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Publié le
13.7.26
Par
Nolt
Étrange, inquiétant, proposant quelques bonnes idées mais aussi profondément décevant, nous abordons aujourd'hui le déroutant Holy Ghost, un thriller horrifique de 2025, maintenant disponible sur Prime.
Dans la petite bourgade d'Augusta, une fillette kidnappée est délivrée par un flic local qui la ramène chez elle, saine et sauve, puis disparaît. Mais un problème de taille subsiste, les enquêteurs vont en effet découvrir que le flic en question est un ancien collègue, mort il y a plus d'un an...
Voilà un pitch simple mais intrigant, qui aurait pu donner un grand film. D'ailleurs, le début est particulièrement réussi et efficace, avec des plans sur une petite ville tranquille dévoilant rues et commerces banals, le tout rythmé par le bruit léger d'une circulation peu dense. Et de temps à autre, sur un mur, un poteau, le portrait d'une fillette et ce mot, terrifiant : missing...
Une introduction sobre mais particulièrement impactante.
Malheureusement, Shravan Tiwari, qui signe réalisation et scénario, va vite montrer ses limites. Car entre l'exposition d'une dizaine de minutes et le quart d'heure final, plutôt bien fichu lui aussi, il va se passer 1h15 de développement insipide et incroyablement ennuyeux. Et ce pour deux raisons qui tiennent au même élément central : les personnages.
Tout d'abord, les deux gamines ressemblent à des robots tellement elles sont inexpressives. C'est souvent le cas d'ailleurs dans les films américains, où les gamins semblent parfois "morts à l'intérieur". Là, que les fillettes se fassent enlever, qu'elles rentrent chez elles ou qu'elles voient un fantôme, le résultat est le même : une "poker face" très bizarre. Mais cette absence de réaction ne se limite pas aux enfants, tous les personnages, et notamment les deux principaux (une flic et le père d'une des fillettes enlevées), vont eux aussi être totalement opaques aux émotions. Impossible de savoir si les comédiens sont nuls ou si c'est la direction d'acteur qui est à la ramasse, mais le résultat est épouvantable. Quelle que soit la situation, tout semble faux tellement l'interprétation est terne et fade.
Le problème est encore accru par l'écriture, qui n'accorde même pas une scène au développement des personnages. Chaque minute tournée ne sert qu'à l'avancée de l'intrigue, ce qui est la pire manière de raconter une histoire : avec deux personnages principaux sans âme, qui ressemblent à des coquilles vides, sans caractère, sans failles, sans particularités, sans humanité même, impossible d'éprouver la moindre empathie. Tout devient dès lors très ennuyeux, au point que l'envie de stopper le visionnage revient régulièrement.
Pourtant, l'atmosphère générale et le cadre ont leur charme, et la musique sinistre, dans des décors agréables et ensoleillés, fait son petit effet et apporte un contraste intéressant. Mais les personnages totalement factices et "faux", plombés en plus par une interprétation en "sous-jeu", ne permettent pas l'immersion nécessaire dans ce thriller factice et froid. Il faut attendre le dernier quart d'heure pour qu'un semblant d'intérêt revienne enfin.
Autre fait pour le moins gênant, si vous ne comprenez pas au moins un peu l'anglais, vous pouvez oublier ce film. Même si un sous-titrage est disponible, il a été généré par un logiciel automatique quelconque ou une IA. Cela donne des répliques complètement débiles. Du genre, après un personnage qui en remercie un autre, "you're welcome" ("de rien" en français dans ce contexte) devient... "vous êtes les bienvenus" ! Les expressions anglaises sont traduites mot à mot, certaines phrases sont lunaires, et la gestion des rapports entre les personnages est grotesque (la flic tutoie les parents et vouvoie les enfants). Ce n'est d'ailleurs pas la première fois que Prime gratifie ses abonnés de sous-titrages de merde lorsqu'il s'agit de films peu connus qui passent en dessous des radars. Vu le travail bâclé, cela mériterait une petite ristourne sur l'abonnement, monsieur Amazon...
Que dire de plus ? Ce film avait tout sur le papier pour devenir une petite pépite de plateforme, comme l'on en déniche parfois. Le point de départ est original, le réalisateur semble inspiré de temps en temps, l'ambiance aurait pu être flippante, mais la gestion des protagonistes, tant à l'écriture qu'au niveau du jeu, est tellement à côté de la plaque qu'elle désamorce toute l'intrigue, rendant ce long-métrage indigeste et pénible. Et si en plus vous ne comprenez rien à la VO, les sous-titres "français" vont vous faire rentrer dans une autre dimension.
Un ratage d'autant plus pénible qu'on sent tout le potentiel bien réel de l'histoire.
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Publié le
29.6.26
Par
Nolt
Un film choc, interdit en Allemagne pour de bien mauvaises raisons : Citizen Vigilante.
Ce long-métrage violent et engagé est réalisé et scénarisé par Uwe Boll, auteur précédé d’une réputation de metteur en scène disons… peu doué. Le rôle principal est interprété par Armie Hammer, qui livre une prestation habitée et glaçante.
Niveau pitch, c’est simple : l’Europe doit subir l’impéritie de son système judiciaire, gangréné par des juges laxistes et politisés, et fait face à une immigration criminogène dont les agissements ne sont plus dissuadés par un système qui punit bien plus le citoyen qui se défend que le salopard qui tente de l’égorger. OK, c’est donc de notre réalité qu’il s’agit.
Dans ce contexte, un homme a pris les armes et lutte pour réveiller ses concitoyens.
Disons-le tout de suite, si le film n’est distribué nulle part, ce n’est pas parce qu’il est "raciste" comme on peut le voir dans une certaine presse, mais parce qu’il ose faire ce qui est interdit de nos jours dans l’Union Européenne liberticide et totalitaire : décrire le réel.
Quel est exactement le propos de fond ? Simple : certains migrants ne partagent pas les valeurs du pays qui les accueillent et haïssent les Blancs. Ce qui est indéniable. Il n’y a rien de raciste là-dedans [1]. Les racistes, ce serait plutôt ceux qui égorgent une jeune femme parce qu’elle est blanche ou lynchent un gamin parce qu’il aime le pays qui lui a tout donné.
D’autres, plus modérés, qualifient ce film de "vigilante movie" et le comparent à un Death Wish ou d’autres fictions du même genre. Grave erreur. Il ne s’agit pas ici d’un type qui veut se faire justice lui-même mais d’un résistant obligé de prendre les armes parce que la justice ne fonctionne plus (elle prend même parti pour les criminels).
C’est très différent sur le fond. Il ne s’agit pas de se substituer à un système judiciaire qui fonctionnerait encore, mais d’exercer son droit, son devoir moral même, à la défense des siens et des innocents. Aucun peuple, jamais dans l’Histoire, peu importe où, ne s’est laissé exterminer sans réagir.
Dans la société actuelle, gangrénée par une pensée gauchiste déviante qui crache sur les innocents et encense les pires meurtriers, oser dire aussi clairement les choses relève d’un acte de courage salutaire et d’une force inouïe.
Aussi, même si le film a des qualités formelles (notamment le montage dynamique ; une photographie soignée ; et un personnage principal froid, spectral et intangible, représentant l'âme du peuple), il dépasse complètement le cadre de l’œuvre artistique pure ou de l’objet de divertissement. En abordant le martyr des Européens en Europe, lâchés par une pseudo-élite corrompue et sans limites morales, qui gouverne contre l’avis du peuple et contre ses intérêts vitaux, Boll s’inscrit ici dans un acte de résistance admirable, car bien entendu il sait très bien ce qu’il risque en termes de violence physique et de persécution pour avoir osé refléter, le temps d’un film, une réalité qui tue chaque jour mais que la vermine politicienne et les médias mainstream collabos travestissent au nom d’une idéologie scélérate.
Que ce film soit vu et soutenu malgré les magouilles pour l’enterrer montre à quel point l’immense majorité des Européens libres et raisonnables, quelles que soient leur couleur et leurs origines, attendent un message fort qui les sortira de leur marasme. Car un gouvernement tient sa légitimité du peuple et de ses actions positives envers le peuple. Quand il cesse de se préoccuper des intérêts de la Nation pour devenir une entité nocive, il se doit d’être renversé. Et renverser un tel système n’a rien de "fasciste", à moins de penser que la Nation, la vérité, le courage, la justice, l’amour des siens et la volonté de vivre en paix et en sécurité soient des valeurs indignes.
Une œuvre d’une vérité à couper le souffle, peut-être le premier acte formel de rébellion artistique "grand public" envers un système qui détruit aussi bien nos enfants que notre culture.
"Je fais ça pour vous, en attendant que vous le fassiez vous-mêmes."
Sanders
Sanders
[1] : Je l’ai toujours affirmé, je préfère un voisin Noir qui partage mes valeurs qu’un Blanc qui se conduit comme une racaille. Un homme n’est pas défini par ce qu’il est mais par ce qu’il fait. Si vous commettez des crimes, vous êtes un criminel, c’est aussi simple que ça. Et une société saine doit vous neutraliser pour le bien de tous. Les Français ou les Allemands ne sont pas racistes, ils ne haïssent pas certains migrants parce que leur couleur ne leur convient pas mais parce que certains se comportent comme des barbares, qui ne respectent rien et sont prêts à massacrer n'importe qui. Et interdire aux citoyens de dire que quelqu'un se comporte mal quand il se comporte mal, c'est cela le fascisme.
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Publié le
24.6.26
Par
Nolt
On fait le point sur Kaamelott, volet II partie 1, et ce n'est pas folichon...
Après un premier film décevant, Alexandre Astier a livré il y a quelque temps la deuxième partie de sa "trilogie" finale (qui comportera en fait quatre films...), maintenant disponible en édition collector blu-ray (à 45 balles, faut le vouloir !). Et le moins que l'on puisse dire, c'est que l'on atteint ici des records en matière de médiocrité et de ratage complet. La liste des défauts de ce film semble interminable. Une sorte d'effondrement total qui rend la conclusion de la saga Kaamelott assez pathétique.
Faut-il s'étonner de ce naufrage ? Pas forcément, Astier ayant déjà montré ses limites avec son premier long-métrage, le prétentieux et vain David et Madame Hansen, ou lors de son exoconférence, succès public qui pourtant était truffé de problèmes importants et indéniables (redites, affirmations fausses bien que soutenues par des scientistes, humour qui tombe à plat, mise en scène désastreuse, ego trip grotesque, bref, les fans hurlaient encore au génie alors que le bateau prenait déjà l'eau). Je précise que je n'ai rien personnellement contre le gars, je l'ai même défendu longuement et en argumentant dans son sens lorsqu'il était attaqué par des connasses sans cervelle (cf. cet article).
Mais voyons précisément tout ce qui est raté dans ce film de 2h20.
Dès les premières minutes, ce qui frappe le spectateur et finit par agacer rapidement, ce sont les hurlements. Tous les personnages passent leur temps à brailler, s'énerver et s'engueuler. Au bout de quarante minutes, cela devient insupportable. C'est assez fou, on dirait qu'Astier ne connaît plus que ce seul ressort scénaristique : des gens qui crient et sont agacés.
La réalisation, quant à elle, s'avère plate et fainéante. Un plan large et fixe pour planter un changement de décor, puis des scènes sans inspiration et ressemblant à du théâtre filmé (ou à un téléfilm bas de gamme). Aucun effort, aucune ambition de ce côté-là.
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| Des acteurs qui ont l'air de se faire chier, peut-être par solidarité avec le public. |
Et ça continue ! Le jeu des acteurs est spectaculairement mauvais. Or, même si les enfants Astier manquent peut-être d'expérience (car le réalisateur a casé toute sa famille), tout le casting ne peut être à ce point nul. C'est donc bien encore Astier et sa direction d'acteurs qui sont à incriminer. Pire, même les personnages historiques finissent par sonner faux à force de redites et d'exagérations.
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| Bel effet réalisé sous Amstrad 6128. |
Et pire que tout, rien n'est drôle. Ce qui fonctionnait avant, dans la série TV, tombe complètement à plat, comme si l'auteur était totalement rincé. On a l'impression régulièrement d'être devant une mauvaise parodie tellement c'est du Kaamelott mais sans inspiration. L'écriture est évidemment le point le plus négatif. Le scénario, les dialogues, les personnages et leur éventuelle évolution, tout est plombé par un surplace narratif et une maladresse aussi étonnante que lourdingue. Rien ne semble évoluer, de Lancelot toujours au bord de la folie à Arthur traînant des pieds, en passant par l'incitation à faire un héritier (avec une potion, encore !), le tavernier qui a absolument besoin de Karadoc pour faire tourner la boutique, Merlin qui se méfie d'un autre druide... chaque minute n'est qu'un recyclage poussif de ce qui a déjà été mille fois mieux traité.
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| Une partie des nouvelles têtes qui n'inspirent rien si ce n'est de l'indifférence. Normal : aucun personnage n'est correctement introduit. |
Reste encore à aborder l'absence de Franck Pitiot, alias Perceval. Ce dernier ayant réussi à lire le scénario du second opus avant le tournage (une pratique contraire aux habitudes d'Astier), il a décidé de ne pas rempiler, certainement déçu du premier film et de la direction que prenait celui-ci. Comment ne pas le comprendre ? La réaction d'Astier est alors ahurissante. Il se félicite presque du départ de son ami et acteur phare. "Ça permet d'aller dans d'autres directions." ; "Il est là sans être là." ; "C'est presque une bonne nouvelle."... bref, c'est du "je m'en fous, j'ai pas besoin de lui". Sauf que, en réalité, c'est un énorme coup dur. Et Astier n'est pas suffisamment idiot pour ne pas le savoir. Non seulement Perceval est central dans l'histoire (il est censé avoir une destinée plus importante que celle d'Arthur lui-même), mais c'est en plus le personnage le plus populaire chez les fans. Il ne s'agit pas cette fois de Vanessa Guedj (Angharad, la suivante de la reine), avec qui Astier s'était engueulé, et qui présentait son départ, goguenard, comme une péripétie sans conséquences. Cette fois, c'est l'un des piliers de Kaamelott qui abandonne, déçu par une écriture devenue désastreuse.
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| Il y a eu de la tendresse et même du galochage entre ces deux-là, on espérait plus, mais on revient encore au statu quo, sans que rien ne puisse le justifier. |
Et je caricature à peine. Oui Astier a eu du génie à une époque (ce qui n'en fait pas un génie, c'est une distinction subtile que peinent à faire la plupart des gens), oui les premières saisons de Kaamelott étaient exceptionnelles, oui le virage sombre de la cinquième saison et le changement de format étaient à l'époque un tour de force, mais cela n'en fait visiblement pas un auteur capable de se renouveler, de prendre du recul sur sa propre œuvre ou même de corriger des erreurs évidentes. Pour cela, il lui faudrait accepter de collaborer avec des gens dont le rôle est justement de signaler à l'auteur qu'il se plante. Pas de lui restreindre sa liberté, mais de l'empêcher de faire n'importe quoi. Par excès de confiance, il n'a pas voulu de cela, et le résultat est là : un réalisateur clairement en déficit de savoir-faire qui n'est même pas compensé par la qualité d'une écriture devenue stérile et pitoyable.
Énorme déception donc, car ce Kaamelott II n'est même pas un nanard qui peut se regarder au second degré, c'est un long et pénible voyage chaotique à travers les tares d'un auteur trop vite encensé alors qu'il demeure un artiste avec ses limites, ses égarements et ses travers. Quel gâchis !
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Publié le
17.5.26
Par
Vance
Cinquante ans ! Un demi-siècle d'existence pour ce groupe qui s'est frayé une place au panthéon du rock dans les années 80 avant une période trouble qui aurait pu les voir disparaître comme tant d'autres, mais de laquelle ils sont revenus plus forts jusqu'à atteindre de nouveaux sommets. Iron Maiden est désormais une légende qui remue encore les foules, remplit encore des stades et suscite l'admiration sans bornes de ses fans comme le respect de ses concurrents.
Il fallait bien un film pour entretenir le mythe et transmettre le flambeau à de nouvelles générations qui s'avèrent encore sensibles à sa musique (il suffit de regarder les vidéos qui pullulent en montrant les premières écoutes de gamins, enchantés par ce qu'ils entendent). Si les années 90 avaient été synonyme de fin de carrière pour bon nombre d'artistes de la même génération et évoluant dans le même registre (le public nord-américain se détournant progressivement du hard-rock et du heavy metal pour le grunge et d'autres genres plus agressifs), elles n'ont pas pour autant signé leur arrêt de mort - et le documentaire permet de nous montrer leur chemin de croix avant une quasi-résurrection presque miraculeuse.
Mais revenons au commencement. Le documentaire de Malcolm Venville s'ouvre sur une petite animation suivie d'images d'un concert et d'une voix off qui souligne ce qui sera le leitmotiv du métrage : les fans. C'est pour eux, pour cette famille qui dépasse les frontières et transcende les barrières sociales, religieuses ou politiques, que les membres ont accompli ce parcours dantesque, ponctué de records de dates en tournée. Un parcours qui les a propulsés au sommet après des débuts dans des petits clubs londoniens sous l'impulsion d'un Steve Harris déjà persuadé de tenir quelque chose qui fera date.
D'où "l'ambition" du titre, qu'on croirait tirée de Macbeth.
Il faut reconnaître au film un bon paquet de qualités. Si l'on est profane, on assistera à un portrait très complet évitant le piège de l'hagiographie et n'hésitant pas à évoquer les moments les plus douloureux de l'histoire du groupe : le choix de se séparer de leur premier chanteur, Paul Di'Anno, dont le comportement et les excès nuisaient au projet du leader de Iron Maiden ; les tensions entre Steve et le chanteur Bruce Dickinson, son départ houleux puis son retour inespéré ; l'épuisement consécutif aux tournées à répétition (qui s'étendaient parfois sur plus d'un an) ; les maladies (un cancer de la gorge, un AVC) et la pression du public...
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| Steve Harris & Paul Di'Anno |
Le vrai fan n'apprendra sans doute pas grand-chose. D'autant que (et contrairement à ce qui est affirmé dans une des bandes-annonces) les membres du groupe sont déjà intervenus dans des films précédents : un documentaire en deux parties au début des années 2000 ainsi que le film Flight 666 narrant la tournée Somewhere back in Time World Tour de 2008 (23 concerts en 45 jours à bord du Ed Force One, un Boeing 757 piloté par Bruce Dickinson himself !).
Comme quoi, le rock mène à tout et même aux commandes d'un avion de ligne (quand on sait qu'un des guitaristes avait tenté sa chance en Suisse comme horloger et que Steve Harris a commencé comme éboueur...).
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| La formation considérée comme "classique" à partir de 1981 : Adrian Smith, Dave Murray, Clive Burr, Steve Harris & Bruce Dickinson qui fait des tractions |
À l'instar de tous les biopics musicaux sortis récemment, des choix drastiques ont été effectués, et le puriste pourra sans doute tiquer en n'entendant pas parler des tout premiers membres du groupe, quand Iron Maiden, entre 1975 et 1979, hantait les petits clubs de la capitale britannique et commençait à accumuler une petite légion d'admirateurs qui entretenaient le bouche à oreille jusqu'à la sortie de leur premier album éponyme : exit donc Dennis Stratton (guitare) ou Doug Sampson (batterie) - mais il faut reconnaître qu'ils apparaissent bien à la fin dans un bandeau récapitulant tous ceux qui ont fait partie de l'aventure et les trois qui ont perdu la vie depuis.
La force du documentaire réside surtout dans la passion qui anime les témoignages de tous ces admirateurs :
- des anonymes venant du Liban, du Kosovo, d'Argentine ou du Brésil (où la communauté est sans doute la plus bruyante et fidèle), de Pologne, chacun avec sa petite anecdote (comme celui qui était aux premiers rangs lorsque Dickinson s'est blessé sur scène à l'arcade sourcilière) ;
- des célébrités du monde musical : Tom Morello (Rage against the Machine), Gene Simmons (Kiss) ou Lars Ulrich (Metallica) ;
- Javier Bardem (l'acteur espagnol qui a joué notamment dans Dune ou Skyfall), sans doute le plus investi dans ces témoignages, pardonnant tous les excès du groupe, expliquant la portée, l'influence, le lyrisme et l'importance de leurs morceaux avec une flamme dans le regard et des vibratos dans la voix qui ne peuvent que convaincre les indécis.
L'autre atout réside dans les interventions vocales des Irons eux-mêmes : les voix de Steve, Bruce, des trois guitaristes (Adrian Smith, Jannick Gers & Dave Murray), des batteurs (Clive Burr puis Nicko McBrain), des chanteurs (Paul Di'Anno, Bruce et Blaze Bayley) mais aussi de leur producteur fétiche, Rod Smallwood, qui fera de la formation le groupe phare de la New Wave of British Heavy Metal. Chaque fois qu'on les entend, c'est en voix off avec un bandeau qui les nomme tandis qu'on visionne des images d'archives (les premières vidéos sont de piètre qualité). Impossible de rester insensible à leur concert en Pologne, avec les policiers qui délimitaient tout mais qui ont fini par leur demander des autographes, et cette soirée où ils ont fini par jouer du Deep Purple à un mariage (vidéo à l'appui).
Le documentaire se focalise essentiellement sur les tournées, qui ont forgé le groupe : les premiers albums sont mentionnés jusqu'à Number of the Beast (1982) qui voit Iron Maiden se stabiliser et construire une formation durable, laquelle sert encore de référence pour les critiques musicaux. Les suivants seront évoqués brièvement mais le film s'attarde plutôt sur la décennie prodigieuse des années 80 avec ces séries de concerts dans tous les continents dont un premier point culminant en 1985 (le World Slavery Tour et ce concert à Rio devant plus de 250 000 spectateurs). Avant d'entrer dans le dur : les tournées se succèdent, les spectateurs suivent mais pas la volonté ou la santé des artistes.
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| Steve Harris et son jeu de basse "galopant" caractéristique |
Les années 90 ne sont donc pas éludées, ce qui est une bonne chose : on y voit Iron Maiden en tournée aux USA dans des salles ridiculement petites par rapport à ce qu'ils ont connu. Mais le reste du monde continue d'affluer en masse à leurs concerts. Leur musique évolue également mais demeure fidèle à certains principes : des paroles recherchées, des thèmes surprenants souvent liés à l'Histoire, une forme de lyrisme dans les compositions, la basse échevelée de Harris et les solos de guitare qui se complètent en parfaite harmonie.
Puis c'est le retour en grâce. Avec beaucoup d'opportunisme (ce n'est pas mentionné dans le film mais les Maiden ont fini par céder aux sirènes du merchandising), le groupe se relance encore par des albums millimétrés et des tournées pharaoniques. On n'oublie pas non plus de parler d'Eddie, la mascotte dont Lars Ulrich vante l'impact incroyable, à nul autre pareil - avec sans doute une pointe de jalousie. Eddie présent dès les premières affiches, qui est devenu autant ambassadeur que signature (au même titre que la police d'écriture du nom du groupe). Eddie qui est pour les musiciens, à la personnalité souvent très introvertie, un moyen d'extérioriser leurs fantasmes. Un dossier spécial lui est d'ailleurs consacré par Nolt sur notre site.
Enfin, un passage raconte le malaise provoqué suite à des incidents malheureux (un assassinat perpétré par un individu qui écoutait leurs chansons, vous imaginez l'amalgame). Dickinson aura les mots qu'il faut pour démonter tous les argumentaires fallacieux ("musique sataniste", "propos déviants", "moralement scandaleux").
Moins de deux heures pour présenter cinquante ans de carrière : mission accomplie. Beau boulot et Up the Irons !
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Publié le
14.4.26
Par
Nolt
Terrible, glaçant, inéluctable, La Traque nous mène au bout de ce que la nature humaine peut révéler de pire.
Nous sommes en Normandie. Ils sont sept. Sept connaissances se retrouvant pour une partie de chasse. Tous sont des notables, comme Mansart, gendre d'un sénateur qui brigue lui-même un mandat ; Sutter, un riche propriétaire terrien ; Rollin, un notaire ; Chamond, un assureur ; Nimier, un ancien officier. À ce groupe s'ajoute les frères Danville, des ferrailleurs qui rendent bien des services. Ces derniers vont croiser la route d'Helen, une universitaire qui compte s'installer dans la région et explore les lieux. La rencontre se passe mal. Très mal.
Entre les chasseurs, tous liés par de petites combines et des "coups de main" plus ou moins légaux, s'installe alors une complicité de fait. Cet étrange lien qui unit ceux qui, de compromis en compromis, de petits renoncements en grosses entorses à la morale, finissent par patauger dans le purin de l'âme.
Tous vont traquer Helen. Car après ce qu'il s'est passé, il ne serait pas prudent de la laisser parler aux gendarmes. Il faut s'arranger, lui proposer un marché. Elle acceptera, n'est-ce pas ? Et si elle refuse, eh bien, il faudra se montrer persuasif.
Voilà un film plutôt méconnu, datant de 1975 et réalisé par Serge Leroy. Qu'il soit à ce point passé sous les radars, voire qu'il ne soit pas devenu une référence, est plus qu'étonnant, car il développe une thématique percutante, qui pousse à s'interroger sur le premier prédateur pour l'Homme, autrement dit l'Homme lui-même. Et il bénéficie en outre d'un casting on ne peut plus prestigieux. En plus des stars de l'époque, Jean-Pierre Marielle et Michel Constantin, l'on va retrouver une brochette d'acteurs certes de "seconds rôles", mais plutôt talentueux, comme Michael Lonsdale, Jean-Luc Bideau, Paul Crochet (dont le visage vous rappellera aussitôt quelque chose si son nom ne vous dit rien) ou encore un jeune Philippe Léotard.
À l'époque de sa sortie, le film choque. Il faut dire que la petite bourgeoisie provinciale y est dépeinte d'une manière noire et acide, que certaines scènes sont violentes (nous y reviendrons), et que la métaphore de la chasse contribue à dénoncer, sans nuances, le comportement de certains "mâles". Voilà d'ailleurs qui devrait faire réfléchir les donneurs de leçons évaporés, qui du haut de leur inculture crasse pensent qu'ils ont tout inventé et qu'avant 2010, la violence envers les femmes était "tolérée", ce qui est factuellement faux. Le comportement néfaste non pas "des hommes" mais de certains abrutis criminels était bel et bien dénoncé, jusque dans des films grand public, et ce dès les années 70 (et bien avant en réalité).
Si La Traque a pu choquer, c'est probablement sans doute aussi par son manque de "morale" et de "happy end". Mais voilà, cette histoire se veut réaliste, et dans la réalité, contrairement à ce que l'on veut vous faire croire, ce ne sont pas les gentils qui gagnent à la fin, juste les plus forts qui décident de qui porte l'étiquette "gentil".
Revenons sur la violence, notamment la différence entre ce qui est montré à l'écran et ce qui est perçu. La scène de viol, dans ce film, est d'une retenue assez rare. Rien à voir par exemple avec Les Accusés (1988), où le personnage interprété par Jodie Foster se faisait violer dans un bar. Rien à voir non plus avec la complaisance de Gaspard Noé, dans son film Irréversible (2002), qui montrait pendant 10 minutes un viol ultra-réaliste. Ici, tout se déroule en gros plan, sur... les visages. Soulignons d'ailleurs à cette occasion la performance phénoménale de Mimsy Farmer, qui interprète cette jeune anglaise. L'actrice a assez peu de texte au final, et l'essentiel de son jeu va passer dans son expression et ses regards.
En réalité, si la scène de viol a pu choquer certains spectateurs, c'est bien le final, où l'actrice aux abois pousse littéralement des cris de bête ("Heeeeelp ! Heeeeelp !"), qui glace le sang et retourne l'estomac.
Si la réalisation s'avère plutôt plate, la beauté des décors, le jeu des acteurs, la profondeur du sujet et l'intelligence de son traitement vont faire de ce film un véritable "moment", intense et dérangeant, de cinéma. La mécanique est aussi précise qu'impossible à freiner, chaque protagoniste étant tenu par ses liens, sa réputation, ses principes imbéciles. Pire encore, si les Danville sont présentés (et perçus) comme particulièrement cons et dangereux dès leur apparition (la scène de la "course-poursuite", en voiture), ils finissent par s'humaniser par la suite, ce qui rend leurs agissements peut-être encore plus abjects. Le scénariste, André-Georges Brunelin (dont le film le plus connu doit être La Légion saute sur Kolwesi), réalise un tour de force en dépeignant, sans complaisance, les petits arrangements et les dérives de gens qui ne sont ni des monstres ni des psychopathes mais, au contraire, des gens supposément "bien". Le personnage de Lonsdale aura d'ailleurs cette phrase, lourde de sens et terrifiante : "Nous ne sommes pas des gens facilement soupçonnables."
Le film est-il pour autant sans défauts ? Non, loin de là. Outre la réalisation, quelque peu terne (même si certains plans sont particulièrement forts), l'on peut relever diverses facilités ou invraisemblances, comme le fait que les frangins Danville ne font rien à une femme qui semble apprécier leur compagnie (et leurs "mains au cul"), mais qu'ils se jettent sur une touriste, alors qu'elle est aussi sexy qu'une factrice en doudoune et qu'un témoin direct assiste à la scène. Ce n'est pas en soi impossible, c'est juste difficile à croire (surtout quand on voit leur revirement par la suite, passant de débiles légers à des types à peu près normaux et doués de raison, voire d'empathie). L'attitude de Nimier, qui lui n'est tenu par rien et agit par "principe" et solidarité de groupe, est également peu crédible, un peu comme si les auteurs avaient juste voulu se "payer" un militaire. Or, l'honneur n'était pas un vain mot dans l'armée, au moins à cette époque. Ce qui ne veut pas dire qu'aucun militaire n'était un salaud, mais encore faut-il, au niveau de l'écriture, justifier des décisions pour le moins aussi graves qu'étonnantes.
Enfin, même si l'on ne doute pas que cela ait pu avoir lieu parfois, la légèreté avec laquelle le groupe picole tout en se proposant de manipuler et utiliser des armes ne représente clairement pas l'attitude habituelle des chasseurs ou des tireurs en général.
Globalement, le film demeure pourtant une réussite. Malgré la "patine" de l'âge, l'on suit ce récit, surprenant et sulfureux, avec intérêt. L'absence presque totale de musique, pour une fois, ne rallonge pas les scènes, en engendrant un effet de "temps suspendu", mais leur donne un aspect brut et inquiétant, presque documentaire. Le final, à l'amertume infecte, demeure un modèle de conclusion coup de poing, à la fois viscérale et sensée.
Ce long-métrage exceptionnel, malgré une édition DVD et même blu ray, se trouve difficilement (ou à des prix prohibitifs). Et bien plus problématique, il n'est jamais diffusé à la télévision, même dans les profondeurs des box. Allez savoir pourquoi...
Un film choc, ambitieux et intelligent, servi par des acteurs de premier plan.
À voir absolument.
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Publié le
1.4.26
Par
Virgul
La date de sortie est donc fixée au mois de juin et la première bande-annonce devrait arriver dans quelques jours. Le nouveau Fantômas, avec Jean Reno dans le rôle du terrible criminel et Michaël Youn dans le rôle du commissaire Juve, sera bien une comédie, dans la lignée des films d'André Hunebelle.
Michaël Youn, emballé par le projet, nous livre ses impressions : "Depuis Le Jardinier, où j'ai pu montrer que je pouvais tout jouer, même face aux meilleurs, j'avais envie de relever un défi encore plus grand. J'ai beaucoup de respect pour le travail de Louis de Funès, mais je crois que je vais apporter au rôle de Juve une modernité, une fraîcheur, qui vont surprendre le public. Je suis très content de pouvoir réinventer cette grande saga aux côtés de Jean, qui est fabuleux en Fantômas. C'est le retour, je crois, de la comédie populaire ambitieuse et de qualité."
Aux commandes de ce premier Fantômas, Pierre Gautier, plutôt un habitué des films d'auteur, puisqu'il a notamment réalisé L'aspect abscons du paraître en province ainsi que Le Dindon et la Bécasse. Il nous explique les raisons d'un tel virage artistique :
— Bonjour Pierre, on ne t'attendait pas sur un tel projet, pourquoi ce choix audacieux ?
— Mon dernier long-métrage a fait moins de 2500 entrées, ce qui est somme toute un demi-échec. C'est pas avec ça que je vais payer les opérations de changement de sexe de mes enfants, Campanule et Galinette. Donc, je me lance dans tout autre chose. Les bouseux veulent du gras, du lourd, du Youn qui pète, ben je vais leur en donner.
— Ah... heu, et Jean Reno ? Comment l'as-tu convaincu de reprendre le rôle de Fantômas ? Cela a été facile ?
— Très facile à partir du moment où je lui ai promis qu'il n'aurait pas trop de texte et qu'il serait doublé par une IA en post-prod pour les mots de plus de deux syllabes.
— D'accord, heu, vous voulez sans doute dire qu'il parvient à faire passer beaucoup de choses dans ses silences ? Par ses regards, sa gravité ?
— Je veux surtout dire qu'il n'est jamais aussi bon que quand il ferme sa gueule.
— OK, heu, merci Pierre.
Eh bien gageons que cette comédie bourrée de facéties n'engendrera pas la mélancolie !
— Ah... heu, et Jean Reno ? Comment l'as-tu convaincu de reprendre le rôle de Fantômas ? Cela a été facile ?
— Très facile à partir du moment où je lui ai promis qu'il n'aurait pas trop de texte et qu'il serait doublé par une IA en post-prod pour les mots de plus de deux syllabes.
— D'accord, heu, vous voulez sans doute dire qu'il parvient à faire passer beaucoup de choses dans ses silences ? Par ses regards, sa gravité ?
— Je veux surtout dire qu'il n'est jamais aussi bon que quand il ferme sa gueule.
— OK, heu, merci Pierre.
Eh bien gageons que cette comédie bourrée de facéties n'engendrera pas la mélancolie !
Publié le
21.2.26
Par
Nolt
Voyage dans le passé de la pop culture, partie 10 ! Au sommaire : de la BD franco-belge quelque peu méconnue, un aventurier de l'espace et des vampires. Enjoy !
-- BD : balades en taxi et histoires courtes --
On commence par s'arrêter dans les années 90 avec Taxi Girl, une bande dessinée créée à l'époque par Laudec et Raoul Cauvin (l'un des "papas" des célèbres Tuniques Bleues). Prépubliée dans le Journal de Spirou, la série connaîtra deux albums édités par Dupuis : Vous êtes libre ? en 1994 et Vous aimez les bêtes ? deux ans plus tard.
Comme le titre l'indique clairement, les auteurs nous invitent à suivre une jeune femme, Pearl, qui exerce la profession de chauffeur de taxi. Et c'est bien de cela qu'il s'agit : le quotidien d'un chauffeur de taxi, ce qui va sérieusement limiter les possibilités, d'autant que les récits vont de une ou deux pages à cinq ou six, autrement dit, pas de quoi réellement développer une intrigue.
Très vite, la série tourne en rond malgré sa brièveté. Les resquilleurs qui partent sans payer, le mec un peu bourré ou l'agresseur déjoué par Cannelle, le chien de l'héroïne, constituent l'essentiel des archétypes déclinés ici. Tout cela n'est, la plupart du temps, pas très inspiré malgré quelques gags originaux qui font leur petit effet (comme le cactus de Noël) et de rares détours hors de Paris (dont une rencontre animée avec un... taureau).
Graphiquement, certains reprochent parfois à la série son aspect réaliste, mais ce n'est là qu'une question d'inclination personnelle, des personnages "à gros nez" ne rendraient pas ces récits meilleurs. Et justement, c'est même le côté semi-réaliste des planches qui donne au titre ce charme particulier qui permet tout de même de passer un moment sympa.
Pas le plus grand succès de Cauvin, forcément, et un concept trop étriqué pour réellement permettre une déclinaison variée, mais une petite curiosité tout de même qui réserve quelques (trop rares) surprises.
Les deux albums se trouvent encore d'occasion à des prix tout à fait modiques.
-- SÉRIE TV/BD : kitsch et aventures spatiales --
Cap maintenant sur la fin des années 70 et le tout début des années 80 avec Buck Rogers ! Avec seulement 2 saisons (et 37 épisodes), la série n'a pas forcément eu un impact aussi important que certains classiques (pour comparaison, la série originelle Star Trek comprenait 79 épisodes), mais les jeunes téléspectateurs français de l'époque (sortie au cinéma du pilote en 1979, puis première diffusion en 1983 sur TF1) ont découvert avec ravissement cet univers futuriste, aujourd'hui très kitsch par certains aspects (des costumes en passant par certains personnages, comme le... vampire de l'espace et son monosourcil ridicule).
À la base, tout vient d'un comic américain, publié dès 1929 dans la presse US (Buck Rogers est d'ailleurs considéré comme le premier strip de SF). C'est Philip Francis Nowlan qui crée le personnage dans une nouvelle, puis va l'adapter en BD avec Dick Calkins aux crayons. Pendant plusieurs décennies, le héros verra ses péripéties être couchées sur papier avant de faire un bond vers le petit écran.
L'histoire est assez originale puisque ce vieux Buck est à la base un astronaute qui, en 1987, part pour une mission de routine qui va suffisamment mal tourner pour le propulser 500 ans plus tard, dans un monde peuplé d'avancées fantastiques mais aussi de menaces en tout genre. Le charme de la série TV doit beaucoup à son casting, avec un charismatique Gil Gerard dans le rôle titre et une superbe et charmante Erin Gray campant le colonel Wilma Deering (un duo rappelant, par certains côtés, celui de Mission Casse-Cou, dans un tout autre registre). L'intégrale est disponible en version américaine avec des sous-titres français.
En France aussi, Buck Rogers va se décliner en BD. N'oublions pas que nous sommes en plein phénomène Star Wars et que les sagas spatiales, encore peu nombreuses, fascinent et attirent les jeunes lecteurs. C'est dès 1980 que Buck Rogers et la Princesse Ardala va être publié par les éditions Deux Coqs d'Or dans leur collection "Télé Librairie". Il s'agit d'un album assez luxueux (hardcover, papier glacé) de 64 planches, qui décrit l'arrivée de Buck au XXVe siècle et contient une aventure complète, plutôt spectaculaire. La colorisation, bien flashy, peine à donner du cachet aux décors, mais dans le moment, tout le monde s'en fiche, moi le premier, et l'on tourne les pages avec fébrilité, totalement conquis par l'intrépide Buck. Cette BD peut encore se trouver relativement facilement et sans se ruiner.
Toujours en 1980 et chez le même éditeur, c'est cette fois un récit illustré (donc pas une BD, mais bien du texte avec des illustrations d'ambiance) qui sort sous le titre Buck Rogers - Le Héros du XXVe siècle. Bien avant cela, en 1977, c'est un recueil de strips en noir et blanc qui était sorti en VF chez Pierre Horay Éditions. Là, l'ambiance est radicalement différente, l'on découvre un Buck dont l'aspect physique est très loin de celui de la série TV ou même des comics. Le personnage est plus chétif, les décors dépouillés et de lourds pavés de texte viennent appesantir l'ensemble, qui demeure tout de même intéressant mais plus sur le plan historique que celui du pur divertissement.
Bref, un héros au charme certain et au potentiel énorme, qu'il est étonnant de ne pas voir plus exploité de nos jours.
-- CINÉMA : humour & épouvante --
Notre machine à remonter le temps nous dépose maintenant en 1968. Nous nous dirigeons vers un cinéma en compagnie de jeunes gens s'exprimant dans un français parfait, aux nuances riches. Les dames portent des ensembles élégants et sont souriantes. Le temps est agréable en cette soirée d'avril. L'affiche, au fronton du bâtiment, annonce en lettres de sang Le Bal des Vampires. Il s'agit d'un film de Roman Polanski, avec la magnifique Sharon Tate dans l'un des rôles principaux. L'excitation gagne le petit groupe, pressé de rejoindre la salle obscure...
Ce classique, intitulé The Fearless Vampire Killers en version originale, est disponible pour une dizaine d'euros en DVD. Le long-métrage mélange comédie et frissons avec une réussite certaine et dure 1h48. L'histoire se veut relativement simple : le professeur Abronsius, un vieil original persuadé de l'existence des vampires, et son assistant, le jeune Alfred, écument la Transylvanie à la recherche de malfaisants aux dents longues. Alors qu'ils font étape dans une petite auberge, la jeune Sarah, qui ne laisse pas Alfred indifférent, a la mauvaise idée de se faire enlever. Le duo décide donc de la récupérer et se met en route pour le château du Comte Von Krolock où se prépare un bal pour le moins... singulier.
Certes il s'agit ici d'une parodie mais l'on est bien loin du burlesque à la Hot Shots ou dans le goût des séries Y a-t-il (un flic, un pilote...). L'on est ici dans le subtil et, même si les auteurs se moquent des vampires, ils les respectent suffisamment pour ne pas totalement les déposséder de leur aura maléfique et de leur aspect inquiétant.
Les décors et les costumes sont également soignés et contribuent largement à l'ambiance inquiétante qui se dégage du film. Bien sûr, celui-ci a quelque peu vieilli, mais la patine obtenue ne nuit nullement au récit et renforce même la beauté envoûtante de sa photographie. Entre les scènes sous la neige, celles se déroulant au château ou dans l'auberge, l'on ne peut s'empêcher de ressentir une fascination et une angoisse que peu de parodies parviennent à générer. Ce mélange fort bien dosé entre dérision et menace latente est sans doute au cœur de la réussite de ce long-métrage vieux de près de 60 ans mais toujours efficace.
Une bonne occasion de revoir la regrettée Sharon Tate et de s'encanailler avec des vampires qui ont le bon goût, malgré leur second degré, de ne jamais verser dans la bouffonnerie.
À bientôt les amis pour un prochain bond dans le passé de la Pop Culture !


















































