Toutefois, l’Excalibur qui nous intéresse ici est le nom d’un
groupe et de la série éponyme née en 1988 de l’imagination enfiévrée de Chris
Claremont et Alan Davis. Claremont est alors au sommet de sa gloire : au
début de la décennie, sa saga du Dark Phoenix a placé les X-Men en tête des
ventes, mettant critiques et lecteurs au diapason et boostant l’envie de voir d’autres
séries mutantes ; il a déjà lancé les Nouveaux Mutants dès 1982 et
contribué à la série sur Wolverine. Ses histoires retorses, bardées de sous-intrigues
susceptibles de mettre en lumière le passé mystérieux d’un personnage ou le
destin tragique d’un autre, ses secrets qui se dévoilent par petites touches
frustrantes, autant d’indices épars censés accrocher le lecteur, étaient prisées
des fans et ses arcs successifs se succédaient tout en préparant le terrain
pour des événements futurs, dramatiques pour la plupart. Depuis, l’aura de
Claremont s’est tarie, le lectorat s’est lassé de son écriture et les
éditeurs lui ont plusieurs fois mis des
bâtons dans les roues (la lecture de X-Men : la Fin est assez éprouvante,
cf. cet article),
mais à l’époque, on ne jurait que par lui, et on a objectivement rarement fait
mieux que Days of Future Past ou Dieu crée, l’homme détruit.
et ils ne cessent de pleurer
leurs amis disparus tout en se morigénant, incapables de trouver un sens à leur
vie désormais bien sombre. Un ami de Kitty, Brian Braddock (Captain Britain), s’enfonce
également dans le désespoir : sa sœur, Psylocke, a succombé aux côtés des
X-Men et sa compagne Meggan ne parvient pas à lui redonner la joie (ou même une
raison) de vivre. C’est l’assaut de Warwolves sur Londres, à la poursuite de
Rachel Summers, qui les unira pour faire front commun, défendre d’abord leur
amie avant de décider de faire un brin de route ensemble et continuer le rêve
du professeur Xavier, afin que les X-Men ne soient pas morts en vain. Le sort
en est jeté, "he sword is drawn".Succédant à l’event Mutant Massacre, Excalibur se veut une
sorte de spin-off des X-Men, histoire de combler le vide laissé par nos héros
(vide qui ne durera pas vu qu’ils reviendront, évidemment). Ainsi, outre les
deux membres officiels de l’équipe X cités plus haut, on retrouve Rachel, la
fille de Scott Summers (Cyclope) et Jean Grey provenant d’une réalité future
alternative : ancien limier chargé de traquer les mutants, elle a hérité
des pouvoirs du Phénix qu’elle utilise d’une manière plus violente que sa mère.
Décomplexée, vibrante, elle est devenue l’amie de cœur de Kitty et c’est parce
qu’elle a échappé au monde de Mojo, où elle avait séjourné afin de panser ses
blessures, qu’elle doit à présent affronter les sbires de son ancien maître. Toutefois, Mojo n'est pas le seul à envoyer un contingent de super-êtres dans le but d'appréhender Rachel : les Technets, menés par l'intrigante Gatecrasher, sont également chargés de traquer le jeune femme. Et pendant que tout ce beau monde tente de s'expliquer et finit par s'affronter, un "bidule" sentient s'éveille soudain à l'arrière d'une boutique et commence à ouvrir des portails vers une dimension alternative...
Le volume n'est pas encore achevé car il est complété par de petites histoires, dont une singulièrement nostalgique et gracieuse signée par Alan Moore himself, lequel a déjà fait ses armes sur Captain Britain, et les origines de ce dernier signées Claremont et Herb Trimpe. Ajoutez-y un dossier sur la création de l'équipe, de nombreuses reproductions de couvertures, et vous tenez un volume bien rempli. Si l'on s'en tient à la série elle-même et à l'épisode d'Arthur Adams, l'ensemble vaut le coup, s'avère aussi délassant qu'efficace, avec des personnages et créatures surprenants et un humour percutant. Kitty et Rachel tirent un peu la couverture à elles, leur passé et leur psyché donnant lieu à des réflexions intéressantes et des dialogues tendus. On sent que Claremont hésite encore sur la conduite à tenir pour Diablo, mais il ne prend aucun gant quant à Brian Braddock, montré sous son plus mauvais angle afin d'exposer une forme de réhabilitation grandiose dans des épisodes ultérieurs. Néanmoins le tome en lui-même est trop disparate et les huit épisodes du "Wild Week-end", lourdingues et laids, font vraiment pâle figure. Mais c'est sans doute le prix à payer pour ces collections qui cherchent à proposer davantage qu'un arc narratif.
| + | Les points positifs | - | Les points négatifs |
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puis incité à se mettre à la place d'un innocent sur qui pèsent d'épouvantables soupçons.— En haut de l'escalier, il y a un couloir.
— Oui..
— Un long couloir.
— 15 mètres.
— Possible.
— Certain.
— Trois chambres, si je me souviens bien. Deux grandes et une petite.
— La chambre des enfants, la chambre d'amis et la nôtre. La chambre des enfants est restée vide, la chambre d'amis est devenue la chambre de ma femme, et la nôtre est devenue la mienne.





















