Solo
Publié le
22.3.26
Par
Nolt
Monde post-apocalyptique, sales bestioles et combats sanglants sont au menu de Solo, une série en six tomes, publiée chez Delcourt.
Solo est trop grand pour continuer à être un poids pour sa famille. Il doit maintenant partir, seul, pour affronter le monde et trouver de nouvelles terres où il pourra chasser.
Sur sa route, des proies mais aussi des monstres. Et des humains, dont les fameux pirates qui organisent des combats à mort dans des arènes où s'affrontent les meilleurs combattants.
Bien contre son gré, Solo va devenir l'un d'eux.
Le premier volume, qui compte un peu plus d'une centaine de pages et présente personnages et univers, est écrit et dessiné par Oscar Martin, un artiste espagnol connu notamment pour avoir œuvré sur Tom et Jerry.
Il reste ici dans l'animalier, avec de nombreux personnages anthropomorphiques, mais abandonne l'humour pour une ambiance bien plus sombre. Le monde dépeint est violent, peuplé de créatures viles, stupides ou corrompues, et de guerres interespèces. Et si le trait est joli et les trognes souvent sympathiques, cela n'empêche nullement les décapitations et joyeusetés du même genre.
Si l'on peut faire un reproche à ce récit, pourtant plutôt bien mené, c'est sans doute l'aspect très monolithique de son personnage principal. Solo, taciturne et efficace, se révèle l'archétype du héros solitaire et ombrageux, sortant vainqueur de tous les combats grâce à son habileté dans le maniement des armes mais aussi à une tête bien faite. Trop bien faite peut-être. Presque ennuyeux à force d'être sans défauts, il faut attendre les toutes dernières pages de la longue introduction que constitue le premier opus pour voir notre sympathique rat "s'humaniser" un peu.
L'univers en lui-même est assez riche. Outre les rats, l'on retrouve d'autres animaux ayant mutés, parmi lesquels les chiens, les porcs, les singes ou encore les nocturnes. Les humains sont, eux, divisés en plusieurs castes, parmi lesquelles les ferrailleurs, les pirates, les bannis ou les politiques.
Certains éléments sont parfois naïfs, voire caricaturaux, mais il se dégage une vraie cohésion de l'ensemble ainsi qu'un gros potentiel. Difficile, en se plongeant dans cette saga, de ne pas penser à d'autres histoires de rongeurs, comme Le Dernier des Templiers ou les Légendes de la Garde, qui proposaient toutefois des aspects sociaux ou politiques plus aboutis.
Une série sympathique et visuellement réussie à laquelle il manque un brin d'audace et d'originalité pour complètement convaincre.
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