First Look : Benoît Brisefer
Publié le
9.3.26
Par
Nolt
Retour sur Les Taxis Rouges, premier album de la série Benoît Brisefer.
C'est un peu avant le lointain Noël de l'année 1960 (le 15 décembre exactement) que les lecteurs du Journal de Spirou découvrent pour la première fois le personnage de Benoît Brisefer, inventé par Peyo (Johan et Pirlouit, Les Schtroumpfs). Il s'agit d'un petit garçon, coiffé d'un béret, qui est très gentil, plutôt bon élève et serviable. Il a cependant une particularité étonnante : il est doté d'une force herculéenne qu'il ne maîtrise pas vraiment. Il cumule par exemple un nombre important de destructions en tout genre, liées à son "don". Il peut également faire des bonds impressionnants, courir à une allure effarante (qui lui permet de rattraper une voiture) et possède en prime un souffle surpuissant. L'auteur l'affuble tout de même d'un talon d'Achille, puisque lorsqu'il s'enrhume, le garçonnet perd tous ses pouvoirs.
Contrairement à Johan et Pirlouit ou aux Schtroumpfs, qui évoluent dans un monde médiéval fantastique, les aventures de Benoît prennent place dans la France des années 60. Ce premier long récit, intitulé Les Taxis Rouges, sera publié de décembre 1960 à septembre 1961, dans les numéros 1183 à 1224 du Journal de Spirou. Il sortira peu après en album chez Dupuis, dès 1962. Voyons un peu plus en détail le pitch de cette histoire.
Une nouvelle compagnie de taxis s'est installée dans la paisible bourgade de Vivejoie-la-Grande. Une compagnie moderne, qui fait de la concurrence au brave monsieur Dussiflard, ami de Benoît. Pire, les méthodes adoptées par le louche et expéditif patron de cette société, monsieur Poilonez, sont si violentes que Benoît décide d'intervenir et d'aider son vieil ami. Vieil ami qui ne tarde pas à disparaître après avoir découvert le but réel de ces taxis rouges qui ont envahi la ville...
Ce premier opus commence bien entendu par une habile présentation du personnage, de son caractère et de ses pouvoirs, ce qui permettra d'installer d'entrée de jeu quelques gags visuels réussis. Toutefois, comme à son habitude, malgré l'humour et l'ambiance légère, Peyo bâtit également une intrigue suffisamment solide pour développer un enjeu réel. Enjeu qui permettra d'ailleurs à Benoît de faire montre de son courage et de son intelligence, en plus de sa force. Le petit héros, loin de rester dans une ambiance urbaine, va même avoir l'occasion de découvrir une île lointaine.
Si Peyo signe bien entendu le scénario et l'essentiel des dessins, c'est Will (qui a travaillé aussi avec Franquin et a été directeur artistique du Journal de Spirou) qui se charge ici des décors. Graphiquement, rien à signaler de particulier, le style étant typique de la BD franco-belge de l'époque. C'est efficace sans être particulièrement impressionnant. Notons que la colorisation peut se révéler fort jolie lorsqu'elle évite les teintes trop vives, les scènes de nuit, par exemple, ayant un charme certain.
Cet album de 60 planches, qui ne manque pas d'action, s'avère globalement réussi (et sans coquilles ou gros problèmes de lettrage, ce qui est plutôt rare). Même si le style général et le jeune personnage principal le destinent clairement à un jeune public, il pourrait sans doute raviver d'agréables souvenirs dans l'esprit des plus anciens.
Une série restée un peu dans l'ombre à cause de l'énorme succès des Schtroumpfs (et dans une moindre mesure de Johan et Pirlouit), mais qui demeure l'une des plus importantes de Peyo, tant en nombre d'albums qu'en qualité (même si l'auteur se fera rapidement aider, au scénario et au dessin, sur ce titre).
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