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Publié le
27.7.26
Par
Nolt
En 1985, Daniel Bevilacqua, dit "Christophe", sort un titre aujourd'hui considéré comme "kitsch" par ceux qui jugent vite et mal : Ne raccroche pas.
Et à l'époque, le titre est tout aussi mal perçu, mais pour d'autres raisons. D'aucuns le trouvent irrespectueux ou, pour le moins, osé. Une drague maladroite, par chanson interposée. Il est vrai que l'interprète des Mots Bleus semble fantasmer sur une princesse de vingt ans sa cadette. Probablement d'ailleurs que, dans un milieu habitué à des écarts d'âge qui atteignent facilement le double, encore aujourd'hui, ce soit le roturier qui choque. Quelle audace de s'adresser ainsi à la Princesse Stéphanie de Monaco !
Mais comme souvent dans les chansons écrites et composées par des perfectionnistes, intelligents et inspirés, tout ne se résume pas à l'écume d'une impression fugitive. Revenons d'abord sur ce chanteur aux tubes populaires mais à l'aura méconnue. Christophe, c'est notamment l'auteur d'albums comme Bevilacqua ou Comm'si la Terre penchait, des "galettes" contenant des compositions complexes, matures et très abouties. Et une forme certaine de poésie, sombre et délicate. Le type n'est pas un chanteur à midinettes, une sorte de Herbert Léonard à moustache, ou un simple interprète de variété. Perfectionniste, cinéphile, pilote de course, collectionneur (de synthétiseurs et de juke-box, entre autres), l'homme est plus profond que les succès de l'artiste (et leurs analyses superficielles) ne le laissent paraître.
Revenons sur la chanson qui fait débat à sa sortie, et notamment sur les paroles.
Ma princesse pleure dans les journaux
Poids des larmes, le choc des photos
Elle a le cœur lourd
Elle a besoin d'amour
Et l'amour, l'amour le voilà
Qui appelle d'une cabine en bas
Pourvu qu'elle réponde
Pourvu qu'elle réponde
Ce premier couplet est très important. S'y cachent en effet des éléments cruciaux qui transforment la soi-disant "chanson facile" voire ringarde en œuvre plus complexe que ce que peut laisser supposer une écoute distraite.
Tout d'abord, la princesse "pleure dans les journaux". Une manière élégante de souligner la rapacité de la presse people, qui se nourrit de drames, déjà à l'époque. La seconde phrase est d'ailleurs une allusion marquée au slogan de Paris-Match : le poids des mots, le choc des photos. Ainsi, dès les premiers mots, il est impossible de passer à côté d'une critique, subtile mais réelle, d'un fait sociétal et d'une dérive "journalistique".
Plusieurs extraits permettent ensuite de revenir sur la manière dont le personnage de la chanson s'adresse à "sa princesse".
Allo, Stéphanie, ne raccroche pas
[...]
Dernière chance comme au casino
Dernière chance, dernier numéro
Pourvu qu'elle réponde
Pourvu qu'elle réponde
[...]
Allo, Stéphanie, viens vite je t'attends
Sèche tes yeux, ne fais pas l'enfant
La nuit est douce près de la mer
Si dans un premier temps, l'on peut effectivement penser que Christophe drague Stéphanie, avec audace et insistance, il convient d'analyser ce qui est dit réellement et ce que le personnage (le chanteur se mettant bien entendu en scène) fait exactement.
Il ne la drague pas, il n'est même pas en sa présence. Il espère sa venue, voire la possibilité de simplement échanger quelques mots avec elle, ce qui n'arrive jamais. Dans un premier temps, elle "raccroche sans un mot". Était-ce seulement elle qui a répondu ? Puis, tout le long de la chanson, Christophe ne fait que répéter son espoir noyé de spleen. Il ne la drague pas, il rêve qu'un jour, elle répondra. Cela change tout.
Nous sommes ici moins dans une démonstration de kéké dragueur que dans les lamentations d'un amoureux transi qui se nourrit d'espérance. Et c'est ici que l'on bascule sur ce qui est évident mais échappe apparemment à bien des gens : la séparation des deux protagonistes.
En effet, Christophe n'aborde pas Stéphanie à l'occasion d'une rencontre due au hasard, lors d'une cérémonie ou après un concert. Il tente de lui téléphoner. Et quand on sait à quel point l'auteur-compositeur est précis et soigne le moindre détail, cela ne peut être le fruit du hasard. Surtout après avoir écorché les habitudes de la presse dans le premier couplet. Alors que les rapaces sans âme torturent la belle princesse à l'aide d'articles aiguisés, l'amoureux sincère demeure à distance, bloqué par un mur que même la technologie ne peut aider à franchir.
La cabine téléphonique, l'appel tardif, l'espoir teinté de douleur et de solitude, tout contribue à faire de cet inconnu qui offre son âme un quidam qui sera laissé pour compte, suspendu à son espoir et son combiné. Ce qui semblait être un pont entre des inconnus (la technologie, ici le téléphone) n'est qu'une passerelle fragile qui ne laisse passer que peu d'élus. Le chanteur le sait bien, ce qui résonne même dans la mélodie. À partir de 2:50, les plages de synthés deviennent aussi planantes que mélancoliques, infinies et lyriques dans leur froide certitude d'un amour condamné au fantasme et au fantasme seul.
La princesse est toujours seule. L'amoureux, même pas éconduit, est en larmes. La presse, elle, continue d'imprimer. Il ne s'agit nullement d'une chanson sur un type qui veut se taper une jeune princesse, mais d'un désenchantement auquel le protagoniste échappe, au moins un temps, en rêvant d'une histoire cinématographique, dans laquelle les princesses répondent quand on leur téléphone. Mais dans la réalité, même les signaux électriques transportant les voix ne franchissent pas vraiment les murs symboliques. Stéphanie ne répondra pas. L'homme dans la cabine, qui a mis "ses bottes rouges" pour qu'elle le reconnaisse, demeurera à jamais une ombre dans la nuit, un non-être, un spectre se lamentant sur un amour de conte de fées.
Est-ce là la seule interprétation possible de cette chanson ? Oh, sans doute pas. Mais elle est crédible, surtout quand on sait qui l'interprète. Et surtout, elle donne tellement plus à réfléchir que cette hypothèse, farfelue, d'un chanteur draguant réellement une princesse par le biais d'un 45 tours...
Et puis, n'avons-nous pas tous connu cette impression, folle et tordant notre estomac, qui se résume à un "pourvu qu'elle réponde" ?
Ne raccroche pas, par sa condamnation d'une certaine forme de "journalisme", par sa lucidité concernant certains moyens technologiques et par sa froide et triste conclusion, quitte totalement le domaine de la variété bas de gamme que certains lui avaient imposé pour toucher à l'universalité, à la souffrance partagée, aux espoirs déçus, bref, à notre condition.
Pas mal, non, pour une chanson "ringarde" et "kitsch" ?
Publié le
17.5.26
Par
Vance
Cinquante ans ! Un demi-siècle d'existence pour ce groupe qui s'est frayé une place au panthéon du rock dans les années 80 avant une période trouble qui aurait pu les voir disparaître comme tant d'autres, mais de laquelle ils sont revenus plus forts jusqu'à atteindre de nouveaux sommets. Iron Maiden est désormais une légende qui remue encore les foules, remplit encore des stades et suscite l'admiration sans bornes de ses fans comme le respect de ses concurrents.
Il fallait bien un film pour entretenir le mythe et transmettre le flambeau à de nouvelles générations qui s'avèrent encore sensibles à sa musique (il suffit de regarder les vidéos qui pullulent en montrant les premières écoutes de gamins, enchantés par ce qu'ils entendent). Si les années 90 avaient été synonyme de fin de carrière pour bon nombre d'artistes de la même génération et évoluant dans le même registre (le public nord-américain se détournant progressivement du hard-rock et du heavy metal pour le grunge et d'autres genres plus agressifs), elles n'ont pas pour autant signé leur arrêt de mort - et le documentaire permet de nous montrer leur chemin de croix avant une quasi-résurrection presque miraculeuse.
Mais revenons au commencement. Le documentaire de Malcolm Venville s'ouvre sur une petite animation suivie d'images d'un concert et d'une voix off qui souligne ce qui sera le leitmotiv du métrage : les fans. C'est pour eux, pour cette famille qui dépasse les frontières et transcende les barrières sociales, religieuses ou politiques, que les membres ont accompli ce parcours dantesque, ponctué de records de dates en tournée. Un parcours qui les a propulsés au sommet après des débuts dans des petits clubs londoniens sous l'impulsion d'un Steve Harris déjà persuadé de tenir quelque chose qui fera date.
D'où "l'ambition" du titre, qu'on croirait tirée de Macbeth.
Il faut reconnaître au film un bon paquet de qualités. Si l'on est profane, on assistera à un portrait très complet évitant le piège de l'hagiographie et n'hésitant pas à évoquer les moments les plus douloureux de l'histoire du groupe : le choix de se séparer de leur premier chanteur, Paul Di'Anno, dont le comportement et les excès nuisaient au projet du leader de Iron Maiden ; les tensions entre Steve et le chanteur Bruce Dickinson, son départ houleux puis son retour inespéré ; l'épuisement consécutif aux tournées à répétition (qui s'étendaient parfois sur plus d'un an) ; les maladies (un cancer de la gorge, un AVC) et la pression du public...
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| Steve Harris & Paul Di'Anno |
Le vrai fan n'apprendra sans doute pas grand-chose. D'autant que (et contrairement à ce qui est affirmé dans une des bandes-annonces) les membres du groupe sont déjà intervenus dans des films précédents : un documentaire en deux parties au début des années 2000 ainsi que le film Flight 666 narrant la tournée Somewhere back in Time World Tour de 2008 (23 concerts en 45 jours à bord du Ed Force One, un Boeing 757 piloté par Bruce Dickinson himself !).
Comme quoi, le rock mène à tout et même aux commandes d'un avion de ligne (quand on sait qu'un des guitaristes avait tenté sa chance en Suisse comme horloger et que Steve Harris a commencé comme éboueur...).
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| La formation considérée comme "classique" à partir de 1981 : Adrian Smith, Dave Murray, Clive Burr, Steve Harris & Bruce Dickinson qui fait des tractions |
À l'instar de tous les biopics musicaux sortis récemment, des choix drastiques ont été effectués, et le puriste pourra sans doute tiquer en n'entendant pas parler des tout premiers membres du groupe, quand Iron Maiden, entre 1975 et 1979, hantait les petits clubs de la capitale britannique et commençait à accumuler une petite légion d'admirateurs qui entretenaient le bouche à oreille jusqu'à la sortie de leur premier album éponyme : exit donc Dennis Stratton (guitare) ou Doug Sampson (batterie) - mais il faut reconnaître qu'ils apparaissent bien à la fin dans un bandeau récapitulant tous ceux qui ont fait partie de l'aventure et les trois qui ont perdu la vie depuis.
La force du documentaire réside surtout dans la passion qui anime les témoignages de tous ces admirateurs :
- des anonymes venant du Liban, du Kosovo, d'Argentine ou du Brésil (où la communauté est sans doute la plus bruyante et fidèle), de Pologne, chacun avec sa petite anecdote (comme celui qui était aux premiers rangs lorsque Dickinson s'est blessé sur scène à l'arcade sourcilière) ;
- des célébrités du monde musical : Tom Morello (Rage against the Machine), Gene Simmons (Kiss) ou Lars Ulrich (Metallica) ;
- Javier Bardem (l'acteur espagnol qui a joué notamment dans Dune ou Skyfall), sans doute le plus investi dans ces témoignages, pardonnant tous les excès du groupe, expliquant la portée, l'influence, le lyrisme et l'importance de leurs morceaux avec une flamme dans le regard et des vibratos dans la voix qui ne peuvent que convaincre les indécis.
L'autre atout réside dans les interventions vocales des Irons eux-mêmes : les voix de Steve, Bruce, des trois guitaristes (Adrian Smith, Jannick Gers & Dave Murray), des batteurs (Clive Burr puis Nicko McBrain), des chanteurs (Paul Di'Anno, Bruce et Blaze Bayley) mais aussi de leur producteur fétiche, Rod Smallwood, qui fera de la formation le groupe phare de la New Wave of British Heavy Metal. Chaque fois qu'on les entend, c'est en voix off avec un bandeau qui les nomme tandis qu'on visionne des images d'archives (les premières vidéos sont de piètre qualité). Impossible de rester insensible à leur concert en Pologne, avec les policiers qui délimitaient tout mais qui ont fini par leur demander des autographes, et cette soirée où ils ont fini par jouer du Deep Purple à un mariage (vidéo à l'appui).
Le documentaire se focalise essentiellement sur les tournées, qui ont forgé le groupe : les premiers albums sont mentionnés jusqu'à Number of the Beast (1982) qui voit Iron Maiden se stabiliser et construire une formation durable, laquelle sert encore de référence pour les critiques musicaux. Les suivants seront évoqués brièvement mais le film s'attarde plutôt sur la décennie prodigieuse des années 80 avec ces séries de concerts dans tous les continents dont un premier point culminant en 1985 (le World Slavery Tour et ce concert à Rio devant plus de 250 000 spectateurs). Avant d'entrer dans le dur : les tournées se succèdent, les spectateurs suivent mais pas la volonté ou la santé des artistes.
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| Steve Harris et son jeu de basse "galopant" caractéristique |
Les années 90 ne sont donc pas éludées, ce qui est une bonne chose : on y voit Iron Maiden en tournée aux USA dans des salles ridiculement petites par rapport à ce qu'ils ont connu. Mais le reste du monde continue d'affluer en masse à leurs concerts. Leur musique évolue également mais demeure fidèle à certains principes : des paroles recherchées, des thèmes surprenants souvent liés à l'Histoire, une forme de lyrisme dans les compositions, la basse échevelée de Harris et les solos de guitare qui se complètent en parfaite harmonie.
Puis c'est le retour en grâce. Avec beaucoup d'opportunisme (ce n'est pas mentionné dans le film mais les Maiden ont fini par céder aux sirènes du merchandising), le groupe se relance encore par des albums millimétrés et des tournées pharaoniques. On n'oublie pas non plus de parler d'Eddie, la mascotte dont Lars Ulrich vante l'impact incroyable, à nul autre pareil - avec sans doute une pointe de jalousie. Eddie présent dès les premières affiches, qui est devenu autant ambassadeur que signature (au même titre que la police d'écriture du nom du groupe). Eddie qui est pour les musiciens, à la personnalité souvent très introvertie, un moyen d'extérioriser leurs fantasmes. Un dossier spécial lui est d'ailleurs consacré par Nolt sur notre site.
Enfin, un passage raconte le malaise provoqué suite à des incidents malheureux (un assassinat perpétré par un individu qui écoutait leurs chansons, vous imaginez l'amalgame). Dickinson aura les mots qu'il faut pour démonter tous les argumentaires fallacieux ("musique sataniste", "propos déviants", "moralement scandaleux").
Moins de deux heures pour présenter cinquante ans de carrière : mission accomplie. Beau boulot et Up the Irons !
| + | Les points positifs | - | Les points négatifs |
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Publié le
7.4.26
Par
Virgul
Virgul : Kanyll, merci de nous accorder un peu de ton temps. On commence tout de suite par une petite présentation pour nos lecteurs qui n’ont pas la chance de te connaître, tu as commencé quand et comment ?
Kanyll : J’ai commencé la musique en 2006, à l’époque j’avais 17 ans, avec ma mère on avait pas mal de problèmes financiers et pas de domicile, nous étions hébergés chez une personne de la famille, le temps de se remettre d’aplomb. Avec un ami on écoutait beaucoup de rap, de freestyles en tout genre, et puis pour délirer, on s’est dit pourquoi pas acheter un petit micro bas de gamme à 10 euros et un logiciel d’enregistrement gratuit pour tester. On a fait nos premiers tests et tout cela est vite devenu pour moi une passion proche de l’obsession. Je me suis au même moment lancé dans la composition, à cette époque ce n’était pas aussi facile qu’aujourd’hui de trouver des prods sur youtube par exemple, et à partir de là commence mon parcours artistique personnel.
— Tu as mis en privé certains titres, un peu anciens, peux-tu nous dire pourquoi et si tu comptes les republier un jour (j'avoue avoir un faible pour Je me suis encore fait coller, fun et nostalgique à la fois).
— Beaucoup de mes anciens morceaux n’ont pas eu, ou très peu, de traitement audio dû à mon manque d’expérience à ce moment-là. Sans ce traitement les morceaux sont difficilement appréciables, avec un son agressif et désagréable pour l’oreille. J’ai pour projet et déjà commencé de retaper et réenregistrer certains titres pour les remettre au goût du jour et les publier sur les plateformes de streaming, mais uniquement les titres solo n’ayant plus de rapport avec les personnes en featuring.
— Dans Mouton Noir, tu dis « c’est pas de la trap mais ça kick », c’est vrai que tu n’es pas dans les codes du rap actuel, certains titres sont même très rock (comme La Bagarre, un hit, dont on retient tout de suite la mélodie, ou même Mouton Noir, presque hard rock au niveau de la prod). Comment définirais-tu ton style, bien à part, et quelles sont tes sources d’inspiration ?
— Je n’ai jamais réussi à mettre un nom sur mon style musical. Étant justement un mouton noir, je fais souvent tout à l’opposé des tendances, j’ai toujours mélangé tous les styles en fonction de mes goûts, mais pour être plus généraliste, je dirais pop. Depuis tout petit, les morceaux qui m’ont toujours fait rêver étaient ceux des années 80 : Michael Jackson, Queen, la BO des films d'action, etc. Je pourrais en citer beaucoup, tout ce qui était pop, rock, funk, disco, de ces années-là, mais le rap était bien plus accessible sans réel besoin de compétences ou de talent de chant. Après de nombreux tests décevants, j’ai mis des années avant de parvenir à composer, écrire et pouvoir chantonner le genre de musiques que j’ai toujours voulu faire.
— Est-ce que l’on pourrait dire que tu as un style assez positif et lumineux finalement ? Loin des clichés par exemple de voyous dealant et affrontant la police. Même dans La Bagarre, tu parles de « braco », mais de manière très décalée et très « jouée », en mettant en scène une bande de potes qui prépare un coup depuis dix ans. C’est très « cinématographique » dans l’idée.
— J’ai toujours eu ce juste milieu entre passé sombre compliqué, très personnel, et ce coté soleil et humour en même temps. Dans la vie, je suis plutôt un clown qui vanne beaucoup, mais je traîne aussi beaucoup de fardeaux dans mon sac à dos. J’ai habité 20 ans dans des quartiers, j’ai dealé pendant des années comme tout le monde autour de moi pour remplir le frigo quand j'étais mineur, je ne pouvais pas travailler mais je n’ai jamais voulu mettre cette partie de ma vie en musique de manière glorieuse, c’était plutôt du négatif pour moi, pas de quoi en être fier, même s’il y avait de bons moments, j’ai vécu et vu tellement de choses dont je ne peux pas parler et où je ne me sentais pas du tout à ma place…
— Au niveau des textes, tu as souvent des punchlines un peu décalées, avec beaucoup d’humour, ce qui ne t’empêche pas d’asséner parfois des aphorismes pas dégueulasses (du genre « avant de tailler, passe le balai devant ton palier » ; « tu compteras les secondes, avant que le tonnerre te gronde, tu auras tellement d’ennemis, que tu accuseras même ton ombre » ou encore le très lourd « me dis pas que tu vois pas le mal, ça commence comme Montana, ça finit comme Palmade ». En termes d’écriture, as-tu un modèle ? Est-ce que tu lis beaucoup, et si oui quel genre de bouquins ?
— J’ai plus d’une fois tenté de lire mais j’ai beaucoup trop de passions qui prennent du temps et j’ai fait le choix de la musique en général. Je n’ai pas de modèle pour l’écriture, mais j’ai toujours essayé de m’appliquer dans mes textes, quel que soit le thème. Aujourd’hui, j’ai tellement rappé ma vie que j’ai plutôt tendance à écrire sur des thèmes plus légers, pour tenter de toucher tout le monde. Ça tient aussi à la manière dont on consomme la musique aujourd'hui, plus le texte est compliqué, moins le titre est écouté. L’ambiance générale du morceau est bien plus important de nos jours.
— La qualité des clips que tu produis est assez folle, que ce soit les décors, la photographie, les effets, tout cela est très léché. Tu as une équipe avec toi ou tu as appris sur le tas ?
— J’ai commencé, très peu de temps après m’être lancé dans la musique, à faire de la vidéo tout simplement parce que je n’avais pas les moyens de payer pour un clip. J’ai donc acheté un petit camescope et je me suis entrainé. J’ai tout appris seul, aujourd’hui je suis vidéaste en micro-entreprise, j'ai accès à beaucoup de matériel haut de gamme. Je réalise toutes sortes de vidéos pour des clients : clips, mariages, réseaux sociaux, etc. Et je suis capable de gérer toute la chaîne artistique seul : écriture, composition, chant, enregistrement et arrangements, vidéo. Beaucoup de mes amis m’ont demandé comment j'avais fait pour apprendre tout ça. Depuis 20 ans, j’ai tout simplement stoppé tout ce qui passait pour moi après la musique : boîte de nuit, soirées, traîner dehors, les jeux vidéo, etc.
— Pas vraiment de projets précis mais plutôt sortir chaque morceau un après l’autre. On ne consomme plus la musique comme avant, où l’on prenait le temps d’écouter chaque morceau, chaque album. Je ne vois plus vraiment d’intérêt à sortir un album, sauf pour les plus grandes stars, suivies par des millions de personnes.
— Où peut-on écouter et acheter tes titres ?
— Mes titres sont sur toutes les plates formes de streaming comme spotify, apple music, sinon mes clips sont sur youtube.
— Est-ce que tu aurais un souvenir de lecture t’ayant marqué étant jeune ? Une BD, peut-être ?
— Plus jeune, j’ai lu les Chair de poule, Astérix et bien sûr Dragon Ball, qui a bercé mon enfance.
— Merci Kanyll d’avoir accepté de nous parler de ton parcours. La tradition veut que l’on termine nos entretiens par cette question : si tu avais un super-pouvoir, ce serait lequel et pourquoi ?
— J’ai toujours voulu répondre « immortel » à cette question (rire), mais en y réfléchissant avec plus de maturité, je me dis que je n’ai pas envie de finir seul pour l’éternité (rire), donc ce serait de pouvoir remonter le temps, je recommencerais absolument toute ma vie différemment.
Et voilà les matous, nous espérons vous avoir donné envie de découvrir ce que fait cet artiste, original et autodidacte, n'hésitez pas à jeter un œil (et surtout une oreille, voire les deux) sur ses pages, vous découvrirez des sons punchy, très mélodiques, entre pop rock et rap, le tout mis en images dans d'excellents clips. Miaw !
Publié le
25.3.26
Par
Virgul
Ce double album vinyle reprend bien entendu les titres du plus célèbre live du groupe. En vrac, l'on peut retrouver The Trooper, 22 Acacia Avenue, Aces High, Powerslave, The Number of the Beast, Running Free ou, entre autres, Phantom of the Opera. En tout, 18 titres mythiques issus des premières années du groupe.
En plus des deux superbes disques bleu et jaune, ce package collector (qui reprend la magnifique couverture originale, par Derek Riggs) contient une réplique du programme de 24 pages du "World Slavery Tour", un "tour pass", ainsi qu'un livret de 12 pages reprenant le contenu original créé pour la sortie de l'album à l'époque, plus un bonus exclusif récent intitulé Rime And Punishment: Celebrating 40 Years Of Live After Death.
Ajoutons que les pistes audio sont celles des titres remasterisés en 2015, et l'on pourra conclure que l'on se trouve ici devant une édition de grande qualité, à l'esthétique aussi soignée que le son. Même si vous ne sortez pas souvent votre platine disque, l'objet vaut largement le coup, même pour le prix de 50 euros.
Puissant, lyrique, visuellement sublime, bref, Maiden.
Publié le
29.12.25
Par
Virgul
Iron Maiden - 50 ans de succès, c'est le nouveau livre consacré au groupe et sorti il y a à peine deux mois en version française, chez Grund.
Bon, et sa raconte quoi à votre avis ? Bah oui, l'histoire du groupe, de ses débuts difficiles, à rechercher un club où se produire dans l'East End londonien, jusqu'à Senjutsu, le 17e album studio de la formation, en passant par le succès planétaire que l'on sait et les tournées spectaculaires, le tout saupoudré d'explications sur les influences de Maiden ou ses thématiques. Si vous ne connaissez que très approximativement la bande, cela devrait vous renseigner sur l'essentiel.
Mine de rien, les membres du groupe, actuels ou passés, vieillissent. Après les ennuis de santé surmontés par Bruce Dickinson, on en passe par quelques nouvelles de ce brave Nicko McBrain, victime d'un AVC (dont il s'est remis lui aussi), par un point sur Blaze Bayley, également en pleine forme après un quadruple pontage coronarien, et bien entendu par un hommage mérité à Paul Di'Anno, mythique et turbulent premier chanteur du groupe, parti ambiancer l'éternel banquet de Wotan.
Ach, le metal, ça use un peu.
Le livre contient énormément de photos, certaines très célèbres, d'autres moins (le groupe en karategi, et non en "kimono" comme l'annonce la légende, vaut le coup d'œil). L'aspect visuel est centré sur les concerts, les photos promotionnelles et les goodies (affiches, tickets...), si vous avez une préférence pour Eddie et les magnifiques illustrations de Derek Riggs, ce n'est pas ce livre qu'il vous faut (on vous conseille plutôt le Run for Cover, détaillé dans ce dossier). Enfin, l'ouvrage se termine sur une discographie détaillée des albums studio et live.
Est-ce que l'on apprend vraiment de nouvelles choses ici ? Si vous êtes un fan absolu et que vous avez déjà dévoré ce qui a été publié sur le groupe, probablement pas. Mais il n'y aura jamais un seul putain de livre en trop consacré à la légende Maiden ! De Running Free à Fear of the Dark, de Where Eagles Dare à Wasting Love, en passant par Seventh Son of a Seventh Son ou Steel Life, Transylvania ou Wasted Years, la Vierge de Fer à trop remué, gravé et enchanté nos cœurs et nos âmes pour que l'on se lasse d'entendre raconter, encore une fois, le périple entamé par un jeune Steve Harris, perdu en 1975 dans la fièvre punk d'un Londres lointain. C'est la marque des meilleurs contes, on peut les entendre, encore et encore, et la magie renaît avec les mots.
Pour un peu moins de 30 euros, voilà de quoi vous replonger dans un parcours ahurissant couvrant cinq décennies, avec un petit pincement au cœur et quelques bon vieux titres, volume à fond, en guise de bande originale.
Publié le
30.11.24
Par
Virgul
On allie aujourd’hui les domaines littéraires et musicaux avec un ouvrage passionnant et hors du commun : Noctule. h - Rétrospective !
Et qui de mieux placé que son auteur pour nous en parler ?
Virgul : Manu, merci de venir nous parler de ton livre qui porte sur ton aventure musicale, au sein de différents groupes. Qu’est-ce qui t’a donné envie de raconter ton parcours ?
Emmanuel Bonnet : Merci à toi pour l’invitation, c’est très sympa, d’autant que j’adore UMAC.
Pour répondre à ta question, disons simplement qu’à la base c’est une démarche très égocentrée, voire même un peu égoïste, qui a donné naissance à ce livre. En 2022 après la crise Covid, je me suis plus ou moins retrouvé sans groupe. Les autres membres de Logical Tears n’avaient plus du tout d’intérêt ou d’envie pour cette formation et ils me l’ont bien fait comprendre. J’ai donc été plus ou moins forcé de mettre un frein à mes activités musicales. Mais étant un infatigable créatif, je me suis vite retrouvé en manque, si l’on peut dire ça comme ça. Alors je me suis demandé quel type de projet je pourrais réaliser seul sans devoir dépendre des autres. Et comme c’était aussi l’année de mes 50 ans, j’ai décidé de réaliser ce livre un peu comme un challenge. C’est une grande première pour moi, étant dyslexique, mon rapport à l’écriture a toujours été un peu compliqué. Et ça me donnait aussi une forme de réponse créative à une éventuelle crise de la cinquantaine. (rires)
Après pas mal de réflexions, d’encouragements et de conseils de mon ami Cyril Durr, que vous connaissez bien chez UMAC, je me suis finalement lancé et le résultat me plaît bien pour une première expérience littéraire.
- Le livre regorge d’illustrations et d’anecdotes, parfois drôles, parfois émouvantes, on a vraiment l’impression d’être immergé dans ce monde un peu "underground" qui est le tien. En fait, on se rend compte qu’il n’est pas nécessaire d’être spécialiste d’un style musical en particulier pour se passionner pour tes péripéties. Est-ce que tu souhaitais dès le départ, justement, que ce soit très accessible et pas seulement un ouvrage destiné aux musiciens et aux fans ?
- Oui totalement, je ne voulais pas que ça soit quelque chose de trop hermétique et barbant pour le profane. Je ne suis absolument pas connu comme musicien en dehors de quelques fans ou amis, alors il fallait vraiment élargir le propos. C’est certain que les gens qui ont suivi depuis longtemps Noctule Sorix et Logical Tears, mes deux groupes, auront certainement plaisir à découvrir leurs genèses, mais ce n’était pas mon but premier. Je voulais juste proposer une sorte de parcours de vie au travers d’anecdotes et de souvenirs vécus. Montrer qu’on peut toujours se dépasser et arriver à ses buts, aussi modestes soient-ils, malgré les embuches et les accidents de la vie. La musique c’est effectivement le fil rouge de cet ouvrage, mais je pense qu’il parle davantage de persévérance et de motivation personnelle. J’ai essayé de le rendre drôle et captivant, même si certains passages sont un peu plus personnels ou tragiques. Je pense sincèrement qu’on n’est pas obligé d’aimer la musique pour apprécier cet ouvrage, il se lit bien sans être un spécialiste de la Cold Wave. (rires) Un ami qui vit en Suisse et qui l’a déjà lu m’a dit récemment : "Ça se lit super facilement, c’est drôle, prenant et mine de rien, c’est aussi le reflet d’une certaine époque." Ce qui m’a beaucoup touché.
- La forme de ce livre est très soignée, avec un vrai travail sur les différentes typos, la mise en page, les illustrations, est-ce que ton expérience dans la BD t’a poussé à en faire aussi un "bel objet" ?
Oui probablement. J’ai un regard très graphique sur les choses de par ma formation artistique et mon travail de coloriste de bande dessinée. Je lis aussi beaucoup de biographies de musiciens, d’acteurs ou d’artistes et je trouve que les maisons d’édition, même si elles effectuent souvent un travail correct sur la couverture, se contentent d’avoir une approche très classique sur la mise en page. Un livre c’est avant tout un objet et c’est dommage quand le sujet du livre touche à un domaine artistique de se satisfaire d’une mise en page banale ou trop simple. Les deux ouvrages qui m’ont réellement inspiré pour la forme de mon livre sont la biographie de Marilyn Manson, Mémoires de l’enfer, et celle de Travis Barker, Can I Say. Ils ont tous les deux une mise en page très graphique qui retranscrit bien la personnalité de leurs auteurs. Je voulais retrouver ça dans mon ouvrage. Apporter une mise en page un peu graphique et rock’n roll qui retranscrive ce côté "underground" de ma vie. J’ai mis du temps à trouver quelque chose qui reflète ma personnalité, un style qui soit personnel mais quand même facilement lisible et vraiment pas indigeste.
Oui c’est vrai. Je l’ai conçue avec le dessinateur Daniel Gattone, avec qui justement j’ai réalisé plusieurs comics. Je trouvais ça drôle d’avoir une couverture totalement dessinée pour une biographie, et puis ça montre également une autre facette de mon travail. J’en suis vraiment content, Daniel a fait un super travail sur l’illustration. Je l’en remercie grandement.
- Tu es donc compositeur, bassiste, on sait maintenant que tu es également coloriste, aujourd’hui écrivain, quel est finalement le domaine créatif qui te permet de t’épanouir le plus ?
- Je crois que j’ai besoin de tous ces domaines pour pouvoir m’épanouir pleinement. Je travaille par phases, parfois plus en musique, parfois plus en images. J’ai toujours été autant attiré par le son que par l’image, mais si je dois être complètement honnête, je pense que mon amour premier restera quand même la musique. C’est réellement dans la composition musicale que je suis le plus à l’aise. L’écriture c’est vraiment tout nouveau pour moi et comme je te l’ai dit, j’ai un rapport un peu particulier à l’écrit. Étant dyslexique, j’ai vraiment une confiance toute relative quand j’écris. Et comme on m’a pas mal brimé durant mes études, c’est difficile d'être à l'aise dans ce que je fais à l’écrit. Mais j’avoue que j’ai adoré écrire ce livre et j’y ai même trouvé du plaisir lors des séances d’écriture.
- Et justement, maintenant que ce premier pas dans l’écriture est franchi, est-ce que tu envisages d’autres projets, de fiction par exemple ?
- Eh bien figure-toi que oui ! J’ai un projet qui me tient à cœur sur l’écriture d’une grosse nouvelle dans un univers Heroic Fantasy que j’aimerais bien finaliser. Elle sera illustrée par Daniel Gattone comme il a pu le faire pour le recueil de nouvelles de Cyril Durr, Jour de Neige, paru chez 2T2N. Mais là, le procédé est inversé. Daniel a déjà réalisé les illustrations et c’est moi qui trouve un récit autour de ses dessins. J’ai déjà écrit la première partie, mais ça me demandera encore un peu de temps pour finaliser le texte. Et le temps c’est malheureusement ce qui me fait le plus défaut dans la finalisation de mes projets.
- Un dernier mot pour nos lecteurs ?
Je tiens déjà à remercier toute l’équipe d’UMAC pour cet entretien bien sympathique.
Et souhaiter à vos lecteurs qu’ils restent passionnés aussi bien en musique, qu’en BD ou en littérature. C’est cette culture pop qui nous fait vibrer et change réellement le monde en quelque chose de positif.
Prix : 32 €
Éditeur : 2T2N
Distributeur : BoD
Langue : Français
Broché : 480 pages
ISBN-10 : 2322523658
ISBN-13 : 978-2322523658
Poids de l'article : 1 Kilogramme
Dimensions : 15,5 x 3,1 x 22 cm
Publié le
17.10.24
Par
Virgul
Toi non plus tu n'as pas réussi à obtenir un billet hors de prix pour le concert intime de The Cure le 31 octobre à Londres ???
Ne sois pas triste, sèche tes larmes, relève la tête et file prendre une douche !!!
Tu as encore la possibilité de te rattraper en allant voir Logical Tears 2.0 au Saint Pierre à Metz le 24 octobre ! C'est gratuit, ils jouent presque aussi bien que The Cure et en plus, ils sont beaucoup plus beaux ! Alors pourquoi hésiter ? Viens prendre une bière et écouter de la coldwave sympathique ce jeudi soir à Metz...
Et si tu as l'idée saugrenue de ne pas vivre en Moselle, Logical Tears 2.0 sera en concert le samedi 26 octobre au Cafard Naum à Saint-Étienne-Lès-Remiremont en compagnie du groupe post punk Electric Press Kit.
Bon ça va, c'est les Vosges, ça reste un département sympathique. Faut juste faire attention à la Bête. Qui pourrait très bien venir te dévorer si tu ne mets pas assez d'ambiance !
Tu es encore là ? Va préparer tes affaires, si tu habites trop loin, quitte ton emploi et ton conjoint s'il le faut, on t'attend pour te faire vivre des orgasmes auditifs !
Publié le
8.6.24
Par
Nolt
Logical Tears revient très fort cette année avec une nouvelle formation et des titres qui sentent toujours bon la coldwave sombre et mélodique !
Ce n'est pas l'actu qui manque pour la formation composée maintenant de Noctule H. et O. Scar, ce dernier incarnant la nouvelle voix de cette évolution 2.0.
Tout d'abord, si vous voulez découvrir le groupe, nous vous invitons à écouter le podcast Talents d'ici, de RCF Radio, qui leur est consacré.
Et si vous voulez passer à l'étape suivante et vous prendre du bon son live dans les oreilles, un concert est prévu le 29 juin à La Chaoué, à Metz (à 20h30) !
Outre Logical Tears, vous pourrez retrouver ce jour-là les tout aussi excellents Hanging Gardens.
Alors, ce n'est pas un bon programme ça ? Si vous aviez prévu quelque chose le samedi 29 (mariage, rendez-vous galant, déménagement du beau-frère...), annulez tout, quitte à vous brouiller avec votre famille et vos voisins ! Car dans quelques années, quand vos enfants, les yeux humides d'espoir et d'émotion, vous demanderons ce que vous faisiez quand les légendaires Logical Tears 2.0 et Hanging Gardens ont retourné La Chaouée, vous pourrez répondre, avec fierté et nostalgie : "J'y étais gamin... oh oui, j'y étais !"
Vous pouvez également retrouver les albums de ces groupes sur leur bandcamp :
Publié le
20.4.24
Par
Nolt
C'est reconnu par tous les bons ORL, l'abus de niaiseries, de style Patrick Bruel ou Aya Nakamura, peut faire perdre plus de 55 % de l'audition à moyen terme et avoir même des répercussions sur la santé mentale, le bon sens et l'humeur.
En nous basant sur des études purement scientifiques, nous vous recommandons de vous laver les dents au moins deux fois par jour, de manger des fruits et des légumes si vous le pouvez (à part des kiwis, parce que franchement, faut le vouloir pour bouffer ça), et d'écouter les titres qui suivent.
VAN HALEN - Ain't Talkin' 'bout Love
Deux à trois fois par semaine, à fond dans la bagnole (ou dans la chambre si vous vivez chez vos parents). Normalement, ça doit stresser tout le monde. Expliquez-leur que la vraie musique, ça s'écoute à fond et en transe. Si vous avez un chat, protégez-le en lui mettant des boules Quies (sauf si c'est un putain de cat hardos).
Bond de testostérone : + 1500
Issu de l'album : Van Halen (1978)
IRON MAIDEN - Fortunes of War
Tout peut s'écouter dans la longue discographie de Maiden, mais ce morceau-là, aux alentours des deux minutes, s'affole pour devenir guerrier et transcendantal. Courant chez Maiden, mais bon, il fallait en choisir un. Et celui-ci n'est pas trop connu.
Envie de maltraiter une gratte : + 17 500 / envie de s'acheter un glaive et d'envahir la Perse antique (ou le Luxembourg, histoire de se faire la main) : + 80
Issu de l'album : The X Factor (1995)
TWISTED SISTER - King of the Fools
Là, je reconnais, c'est spécial. Le chanteur m'a toujours fait flipper. Il ressemble un peu à une vieille polonaise qui tenait un stand de frites dégueulasse à Thionville (véridique). Elle était trop maquillée et avait toujours l'air d'être deux minutes dans le passé quand on lui parlait.
Mais bon, Twisted quoi. On ne peut pas dire qu'il y ait tromperie sur la marchandise.
Je passe pour un asocial et un mec bizarre : + 50
Issu de l'album : Come Out and Play (1985)
BLUE ÖYSTER CULT - Don't Fear the Reaper
Si là, on n'a pas un classique, du genre qui te fait chaud (ou froid, ça dépend des gens) jusque vers des endroits que la décence nous interdit de nommer, alors autant abandonner toute notion ayant un vague rapport avec l'harmonie, la justesse et la mélodie.
Ce truc-là, ça doit te filer des frissons, au minimum. La chiasse si tu es très sensible. Mais de toute façon, ça doit avoir un effet physique. Au moins, tu remues vaguement les pieds. Pour l'anecdote, c'est ce titre qui ouvre l'adaptation en téléfilms du roman Le Fléau de Stephen King.
Joie : + 5000 / Drague : - 18 (bonus de + 35 si filles bourrées et texanes)
Issu de l'album : Agents of Fortune (1976)
CLUTCH - Electric Worry
Déjà, j'aime ce groupe pour ses membres habillés normalement. Ah je te jure, quand tu passes de Twisted Sister à Clutch, ça te repose les yeux. En terme de fringues, Clutch, c'est discret, fonctionnel, un poil terne, on a l'impression que les mecs partent à la pêche plutôt que sur scène. Ça doit être l'équivalent vestimentaire de l'autisme. Tout à fait mon style. Ce groupe est présent également pour son petit côté redneck, sa basse brutale et couillue, et sa tendance, très "maidenesque" [1], à pondre des textes surprenants et bien plus profonds qu'on ne pourrait le supposer (en faisant notamment référence aux classiques de la littérature, à la mythologie ou à certains hauts faits historiques. Ah ben, c'est pas du Cali, c'est sûr).
J'ai l'air d'un plouc : + 40 / je jubile secrètement en sachant qu'il y a plus de neurones dans un refrain de Clutch que dans toute la discographie de Booba : + 1 000
Issu de l'album : From Beale Street to Oblivion (2007)
SABATON - Unbreakable
Pure décharge d'adrénaline qui peut occasionner une montée de testostérone fulgurante. Puissant et mélodique à la fois, ultra-lourd, ce titre peut te faire passer de "wouah, déjà 06h00, pfff, j'aurais bien dormi encore un peu" à "je vais aller au taf en courant, qu'est-ce que j'en ai à foutre ? Et si un de mes connards de collègue me parle, je lui arrache le cœur et je m'abreuve de son sang chaud !!".
Et puis, elle n'est pas magnifique cette pochette ?
Et puis, elle n'est pas magnifique cette pochette ?
Motivation : + 1000 / Possibilités de finir en taule pour meurtre : + 1000
Issu de l'album : The Art of War (2008)
METALLICA - Orion
C'est probablement le plus fantastique instrumental metal de tous les temps. Ouais, rien que ça. Déjà bien rythmé et puissant les 4 premières minutes, après un petit break planant, le morceau devient ensuite d'une virtuosité et d'un lyrisme proprement hallucinants. Avec ça mon gars, même si tu as écouté du Calogero toute ta vie, tu vas t'offrir une remise à niveau des esgourdes et un retour aux réglages d'origine. Ta vie sera plus belle, l'être aimé reviendra, tes cheveux repousseront et tu paieras moins d'impôts. Bon, j'exagère peut-être sur certains effets qui ne sont pas garantis, mais ça reste quand même un titre légendaire.
Charisme : + 2 000 000
Issu de l'album : Master of Puppets (1986)
PRETTY MAIDS - I.N.V.U.
Tu as vraiment cru qu'on n'allait pas mettre de Pretty Maids ? PM c'est indispensable, d'accord ? Les compos sont souvent excellentes et c'est suffisamment mélodique pour que ta copine ou ta femme apprécie, déjà ce n'est pas négligeable. Ensuite, on avait trop de groupes ricains alors que la filière scandinave vaut clairement le détour. Ceci dit, ils ont tellement d'albums et de titres excellents, ce fut difficile d'en choisir un. En passant, Nordic Union, c'est très bien aussi et c'est le même chanteur. Testez Hypocrisy par exemple, ça passe comme du chocolat chaud un soir d'hiver.
Envie de bouffer du sakkuk et du smørrebrød : + 25
Issu de l'album : Pandemonium (2010)
DEF LEPPARD - Women
J'avais très envie de mettre Love Bites, parce que fin 80, c'est la ballade que tous les ados métalleux qui fantasmaient sur une fille inaccessible écoutaient, mais ça ferait tafio... ça ne serait pas dans le thème de la sélection, qui nécessite des titres un peu plus couillus. Du coup, bam, Women ! Ça parle quand même de sentiments, mais c'est plus joyeux et axé... sexe.
Mais Hysteria est à écouter dans son ensemble. C'est un album mythique, excellent, qui a marqué l'histoire de la musique.
Mais Hysteria est à écouter dans son ensemble. C'est un album mythique, excellent, qui a marqué l'histoire de la musique.
Romantisme : + 2
Issu de l'album : Hysteria (1987)
SCORPIONS - Always Somewhere
Ouais, on n'est pas des sauvages, on peut terminer sur une ballade, musclée mais ballade quand même, interprétée par les rois du genre, alias nos amis Germains de Scorpions. Et puis c'est allemand, c'est propre, c'est carré, ça tape là où il faut. Ce qu'il y a de bien avec Scorpions, c'est que tu peux même faire écouter ça à ton gamin de 5 ans. Ça le prépare tout doucement à monter en gamme.
Huilage du conduit auditif : + 500
Issu de l'album : Lovedrive (1979)
Bien entendu, 10 titres, c'est très peu. Il existe bien des chansons, et bien des groupes, qui ont marqué mes tympans naguère et qui continuent de m'accompagner aujourd'hui. Tout cela est donc, forcément, subjectif. C'est pour ça qu'il ne s'agit pas d'un classement d'ailleurs. Si vous ne vous retrouvez pas dans ce top 10, c'est normal, vous avez des goûts de chiottes [2]. Plus sérieusement, et bien que la première hypothèse ne soit pas fausse dans tous les cas, ce n'est pas spécialement fait pour vous convenir mais pour rappeler que la musique, ce n'est pas forcément de la soupe tiède qui convient à tous les gosiers, mais un truc qui peut être épicé, violent, orgasmique et même subtil ! Et puis, même si un seul titre vous intrigue dans le lot, ce n'est déjà pas si mal.
Et de toute façon, j'aime bien aussi Dorothée, comme quoi, tout est relatif.
[1] Cf. ce dossier qui revient notamment sur la diversité et la qualité des textes du groupe, très loin de l'image ridicule qu'en donnent parfois certains médias.
[2] Là je mettrais bien que c'est une plaisanterie, histoire d'éviter de supporter les pleurnicheries du gros lourdingue habituel qui ne manquera pas, dans les 24 heures, de venir se plaindre sur l'injustice de ces propos, mais si on pouvait expliquer le second degré aux cons, ça se saurait.
























































