Publié le
10.12.25
Par
Virgul
Si l'on a du mal à comprendre la logique du contenu (des vieilleries et des récits très récents, divisés en quatre catégories : Gold, Silver, Bronze et Modern Books, autrement dit un gros fourre-tout), c'est surtout le format géant qui impressionne : du 24,5 x 34 cm. De quoi profiter pleinement des superbes dessins du Superman - Héros pour tous par exemple, ou du Paix sur Terre d'Alex Ross. En ce qui concerne Weird Tales and Fantasy, une compilation très kitsch au style bien moins impressionnant, l'apport du grand format est plus incertain.
Ces comics atypiques sont vendus à 15 euros et contiennent environ 80 planches (voire un peu moins suivant les albums), protégées par une couverture souple. On ne risque pas de les louper dans une librairie, par contre, le but de cette collection pose question : le côté luxueux du grand format ne s'accommode guère de la softcover ; l'aspect fascicule à l'ancienne n'est pas vraiment en accord avec le prix, qui reste élevé ; et le côté "tabloïd" revendiqué par l'éditeur ne va pas jusqu'au bout du concept (puisqu'on se retrouve avec un format finalement réduit au lieu du 28 x 43 cm annoncé).
Bref, un truc marrant deux minutes mais qui demeure une curiosité un peu bancale.
Publié le
8.12.25
Par
Nolt
Retour sur une longue et excellente saga de science-fiction.
Un fait étrange concernant Ron Hubbard, fondateur de la scientologie, c'est que ceux qui en parlent sur le net se trouvent parfois obligés d'assurer ses futurs lecteurs qu'ils ne risquent rien (ou au contraire mettent un "auteur dangereux" à côté de leur chronique, à la manière d'une pancarte "chien méchant"). Un peu comme si l'on pouvait choper une conviction au détour d'une phrase. Évidemment, ça ne se passe pas comme ça. Et si c'était le cas, Hubbard serait vraiment fort. Et il aurait été maître du monde de son vivant. Contrairement à ce que certains affirment parfois, on ne peut pas différencier l'homme de l'auteur, c'est le même bonhomme. Par contre, ce qui est toujours possible, c'est de différencier l'œuvre de son auteur. Un bon roman ne devient pas subitement nul sous prétexte que l'on n'apprécie pas les agissements de celui qui l'a écrit, sinon il y a bien longtemps que les bouquins de Stephen King auraient fini à la poubelle.
On peut penser ce que l'on veut, en bien ou en mal, de la scientologie sur le plan philosophique (j'ai lu la Dianétique par curiosité, et je ne suis rentré dans aucune secte pour autant). Sur les éventuelles pratiques sectaires, c'est autre chose, mais il est évident que cela ne s'attrape pas comme un virus. Il faut le vouloir. C'est un peu comme l'hypnose, si vous ne participez pas, ça ne marche pas. Donc, non, Hubbard n'était pas un dangereux sorcier, par contre, c'était plutôt un bon auteur.
Mission Terre, une décalogie, rien que ça, raconte l'histoire de deux personnages très différents. D'une part Jettero Heller, un champion de la Flotte, héros caricatural au possible et plein de bons sentiments, et Soltan Gris, agent de l'Appareil de Coordination de l'Information (les services secrets), se révélant peu à peu colérique, paranoïaque, malchanceux, lâche et peu regardant sur la morale. Ces deux opposés sont amenés à se rencontrer lorsque le premier reçoit pour mission de se rendre sur Terre afin de voir si les humains seraient aptes à intégrer la fédération voltarienne. Soltan, lui, va se voir assigner l'exacte mission contraire, à savoir faire échouer l'autre m'as-tu-vu par tous les moyens, et ce afin de préserver le fructueux trafic de drogue auquel se livre son chef.
Ce long récit, plutôt méconnu (en tout cas, beaucoup moins populaire qu'un Dune par exemple) pourrait passer pour une simple parodie s'il ne contenait pas de nombreux et acides constats sur notre propre société. Bien entendu l'on retrouve certaines obsessions de l'auteur (son manque de considération flagrant pour les psychiatres et psychanalystes, ce en quoi il n'a pas forcément tout à fait tort) mais aussi son sens aigu de l'observation, qui met souvent à nu des travers voltariens très... humains.
Outre l'aspect SF et la critique sociale, il faut noter également l'humour qui imprègne la saga. C'est notamment Soltan Gris, anti-héros attachant et loser hargneux, empêtré dans des stratégies qui le dépassent, qui restera la vraie star de l'aventure.
Un peu long (dix tomes quand même) mais vraiment très agréable à lire.
| + | Les points positifs | - | Les points négatifs |
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Publié le
5.12.25
Par
Virgul
Tout commence lors de la publication, fin octobre, de la version "journal Tintin" de L'Affaire Tournesol. Il s'agit des planches originales prépubliées de décembre 1954 à février 1956 dans le fameux périodique. Les différences par rapport à l'album classique sont minimes (quelques différences anecdotiques de colorisation, un lettrage retouché pour certaines onomatopées...) si l'on excepte une présentation de 12 pages (revenant sur la création de l'œuvre, l'équipe du studio Hergé de l'époque, etc.) et la deuxième moitié de l'album, au format à l'italienne.
Or, c'est cette deuxième partie qui choque, puisqu'elle a été maquettée absolument n'importe comment. Les planches, à l'italienne, s'étalent sur deux pages classiques, ce qui les rend illisibles, les dessins et le texte des cases centrales étant situés au niveau de la reliure. Devant les retours négatifs des lecteurs, l'éditeur, prétextant des "difficultés techniques lors de l'impression", retire alors l'album du commerce afin de réaliser une nouvelle version, probablement pour début 2026. La manière dont tout cela est présenté suggère un problème survenu chez l'imprimeur, or c'est bien la maquette qui a été réalisée qui ne va pas du tout. Et bien entendu, les responsables éditoriaux de ce piètre résultat ont reçu un exemplaire test avant la publication, exemplaire qu'ils ont approuvé. Le problème vient donc de l'éditeur, qui valide n'importe quoi, à la va-vite, en pensant que les lecteurs s'en contenteront.
Autre souci, des demeurés qui avaient mis la main sur cet exemplaire avant le retrait imaginent déjà qu'il va valoir "une fortune" (certains le proposent à 40, 50 voire 60 euros). Rappelons que le propre de l'occasion, c'est de valoir moins que le neuf (dans ce cas, 19,50 euros). Surtout qu'ici, il ne s'agit pas d'une version spéciale qui ne serait plus disponible, c'est une version illisible (pour pratiquement la moitié des planches : la pagination de la BD s'étale sur 81 planches et le format à l'italienne commence page 44). Étant donné qu'une autre version, qu'on imagine cette fois mieux pensée, sera très bientôt disponible, on ne voit pas pourquoi une version salopée atteindrait des prix farfelus. C'est au mieux une curiosité, pas un objet collector. Attention donc à ne pas vous faire avoir (d'autant que même le fait de retirer l'album de la vente a été assez mal fait puisqu'il est encore possible de s'en procurer, neuf, au prix d'origine, dans certains magasins).
On se revoit l'année prochaine pour la suite de cette affaire...
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| Première partie de l'aventure au format standard. Notons les petites phrases d'introduction de chaque planche, censées résumer la lecture de la semaine précédente. |
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| Problème pour la deuxième partie, au format à l'italienne : les cases centrales sont illisibles. |
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| Un résultat ridicule. Enfin bon, c'est pas comme si c'était le métier de Casterman depuis des décennies... |
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| Quelques bonus complètent le tout. |
Publié le
3.12.25
Par
Virgul
Les fêtes approchent, après un énorme ouvrage regroupant les premiers albums des Schtroumpfs, on vous a déniché cette fois quelques figurines en idées cadeaux.
Les figurines McFarlane disposent d'une gamme très vaste de personnages, à des prix en général abordables. Batman et ses différentes tenues sont notamment à l'honneur, l'éditeur proposant de nombreuses variantes du héros, que ce soit la version dessin animé de 90, la version Batman Returns ou encore, entre autres, un Batman Green Lantern ou même Sinestro Corps.
Nous vous proposons ici une sélection subjective concernant des versions un peu particulières du célèbre Dark Knight. Toutes sont encore disponibles en neuf et sont en dessous de 40 euros (et même en dessous de 30 euros pour deux d'entre elles).
On commence par la Sketch Edition, avec un Batman en noir & blanc, assez original. On poursuit avec la Dark Knights of Steel - Patina Edition, avec un effet "bronze" très sympa. Et enfin, on termine par la Batman and Robin - Frostbite Edition, avec un Batman en statue de glace.
Avec des figurines d'environ 18 cm, des socles et quelques accessoires, voilà qui devrait être du plus bel effet dans une vitrine, sans pour autant vous ruiner !
Mais le mieux, c'est encore d'admirer ces déclinaisons du justicier de Gotham.
Publié le
2.12.25
Par
Nolt
UMAC se penche sur Dean Koontz, avec une sélection de cinq romans, très différents et bigrement conseillés.
Koontz a de nombreux points communs avec Stephen King. Ils sont de la même génération, tous deux américains et nés dans des familles pauvres, ce sont des auteurs populaires, ayant une prédilection pour le fantastique et le suspense, et leurs noms se retrouvent régulièrement sur la liste des best-sellers.
Au niveau géographique, ils sont par contre on ne peut plus éloignés. Si King est originaire du Maine, Koontz réside à l'exact opposé, dans le sud de la Californie. Autre point commun, si King a réécrit, ou du moins modifié, certaines œuvres de jeunesse, Koontz a racheté les droits de certains de ses romans, qu'il jugeait de moindre qualité, pour éventuellement les réécrire à l'avenir (ou en tout cas contrôler leur distribution).
Et il vrai que certains Koontz sont parfois moins intéressants, presque bâclés (cf. notre article, La Méthode Koontz). Si King écrit avec la précision, la hargne et la technique d'un boxeur virtuose, Koontz a alterné pendant un temps les livres ratés et les purs coups de génie.
Cette plume évoluant en "dents de scie" ne l'a pas empêché de produire de nombreux romans, avec une régularité de métronome et de nombreux noms d'emprunt. Il est aujourd'hui connu pour diverses séries, comme Frankenstein (cf. cet article) et Odd Thomas, d'ailleurs (assez mal) adaptées en comics ou manga, mais ce sont ses "standalones" (et accessoirement ses meilleurs romans) qui nous intéressent ici.
Spectres (Phantoms)
Sans doute l'un des plus impressionnants romans de l'auteur, qui met en place une histoire à mi-chemin, pour l'ambiance, entre Ça et Aliens.
Jenny et sa jeune sœur Lisa vont passer quelques jours à Snowfield, petit village de montagne censé être sympathique et accueillant. En fait, les deux jeunes femmes ne vont pas tarder à se rendre compte que le lieu est désert. Pire, elles trouvent des scènes de crime et des cadavres horriblement mutilés un peu partout.
Quelque chose a pris possession de la petite localité...
Contre toute attente, le récit s'inspire... d'une histoire "vraie". Au moins une légende urbaine disons, qui concerne un petit village inuit situé sur les bords du lac Angikuni. Un trappeur aurait en effet découvert ce village, brusquement déserté par ses habitants. Des chiens sont retrouvés morts, attachés à des arbres, les cuisines sont remplies de plats à moitié préparés, les corps du cimetière local ont été subtilisés... autant dire que les faits, qu'ils soient ou non exacts, constituaient un point de départ idéal pour une histoire d'épouvante.
Le roman évolue lentement, d'une sorte de huis clos intimiste dans un village hanté vers quelque chose de plus fantastique après l'arrivée des "secours". Dès les premières scènes, la tension s'installe et ne retombera plus.
La Nuit des Cafards (Whispers)
Ne vous laissez pas rebuter par le titre français, il est assez mal trouvé et n'a aucun rapport avec l'histoire.
Si Spectres est, dans mes souvenirs, ma première rencontre avec Koontz, Whispers est bien le roman qui m'a le plus touché, et par voie de conséquence, rendu accro à l'auteur. Et comme toute drogue qui rend accro, Whispers a des effets dévastateurs.
Voyons tout d'abord l'histoire. Elle semble a priori banale : Hilary Thomas, une scénariste hollywoodienne, est agressée à son domicile par un certain Bruno Frye, qui semble avoir pourtant un très bon alibi. Les deux flics venus prendre la déposition de la jeune femme, encore sous le choc, ont du mal à la croire.
Par contre, le lendemain, quand le même type l'agresse encore et qu'Hilary est obligée de le tuer, les flics sont obligés de constater les faits.
Tout semble ne pas trop mal se terminer quand Hilary est... encore agressée. Par Frye.
Tout commence d'une manière un peu classique, voire stéréotypée. La demoiselle en détresse, le bon flic, le méchant flic, le taré... mais en réalité, Koontz va rapidement brouiller les cartes. C'est d'ailleurs le propre du bonhomme. Vous regardez sa main droite ? Il vous fait les poches avec la gauche. Vous pensiez que ce personnage était un salaud ? Vous allez chialer quand il va crever (véridique, je me suis mis à chialer comme un gosse - mais en même temps, quand j'ai lu ce livre, j'étais un gosse - lors d'une scène incroyablement forte). Vous pensez avoir affaire à du fantastique ? On vous livre une explication rationnelle.
Une putain de bonne histoire dont on ressort lessivé et heureux.
Le Rideau de Ténèbres (Darkfall)
Jack Dawson est un flic new-yorkais qui s'occupe seul de ses deux enfants depuis le décès de sa femme.
Il va être amené à enquêter sur des meurtres extrêmement violents qui visent des membres de la pègre. Les corps sont déchiquetés, labourés par d'étranges morsures...
Dawson penche bientôt pour une explication surnaturelle, impliquant le vaudou, alors que sa collègue, Rebecca, ne veut pas en entendre parler.
Pourtant, une porte est bien en train de s'ouvrir sur notre monde. Une porte qu'il va falloir refermer à tout prix.
De nouveau un mélange entre polar et épouvante, avec des personnages attachants et des scènes émotionnellement fortes. La fin reste un peu prévisible et manque sans doute d'envergure pour réellement en faire un incontournable, mais l'ensemble se lit avec un réel plaisir. Et puis il y a le froid, l'hiver qui recouvre la ville et impose son rythme, sa noirceur, comme si les créatures démoniaques dont il est question apportaient avec elles leur univers glacé et sombre.
Ce roman de Koontz est parfois injustement considéré comme mineur, voire décrié, alors qu'il possède de véritables qualités et plonge le lecteur dans un rapport aussi direct que malsain avec le Mal.
À découvrir.
Chasse à Mort (Watchers)
Attention, le pitch de ce roman peut sembler absurde, mais certaines scènes ont un impact et une portée émotionnelle inégalés, surtout si l'on est un peu sensible à la cause animale et que l'on aime les boules de poils.
Koontz est un passionné de chiens, et notamment de Golden Retriever (difficile de ne pas trouver ce chien sympathique quand vous voyez sa bonne bouille). Il lui arrive donc de mettre cet animal au centre de ses intrigues (comme par exemple dans Soir de Cauchemar). C'est le cas dans Chasse à Mort, qui est probablement l'un des meilleurs romans décrivant l'amour inconditionnel et indicible qui peut unir un homme et une bestiole.
Travis Cornell est un ancien militaire des forces spéciales, un solitaire, cynique, qui vit dans le conté d'Orange, en Californie. Lorsqu'il rencontre Einstein, un chien très amical qui semble abandonné, il décide de l'adopter. Il va rapidement se rendre compte que le toutou est incroyablement intelligent, mais aussi que des gens mal intentionnés, et une effroyable créature, le poursuivent...
Bon, on retrouve ici le mec, triste et seul, qui va rencontrer la nana sympa qui tombe sous son charme, OK, c'est terriblement convenu, mais l'essentiel n'est heureusement pas là. Et pour une fois, il n'est pas difficile d'aborder l'essentiel sans dévoiler un élément crucial. C'est une simple histoire (enfin, "simple", il y a du fantastique là-dedans, bien sûr) d'amour. Pas entre Travis et Nora, mais entre Einstein et l'Homme, au sens large.
Le rapport que l'on peut avoir avec un animal est parfois moqué par des gens qui n'ont jamais rien éprouvé de tel et font l'erreur de croire qu'une échelle des sentiments existe. Ou qu'un rapport affectueux serait plus noble qu'un autre. Ce qui est très bien mis en scène ici, avec certes un chien hors du commun et un anthropomorphisme dangereux (mais relativement bien employé), ce n'est rien d'autre que la pureté d'un sentiment désintéressé, qui est d'autant plus magique qu'il est inter-espèce.
Est-ce que c'est plein de bons sentiments ? Oui, mais ça fonctionne, et parfois ça ne fait pas de mal d'avoir un peu de sucre entre deux giclées d'acide.
Les Étrangers (Strangers)
Je me rends compte que tous les romans de ma sélection datent des années 80. Pourtant, je ne les ai pas tous lus à leur sortie. Il faut croire que cette période de Koontz m'a particulièrement plu.
Les personnages de Strangers n'ont visiblement rien en commun. À part une chose. La peur. Le petit grain de sable qui vient perturber leur vie en apparence normale et rangée. Un écrivain sujet à des crises de somnambulisme, un ancien marine qui a peur de l'obscurité, un prêtre qui perd la foi, une jeune femme, chirurgien, qui a des absences effrayantes...
La première partie du roman est addictive et baigne dans une atmosphère tendue et mystérieuse, le tout servi par des personnages intéressants et attachants. La conclusion n'est pas tout à fait à la hauteur des attentes générées par un début vraiment bon et maîtrisé, mais l'ensemble demeure agréable à lire.
Peut-être le plus "kingien" des Koontz au niveau de la construction des personnages et de la mise en place de l'intrigue. Je suis toujours étonné, atterré même, lorsque je vois des commentaires (sur des sites américains ou français) négatifs sur la longueur de ce roman. Long, ça ? Carrément pas (que dire alors de The Dark Tower ou A Song of Ice and Fire ?), mais surtout, aucun mot n'est en trop. Tout concourt, jusqu'à la moindre virgule, à bâtir une solide histoire dans laquelle l'on s'immerge, page après page.
La longueur n'est pas une valeur absolue. Trop long, cela veut dire chiant. Et certains auteurs sont déjà trop "longs" en deux pages, ou même trois phrases.
Il existe aussi des lecteurs qui - et c'est sans doute risqué de l'admettre - ne savent pas lire. Oh, ils savent déchiffrer les mots, bien sûr, mais ils ne comprennent pas les particularités et la magie du roman en tant que medium. Ils veulent des résumés d'histoires. Des ersatz de personnages. Des livres maigres.
Et pourtant, un bon livre est toujours trop court.
La plupart des histoires - des bonnes histoires - peuvent se résumer en quelques mots, quelques lignes au pire. Mais quel serait l'intérêt de procéder ainsi ? Le but n'est jamais essentiel, c'est le cheminement qui importe.
Qu'elle fasse 200 pages ou 5000, une bonne histoire a la taille idéale. Celle qui convient à ses protagonistes, à son rythme et à son auteur. Il m'est arrivé de lire de mauvais Koontz, et ils étaient déjà désagréables à la vingtième page. Les bons, en général, le restent jusqu'à la fin. C'est, je le crois, le cas de ces cinq romans. Et si je ne vous en dis pas trop sur ce dernier, c'est volontaire. Il est des choses qu'il est bon de découvrir seul, tard, entouré par la Nuit et protégé par la Couette...
Peut-être n'aimerez-vous pas tous ces livres. Une recette, aussi bonne soit-elle, ne convient pas forcément à toutes les tables. Mais au moins, il n'y a pas ici de tricherie sur la marchandise. Le type a du talent, un savoir-faire indéniable et il bosse (on ne peut pas arriver à ce genre de résultats quand on pratique l'écriture en dilettante).
Si l'on me demandait dans quel genre se situe Koontz, je serais incapable de le dire. Épouvante, thriller, fantastique ? Un peu de tout ça. Par contre, je sais, depuis longtemps ce qu'il écrit réellement.
De bonnes histoires.
Et si parfois il y en a de moins bonnes, elles sont vite oubliées. Parce que ce qu'il reste à la fin, ce sont ces moments incroyables, quand les traces d'encre sur le papier se transforment en émotion réelle.
La magie existe. Et Koontz est l'un des sorciers qui peuvent embellir votre quotidien et agrandir votre monde.
Si le cœur vous en dit, laissez-vous tenter. Des tas de bons personnages n'attendent que vos yeux pour renaître à la vie et vous faire frissonner... encore une fois.






































