Retroreading : les Robots de Fatalis
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Replonger dans les comic books de super-héros de naguère n'est pas chose aussi aisée que cela : si la nostalgie des moments épiques passés à les lire teintera forcément la relecture d'un vernis agréable, il n'en demeure pas moins que le rythme de la narration, la densité des dialogues, la structure de la mise en page, la palette des couleurs et le style des dessins ont considérablement changé en près d'un demi-siècle. Comment réagirait aujourd'hui un jeune lecteur devant l'une des aventures des Quatre Fantastiques publiées en France dans les années 70 ? Difficile à dire.

Les avantages du volume qui nous intéresse, à savoir Les Robots de Fatalis, édité en 1976 par Lug, sont divers. D'une part, il comporte un arc complet réparti en quatre chapitres correspondant aux épisodes publiés en fascicules aux États-Unis (Fantastic Four #84 à 87 de 1969), d'autre part, il bénéficie d'un format sensiblement plus agréable, similaire aux albums de BD franco-belge, et permettant de mieux profiter de certaines des planches du génial Jack Kirby.
Évidemment, le temps passant, la colle maintenant les cahiers en place dans la couverture cartonnée a cessé son effet et ces exemplaires deviennent assez fragiles à manipuler. Reste que la magie opère, à différents niveaux, même si la déception vient logiquement poindre entre deux souvenirs. Tout d'abord, la couverture peinte est particulièrement percutante, laissant habilement s'imposer la menace Fatalis au-dessus d'un groupe hétéroclite, dont une demoiselle blonde en détresse plus proche de la Susan Storm [1] terrorisée des origines que de la fiancée de Johnny qu'elle est censée représenter (seul son bandeau dans les cheveux trahit son identité).

L'histoire ensuite : de retour d'une expédition chez les Inhumains (à relire dans l'album Maximus), les FF tombent sur un bataillon du S.H.I.E.L.D. mené par Fury en personne. Le maître-espion est inquiet car l'un de ses agents lui a signifié l'existence d'une armée secrète sans doute composée de soldats-robots. Il a pu in extremis transmettre une preuve à son supérieur, preuve qui conforte les soupçons de Reed Richards : il y a du Docteur Fatalis là-dessous !
À ce stade de la série, le souverain de Latvérie et les Fantastiques ont déjà eu plusieurs fois maille à partir : c'est l'heure de la revanche pour la Némésis de la famille Richards, mais ces derniers n'hésitent guère avant de se lancer dans la mission proposée par Nick Fury (et sans Susan qui est restée en Amérique pour trouver une maison afin d'y élever l'enfant qu'elle a eu avec Reed). Les voilà donc en touristes en Latvérie, totalement conscients de s'aventurer dans la gueule du loup. Ils y découvrent des hôtes attentionnés dont l'amabilité un rien forcée trahit la peur de désobéir à leur monarque tout-puissant. Attendant sagement que ce dernier dévoile son jeu, les Fantastiques vont mettre en danger la population d'un village entier avant de devoir ensuite penser à leur propre survie lorsque la menace se révélera.

La progression de l'intrigue est satisfaisante et nous laisse entrevoir les capacités d'anticipation de Fatalis, l'un des villains les plus impressionnants du Marvelverse (il parviendra à domestiquer le pouvoir cosmique du Silver Surfer, à devenir empereur de la Terre et même à disposer des facultés d'un Beyonder !). Il joue ici à domicile et se contente dans un premier temps d'attirer l'attention de ses ennemis, de les étonner puis de leur porter le coup de grâce en cherchant à savourer son inévitable victoire et sa revanche sur des adversaires qu'il considère encore bien inférieurs (le respect envers l'intelligence exceptionnelle de Richards qui, la plupart du temps, trouvera LA parade à ses exactions, viendra plus tard).
Du coup, Fatalis baratine, pérore et montre un aspect un peu rebutant de lui-même, une forme d'auto-satisfaction grandiloquente propre aux dictateurs des mauvais récits d'espionnage. On n'en est pas encore à cette supériorité manifeste mais non verbale qui sera petit à petit développée plus tard. Ici, on le voit poser pour une toile destinée à asseoir sa souveraineté et admirer ouvertement l'envergure de certaines entreprises nazies qu'il ne fait que poursuivre, avec plus d'intelligence et de moyens. Son armure n'est pas encore l'arsenal terrifiant qu'on connaît aujourd'hui et il ne dédaigne pas de se servir d'une arme de poing.


Les Fantastiques sont sans doute mieux dégrossis, Stan Lee a pris le temps de développer les personnages et les liens très forts qui les unissent. Leader incontesté, Reed Richards ne semble pas encore disposer de ce formidable intellect qui fera de lui l'arbitre des conflits d'ampleur cosmique. Paternaliste et un brin autoritaire, il tâche surtout de ne pas laisser à son adversaire trop de coups d'avance. Grimm (la Chose) et Storm (la Torche humaine) forment le duo comique, se chamaillant sans cesse mais ne rechignant jamais au combat rapproché. C'est Crystal, l'Inhumaine, qui forme le quatrième élément du quatuor : dynamique et enjouée, elle manque toutefois sérieusement de charisme et d'indépendance.

Dès les premiers dialogues, on comprend que les décennies ont passé : les personnages passent leur temps à soliloquer, racontant carrément ce qu'ils sont en train de faire et exprimant à voix haute leurs motivations. C'est lourd et parfois chiant, surtout lorsque le dictateur de Latvérie nous serine comment il va prendre son temps pour écraser les Fantastiques et dominer le monde. La traduction poussiéreuse ajoute encore à l'aspect vieillot du récit : les exclamations et insultes sont d'un désuet risible et les jeux de mots tombent à plat. Malgré la taille des pages, les phylactères extrêmement denses parviennent presque à prendre le pas sur le découpage des planches. Heureusement, le style graphique de Kirby donne le change : les robots sont impressionnants, les armes toujours surdimensionnées et les bâtiments grandioses. Un peu comme Michael Bay au cinéma, dès que "ça pète", il en jette. Les déflagrations et les rayonnements rythment les combats et les personnages évoluent avec une certaine grâce.
Reste que le dernier chapitre plombe l'ensemble, avec un retournement de situation abracadabrant, une arrivée inopinée (et quasi inexplicable), une victoire chanceuse et une décision incompréhensible renvoyant les adversaires dos à dos. En parallèle, Stan Lee a tout de même eu le temps de placer quelques pions pour la suite (l'étrange habitation dénichée par Susan Richards [1] recèle de sombres secrets...).

Encore une fois, Fatalis a tenu les FF à sa merci (et facilement), leur a laissé une certaine liberté de mouvement avant de se prendre une dérouillée imprévue (par lui, pas par les lecteurs) : un schéma classique qu'on retrouvera régulièrement dans cette série et ailleurs (Magnéto ne fera pas autrement avec les X-Men). L'histoire a son charme et les personnages portent déjà le germe de ce qui fera d'eux des êtres bien plus fouillés (et puissants ; et intéressants) à l'avenir. Cela dit, certains passages sont assez mièvres, le bavardage "stanleeesque" devient parfois indigeste et certaines cases manquent de détails. L'encrage de Joe Sinnott fait merveille sur les surfaces métalliques mais donne peu de relief aux visages souvent inexpressifs.
À (re)découvrir pour ceux qui peuvent.



[1] Rappelons aux profanes que le couple qui forme le noyau des Fantastiques a vu ses noms traduits différemment en français, Reed Richards devenant Red (ça va, ça passe) et Susan Storm devenant Jane (pour éviter sans doute d'avoir des soucis avec le diminutif "Sue" de Susan, ou bien, paradoxalement, pour américaniser le prénom, Susan sonnant un peu trop français).


+ Les points positifs - Les points négatifs
  • Une plongée dans le Golden Age des super-héros.
  • Fatalis vs FF : la revanche !
  • Un séjour dépaysant, façon le Prisonnier, en Latvérie.
  • Stan Lee & Jack Kirby, le duo mythique à l'oeuvre.
  • Un grand format faisant honneur à certaines planches et aérant le récit.
  • Un rythme soutenu et des retournements de situation fréquents.
  • Un arc complet, ce qui n'est pas toujours le cas dans cette collection (les résolutions se trouvant dans les volumes suivants).
  • L'apparition de Nick Fury et ses copains du S.H.I.E.L.D.

  • Une traduction vieillotte qui prête souvent à sourire, surtout avec les insultes et imprécations.
  • Une tendance au bavardage didactique chez Stan Lee, chaque protagoniste cherchant à expliquer non seulement ce qu'il va faire, mais aussi ce qu'il est en train de faire. Pénible.
  • Un ouvrage ancien (édition 1976) et donc la colle ne tient plus...
  • Un Fatalis manquant encore de noblesse, dépeint un peu trop sur le mode dictateur fou.
  • Une fin en eau de boudin, très loin de tenir les promesses avancées dans les trois premiers chapitres.
La Parenthèse de Virgul #11
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La parenthèse du jour concerne les débuts d'un certain Tisseur. Nous allons spécifiquement nous concentrer sur ses premiers combats et ses premiers pas dans le monde, mouvementé, des super-héros et super-vilains. Attention, l'on parle ici des comics, pas des adaptations au cinéma.
Gratouillous les matous !

De la Toile et des Gnons
Peter Parker fait ses débuts en 1962 dans l'historique Amazing Fantasy #15, avant de poursuivre ses aventures, en 1963 et jusqu'à nos jours, dans sa série phare : Amazing Spider-Man.
Vous connaissez sans doute l'essentiel du mythe : l'araignée radioactive, la mort de l'oncle Ben, les grands pouvoirs engendrant de grandes responsabilités... mais savez-vous quels super-vilains le Tisseur a affronté en premier ? Et vous rappelez-vous de l'issue de ces rencontres ?

Peter Parker commence à exploiter ses pouvoirs en participant à un combat de catch, il traquera ensuite le voleur responsable de la mort de son oncle et sauvera le fils, astronaute, de J. Jonah Jameson en lui portant secours alors qu'il est en perdition dans sa capsule spatiale. Donc, dans un premier temps, aucun criminel déguisé à l'horizon.
La première grande tête d'affiche que Spidey affrontera (et qu'il reverra régulièrement par la suite) sera le Caméléon. Il s'agira cependant plus d'un habile jeu de faux-semblants plutôt que d'un combat réel. Entretemps, Spider-Man aura également affronté – physiquement cette fois – les Fantastic Four, chez qui il souhaitait se faire embaucher. Il s'en sortira plutôt pas mal même s'il n'obtiendra pas le poste recherché. 

C'est en réalité avec le Vautour que les choses sérieuses commencent, même si le duel sera vite expédié et remporté par Adrian Toomes (cf. le combat #24 de l'Anthologie des Combats Marvel pour plus de détails), ce qui n'empêchera pas Spider-Man de le faire arrêter quelque temps plus tard. Après avoir rencontré le Bricoleur et combattu ses alliés extraterrestres, le Monte-en-l'air va faire la connaissance de celui qui deviendra l'un de ses plus grands ennemis : le Docteur Octopus. Si le premier round est là aussi à l'avantage de Doc Ock (cf. le duel #25 de l'Anthologie des Combats Marvel), Spider-Man parviendra néanmoins à le vaincre et le livrera à la police, pieds, poings et tentacules liés. C'est l'Homme-Sable qui viendra ensuite poser des problèmes au Tisseur, celui-ci utilisant un moyen assez original pour en venir à bout puisqu'il va se servir d'un... aspirateur. Très kitsch ou second degré, selon la façon de considérer la scène.

On le voit bien, dès le départ, Spider-Man porte en lui l'ADN qui contribuera largement à son succès. Il ne s'agit pas d'un héros tout puissant, bardé de pouvoirs extraordinaires, mais d'un gamin, parfois maladroit, qui encaisse de nombreuses défaites mais se relève toujours et parvient à l'emporter en faisant preuve d'intelligence et d'inventivité. Une belle leçon de vie au final, et un énorme parcours éditorial, surtout pour un personnage attifé d'un accoutrement qui ne laissait pas présager d'une telle popularité. 
Miaw ! 


L'Homme-Sable vaincu par un... aspirateur. L'on a déjà vu mieux comme retournement de situation.

Spidey, un peu trop sûr de lui, se prend un crochet de tentacule en pleine tronche alors qu'il affronte
celui qui deviendra l'un de ses plus fidèles ennemis.

Contre toute attente, c'est le Vautour qui est le premier super-vilain à avoir réellement affronté Spidey à la "castagne".

Grosses Bastons
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Ajout de l'Anthologie des Combats Marvel dans notre section Dossier.
Vous pouvez y accéder directement en cliquant sur l'image ci-dessous.
Il s'agit d'une sorte de best-of des affrontements les plus spectaculaires, étonnants ou émouvants. Bien entendu, ce dossier sera mis à jour périodiquement.
Il n'est pas interdit d'éventuellement nous suggérer les bastons qui vous ont le plus marqués (avec un minimum d'infos tout de même, pour que l'on puisse les ajouter). Attention, on parle bien de combats issus de comics, pas des adaptations cinéma ou des séries TV (what if et univers parallèles acceptés). ;o)



On a testé l’attraction « The Walking Dead » à Los Angeles !
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Dans le prestigieux Universal Studios Hollywood, en Californie, la série télévisée d'AMC a été déclinée en une effrayante attraction. On y était en septembre dernier, on vous raconte tout !

Inaugurée le 28 juin 2016 pour la presse et le 4 juillet de la même année au public, The Walking Dead : A Walk-Through Attraction (son nom complet) a tout pour ravir les fans de la série, malgré sa courte durée. C’est l’une des attractions proches de l’entrée lorsqu’on arrive au Universal Studios Hollywood (voir encadré en fin d'article). Fin septembre 2017, je suis est allé en Californie pour le visiter et tester, entre autres, cette fameuse attraction The Walking Dead (on l’avoue direct, ce n’était pas un voyage organisé spécialement par UMAC pour cet article, mais un heureux hasard !).

Pour se rendre dans l’immense Universal Studios Hollywood, il faut prendre un des bus spécialement affrétés pour récupérer ou déposer les visiteurs à la sortie du métro à Los Angeles. Une fois arrivé, il faut (patiemment) attendre de pouvoir passer les portiques de sécurité et les fouilles obligatoires avant de rentrer dans la première partie du parc. Il faut à nouveau patienter pour accéder à sa seconde partie après un scan du billet d’entrée. Au bout d'une (grosse) demi-heure, on peut enfin savourer et découvrir le mythique parc !

 

Quelques mètres avant une attraction consacrée aux fameux Minions (Moi, moche et méchant), l'on découvre celle inspirée par The Walking Dead. Impossible de la louper : une réplique d’hélicoptère à échelle réelle surplombe l’entrée, comme si l'engin s’était crashé dessus. On rentre alors dans une ruelle peu rassurante et pour cause : des cadavres enveloppés dans des draps blancs créent tout de suite le malaise. C'est un peu stressant (et excitant) puisque la musique du célèbre générique de la série retentit à peu près au même moment, lorsqu’on entre dans l’hôpital où Rick Grimes s’est réveillé au tout début de la fiction.

À partir de là, les photos et les vidéos sont strictement interdites et un autre contrôle vous attend (également pour s'assurer que des enfants en bas âge ou trop petits ne puissent pas rentrer — l’attraction est déconseillée aux moins de treize ans). Une fois de plus, le visiteur doit en passer par une file d’attente assez longue (elle semble interminable !). Les chanceux ayant acheté un billet coupe-file peuvent passer devant la foule. Après plusieurs minutes où l'on prend son mal en patience, on entre enfin dans l’autre partie du bâtiment. Le concept est simple : marcher jusqu’à la sortie !


Des comédiens déguisés en zombies

On déambule dans des couloirs en admirant quelques éléments iconiques de la série, comme un zombie décomposé n’ayant que sa tête, son tronc et ses bras et rampant sur l’herbe (aperçu dans le pilote de la série). Il est en animatronique, c’est-à-dire qu’il est robotisé et actionné à distance pour donner l’illusion d'être « en vie ». On continue d'avancer, on passe des portes en écartant des lamelles de plastiques souples transparentes et… on sursaute ou on crie ! Un figurant déguisé en zombie s’est soudainement approché de nous. On ne l’avait pas vu venir… C’est clairement le point fort de l’attraction : une dizaine de figurants maquillés en morts-vivants surgissent quand on s’y attend le moins et provoquent l’effroi. Succès garanti, c’est très efficace. Ces comédiens n’ont pas le droit de toucher les visiteurs mais on est à deux doigts de vouloir les repousser avec les bras ou les pieds !


Greg Nicotero, réalisateur et créateur d’effets spéciaux pour la série, s’est occupé de ceux de ce labyrinthe post-apocalyptique. C’est l'équipe qui s’occupe du maquillage pour la série qui a supervisé celui des acteurs de l’attraction. Les moules utilisés pour les protagonistes de la fiction télé ont servi de base pour ceux présents dans le parc. Nicotero a même coaché les figurants zombies. Une douzaine de rôdeurs œuvrent en simultané pendant quarante-cinq minutes d’être relayés par une autre équipe (il y en a trois au total et heureusement car il y aurait de quoi devenir fou en faisant ce travail neuf heures d’affilée tous les jours !).


Pas le temps de s’attarder…

En arpentant les couloirs, on découvre un décor plein de verdure (la rue où habitait Rick), une cabane enflammée (celle de Daryl et Beth dans la saison 4), l’hôpital où s’est réveillé Rick, la prison de la saison 3, puis des ruelles malfamées. Des alliés armés interviennent et vont ouvrir le feu (avec des armes factices, bien entendu) sur des zombies pour nous aider. Là aussi il s’agit de comédiens rendant l’ensemble extrêmement réaliste. Malheureusement, on n’a pas trop le temps de s’attarder pour admirer les décors et les objets volontairement (et faussement) sales et abîmés. Il ne faut pas traîner afin que le flux de visiteurs soit fluide. Fort dommage car si on se concentre sur les personnes devant nous, on peut aisément anticiper quand un mort-vivant va nous surprendre. Mais le plus gros défaut de cette attraction The Walking Dead est sans aucun doute sa durée : en moins de cinq minutes, on l’a déjà terminée ! La sortie est rapidement atteinte et nous ramène dehors, directement dans l’enceinte du parc. Un retour à la réalité beaucoup trop brutal… on en veut encore !


Le site Internet officiel du parc stipule qu’il y a dix-huit éléments liés aux six saisons de The Walking Dead à retrouver dans l’attraction. À part le premier zombie rampant (qui était dans l’épisode pilote) et quelques lieux emblématiques (l’hôpital), on n’a pas trop eu le temps de tous les chercher… On ne verra aucun sosie du casting principal, que les personnages à l’écran soient vivants ou morts. Les zombies aperçus sont donc quelconques. Une centaine de comédiens au total avaient été retenus après un casting lancé en mai 2016. Les figurants étaient jugés par un jury spécialiste des morts-vivants. Ce qu’il fallait faire pour gagner ? « Ne surtout pas incarner le zombie ennuyant !, expliquait John Murdy, directeur créatif d’Universal Studios Hollywood. On veut que les visiteurs aient l’impression d’arriver dans The Walking Dead et qu’ils soient eux-mêmes des acteurs dans ce monde. » Une exigence qui a porté ses fruits puisque l’attraction, malgré sa courte durée, est remarquable par son réalisme et la peur procurée. Si vous n'avez pas l'intention d'aller à Los Angeles dans les prochains mois, sachez qu'il existe une vidéo sur YouTube qui la dévoile intégralement.



Qu’est-ce que le Universal Studios Hollywood ?

Établi dans la banlieue de Los Angeles, ce parc est scindé en deux parties. La première propose une visite des studios de tournage de la firme de production éponyme. Elle a été ouverte au public dès 1915. La seconde, lancée en 1964, se concentre sur des attractions diverses inspirées des nombreux films et sagas populaires (Jurassic Park, Fast & Furious, Transformers, King Kong ou encore Harry Potter qui a carrément droit à son parc dédié) ainsi que des séries télévisées (The Walking Dead donc mais aussi Les Simpson, ayant également leur propre mini-parc).

Le « Studio Tour » est l’événement incontournable. Il s’agit d’une visite de différents lieux de tournage. Comptez une grosse quarantaine de minutes à bord d’un bus. On peut y voir, par exemple, le quartier résidentiel de Desperate Housewives, l’hôtel de Psychose, le port des Dents de la mer ou encore l’avion à taille réelle qui s’est crashé dans La Guerre des Mondes (photo), impressionnant !


Cet article a été initialement publié dans Séries Saga #10 en janvier 2018.
Photos : Thomas Suinot, Universal Studios, AMC © — DR.

Hurlements
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Le recueil Hurlements, publié aux éditions Black Box en 2015, nous promet cinq histoires à perdre la raison et à hurler de terreur.
Chaque nouvelle propose un schéma des plus classiques  : un personnage se trouve confronté à une expérience surnaturelle, issue ou non d’une pseudo légende urbaine. Commis par Masaya Hakazono, un mangaka moult fois publié en France avec Inugami (14 tomes, en arrêt de commercialisation chez Akata/Delcourt), Emerging (2 tomes, Kurokawa), Freak Island (Delcourt, 5 volumes, en cours) et bien d’autres, dont une bonne partie en tant que scénariste, ce manga ne révolutionne en rien le genre.


Dans le premier récit, l’employé d’un vidéo-club se voit confier une VHS d’un film d’horreur amateur, La fille écarlate. L’adolescente en question, sœur décédée de l’auteur de la bande maudite, viendrait rendre visite juste après le visionnage, surtout si le spectateur possède lui aussi une sœur. L'homme ne peut s’empêcher de la regarder et... la fin se devine sans problème.

Le second traite d’un appartement hanté. Mme Shibata, employée d’une agence immobilière, acculée par son patron, doit tenter de faire louer un logement, dans lequel les habitants ne restent pas, en échange de la reconduction de son contrat. Elle subira des événements surnaturels, mais poussée par le chantage à l’emploi, elle va se démener pour purifier l’endroit, jusqu’à en perdre la raison.

Dans le troisième récit, Takayuki Morita, étudiant à l’aise financièrement, autant envié que haï par ses camarades, vit depuis six mois avec la présence du fantôme d’une jeune femme dont il ne connaît pas l’identité. Six mois durant lesquels il a cherché à s’en débarrasser (sel, amulettes...) en vain. Il commet par erreur l’irréparable... et la conclusion du récit se veut drolatique. Cette histoire illustre la frontière ténue entre l’humour et l’effroi. Pathétique et burlesque, la meilleure du recueil.

La quatrième nouvelle se déroule près d’un HLM. Un homme se fracasse sur le sol au milieu des habitants. Takaki, photographe de la police, apprend qu’il s’agit du douzième cas. Il constate une foule armée de smartphones, pointant leurs objectifs, malgré le cordon de sécurité sur la marque au sol, avide de sensations fortes et de voyeurisme putassier. Mais voilà qu’il commence à cauchemarder les badauds et qu’il découvre, dans les archives de la police, leur présence sur de nombreux lieux de suicides.

La dernière fiction se situe dans un grand hôpital. Tôyama, un stagiaire, est intrigué par l’un des pavillons à l’abandon. Ces camarades, qui le chambrent à cause de son sérieux, se délectent d’une légende urbaine selon laquelle le bâtiment est hanté par une belle jeune femme qui ensorcelle médecins et infirmières qui s’en approchent. C'est plus fort que lui, après une nuit de cauchemar, il pénètre dans le pavillon condamné, et découvre une adolescente qui grave des fleurs sur les murs et au sol d’une chambre, à l’aide d’une cuillère. Le lendemain, il vole son dossier médical et décide de l’aider, ce qui lui coûte son stage, pour son bien d’après son directeur. Contre tous, il poursuit son but. Une nouvelle lorgnant vers le fantastique au lieu de l’horreur, et qui se révèle touchante.

Malgré des histoires aux résumés sympathiques et possédant du potentiel, impossible de frissonner. Et ce ne sont pas les quelques litres d’hémoglobines qui changeront la donne. Les scénarii apparaissent sages, attendus, et ne cachent pas leurs influences flagrantes (Ring [1], Ju-on [2]...). La forme courte ne sied pas à cet auteur, réputé bon scénariste. Difficile d’éprouver de l’empathie pour les personnages et les chutes tombent parfois à plat. Plutôt des récits récréatifs, de petites parenthèses, qui surfent sur des acquis : un dessin sans prétention, mais qui ne cherche pas une forme horrifique par le biais de son encrage ou de déformations ; une mise en scène efficace mais sans éclat ; là aussi, pas de diagonale, pas de plans où la noirceur jaillit entre les cases. C’est propre, trop propre pour effrayer. L’auteur emploie souvent des photos en guise d’arrière-plans ou de lieux particuliers.

Moins inventif et subversif qu’un Junji Ito, moins viscéral et sombre qu’un Kazuo Umezu, Hurlements est un manga d’horreur grand public, proposant finalement quelque chose d'assez proche du conte, mais sans message ni double sens, avec une touche d’humour noir. Masaya Hakazono ne sort pas de ses thèmes de prédilections, à savoir horreur et science-fiction au sein d’un cadre urbain contemporain.


Hurlements demeure dans les standards des débuts de l’édition de Black Box : papier épais, couverture mate, sans jaquette ni rabat, marges intérieures, quelques coquilles mais une traduction claire et certains noirs d'impression trop denses, nuisant à la lisibilité.
Ce recueil, de 216 pages, s’avère un héritier sans saveurs des légendes urbaines nippones qui fleurissent depuis les années 80, dont la plus célèbre représentante par chez nous se nomme Sadako, issue des films Ring.
Une lecture détente pour combler l’ennui. À moins d’être archi fan et de se jeter sur Insomnia, un recueil en deux volumes toujours chez Black Box du même acabit, les autres travaux de Masaya Hakazono vous tendent les bras.


[1] Le film de Hideo Nakata d'après les romans éponymes de Koji Suzuki, sorti en 1998 : le visionnage d'une cassette vidéo entraîne la mort, une semaine après.
[2] Ju-on, une série de six films d'horreur japonais dont le premier sort en 2000, est réalisée par Takashi Shimizu et propose des variations sur la maison hantée.


+ Les points positifs - Les points négatifs
  • La touche d'humour
  • Un seul volume
  • Des récits très convenus, sans réelle surprise
  • Un auteur qui ne sort pas de sa zone de confort
  • Impression aux noirs trop denses