L’écrivain, doué et
consciencieux, est auteur également de romans pour adultes mais aussi d’essais
passionnants sur la démocratie ou, comme ici, la désinformation (différente de
la propagande ou de l’intoxication).
L’ouvrage est d’une qualité et d'une modernité inouïes. Grâce au style fluide et agréable de Volkoff, il se lit comme un (bon) roman
et aborde une foultitude de situations, de l’antiquité à nos jours. Surtout,
dans l’époque agitée que nous vivons, il permet de prendre un recul salutaire sur
certaines pratiques scélérates et pourtant efficaces (les exemples issus d’un
dictionnaire des synonymes Larousse de 1977 sont sidérants tant l’orientation
politique des auteurs transparait à chaque ligne, même chose pour les manuels scolaires).
Plus qu’un livre, Petite
histoire de la désinformation est un indispensable outil d’éveil et de défense
face à des médias toujours plus présents et de moins en moins impartiaux et
face à un ennemi intérieur qui tient tous les rouages ou presque de la société
(administration, école, justice, associations, milieu artistique subventionné,
presse mainstream…). Du cheval de Troie à la guerre de Bosnie, en passant par l'affaire Pathé durant la guerre froide, l'auteur aligne les exemples avant d'aborder des points plus techniques (conception et pratique de la désinformation, accessoires verbaux et sensoriels, caisses de résonnance...). Et tout cela était déjà efficace avant internet, l'IA et les photos et vidéos créées de toutes pièces. Imaginez de nos jours...
Il est des auteurs qui
divertissent, d’autres qui instruisent, Volkoff fait les deux et s’offre ici le
luxe de donner à ses lecteurs des armes politiques dont beaucoup rêveraient de
les dépouiller.
Indispensable et très satisfaisant si vous êtes doté d'un cerveau en ordre de marche.



