Pourquoi la Pop Culture, c'était mieux avant ?
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Et si la nostalgie n’était pas forcément ce que l’on croit ? Étude sur la modification des supports et contenus culturels et de leur perception.

L’on a tous entendu maintes fois la fameuse phrase « c’était mieux avant » et ses multiples déclinaisons (« à notre époque, c’était quand même autre chose » ;  « les développeurs, dans le temps, ils savaient faire » ; « la musique, aujourd’hui c’est toujours pareil »…). Et si l’on peut mettre parfois ces tirades sur le compte d’une certaine aversion à l'égard de la supposée nouveauté, parfois façonnée par des éléments techniques ou politiques qui tendent vers l’uniformisation [1], ce sentiment de régression ne vient pas de nulle part. Si cette baisse de qualité généralisée est ressentie, c’est peut-être parce qu’elle est réelle. Et si vous avez la cinquantaine ou plus, cette impression de chute de la valeur de ce qui vous était auparavant précieux ne vous aura sans doute pas échappé.
Au travers des romans, de la musique ou même des jeux vidéo, nous allons voir ce qui a profondément contribué à modifier notre perception de l’art et du divertissement, et ce sans même tenir compte d’une qualité intrinsèque de toute façon difficilement mesurable (c’est possible sur le plan technique, mais pas vraiment au niveau de l’aspect créatif).

1. La Rareté
Voilà un point évident, nous vivons à une époque de surabondance de biens culturels. Accéder à la musique, aux films, aux BD, aux romans, aux jeux, n’a jamais été aussi aisé. Et cet accès est même parfois gratuit (pas seulement par le piratage, les médiathèques proposent légalement un tas de biens culturels). Dans les années 70 et 80, se procurer un nouvel album, un nouveau roman ou un nouveau jeu était un petit événement en soi. Les contraintes étaient d’ailleurs multiples. Impossible par exemple de lancer une plateforme pour regarder ce que l’on voulait, il fallait attendre une certaine heure pour voir son dessin animé préféré, lequel était parfois tronqué, censuré, modifié par le diffuseur ou les traducteurs qui s’érigeaient en pères-la-morale. Impossible également à l’époque de commander un livre en quelques clicks. Il fallait partir en chasse, écumer les librairies du coin, farfouiller dans les rayons. Cela prenait du temps, cela demandait de l’énergie, voire un certain budget. Tout n’était pas forcément disponible partout, il était rare, si l’on avait un objectif précis, de dénicher le graal tant convoité chez le premier disquaire (sauf nouveauté très populaire, forcément) ou bouquiniste venu. Et si vous étiez adolescent, les contraintes économiques et logistiques étaient encore plus pesantes. Dans un tel contexte, posséder quelques cassettes audio et une poignée de livres était perçu, par les passionnés, comme être le détenteur d'un véritable trésor. L'inverse n'est pas très dur à comprendre : si vous vous goinfrez de chocolat tous les jours, il finira par devenir banal, avoir moins bon goût, et sa valeur à vos yeux diminuera. Ce qui induit le point ci-dessous. 

2. La familiarité avec l'entièreté de l’œuvre 
Le côté « entier » de l’appréhension d’une œuvre découle en grande partie du premier point, donc de sa rareté. Quand on a le choix entre des milliers de titres (voire des millions), il est tentant de changer d’album ou d’artiste dès la première chanson qui semble un peu « faible ». Autrefois, un nouvel album était systématiquement écouté en entier. Et même plusieurs fois. Ce qui permettait d’ailleurs de découvrir la subtilité de certains styles musicaux (comme le rock progressif, notamment). Sans ce temps long à consacrer à un album, difficile d’en découvrir les nuances. Et une fois que l’industrie musicale a compris cette tendance à effectuer des « sauts » dès qu’un titre ne parvient pas à convaincre, la logique commerciale l'a alors poussé à ne plus prendre de risques, à offrir des refrains accrocheurs et des structures attendues. 
Ce phénomène se retrouve même dans les jeux vidéo. Certains jeux, à la difficulté aberrante, finissaient pourtant par être maîtrisés par les joueurs, non parce qu’ils étaient bons, mais parce qu’ils étaient là, tout simplement. Si un Ikari Warrior, sur Amstrad, était fun, avec une progression constante et une prise en main facile, l’on finissait aussi par s’acharner sur des Airwolf, par exemple, qui étaient d’une ergonomie qui frisait la torture. À comparer aujourd’hui avec certains qui regardent des films (et pas forcément des navets)… en accéléré ! Une telle hérésie ne conduit évidemment pas à accorder de la valeur à ce que l’on « consomme ».
Bref, qu’elles soient bonnes ou pas, les productions étaient en majorité vues ou lues dans leur entièreté par le grand public. Et connaître quelque chose, au point de se familiariser avec, augmente artificiellement la valeur perçue de ladite chose. 

3. L’Effort
C’est sans doute l’aspect qui est le moins compréhensible pour un jeune consommateur moderne, tant les sources se sont adaptées pour que leurs produits soient vite et bien accessibles. Il y a encore trente ou quarante ans, tout demandait un petit effort et un minimum d’organisation. Il fallait se rendre au vidéo-club, au supermarché, à la librairie. En plus du budget, il fallait avoir le temps de le faire, et un moyen de locomotion. Lorsque l’on revenait à vélo d’une escapade de trente kilomètres, à douze ans, le livre précieusement rangé dans la sacoche arrière faisait office d’une merveille qu’il convenait de protéger des affres du temps et des maladroits. Et si vous aviez écumé quatre supermarchés et trois disquaires avant d’enfin tomber sur l’album de vos rêves, là encore, sa valeur en était décuplée. Parce que ça vous avait coûté, réellement, quelque chose. Pas juste du pognon, pas juste du temps, mais de l’énergie, de l’effort musculaire. Votre livre, votre disque, vous l'aviez mérité. 

4. L’Aspect tactile
Voilà un point moins immédiatement perceptible mais bien réel tout de même. Â l’époque de la numérisation, et donc de la dématérialisation, nous n’avons plus (ou moins) de liens physiques avec le support de l’œuvre. Bien entendu, cela a aussi ses avantages, ce serait stupide de le nier. Un kindle permet de stocker facilement de très nombreux romans, de se les procurer rapidement, à un meilleur prix (en France, ça se discute, la plupart des éditeurs majeurs maintenant un prix du numérique artificiellement élevé, dépassant même celui des livres physiques au format poche !), cela permet même de lire la nuit sans déranger son conjoint, de redémarrer la lecture exactement où on en était, et des tonnes d’options peuvent faciliter même l’accès à des ouvrages en langue étrangère. Pas question donc de nier les avantages d’un fichier numérique. Mais cela apporte aussi de profondes modifications dans notre rapport à l’œuvre. Personne ne va « feuilleter » un fichier numérique lu dans sa jeunesse. Alors qu’un véritable livre, un objet physique, va raviver bien des souvenirs et créer un lien affectif « palpable ». La texture du papier, l’odeur de l’encre, la couverture, la charte graphique de l’éditeur, autant d’éléments avec lesquels le lecteur aura été en contact pendant des heures. Là encore, cette proximité physique, identique pour un vinyle, va créer de la valeur perçue. Si le collectionneur va s’attarder sur la pochette d’un album, en savourer chaque détail, la caresser même, personne ne va s’ébahir devant un fichier mp3. L'objet donne du poids à l'œuvre qu'il abrite. 

5. La Virtuosité
Enfin, l’absence de virtuosité, virtuosité naguère induite par des contraintes techniques majeures, va également se faire cruellement ressentir de nos jours. 
Nombre d’albums mythiques furent autrefois enregistrés sur 16, 8 voire 4 pistes (même si l’overdub permettait de « tricher » un peu, mais c’est là une adaptation à une contrainte, donc déjà de la débrouillardise, donc de l’exploration du domaine technique, ce qui amène à sa maîtrise, ce qui relève de la fameuse « virtuosité »). 
De la même manière, certains jeux vidéo addictifs et à la profondeur unique étaient contenus sur une simple disquette, et pas forcément le standard à 1,4 Mo, ce qui semble déjà peu aujourd’hui, mais parfois, selon les machines, moins de 800 voire moins de 400 Ko (kilo-octets !). La limitation technique forçait les développeurs à s’adapter, à concevoir autrement, à maîtriser 100 % d’une machine spécifique et de ses routines complexes. 
Quand tout est illimité, n’importe qui (ou presque) peut créer un jeu. Et certains logiciels (sans parler de l’IA [2]) ont énormément facilité la composition musicale. Mais quand il faut être obligatoirement un expert de son domaine, et même un expert ingénieux, pour pouvoir aboutir à quelque chose, forcément, la qualité générale s’en ressent. Et la valeur perçue aussi. Cela se retrouve aussi dans le cinéma, avec les anciennes maquettes, les animatronics, les prothèses, les bricolages et le système D. Attention, cela ne veut absolument pas dire que les images de synthèse (appelées globalement plutôt CGI actuellement) sont nulles, juste que la manière de travailler n’est plus la même, et que le rendu à l’écran est différent également. 
Soulever 250 kg à l'aide d'un chariot élévateur, ça n'a rien d'exceptionnel. C'est un dispositif conçu pour et démocratisé. Soulever la même charge à l'aide de poulies, de câbles, d'un chevalet bricolé après des calculs personnels, c'est de la "virtuosité". 


Des œuvres diluées dans un magma bouillonnant 
Ainsi, nous sommes bien obligés d’admettre que les supports, la manière de travailler leurs contenus et même la manière de se les procurer ont radicalement changé depuis 2000 et surtout 2010. Pour quelqu’un né même à la fin des années 90, il n’y a aucune césure. Tout a « toujours » été comme ça. Mais pour une personne plus âgée, le basculement est bien net. Et sa perception n’est pas forcément un simple « ronchonnage de vieux con ». Elle est liée à de véritables pertes et de profondes modifications. Avec des biens culturels abondants, faciles d’accès, que l’on « picore » au lieu de les « dévorer », des œuvres qui n’ont plus de réalité physique et qui perdent en virtuosité, parce que leurs auteurs n’ont plus besoin d’être des virtuoses, il y a bien a minima une perte de valeur perçue.
Le « c’était mieux avant » n’est pas seulement un réflexe commun face à une nostalgie envahissante, c’est la contraction, la version « rapide », d’une perception explicable de la véritable chute de valeur des œuvres liées à l’art et au divertissement. Non parce qu’elles seraient forcément moins bonnes (et il en existe encore, fort heureusement, qui demeurent fascinantes), mais parce qu’un ensemble de changements physiques, techniques et logistiques ont automatiquement abaissé cette valeur. On n'y peut rien, c'est un fait. Si vous devez noter sur 10 un roman lu sur une tablette, acheté en un click sur amazon parmi des milliers d'autres, et doté d'une cover générée par IA, même s'il est bon, vous aurez tendance à lui mettre 1 ou 2 points de moins que le roman physique, doté d'une couverture conçue par un dessinateur virtuose, dont vous avez tourné les pages bien réelles, et que vous avez acheté après une heure d'immersion et de recherches dans l'une de vos librairies préférées.  

Si l’on veut rentrer dans une forme plus schématique de la valeur accordée à une œuvre, l’on peut le faire très simplement : la valeur absolue (VA) d’une œuvre va être égale à sa valeur intrinsèque (VI) additionnée à sa valeur perçue (VP). La valeur intrinsèque est composée, elle, d’un pan technique objectif (justesse des notes, absence de faux raccords, effets littéraires employés à bon escient, etc.) et d’un pan artistique subjectif (ce qui vous plaît, vous touche, le lyrisme, la force de l’œuvre). La valeur perçue, elle, sera composée des cinq points développés plus haut (rareté, familiarité, effort nécessaire, proximité physique et virtuosité). Il est donc aisé de comprendre qu’en baissant radicalement la valeur de VP (car les cinq points sont impactés), celle de VA baisse drastiquement également, mais ça ne veut pas dire que les œuvres récentes sont moins bonnes, car VI peut demeurer identique, voire augmenter. Cela permet juste de comprendre pourquoi... « elles étaient mieux avant ».




[1] À l’inverse, des éléments techniques (comme la démocratisation du synthétiseur, puis d’autres outils comme le séquenceur et les boîtes à rythme) ou politiques (comme la légalisation des radios libres, ce qui contribuera à un énorme appel d’air en termes de nouveautés à diffuser), peuvent largement influer sur la diversité de la production et sa perception. 
[2] Ce qui n'est pas une critique. L'IA est là, il convient de faire avec. C'est un outil, au même titre qu'une gomme, qu'un crayon de papier ou que Photoshop. Rappelons-nous à l'époque les débats  « idéologiques » sur la colorisation numérique des bandes dessinées. Débats qui paraissent aujourd'hui bien vains. 

Écho #91 : It's alive...
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Logical Tears
vient de sortir son nouvel EP : It's alive...

Ambiance horrifique pour cet EP inspiré notamment du roman de Mary Shelley. Les titres sont éloquents et vous donnent une idée de l'atmosphère générale : It's alive, Monsters ou encore Slasher nous plongent dans les classiques de l'épouvante !

Sur le plan musical, on est sur de la dark wave bien vitaminée, qui flirte avec un rock electro pop qui peut évoquer New Order, The Cure ou même Indochine. L'arrivée de O. Scar au chant est une réussite totale, cette nouvelle formation se révélant inspirée et extrêmement addictive. Noctule. h, l'âme du groupe, est toujours là à la basse et aux arrangements. L'harmonie entre les deux membres de Logical Tears semble totale et devrait promettre d'autres créations percutantes, d'autant que de futurs EP sont déjà programmés et en développement !

It's alive... est d'ores et déjà disponible sur toutes les plateformes de téléchargement, la version physique est prévue pour mi-octobre. Et pour écouter le titre phare de ce nouvel opus et découvrir le clip, c'est ici. Évidemment, on vous conseille de suivre cet excellent groupe et de vous ruer sur cet EP qui va vous faire frissonner de plaisir !






UMAC's Digest #52
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Les sélections UMAC dans l'actu de la pop culture




L'Édito de Virgul
Hey les Matous, ça ronronne ? 
Pfiou, on sort d'une canicule à ne pas mettre un chat dehors. J'espère que vous allez bien et que vous n'avez pas été impactés par les incendies. Tout le staff UMAC se joint d'ailleurs à moi pour adresser nos sincères pensées et nos vœux de prompt retour à la normale à tous ceux qui ont perdu leur maison. Un salut chaleureux également aux pompiers et aux agriculteurs qui ont combattu les flammes avec courage et bien plus de dignité que les pitres du gouvernement félon que l'on subit actuellement.
Nouveau Digest cette fois consacré à quelques nouveautés de la rentrée et du dernier trimestre de l'année. Au menu, BD classique, roman effrayant ou encore figurine sympa, avec un axe tout de même très "vintage & recyclage". Hop, on se lance.   
Miaw !  



 -- AFFAIRE TOURNESOL / DEUXIÈME ESSAI --

Après le gros flop de Casterman et Moulinsart (cf. cet article), ayant abouti au retrait de la vente d'un album à la maquette incroyablement bâclée, les éditeurs du célèbre reporter retentent le coup en octobre prochain, avec une nouvelle sortie de L'Affaire Tournesol
La version "journal de Tintin" (comprenant des planches au format à l'italienne) devrait donc cette fois être lisible, du moins on l'espère, car on ne sait toujours pas quelle solution a été adoptée. Le mieux serait des planches dépliables pour le format à l'italienne (on n'y croit pas du tout), le pire serait de réduire les planches classiques. Une solution intermédiaire consisterait à retourner la BD quand on arrive aux planches à l'italienne, avec une impression format paysage sur des pages classiques. Verdict dans un bon mois.
Rappelons que les changements par rapport à la version classique ne sont pas énormes et que le dossier accompagnant cette réédition ne devrait pas vraiment nous apprendre quoi que ce soit de neuf, tant le travail a déjà été fait lors de multiples rééditions.
#aventuriersurexploité

La première version, ridicule et rendant certaines cases illisibles.



-- L'OMBRE DE LA SERVANTE --

Un Lord Dunsany (
Edward John Moreton Drax Plunkett, baron de Dunsany, l'un des précurseurs de la fantasy) de plus au catalogue des éditions Callidor avec L'Ombre de la Servante, un récit datant de 1926 et qui est prévu pour fin octobre. 
De quoi s'agit-il exactement ? Eh bien, le fils d'un seigneur ruiné va se mettre au service d'un puissant magicien afin de se faire un peu de pognon et sortir sa famille de la situation épineuse dans laquelle elle se trouve. Le magicien va par contre exiger, en contrepartie de ses enseignements, d'obtenir... l'ombre du jeune apprenti. Celui-ci, ne voyant pas trop d'inconvénient à se séparer d'un tel "bien", accepte un peu rapidement, car il ne va pas tarder à se rendre compte que cette ombre, si banale, semble receler un grand pouvoir et être même lié à l'âme et à la nature profonde de chaque individu. 
Pas encore de cover disponible pour le moment, mais on sait que la collection Âge d'Or de l'éditeur dispose de visuels toujours soignés (cf. un exemple du même auteur, ci-contre), même si l'on n'est pas sur l'aspect luxueux de la gamme Collector (cf. Dracula ou L'Odyssée). 
#sorcierfilou

Image d'illustration non officielle.  



-- DARK KNIGHT VINTAGE --

Urban Comics
continue la publication de sa collection
Batman Chronicles (cf. cet article, entre autres), avec le tome consacré à la troisième partie de l'année 1990, qui sortira fin novembre
Au sommaire, une nouvelle série intitulée Legends of the Dark Knight, dont seront issus trois arcs présents dans ce volume : Prey, Gothic et Terror. Il s'agit de récit hors continuité, qui sont censés laisser plus de marge de manœuvre aux auteurs. Outre une curiosité pour le coup très "rétro", Batman : Digital Justice, le premier comic à avoir été réalisé entièrement sur ordinateur (pour un résultat graphique heu... perfectible on va dire), cet épais recueil (576 pages annoncées) contiendra également le Gotham by Gaslight de Brian Augustyn et Mike Mignola, une aventure qui entraîne Batman à l'époque victorienne, sur les traces du fameux Jack l'éventreur.
Il vous faudra débourser 40 euros pour vous procurer ce volume, pas donné donc, mais compréhensible vu le pavé. 
#encapéàl'ancienne

Ouch... ça pique un peu.



-- SAGA FREEZER --

Suite de la réédition "full color" de Dragon Ball chez Glénat avec la sortie des tomes 2 et 3 de l'arc Freezer en septembre et novembre. 
Comme vous le savez, l'éditeur a choisi une bien singulière numérotation pour cette collection, puisque à chaque arc, l'on repart avec un tome 1. Donc après L'enfance de Goku, Le roi démon Piccolo, Les Saiyans et Freezer, nous en somme déjà au quatrième tome 1. Pour une histoire qui se suit, c'est tout de même une idée de génie. Mais bon, le monde de l'édition regorge de crétins ayant ce genre d'illumination de fin de banquet, un soir de fête de la bière à Munich, après une bonne grosse choucroute. 
Et toujours bien entendu les covers en noir et blanc et l'énorme code-barre sur fond blanc gigantesque sur la jaquette. Ah ben, c'est une belle édition hein, bien pensée et tout. 
#travaild'ingénieur

Extrait du... quatrième "tome 1" de la collection.



-- ADVERSAIRE DU TISSEUR --

Sortie en
 novembre de la figurine du Scorpion dans la gamme Marvel Legends. Celle-ci est déjà disponible en précommande, pour un peu plus d'une trentaine d'euros
.
Il s'agit d'une "comic edition", prenant modèle sur la période Brand New Day. Niveau costume, du classique, avec une peinture propre (mais difficile de se planter sur quelque chose d'aussi basique). Notons les visages, très bien réalisés, avec une jolie expression pour le visage alternatif (seul élément apportant des possibilités de personnalisation et de poses différentes dans cette boîte).
Pour les collectionneurs qui souhaiteraient l'exposer "MIB" (neuve, dans sa boîte), pas de souci, on voit bien le personnage et le fond jaune et blanc apporte un bon contraste. 
#bonheurenplastique



Écho #90 : Intégrale Trône de Fer - tome 4
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Le tome 4 de l’intégrale Trône de Fer chez Pygmalion sort en octobre. 

– Dans les points positifs, notons les illustrations, jolies et nombreuses, ainsi que la taille de la police, tout à fait confortable. 
– L'espèce de bandeau intégré à la couverture n'est par contre décidément pas un choix graphique très heureux. 
– Restera donc encore un tome VF à paraître dans cette collection, avec un peu de chance pour l’année prochaine.
– La trad est "révisée" mais on est toujours sur la version ampoulée et désuète de Sola (qui n’a aucunement respecté le style de l’auteur). Une erreur incompréhensible de l’éditeur. Évidemment, dans quelques années, on nous revendra tout ça avec une nouvelle trad…
– 15 ans après la sortie du tome 5 en VO, Martin n’a toujours pas publié le tome 6. Sachant qu’il y en a au moins encore un après (le 7 c’est sûr, son agent a laissé planer le doute sur un tome 8), quelles sont les chances pour que la fin réelle voit le jour rapidement ? Indices : la priorité de Martin, c’est apparemment le tome 2 de Feu et Sang (les livres qui décrivent tout l’univers de A Song of Ice and Fire, cf. aussi Les Origines de la Saga et les cartes du monde connu) ; le gaillard a 78 ans ; il semble actuellement dépressif, ou en tout cas pas au mieux de sa forme.
– Pour ceux qui se posent la question, la fin sera différente de celle de la série produite par HBO. Il y aura bien des points communs (les gros événements que l’auteur avait décrits aux showrunners : Stannis condamne sa propre fille ; Bran devient roi ; Snow tue Daenerys) mais leurs causes et leurs développements seront différents... et meilleurs, il n’y a qu’à constater la baisse de qualité de la série et les incohérences (cf. cet article) quand Martin n’était plus aux commandes et que les scénaristes ont commencé à broder sur sa trame. Notez qu’en plus, il existe des événements et personnages, dans les romans, qui ne sont pas du tout abordés dans la série. Une raison supplémentaire de découvrir l'œuvre originale.
– Enfin, sachez que l’on vous parlera très bientôt, sur UMAC, des adaptations comics des Tales of Dunk and Egg, des aventures qui se déroulent dans le même univers (et dont Martin est à l’origine également).






Batman / Spawn
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La malédiction des crossovers continue de frapper avec Batman/Spawn.

Fin 2023, Urban Comics publie un ouvrage, intitulé Batman Spawn, revenant sur deux récits sortis en 1994 et faisant se rencontrer le Dark Knight et un encore tout jeune Spawn, puisque créé deux ans plus tôt. Nous allons passer très rapidement sur le premier opus, War Devil, qui est scénarisé par Doug Moench, Chuck Dixon et Alan Grant. S'y mettre à trois pour pondre un tel récit insipide, il fallait oser. En gros, tout part de l'assassinat six ans plus tôt d'un entrepreneur louche sur lequel Batman enquêtait. Son retour subit va obliger les deux encapés de service à collaborer, après bien entendu s'être foutu copieusement sur la gueule. Graphiquement, c'est encore pire, avec des dessins (et surtout un encrage grossier, cf. cet exemple) de Klaus Janson. 48 planches médiocres pour délayer une rencontre aussi terne que l'ennemi qu'affrontent les deux héros. À croire que, lorsque l'on fait rencontrer deux têtes d'affiche issues d'univers différents, le but est d'obtenir le scénario le plus nul possible (cf. Superman & Batman vs Aliens & Predator ou encore Judge Dredd vs Aliens). 

On passe ensuite à l'épisode de 52 planches, bien plus réussi, écrit par Frank Miller (cf. notre dossier consacré à l'auteur) et dessiné par Todd McFarlane (Amazing Spider-Man, Batman : Year Two, Hulk). 
Bon, quand on dit "réussi", ça reste relativement moyen au niveau de l'écriture, mais on partait de tellement loin avec l'histoire précédente que celle-ci fait l'effet d'une glace à la vanille après un burger cramé. 
Cette fois, Batman et Spawn (qui vont bien s'esquinter bien sûr, ce serait dommage de réfléchir avant de cogner) vont être confrontés à une curieuse humaniste qui a pour but de massacrer le plus de gens possibles, tout cela à l'aide de sans-abris recyclés en cyborgs.




Graphiquement, c'est fort joli et l'on ne peut qu'être soulagé par l'arrivée de McFarlane. Le dessinateur enchaîne les poses musculeuses et félines dont il est le spécialiste ; on a droit à un défilé de trognes bien atypiques ; et la colorisation, largement plus subtile que celle de l'épisode précédent, supporte bien mieux le côté criard du papier glacé. 
Pour ce qui du travail de Miller, même si le scénario n'atteint pas des sommets, l'auteur parvient tout de même à esquisser une critique sociétale sur les agissements des humains qui n'est pas sans fondements et s'avère assez acide. Critique portée par une adversaire qui aurait mérité d'être plus développée (mais visiblement, la priorité était à la castagne). À part une petite pointe d'humour avec Alfred (le majordome de Wayne) et un petit côté gore sur certaines scènes, rien de bien exceptionnel à signaler. Tous les poncifs issus de ce genre de rencontre sont là. De plus, le final est vite expédié, peu palpitant et la dernière planche se termine même par une pirouette qui confine au ridicule.

Tout cela nous donne un comic franchement dispensable, même si le duo Miller/McFarlane parvient à susciter un semblant d'intérêt (ce qui est tout de même bien peu). Notons pour info que leur récit s'inscrit dans l'univers de Dark Knight Returns, même si la précision n'a pas en soi grande importance. Pour compléter tout cela, Urban a cru bon de nous gratifier de la version encrée intégrale de War Devil ! Quel choix éclairé... le pire des deux épisodes, une deuxième fois ! 
S'ajoutent à cela diverses illustrations ou crayonnés. Signalons enfin le très bon lettrage de Cromatik Ltd, un studio mauricien qui signe ici un sans faute, que ce soit au niveau du calage, du blanc tournant ou même de la taille de la police, bien souvent inutilement trop petite sur d'autres productions du même genre. 

Une simple curiosité qui ne parvient malheureusement pas à offrir aux deux personnages une intrigue à la hauteur de leur popularité.





+ Les points positifs - Les points négatifs
  • Les dessins de McFarlane.
  • Quelques éléments à retenir du scénario de Miller.
  • Le premier épisode, d'une médiocrité rare, que ce soit au niveau de l'écriture, des dessins, de l'encrage ou de la colorisation.
  • Le côté convenu et peu inspiré de l'ensemble.
  • Un bonus (la version encrée du pire épisode) de remplissage.
  • Le prix. Presque 20 balles pour ça, heu... non.