Un Chat dans le Culte #3
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Remontons un peu le temps. Nous sommes en 1986 et niveau ciné, cette année va proposer du lourd. On est dans le fucking futur les matous ! Ce que l’on voit sur grand écran est juste dingue. Top Gun et Aliens, notamment, défoncent le box-office à la rentrée. Et au milieu de ces mastodontes, une petite comédie d’aventure qui semble ne pas faire le poids : Les aventures de Jack Burton dans les griffes du Mandarin. S’il va se goinfrer bien méchamment dans les salles, ce film de John Carpenter va par contre connaître un grand succès bien plus tard, en VHS puis DVD.

Big Trouble in Little China
Jack Burton est un héros très… particulier. C’est un routier qui aime blablater sur la CB (la citizen-band, 73-51 la station !) et est habillé comme le plouc lambda, mais sympathique, qu’il est. On est alors très loin d’un Marion Cobretti qui va apparaître dans le même moment dans les salles, ou d’un John McClane encore en gestation, qui ne viendra buter du terroriste germanique que deux ans plus tard.  
Kurt Russel est d’ailleurs parfait dans ce rôle non pas d’anti-héros, mais de "pas héros du tout". Le mec subit, il est maladroit, un peu lourd, pas forcément très futé ni très fort d’ailleurs… bref, un type normal, mais qui a bon fond et veut bien faire. Et qui se la raconte un peu, forcément.

Carpenter, lui, se fait plaisir dans ce long métrage très second degré, qui rend hommage, entre autres, au cinéma de Hong Kong bien avant qu’il ne se popularise réellement en Occident. L’intrigue oscille entre burlesque bon enfant, fantastique light et action trépidante (presque trop parfois, avec un montage nerveux et un rythme plus que soutenu).
Tous les ingrédients sont là pour faire de ce film un divertissement parfait : de la castagne qui reste tout public, des effets spéciaux plutôt bien fichus pour l’époque, un personnage principal ultra-charismatique, une jolie demoiselle pas si en détresse que ça, et un humour qui fonctionne aussi bien sur les répliques que les gags visuels. Presque du Tintin, le côté déconneur et sexué en plus. 

Aujourd’hui presque unanimement respecté et reconnu comme précurseur, Big Trouble in Little China est en plus auréolé de cette indéfinissable nostalgie qui baigne ces phénoménales années 80 où tout explosait, devenait plus grand, plus fou, plus novateur…
Mais c’est aussi un film très bien réalisé et qui ne se prend pas au sérieux. Une sorte de pastiche-hommage à un moment où les héros étaient encore des héros de BD… et à une époque où la BD n'était elle-même encore pas tout à fait sérieuse. Ce n’est pas un hasard si Watchmen et The Dark Knight Returns vont sortir cette année-là et signer une plongée vers quelque chose de plus âpre, plus sombre, plus douloureux. Jack Burton, son côté loser, son "non-héroïsme", ses gaffes – et son look négligeable plus que négligé – est l’un des derniers grands personnages à la fois populaire, non réaliste et profondément optimiste. Il est l’antithèse d’un Joe Hallenbeck. Il peut boire sans devenir alcoolique, se coltiner des méchants maousses sans risquer de passer l’arme à gauche, et se taper la jolie avocate en prime (qui s’appelle Gracie Law, parce que dans ce monde-là, l’on porte les noms que l’on mérite). Il est la pop culture dans son état originel. Notre regard d’enfant sur le monde. 

Signe qui ne trompe pas, à l’époque, Jack Burton obtient tout de même la note de 15/20 dans le magazine Hebdogiciel. Ce qui reste impressionnant tant l’on sait combien cette publication était féroce, notamment avec les films qui se voulaient trop bas de plafond ou racoleurs. 
Si vous voulez tenter de prolonger le plaisir, sachez qu’il existe des comics Big Trouble in Little China (25 épisodes, par Eric Powell, avec la bénédiction et la participation de Carpenter himself), une série Old Man Jack (en 12 épisodes, avec toujours Carpenter et Anthony Bunch au scénario), et enfin une mini-série (6 épisodes, par Greg Pak) développant un crossover entre Jack et… Snake Plissken. Et hop, double ration de Russel ! 
Mais bon, ne vous y trompez pas, ces BD ont été réalisées trop récemment pour être baignées dans ce parfum si capiteux et unique. Le vrai Jack, lui, est encore là-bas... dans les années 80.

— Jack, comment on va s’en sortir ?
— J’en ai aucune idée.

Tempête dans un gobelet entouré de barbelés
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Retour sur une polémique ridicule, lancée il y a quelques jours par quelques indignés professionnels qui ont vraiment beaucoup de temps libre. Le problème c'est que, si les arguments sont absurdes, les conséquences de certains agissements sont parfois bien concrètes. 

On le sait, à l'heure actuelle, les auteurs, traducteurs, dessinateurs et éditeurs subissent une énorme pression de la part d'extrémistes qui tentent de mettre l'art et le divertissement sous leur coupe (cf. cet article, et notamment les nombreux liens qu'il contient).
Pourquoi les œuvres de fiction en général et les livres en particulier sont-ils la cible de ces révolutionnaires en pantoufles ? Pour deux raisons. D'abord, la puissance des mots, la liberté au moins symbolique qu'ils renferment, ont toujours effrayé les fascistes, sectaires et tarés de tout bord. Ensuite, pour un apprenti SJW sirotant tranquillement sa soupe au potiron équitable dans son appart du XVIe ou son petit village normand, évidemment, tous les combats ne se valent pas. Certains sont plus ou moins dangereux. Or, si le contenu d'un cours peut faire perdre la tête à un prof d'histoire de nos jours, il y a bien moins de risques à s'en prendre à un type qui traduit des comics.
Quoique, faites gaffe quand même, j'en connais des nerveux qui ont la main leste.

Venons-en au fait. Tout commence par un post indigné qui brille par son intelligence, forcément, d'une personne qui s'étonne d'un choix de traduction dans un Batman. 
Voilà la VO : Dangling participles. His e-mails are full of them, okay ? Where's this noun you're modifying, man ? 
Ce qui donne, dans la traduction française : Ses mails étaient bourrés d'écriture inclusive. C'est du féminisme en pantoufles, je ne supporte pas.

Ce qui a fait bondir les plus tendus, vous savez, ces fameux "humanistes tolérants" qui veulent le bien de tous, c'est le petit tacle sur ce protolangage de peigne-zizi qu'est l'écriture inclusive. 
Mais arrêtons-nous d'abord sur le principe d'adaptation d'une œuvre dans une autre langue.
Une traduction, une bonne en tout cas, ce n'est jamais du mot à mot. On rend toujours compte d'une idée générale, d'une ambiance, on ne colle pas à tout prix à une tournure ou une référence. Ici, le job est donc fait correctement par Jérôme Wicky et Urban Comics. Le fait que les propos s'écartent de ceux de la version anglaise est tout à fait normal. Donnez un même texte à traduire à 100 traducteurs, et vous obtiendrez 100 versions différentes.

En réalité, évidemment, ce qui choque ici n'est donc pas un travail mal fait, mais bien une simple plaisanterie. Car se moquer de l'écriture inclusive, une ineptie qui ne règle aucun problème dans la réalité, est apparemment un crime grave selon certains. Et là, nous allons assister à un comportement de dégénérés avides de sang. Tous ces gens, avec des grands principes plein la gueule, vont se livrer, en masse et dans la bonne humeur, à des saloperies sans aucune mesure avec l'acte qu'ils souhaitent "dénoncer".

Imaginez. Certains vont aller jusqu'à parler "d'opinions puantes" (ah ? c'est puant de ne pas sacrifier à la mode imbécile de l'écriture inclusive ?), "d'abus de confiance", "de manque de professionnalisme". Mieux, quelques petits justiciers version Lidl, certainement enivrés à l'idée de dénoncer un tel monstre, vont faire des posts contenant des listes ahurissantes de hashtags, afin d'appeler au lynchage (au moins médiatique et professionnel) du traducteur en question. On prévient également son éditeur pendant que d'autres veulent même contacter DC Comics. Carrément.  
Quant à ceux qui osent prendre sa défense, ils sont insultés, jugés "toxiques" par des fanfarons sans cervelle ni talent (oui, j'ai dit "fanfaron", mais ceux qui me connaissent savent par quoi remplacer le terme). 

Car forcément, pour ces gens qui ne peuvent admettre aucune autre forme de pensée que la leur, le traducteur sur lequel ils se jettent courageusement, en groupe et derrière des écrans, est non seulement coupable, mais il doit subir des conséquences lourdes. Sans pouvoir se défendre, sans possibilité de relativiser ou expliquer. Parce que, pour ces gens-là, la justice, le bon sens, les droits fondamentaux ou même la simple compassion, ça n'existe pas. Ils jugent vite, ils hurlent fort. Ils sont pressés de voir du sang gicler, des têtes tomber et des comptes en banque se vider. 
Tout ça pour avoir choisi une traduction tout à fait correcte, plutôt drôle et légère, et qui n'attaque évidemment en rien les femmes ou le féminisme réel... celui qui combat les actes violents en s'interposant, en posant des limites, en faisant respecter la loi, et non celui qui démantèle la grammaire à coups de point médian ou de iels, pour se donner bonne conscience rapidement, sans risques et sans efforts.

Bien entendu, je ne puis qu'adresser mon soutien plein et entier à ce traducteur (que je ne connais pas personnellement), et par la même occasion, rappeler à tous que nos libertés, en tant qu'écrivains ou éditeurs, sont essentielles mais fragiles. Nous ne pouvons pas laisser des extrémistes haineux, sans recul ni humour, sans aucun respect pour le droit ou les individus, se faire passer pour des humanistes. Encore moins "progressistes".
Depuis quand le "progrès" passe-t-il par la calomnie, la dénonciation fallacieuse, la menace, les insultes et la volonté acharnée d'éradiquer ce qui n'est pas soi ? 
Ce n'est certainement pas ma définition du progrès. Quant aux femmes qui souffrent réellement à cause d'imbéciles sans principes, je suppose qu'elles attendent surtout une aide concrète plutôt qu'une guerre grammaticale ou la tête d'un traducteur qui a juste fait son putain de job.

Je vais prendre une anecdote personnelle comme exemple concret de "lutte féministe" appliquée au réel. 
Il y a quelque temps, une proche a été harcelée, insultée et menacée par un type dans un supermarché, puis dans la rue. Heureusement, une patrouille de la police municipale, qui passait par là, est intervenue. Le type a continué ses menaces. La police nationale a été appelée. Même chose, le type n'avait pas peur, il continuait de menacer. Et, effectivement, il savait très bien qu'il ne risquait rien : après un tour au poste, il a été relâché.
La trentaine, moitié dealer, moitié clodo, il ne craignait ni les amendes ni la taule.
La personne proche a été vraiment traumatisée (on le serait à moins) par ce type. Elle parlait déjà de ne plus sortir, etc. Alors, j'ai décidé de régler le problème. Je suis allé voir ce gars, qui n'avait pas peur des flics ou des juges, et je lui ai fait comprendre qu'il devait avoir peur de moi.
Depuis, il n'emmerde plus personne. Mieux, quand il voit sa "victime" au loin, il se barre.

Il y a deux sortes d'individus dans la vie. Ceux qui se découvrent des combats faciles sur le net, bien à l'abri chez eux, et qui vont pourrir la vie de gens qui ne leur ont rien fait. Et ceux qui font parfois le ménage dans les rues, en se mettant en danger (physiquement et judiciairement). 
Vous savez quelle catégorie à mon respect.


La foule croit qu’elle sait et comprend tout, et plus elle est sotte, plus ses horizons lui semblent vastes.
Anton Tchekhov

Goldorak, enfin de retour !!
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Wouaaah !!

Bon, je vais tenter de rester calme, même si en réalité, je suis surexcité.
Denis Bajram (l'auteur, entre autres, de l'excellent Universal War One) vient d'annoncer sur son site un projet de BD sur le mythique et légendaire Goldorak...

Ce n'est pas juste du lourd, c'est la plus extraordinaire news qu'on ait eu le bonheur de relayer sur UMAC !

Tout cela est officiel, fait avec l'accord de Go Nagai, et le concours de toute une bande d'auteurs : outre le déjà cité Bajram, l'on retrouve à la manœuvre Xavier Dorison, Alexis Sentenac, Brice Cossu et Yoann Guillo. 
Et l'album est prévu chez Kana, pour octobre 2021.

Les quelques planches dévoilées donnent envie de hurler de bonheur : c'est beau, soigné, bien pensé, ultra classe, comment on va faire pour attendre l'année prochaine bordel ?!

Après une telle nouvelle, c'est bon, on peut remballer les gaules, fermer notre site et nous en aller, heureux et le cœur léger, vers le couchant. Oui, j'ai l'air d'en faire des tonnes, mais... mais... Goldorak, quoi !! 
Si vous avez moins de 40 ans, cela vous touchera probablement moins, mais imaginer le Prince d'Euphor affronter de nouveau les forces de Vega, dans une bande dessinée moderne, de conception française en plus, c'est totalement dingue.

Inutile de vous dire que c'est LA BD attendue l'année prochaine.
Pour patienter, vous pouvez toujours vous rabattre sur cet article, chroniquant la Black Box Edition de la série originelle, sur cette Parenthèse revenant avec humour sur les "défauts" du dessin animé de l'époque, ou encore cette autre Parenthèse présentant le Fleed des origines et son Gattaiger.

Quant à cette bande d'auteurs qui ont sorti de l'oubli l'un de nos plus beaux souvenirs d'enfance, que leurs noms soient sanctifiés et que les euros affluent dans leurs comptes en banque respectifs ! Parce que confinement ou pas (allez savoir ce que 2021 nous réserve), on va l'acheter cette BD !! 
Prenez mon fric bordel, prenez-le !!



Les Voyages de Gulliver - De Laputa au Japon
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Autant ne pas essayer de le cacher, vu que le titre est plutôt explicite :
 Les Voyages de Gulliver est une bande dessinée l
ibrement adaptée du roman de Jonathan Swift par Bertrand Galic,
dessinée par Paul Echegoyen et éditée par Soleil dans sa collection Noctambule.

Lundi 2 août 1701, le capitaine Robinson
Engage Lumuel Gulliver pour être médecin de bord.
Il lui promet que nul géant ni nul Liliputien ne vont
Croiser leur route en leur périple à leur bâbord ni leur tribord.

Mais périlleux est le chemin vers les Indes orientales.
Et quand la tempête laissa sa place à la piraterie,
Gulliver fut abandonné sur un archipel minéral
Avec pour unique obsession l’âpre combat pour sa survie.

C'est toutefois rapidement qu'apparaîtra un lieu volant.
La magistrale Laputa et ses habitants lunatiques. 
Gulliver y apprend les us et le langage de ces gens
Avant de tant s'y ennuyer qu'il part pour le sol asiatique. 

Durant ses inlassables efforts pour regagner son doux foyer,
Il verra bien d'autres merveilles et bien autant d'enseignements.
C'est ce chemin que notre ouvrage continuera d'explorer 
Pour qu'au final tout ce voyage semble n'être qu'enchantement.

Bizarreries et rêveries, admiration et réflexion.
Un monde nous sera ici oniriquement esquissé.
Mais même dans sa poésie, il n'oublie pas la raison
Car il interroge l'avis de son lecteur interloqué.

C'est beau, c'est bon et dessiné avec un goût pour les estampes.
C'est un objet original doté de forts jolis atours.
Les Voyages de Gulliver, c'est une aventure prenante
Ainsi qu'un projet visuel qui vaut largement le détour.

Voilà. Comme le fait la bande dessinée elle-même, je livre le fond sans négliger la forme avec même, selon moi, un accent assez prononcé sur la forme. Mais Victor Hugo lui-même ne disait-il pas que "la forme, c'est du fond qui remonte à la surface " ? En ce sens, cette libre adaptation de la troisième partie des voyages de Gulliver réussit le pari de nous délivrer une transcription graphique aussi intrigante et poétique que les écrits originaux.


Ben, où qu'ils sont, les Lilliputiens ?


Pas là. Non, vous ne les trouverez pas dans ce tome. Pas plus que vous ne trouverez de Brobdingnagiens... 

Jonathan Swith, l'auteur de Travels into Several Remote Nations of the World. In Four Parts. By Lemuel Gulliver, First a Surgeon, and then a Captain of Several Ships (ouais, c'est le titre original in extenso de Les voyages de Gulliver), a écrit son livre en quatre parties. Les deux premières sont vraisemblablement des allégories du krach de 1720 (un des premiers krachs financiers consécutif à la bulle des mers du Sud). Les changements de taille relative de Gulliver selon qu'il rencontre les petits Lilliputiens ou les géants Brobdingnagiens sont souvent analysés comme étant une métaphore de l'agrandissement puis du rétrécissement des capitaux engagés dans ce krach... Parfait point de départ pour se gausser des travers de la société de son époque. La première partie à Lilliput est la plus connue, certes. Mais dans la troisième partie dont on nous livre ici une mise en images, notre ami va rencontrer plusieurs civilisations qui seront autant d'occasions de railler certains de nos travers.

Première destination : Laputa... Non, ce n'est pas une dame mexicaine à l'affection monnayable, bande de pervers, mais une cité volante, flottant au-dessus du pays de Balnibarbi grâce à un complexe système reposant sur une pierre magnétique.
Elle est habitée par des nobles se servant de la cité comme d'une arme pour menacer leurs sujets qui refuseraient de payer les impôts.
Souvent, les habitants de Laputa, plongés dans leurs réflexions, perdent toute perception de ce qui les entoure jusqu'à ce que des gens leurs sonnent les cloches et qu'ils reviennent au monde réel.
Je dis ça, je ne dis rien, mais... la crise actuelle manque apparemment cruellement de sonneurs, au vu des décisions totalement déconnectées du réel que nos nobles hauts perchés dans leur Laputa personnelle parviennent à nous pondre ces derniers temps. Pardon ? Pas de politique ? Mais tout est politique, mon ami. Tout. Pour preuve : la suite. 

Deuxième destination : Balnibarbi. Une contrée où les fonds ne servent qu'à alimenter les recherches de la science, ce qui génère une grande pauvreté du peuple. On y découvre l'académie de Lagado où des savants à la pointe de la science spéculative perdent tout sens commun, inventant les théories les plus folles et les mettant en application envers et contre toute forme de logique ou d'adaptation au monde réel...
Cette critique de la science mise au-dessus de tout ne vous rappelle pas un peu la façon dont nos pays sont actuellement laissés entre les mains des sciences sanitaires ? Voire tout simplement et plus généralement, cette idée étrange et très moderne (moderniste ?) consistant à considérer que si la science peut le faire, alors, eh bien qu'elle le fasse... Je me suis toujours rêvé en ours... si la science parvenait à me faire devenir un plantigrade hibernant plusieurs mois d'affilée, serais-je supposé céder à la tentation juste parce que c'est possible ? Une fois de plus : je dis ça, je ne dis rien ! Et voyez en mon dernier exemple ce que bon vous semble : je ne critique aucun choix, je me demande juste si l'existence d'un choix est légitime pour la seule raison que la science est capable de nous l'offrir. C'est une interrogation, pas un jugement. Le genre de question que les gens de Balnibarbi ne se posent plus...

Troisième destination : Luggnagg. Un pays comptant parmi sa population des êtres immortels appelés Struldbruggs. Ils ne peuvent pas mourir mais vieillissent quand même. Ils sont rongés par les maladies, oublient leurs proches et finissent oubliés de tous dans une éternité de solitude... Un peu comme certains de nos anciens dans les hospices (les ehpad, pour les français), non ? Vous savez, ces gens que l'on protège de la mort sans même leur avoir demandé leur avis, les isolant du monde et de leurs proches jusqu'à ce qu'ils ne soient plus qu'un souvenir spectral... 

Quatrième destination : Glubbdubdrib. C'est une île où réside un gouverneur nécromancien. Rappelant des figures historiques au bon vouloir de Gulliver, il va petit à petit prouver au voyageur que l'histoire qu'il connaît est bâtie sur de nombreux mensonges et erreurs. À noter que, malheureusement, cette étape est expédiée et peu intéressante dans la bande dessinée. C'est bien dommage parce que, mine-de-rien-j'-dis-ça-j'-dis-rien... Une histoire redessinée selon les besoins, des décisions prises sans s'appuyer sur l'expérience des anciens... ça nous parle pas mal aussi, de nos jours ! Tout est politique, je vous dis !


Oui, mais... et la BD, alors ? 


Soyons clairs et aussi directs que possible. Cette Bd est belle pour peu que vous soyez sensible à ce trait un peu naïf qui la caractérise. Elle baigne dans une palette de tons ocre, gris, sépia qui lui confère un aspect nostalgique et antique qui lui sied bien. La palette, d'ailleurs, donne une partie de sa maturité à l'oeuvre qui, avec un choix de couleurs plus vaste, aurait sans doute semblé un peu enfantine en raison de la simplicité des traits du dessinateur lorsqu'il s'agit de retranscrire une morphologie.
Des choix artistiques ont été faits et ils sont parfaitement pertinents. Les assez nombreuses pleines pages en témoignent, d'ailleurs !

Si j'avais un reproche à faire, ce serait le survol un peu rapide de l'aspect philosophique de cette épopée. Tel Gulliver, nous sommes témoins des us et travers de différentes civilisations. Mais, là où la prose initiale, par son débit naturel, nous laisse le temps de réfléchir à la métaphore initiée par l'auteur, la bande dessinée et son rythme de lecture plus élevé nous fait tourner les pages trop vite sur certaines critiques bien vues de nos sociétés humaines... La partie consacrée à Glubbdubdrib étant en cela une réelle déception pour moi : l'aspect métaphorique n'y étant même pas simplement expédié mais quasiment expurgé.

Toutefois, si vous avez envie de lire ou offrir une belle bande dessinée à la couverture richement décorée et semblant presque couverte de feuille d'or en quatrième de couv', une bande dessinée qui fait voyager, qui fait rêver, qui fait sourire et qui fait réfléchir si l'on en prend le temps et qu'on s'en donne la peine... n'hésitez pas !



+ Les points positifs - Les points négatifs
  • Bel album.
  • Adaptation libre mais néanmoins assez fidèle.
  • 114 pages de dépaysement.
  • Du rêve, de la réflexion, de l'aventure.

  • Le trait peut rebuter certains. C'est un style faussement simple qui ne plaira pas à tous.
  • L'aspect philosophique et critique de l'œuvre originale est un rien trop survolé.
Quelques livres pour Noël !
Par
Extrait de The Gutter.


Hey ami lecteur, les fêtes approchent, et du coup, hop, on se lance dans un petit rappel concernant d'excellents ouvrages toujours disponibles à l'achat. C'est carrément de la pub, oui, pour des amis et des membres d'UMAC, exact, mais il n'en reste pas moins que ce sont de très bons livres. Et puis, avec un roman, une BD, un artbook, et un recueil de nouvelles, il y en a pour tous les goûts !
Miaw !



Le Sang des Héros
- roman
(adultes)

L'apparition des suprahumains a profondément bouleversé le monde. Aux États-Unis, un service militaire a été mis en place pour encadrer les nombreux jeunes qui se découvrent des super-pouvoirs, aux effets parfois dévastateurs.
C'est dans l'une des bases de l'armée que se retrouvent Amber (qui peut défier les lois de la gravité), Terry (qui pratique la télékinésie), Kiera (dotée d'un sixième sens), Mike (à la force surdéveloppée) et Ebenezer (un métamorphe). Alors que les amitiés se nouent, le groupe est confronté à un télépathe violent dont le comportement va être encouragé par un officier incompétent.
Quand un drame survient, les supras n'ont d'autre choix que de faire justice eux-mêmes et tenter d'affronter un monde qui n'a pas été rendu meilleur par la prolifération des super-pouvoirs. Mais au bout de leur périple, un secret terrifiant les attend. Un secret qui pourrait changer le monde et faire d'eux des héros. Ou des criminels.
Les pouvoirs sont dangereux. La vérité l'est plus encore.

Dispo dans toutes les bonnes librairies. Versions papier et numérique.
Liens ici. 
Articles presse ici. 



The Gutter - Édition Collector
- BD
(tout public)

The Gutter est une BD parodique sur les personnages de comics. Ces derniers sont traités un peu à la manière d'acteurs qui se retrouveraient, après leur journée de travail, dans un bar (le Gutter) afin de décompresser, se balancer quelques vannes et évoquer leurs problèmes.

L'édition classique est disponible dans toutes les librairies. L'édition collector est, elle, uniquement disponible sur le site de l'éditeur. 
Il s'agit d'un tirage limité proposant hardcover, cahier de croquis supplémentaire dans la partie bonus, ainsi que des goodies (4 dessous de verre et un ouvre-bouteille The Gutter).

Si vous souhaitez découvrir plus en détail ce bar agité où se rencontrent les personnages de vos comics préférés, vous pouvez vous rendre sur le site officiel de la BD !

Articles presse ici.
Dispo en version numérique sur Izneo.





Art Book Comics 2
- Artbook
(tout public)

Voilà un beau livre au contenu particulièrement varié.
Cet artbook est auto-édité par 2T2N (et disponible à la commande en écrivant à cette adresse : 2t2n.comics@gmail.com).

L'ouvrage revient très largement sur le travail de Daniel Gattone et Emmanuel Bonnet (cf. cet article sur leur Red Cat). L'on y découvre des illustrations, covers, recherches graphiques et crayonnés, le tout dans des genres très différents, allant des super-héros (avec Batman, Wolverine, Captain America, Venom ou encore Gambit) jusqu'à l'horrifique en passant par le steampunk, le polar ou la science-fiction. 

Une couverture souple, un papier glacé bien épais et une belle mise en page permettent de mettre en valeur ces créations originales, entrecoupées d'hommages (à Jack Kirby, notamment) très réussis. 
Un chouette moment d'évasion à travers des univers aussi riches que passionnants.

110 pages - 12 euros (hors frais de port)

Page facebook du studio.




Sur les Traces de Lovecraft
- recueil de nouvelles
(adultes)

Depuis la Miskatonic University d'Arkham jusqu’aux plaines sibériennes, en passant par R’lyeh ou Kadath, voyagez sur les traces de H. P. Lovecraft…

Sur les traces de Lovecraft est une double anthologie d’auteurs qui ont su rendre un hommage passionné à Lovecraft et à son œuvre.

La première anthologie (volume 1) réunit 11 nouvelles inédites et contient une nouvelle de notre ami Cyril Durr : Retour au Wewelsburg. 
Un capitaine allemand, féru d'occultisme, est chargé par Himmler d'aller enquêter sous couverture aux États-Unis afin de prouver l'existence de forces anciennes et terrifiantes. Après un séjour à Providence, l'officier revient avec un artefact si puissant qu'il pourrait bien faire basculer l'issue de la guerre... peut-être même condamner l'humanité entière.

Disponible dans toutes les librairies. 




Extrait de Art Book Comics 2.




Alors, n'hésitez pas, pour Noël, offrez un livre !