Animal Kingdom
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Fort, haletant et somptueusement écrit : retour sur Animal Kingdom.

Josh, dit"J", est encore au lycée quand sa mère meurt d'une overdose. Il va alors vivre chez sa grand-mère, Smurf, qu'il avait perdue de vue. Il rencontre également ses oncles, Baz, Pope, Deran et Craig. Mais ce ne sont pas des tontons comme les autres. Sous la direction de Smurf, ils font des "coups", braquent des banques, dévalisent des églises ou des navires, selon l'inspiration du moment. Josh va alors basculer, peu à peu, dans un autre monde, fait de violence et de plaisirs interdits. 
Cependant, sous les activités criminelles, déjà dangereuses en elles-mêmes, se cachent également des secrets de famille, bien enfouis mais dont l'odeur nauséabonde va finir par imprégner le quotidien des malfaiteurs. 

Animal Kingdom est une série de 6 saisons et 75 épisodes, disponible actuellement sur Netflix. C'est une création de Jonathan Lisco, d'après le film du même nom, de David Michôd. L'on peut citer, dans les rôles principaux, l'excellente et troublante Ellen Barkin (qui avait notamment joué aux côtés de Dennis Quaid, en 1987, dans le sous-estimé The Big Easy) ou encore Shawn Hatosy, campant un complexe et hallucinant Andrew "Pope" Cody. 




Si vous aimez les séries musclées et tendues, à la narration sous adrénaline, du genre The Shield ou Sons of Anarchy, il y a un peu de ça dans Animal Kingdom. Et même un peu plus. Tout d'abord, le fait d'intégrer des protagonistes fort jeunes (J et Nicky, par exemple), rend l'intrigue encore plus "borderline" parfois (dans le bon sens du terme), l'aspect "vie de famille" et "vie scolaire", même si l'intrigue mafieuse l'emporte largement, permettant d'ajouter une tension dramatique plus profonde encore. 
Notons également l'humour, rare mais très efficace au détour d'une réplique de temps à autre.
Mais bien entendu, l'essentiel est ailleurs...

Les activités criminelles de la famille, les conflits internes, les secrets plus ou moins bien gardés, les failles actuelles et les blessures anciennes vont s'entremêler pour donner un récit âpre, surtendu, futé et surprenant. Les personnages possèdent de multiples facettes, les rendant tour à tour sympathiques ou détestables, sans pour autant les dénaturer. La "noirceur" de leur âme, notamment, et la conscience qu'ils en ont, les rendent particulièrement humains. Les "coups", minutieusement préparés, apportent leur lot de suspense. Quant aux multiples rebondissements, violents et inattendus, ils tiennent lieu de véritable ciment pour cette série audacieuse et jouissive (dont nous allons éviter, ici, de dévoiler les plus énormes effets, qui mériteraient d'être minutieusement analysés tant ils sont formellement efficaces et bien amenés). 
Certains moments dramatiques, d'une justesse folle, sont aussi poignants que délectables, alors que d'autres scènes, plus légères, apportent un nécessaire vent de fraîcheur au milieu du souffre, mais globalement, c'est plutôt sombre, forcément. Ne vous y trompez pas, le côté "surf" et "ambiance lycée" du début n'est qu'une façade qui s'estompe bien vite. Et de manière tragique. 

Bref, une excellente série, dont on tombe accro dès les premières minutes.
C'est si bon que ça fait mal quand ça s'arrête. 




+ Les points positifs - Les points négatifs
  • L'écriture, implacable.
  • La profondeur des personnages.
  • Les plus épouvantables rebondissements, très bien gérés.
  • L'humour, rare mais très efficace.
  • Ellen Barkin, magistrale et envoûtante.
  • Le personnage de Pope, qui hantera longtemps l'imaginaire collectif.


  • C'est parfois très dur, surtout quand ça concerne des enfants. Ce n'est pas un défaut en soi, ça reste une fiction, mais c'est à signaler.