Résolution #13 : Spider-Men
Par

— C’est qui ce personnage ?
— Spider-Man.
— Et celui-là ?
— Spider-Man.
— Aussi ? Et lui ?
— C’est Spider-Man aussi.
— Hé, c’est pas la peine de te moquer de moi hein !
— Je ne me moque pas de toi, c’est vraiment Spider-Man.
— Mouais… et lui ?
— C’est… Spider-Man…
— Bon, je vois. Je te préviens, j’essaie encore une fois et c’est tout. C’est qui celui-là ?
— Spider-M…
— Eh ben va te faire voir ! Puisque tu ne veux pas me répondre, c’est la dernière fois que je m’intéresse à tes conneries de comics !

Résolution #13 - expliquer les méandres du multivers à mes proches : failed
Festival de la BD de Basse-Ham
Par

Les 8 et 9 octobre 2016 aura lieu la cinquième édition du festival de la BD de Basse-Ham, en Moselle.

Sergio Yolfa et moi-même auront l'occasion de vous y retrouver pour dédicacer The Gutter mais bien d'autres auteurs seront présents, comme Emmanuel Bonnet et Daniel Gattone (Red Cat), l'équipe de Phylactères (VHB, Bertrand Keufterian, Non?Si!) ou encore Romain Mobias (Gregory Sand).

Outre une exposition sur la thématique des super-héros, de nombreux ateliers se tiendront tout le week-end, ainsi qu'une bourse aux livres, des illustrations musicales, du cosplay, etc.

N'hésitez pas à passer ! ;o)

Plus d'info sur la page facebook du festival.




Une contrée paisible et froide
Par
La froideur de la neige et la chaleur du sexe et du sang forment le contraste saisissant situé au cœur d'Une Contrée paisible et froide.

C'est le dernier jour de Bittersmith en tant que shérif. À plus de 70 ans, le vieux en a pourtant encore sous le coude. Et dans le froc. Après une petite pipe matinale soutirée par chantage, il apprend la mort de l'un de ses nombreux bâtards. Burt a été retrouvé une fourche plantée dans la gorge. Sa fille a disparu. Tous les soupçons désignent Gale G'Wain, jeune apprenti épris de la demoiselle en question.
Dehors, la tempête fait rage. Sous un blizzard cinglant, Gale tente de s'enfuir. Mais déjà, il a la milice aux trousses. Et le vieux Bittersmith, bien décidé à s'offrir un dernier baroud d'honneur avant la retraite.
Dans cette partie du Wyoming, on ferme les yeux sur bien des choses, mais lorsqu'un gamin s'en prend à l'un des membres de la communauté, même si c'était le dernier des salauds, on sort les flingues. Et on traque.

Premier roman de Clayton Lindemuth, publié en France l'année dernière au Seuil, Cold Quiet Country est un polar enraciné dans les profondeurs de la campagne américaine, un peu dans la lignée de Bull Mountain ou Une semaine en enfer. Et il s'avère foutrement efficace.
L'histoire est censée se dérouler au début des années 70 mais la date n'a pas vraiment d'importance, les personnages dépeints pouvant se transposer plus ou moins à n'importe quelle époque. Ceux-ci sont tous passablement heurtés par la vie, parfois à la fois bourreaux et victimes : Gwen, violée régulièrement par son paternel, Gale, abandonné à la naissance, ne mangeant pas toujours à sa faim, Liz, manipulatrice enceinte de... son propre père. Il y a les salauds ayant parfois une facette humaine (qu'il faut tout de même bien chercher), comme Burt. Et puis il y a les pourritures intégrales, ce vieux schnock de Bittersmith, tanné, rusé et foncièrement nuisible.

Tous ces destins s'entremêlent sur fond de blizzard et de campagne désolée. L'intrigue progresse par petites touches, à coups de flashbacks éclairant progressivement le passé des protagonistes. L'on peut parfois regretter la passivité, voire l'attentisme, de certains personnages mais globalement le drame se met en place avec une certaine logique (et une touche de fantastique), jusqu'à la confrontation dans un chalet isolé, encerclé par des motoneiges.
Techniquement, la construction choisie par l'auteur est assez déroutante, avec deux personnages différents s'exprimant à la première personne et de fréquents changements de narrateur qui ne sont pas toujours bien amenés, causant parfois un léger flottement. L'essentiel est cependant là, avec une vraie émotion qui se dégage de l'ensemble, un savoir-faire évident (Gale est un exemple type de personnage auquel le lecteur va s'identifier grâce à un procédé simple mais efficace, cf. cet article) et des scènes parfois crues mais sans voyeurisme outrancier ou complaisance.

Assez moral et même puritain finalement dans sa conclusion à base de souffrance récompensée et de punition divine pour les "méchants", ce roman s'avale d'un trait comme un verre de scotch qui vous arrache un rictus et vous réchauffe le ventre. Pas forcément du quinze ans d'âge, racé et subtil, plutôt un truc artisanal issu d'un alambic planqué au fond des bois.
Rustique mais percutant.



+ Les points positifs - Les points négatifs
  • Fluide et prenant.
  • De véritables salauds, détestables à souhait.
  • Le Wyoming sous la neige.
  • Style agréable.

  • Une construction parfois un peu maladroite.
  • Le comportement parfois étrange de certains personnages.
Le journal des chats de Junji Ito
Par
Depuis plusieurs années, les mangas dédiés aux félins se creusent des rayons entiers dans les librairies. Le succès du très mignon Chi, une vie de chat, publié depuis 2010 chez Glénat, a ouvert une autoroute pour ce type de bandes dessinées. Le plus souvent réservé à un jeune public, on y suit les aventures trépidantes des vies fantasmées de matous, faites de jeux, de bêtises, de ronrons et de pâtées molles.
Parmi tous ces titres, Le journal des chats de Junji Ito, aux éditons Tonkam, sort du lot. Destiné à des lecteurs adolescents et adultes, ce volume unique compile des anecdotes semi-autobiographiques du célèbre mangaka d’histoires horrifiques, de sa femme et de leurs deux chats. Plus de que des facéties de félins, c’est leur caractère qui est mis en avant et surtout la manière dont l’auteur — et par extension, nous humains — se comporte : une relation de répulsion-fascination pour ces animaux domestiques. Un étonnant changement de registre pour cet artiste.

Junji Ito emménage avec sa compagne dans une maison neuve. L’odeur du parquet, les murs propres le rendent heureux. Mais voilà que son amie, qui ne sera désignée que sous le nom de A, désire récupérer son chat, Yon qui vit actuellement chez ses parents. Juju, qui est plutôt ému par les chiens, se résigne pour ne pas la froisser. L’arrivée de l’arbre à chat, du grattoir à coller sur les cloisons et de tout le matériel pour la venue du matou transforme la maison de rêve du pauvre homme. Pour lui, un cauchemar commence : vivre avec un chat caractériel dont le dos est orné de tâches évoquant une tête de mort ! Moments de terreurs et hallucinations ponctuent ses journées. Pourtant, il tente de connaitre et d’amadouer la bête. A en profite pour acheter un second minet, Mû... Le foyer devient bien agité ! Le couple se dispute l’affection de ses chats à coup de fourberies, tout en subissant les tourments qu’elles leur prodiguent. Jalousies, bassesses, sournoiserie se glissent entre Juju et A. A comprend ses animaux et sait s’en occuper. Juju, lui, tâtonne… Ses peurs et ses angoisses sont contrebalancées par des élans de tendresse à en faire trembler les murs. Comme tous les propriétaires de félin, Juju pète littéralement les plombs. Les chats, peu enclins à être sympa, griffent, mordent, méprisent et dédaignent les maîtres… de quoi remplir des journées entières ! Amadouer un chat n’est pas si facile que cela en a l’air…

Junji Ito est l’auteur de très nombreuses bandes dessinées d’épouvante, dont les célèbres Spirale et Tomié. Dans ce manga-ci, il n’abandonne pas son graphisme si particulier, il s’en sert ! Cela donne un humour étrange et absurde, parfois tombant à plat, parfois flippant, grâce à son vocabulaire horrifique fait des traits charbonneux, des déformations faciales et des attitudes exagérées, d’yeux blancs ou injectés de sang, des dents serrées, des doigts crispés, des gros plans… Les hallucinations et les visions d’épouvante du pathétique Juju rythment les dix historiettes. Plus que les chats, ce sont les réactions des humains, ogres avides de l’amour de leurs animaux, qui sont à l’honneur. Les matous, quant à eux, sont bien représentés. Les regards dérangeants que peuvent faire les boules de poils sont bien retranscrits, ainsi que leurs comportements.

Le livre est en lui-même un bel objet : des pages en couleurs, les photos des félins dont il est question, pas de jaquette, mais une couverture rigide cartonnée en relief et vernis sélectif. Quelques pages de questions-réponses assez anecdotiques s’intercalent entre chaque chapitre. Les onomatopées sont entièrement traduites, le sens de lecture japonais conservé. Par contre, le prix peut être un frein à un achat compulsif.


Le Journal des chats de Junji Ito est une bande dessinée particulière, mariant d’une manière étrange des récits qui se veulent humoristiques avec un graphisme horrifique. D’un intérêt limité, puisque dédié aux minets, ce n’est pas le meilleur manga pour appréhender le célèbre Junji Ito. Les éditions Tonkam proposent avec ce livre une œuvre à part, incongrue, aux dessins soignés. Pour les curieux.

Le Journal des chats de Junji Ito, par Junji Ito, Éditions Tonkam 15,50€

+ Les points positifs - Les points négatifs
  • Le graphisme particulier
  • La qualité de l'édition

  • Intérêt limité
  • Prix
UMAC's Digest #24
Par
Les sélections UMAC dans l'actu de la pop culture




-- SOUS LE CIEL BRÛLANT D'EXTRÊME-ORIENT --

Début novembre sortira Charlie Chan Hock Chye, une vie dessinée, chez Urban Comics, dans sa collection Urban Graphics.
La version originale de l'ouvrage a reçu des critiques pour le moins enthousiastes des médias US, même grand public. Il s'agit en fait d'une fausse autobiographie revenant sur la carrière d'un dessinateur de BD fictif originaire de Singapour. La forme est assez originale, le livre étant composé d'extraits de BD de l'artiste, de flashbacks sur sa vie, d'esquisses, de photos, de portraits, tout cela donnant l'impression que l'on évoque le parcours d'un personnage réel.
Sur le fond, le récit est un prétexte pour se plonger à la fois dans l'histoire (mouvementée) de Singapour et l'évolution de la bande dessinée en général. Le tout est blindé de références aux comics, aux manga ou à la BD européenne. 
Spécial (surtout la partie consacrée aux partis politiques et mouvements sociaux de la cité-état) mais carrément maîtrisé et hors des sentiers battus. 
#acrobatiesstylistiques 






-- SOUNDTRACKS --

Dans la mouvance des livres pointus ne trouvant pas un éditeur, voici Anime Ost Book. 
Cet ouvrage est entièrement dédié aux soundtracks des dessins animés nippons : robots géants (Goldorak...), les magical Girls (les jeunes filles aux pouvoirs magiques telles que Gigi, Creamy, Card Captor Sakura...), les productions du studio Nippon animation (Tom Sawyer, Les 4 filles du Dr March...), etc. 
Force est de reconnaitre que les OST des dessins animés japonais sont très souvent de grande qualité. Souvenez-vous des musiques de City Hunter, Esclafowne ou Cowboy Beebop ! Aaaah, quel bonheur ! Aaaah, les prix des CD en import qui tuent ! Hooooo, les folies des CD pirates à 10€ dans les années 90… avant la généralisation d’internet dans les foyers et de quelques tentatives de sortie d’OST par des éditeurs français (Princesse Mononoké…).
Ce guide en couleur comportera près de 420 pages, dans un petit format pratique. Outre les références et descriptions des disques, des anecdotes, des commentaires, des fiches sur les compositeurs étofferont les diverses entrées.
Les précommandes sont ouvertes et se font uniquement via l’envoi d’un message depuis la page facebook (36 euros, envoi courant janvier). De plus, les 60 premiers clients recevront un petit livre supplémentaire, dédié aux OST de Tokusatsu (séries télévisées live de super-héros avec des effets spéciaux telle Kamen Rider...).
Pour les curieux, les collectionneurs et les fans d’OST.
#balladesnippones 



-- BABIOLES --

Si les figurines Pop ne vous suffisent pas et que vous appréciez le genre petit & mignon (bien que ce ne soit pas les adjectifs qui viennent tout de suite à l'esprit lorsque l'on évoque le Dark Knight), vous pouvez continuer à vous ruiner avec cette série tirée de Batman vs Superman.
Plusieurs tailles de personnage (et donc plusieurs prix, ça va d'une quinzaine d'euros jusqu'à plus de trente) pour cette gamme métal "die cast" dans laquelle on trouve Batman, Superman et Wonder Woman.
Une version spéciale comprend une armure amovible pour le chevalier de Gotham. Pour l'anecdote, ses yeux sont lumineux. Et quand on lui appuie sur la tête, il fait pipi. Encore que... on n'est pas vraiment certain de la véracité de la dernière info.
#ramasse-poussière



-- HOLD-UP --

Chez Panini, on n'est jamais avare d'idées frisant le génie. La dernière en date est une merveille de recyclage permettant de vous délester de 139 euros (si déjà vous avez comme une légère contraction de l'anus, c'est normal à ce stade, saine réaction) en échange d'un coffret Spider-Man contenant La dernière chasse de Kraven (réédité 50 fois), New Avengers : Evasion, Secret War, Spider-Island et Spider-Verse. 
L'ensemble est de qualité inégale et déjà sorti en librairie. Hors de prix en tout cas pour du réchauffé déjà bien exploité. Tiens, ça me rappelle l'un de nos poissons d'avril... ceci dit, le joli coffret avait très vite éventé la blague étant donné que les vendeurs d'autocollants sont plutôt spécialisés dans le truc en carton bien cheap (cf. le coffret des Guerres Secrètes par exemple).
#sodomiesansvaseline 


-- PERFECT STRANGERS --

Petite séquence nostalgie avec Larry & Balki, une série datant de la fin des années 80 et qui, contrairement aux sempiternels épisodes de Friends ou La petite maison dans la prairie, ne fait l'objet d'aucune rediffusion.
Il existe un coffret DVD regroupant les deux premières saisons (sur huit) que l'on peut commander en import pour une quinzaine d'euros, port compris. Plutôt intéressant d'autant que des sous-titres français sont présents.
Évidemment, esthétiquement, ça a pris un bon coup de vieux. Et les rires enregistrés sont agaçants. Mais la plupart des vannes fonctionnent encore malgré le jeu volontairement très exagéré des acteurs (certains gags sont très visuels et basés sur la gestuelle). 
Pour ceux qui ne connaîtraient pas du tout, il s'agit d'un jeune berger naïf et idéaliste, originaire d'une petite île européenne, qui débarque à Chicago, chez son cousin américain, stressé et ambitieux. Le choc des cultures est amusant mais la série sera certainement à réserver à ceux que le style "années 80" ne rebute pas.
Une rediffusion sur la TNT serait quand même sympa, d'autant que les six saisons restantes sont introuvables. 
#oldies



-- MON FRIGO EST FANTASTIQUE --

Microsoft a annoncé récemment un partenariat avec Liebherr, fabriquant de réfrigérateurs. Les deux sociétés développent un prototype, appelé SmartDeviceBox, qui comprendra diverses caméras, une connexion internet et un logiciel lui permettant de reconnaître tous les produits que vous entassez au frais.
Selon Microsoft, cela augure d'une nouvelle génération d'appareils intelligents, qui pourront vous aider activement dans la gestion des courses.
Maintenant que les meubles ont un QI plus élevé que celui du pékin moyen, on ne pourra donc plus utiliser certaines expressions imagées pourtant sympathiques, comme "mon pauvre ami, tu es con comme une chaise". Il faudra plutôt dire "mais mon pauvre vieux, mon frigo est 100 fois plus intelligent que toi". 
On s'en réjouit à l'avance.
#parleàmongrillepain




-- STRIPS --

Pas très connue par chez nous (si ce n'est pour le test qui porte son nom), Alison Bechdel est l'auteur de Dykes to watch out for, une série de strips dont le premier tome de l'intégrale vient de sortir en français aux éditions Même pas mal, sous le titre L'essentiel des Gouines à suivre.
C'est très militant, ça parle de cul, de politique, assez bobo (plus New York qu'Amérique profonde), introspectif, plutôt autocentré mais parfois aussi émouvant.
Il est en tout cas courageux, de la part d'un petit éditeur, de proposer ce genre d'ouvrage, pas forcément très vendeur a priori, avec son noir & blanc austère et son style graphique plus que particulier. Hmm ? Oui, j'ai failli dire "moche", mais dans les milieux branchés, on appelle ça "underground" (son Fun Home, monochrome, dispo aussi en français, est déjà bien plus agréable visuellement et explore les mêmes thématiques). 
224 pages, 25 euros.
#entrefilles