Publié le
29.6.26
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Nolt
Un film choc, interdit en Allemagne pour de bien mauvaises raisons : Citizen Vigilante.
Ce long-métrage violent et engagé est réalisé et scénarisé par Uwe Boll, auteur précédé d’une réputation de metteur en scène disons… peu doué. Le rôle principal est interprété par Armie Hammer, qui livre une prestation habitée et glaçante.
Niveau pitch, c’est simple : l’Europe doit subir l’impéritie de son système judiciaire, gangréné par des juges laxistes et politisés, et fait face à une immigration criminogène dont les agissements ne sont plus dissuadés par un système qui punit bien plus le citoyen qui se défend que le salopard qui tente de l’égorger. OK, c’est donc de notre réalité qu’il s’agit.
Dans ce contexte, un homme a pris les armes et lutte pour réveiller ses concitoyens.
Disons-le tout de suite, si le film n’est distribué nulle part, ce n’est pas parce qu’il est "raciste" comme on peut le voir dans une certaine presse, mais parce qu’il ose faire ce qui est interdit de nos jours dans l’Union Européenne liberticide et totalitaire : décrire le réel.
Quel est exactement le propos de fond ? Simple : certains migrants ne partagent pas les valeurs du pays qui les accueillent et haïssent les Blancs. Ce qui est indéniable. Il n’y a rien de raciste là-dedans [1]. Les racistes, ce serait plutôt ceux qui égorgent une jeune femme parce qu’elle est blanche ou lynchent un gamin parce qu’il aime le pays qui lui a tout donné.
D’autres, plus modérés, qualifient ce film de "vigilante movie" et le comparent à un Death Wish ou d’autres fictions du même genre. Grave erreur. Il ne s’agit pas ici d’un type qui veut se faire justice lui-même mais d’un résistant obligé de prendre les armes parce que la justice ne fonctionne plus (elle prend même parti pour les criminels).
C’est très différent sur le fond. Il ne s’agit pas de se substituer à un système judiciaire qui fonctionnerait encore, mais d’exercer son droit, son devoir moral même, à la défense des siens et des innocents. Aucun peuple, jamais dans l’Histoire, peu importe où, ne s’est laissé exterminer sans réagir.
Dans la société actuelle, gangrénée par une pensée gauchiste déviante qui crache sur les innocents et encense les pires meurtriers, oser dire aussi clairement les choses relève d’un acte de courage salutaire et d’une force inouïe.
Aussi, même si le film a des qualités formelles (notamment le montage dynamique ; une photographie soignée ; et un personnage principal froid, spectral et intangible, représentant l'âme du peuple), il dépasse complètement le cadre de l’œuvre artistique pure ou de l’objet de divertissement. En abordant le martyr des Européens en Europe, lâchés par une pseudo-élite corrompue et sans limites morales, qui gouverne contre l’avis du peuple et contre ses intérêts vitaux, Boll s’inscrit ici dans un acte de résistance admirable, car bien entendu il sait très bien ce qu’il risque en termes de violence physique et de persécution pour avoir osé refléter, le temps d’un film, une réalité qui tue chaque jour mais que la vermine politicienne et les médias mainstream collabos travestissent au nom d’une idéologie scélérate.
Que ce film soit vu et soutenu malgré les magouilles pour l’enterrer montre à quel point l’immense majorité des Européens libres et raisonnables, quelles que soient leur couleur et leurs origines, attendent un message fort qui les sortira de leur marasme. Car un gouvernement tient sa légitimité du peuple et de ses actions positives envers le peuple. Quand il cesse de se préoccuper des intérêts de la Nation pour devenir une entité nocive, il se doit d’être renversé. Et renverser un tel système n’a rien de "fasciste", à moins de penser que la Nation, la vérité, le courage, la justice, l’amour des siens et la volonté de vivre en paix et en sécurité soient des valeurs indignes.
Une œuvre d’une vérité à couper le souffle, peut-être le premier acte formel de rébellion artistique "grand public" envers un système qui détruit aussi bien nos enfants que notre culture.
[1] : Je l’ai toujours affirmé, je préfère un voisin Noir qui partage mes valeurs qu’un Blanc qui se conduit comme une racaille. Un homme n’est pas défini par ce qu’il est mais par ce qu’il fait. Si vous commettez des crimes, vous êtes un criminel, c’est aussi simple que ça. Et une société saine doit vous neutraliser pour le bien de tous. Les Français ou les Allemands ne sont pas racistes, ils ne haïssent pas certains migrants parce que leur couleur ne leur convient pas mais parce que certains se comportent comme des barbares, qui ne respectent rien et sont prêts à massacrer n'importe qui. Et interdire aux citoyens de dire que quelqu'un se comporte mal quand il se comporte mal, c'est cela le fascisme.
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Publié le
25.6.26
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Virgul
Rapide zoom sur une figurine de la gamme Marvel legends avec cette étrange Cyborg Spider-Woman !
Revenons d'abord sur le personnage. Il s'agit, contre toute attente, de Petra Parker, une héroïne issue d'un monde alternatif où se déclenche, en 2087, une grande guerre opposant des robots.
Drôle de choix donc, de la part de Marvel, de faire de ce personnage massif une femme, mais admettons.
La figurine est dans une boîte en carton, sans "vitrine" plastique, donc sans possibilité de l'exposer dans des conditions MIB (mint in box). Notons que malgré l'énorme flingue du côté droit, le personnage peut s'équilibrer sans trop de difficultés. Avec vingt centimètres de haut et une belle envergure, la figurine est donc plus grande et massive que les modèles standard et constitue une pièce particulièrement originale au sein de la Spider-Family, avec un look qui n'est pas sans rappeler un petit cousinage avec l'esthétique de Spawn.
À environ 30 euros actuellement, voilà un modèle exotique et impressionnant qui n'exige pas un trop gros investissement. Miaw !
À environ 30 euros actuellement, voilà un modèle exotique et impressionnant qui n'exige pas un trop gros investissement. Miaw !
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24.6.26
Par
Nolt
On fait le point sur Kaamelott, volet II partie 1, et ce n'est pas folichon...
Après un premier film décevant, Alexandre Astier a livré il y a quelque temps la deuxième partie de sa "trilogie" finale (qui comportera en fait quatre films...), maintenant disponible en édition collector blu-ray (à 45 balles, faut le vouloir !). Et le moins que l'on puisse dire, c'est que l'on atteint ici des records en matière de médiocrité et de ratage complet. La liste des défauts de ce film semble interminable. Une sorte d'effondrement total qui rend la conclusion de la saga Kaamelott assez pathétique.
Faut-il s'étonner de ce naufrage ? Pas forcément, Astier ayant déjà montré ses limites avec son premier long-métrage, le prétentieux et vain David et Madame Hansen, ou lors de son exoconférence, succès public qui pourtant était truffé de problèmes importants et indéniables (redites, affirmations fausses bien que soutenues par des scientistes, humour qui tombe à plat, mise en scène désastreuse, ego trip grotesque, bref, les fans hurlaient encore au génie alors que le bateau prenait déjà l'eau). Je précise que je n'ai rien personnellement contre le gars, je l'ai même défendu longuement et en argumentant dans son sens lorsqu'il était attaqué par des connasses sans cervelle (cf. cet article).
Mais voyons précisément tout ce qui est raté dans ce film de 2h20.
Dès les premières minutes, ce qui frappe le spectateur et finit par agacer rapidement, ce sont les hurlements. Tous les personnages passent leur temps à brailler, s'énerver et s'engueuler. Au bout de quarante minutes, cela devient insupportable. C'est assez fou, on dirait qu'Astier ne connaît plus que ce seul ressort scénaristique : des gens qui crient et sont agacés.
La réalisation, quant à elle, s'avère plate et fainéante. Un plan large et fixe pour planter un changement de décor, puis des scènes sans inspiration et ressemblant à du théâtre filmé (ou à un téléfilm bas de gamme). Aucun effort, aucune ambition de ce côté-là.
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| Des acteurs qui ont l'air de se faire chier, peut-être par solidarité avec le public. |
Et ça continue ! Le jeu des acteurs est spectaculairement mauvais. Or, même si les enfants Astier manquent peut-être d'expérience (car le réalisateur a casé toute sa famille), tout le casting ne peut être à ce point nul. C'est donc bien encore Astier et sa direction d'acteurs qui sont à incriminer. Pire, même les personnages historiques finissent par sonner faux à force de redites et d'exagérations.
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| Bel effet réalisé sous Amstrad 6128. |
Et pire que tout, rien n'est drôle. Ce qui fonctionnait avant, dans la série TV, tombe complètement à plat, comme si l'auteur était totalement rincé. On a l'impression régulièrement d'être devant une mauvaise parodie tellement c'est du Kaamelott mais sans inspiration. L'écriture est évidemment le point le plus négatif. Le scénario, les dialogues, les personnages et leur éventuelle évolution, tout est plombé par un surplace narratif et une maladresse aussi étonnante que lourdingue. Rien ne semble évoluer, de Lancelot toujours au bord de la folie à Arthur traînant des pieds, en passant par l'incitation à faire un héritier (avec une potion, encore !), le tavernier qui a absolument besoin de Karadoc pour faire tourner la boutique, Merlin qui se méfie d'un autre druide... chaque minute n'est qu'un recyclage poussif de ce qui a déjà été mille fois mieux traité.
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| Une partie des nouvelles têtes qui n'inspirent rien si ce n'est de l'indifférence. Normal : aucun personnage n'est correctement introduit. |
Reste encore à aborder l'absence de Franck Pitiot, alias Perceval. Ce dernier ayant réussi à lire le scénario du second opus avant le tournage (une pratique contraire aux habitudes d'Astier), il a décidé de ne pas rempiler, certainement déçu du premier film et de la direction que prenait celui-ci. Comment ne pas le comprendre ? La réaction d'Astier est alors ahurissante. Il se félicite presque du départ de son ami et acteur phare. "Ça permet d'aller dans d'autres directions." ; "Il est là sans être là." ; "C'est presque une bonne nouvelle."... bref, c'est du "je m'en fous, j'ai pas besoin de lui". Sauf que, en réalité, c'est un énorme coup dur. Et Astier n'est pas suffisamment idiot pour ne pas le savoir. Non seulement Perceval est central dans l'histoire (il est censé avoir une destinée plus importante que celle d'Arthur lui-même), mais c'est en plus le personnage le plus populaire chez les fans. Il ne s'agit pas cette fois de Vanessa Guedj (Angharad, la suivante de la reine), avec qui Astier s'était engueulé, et qui présentait son départ, goguenard, comme une péripétie sans conséquences. Cette fois, c'est l'un des piliers de Kaamelott qui abandonne, déçu par une écriture devenue désastreuse.
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| Il y a eu de la tendresse et même du galochage entre ces deux-là, on espérait plus, mais on revient encore au statu quo, sans que rien ne puisse le justifier. |
Et je caricature à peine. Oui Astier a eu du génie à une époque (ce qui n'en fait pas un génie, c'est une distinction subtile que peinent à faire la plupart des gens), oui les premières saisons de Kaamelott étaient exceptionnelles, oui le virage sombre de la cinquième saison et le changement de format étaient à l'époque un tour de force, mais cela n'en fait visiblement pas un auteur capable de se renouveler, de prendre du recul sur sa propre œuvre ou même de corriger des erreurs évidentes. Pour cela, il lui faudrait accepter de collaborer avec des gens dont le rôle est justement de signaler à l'auteur qu'il se plante. Pas de lui restreindre sa liberté, mais de l'empêcher de faire n'importe quoi. Par excès de confiance, il n'a pas voulu de cela, et le résultat est là : un réalisateur clairement en déficit de savoir-faire qui n'est même pas compensé par la qualité d'une écriture devenue stérile et pitoyable.
Énorme déception donc, car ce Kaamelott II n'est même pas un nanard qui peut se regarder au second degré, c'est un long et pénible voyage chaotique à travers les tares d'un auteur trop vite encensé alors qu'il demeure un artiste avec ses limites, ses égarements et ses travers. Quel gâchis !
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Publié le
14.6.26
Par
Nolt
Réédition d'un pan de l'histoire des comics avec Superman vs Spider-Man - La Bataille du Siècle.
En 1976, les deux géants que sont Marvel et DC Comics collaborent pour la première fois afin d'organiser la rencontre de deux de leurs personnages phares. La même année, Sagédition sort la première VF de cette histoire en album souple. Aujourd'hui, c'est Urban Comics qui nous livre une nouvelle version de ce récit, dans son format géant Treasury.
Voyons déjà le pitch.
Alors que le Docteur Octopus et Lex Luthor se retrouvent tous les deux en prison, ils vont en profiter pour faire équipe et échafauder un plan pour se débarrasser de leurs plus grands ennemis (et faire chanter le gouvernement américain en prime, afin de récupérer un peu de pognon au passage).
Peter Parker et Clark Kent, présents à la même conférence de presse, réagissent rapidement à l'enlèvement de Mary Jane Watson et Loïs Lane en endossant leurs costumes. Spider-Man et Superman entrent en scène, mais suite à un quiproquo, bien entendu, leur rencontre commence par... une baston.
Le scénario est de Gerry Conway, les dessins de Ross Andru. L'histoire est on ne peut plus simpliste et sacrifie à tous les poncifs du genre : malentendu poussant les héros à se taper dessus sans réfléchir (ce qui les crétinise tout de même pas mal), alliance de deux super-vilains, menace d'ampleur mondiale, les proches des héros qui sont directement impactés, etc. Mais à la rigueur, ça a son charme. Et l'on ne vient pas relire cette vieillerie pour réellement profiter d'un récit inspiré, mais plutôt pour "visiter" une pièce de musée.
Graphiquement, le style "old school" demeure agréable malgré une colorisation flashy et sans nuances. Si certaines scènes de combat deviennent encore plus spectaculaires dans ce format immense, les cases représentant des passages plus calmes n'en profitent guère, au contraire, le manque de décors (souvent remplacés par des fonds unis) supporte mal cet agrandissement. Signalons que le tout est imprimé non sur un papier blanc mais beige, ce qui donne un aspect artificiellement vieilli à l'ensemble.
Niveau adaptation, ce n'est pas très réussi, la version française comportant de nombreuses fautes. Ça commence dès la page 2 avec un "j'aurais tout vu" (c'est le futur qu'il convient d'employer ici), et ça se poursuit tout le long de l'album : "quoiqu'efficace" (l'élision est fautive) ; "boire un c"... (il convient de coller les points de suspension au c et d'ensuite seulement fermer les guillemets) ; "il s'est fabriqué un costume et masque" (où est passé l'article indéfini ?) ; "Dr. Octopus" (en français, "docteur" s'abrège Dr, sans point) ; "en-dessous" (pas de trait d'union, contrairement à "au-dessous"). Ajoutons à cela une ponctuation parfois hasardeuse, et l'on conviendra que cela commence à faire beaucoup pour si peu de texte.
Voilà donc une BD plutôt moyenne, dotée d'une VF perfectible. Reste le format, impressionnant, qui redonne un certain lustre à ce morceau d'Histoire.
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12.6.26
Par
Nolt
Retour sur le parcours d'un héros (presque) oublié.
Qui se souvient encore de Benjamin Justice ? Médecin à l'OMS, le Docteur Justice parcourt le monde, de conférences en missions spéciales en tout genre. Charismatique, élancé, doté de hautes valeurs morales et expert en judo, l'homme a tôt fait, lorsqu'il croise margoulins et crapules, de les remettre à leur place à coups d'atemi bien placés (car en fait, il pratique aussi visiblement le ju-jitsu et le karaté).
Voilà le personnage. Un physique à la Michel Vaillant mâtiné d'Alain Delon, des compétences en tabassage de brutes et, de temps à autre, une petite prise de tension. Même Bob Morane, en comparaison, paraîtrait le summum du héros à la psychologie surdéveloppée, c'est dire ! Mais revenons dans un premier temps sur sa création.
C'est en 1970, sous la plume du scénariste Jean Ollivier, que naît celui qui a failli s'appeler Docteur X, Docteur Rush, Docteur Jet ou... Docteur Casse-Cou. Le dessinateur italien Raffaele Carlo Marcello va, lui, donner forme au personnage. Durant 20 ans, Justice (déjà évoqué dans cet entretien avec Maître Habersetzer, qui fut l'une des sources visuelles et techniques d'inspiration pour le dessinateur) va connaître plus de 150 aventures, en général de 12 pages (en couleurs) ou 20 pages (en noir et blanc), même si certaines histoires seront légèrement plus courtes ou plus longues. Preuve que le personnage connaît un certain succès à ses débuts, il aura droit à une adaptation cinématographique en 1975. Il sera interprété par John Phillip Law, un acteur américain déjà connu pour avoir incarné Diabolik (un classique des fumetti transalpins), qui sera accompagné par une certaine Nathalie Delon. Tout se rejoint. Mais revenons à la BD.
Le parcours éditorial du Docteur Benjamin Justice va être relativement mouvementé. Il commence par faire ses débuts dans Pif Gadget. Puis, il aura droit à son propre trimestriel, publié par les éditions Vaillant. Plusieurs maisons vont ensuite sortir des albums : Hachette, les éditions du Kangourou, GP Rouge et Or (un éditeur spécialisé dans les publications jeunesse, dont la collection Rouge et Or visait les moins de 20 ans), puis Messidor-La Farandole (qui appartenait au groupe éditorial du... Parti Communiste Français !).
Des tentatives de regrouper tout cela sous forme d'intégrales vont également avoir lieu. C'est Soleil qui s'y colle en premier en 1996, avec "Tout Docteur Justice", trois tomes d'aventures en couleurs (d'environ 115 pages chacun) plutôt mal nommés puisqu'ils sont loin de "tout" regrouper. En 2006, les éditions Thot prennent la suite, avec un premier volume (de près de 200 planches, cette fois consacrées aux premières aventures en noir & blanc) d'une intégrale qui ne verra jamais la parution du tome 2. Tout cela demeure donc très fragmentaire (et un cauchemar pour les complétistes).
Mais qu'en est-il de la qualité de ces bandes dessinées ? Eh bien, il faut reconnaître que ça ne vole pas très haut. Les défauts sont nombreux et énormes. Tout d'abord, les intrigues sont d'une grande simplicité. En ce qui concerne la narration, il s'agit plus d'un récit illustré que d'une BD moderne classique, dans le sens où l'action est surdécrite par des pavés de texte presque à chaque case. Cela alourdit considérablement l'ensemble et gêne l'immersion. Et on est loin d'avoir fait le tour de ce qui cloche ! Les personnages sont tous transparents et fades, sans aucun développement réel (même le héros en personne !). Quant au texte, il est blindé de fautes. Ah la mule est chargée, aucun doute là-dessus. Et en prime, l'auteur aligne les approximations et les erreurs. Certes, se documenter était plus difficile au début des années 70, sans internet, mais tout de même, de nombreux ouvrages étaient disponibles en bibliothèque. On s'étonne donc de certaines idioties, comme le "kiai" par exemple. À plusieurs reprises, Ollivier le décrit comme un cri presque magique, qui foudroie l'adversaire (une légende qui a certes circulé à une époque, mais qui paraît bien naïve). En réalité, le cri ne s'appelle même pas "kiai" mais "kensei". Il est l'une des conséquences du kiai (que l'on pourrait traduire par "harmonisation des énergies" et qui est traduit, sous la plume d'Ollivier, par un plus ésotérique "union des esprits"), ce dernier étant une sorte de point culminant, une concentration d'énergie physique et mentale, qui accompagne le coup d'un pratiquant. C'est donc bien un coup porté qui a un effet, et non simplement le fait de hurler. D'ailleurs, parfois, le Docteur Justice crie carrément le mot "kiai", ce qui n'a aucun sens. Isolément, c'est anecdotique, mais ces histoires sont pleines de raccourcis, maladresses et erreurs de la sorte.
Alors quoi ? C'est nul, c'est ça ? Hmm... c'est plus compliqué que ça. La série n'est clairement pas écrite par un virtuose à la Charlier (qui avait, dès les années 50 et 60, une plume largement plus intemporelle et efficace), cependant, elle est tout de même dotée d'un certain charme. La partie graphique est très réussie et fait penser à certains fumetti feuilletonnant. Le côté très expéditif des récits permet de changer rapidement de décor et d'imposer un rythme élevé. Et le style à la fois moderne mais aujourd'hui très désuet des années 70 a un parfum plutôt agréable. Ajoutons que le côté caricatural, les bons sentiments à foison et l'exotisme facile font penser à un OSS 117 (le vrai, pas la parodie) où l'un de ces héros "larger than life" d'antan. Et nul doute que certains titres (Otages au Nicaragua ; Neuf Hommes sur la Banquise ; Le Secret des Klimaks ; La Folie du Ronin ; Branle-bas aux Bahamas ; La Nuit d'Amsterdam ; 60 heures à Rio ; Opération Panther ; Dr Justice à Istanbul ; S.O.S. Égypte ; Le Château du Burgrave...) devaient faire rêver à l'époque. Enfin, certaines thématiques, même survolées, ne sont pas inintéressantes (comme les effets psychologiques de l'isolement durable sur un groupe de scientifiques).
Au final, voilà un personnage trop lisse et des aventures trop convenues et embryonnaires pour avoir véritablement marqué les annales des grandes heures de la BD européenne. Reste toutefois un nom et des titres qui évoquent, comme dans un rêve, la brume diffuse d'une époque révolue et, de ce fait, magnifiée.
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