Publié le
15.9.15
Par
Nolt
— Mais… je vous avais dit que
c’était une soirée déguisée…
— Ah mais on est
déguisés !
— En quoi ?
— En Jay et Silent Bob.
— Qu’est-ce que c’est que
ça ?
— Jay et Silent Bob, enfin !
Les personnages des films de Kevin Smith.
— Kevin Smith ? C’est
qui, le fils de Will Smith ?
— Pas du tout, c’est l’auteur
de…
— Ecoutez, allez vous déguiser
s’il vous plait. En quelque chose de connu, là, on dirait juste deux clodos.
Résolution #003 – quand on
m’invite à une soirée déguisée, venir en Robin des Bois comme tout le
monde : failed
Publié le
13.9.15
Par
Nolt
Les sélections UMAC dans l'actu de la pop culture
-- COMICS --
C'est la bonne affaire du mois à défaut d'être une nouveauté : la réédition de The Boys.
Panini réédite en effet la série de Garth Ennis en Select Fusion, autrement dit une version économique. Le premier volume, qui sera disponible le 23 septembre, comprend les tomes #1, #2 et #3 de ce qui avait été précédemment publié en 100% Fusion (ce qui correspond aux épisodes US 1 à 14), soit environ 350 pages pour un peu plus de 20 euros.
Le pitch ? Un sympathique écossais est recruté, suite au décès de sa petite amie, par une équipe de la CIA chargée de veiller sur les surhumains. Ces derniers, loin de l'image habituellement héroïque qu'en donnent les médias, sont plutôt trash et difficilement gérables...
Clairement pour adultes mais excellent.
En savoir plus : présentation de la série, bilan de la série
#super-slips
The Walking Dead n'en finit plus d'être décliné sur tous les supports. Après les comics, les romans, la série TV, le récent spin-off, le magazine, le jeu de plateau, les jeux vidéo, l'artbook, le guide des personnages, le making-of, il faut savoir que les zombies ont également envahi les jeux classiques tels que Risk ou encore le Monopoly.
Pour ce qui est du Monopoly, l'on conserve le principe de base avec quelques aménagements (par exemple, les cartes Chance et Caisse de communauté deviennent Pillage et Fournitures). Pour ce qui est des terrains, ils reprennent des lieux cultes de la série (prison, Atlanta...).
Le Risk propose, lui, de plus grandes adaptations des règles, comme une invasion de zombies dans un territoire aléatoire à chaque tour ou des capacités spécifiques à chaque groupe (celui de Rick, du Gouverneur, etc.).
Attention, les prix varient un peu suivant les sites, mais il vous faudra en gros vous délester d'une cinquantaine d'euros pour le premier et d'une quarantaine pour le second.
Quant au prochain comic (c'est quand même ça à la base le sujet) en VF, il sort le 16 septembre. On attend impatiemment la cancoillotte Walking Dead et les préservatifs Rick Grimes "qui s'enfilent d'une main"...
En savoir plus : TWD #20 : Walking Dead à la ramasse, TWD #22 : de retour sur la bonne voie ?
#overdose
-- DVD/SPECTACLE --
C'est le 6 octobre prochain que sort en DVD le nouveau spectacle d'Alexandre Astier, L'Exoconférence. Sous ce titre quelque peu abscons se cache une thématique fascinante : la vie extraterrestre.
Il s'agit bien entendu d'un spectacle humoristique mais l'auteur de Kaamelott n'en a pas moins pris son sujet au sérieux puisqu'il a rencontré de nombreux scientifiques (dont Roland Lehoucq) afin de disposer d'une matière première aussi riche qu'exacte.
A noter qu'un coffret, comprenant L'Exoconférence mais aussi le précédent spectacle d'Astier, sur Bach (cf. Que ma joie demeure !), sortira à la même date.
Vu le talent du bonhomme, à ne pas rater !
#aliens
-- CONVENTIONS --
Si vous passez par Nantes les 21 et 22 novembre, ne ratez pas la cinquième édition du salon Art to Play.
Au menu, manga, comics, jeux vidéo, stands, animations, invités et même une démonstration Jedi par les cascadeurs de la Swiss Force Academy ! Bref, de quoi passer un bon week-end si la foule ne vous rebute pas (la précédente édition a tout de même attiré plus de 15 000 visiteurs).
En savoir plus : Art to Play
#ochlophobie
-- FRENCH TOUCH --
Les aventures de Bertrand Keufterian (cf. cet article) continuent avec la sortie du premier tome de Zone 57 chez nos amis de Phylactères.
Après la récente sortie librairie du premier arc de la série, c'est une nouvelle page qui se tourne pour ce brave Bertrand, toujours en quête de célébrité télévisuelle. On le retrouve cette fois entouré de personnages qui font furieusement penser à certaines icônes bien réelles de la télé-réalité (ressemblances bien sûr totalement volontaires).
Original et gentiment corrosif.
En savoir plus : la page facebook de Bertrand Keufterian (n'hésitez pas à la consulter pour vous tenir au courant des nombreux évènements autour de la série : applications, jeux, dédicaces...)
#moselle
-- TÉLÉVISION/FILMS --
Une curiosité à voir en ce moment sur OCS : The Battery. Il s'agit d'un énième film - n'ayant pas un énorme budget en plus - post-apocalyptique avec invasion de zombies mais le parti pris est intéressant. En effet, l'on suit deux anciens joueurs de baseball qui errent sans but. L'un semble fataliste et résigné, l'autre tente d'oublier la réalité en écoutant de la musique, son casque le coupant alors dangereusement du monde.
On ne peut pas dire que le film soit un chef-d'œuvre (les longueurs sont parfois franchement lourdes), mais il a le mérite de s'écarter des sentiers battus et d'oser triturer l'humain dans ce qu'il peut avoir de plus sordide (notamment une scène de masturbation qui restera dans les... enfin, qu'on n'oubliera pas).
Prochaine diffusion : Lundi 14 septembre / OCS Choc
#glauque
-- METAL --
En général, la sortie d'un nouvel album d'Iron Maiden (cf. cet article) a tendance à éclipser les autres groupes de hard, au moins pour un temps. Du coup, boum, on va à contre-courant et l'on vous propose de vous attarder sur le nouvel opus des californiens de Burn Halo.
L'album est intitulé Wolves of War et s'avère plutôt sympathique pour peu que l'on n'ait pas les tympans trop fragiles. Du titre éponyme à Fuck You en passant par Dying without you, le groupe livre des compositions musclées et prenantes. Après, si votre truc c'est Black M ou Calogero, on vous le dit tout net, ça ne vous plaira pas. ;o)
#bongroson
-- LE FLOP DU MOIS --
Diffusé à la sauvette la semaine dernière sur TMC (vers 1h00 du matin), Big Driver (intitulé en français "Stephen King - Détour Mortel" !!) est un téléfilm relativement récent
puisque diffusé pour la première fois l'année dernière aux States.Dès les premières minutes, on comprend vite pourquoi ce n'est pas proposé en première ou deuxième partie de soirée...
Tout n'est pas à jeter dans les adaptations des œuvres de King. La Ligne Verte ou Les Évadés sont excellents, les téléfilms retraçant l'histoire de The Stand (Le Fléau) sont regardables à défaut d'être vraiment bons, mais il faut avouer qu'en général, on a beaucoup de merdes (Simetierre, Charlie, Shining (oui, le film de Kubrick est très mauvais par rapport au roman), Ça, bref, ce ne sont pas les exemples qui manquent).
Ici, tout est tellement mal foutu que c'en est même drôle.
Si la nouvelle dont est tirée l'histoire ne figure pas parmi les plus réussies de King, elle avait le mérite d'être portée par son style et la construction minutieuse des personnages qu'il met en scène. Elle était donc prenante et contenait son lot d'émotions, d'autant qu'elle abordait le thème difficile des conséquences d'un viol. Le téléfilm, lui, ne retient que l'histoire, comme s'il s'agissait d'un rapport de police.
Dans les grandes lignes, une romancière se rend à une conférence puis prend un raccourci pour rentrer chez elle. Mal lui en prend, elle tombe en panne et se fait violer par le cinglé du coin. Plutôt que de prévenir la police, par crainte du qu'en-dira-t-on, elle décide de se faire justice elle-même.
Reconnaissons-le, en soi, le pitch n'a rien de novateur ou excitant. C'est donc uniquement le traitement, la forme, qui peut ou non le sauver et en faire un récit intéressant. King, en vieux routier des contes pour adultes, y parvenait parfaitement. Ce n'est pas le cas de Mikael Salomon, le réalisateur danois qui a bien voulu que son nom figure au générique de ce truc.
Le personnage principal est très mal présenté, ses "voix" (pourtant un élément crucial) sont ridicules, la vengeance est aussi rapide que plate et l'ensemble est navrant, presque gênant à regarder. Pour parfaire le naufrage, le doublage français est à l'avenant : on se demande si la personne qui double Tess (Maria Bello) est un enfant, un homme qui masque sa voix ou une véritable femme qui joue très mal. Et les scènes avec des cris ou des pleurs sont à la limite du supportable. On a envie de la buter.
Tout cela est digne d'un médiocre téléfilm d'après-midi sur M6, et encore.
Ce qui est surprenant c'est que finalement, malgré le grand nombre d'intervenants sur un projet d'une telle envergure (réalisateur, producteurs, scénaristes, acteurs, monteur...), aucun ne se dise à un moment "tiens, on est en train de faire une connerie peut-être...". Bon, faut bien payer les burgers et les études des enfants, mais c'est la seule excuse qu'on retiendra.
#mêmemaboxaeudumalàl'enregistrer
Publié le
8.9.15
Par
Nolt
Une nouveauté aujourd'hui sur UMAC : la rubrique Bad Fucking Resolutions.
Il s'agit de pastilles humoristiques qui aborderont divers domaines, souvent rattachés à la pop culture (cinéma, jeux, comics, figurines...), et apporteront un regard décalé sur nos petites habitudes, réelles ou fantasmées par les médias. Cela se présentera sous la forme d'un petit dialogue et d'une illustration, les dessins étant réalisés par Sergio Yolfa, mon compère sur The Gutter.
Le principe de base est simple : il s'agit de mettre en scène l'échec d'une "bonne résolution".
Il n'est pas impossible que l'on retrouve de temps en temps notre mascotte Virgul dans ces scènes du quotidien, car comme tout chat qui se respecte, il s'incruste partout et s'installe souvent là où il gêne le plus. ;o)
Exceptionnellement, pour lancer la rubrique, nous vous proposons deux "résolutions". Pour la suite, pas de rythme réellement fixé ni de jour de publication particulier, mais la rubrique devrait revenir au moins une fois par mois.
Follow the White Rabbit
— Tu penses quoi de ces figurines Pop là, avec les grosses têtes ?
— Pfff, mais c’est tellement de la merde. Faut être un pigeon pour acheter ça. C’est moche et hors de prix en plus. Et regarde Sheldon Cooper ou Cersei Lannister, d’où c’est ressemblant ça ? Ça pourrait aussi bien être mon facteur et ma boulangère. C’est vraiment un attrape-couillon. Je chie sur ces figurines.
— Tiens, t’as vu, ils ont aussi Neo.
— Oh putain ! Je le veux !!!!!
Résolution #001 – plus d’achats compulsifs : failed
— Ah, ces conneries ! Oui,
ça m’arrive. C’est naze non ?
— Heu… oui. Mais bon… il y a
des cas parfois…
— Pfff, c’est de l’esbroufe.
Et c’est mal foutu en plus. Attends, les objets qui volent, le sang qui sort
des murs, mais ça fait peur à qui ?
— Il arrive quand même que ce
soit impressionnant, attention, je ne parle pas pour moi hein, mais par
exemple, si tu regardes ça seul…
— Je ne regarde jamais ça
seul.
— Ah putain !! Tu me
rassures, haha ! J’avais l’impression d’être une fiotte ! Toi aussi
ça te fait flipper ? Tain, mais moi pareil, un jour ma femme était à une
soirée avec des copines, je suis tombé sur ça, j’osais même plus aller aux
toilettes tout seul. J’ai pas pu attendre qu’elle rentre, j’ai
pissé dans une boîte métallique pour pas sortir de la chambre. Une boîte Magic
qui m’avait coûté la peau du cul, dans laquelle je rangeais mes cartes, pfff.
J’ai dû la jeter…
— Heu… non, moi c’est ma plus jeune fille qui aime ces
émissions. C'est pour ça que je ne regarde pas seul. Et… quand elle regarde, elle arrive à aller aux toilettes après. Et
elle n’a que douze ans.
Résolution #002 – ne pas trop
se livrer sur les programmes télé : failed
Publié le
6.9.15
Par
Nolt
Nous vous en avions déjà parlé au mois de juin (cf. cet article), cette fois c'est fait, le nouvel album d'Iron Maiden, intitulé The Book of Souls, est sorti.
L'album est disponible en plusieurs versions : 3 vinyles, 2 CD ou l'édition Deluxe qui contient, en plus des CD, un livret. Pour la différence de prix minime (deux euros), autant opter pour ce coffret, dont le contenu se révèle tout de même un peu décevant.
En effet, le livret ne contient que trois illustrations et une photo du groupe, plus les paroles des chansons évidemment. Ça reste léger même si l'objet est joli.
Rien de terriblement surprenant pour ces onze titres qui, comme souvent avec Maiden, demanderont plusieurs écoutes avant de livrer pleinement leur potentiel tant certains se révèlent complexes.
On retrouve les thématiques classiques, notamment métaphysiques, et un son puissant et mélodique.
L'ensemble de l'album (du double album en fait) s'inscrit dans la continuité du groupe (cf. ce dossier pour en savoir plus, notamment sur leurs textes), parfois même un peu trop. L'intro de Shadows of the Valley est une copie quasiment conforme de Wasted Years. On pourrait croire qu'il s'agit du même morceau réarrangé.
D'autres titres sont parfois proches au niveau des sujets abordés. Death or Glory, qui évoque le fameux Baron Rouge, fait songer au déjà aérien Where Eagles Dare.
Parmi les curiosités, l'épique Empire of the Clouds, qui dure 18 minutes et dont les riffs lancinants rentrent aisément en tête. L'efficace The Book of Souls risque également de figurer parmi les classiques du groupe, tout comme If Eternity should Fail, qui file immédiatement des frissons.
Entre brutalité et sophistication, empruntant à la puissance des premiers albums tout en assumant un virage plus progressif, Maiden continue de livrer des titres au lyrisme impressionnant, évoquant la destinée de l'univers, la folie de l'Homme ou ses moments de grandeur, le tout porté par un Bruce Dickinson au mieux de sa forme malgré ses ennuis de santé et un Steve Harris toujours brillant à la basse.
Un putain de bon album de plus.
On retrouve les thématiques classiques, notamment métaphysiques, et un son puissant et mélodique.
L'ensemble de l'album (du double album en fait) s'inscrit dans la continuité du groupe (cf. ce dossier pour en savoir plus, notamment sur leurs textes), parfois même un peu trop. L'intro de Shadows of the Valley est une copie quasiment conforme de Wasted Years. On pourrait croire qu'il s'agit du même morceau réarrangé.
D'autres titres sont parfois proches au niveau des sujets abordés. Death or Glory, qui évoque le fameux Baron Rouge, fait songer au déjà aérien Where Eagles Dare.
Parmi les curiosités, l'épique Empire of the Clouds, qui dure 18 minutes et dont les riffs lancinants rentrent aisément en tête. L'efficace The Book of Souls risque également de figurer parmi les classiques du groupe, tout comme If Eternity should Fail, qui file immédiatement des frissons.
Entre brutalité et sophistication, empruntant à la puissance des premiers albums tout en assumant un virage plus progressif, Maiden continue de livrer des titres au lyrisme impressionnant, évoquant la destinée de l'univers, la folie de l'Homme ou ses moments de grandeur, le tout porté par un Bruce Dickinson au mieux de sa forme malgré ses ennuis de santé et un Steve Harris toujours brillant à la basse.
Un putain de bon album de plus.
Publié le
31.8.15
Par
Nolt
Le dernier hors-série en date du magazine Science & Vie Junior fait le point sur les "géants" du cosmos qui s'avèrent aussi dangereux que fascinants. Le tout avec l'aide de quelques super-héros en prime. On décortique immédiatement tout ça.
On apprend dès l'édito que ce numéro de Science & Vie Junior (qui, comme son nom ne l'indique pas, peut très bien être lu par un public adulte) est centré sur ce qui, dans l'univers, dépasse l'entendement. Trous noirs, pulsars, sursauts gamma, planètes océaniques, matière noire, collision de galaxies, le sommaire est suffisamment riche et éclectique pour titiller la curiosité de tous ceux que le ciel intrigue et fait rêver.
On commence "léger", si j'ose dire, avec quelques petites comparaisons entre divers curiosités cosmiques et nos références terriennes. La tempête de Jupiter (la fameuse tache rouge/ocre), grande comme la Terre ; un cratère grand comme la France à la surface de Mercure ; le mont Olympus sur Mars, qui fait passer notre Everest pour une chiure de moineau... il y a déjà de quoi relativiser, bien que l'on n'en soit encore qu'aux hors-d'œuvre.
Les véritables festivités commencent avec une extrapolation sur une hypothétique planète Mer constituée à 50% d'eau liquide (les océans de notre planète constituent à peine 0,023% de la masse terrestre) : le monde obtenu est ahurissant, des océans profonds de 7000 km abritent des monstres marins à la taille virtuellement sans limite. Bien entendu, l'article en profite pour aborder certains astres bien réels (Pluton, Europe...) qui contiennent une immense quantité d'eau sous forme de glace.
L'on a droit également à un portrait complet du Soleil, étoile si essentielle pour nous et pourtant dangereuse également. Outre quelques notions fondamentales sans doute connues, l'article décrit, à l'aide d'un schéma très simple, le trajet d'un photon, du cœur du Soleil à sa surface. L'on apprend ainsi que pour traverser l'enveloppe radiative, un photon va mettre environ... 10 000 ans (résultat d'une progression en zigzags, freinée par un plasma d'atomes qui conservent parfois leur électron, ce qui contribue à "capturer" puis relâcher un peu n'importe comment les fameux photons) !
L'on aborde ensuite des étoiles différente de notre Soleil, comme Rigel, une supergéante bleue, Nova Delphini 2013, une naine blanche, ou encore W. Ursae Majoris, une étoile variable binaire à éclipses (en réalité un système composé de deux étoiles si proches qu'elles partagent une partie de leur matière).
Le chapitre sur les supernovae nous dévoile tous les éléments dont nous devrions nous passer si ces astres explosifs et ultra-violents n'existaient pas : calcium, cuivre, fer, aluminium, néon, mercure, sodium, souffre, carbone... tout cela et bien plus est fourni par la fée supernovae. En réalité, le Big Bang a produit relativement peu d'atomes différents : hydrogène 1, deutérium, tritium, hélium 3, hélium 4, une pincée de lithium 7 et... rideau, on remballe les gaules, c'est fini, démerdez-vous avec ça ! En effet, après une quinzaine de minutes, l'univers s'était si étendu et si refroidi qu'il ne pouvait plus poursuivre ses petites expériences d'alchimiste ivre. Il passa donc le relai.
Bien que l'on ait déjà vu cela dans de nombreux ouvrages, l'on dispose également ici d'un comparatif entre le soleil et des astres bien plus volumineux. Pour cela, une technique simple mais très efficace : on compare la Terre et le Soleil, puis on réduit le Soleil à un minuscule cercle et on l'entoure, sur deux belles grandes pages, d'immenses étoiles. Arcturus ou Aldébaran font déjà passer notre étoile pour un gringalet ridicule, mais d'autres, comme Deneb ou NML Cygni, défient l'imagination et ne tiennent même pas sur cette double-page. Cette dernière étoile est 4,5 milliards de fois plus volumineuse que le Soleil...
On arrive ensuite à un match entre super-étoiles et super-héros. L'on pourrait croire que, comme Roland Lehoucq (cf. cet article) se plait à le faire parfois, les journalistes scientifiques se sont amusés à faire des comparaisons "sérieuses", en extrapolant sur les pouvoirs des fameux super-héros, en fait il n'en est rien, ils servent juste d'illustration. Nous reviendrons plus tard sur cet aspect.
En tout cas, les super-étoiles méritent bien leur nom. Entre R136A1, si lourde qu'elle ne devrait pas exister, l'étoile à neutrons, dont une cuillère à café de son cœur pèse un milliard de tonnes ou encore le magnétar (moins connu que le pulsar), dont le champ magnétique pourrait vous buter à 15 000 km de distance, là encore il y a de quoi être stupéfait.
Et l'on monte encore en puissance avec la suite !
Les terrifiants sursauts gamma sont parfaitement décrits, avec notamment une sorte de schéma/fresque qui explique les effets désastreux d'un sursaut gamma touchant la Terre. Et je vous assure que le "moins" pire sera les communications radio brouillées et les satellites hors service. Entre la destruction de la couche d'ozone, les pluies acides, la destruction du plancton qui aboutit au bouleversement de tout l'écosystème et autres joyeusetés, ça ne donne pas envie de découvrir le phénomène en vrai.
Cap ensuite sur un trou noir, aux propriétés tout bonnement presque "magiques". Là encore, de nombreux dessins et schémas expliquent parfaitement le principe de la déformation du tissu de l'espace-temps. On nous rassure aussi en nous expliquant que si un trou noir possède un appétit certes vorace, il doit être relativement "proche" pour réellement constituer une menace (41 millions de km, en comparaison, si le trou noir au centre de notre galaxie occupait la place du Soleil, il ne représenterait pas un danger pour la Terre qui se trouve à 150 millions de km).
Le magazine se penche ensuite sur la collision future entre notre galaxie et celle d'Andromède, sur la théorie de la matière noire, et cette incroyable épopée se conclut par quelques conseils de lecture pour approfondir le sujet.
Sur le fond, c'est tout simplement passionnant. C'est de la très bonne vulgarisation, autrement dit, une maîtrise parfaite de l'art qui consiste à mettre l'ahurissant à la portée de tous. La magie sans les équations rébarbatives disons.
Sur la forme, je suis un peu plus réservé. En effet, Science & Vie a opté pour des mises en scène parfois un peu lourdes. Par exemple, l'article sur le Soleil utilise la première personne, comme si l'astre s'adressait à nous et livrait ses états d'âme. Pour la partie sur les étoiles pas "ordinaires", l'auteur de l'article tente de nous plonger dans une fiction ayant pour point de départ la recherche d'une planète habitable. Même chose pour le sujet sur les trous noirs, qui met en scène une expédition fictive et le récit d'un adolescent qui y prend part suite à une petite annonce lue dans l'astroport de Nouvelle Brest, avec une ambiance qui se veut un peu "pirate de l'espace".
Je suppose que tout cela est lié à l'aspect "junior" (un peu comme les dessins de super-héros, qui sont finalement sans rapport avec le contenu). Ce n'est pas tellement gênant mais ça reste tout de même de la mauvaise fiction qui me semble alourdir le propos. On se fiche pas mal du délire des rédacteurs et l'on a plutôt envie de rentrer tout de suite dans le vif du sujet (ce qui n'empêche pas le côté didactique et accessible, voire l'humour, cf. les ouvrages de Brian Greene).
Enfin, bon, ça reste tout à fait lisible et ça amusera peut-être les plus jeunes.
Voilà donc un excellent magazine, richement illustré et regorgeant d'informations fascinantes. Pour 5,50 euros, prix modique en regard de la somme de travail, il serait dommage de s'en priver.
Les adultes ne doivent pas se sentir freinés par le "junior", le contenu est suffisamment riche, varié, dense et hallucinant pour convenir à tous les âges.
Totalement conseillé.
On apprend dès l'édito que ce numéro de Science & Vie Junior (qui, comme son nom ne l'indique pas, peut très bien être lu par un public adulte) est centré sur ce qui, dans l'univers, dépasse l'entendement. Trous noirs, pulsars, sursauts gamma, planètes océaniques, matière noire, collision de galaxies, le sommaire est suffisamment riche et éclectique pour titiller la curiosité de tous ceux que le ciel intrigue et fait rêver.
On commence "léger", si j'ose dire, avec quelques petites comparaisons entre divers curiosités cosmiques et nos références terriennes. La tempête de Jupiter (la fameuse tache rouge/ocre), grande comme la Terre ; un cratère grand comme la France à la surface de Mercure ; le mont Olympus sur Mars, qui fait passer notre Everest pour une chiure de moineau... il y a déjà de quoi relativiser, bien que l'on n'en soit encore qu'aux hors-d'œuvre.
Les véritables festivités commencent avec une extrapolation sur une hypothétique planète Mer constituée à 50% d'eau liquide (les océans de notre planète constituent à peine 0,023% de la masse terrestre) : le monde obtenu est ahurissant, des océans profonds de 7000 km abritent des monstres marins à la taille virtuellement sans limite. Bien entendu, l'article en profite pour aborder certains astres bien réels (Pluton, Europe...) qui contiennent une immense quantité d'eau sous forme de glace.
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| Valles Marineris, sur Mars, est un canyon qui pourrait relier New York à Los Angeles. |
L'on a droit également à un portrait complet du Soleil, étoile si essentielle pour nous et pourtant dangereuse également. Outre quelques notions fondamentales sans doute connues, l'article décrit, à l'aide d'un schéma très simple, le trajet d'un photon, du cœur du Soleil à sa surface. L'on apprend ainsi que pour traverser l'enveloppe radiative, un photon va mettre environ... 10 000 ans (résultat d'une progression en zigzags, freinée par un plasma d'atomes qui conservent parfois leur électron, ce qui contribue à "capturer" puis relâcher un peu n'importe comment les fameux photons) !
L'on aborde ensuite des étoiles différente de notre Soleil, comme Rigel, une supergéante bleue, Nova Delphini 2013, une naine blanche, ou encore W. Ursae Majoris, une étoile variable binaire à éclipses (en réalité un système composé de deux étoiles si proches qu'elles partagent une partie de leur matière).
Le chapitre sur les supernovae nous dévoile tous les éléments dont nous devrions nous passer si ces astres explosifs et ultra-violents n'existaient pas : calcium, cuivre, fer, aluminium, néon, mercure, sodium, souffre, carbone... tout cela et bien plus est fourni par la fée supernovae. En réalité, le Big Bang a produit relativement peu d'atomes différents : hydrogène 1, deutérium, tritium, hélium 3, hélium 4, une pincée de lithium 7 et... rideau, on remballe les gaules, c'est fini, démerdez-vous avec ça ! En effet, après une quinzaine de minutes, l'univers s'était si étendu et si refroidi qu'il ne pouvait plus poursuivre ses petites expériences d'alchimiste ivre. Il passa donc le relai.
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| Le Soleil, immense à notre échelle, est un nain insignifiant à l'échelle cosmique. |
Bien que l'on ait déjà vu cela dans de nombreux ouvrages, l'on dispose également ici d'un comparatif entre le soleil et des astres bien plus volumineux. Pour cela, une technique simple mais très efficace : on compare la Terre et le Soleil, puis on réduit le Soleil à un minuscule cercle et on l'entoure, sur deux belles grandes pages, d'immenses étoiles. Arcturus ou Aldébaran font déjà passer notre étoile pour un gringalet ridicule, mais d'autres, comme Deneb ou NML Cygni, défient l'imagination et ne tiennent même pas sur cette double-page. Cette dernière étoile est 4,5 milliards de fois plus volumineuse que le Soleil...
On arrive ensuite à un match entre super-étoiles et super-héros. L'on pourrait croire que, comme Roland Lehoucq (cf. cet article) se plait à le faire parfois, les journalistes scientifiques se sont amusés à faire des comparaisons "sérieuses", en extrapolant sur les pouvoirs des fameux super-héros, en fait il n'en est rien, ils servent juste d'illustration. Nous reviendrons plus tard sur cet aspect.
En tout cas, les super-étoiles méritent bien leur nom. Entre R136A1, si lourde qu'elle ne devrait pas exister, l'étoile à neutrons, dont une cuillère à café de son cœur pèse un milliard de tonnes ou encore le magnétar (moins connu que le pulsar), dont le champ magnétique pourrait vous buter à 15 000 km de distance, là encore il y a de quoi être stupéfait.
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| Un peu de matière de PSRJ1614-2230 dans une cuillère et même Hulk peut aller se rhabiller. Ce "carré de sucre" pèse un milliard de tonnes ! |
Et l'on monte encore en puissance avec la suite !
Les terrifiants sursauts gamma sont parfaitement décrits, avec notamment une sorte de schéma/fresque qui explique les effets désastreux d'un sursaut gamma touchant la Terre. Et je vous assure que le "moins" pire sera les communications radio brouillées et les satellites hors service. Entre la destruction de la couche d'ozone, les pluies acides, la destruction du plancton qui aboutit au bouleversement de tout l'écosystème et autres joyeusetés, ça ne donne pas envie de découvrir le phénomène en vrai.
Cap ensuite sur un trou noir, aux propriétés tout bonnement presque "magiques". Là encore, de nombreux dessins et schémas expliquent parfaitement le principe de la déformation du tissu de l'espace-temps. On nous rassure aussi en nous expliquant que si un trou noir possède un appétit certes vorace, il doit être relativement "proche" pour réellement constituer une menace (41 millions de km, en comparaison, si le trou noir au centre de notre galaxie occupait la place du Soleil, il ne représenterait pas un danger pour la Terre qui se trouve à 150 millions de km).
Le magazine se penche ensuite sur la collision future entre notre galaxie et celle d'Andromède, sur la théorie de la matière noire, et cette incroyable épopée se conclut par quelques conseils de lecture pour approfondir le sujet.
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| Le sursaut gamma : l'une des plus terrifiantes menaces venues de l'espace. |
Sur le fond, c'est tout simplement passionnant. C'est de la très bonne vulgarisation, autrement dit, une maîtrise parfaite de l'art qui consiste à mettre l'ahurissant à la portée de tous. La magie sans les équations rébarbatives disons.
Sur la forme, je suis un peu plus réservé. En effet, Science & Vie a opté pour des mises en scène parfois un peu lourdes. Par exemple, l'article sur le Soleil utilise la première personne, comme si l'astre s'adressait à nous et livrait ses états d'âme. Pour la partie sur les étoiles pas "ordinaires", l'auteur de l'article tente de nous plonger dans une fiction ayant pour point de départ la recherche d'une planète habitable. Même chose pour le sujet sur les trous noirs, qui met en scène une expédition fictive et le récit d'un adolescent qui y prend part suite à une petite annonce lue dans l'astroport de Nouvelle Brest, avec une ambiance qui se veut un peu "pirate de l'espace".
Je suppose que tout cela est lié à l'aspect "junior" (un peu comme les dessins de super-héros, qui sont finalement sans rapport avec le contenu). Ce n'est pas tellement gênant mais ça reste tout de même de la mauvaise fiction qui me semble alourdir le propos. On se fiche pas mal du délire des rédacteurs et l'on a plutôt envie de rentrer tout de suite dans le vif du sujet (ce qui n'empêche pas le côté didactique et accessible, voire l'humour, cf. les ouvrages de Brian Greene).
Enfin, bon, ça reste tout à fait lisible et ça amusera peut-être les plus jeunes.
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| La lumière d'une naine rouge comme l'étoile de Barnard teinterait le ciel d'une planète dotée d'une atmosphère d'un magnifique rose. |
Voilà donc un excellent magazine, richement illustré et regorgeant d'informations fascinantes. Pour 5,50 euros, prix modique en regard de la somme de travail, il serait dommage de s'en priver.
Les adultes ne doivent pas se sentir freinés par le "junior", le contenu est suffisamment riche, varié, dense et hallucinant pour convenir à tous les âges.
Totalement conseillé.
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