Caliber
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Avec Caliber : First Canon of Justice, voilà le mythe arthurien transposé dans l'Ouest américain. Un western épique mêlant six-coups et magie.

Telacoma, Oregon. Le capitaine Pendergon, de l'armée des États-Unis, doit faire face à une situation tendue. Un ranch vient d'être attaqué et tous les indices semblent désigner comme responsables les indiens de la réserve locale. Une rencontre entre les tuniques bleues et les klamath est organisée pour tirer les choses au clair mais, dans l'ombre, des êtres puissants ont tout intérêt à ce qu'elle se passe mal. Lorsque le premier coup de feu retentit, la confrontation commence.
Pendergon y perd la vie et laisse un fils derrière lui : Arthur.
Il ne le sait pas encore mais il est déjà recherché par Whitefeather, un shaman qui a pour mission de remettre un puissant revolver à celui qui méritera de le manier. Cette arme spéciale ne fonctionne que lorsqu'elle est portée par un homme juste au service d'une noble cause.
Pour Arthur il ne sera donc pas question de vengeance mais de justice. Une justice qui pourrait ramener indiens et hommes blancs sur un même chemin, celui de la paix.

Le genre western étant relativement délaissé par les éditeurs de comics français (exception faite de l'excellent Loveless par exemple), il faut donc aller se frotter à la VO pour sentir l'odeur de la poudre et le doux fumet du crottin de cheval. Et dans ce cas précis, cela nous amène à faire connaissance avec Radical Comics, un petit éditeur basé à Los Angeles et ayant tout de même déjà quelques séries à son actif.




Pour ce qui est de Caliber, la série s'est limitée à ce premier arc de cinq épisodes. Le scénario est de Sam Sarkar. Le type a bossé essentiellement pour la télévision et le cinéma et il s'attaque ici à un projet ambitieux, celui de transposer les légendes arthuriennes au Far West. Et même dans le nord-ouest plus précisément. Le choix de l'Oregon n'est pas innocent puisque cela permet d'utiliser des décors variés mais surtout enneigés. Certains personnages, comme Whitefeather, sont également plutôt originaux. Le shaman est en effet mi-indien, mi-français, ce qui lui permet d'être une sorte de trait d'union entre les magies européennes et amérindiennes. Et puis l'idée de départ, autrement dit l'existence d'un revolver forgé dans le même métal que la légendaire Excalibur, est franchement séduisante.

Visuellement, on peut dire que c'est joli. Le travail est effectué par Garrie Gastonny pour les dessins et Imaginary Friends Studios pour la colorisation. Le style est réaliste, avec de fort beaux effets de lumières et une peinture digitale venant magnifier les décors. Tout n'est pas parfait cependant. Les visages de certains personnages manquent de nuances et semblent parfois un peu trop lisses voire trop semblables. Quant aux scènes d'action, elles ne sont pas toujours très évidentes à décrypter, car si les poses ou les panoramas sont plutôt sublimes, les séquences où ça bouge un peu sont beaucoup moins maîtrisées. Tant que l'on est dans les reproches, la fin est un peu trop vite expédiée et manque de tension dramatique, comme d'ailleurs l'ensemble de la saga de manière générale. Un peu dommage pour un récit qui se veut épique. Même Arthur semble froid et peine à générer de l'empathie chez le lecteur. Au final, toutes ces petites imperfections laissent un goût d'inachevé dans des yeux qui étaient prêts à partir pour la grande aventure.
Notons tout de même le soin apporté à cette édition, avec hardcover, papier glacé et, en guise de bonus, une interview assez longue du scénariste.

Une bonne idée et un rendu très esthétique mais manquant de passion. Un peu d'âme n'aurait pas été de trop. 
Dommage qu'il n'y ait pas eu de suite car les possibilités étaient immenses.





+ Les points positifs - Les points négatifs
  • Le mélange western et légende arthurienne.
  • De belles planches.
  • Les scènes d'action, peu lisibles.
  • Un manque de lyrisme et de dramatisation nuisant à l'aspect épique que l'on était en droit d'attendre.
  • Pas de suite !

Philosophie en Comics
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Les héros du jour sont bardés de neurones puisque Platon, Nietzsche, Bodhidharma, Freud et quelques autres débarquent en force dans une bande dessinée retraçant leurs parcours exceptionnels de manière instructive et drôle.

La plupart des philosophes abordés ici sont très connus, au moins de nom, mais traînent parfois derrière eux une réputation d'austérité parfaitement injuste. Cela vient sans doute, en partie, de la manière dont ils sont enseignés. Aussi, tout comme Logicomix avait pu dévoiler le côté passionnant de la science, Super Philo (ou en VO, Action Philosophers) aborde les grands questionnements philosophiques avec une décontraction aussi sympathique que didactique.

Le scénariste qui a relevé ce petit défi n'est autre que Fred Van Lente, connu notamment pour, chez Marvel, son travail sur Amazing Spider-Man, Wolverine : First Class, X-Men Noir ou encore Marvel Zombies. En ce qui concerne les dessins, ils sont l'œuvre de Ryan Dunlavey, qui emploie ici un style simple et direct, venant parfaitement illustrer le propos en apportant un décalage qui tombe souvent juste et permet au lecteur de sourire, voire même de rire franchement de temps en temps.
Au programme, en plus des illustres noms déjà cités, l'on retrouvera également Ayn Rand, Thomas Jefferson, Saint Augustin, Carl Jung et Joseph Campbell.

L'ouvrage se présente sous la forme de courts chapitres qui sont concentrés sur la vie et la pensée d'un personnage particulier. Bien entendu, tout cela est très résumé, mais l'essentiel y est. L'on peut même découvrir des anecdotes assez étonnantes. Par exemple, le fait que Platon était avant tout un lutteur (assez balèze en plus apparemment) ou encore que Jefferson, tout en participant à la législature virginienne, trouva le temps de construire lui-même sa maison, d'ouvrir un cabinet de juriste, de devenir un violoniste accompli, d'inventer un bureau portatif, une nouvelle charrue et d'amasser une collection de plus de 6400 livres ! À méditer lorsque l'on pense parfois être surmené. 

Au niveau des idées, puisque c'est tout de même de cela qu'il s'agit, le contenu est relativement riche. Surtout, il n'est pas purement ethnocentré puisque l'on abordera même la très riche pensée asiatique. Cette manière très particulière de concevoir l'illusion du Moi et l'Éveil, ou Satori (des concepts relativement abscons pour un occidental), est plutôt bien expliquée, notamment grâce à l'utilisation de certaines énigmes ou paradoxes (Koan) propres à favoriser la méditation et apportant un peu de concret dans une vacuité de l'esprit qui reste probablement l'un des concepts les plus difficiles à appréhender. Évidemment, ça ne remplacera pas un ouvrage spécialisé sur le sujet, mais cela permet d'en saisir les grandes lignes.

Outre certains incontournables, comme Platon ou Nietzsche, les auteurs ont également accordé une place non négligeable aux fondateurs de la psychanalyse et de la psychologie analytique que sont Freud et Jung. Leurs divergences sont évoquées mais resteront sans doute un peu opaques pour les non-initiés. Pourtant, là encore, l'essentiel est exposé, que ce soit les réticences de la communauté scientifique de l'époque, un exemple d'interprétation des rêves, un schéma fort simple expliquant le mécanisme du refoulement ou la mise en scène du phénomène de transfert.

Au final, si l'on survole des sujets qui mériteraient chacun plusieurs livres afin d'en faire le tour, ce petit rappel - ou cette découverte pour les plus jeunes - s'avère bigrement intéressant et surtout très intelligemment conçu. L'humour dont font preuve Van Lente et Dunlavey rend non seulement l'ensemble très digeste mais permet également de rendre très accessibles des notions parfois un peu déroutantes. Ces introductions aux plus grands penseurs de l'Histoire sont si bien faites et si ludiques qu'elles peuvent sans problème être conseillées même à des enfants. Pour avoir un aperçu du style global et du décalage, jetez un oeil à la planche ci-dessus. Tout le monde n'accrochera peut-être pas, mais le contraste entre les théories, fort sérieuses, et leurs mises en situation s'avère souvent irrésistible.

Ce premier tome, en noir et blanc, a été à l'époque édité en version française par Milady et coûtait 9,90 euros.
Il regroupe les épisodes #1 à #3, parus aux États-Unis. D'autres épisodes, portant sur Aristote, Marx, Descartes, Wittgenstein, Kant ou encore, entre autres, Confucius, sont sortis en VO. Visiblement, ça n'a pas tellement pris de ce côté de l'Atlantique. Dommage.

De la philosophie comme elle doit être : captivante et séduisante.
Ce comic d'utilité publique est plus que vivement conseillé.





+ Les points positifs - Les points négatifs
  • Intelligent. Et bien foutu, donc très accessible.

  • Un noir et blanc quelque peu austère.
À la découverte du Disque-Monde
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Présentation illustrée des Atlas, guide et cartes du Disque-Monde !

Terry Pratchett
a développé au fil du temps (et de ses 41 romans !) le vaste univers du Disque-Monde, un monde faisant cohabiter fantasy et humour. L'auteur anglais, s'il a commencé par se livrer à une forme de parodie, a installé également, au fur et à mesure des intrigues, une ambiance plus sombre et plus caustique, en s'attaquant à des sujets divers et variés en rapport avec le monde réel.
Outre l'humour, efficace et plutôt bien rendu en VF, cette énorme saga a donc un côté plus profond qu'il n'y paraît au premier abord. Sa lecture en est d'autant plus vivement conseillée.

Vous vous doutez bien qu'après 41 romans et quelques nouvelles, la toile de fond où se déroulent les (més)aventures des mages, sorcières ou membres du célèbre Guet s'est étoffée de manière considérable. Aussi, quelques ouvrages pour s'y retrouver et découvrir ce monde décalé ne seront pas de trop. Ils peuvent même être utiles pour les amateurs de Jeux de Rôles qui voudraient se balader dans ces étranges contrées.

Nous allons donc vous présenter une sélection de trois livres/cartes bien pratiques (et le plus souvent fort bien réalisés) permettant de découvrir l'essentiel de cet univers. Il s'agit de Tout le Disque-Monde (un atlas accompagné d'une somptueuse carte recto-verso), Tout Ankh-Morpork, un guide consacré à cette ville importante (accompagné lui aussi d'une belle et grande carte), et enfin Disque-Monde - La Carte, où là c'est un peu l'inverse, car il s'agit d'une carte accompagnée d'un petit livret. Tous ces ouvrages sont édités par L'Atalante.


Disque-Monde - La Carte

Voilà l'élément le plus abordable financièrement (10 euros) mais aussi le plus succinct. Il s'agit d'une "simple" carte du Disque-Monde (environ 74 x 71 cm), sans rien au verso et accompagnée d'un livret. Pratique pour se faire une idée de la géographie de ce monde, mais forcément, cela reste très sommaire.



Tout Ankh-Morpork

Là, on rentre dans quelque chose de bien plus intéressant.
Outre une grande carte recto-verso ( 99,5 x 89 cm environ) présentant Ankh-Morpork (carte détaillée avec rues, monuments et parcs, accompagnée d'une vue d'artiste de la ville), nous avons ici un guide très complet et bourré de cet humour si particulier que les amateurs de Pratchett connaissent bien.
Ce guide, à l'aspect magnifique (grâce à un beau papier mat "vieilli"), va regrouper une foule d'informations sur les lois de la cité, la manière de s'y déplacer ou de s'y loger, les différentes guildes, les marchands, les lieux de culte ou encore l'université de l'Invisible. Tout y est présenté comme dans un véritable guide, avec conseils et descriptions des lieux. Ainsi, l'on apprendra que la clientèle de La Peine Perdue est essentiellement constituée d'anciens soldats à la retraite se remémorant leur gloire passée (et qu'il faut s'attendre à payer une tournée !) alors que l'auberge de la Berge aux Foulques, située au bord du fleuve, peut s'avérer agréable selon le sens du vent dominant. Le répertoire des marchands, quant à lui, est blindé de publicités à l'ancienne pour les différentes boutiques. Cela donne bien entendu de la crédibilité à l'univers dépeint, en plus d'être fort joli.
Vous trouverez également les plans détaillés de certains quartiers de la ville. 
Pour 35 euros (128 pages), voilà un guide indispensable et d'une richesse assez incroyable. 







Tout le Disque-Monde

Voilà cette fois un atlas consacré, comme son nom l'indique, au Disque-Monde dans son ensemble.
Là encore, une magnifique carte (99,5 x 89 cm environ) recto-verso représentant le Disque-Monde géographique (avec des données sur la densité de population, le niveau de précipitation ou le niveau ambiant de magie) mais aussi une vue d'artiste plus "réaliste", représentant le fameux disque porté par des éléphants, eux-mêmes reposant sur une gigantesque tortue. Cette carte, contrairement à celle d'Ankh-Morpork, qui était en papier, est plastifiée.
Le livre (35 euros, 128 pages) est lui aussi réalisé avec soin et abondamment illustré. Il détaille différentes régions, continents, îles ou provinces. Vous pourrez ainsi en apprendre plus, par exemple, sur les Pygmées mangeurs d'éponges de la péninsule d'Orohai ou sur le brumeux pays de Chimérie. Là encore les infos sur les différents lieux (monnaie, religion, régime, langue...) sont livrées avec un humour de bon aloi. Ainsi, si vous devez séjourner en Uberwald, l'on vous conseillera de refuser les invitations à dîner "à domicile" ou les propositions de transport d'un étranger, même en journée. Il faut dire que le pays, outre les gobelins et trolls, est infesté de lycanthropes et vampires, ce qui rend l'endroit peu sûr. 
Bref, là encore, un excellent travail, complet et bien présenté.

Ce sont donc surtout le guide et l'atlas que nous vous conseillons, que ce soit pour les magnifiques cartes qui les accompagnent, le volume imposant d'informations en tout genre, l'humour et le soin apporté aux illustrations.
Voilà qui vous permettra de (re)découvrir un monde fascinant et pourrait bien vous donner envie de vous (re)plonger dans la lecture des romans de Sir Pratchett.








Des Livres pour Noël !
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Vous ne savez pas quoi offrir pour Noël ? Ça tombe bien, on a d'excellents livres à vous proposer !


L'Ombre de Doreckam
Si vous aimez le mélange thriller et fantastique, voilà un roman qui devrait vous faire frissonner sous la couette ! Dans une petite ville de Moselle, un ex-flic et une bande d'adolescents vont devoir faire face à une menace aussi inattendue qu'épouvantable. Des scènes poignantes, des personnages attachants, une intrigue pleine de suspense et installant une habile réflexion sur le pouvoir des livres et celui, bien plus dévastateur, du temps. 

Lien Amazon / Lien Fnac / Lien librairie locale 





Jour de Neige
Un recueil mélangeant les genres et les ambiances, parfaitement indiqué pour l'hiver ! De l'humour, des frissons, de l'émotion, du fantastique, dans une ambiance contemporaine, steampunk ou encore dans les tranchées de la Première Guerre mondiale. Un voyage étonnant dans un imaginaire hanté par l'ombre de Lovecraft et Stephen King. 

Lien Amazon / Lien Fnac / Lien librairie locale 





Le Sang des Héros
Que se passerait-il dans notre monde si des gens étaient réellement dotés de super-pouvoirs ? Un récit dystopique et profondément émouvant, suivant le parcours de jeunes gens dont la vie va être bouleversée par leurs dons et la manière dont la société souhaite les contrôler. Ici, les héros souffrent et sont bien loin de l'imagerie véhiculée par les comics ! 

Lien Amazon / Lien Fnac / Lien librairie locale 





The Gutter
Une parodie innovante sur les personnages de comics. Retrouvez le véritable Spider-Man, le vrai Batman, et bien d'autres héros, se plaignant du traitement éditorial qu'ils subissent ou se chamaillant à propos de leurs tenues, des sagas dans lesquelles ils sont entraînés ou de leurs pouvoirs. Une réflexion humoristique et originale sur un pan entier de la bande dessinée mondiale. 

Lien Amazon / Lien Fnac / Lien éditeur pour la version collector exclusive
(bonus de la version collector : hardcover + cahier de croquis supplémentaire + goodies)





Road Rage
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Du sang sur le bitume avec un classique ayant donné lieu à deux adaptations en comics, regroupées ici sous le titre Road Rage.

Si la couverture de cet ouvrage attire l'œil, ce n'est pas tant pour le camion ensanglanté qui donne tout de suite le ton mais bien à cause de deux monstres littéraires : Stephen King et Richard Matheson. Il serait presque superflu de présenter le premier (cf. tous les articles consacrés à son œuvre dans cet index), quant au second, il est l'auteur de nombreux romans et nouvelles, dont La Maison des Damnés ou encore Je suis une Légende. C'est d'ailleurs de Matheson qu'il s'agit surtout ici puisque les auteurs vont partir de l'une de ses plus célèbres nouvelles, Duel (adaptée au cinéma par Steven Spielberg), pour en livrer une version dessinée.
La seconde histoire présente dans ce recueil est issue d'une nouvelle écrite par King et son fils, Joe Hill (excellent scénariste de Locke & Key), justement en hommage au Duel de Matheson. Tout tourne donc autour d'un prédateur en acier et de son chauffeur criminel.

L'on commence par Throttle, de King et Hill. L'adaptation est signée Chris Ryall, les dessins sont de Nelson Daniel. Une bande de motards avale les kilomètres pour aller récupérer du fric qu'ils avaient investi dans un labo destiné à produire de la meth. En cours de route, ils sont agressés par un routier qui se met en devoir de les buter un par un.
Connaissant King, et même Hill, la nouvelle devait sans doute tenir la route (elle n'a été éditée que dans un recueil d'hommages à Matheson, intitulé He is Legend), ce qui est loin d'être le cas de la version dessinée. Les personnages sont survolés, servant uniquement de chair à camion dans l'indifférence générale. Le monstre mécanique, lui, manque singulièrement de charisme et n'a rien d'effrayant. Il y a bien un début d'intrigue sur les rapports père/fils au sein du groupe de bikers, mais cela reste superficiel et vite expédié.
Rien de bien excitant donc, d'autant que certains éléments sont un peu tirés par les cheveux, que ce soit le coup du morse avec le feu arrière ou même le gros truck de plusieurs tonnes faisant jeu égal avec des motos.




L'on passe ensuite à l'adaptation du Duel originel. Toujours Ryall au scénario, faisant cette fois équipe avec Rafa Garres pour la partie graphique. 
Visuellement, le style torturé de Garres parvient à créer une atmosphère inquiétante et à donner au poids lourd un aspect sinistre et menaçant, presque animal. Même le personnage principal, pris en chasse par un cinglé sur la route, s'avère dérangeant, l'angoisse et la colère déformant peu à peu son visage.
Malgré tout, difficile là encore de faire jeu égal avec la nouvelle éponyme ou le classique de Spielberg. Toutes les scènes clés sont pourtant présentes, que ce soit les vaines tentatives de Mann pour identifier son agresseur dans le relais pour routiers ou encore son véhicule qui le lâche dans une longue montée, alors que le camion se rapproche inexorablement. Malgré cela, tout va un peu trop vite pour que le scénariste puisse créer la lente montée en pression qui est pourtant essentielle dans ce récit. Même la fin, presque bâclée, tombe à plat et devient indigeste, le scénariste étant obligé d'expliquer maladroitement, par des pavés de texte, ce qui devrait normalement être uniquement véhiculé, à ce moment-là, par le dessin.

Au final, voilà des adaptations qui n'ont guère d'utilité, surtout en comparaison de leur illustre modèle. Le côté effrayant, voire simplement stressant, est complètement raté dans la première et à peine mieux évoqué dans la seconde. Un aspect positif cependant ; les deux textes (de King et Hill) qui accompagnent ce comic et rendent à Matheson une place quelque peu usurpée par le succès des adaptations filmées dont il est à l'origine. Cela reste toutefois un peu léger pour parler, comme sur la quatrième de couverture, de "réussite totale".




+ Les points positifs - Les points négatifs
  • Matheson.
  • Le style graphique de Garres.

  • Une superficialité qui nuit à l'ambiance.
  • Une progression dramatique et émotionnelle mal gérée voire absente.