éditeurs scélérats ont fait des coupes dans les livres, quand ils ont tout mis au présent, enlevé les mots jugés complexes et rendu les contenus fades et pauvres sous prétexte d’attirer les enfants.
Mais quand on écrit pour les enfants, on vise toujours une « marche plus haut » !
Il y a quelques mots qu’ils ne connaîtront pas ? Eh bien tant mieux, ils en chercheront le sens.
Il y a des temps qu’ils ne maîtrisent pas ? Justement, c’est en les voyant employés qu’on apprend à les conjuguer, sans même avoir à faire un effort.
Se limiter à ce que le lecteur est supposé connaître, surtout s’il est jeune, c’est refuser d’élargir son horizon, c’est l’enfermer dans sa prison de 50 mots, sa vie de 50 mots, son univers de 50 mots.
Pour les illustrations, cela procède de la même logique. Plus on bâcle, plus on fait simple, plus on enlève de sens et de technique, plus l’objet perd de sa valeur symbolique. Et comment s’étonner du peu d’intérêt des nouvelles générations pour les livres si on leur propose des contenus charcutés et des dessins qui fileraient la chiasse à une poule d’eau ?
Et le pire, c’est que ce n’est nullement étonnant.
Pourquoi, dans une civilisation qui s’écroule sur tous les plans (économiques, moraux, industriels, judicaires, scolaires…) la littérature ou le divertissement échapperaient-ils au naufrage, au nivellement par le bas, et au sinistre abandon du beau et du digne ?
C’est sans doute cela le plus tragique. Quand le passé devient plus précieux que l’avenir, plus séduisant aussi, l’on cesse de se projeter vers demain. En tout cas, pour ceux qui ont eu la chance de connaître le monde d’avant. Pour les autres, ils ne se rendront même pas compte du monde inique, nocif et absurde qu’un système délirant a bâti pour eux…
Cette dégénérescence qui est à l’œuvre partout, elle ronge aussi nos livres, nos souvenirs, nos rêves. Et elle continuera à redessiner la réalité, en plus sombre, en plus trouble, en plus odieux. Parce qu’à l’image des couvertures des livres, durant ces quelques décennies passées, quelque chose d’essentiel nous a échappé dans une lente érosion, lambeaux après lambeaux. Quelque chose a pourri pendant que nous restions inactifs, à contempler la venue de l'impossible et l'installation du désagréable. Et à ne rien faire et ne rien faire encore, l'on se réveille un jour dans un monde où les couvertures ne sont pas les seules choses, jolies et nobles, à s'être évaporées.
Rien ne peut se maintenir sans effort, pas même une évidence si l’on cesse de se battre pour elle.
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| Un autre exemple de cette tendance à l'appauvrissement technique et à la perte d'exigences. |
Publié le
28.10.26
Par
Nolt
Ce fut un grand roman, un bon film, voyons maintenant cette nouvelle adaptation de Carrie en série TV.
Publié en 1974, Carrie est le premier roman de Stephen King. Il s'agit d'un récit âpre, dur, dans lequel on suit une adolescente, disgracieuse et empruntée, qui est à la fois harcelée dans son lycée et maltraitée par sa mère, une religieuse fondamentaliste. Innocente persécutée, la jeune fille va cependant développer des pouvoirs de télékinésie et s'en servir comme mécanisme de défense face à un monde qui la rejette et, pire, la dévore.
Sur bien des plans, le film de Brian de Palma était fidèle à cette histoire, aussi émouvante que terrifiante. La série TV, disponible sur Prime, va en revanche prendre de grandes libertés avec la trame originelle. Voyons cela en détail.
Tout d'abord, le récit est modernisé et se déroule de nos jours. Plutôt une bonne idée, histoire de ne pas se calquer sur le film et, surtout, d'intégrer les moyens de harcèlement modernes, avec en premier lieu les fameux et si nocifs "réseaux sociaux". Le casting n'échappe pas à une touche wokiste évidemment, mais bon, rien à voir évidemment avec un Sex Education. Ça reste supportable. En réalité, si vous ne connaissez pas le roman, ça reste même transparent. Direction et jeu d'acteur sont bons, certaines scènes très efficaces mais... très vite, on se rend compte que tout est très aseptisé.
Dans le roman, Carrie est une pauvre chose terrifiée, molle, informe. Son aspect et son attitude énervent même ceux qui veulent l'aider. Cet aspect n'est pratiquement pas repris dans la série (si ce n'est par une réflexion d'une prof). Summer H. Howell, qui incarne Carrie White, est au contraire intelligente, mignonne, souriante, ouverte. Cela change tout au niveau du personnage principal, beaucoup plus sympathique et politiquement correct. La mère de Carrie, interprétée ici par une Samantha Sloyan presque méconnaissable, est également très différente du personnage épouvantable du roman, au point qu'elle peut parfois générer une certaine sympathie, ou au moins de la compassion. Ce n'est pas forcément absurde comme approche, simplement, c'est beaucoup moins... sulfureux. Difficile de comprendre l'impact du roman, et le "décollage" de King à l'époque, si l'on aborde l'intrigue uniquement par cette version presque gentillette.
Autre point cette fois plus problématique, les premiers épisodes sont très "planplan". Tout se déroule de manière très prévisible, sans scène choc, sans véritable émotion. Même la scène des "premières règles", à l'école, semble terne à côté du séisme émotionnel qu'elle engendrait dans le roman. Attention, ce n'est pas nul ou inintéressant, c'est plutôt scolaire et sans ambition. Tout est très téléphoné, on devine le moindre rebondissement (même quand il ne figurait pas dans le récit originel), et rien ne vient gêner ou enthousiasmer le spectateur. Il faut en fait attendre la fin de l'épisode 4, et surtout l'épisode 5, pour que le rythme s'accélère et que l'on découvre une réelle tension, ou en tout cas des scènes un peu plus "jubilatoires".
Abordons maintenant un point qui peut déranger mais justifie clairement une série en plusieurs saisons : la multiplication des jeunes filles ayant un pouvoir (non, ce n'est pas un spoiler). King étant crédité comme producteur exécutif, l'on peut imaginer qu'il a au minimum validé l'idée, voire qu'il en est à l'origine. Cela permet en tout cas de raccrocher la série au mythe de La Tour Sombre, son grand-œuvre. L'ajout de cette "guilde" fait en effet penser à certains aspects de L'institut par exemple. Là encore, pourquoi pas, l'idée n'est pas forcément mauvaise, mais cela change radicalement le récit. Carrie n'est plus une victime tragique, isolée et désespérée. Par certains côtés, elle se rapproche même des personnages du film Chronicle. Et on en arrive au changement de nature même de ce que l'on nous raconte...
Carrie, à la base, est une histoire troublante, pathétique et incroyablement triste. Et King l'a inscrite à l'époque, volontairement, dans le registre de l'épouvante. Pas l'épouvante de bazar, celui dont on rigole de nos jours à Halloween, mais l'épouvante réelle, viscérale, qui dérange et bouscule. J'ai souvent répété, au fil de nombreux articles, que King n'était pas "le maître de l'horreur", comme les journalistes ont l'habitude de le dire, mais le maître de l'émotion. Parce qu'il parvient à installer des personnages épais, crédibles, habités, qui sont eux-mêmes les vecteurs de cette émotion. Et pour cela, King allait parfois très loin dans l'horreur, la vraie, pas celle des vampires et des démons, celle de la vie réelle, celle que l'on rencontre dans une cour d'école, à la maison ou au boulot. Et de cela, dans cette version de Carrie, il ne reste rien, si ce n'est des oripeaux faisant office de vague référence, et rien d'autres. Alors que la spécialité de King était d'aller remuer ce qui est sale, lourd et puant dans l'inconscient collectif, l'on a ici une version propre, lisse, ennuyeuse presque.
Oh, il y a du sang, accordons au moins cela à Mike Flanagan, créateur et showrunner du binz : Carrie, reine du bal, sera bien aspergée d'hémoglobine, mais même là, l'émotion était-elle à son comble ? A-t-on été pétrifiés, glacés ou simplement peinés ? Non. Pourquoi ? Parce que l'on a quitté le champ de l'épouvante. Cette série, qui n'est pas mauvaise en soi, est une série sur le harcèlement, avec une pointe de "super-pouvoirs". Elle ne retranscrit en rien le malaise profond qui saisissait le lecteur dans Carrie, et en cela, elle s'avère clairement une très mauvaise adaptation. Par contre, contrairement au film La Tour Sombre, qui réussissait l'exploit d'échouer dans tous les domaines, c'est une série plutôt bien fichue, agréable à regarder et qui introduit un concept suffisamment fort pour prétendre à une suite.
Autrement dit, si vous attendiez une adaptation "coup de poing" du roman, avec un ton très sombre et un brin d'audace, clairement, vous pouvez passer votre chemin. On n'y est pas du tout. Par contre, si une adaptation moderne et (très) libre attise votre curiosité et que vous ne recherchez pas spécialement à être surpris ou ému, alors, oui, cette version ronronnera très bien entre un Marvel et un téléfilm de TF1.
| + | Les points positifs | - | Les points négatifs |
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Publié le
24.10.26
Par
Virgul
Nous vous avions parlé, en décembre 2025 (cf. cet Écho), du gros ratage de Casterman/Moulinsart dans le choix de maquette de l'édition "Journal de Tintin" de l'album L'Affaire Tournesol. En septembre dernier, nous étions revenus sur le sujet dans cet UMAC's Digest, en supposant que l'éditeur opterait pour une solution bâtarde : la réduction des planches à l'italienne. Eh bien, c'est exactement ce qui s'est passé.
L'album, seconde version, est donc disponible. Plutôt que d'opter pour l'élégante solution des pages qui se déplient (ce qui est évidemment plus complexe et coûteux), les planches concernées sont donc drastiquement réduites pour tenir sur une page classique (voir le comparatif ci-dessous, montrant les deux versions de la même planche). Le format n'est pas trop contraignant, ça reste lisible (cette fois !), le problème vient surtout du fait que ce n'est absolument pas pratique à lire. Là encore, l'on a l'impression que l'on privilégie le côté "vite expédié" plutôt que le confort de lecture et une belle finition.
Mais bon, ce n'est pas comme si on était surpris, les ayants droit gérant l'héritage d'Hergé nous ayant habitués à nous faire les poches sans forcément se soucier de la qualité ou de la pertinence de ce qu'ils publient (cf. cet article).
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| La même planche, tournée dans tous les sens par le pauvre stagiaire laissé à l'abandon. |
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| Pas encore aussi con que les manga en français publiés dans le sens de lecture japonais, mais on s'en rapproche. |


























