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Step Back in Time #10
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Voyage dans le passé de la pop culture, partie 10 ! Au sommaire : de la BD franco-belge quelque peu méconnue, un aventurier de l'espace et des vampires. Enjoy !


-- BD : balades en taxi et histoires courtes --


On commence par s'arrêter dans les années 90 avec Taxi Girl, une bande dessinée créée à l'époque par Laudec et Raoul Cauvin (l'un des "papas" des célèbres Tuniques Bleues). Prépubliée dans le Journal de Spirou, la série connaîtra deux albums édités par Dupuis : Vous êtes libre ? en 1994 et Vous aimez les bêtes ? deux ans plus tard. 
Comme le titre l'indique clairement, les auteurs nous invitent à suivre une jeune femme, Pearl, qui exerce la profession de chauffeur de taxi. Et c'est bien de cela qu'il s'agit : le quotidien d'un chauffeur de taxi, ce qui va sérieusement limiter les possibilités, d'autant que les récits vont de une ou deux pages à cinq ou six, autrement dit, pas de quoi réellement développer une intrigue.

Très vite, la série tourne en rond malgré sa brièveté. Les resquilleurs qui partent sans payer, le mec un peu bourré ou l'agresseur déjoué par Cannelle, le chien de l'héroïne, constituent l'essentiel des archétypes déclinés ici. Tout cela n'est, la plupart du temps, pas très inspiré malgré quelques gags originaux qui font leur petit effet (comme le cactus de Noël) et de rares détours hors de Paris (dont une rencontre animée avec un... taureau).
Graphiquement, certains reprochent parfois à la série son aspect réaliste, mais ce n'est là qu'une question d'inclination personnelle, des personnages "à gros nez" ne rendraient pas ces récits meilleurs. Et justement, c'est même le côté semi-réaliste des planches qui donne au titre ce charme particulier qui permet tout de même de passer un moment sympa. 

Pas le plus grand succès de Cauvin, forcément, et un concept trop étriqué pour réellement permettre une déclinaison variée, mais une petite curiosité tout de même qui réserve quelques (trop rares) surprises. 
Les deux albums se trouvent encore d'occasion à des prix tout à fait modiques.



-- SÉRIE TV/BD : kitsch et aventures spatiales --


Cap maintenant sur la fin des années 70 et le tout début des années 80 avec Buck Rogers ! Avec seulement 2 saisons (et 37 épisodes), la série n'a pas forcément eu un impact aussi important que certains classiques (pour comparaison, la série originelle Star Trek comprenait 79 épisodes), mais les jeunes téléspectateurs français de l'époque (sortie au cinéma du pilote en 1979, puis première diffusion en 1983 sur TF1) ont découvert avec ravissement cet univers futuriste, aujourd'hui très kitsch par certains aspects (des costumes en passant par certains personnages, comme le... vampire de l'espace et son monosourcil ridicule). 
À la base, tout vient d'un comic américain, publié dès 1929 dans la presse US (Buck Rogers est d'ailleurs considéré comme le premier strip de SF). C'est Philip Francis Nowlan qui crée le personnage dans une nouvelle, puis va l'adapter en BD avec Dick Calkins aux crayons. Pendant plusieurs décennies, le héros verra ses péripéties être couchées sur papier avant de faire un bond vers le petit écran.

L'histoire est assez originale puisque ce vieux Buck est à la base un astronaute qui, en 1987, part pour une mission de routine qui va suffisamment mal tourner pour le propulser 500 ans plus tard, dans un monde peuplé d'avancées fantastiques mais aussi de menaces en tout genre. Le charme de la série TV doit beaucoup à son casting, avec un charismatique Gil Gerard dans le rôle titre et une superbe et charmante Erin Gray campant le colonel Wilma Deering (un duo rappelant, par certains côtés, celui de Mission Casse-Cou, dans un tout autre registre). L'intégrale est disponible en version américaine avec des sous-titres français. 

En France aussi, Buck Rogers va se décliner en BD. N'oublions pas que nous sommes en plein phénomène Star Wars et que les sagas spatiales, encore peu nombreuses, fascinent et attirent les jeunes lecteurs. C'est dès 1980 que Buck Rogers et la Princesse Ardala va être publié par les éditions Deux Coqs d'Or dans leur collection "Télé Librairie". Il s'agit d'un album assez luxueux (hardcover, papier glacé) de 64 planches, qui décrit l'arrivée de Buck au XXVe siècle et contient une aventure complète, plutôt spectaculaire. La colorisation, bien flashy, peine à donner du cachet aux décors, mais dans le moment, tout le monde s'en fiche, moi le premier, et l'on tourne les pages avec fébrilité, totalement conquis par l'intrépide Buck. Cette BD peut encore se trouver relativement facilement et sans se ruiner.

Toujours en 1980 et chez le même éditeur, c'est cette fois un récit illustré (donc pas une BD, mais bien du texte avec des illustrations d'ambiance) qui sort sous le titre Buck Rogers - Le Héros du XXVe siècle. Bien avant cela, en 1977, c'est un recueil de strips en noir et blanc qui était sorti en VF chez Pierre Horay Éditions. Là, l'ambiance est radicalement différente, l'on découvre un Buck dont l'aspect physique est très loin de celui de la série TV ou même des comics. Le personnage est plus chétif, les décors dépouillés et de lourds pavés de texte viennent appesantir l'ensemble, qui demeure tout de même intéressant mais plus sur le plan historique que celui du pur divertissement. 

Bref, un héros au charme certain et au potentiel énorme, qu'il est étonnant de ne pas voir plus exploité de nos jours.



-- CINÉMA : humour & épouvante --


Notre machine à remonter le temps nous dépose maintenant en 1968. Nous nous dirigeons vers un cinéma en compagnie de jeunes gens s'exprimant dans un français parfait, aux nuances riches. Les dames portent des ensembles élégants et sont souriantes. Le temps est agréable en cette soirée d'avril. L'affiche, au fronton du bâtiment, annonce en lettres de sang Le Bal des Vampires. Il s'agit d'un film de Roman Polanski, avec la magnifique Sharon Tate dans l'un des rôles principaux. L'excitation gagne le petit groupe, pressé de rejoindre la salle obscure...

Ce classique, intitulé The Fearless Vampire Killers en version originale, est disponible pour une dizaine d'euros en DVD. Le long-métrage mélange comédie et frissons avec une réussite certaine et dure 1h48. L'histoire se veut relativement simple : le professeur Abronsius, un vieil original persuadé de l'existence des vampires, et son assistant, le jeune Alfred, écument la Transylvanie à la recherche de malfaisants aux dents longues. Alors qu'ils font étape dans une petite auberge, la jeune Sarah, qui ne laisse pas Alfred indifférent, a la mauvaise idée de se faire enlever. Le duo décide donc de la récupérer et se met en route pour le château du Comte Von Krolock où se prépare un bal pour le moins... singulier.

Certes il s'agit ici d'une parodie mais l'on est bien loin du burlesque à la Hot Shots ou dans le goût des séries Y a-t-il (un flic, un pilote...). L'on est ici dans le subtil et, même si les auteurs se moquent des vampires, ils les respectent suffisamment pour ne pas totalement les déposséder de leur aura maléfique et de leur aspect inquiétant.
Les décors et les costumes sont également soignés et contribuent largement à l'ambiance inquiétante qui se dégage du film. Bien sûr, celui-ci a quelque peu vieilli, mais la patine obtenue ne nuit nullement au récit et renforce même la beauté envoûtante de sa photographie. Entre les scènes sous la neige, celles se déroulant au château ou dans l'auberge, l'on ne peut s'empêcher de ressentir une fascination et une angoisse que peu de parodies parviennent à générer. Ce mélange fort bien dosé entre dérision et menace latente est sans doute au cœur de la réussite de ce long-métrage vieux de près de 60 ans mais toujours efficace. 

Une bonne occasion de revoir la regrettée Sharon Tate et de s'encanailler avec des vampires qui ont le bon goût, malgré leur second degré, de ne jamais verser dans la bouffonnerie.     



À bientôt les amis pour un prochain bond dans le passé de la Pop Culture !


Les anciennes émissions jeunesses - partie 2 : Au Pays de Croque Vacances
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Après le décevant Nos Années Récré A2 de Flammarion, on passe à un ouvrage bien plus réussi : Au Pays de Croque Vacances.

Bien plus récent cette fois, ce beau livre édité par Pulse (en novembre 2025) et écrit par Arnaud Magnier revient sur la célèbre émission de Claude Pierrard (qui signe d'ailleurs la préface). En 240 pages, l'auteur nous convie à une balade enchantée parmi nos souvenirs d'enfance. Au menu : Princesse Saphir, Vic le Viking, La Bataille des Planètes, Arok le Barbare, Capitaine Flam, Maya l'abeille, Le Club des Cinq, Spider-Man (encore appelé à l'époque L'Araignée), Les 4 Fantastiques ou, entre autres, les héros de Hanna-Barbera. Tout cela est complété par des portraits, les infos de l'époque, des paroles de génériques, quelques témoignages et divers entretiens. 

Plutôt complet, l'ouvrage s'avère aussi très soigné. Outre une hardcover, l'on a droit ici à un papier mat et élégant du plus bel effet. Vu la maquette désastreuse évoquée dans la partie 1 des livres consacrés aux programmes pour enfants des années 70/80, il convient d'aborder le sujet. Un soin réel a été apporté à cet aspect dans Au Pays de Croque Vacances. Même si l'on peut regretter parfois la petite taille de certaines illustrations, l'ensemble est bien plus harmonieux et agréable à l'œil. Le texte est plus aéré, les illustrations sont mieux insérées, même les pages d'introduction pour chaque année sont mieux pensées et bien plus esthétiques. C'est là toute la différence entre un machin bâclé et moche et un projet travaillé et mené à bien par des gens compétents.

Au niveau des articles, là encore on va un peu survoler les sujets vu le nombre de séries et dessins animés abordés, mais l'on retrouve tout de même l'essentiel et quelques anecdotes sympathiques (notamment dans les "croque notes"). Notons que la plume de l'auteur est agréable et les coquilles apparemment absentes. 

L'ensemble est donc soigné et bien réalisé. Mais ce n'est pas tout, les éditions Pulse ont en effet prévu (pour un investissement plus important, bien entendu) la possibilité d'accompagner cet achat par divers petits bonus : un numéro spécial de Télé Junior, un vinyle et des cahiers de bricolage (issus d'une rubrique célèbre de l'émission). Le livre seul vaut 35 euros, le prix passe à 50 euros avec le Télé Junior.
À la rédac, nous n'avons testé que le magazine, lui aussi réalisé avec minutie. Étrange de feuilleter un Télé Junior ayant l'aspect et le "tarif" de l'époque (5 francs) mais avec la texture du neuf ! Sensations garanties. Au sommaire, deux courtes BD (de L'homme qui valait trois milliards et Nestor le pingouin), des infos junior, de magnifiques pubs d'époque, des jeux, une interview de Rémy Bricka, un "réponse à tout" spécial OVNI ou encore la sélection junior des programmes TV du moment. Autant de petites pépites qui nous font conseiller ce supplément. 

Un ensemble qui va forcément raviver de bien tendres souvenirs et permet une immersion colorée et plaisante dans le mythique "monde d'avant". 


GALERIE
(les trois dernières photos sont issues du magazine Télé Junior)











                     
Les anciennes émissions jeunesses - partie 1 : Nos Années Récré A2
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Retour sur Nos Années Récré A2, publié en 2013 par Flammarion.

Alors là, ça faisait longtemps qu'on n'avait pas vu une merde pareille... on est très loin de la qualité du texte de Nos Années Strange par exemple. Mais commençons par le début. Cet ouvrage, signé Sébastien Carletti, est censé retracer la production télévisuelle pour enfants de 1978 à 1988, le tout à travers 240 pages illustrées. L'idée est bonne, d'autant que le projet joue forcément sur la fibre nostalgique. Le problème vient de la réalisation, si épouvantable qu'elle gâche tout.

Tout d'abord, la mise en page est affreuse. Les textes centraux sont peu aérés et bordés d'images minuscules ; les légendes sont absentes ou difficilement compréhensibles ; et la mise en avant de mots ou titres en gras est d'une stupidité rarement atteinte ("Récré A2" est mis en gras un nombre incalculable de fois, alors que les titres des séries se perdent souvent au milieu d'un blabla dense et indigeste). 
Pire encore, on trouve régulièrement des coquilles ou des phrases mal tournées. Et si tout cela permettait au moins d'avoir un contenu intéressant, mais même pas ! Chaque série est expédiée en quelques paragraphes sans intérêt, parfois en quelques lignes pour les moins connues. Quant au choix des anecdotes, il est plus que discutable et s'accompagne parfois d'opinions personnelles douteuses.

Bref, c'est moche, c'est mal foutu, c'est incomplet et plein de fautes. Et on ne peut même pas se consoler avec les photos, dont 90 % font au maximum 4 x 3 cm. Le tout est emballé avec une couverture bien cheap, à l'illustration aussi dégueulasse que le contenu.
Notons que dès l'introduction, on nous prévient qu'il y a des erreurs dans les articles, les lecteurs sont d'ailleurs invités à les signaler pour alimenter un document PDF téléchargeable "qu'il suffira d'imprimer pour le glisser dans l'un des rabats de l'ouvrage". Le procédé est déjà fou (corriger les erreurs avant la publication nous semble une meilleure solution que constituer un PDF à partir des remarques des gens plus rigoureux que l'auteur), mais on atteint le grotesque quand on se rend compte que ledit PDF, une dizaine d'années plus tard, n'est même pas disponible. Sans doute était-il trop complexe, pour Flammarion, de maintenir un espace de téléchargement pouvant accueillir un simple document écrit...

Un livre qui aurait pu être fantastique mais s'avère profondément décevant tant il est bâclé sur la forme et profondément médiocre sur le fond.
(suite avec un autre ouvrage du même genre, bien mieux réalisé, dans cet article)





Un condensé de tout ce qui ne va pas : photos minuscules, un simple encart pour Lucky Luke,
quelques lignes à peine pour Les Trois Mousquetaires, dont le titre n'est pas mis en gras sans
que l'on sache pourquoi, légendes noyées dans le texte, et mise en page d'une virtuosité sans égal.


Animal Kingdom
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Fort, haletant et somptueusement écrit : retour sur Animal Kingdom.

Josh, dit"J", est encore au lycée quand sa mère meurt d'une overdose. Il va alors vivre chez sa grand-mère, Smurf, qu'il avait perdue de vue. Il rencontre également ses oncles, Baz, Pope, Deran et Craig. Mais ce ne sont pas des tontons comme les autres. Sous la direction de Smurf, ils font des "coups", braquent des banques, dévalisent des églises ou des navires, selon l'inspiration du moment. Josh va alors basculer, peu à peu, dans un autre monde, fait de violence et de plaisirs interdits. 
Cependant, sous les activités criminelles, déjà dangereuses en elles-mêmes, se cachent également des secrets de famille, bien enfouis mais dont l'odeur nauséabonde va finir par imprégner le quotidien des malfaiteurs. 

Animal Kingdom est une série de 6 saisons et 75 épisodes, disponible actuellement sur Netflix. C'est une création de Jonathan Lisco, d'après le film du même nom, de David Michôd. L'on peut citer, dans les rôles principaux, l'excellente et troublante Ellen Barkin (qui avait notamment joué aux côtés de Dennis Quaid, en 1987, dans le sous-estimé The Big Easy) ou encore Shawn Hatosy, campant un complexe et hallucinant Andrew "Pope" Cody. 




Si vous aimez les séries musclées et tendues, à la narration sous adrénaline, du genre The Shield ou Sons of Anarchy, il y a un peu de ça dans Animal Kingdom. Et même un peu plus. Tout d'abord, le fait d'intégrer des protagonistes fort jeunes (J et Nicky, par exemple), rend l'intrigue encore plus "borderline" parfois (dans le bon sens du terme), l'aspect "vie de famille" et "vie scolaire", même si l'intrigue mafieuse l'emporte largement, permettant d'ajouter une tension dramatique plus profonde encore. 
Notons également l'humour, rare mais très efficace au détour d'une réplique de temps à autre.
Mais bien entendu, l'essentiel est ailleurs...

Les activités criminelles de la famille, les conflits internes, les secrets plus ou moins bien gardés, les failles actuelles et les blessures anciennes vont s'entremêler pour donner un récit âpre, surtendu, futé et surprenant. Les personnages possèdent de multiples facettes, les rendant tour à tour sympathiques ou détestables, sans pour autant les dénaturer. La "noirceur" de leur âme, notamment, et la conscience qu'ils en ont, les rendent particulièrement humains. Les "coups", minutieusement préparés, apportent leur lot de suspense. Quant aux multiples rebondissements, violents et inattendus, ils tiennent lieu de véritable ciment pour cette série audacieuse et jouissive (dont nous allons éviter, ici, de dévoiler les plus énormes effets, qui mériteraient d'être minutieusement analysés tant ils sont formellement efficaces et bien amenés). 
Certains moments dramatiques, d'une justesse folle, sont aussi poignants que délectables, alors que d'autres scènes, plus légères, apportent un nécessaire vent de fraîcheur au milieu du souffre, mais globalement, c'est plutôt sombre, forcément. Ne vous y trompez pas, le côté "surf" et "ambiance lycée" du début n'est qu'une façade qui s'estompe bien vite. Et de manière tragique. 

Bref, une excellente série, dont on tombe accro dès les premières minutes.
C'est si bon que ça fait mal quand ça s'arrête. 




+ Les points positifs - Les points négatifs
  • L'écriture, implacable.
  • La profondeur des personnages.
  • Les plus épouvantables rebondissements, très bien gérés.
  • L'humour, rare mais très efficace.
  • Ellen Barkin, magistrale et envoûtante.
  • Le personnage de Pope, qui hantera longtemps l'imaginaire collectif.


  • C'est parfois très dur, surtout quand ça concerne des enfants. Ce n'est pas un défaut en soi, ça reste une fiction, mais c'est à signaler.
Sex Education
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Retour sur une série véhiculant une idéologie de merde mais très bien écrite : Sex Education.

Il y a deux éléments à bien séparer pour pouvoir juger cette fiction disponible sur Netflix : le fond et la forme. L'un est épouvantable, l'autre est brillant. Cela donne un objet télévisuel très particulier, à la fois infect et merveilleux.
Commençons par le fond : le wokisme.
Bon, est-il nécessaire de présenter cette idéologie criminelle et mortifère, qui balance des saloperies dans la tête des gamins dès leur plus jeune âge et va jusqu'à les charcuter, voire les pousser au suicide ? Et ce n'est que le pan "sexuel" de cette doctrine de tarés, qui est également injuste, misandre, raciste (envers les Blancs) et j'en passe. Heureusement, peu de gens sont tombés dans le panneau de ces dérives sectaires, stupides et extrémistes. Mais les quelques excités qui soutiennent ce fléau mental font du bruit, du coup, on les entend beaucoup.

Vu que je déteste ça, pourquoi regarder une série purement wokiste justement, dont le but est précisément la promotion de cette folie qui nie l'Histoire, la biologie, le bon sens et la logique ? Eh bien, déjà, étant donné que le sujet est précisément les dérives wokistes, cela me gêne moins que lorsque Netflix (ou d'autres) injecte artificiellement des personnages "woke" dans un polar, un film de SF ou, pire, un récit historique. Et puis surtout, c'est tellement exagéré, tellement stupide, que ça en devient parodique. Les auteurs vont si loin que l'effet voulu (la promotion de cette saloperie) est raté et que ça tourne presque à la dénonciation critique.
Aucune famille n'est normale, les parents blancs ont des enfants noirs, l'un des personnages noirs a deux lesbiennes pour parents, c'est bourré de gays, trans, queers, "non-binaires" et autres "asexuels" en tout genre, et tout le monde passe son temps à baiser (ce sont des lycéens à la base). Bref, c'est totalement barré. Régulièrement, les auteurs assènent des conseils ou des réflexions censées être philosophiques mais tout est tellement exagéré que l'on tombe dans le grotesque. 

Prenons un exemple : le consentement. Bon, déjà désolé pour les plus jeunes qui pensent l'avoir inventé, mais dans les années 80 et 90, ça existait déjà. Il y avait aussi des salauds et des criminels, bien entendu, mais il est factuellement faux de prétendre que l'on se permettait tout et n'importe quoi avec les femmes à cette époque. Pour avoir fréquenté pas mal de boîtes, de fêtes de village ou de soirées chez des particuliers, je peux vous assurer que tout le monde (en tout cas, l'immense majorité des gens) se comportait de manière respectueuse. Si une nana répondait par la négative à une invitation à prendre un verre ou à danser, le gars repartait, un peu triste et vexé, et ne lui sautait pas dessus de force pour autant. Si vous n'avez pas l'âge pour avoir vécu cette époque, demandez donc à vos parents.
Eh bien, dans la série, le consentement va si loin que les personnages sont sans arrêt en train de se demander la permission de faire la moindre connerie : "je peux t'enlever ça ?", "je peux mettre ma main là ?", "je peux te toucher ici ?", ça en devient lourdingue et ridicule. 
D'ailleurs, globalement, tout ce qui touche au "message" véhiculé par la série est complètement con, mensonger et décadent. C'est la ruine de la pensée, de l'intelligence et de tout ce qui est sain. Mais franchement, on ne s'attendait pas à autre chose de la part d'individus pourris par le confort, l'oisiveté et le nombrilisme.  


Par contre, la forme est vraiment réussie. Les personnages sont attachants, les situations souvent imprévisibles, c'est parfois très drôle et même émouvant, bref, tout est fait, avec talent, pour rendre le produit attractif. 
Le personnage principal, Otis, sorte de loser en bas de la chaîne alimentaire des bahuts anglosaxons, devient "consultant amateur" en problème de cul, et il va même aller jusqu'à se taper les plus emblématiques (et canon) gonzesses du lycée. Ce n'est pas réaliste du tout (surtout avec sa dégaine), mais c'est particulièrement jouissif à voir, forcément. D'autant que le personnage génère une forte empathie. Les seconds rôles sont souvent très bons aussi. Mention spéciale, par exemple, pour Lily, une jeune fille dégingandée et fan d'aliens, qui va s'avérer très touchante. Même chose pour Adam Groff qui, à la base terreur des couloirs et brute épaisse, va peu à peu s'humaniser et laisser apparaître ses failles : la découverte de sa sexualité, différente de ce qu'il pensait, son amour des animaux ou sa relation difficile avec son père font partie des grandes réussites de ces quatre saisons.
Soulignons également la présence de plusieurs handicapés dont la portée du rôle dépasse leur simple handicap. Ça, c'est souhaitable et bien fichu, donc soyons honnête, c'est un point positif et une réussite.

Et, comme précisé plus haut, l'humour apporte tout de même une touche de légèreté fort bienvenue. Les quiproquos et les gaffes sont bien amenés la plupart du temps, et l'on peut même partir en fou rire à deux ou trois occasions (la présentation d'Otis par lui-même, lors de son arrivée à Cavendish, restera mythique). Notons en plus la présence de Gillian Anderson (très bonne, mais décidément très versée dans le discours wokiste, cf. The Fall) et, globalement, d'un casting très réussi (d'Emma Mackey, interprétant Maeve, à Alistair Petrie, en proviseur strict et insensible qui va évoluer d'une manière très inattendue). Ajoutez à ça un rythme soutenu, de la musique bien choisie, une bonne dose de pathos, et vous obtenez un cocktail détonnant, soutenu par une narration très habile. 

Alors, c'est à conseiller ou non ?
Ben oui, c'est très largement conseillé. D'une part parce que, contrairement aux débiles qui pensent qu'il faut tout censurer parce que les idéologies "s'attrapent", je suis persuadé au contraire que les auteurs doivent être le plus libres possible (dans le respect de la loi) et que le wokisme, s'il fait des dégâts sur les esprits jeunes, ne peut "s'attraper" à l'âge adulte (ou à l'adolescence, la série étant classée +16) sous prétexte que l'on regarde un film ou que l'on écoute une musique. Il faut déjà être inculte et un peu con à la base. Donc, pas de danger à ce niveau-là, si vous êtes sensé, vous le resterez. Et si vous ne l'étiez déjà pas, ça ne vous aidera pas, mais ça n'empirera rien. D'autre part, même si elle est au service d'une idéologie nauséabonde, criminelle et indigne, cette série est... vraiment très bonne. Tout n'est pas à jeter dans le propos (qui tente de manière bien maladroite de décrire des situations pénibles, ici bien trop politisées), ça joue bien, la réalisation est efficace et on se surprend à jubiler, faire des bonds et être heureux ou déçu par les réactions des personnages. Tout cela fait de Sex Education une bonne fiction. Tout comme de bons auteurs pourraient rendre géniale une série faisant la promotion du nazisme. Cela ne veut pas dire que le wokisme ou le nazisme sont souhaitables, juste que la technique d'écriture, quand elle est maîtrisée, peut tout faire passer. Dans un roman ou une série, ce n'est pas bien grave, dans un discours politique, méfiez-vous quand même un peu.

Brillant donc. Et profondément abject sur le fond.  




+ Les points positifs - Les points négatifs
  • La grande majorité du casting.
  • L'humour.
  • Des personnages touchants.
  • Une écriture et une réalisation efficaces.

  • Tout cela au service de la pire idéologie pondue par les Ricains, qui pourtant sont champions en doctrines merdiques.
  • Le côté totalement irréaliste voire mensonger de certaines situations.
  • Les épouvantails à moineaux de Cavendish, dans la saison 4.
Plur1bus
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La plateforme Apple TV frappe fort avec un véritable chef-d'œuvre : Pluribus.

Carol Sturka
est une romancière à succès, empêtrée dans l'écriture d'une série fleuve qui lui rapporte dollars et fans, mais finalement assez peu de satisfaction personnelle. Un soir, après une énième séance de dédicace, elle est témoin d'un événement étrange. Les gens semblent pris de malaises, ils s'écroulent ou se figent et se mettent à trembler. Dans un premier temps, Carol tente de trouver de l'aide, mais elle doit bientôt se rendre à l'évidence : en un claquement de doigt, l'humanité a... changé.
En effet, il n'y a plus d'individualités mais une sorte de fonctionnement de ruche : la population mondiale est unie, dans la joie et la concorde, et fonctionne comme un "tout". Seule Carol semble immunisée à ce qu'elle considère comme une horreur. Peu à peu, elle va en apprendre plus sur le fonctionnement de ces gens, pacifiques en apparence mais effrayants. 

Voilà, inutile d'en dire plus, mieux vaut vous laisser le plaisir de la découverte et passer directement à l'analyse critique de cette série. Tout d'abord, évacuons un point crucial : bien que les notes soient, légitimement, en majorité très bonnes, j'ai vu des réactions hallucinantes, du genre "c'est mou", "c'est trop lent", "il ne se passe rien", etc. Alors, je veux bien que ça puisse ne pas convenir à tout le monde, mais si vous en êtes à trouver que cette histoire est trop lente ou n'a pas de contenu, le problème, c'est vous, pas le scénario ou la réalisation. Il faut croire que des années de conneries "surcutées" de débiles sauce Squeezie ou de greluches prépubères sur TikTok ont fait des dégâts sur certains cerveaux. Ce n'est pas parce qu'une narration installe un rythme lent qu'elle est ennuyeuse ou qu'il ne se passe "rien", au contraire, cela permet de s'attarder sur bien des détails. 




En premier lieu, il faut reconnaître l'extraordinaire performance de Rhea Seehorn, qui joue le rôle de Carol. Elle n'a a priori pas un charisme affolant, mais plus les épisodes défilent, plus elle parvient à rendre son personnage attachant et à en dévoiler les nombreuses et complexes facettes. Certaines scènes, où elle réagit par exemple alors qu'elle est au téléphone, sont d'une force incroyable grâce au jeu subtil de la comédienne. 
La réalisation est également très efficace, avec de nombreux plans soignés et inventifs, et une photographie souvent somptueuse. Même les décors, tour à tour vides et gigantesques ou foisonnant de présences "mécaniques", participent à l'ambiance générale.

Et bien entendu, il faut revenir sur la qualité immense de l'écriture (la série est attribuée à Vince Gilligan, mais comme souvent avec les séries modernes, elle est écrite par une équipe de scénaristes). L'intrigue est originale mais surtout, elle réserve bien des surprises, ce qui n'est pas si courant. Même dans des séries de qualité, combien de fois peut-on deviner la trame générale et voir venir une réaction, un rebondissement ? Ici, difficile de prédire une décision, l'issue d'un dialogue ou la prochaine péripétie (une petite exception dans la jungle, avec les fameux arbres à épines, mais elle ne fait que confirmer la tendance inverse).
La thématique, sur la préservation de l'individualité, voire de l'individualisme, est parfaitement traitée, laissant le spectateur mener sa propre réflexion sans les habituels gros coups de boutoir censés le mettre dans la "bonne" direction. Les personnages (car Carol n'est pas la seule à être restée "normale") sont tous crédibles et bien campés. Les méchants ne le sont pas tant que ça, les gentils font des dégâts, bref, les auteurs réussissent l'exploit d'éviter le manichéisme, d'être réalistes, tout en apportant des touches régulières d'humour (même dans l'utilisation d'un drone par exemple) et une profondeur qui émeut sans virer à la nunucherie.   
Et on peut même préciser que c'est une des rares séries qui dispose d'un casting racial varié sans pour autant verser dans le wokisme et ses aberrations. Tout est ici justifié et bien amené, même l'héroïne, lesbienne, ne nous casse pas les couilles avec sa sexualité ou de pseudo-revendications et a le bon goût de ne pas avoir les cheveux bleus et des tonnes de ferraille dans la gueule.

Ces neuf épisodes se regardent avec un plaisir évident tant tout est beau, bien fichu, intelligent et divertissant. On attend la suite en trépignant d'impatience.     





+ Les points positifs - Les points négatifs
  • Original et bien écrit.
  • La performance admirable de l'actrice principale.
  • Des plans soignés et fort jolis.
  • Un rythme certes peu courant mais qui convient au propos.

  • Le premier épisode, qui est peut-être le moins réussi alors que c'est celui qui contient le plus "d'action".
1883
Par


Attention, si vous êtes ne serait-ce que légèrement dépressif, voilà une série à éviter : 1883.

En effet, si vous n'avez pas trop le moral, vous allez vous ouvrir les veines bien avant le dixième épisode de cette série disponible sur Netflix. Il s'agit en fait du préquel lointain de Yellowstone. On y suit la famille Dutton partant, au sein d'un convoi de miséreux, rejoindre l'Oregon pour tenter d'y trouver des terres et fuir sa condition.
Déjà, le pitch joue carte sur table, on n'est pas là pour rigoler.
Et effectivement, le récit est dramatique, mais vraiment épouvantablement dramatique. C'est bien simple, tout n'est que souffrance, désespoir et mort. 

Bon, il faut dire que pour les pionniers, à l'époque, tout est mortel. Entre les chutes de cheval, les serpents, les traversées de fleuve hasardeuses, le simple hiver, la soif au milieu du désert, la chiasse parce que tu as bu de l'eau, tout un tas de maladie affreuses, les bandits et les indiens, il y a de quoi s'en faire un peu pendant le voyage.
Et si tu n'es que blessé, ben tu meures quand même d'une infection.
Les auteurs ont voulu faire dans le réalisme cru et impitoyable, et pour le coup, ils y sont allés à fond, sans idéalisation ou le côté romanesque des westerns à l'ancienne. Même Deadwood, à côté, paraissait aseptisé. C'est dire ! Il faut donc s'accrocher, car l'ambiance est très lourde.



Ceci dit, la série n'est pas mauvaise, loin de là. Les paysages sont magnifiques, le casting est très réussi (avec par exemple un excellent Sam Elliot), les dialogues sont bien écrits (et flirtent même avec la poésie et un certain lyrisme parfois) et certaines scènes sont vraiment poignantes. Par contre, tout n'est que noirceur. C'est une longue accumulation, parfois tout de même indigeste, de drames et de tragédies, tous plus horribles les uns que les autres.  

Par exemple, sans trop en dévoiler, le dernier épisode n'est qu'une longue agonie de plus d'une heure (il est plus long que les autres, parce que ça aurait été dommage de se priver d'un peu de larmes en plus). J'exagère, ce n'est pas tout à fait vrai, il y a un petit interlude au sein de l'épisode, où on assiste à l'amputation d'un gars. Qui va ensuite se coucher à côté de sa femme qui va mourir dans ses bras des suites d'une chute. Ben ça, cette scène-là, c'est le moment sympa où tu peux souffler un peu...
Et la réalisation appuie encore ce côté sinistre avec de nombreuses scènes crépusculaires et une musique bien pesante et lourdingue qui finit par agacer. 

Cela reste tout de même à voir, ne serait-ce que pour réfléchir aux conditions de l'époque, au côté impitoyable de la nature, à la force et au courage de ces gens d'un autre temps et d'une tout autre trempe. En comparaison, le confort d'aujourd'hui, dont bénéficient des benêts inconscients de vivre sous une assistance totale et permanente, semble presque indécent. 





+ Les points positifs - Les points négatifs
  • Le côté réaliste.
  • Des paysages grandioses.
  • Émouvant.

  • Beaucoup de pathos, au niveau de la musique, du texte "off", de la réalisation, tout cela alourdissant terriblement un récit déjà bien gras.