Sur les traces de Lovecraft
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Les éditions Nestiveqnen ont lancé l'année dernière un appel à textes concernant le si passionnant univers de Lovecraft.

J'ai la joie de faire partie des 11 auteurs sélectionnés pour ce recueil de nouvelles dont la parution est prévue en novembre, mais si je vous parle aussi tôt de cet ouvrage sur UMAC, c'est parce que Nestiveqnen vient de lancer une campagne de financement participatif sur Ulule.

Alors, attention, la campagne ne vise pas à financer la publication du recueil, qui sera de toute façon publié.
Par contre, si elle atteint ses objectifs, elle permettra deux choses :

- ajouter, pour chaque nouvelle, une illustration originale (de Sébastien Ecosse, cf. son site)
- mettre en chantier un tome 2 de l'anthologie (en effet, l'éditeur a reçu énormément de textes de grande qualité, suffisamment pour envisager deux ouvrages si les moyens financiers et l'intérêt des lecteurs suivent)

Bien entendu, comme le veut l'usage, les contributeurs obtiendront quelques bonus à débloquer.

Pour le recueil en lui-même, j'aurai l'occasion de vous en reparler lors de sa sortie. ;o)



Résolution #22 : Pouvoirs au Quotidien (feat. Orelsan & Gringe)
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— Comment ça serait cool en vrai d’avoir les griffes de Wolverine…
— Pour quand tu te bats ?
— Non, pour manger les tomates-cerises pendant l’apéro.
— Ah ouais, pas con. Mais à ce moment-là, un anneau de Green Lantern c’est encore mieux, tu peux tout chopper à distance.
— Non, ce serait trop. On finirait par plus jamais se lever du canapé.
— La plupart du temps, on se lève que pour prendre des trucs dans le frigo de toute façon. Donc si on peut le faire d’ici, ça sert plus à rien de se lever.
— Et pour nos besoins ?
— Sexuels tu veux dire ?
— Non, pas sexuels, les besoins naturels quoi.
— Avec l’anneau, tu crées un pot de chambre en lumière solide.
— On va pas hiech où on mange, c'est crade quand même.
— Alors je ne vois qu'une solution... il faudra se lever pour aller aux toilettes.
— Tain, c'est comme dans les comics, les super-pouvoirs ça règle jamais les vrais problèmes de fond.

Résolution #22 – trouver des applications quotidiennes pratiques aux super-pouvoirs : failed 
Grave
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Sang, viande crue et ambiance malsaine sont au cœur de Grave.

Après Seuls, on continue sur les films français qui sortent des sentiers battus avec Grave, film d'épouvante qui sort en DVD à la fin du mois.
Dans ce premier long métrage, la réalisatrice Julia Ducournau nous plonge dans une école vétérinaire où l'on suit l'arrivée de Justine, interprétée par l'excellente Garance Marillier. La jeune fille retrouve sa grande sœur, qui est en deuxième année, et doit passer par la traditionnelle période de bizutage. Lors de ce dernier, Justine est amené à manger de la viande crue, chose totalement nouvelle pour la végétarienne et qui déclenche en elle une suite de pulsions de plus en plus étranges et violentes.

Bien que le terme "épouvante" soit utilisé dans l'introduction de cet article, ce film (dont Thomas vous avait déjà parlé dans ce Digest) est suffisamment atypique et formel pour aller flirter du côté des films d'auteur ou du drame métaphorique sur la sexualité ou l'héritage familial.
Évacuons tout de suite la question de la réputation de Grave. Selon le responsable marketing du film au Canada, des spectateurs se seraient évanouis lors de la projection au festival de Toronto. Aux États-Unis, certains cinémas auraient même distribué des sacs à vomi aux spectateurs...
Très clairement, cela semble être exagéré dans un but promotionnel. Le film est assez glauque, gore parfois, l'atmosphère peut être très malsaine, mais de là à s'évanouir, n'exagérons pas, ça reste une fiction. Même les nausées semblent bien exagérées, à moins d'être très sensible ou d'avoir la mauvaise idée de se goinfrer pendant la séance.

L'intrigue est assez minimaliste, le scénario se concentrant surtout sur l'ambiance. Ainsi, l'école vétérinaire, bien que constituant un cadre idéal, ou le bizutage (finalement pas si violent) n'ont qu'une importance très relative dans ce qui arrive aux deux sœurs.
Certaines scènes (celle du "doigt" en particulier) sont à la fois dégoûtantes, stupéfiantes et... presque drôles d'une certaine manière. Les comédiennes sont excellentes, Ella Rumpf, qui joue le rôle d'Alexia, étant tout aussi douée que l'actrice principale.


Grave se veut clairement dérangeant et transgressif, quitte à faire quelques concessions au niveau de la vraisemblance (le baiser/morsure  - lors du mélange de peintures - semble ne pas avoir de conséquences judiciaires ou disciplinaires, pourquoi ?).
Le récit, bien que musclé et spectaculaire, a toutefois un véritable côté féminin, très sensuel, charnel, avec (de loin !) un petit goût d'Anne Rice dans le traitement des personnages masculins (enfin, Rice avec des idées et sous ecstasy, disons).
La conclusion est un peu prévisible mais pas inefficace pour autant.

Reste que tout cela est loin d'être parfait. Le scénario est très faible (bien que le "vide" soit rattrapé par l'ambiance), certaines scènes sont incompréhensibles (le plan des pattes du cheval qui galope... ça dure un moment en plus, ou encore la scène avec le routier), et le côté intello est très surfait.
Ce qui a dû plaire autant aux journalistes (Télérama, les Inrocks, Les Cahiers du Cinéma, Charlie Hebdo, le Figaro, GQ, le Parisien, le Nouvel Obs, Mad Movies, tout le monde a encensé le film, du presque jamais vu), c'est cette alliance de vacuité et de provocation. Seulement, il ne faut pas confondre gratuité (ou mystère) et profondeur.
Une nana qui lèche un globe oculaire (ça doit être pour ça les sacs à vomi) ou un chien à deux doigts de pratiquer un cunnilingus, c'est peut-être très "ââârtistique" dans le milieu branchouille parisien, mais ça reste inutile dans le contexte.

Au final, bien que le film soit bien interprété, bien filmé et original, avec une atmosphère très malsaine parfaitement construite, un travail intéressant au niveau de la photographie et des lumières, l'on en vient à déconseiller l'achat du DVD pour la simple raison que tout cela ne repose sur rien. Les effets sont importants dans un film, mais ils sont supposés servir une histoire qui est ici absente ou si embryonnaire et secondaire qu'elle fait passer Grave pour un film expérimental de fin d'études, avec tous les défauts que cela comporte.
Dommage, car avec l'aide d'un scénariste digne de ce nom, Ducournau (clairement douée) aurait pu signer un chef-d'œuvre au lieu de cette étrange chose, aussi (volontairement) crade que (peut-être involontairement) snobinarde.


+ Les points positifs - Les points négatifs
  • Certaines scènes choc.
  • Les actrices principales, parfaites.
  • Une ambiance malsaine et inquiétante.
  • Une réalisation nerveuse et efficace.
  • Un scénario bien trop creux.
  • Un côté métaphorique un peu prétentieux et pas totalement abouti.
  • Certaines scènes inutiles.
  • Un cadre inhabituel finalement très peu utilisé.
  • Une fin téléphonée dont certains éléments sont en plus invraisemblables.
Seuls
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Nous nous penchons aujourd'hui sur Seuls, film sorti en DVD le mois dernier.

Seuls est un film français, réalisé par David Moreau et librement adapté de la bande dessinée éponyme de Fabien Vehlmann et Bruno Gazzotti.
L'on suit un petit groupe d'enfants et adolescents qui se sont retrouvés subitement seuls dans une ville (imaginaire) désertée de tous ses habitants. Menée par Leila, la bande va tenter de percer le mystère qui entoure cette disparition massive subite. Mais très rapidement, une menace va se dévoiler...

Il y a énormément à dire sur ce film atypique. Déjà, même si l'on a parfois de bonnes surprises au niveau des films de genre, il est vrai que c'est plutôt inhabituel dans un pays qui produit surtout des comédies franchouillardes à l'humour incertain, des films "d'auteur" dépressifs et chiants, et quelques polars.
Seuls mélange en fait différents genres (SF, épouvante, fantastique...) mais aussi scènes inspirées et passages complètement ratés. Nous allons essayer de voir tout cela sans spoiler.

L'exposition du personnage principal, Leila, est très réussie. Non seulement l'on constate que l'héroïne souffre et se prend quelques injustices dans la tronche (effet d'identification, cf. cet article), mais l'on comprend vite qu'il s'agit d'un personnage fort en la voyant réagir d'une manière musclée.
Les plans sur la ville déserte sont également efficaces et impressionnants, les décors sont variés, l'impression d'abandon constant.
Le rôle de Dodji (plutôt bien interprété par un Stéphane Bak que l'on reconnait à peine), un peu caricatural au début, s'étoffe par la suite. Les autres personnages, contrairement à la BD qui les traitait apparemment sur un pied d'égalité, sont moins développés, mais il est normal de devoir faire des choix pour caser l'essentiel en 1h30.


Toujours dans les points positifs, l'on peut évoquer un humour bienvenu (souvent apporté par Yvan), de l'émotion qui ne fait pas trop dans le larmoyant, et un suspense assez bien construit.
Malheureusement, il existe aussi de gros points négatifs qui rendent le récit parfois bancal, parfois presque ridicule. Ces points sont plus ou moins importants, mais certains ont vraiment du mal à passer.
Passons en revue quelques exemples.

À un moment, Leila et Dodji veulent absolument se refiler un flingue alors qu'ils doivent se séparer. C'est genre "prends-le", "non, prends-le toi", "non, tu le prends ou bien je viens avec toi", etc.
C'est assez convenu comme scène, mais on en comprend le sens. Cela montre, sans vraiment le dire, l'attachement qu'éprouvent Leila et Dodji l'un pour l'autre. OK. Sauf que, dans la scène suivante, alors que Dodji s'est enfin barré avec le flingue, Leila se précipite dans leur véhicule et en ressort avec... un fusil à pompe. C'est débile ! La scène précédente ne fonctionne que s'il n'y a qu'une seule arme, si le groupe en a plusieurs, il n'y a pas de raison que celui qui va au devant du danger refuse d'en prendre une. C'est complètement con, la scène du fusil flingue (c'est le cas de le dire) toute la scène précédente !

Autre exemple, plus anecdotique. À un moment, Leila doit soigner un personnage et elle lui sort "ne t'inquiète pas, mon père est médecin". Heu... ce qu'elle doit soigner, c'est une blessure grave au torse, par arme blanche. Et Leila est une lycéenne de 16 ans. En quoi le boulot de son père peut faire d'elle une spécialiste en blessures de guerre ? Et si son père était astronaute, elle saurait piloter des navettes spatiales ? Si encore son père avait un boulot qui explique le fait qu'elle puisse l'aider de temps en temps (par exemple, son père est agriculteur, donc elle sait conduire un tracteur, oui, ça, ça marche). Mais son père ne l'invite quand même pas à assister à des opérations !
En fait, la réplique est si stupide que l'on s'attend à une réponse humoristique de l'un des personnages. Mais non, c'est du premier degré.


D'ailleurs, Leila sait tout faire. Comme elle fait du kart, elle pilote du coup une voiture sportive, un véhicule blindé et même un bus. Dommage qu'ils n'aient pas eu besoin de piloter un avion, son oncle est steward.
Le comportement de Terry est également assez étrange vis-à-vis du "maître des couteaux". On ne sait pas pourquoi il veut à ce point lui sauver la vie ou lui épargner un interrogatoire musclé alors que l'un des leurs est en danger. Toujours pour rester sur le mec aux couteaux, le réalisateur ose nous refaire ce truc éculé des films d'horreur, avec le tueur qui avance lentement quand il poursuit sa victime (alors qu'il peut courir) et qui disparait comme par enchantement quand une autre personne arrive...

Pour l'instant, ce sont de petits détails énervants, mais l'essentiel de ce qui coince reste à venir.
Tout d'abord le méchant, qui est méchant... parce qu'il est méchant. On ne sait rien de ses motivations, il n'y a pas d'enjeu, le type n'a même pas de personnalité. Dommage que l'opposition aux héros soit si plate et fadasse.
D'ailleurs, ce n'est peut-être qu'une impression, mais il y a un drôle de message qui ressort du film. Un truc un peu nauséabond. Que le méchant qui est raciste au dernier degré soit une caricature de Blanc, très blanc et très blond, ça passe. Que les personnages secondaires Blancs ne soit pas énormément mis en valeur (un lâche, un gamin qui veut casser des banques et prend Dodji comme modèle, un handicapé mental, une fillette dont la seule utilité est de se faire enlever), passe encore. Pourquoi pas, rien à redire jusqu'ici, ça change après tout. Mais une scène importante donne un relief très malsain à tout cela. Alors que le méchant est entouré de dizaines, voire de centaines de personnages, l'on se rend compte qu'il n'y a pas un seul Asiatique, Arabe ou Noir parmi eux.
Or, si tous les figurants de cette scène sont Blancs, c'est donc volontaire. Si c'est volontaire, c'est que ça a du sens, une signification particulière. Qui serait quoi ? Les Blancs sont tous des salauds ?


C'est peut-être pousser le sens de la scène un peu loin, mais elle est pourtant bien construite dans un but précis, on ne caste pas uniquement des dizaines de figurants Blancs (habillés en blanc d'ailleurs) par hasard. Et on n'est pas dans une réunion du KKK, à ce moment précis du film, rien n'explique pourquoi il n'y aurait qu'une seule ethnie en train d'acclamer le méchant.
D'ailleurs, si cela avait été l'inverse, je ne pense pas que le film aurait pu échapper à une énorme polémique. Probablement qu'il n'aurait même pas pu être monté.

Enfin, il faut évoquer aussi le twist final, d'une facilité assez déconcertante. Facilité sur deux points au moins. D'une part, c'est loin d'être nouveau (un film, déjà ancien, va obligatoirement vous venir en tête lorsque vous prendrez connaissance des faits), et d'autre part, rien dans la construction de l'histoire ne permet de préparer ce dénouement.
En fait, lors de la scène explicative, l'on nous fait croire que d'énormes indices étaient décelables dans une autre scène. Sauf qu'en revisionnant la fameuse scène, l'on constate que ces "indices" sont cachés par quelque chose, qu'ils n'apparaissent que quelques secondes dans un coin, et que l'attention du spectateur est toujours détournée sur un autre élément. Un peu comme ces faux whodunit, ces intrigues policières où l'auteur vous donne l'impression que vous pouviez résoudre l'énigme alors qu'en réalité, il ne vous en a jamais laissé le loisir et que les indices ne prennent de sens qu'une fois le dénouement arrivé.

L'impression globale est mitigée. Ce n'est pas un film désagréable, la fin (qui apporte une réponse mais débouche sur une autre énigme) donne envie de connaître la suite, les acteurs s'en sortent pas mal, les décors sont sympa, mais il reste aussi un grand nombre de scènes mal écrites (sans parler d'une longue scène stroboscopique insupportable, si vous êtes épileptique et que vous ne le saviez pas, vous allez être fixé), des incohérences et des clichés énormes.
Alors, peut-être que certains seront tentés de dire que le twist final permet au moins d'expliquer les incohérences. Non, ça ne marche pas comme ça. Ce genre de révélation est censée ajouter un nouveau sens à des scènes qui fonctionnaient déjà très bien à la première vision. Le twist est censé enrichir, pas colmater.

Globalement, on va conseiller l'achat, parce que ça reste sympa, mais quel dommage que les faiblesses du scénario n'aient pas été corrigées.



+ Les points positifs - Les points négatifs
  • Original pour un film français.
  • Exposition de Leila très réussie.
  • Impression de ville fantôme bien rendue.
  • Un mélange humour/action/émotion plutôt bien dosé.
  • Quelques scènes ou dialogues absurdes.
  • Un retournement mal amené et peu satisfaisant.
  • Un ennemi totalement creux.
  • Peut-être involontaire, mais un vrai relent raciste et anti-blanc dans le traitement des personnages.
Danny et la fin du Monde
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Changement climatique et bestioles féroces sont au menu du jour avec Danny et la fin du Monde.
(spoilers inside)

Dannys Dommedag, en VO, est un film danois sorti en 2014 et qui est actuellement multi-rediffusé sur SyFy. Le pitch de départ était plutôt tentant : deux frères qui ne s'entendent pas du tout doivent faire face à une invasion de redoutables prédateurs carnivores. Les frangins vont devoir improviser et apprendre à compter l'un sur l'autre.
Et le début est d'ailleurs assez sympa, avec une ambiance très travaillée. L'action se déroule dans une banlieue résidentielle de Copenhague, sous une chaleur moite et accablante. De petits détails font monter la tension peu à peu (problèmes électriques, les chiens qui hurlent sans cesse, le comportement étrange du père...).

C'est malheureusement quand les choses sérieuses commencent que le long-métrage se transforme en pétard mouillé.
Le problème principal vient du fait que toutes les scènes, mais absolument toutes, sont ultra-prévisibles. L'écriture et si convenue, si téléphonée, que l'on parvient à deviner les dénouements de toutes les situations, les réactions de tous les personnages ou quel rôle ils vont jouer : le type à la hache et son comportement bizarre, la brute du bahut qui se dégonfle, la love story contrariée avec la jolie blonde, la scène avec la mère à la fin... rien ne surprend jamais. Pour un film SF/épouvante censé tenir en haleine, c'est franchement handicapant.

Ce n'est pas tout. Les créatures elles-mêmes sont ridicules. Pourtant, le réalisateur parvient pendant une grande partie du film à entretenir le suspense et camoufler le côté cheap des effets spéciaux en suggérant la présence des bestioles plutôt qu'en les montrant. L'on voit des ombres fugaces, une patte, une queue, et l'effet produit n'est pas si mal. Par contre, quand l'on voit le machin en entier, avec sa tête de poiscaille et sa collerette rouge, difficile de ne pas en rire.


Toujours dans les défauts, l'on peut déplorer quelques facilités (les personnages tombent toujours, par hasard, sur ce qu'ils ont besoin de trouver) et même un problème de fond assez étrange concernant cette fameuse fin du monde qui est présente dans le titre et évoquée par Danny lui-même.
En fait, il n'est pas très logique qu'il en vienne à faire un constat aussi extrême, aussi rapidement. D'accord il y a une invasion de saloperies qui bouffent les gens, mais ça vient juste d'arriver, les infrastructures ne sont pas détruites, il y a encore l'armée, la police, on ne connaît rien de la résistance des créatures... donc, non, ça n'a rien d'une fin du monde (ce qui sera confirmé par la facilité avec laquelle l'armée, justement, mettra un terme à la menace).

Les personnages sont tous caricaturaux ou ternes. La fameuse brute évoquée plus haut ne représente finalement pas une réelle menace, Rie n'est attirée par Danny que parce que c'est écrit dans le scénario, même le conflit entre les deux frères n'est finalement pas si bien exploité que ça (et se résout d'une manière bisounours là encore parfaitement prévisible et mièvre).
Rajoutons également un doublage médiocre et une traduction parfois peu pertinente ("on est fait comme des rats", dans la bouche d'adolescents actuels, c'est une expression qui passe difficilement, surtout au premier degré), et l'on se retrouve avec un joli gâchis.
Dommage, parce qu'avec une telle situation de départ, et même sans un budget énorme, il y avait moyen de bâtir une histoire plus solide et dérangeante.

À voir au moins une fois, car l'on ne peut pas dire que l'on s'ennuie, mais trop de défauts structurels empêcheront ce film de rester dans les mémoires.  



+ Les points positifs - Les points négatifs
  • Une atmosphère étrange et tendue plutôt réussie au début.
  • Scènes parfaitement prévisibles.
  • Personnages peu développés.
  • Quelques facilités et incohérences.
  • Des créatures ridicules.
  • Un doublage ne facilitant pas du tout l'immersion.