Will Eisner : le Complot
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Il y a quelque temps, mon attention a été attirée par Will Eisner. Je connaissais le bonhomme de nom, évidemment, et pas seulement parce qu’il était accolé désormais à l’une des plus hautes distinctions accordées aux maîtres de l'art séquentiel. Dans mon esprit, j’y voyais vaguement un grand dessinateur d’avant le Silver Age dont l’influence aura été capitale sur la plupart des artistes qui ont bercé mon enfance. Son œuvre majeure, the Spirit, avait bouleversé les codes de narration et profondément orienté le comic-book moderne, et notamment les récits de super-héros. Quel dommage pour moi que d’avoir été initié à cette œuvre par sa pitoyable adaptation cinéma, dont l’importance du casting était inversement proportionnelle à la pertinence de la réalisation ! Une daube qui ne rendait aucunement l’hommage nécessaire à cet auteur. 



Mais Eisner n’a pas passé sa vie à dessiner les tribulations de son détective masqué et s’est lancé également dans l’édition. Il se trouve qu’après avoir mis le dessin entre parenthèses pendant une partie de sa carrière, la reconnaissance soudaine quoique tardive de ses pairs l’a poussé à se remettre en selle. [Pour les curieux qui voudraient se pencher sur le sujet, Nolt a rédigé une chronique fort instructive à propos d'un livre d'entretiens entre Eisner et Frank Miller.] Du coup, outre des traités sur l’art qui l’a rendu célèbre, Eisner s’est attaché à se pencher sur des sujets plus profonds qui le préoccupaient, utilisant le « roman graphique » (support dont il est considéré comme étant le créateur) comme médium formel lui permettant d’illustrer ses propos, interrogations et réflexions.
C’est assez ironique tout de même que le premier (et seul, pour l’heure) ouvrage complet de cet auteur que je possède soit un livre édité après sa mort (en 2005) : il s’agit du Complot. Edité chez Grasset, c’est son sous-titre qui m’a interpellé : l’Histoire secrète des Protocoles des Sages de Sion. Cela fit en moi l’effet d’une bombe, faisant resurgir de vieilles passions pour les affaires occultes qui auraient sous-tendu l’Histoire de nos civilisations. Mon hommage posthume à ce grand homme consista donc à raviver des flammes mourantes.

Le Complot est une enquête, minutieuse et largement documentée, qui a été menée afin de démystifier les fameux Protocoles des Sages de Sion dont de nombreux régimes antisémites et radicaux se sont servis depuis le début du XXe siècle, alors qu'il s'agissait d'un faux manifeste créé par un Russe sur le modèle d'un pamphlet français contre Napoléon III. La préface est d'Umberto Eco (autre argument majeur en faveur de l’achat du bouquin), lequel s'est longuement penché sur le problème de ce texte dont on rappelle régulièrement (par des articles de journaux et des arrêtés de cour d'appel) qu'il est l'œuvre d'un falsificateur mais qui continue pourtant à servir la propagande dans tous les pays du monde.

La lecture s’avère édifiante, et essentielle à plus d’un titre. En plus ça se lit très vite, car construit de façon didactique et chronologique, l'histoire étant centrée sur les protagonistes (l'auteur du texte d'origine, les conspirateurs russes, le faussaire, l'enquêteur anglais, le journaliste suisse puis Eisner lui-même). Pour les rares séquences en flashback, Eisner change son encrage, passant du lavis à la plume. Les dessins sont expressifs et clairs. Le point d'orgue, aux deux tiers de l'ouvrage, consiste en une lecture en parallèle des Protocoles et du pamphlet original, afin qu'on puisse nous-mêmes nous faire une idée du travail de copie plus ou moins habile.

Seul petit reproche : il n'y a guère de suspense, Eco nous ayant dans la préface tout révélé sur les tenants et aboutissants. Mais c'est vraiment pour chipoter, l'intérêt étant de montrer à quel point les populations sont prêtes à entendre ou lire n'importe quoi et à le considérer comme vrai, quand bien même on leur prouverait le contraire ! A l’image de  cette manifestante qui explique que, même si c'est un faux, il peut avoir servi de modèle pour les intentions des Juifs !

Le dernier tiers est encore plus révélateur des ravages que peut provoquer une telle propagande : malgré un dossier complet publié par l'Express en 1999, malgré une intervention du Département d'Etat américain auprès des Egyptiens, malgré le rapport accablant d'une commission d'experts mandatés par le gouvernement russe, on trouve encore des traces des Protocoles des Sages de Sion partout sur le globe, sous forme de feuilleton sur des chaînes arabes, et ils continuent de se vendre en librairie dans le monde entier...

Will Eisner est décidément parti trop tôt.


+ Les points positifs - Les points négatifs
  • Will Eisner !
  • Un ouvrage clair, instructif et nécessaire.
  • Une aisance dans la narration graphique qui étonne encore.
  • Une vraie rigueur dans la démarche d'investigation.
  • Une préface édifiante d'Umberto Eco.

  • Bien que superbes, les planches dessinées ne servent la plupart du temps que d'illustration, l'ouvrage pouvant éventuellement s'en passer (mais ce serait moins intelligible).
Collector #2 : Portal
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Deuxième opus de notre série Collector consacrée cette fois-ci à l'univers du célèbre jeu Portal.
Découvrez tout de suite, en photos, notre sélection d'objets (plus ou moins réussis) à collectionner.

Mini tourelles à collectionner - Neca


Ces petites tourelles d'environ 8 cm sont les répliques exactes de celles de la fabrique à tourelles d'Aperture Laboratories (on notera le soucis du détail du packaging avec le petit clin d'œil à Portal 2). La finition n'est pas exceptionnelle mais reste tout à fait correcte pour un gadget à un prix si peu élevé.

A l'achat, le risque est de se retrouver avec des doubles car dans chaque boite se cache une tourelle aléatoire qu'on ne peut pas choisir.
Environ 10€ la tourelle.

Figurines Atlas & P-Body - Neca


Incontournables de l'univers Portal, voilà Atlas et P-Body, deux figurines d'une vingtaine de centimètres, accompagnées de leurs Portal Gun respectifs, articulées et qui font de la lumière !

Ce sont deux objets bourrés de détails, les matériaux utilisés pour la fabrication ne font pas trop "cheap / plastique" et pour de tels goodies, le prix est vraiment attractif. Par contre, ce sont des produits extrêmement fragiles (après une simple chute de sa hauteur, le bras d'Atlas s'est cassé). Ils sont idéals pour l'exposition en vitrine mais ne peuvent pas être trop manipulés sous peine de s'abîmer rapidement.
Environ 35€ la figurine.

Boite à cookies - Think Geek


Un très bel objet de collection cette fois (en plus d'être potentiellement utile) la fameuse boite à cookies reprenant la forme du célébrissime Cube de Voyage Lesté, en céramique peinte à la main (environ 20 x 20 cm). L'objet fait "homemade" (coups de pinceaux apparents, peinture pâle) et c'est ce qui fait tout son charme.

Pour ce qui est de sa fonction première, la boite en elle-même n'est pas hermétique donc les aliments (bonbons ou gâteaux) ne se conservent malheureusement pas. A utiliser plus pour y ranger des objets plutôt que de la nourriture...
Environ 60€ la boite.

Portal Gun - Think Geek


Un bout de plastique doté de sons et de lumières absolument hors de prix, mais qui a la classe ; l'incontournable Portal Gun ! Il y a des armes pour gosses bien plus évoluées en magasin qu'on peut avoir pour bien moins cher, mais dès qu'il s'agit de "collectibles" sous license, les prix atteignent des sommets.

Néanmoins même si ce "jouet" est très cher, les finitions sont superbes, un socle est fourni avec le gun, les sons sont clairs et bien forts, la lumière est un peu faiblarde, mais le tout envoie tout de même du bien, bien lourd ! Le Portal Gun de Neca se fait de plus en plus rare et reste le produit dérivé le plus convoité des fans...
Environ 200€ la réplique. Ouille.

Tourelle Personnalisable - Neca


Un bon gros flop pour la fin de ce petit tour d'horizon : la tourelle à personnaliser. Sur papier, le concept est plutôt sympa, en vrai, c'est une autre histoire. Le marqueur (estampillé Aperture, quand même) fourni avec le kit laisse des traces immondes sur l'objet, sa mine n'est pas adaptée à un travail de précision. Pour ce qui est des autres techniques, la peinture n'accroche pas au plastique (acrylique ou gouache, elle s'effrite) et les feutres ne marquent pas... C'est une catastrophe !
Environ 20€ le kit.


Pour ceux qui souhaiteraient dénicher d'autres babioles, vous trouverez des goodies supplémentaires sur ce site.

Chroniques des Classiques : Ubik
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Retour du grand Philip K. Dick dans les chroniques des classiques avec un roman SF dense et déroutant : Ubik.

Publié en 1969, Ubik, bien que moins accessible que Le Maître du Haut Château, partage avec ce dernier la thématique toujours riche des mondes parallèles et de la perception de la réalité.
L'action se situe dans un futur (le futur de Dick à l'époque, qui nous apparait aujourd'hui comme le passé, évidemment) où la société est dominée par de gigantesques entreprises qui offrent - ou plutôt louent - des services psioniques.
Deux grands groupes s'affrontent depuis fort longtemps : l'un mené par Ray Hollis, qui comporte des télépathes et autres précogs, l'autre dirigé par Glen Runciter, qui emploie des anti-psi dont le rôle est de "nullifier" les pouvoirs du premier.
Tout commence alors qu'un groupe d'anti-psi de Runciter tombe dans un piège sur la Lune, entraînant la mort de Runciter lui-même. Joe Chip, testeur de talent, toujours fauché, va tenter de sauver ce qui reste de son patron. Car dans ce monde, l'on peut être maintenu en semi-vie...

Ce qui frappe en premier lieu à la lecture de ce roman est bien l'incroyable mélange de genres qu'il présente. Le récit évolue sans cesse, allant de la SF technologique pure à la réflexion métaphysique en passant par les paradoxes temporels.
Bien vite classé par certains comme critique anti-capitaliste [1], Ubik se révèle en fait bien plus ambitieux, même si effectivement l'ironie concernant l'argent ne manque pas. Ainsi, dans le monde originel de Runciter et Chip, tout est payant. Rien de nouveau me direz-vous, tout est payant dans le nôtre également (même ce qui est présenté comme "gratuit" est forcément payé par quelqu'un), la différence se situe ici dans l'immédiateté du paiement, qui crée le décalage. Les personnages ne paient pas une facture d'eau tous les mois mais doivent avoir de la monnaie sur eux à chaque fois qu'ils prennent un bain. Même chose pour la cafetière, tous les objets, automatisés et souvent parlant, fonctionnant à coups de piécette. Le concept est poussé si loin que même les portes, pour être ouvertes, doivent être payées.

Mais en rester à la simple critique économique serait passer à côté de l'essentiel. Dick parvient à dérouter le lecteur en multipliant les réalités et les retournements de situation. L'on en vient à douter de qui est réellement vivant ou mort, sans parler de cet univers si étrange dans lequel sont plongés les semi-vivants.
L'auteur fait également preuve d'habileté en décrivant certains phénomènes psioniques avec une grande précision et des métaphores appropriées (les différents futurs possibles vus par les précogs comme les multiples alvéoles construites par les abeilles). Cependant, le foisonnement de thèmes et de pistes constitue aussi le point faible de l'histoire. Bien des éléments sont très vite survolés (l'incroyable pouvoir de Pat Conley par exemple), les personnages sont finalement peu développés, au profit de l'action (ou de la fuite en avant), et certains passages peuvent sembler quelque peu obscurs. À vouloir tout caser (fusées, pouvoirs télépathiques, lignes temporelles changeantes, domaine de l'après-vie...), Dick charge un peu la mule, surtout pour un si court roman.

L'ambiance particulière, onirique, folle, dramatique, absurde parfois, est pour beaucoup dans le résultat final et l'impression de déliquescence et d'urgence qui domine. C'est ce ressenti, mélange de malaise et d'étrangeté, qui donne à Ubik cette saveur unique, toujours piquante près de cinquante années après son écriture.
Pas sans défauts, sans doute moins bien construit que Le Maître du Haut Château, Ubik apporte toutefois une réelle réflexion sur la nature de la réalité, doublée d'un humour mordant qui s'offre le luxe d'être encore d'actualité.

À découvrir.

Plongez dans la baignoire pour voir d'où vient le vent.
Vous êtes tous morts, je suis vivant.



[1] Sans doute par les mêmes qui voient dans tous les films de zombies une critique de la société de consommation. À force de suranalyser, l'on peut découvrir dans toute œuvre des sens que l'auteur lui-même ne souhaitait pas forcément y mettre. Que cet aspect soit présent, certes, qu'il soit le centre d'Ubik, certainement pas.

Autres classiques chroniqués : Des Fleurs pour Algernon / 1984 / Sa Majesté des Mouches / Le Maître du Haut Château.

+ Les points positifs - Les points négatifs
  • Style enlevé.
  • Richesse de la thématique.
  • Humour caustique.
  • Réflexion métaphysique.
  • Une certaine forme de poésie surréaliste.
  • Des personnages à la personnalité succincte.
  • Une certaine confusion due à un large mélange d'éléments disparates.
Atlantis Attaque !
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Les Omnibus de chez Marvel sont l'occasion d'enrichir les rayons de sa bibliothèque avec un objet imposant, esthétiquement beau et sobre, et permettant au collectionneur de posséder une saga complète sans avoir à explorer les recoins de son antre pour exhumer les différents numéros publiés en kiosque.
Atlantis attaque ! c'est cela et plus encore puisque la saga en question est un crossover entre épisodes parus non pas dans les séries classiques mais en annuals durant l'année 1989 et qui concerne la grande majorité des super-héros de la Maison des idées ainsi que le bestiaire qui les accompagne. La première de couverture signée Mike Mayhew, à l'encrage splendide, nous dévoile une sombre menace se profilant derrière Captain America, Iron Man, Thor et Namor en lutte contre une horde d'Atlantes alors qu'on devine au second plan les silhouettes inertes de Jean Grey, Sue Storm, Miss Hulk, l'Epée, Tornade et la Sorcière rouge. C'est plus qu'alléchant, d'autant que la quatrième nous révèle les numéros ayant servi pour le présent omnibus et touchant non seulement les Avengers et leurs homologues de la "West Coast" mais également le Silver Surfer, Hulk, les X-Men, Spider-Man, le Punisher, Daredevil, les New Mutants et X-Factor ! Excusez du peu !


L'émerveillement continue dès les premières pages de présentation avec le récapitulatif des artistes ayant œuvré dans ces annuals : quiconque a grandi à l'ère bénie (mais définitivement révolue) des éditions LUG, des Strange et autre Special Strange ou Titans puis qui a connu la révolution graphique entraînée par l'émergence d'Image comics ne peut que se réjouir de noms comme Steve Englehart, David Michelinie (papa de certains des meilleurs épisodes d'Iron Man), Peter David (celui qui fit de Hulk une série aussi dense que riche et adulte), Fabian Nicieza ou Roy Thomas (dont je raffolais des adaptations de Conan) au scénario. Les dessinateurs ne sont pas en reste puisque se côtoient des figures de proue comme Ron Lim (rappelez-vous les grandes sagas cosmiques entre le Surfer et Thanos), Mark Bagley et surtout l'inoubliable John Byrne des X-Men et d'Alpha Flight.
Avouez que c'est alléchant.

Restait donc à goûter au contenu. Je connaissais vaguement la Couronne du Serpent, cet artefact qu'on a retrouvé entre les mains de différents prétendants à la domination universelle, qui permet à son possesseur d'entrer en symbiose avec le dieu Set et d'acquérir par ainsi des pouvoirs défiant l'imagination. Vaguement car, sous une forme ou une autre, elle est réapparue régulièrement dans de nombreuses séries, au gré de scénarios alambiqués la rattachant à des projets de conquête d'un individu plus ambitieux qu'un autre ou simplement à une manipulation de la divinité susdite.
A ce propos, le dernier quart du présent volume nous propose une synthèse des aventures ayant eu cet objet comme point focal et retraçant son parcours à travers les âges, depuis la Création jusqu'à nos jours. Peter Sanderson et Mark Bagley utilisent le vieux truc du Gardien Uatu, qui a tout vu et sait (presque) tout, en narrateur des péripéties entamées dès la naissance du monde par un conflit entre Gaïa et Set et qui s'est poursuivi au fil des âges et sur d'autres mondes, dont une Terre alternative sur laquelle œuvre l'Escadron suprême. Il pourrait être intéressant de commencer la lecture de l'Omnibus par ce rappel qui a au moins le mérite d'être rapide et concis et de proposer une vision chronologique des événements. Car ces derniers sont innombrables qui ont vu les différentes tentatives de Set pour reprendre corps dans notre réalité et asservir les humains.

Le gros morceau de l'ouvrage est tout autre : maladroit, confus, naïf, aux ressorts grossiers et surtout sans continuité artistique. Le problème c'est que nous sommes face une compilation d'annuals, des épisodes conçus au départ comme hors continuité et permettant de donner de quoi manger aux lecteurs avides tout en laissant les artistes de la série officielle souffler un peu. C'est donc là que le bât blesse, quand bien même le projet de crossover ait réussi à impulser une dynamique chez les artistes conviés à la tâche. On y retrouve donc les manigances de Ghaur, le Grand Prêtre Déviant qui va s'associer à Attuma d'Atlantis en lui permettant de conquérir la surface tandis qu'il œuvre en secret à la résurgence du dieu Set. Vous l'aurez compris, l'attaque d'Atlantis n'est qu'une manœuvre de diversion afin d'occuper les héros de la Terre alors que se trame un plan bien plus machiavélique.

Ça commence fort avec l'épisode du Silver Surfer, rythmé et bien encré et particulièrement agréable à lire même de nos jours. En revanche, le script de Steve Englehart use de procédés qui me semblent suspects en faisant revenir du néant Ghaur, qui jadis posséda le pouvoir d'un Céleste mais fut défait par le Grand Esprit des Eternels. Disons que je n'ai pas du tout été convaincu par la manière dont le scénario attirait le Surfer jusqu'à Ghaur et surtout par celle dont le Surfer a réagi quand il a su ce que mijotait cet être qu'il savait néfaste au plus haut point (en gros, il abandonne les Terriens pour se consacrer à ses propres problèmes).
On continue sur Terre avec une série de petits événements impliquant les héros en divers endroits jusqu'à ce qu'ils comprennent que cela dissimule un enjeu plus important. C'est d'abord Iron Man qui se joint à Namor : la couverture laisse penser aux grandes heures du Vengeur en armure sous la houlette de Bob Layton et John Romita Jr : il n'en est rien et on assiste à un épisode poussif, aux décors minimalistes et qui a pris un méchant coup de vieux - comme bon nombre d'autres chapitres de l'ouvrage. Parfois, on est agréablement surpris en retrouvant des intermèdes signés John Byrne (comme la Réunion des West Coast Avengers), mais on retombe dans le médiocre ensuite (les apparitions de Hulk/Joe Fixit, la pénible aventure des X-Men divisés en quatre équipes malgré eux). Le "team up" Miss Hulk/Spider-Man a du chien pourtant, d'autant qu'ils affrontent l'Abomination, mais c'est malheureusement illustré par Rob Liefeld - et j'ai franchement passé l'âge de ces silhouettes approximatives et ces décors vides.


Ce sera du même acabit tout du long, les épisodes les plus agréables étant ceux qui ont le moins d'impact sur le crossover (comme celui, un peu cul-cul de Rich Buckler pour les New Mutants). Ce qui déçoit c'est avant tout la manière très artificielle avec laquelle les séries se joignent et les motivations ou réactions parfois incompréhensibles de nos héros. Le coup des Sept Épouses est d'ailleurs assez imbuvable, même si, graphiquement, c'est le haut du panier. Cependant il faut reconnaître que le côté désespéré du finale à rebondissement parvient à tenir en haleine, avec sa part d'actes héroïques et de sacrifices (qui n'en sont pas).
Une déception à la hauteur de l'épaisseur du livre et des promesses qu'une telle collection de talents et de personnages pouvait engendrer.

+ Les points positifs - Les points négatifs
  • Un Marvel Omnibus, ça en jette dans une bibliothèque.
  • Des noms d'artistes qui nous ont fait rêver.
  • Un assemblage de super-héros comme on n'en retrouve que dans les plus grands "events".
  • Le plaisir de retrouver des équipes qui ont disparu depuis (les West Coast Avengers, les X-Factor originaux, les New Mutants).
  • Une bonne synthèse sur la Couronne du Serpent qui permet un bon passage en revue des grands moments du monde Marvel.

  • Des ressorts dramatiques souvent risibles.
  • Des réactions parfois incompréhensibles.
  • Un assemblage un peu artificiel et une profusion de noms qui entraînent la confusion.
  • Des dessins et des encrages qu'on a aujourd'hui du mal à supporter.
Résolution #09 : Junk Food
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— Je ne sais pas pourquoi on vient ici, même une pizza serait meilleure pour la santé. Et regarde Virgul ! Tu vas le rendre malade à lui donner des saloperies comme ça à manger. Un chat, ça ne se goinfre pas au MacDo ! Encore moins pour s’enfiler trois Big Mac et deux boites de nuggets.
— On était affamés !
— Ce n’est pas une raison pour se remplir la panse de bombes à graisse.
— Ouais, mais il n’y a que ça qui me donne cette sensation de complétude métaphysique libératoire fondamentale.
— De… de quoi ?
— Je ne veux pas seulement arriver à satiété, je veux me détester, arriver à un dégoût de moi-même tel que j’oublierai pour un temps la médiocrité du quotidien, la nourriture constituant alors une sorte de point culminant de mon introspection régressive.
— Ok, c’est le mois Marvel ou je sais pas quoi au niveau des Happy Meal ?
— Heu… Star Wars en fait. Ils… ils ont des porte-clés Dark Vador !
— Et t’as besoin de ça ?
— Je ne sais même pas comment j’ai pu vivre sans jusqu’ici. J’ai l’impression que ce petit gadget va illuminer mes journées, transcender mon existence. Avec lui, outre le fait que je pourrai éviter de perdre mes clés, je vais retrouver goût à la vie. Il me le faut absolument, même si je dois buter la serveuse.  
— Ça me rassure vraiment de te voir si équilibré… et amène ton chat aux toilettes, je crois qu’il va encore vomir.

Résolution #009 – masquer mon intérêt pour les petites conneries par de grandes phrases : failed