Publié le
5.10.26
Par
Nolt
Une plongée aujourd'hui dans le tout premier album de la série Buck Danny : Les Japs attaquent !
Après une première collaboration sur un récit (déjà guerrier) intitulé L'Agonie du Bismark, Jean-Michel Charlier (cf. ce dossier lui étant consacré) et Victor Hubinon vont s'associer pour lancer ce qui deviendra l'un des grands classiques de la BD franco-belge (et l'une des grandes séries d'aviation, cf. cette Parenthèse de Virgul) : Buck Danny.
La première aventure du pilote américain sera publiée dans le Journal de Spirou (numéros 455 à 505) en 1947, avant une première édition en album chez Dupuis, dès 1948.
Les premières planches montrent un Buck Danny ayant tout juste décroché son diplôme d'ingénieur et qui se trouve à la recherche d'un emploi. Il se retrouve ainsi embauché sur les chantiers navals de Pearl Harbour, où il démasque très vite un espion japonais. Malheureusement, il ne peut empêcher le cours de l'Histoire et assiste à l'offensive nippone contre la base aéronavale américaine. Soucieux de défendre son pays après ces graves événements, il s'engage comme pilote dans la Navy et obtient le grade de capitaine. Sa carrière est lancée, à partir de là, il va traverser la Seconde Guerre mondiale et assistera à tous les grands moments de l'aviation qui suivront.
Il est évident que ce premier album est très "vert". Charlier et Hubinon tâtonnent encore et usent par exemple de textes décrivant l'action, au-dessus des cases. Un procédé lourd mais courant à l'époque. La narration est rapide et très embryonnaire. Ce qui ferait sans doute l'objet d'un album entier de nos jours est expédié parfois en une seule case ! La priorité est donnée à l'action, quitte à obtenir des transitions quelque peu chaotiques.
Il faut toutefois noter que, dès ces premières planches, les combats aériens sont très bien mis en scène, le style dynamique des dessins parvenant à donner une impression de vitesse et à rendre compte des manœuvres périlleuses des combattants. Des ballets aériens qui seront encore plus nombreux et impressionnants dès le tome 2. Notons également l'élégance de la colorisation d'époque, désaturée et subtile.
Au fil des pages, un Buck Danny encore mal dégrossi va vivre de nombreuses aventures trépidantes (même sur la terre ferme) tandis que, peu à peu, le style narratif de Charlier commence à s'affiner et à devenir plus efficace : les scènes s'enchaînent de manière plus fluide, un véritable suspense s'installe, les dialogues s'affinent.
Les pages sont également rythmées par de petits inserts explicatifs, sur les grandes figures historiques, les différents appareils ou navires, les insignes... sans compter de grandes cartes détaillées qui permettent de situer l'action et de comprendre la stratégie de chaque camp. Il s'agit de publications destinées à la jeunesse, et à l'époque, les éditeurs ont le bon goût de prendre leur rôle très au sérieux, ce qui permet d'accompagner les récits divertissants d'un subtil programme d'éveil à l'Histoire ou la technologie. Loin d'être rébarbatifs, ces points détaillés sur les aménagements du pont d'un porte-avions, le dragage de mines ou les capacités d'un chasseur vont fasciner des générations entières et être à l'origine de bien des carrières.
Si c'est surtout sur la série Tanguy et Laverdure que Charlier va atteindre des sommets (en signant des histoires mémorables et en créant un duo mythique bien plus équilibré que le faux trio Danny-Tumbler-Tuckson), son Buck Danny connaîtra un succès loin d'être immérité, certaines sagas demeurant légendaires. Le personnage continue d'ailleurs son parcours, sous d'autres plumes (cf. notamment la collection Classic) et bénéficie de deux Intégrales au contenu bien dense.
Un album dont on sent qu'il a été conçu à une tout autre époque mais qui, loin d'être désuet, possède un charme particulier, en plus d'être un jalon historique.
| + | Les points positifs | - | Les points négatifs |
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Publié le
26.9.26
Par
Virgul
Gros plan sur un énorme pavé sorti en janvier 2026 : l'intégralité des nouvelles écrites par Richard Matheson.
Matheson, vous devriez connaître, au moins au travers de ses romans les plus connus, notamment Je suis une Légende, La Maison des Damnés ou encore L'Homme qui rétrécit. Cet écrivain prolifique, véritable géant du fantastique et de l'épouvante, a également écrit de très nombreuses nouvelles, rassemblées ici.
Sur plus de 1500 pages, J'ai Lu regroupe 106 nouvelles, publiées en version originale entre 1950 et 2003. Les thèmes sont aussi variés que les époques : voyage dans le temps, démon s'attaquant à un avion, automobiliste poursuivi par un psychopathe (récit dont s'inspirera Spielberg pour sa première réalisation, Duel), sorcières, paranoïa, technologies inquiétantes, le spectre des sujets abordés est très large.
Le pavé contient quelques bafouilles (de Ray Bradbury, Stephen King et Matheson lui-même) mais reste assez aride. Aucune illustration ne vient par exemple agrémenter les textes (pourtant, même une dizaine de pages supplémentaires n'aurait pas eu un très grand impact sur le prix ou le poids du bouquin), et l'ouvrage (15 x 22 cm), fort lourd, arbore une simple couverture souple. Par contre, la tranche est illustrée, une pratique de plus en plus à la mode, mais n'apportant pas grand-chose. Vu le nombre de nouvelles (dont 4 étaient inédites), difficile de s'estimer voler, mais si l'on compare avec les éditions collector de Callidor par exemple (où même la typo est travaillée), c'est le jour et la nuit (d'autant que les livres sont vendus au même prix, à savoir 35 euros).
Un contenu extrêmement intéressant et exhaustif, mais une présentation fort terne et fainéante.
Publié le
23.9.26
Par
Virgul
Retour sur la seconde partie de l'intégrale des Tuniques Bleues, sortie en novembre 2023 mais disponible actuellement sur un site bien connu à moins de 70 euros (au lieu de 85).
Il s'agit du coffret complet de l'intégrale (pouvant contenir les 4 tomes) ainsi que des tomes III et IV de ladite intégrale. En tout, 32 albums sont regroupés ici, soit 16 albums par tome (attention, c'est du 19,3 par 26,5 cm, la taille est sensiblement réduite par rapport aux albums classiques). Des couvertures spéciales, fort élégantes, ont été composées pour l'occasion (des dessins originaux ornent également la quatrième de couverture de chaque opus).
Même si la qualité de la série a globalement baissé ces dernières années (avec quelques exceptions, cf. cet article), les aventures du sergent Chesterfield et du caporal Blutch, initiées par Raoul Cauvin, Louis Salverius et Willy Lambil, demeurent un classique de la BD franco-belge. Cette intégrale, dont le prix devient plus raisonnable, fera donc certainement quelques heureux parmi les collectionneurs complétistes. Notons qu'il s'agit d'une édition limitée à 2000 exemplaires, mais vu le tarif (pas scandaleux rapporté au nombre d'albums, mais ça reste une grosse dépense), trois ans après, il en reste encore !
Sommaire visuel complet ci-dessous.
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Aperçu de la première partie (tomes I et II)
Publié le
22.9.26
Par
Nolt
Il existe énormément d'éditions différentes des albums de Tintin (cf. cet article), malgré cela, la plus célèbre série de BD franco-belge n'a toujours pas son intégrale ultime !
Petite réflexion à destination de Casterman/Moulinsart... (on peut toujours rêver)
Il existe bel et bien une intégrale actuellement, contenant 24 albums (les 22 classiques, plus Tintin au Pays des Soviets et Tintin et L'Alph-art, qui selon moi est loin d'être un album, mais là n'est pas le sujet). Cette intégrale (qui ressort régulièrement, dans différentes couleurs, mais avec un contenu et une charte graphique identiques) présente cependant quelques défauts. Et aucun bonus.
Et comme visiblement, malgré trois gros rayonnages pleins de différentes variations des mêmes albums, je ne suis toujours pas rassasié, j'ai imaginé une intégrale "parfaite", en tout cas selon moi. Voyons cela en détail.
Tout d'abord, il conviendrait de corriger les deux énormes défauts de l'intégrale actuelle. Le premier est bien entendu la taille. Les tomes de l'intégrale sont en effet plus petits que les albums classiques, ce qui n'a pas lieu d'être. Le deuxième problème, inacceptable, est l'absence des couvertures ! Chaque aventure est en effet introduite par une page planche sur laquelle figurent le titre et une pauvre image symbolisant l'album (quelle idée de merde !). Pas de trace des couvertures originales, qui font pourtant partie intégrante de l'œuvre.
Les deux premiers points de cette "intégrale de rêve" consisteraient donc à rétablir la taille normale des albums et à ajouter enfin les couvertures en début de récit.
Les deux points suivants sont plus personnels et sans doute moins évidents, mais ils me semblent ajouter une véritable plus-value à l'ensemble. Tout d'abord, puisque Tintin au Pays des Soviets est maintenant considéré comme un album à part entière, autant choisir la version colorisée. Non seulement elle existe déjà, elle est même très réussie, mais cela permettra de rendre ces pages (jamais retravaillées par Hergé) plus agréables et lisibles. C'est également cohérent avec la collection entière, tous les albums étant colorisés.
Ensuite, pour ajouter un petit plus, il serait bon d'avoir, à la fin de chaque tome, quelques dessins d'Hergé, non issus des albums mais du Journal de Tintin. Il en existe énormément, qui ont été publiés à l'occasion de Noël ou du Nouvel An, pour annoncer le début d'une nouvelle aventure ou pour un jeu ou une pub quelconque. Ce serait tout de même agréable là encore de pouvoir se plonger dans des illustrations qui prolongeraient le plaisir avant de refermer un volume. Pas besoin de rédactionnel ou autre, on a déjà eu des tonnes de textes sur le sujet, l'image et une vague légende (date, numéro du journal) suffisent largement. Cela ne rajouterait que quelques pages par tome (disons trois planches pour six dessins), ça ne semble pas poser problème.
Bon, on a corrigé deux gros défauts, on a ajouté des petits plus sympas, il reste encore deux détails pratiques. Rien d'indispensable, mais ça ne gâcherait rien : un petit visuel de chaque album au dos de chaque tome, et un découpage en 8 x 3 albums. Le découpage actuel propose 6 tomes contenant 3 albums, mais le premier en contient 2 et le dernier 4. Cela sépare les diptyques sans raison valable, on se fiche bien qu'un ou deux tomes soient plus épais ou plus mince, l'idée, c'est de conserver une logique de contenu.
Si l'on résume, ça donne donc : un meilleur confort de lecture, la présence indispensable des covers, Les Soviets dans une version plus jolie et lisible, des bonus sympathiques, un contenu facilement identifiable grâce aux vignettes des albums en quatrième de couverture, et une répartition permettant de conserver une certaine logique (premiers albums constituant les "balbutiements" de la série ensemble ; non séparation des diptyques).
Bon, en réalité, serait-ce "parfait" pour autant ? Sans doute pas, on peut toujours imaginer plus et mieux, mais ce serait un bon début. Et oui, ce serait sans doute plus cher que les 99 euros de l'intégrale actuelle, mais entre nous, on a l'habitude de se faire plumer, non ?
Petit résumé visuel, par ordre d'importance :
Publié le
20.9.26
Par
Virgul
Un fort joli pack Marvel Legends, prévu pour la fin décembre, réunit Wolverine et Psylocke dans une version "jeu vidéo vintage".
Les deux mutants sont basés sur la version alternative du jeu, c'est-à-dire un costume différent disponible quand un autre joueur a déjà choisi le personnage. Pour Wolverine, l'on a un costume jaune et vert, assez sympa, alors que Psylocke troque son costume habituel bleu contre une fort jolie tenue rose.
Deux visages, très réussis au niveau des expressions, accompagnent chaque protagoniste, ainsi que trois paires de mains (cinq mains en réalité en tout pour Psylocke).
Des accessoires reproduisent pas mal d'effets visuels (coups de griffes, TK) pour ceux qui souhaitent exposer hors boîte et réaliser une scène. Notons que le parti pris très cartonny du design permet à Logan d'exhiber des griffes très longues. Et, une première dans la collection Marvel Legends, celles-ci sont disponibles en version os ou lames !
Par contre, Hasbro a pété les plombs sur les prix ces derniers temps, entre leur gamme Maximum à 60/70 euros pour un personnage unique (au lieu de 25/30) et leurs packs 2 personnages à 80 balles (au lieu de 45/60), c'est devenu complètement délirant. Et donc, oui, c'est bien 80 euros qu'il faudra débourser pour précommander ce pack. Il ne rigole pas m'sieur Hasbro. Il n'est pas là pour jouer de la clarinette.
Bon, dans ces cas-là, on fait quoi pour se consoler ? On chante la chanson du pigeon et on se dit que non, ce ne sont pas juste des morceaux de plastique, c'est de la nostalgie solide, camarade !
Sur mes belles étagères qui ploient sous les BD
Quelques Pop de travers jettent un regard glacé
À l’inconnu curieux laissant traîner sa main
Merci encore messieurs pour mes 26 Matrix
Et toutes ces éditions de Tintin, d'Astérix
Je n'sais plus où les mettre mais je chéris ces doubles
Je suis prêt à payer en sesterces ou en roubles
Tout n’est qu’un long flashback des années 80,
Car c’est dans le passé que l’on est vraiment bien !
Tenez dame Amazon, prenez donc mon argent,
En échange de plastique et d’un peu de bon temps !
Je garde même la boîte car elle est collector,
C’est sûr c’est un peu cher mais il m’en faut encore !
Les produits dérivés sont nos meilleurs amis,
Figurines et répliques vont enchanter nos vies !
Bob Morane, Ric Hochet, Goldorak, Albator
Sont réellement pour moi le plus beau des trésors
J’entasse dans l’euphorie, frénétique, j’accumule
Je suis un doux pigeon que l’on plume sans scrupule


































