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La Parenthèse de Virgul #52
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Hello les Matous !
Crag, Mala, Fregolo, ça vous dit quelque chose ? Normalement, vous devriez déjà être en train de chanter le générique de Capitaine Flam ! Eh bien, nous allons nous pencher aujourd'hui sur les origines littéraires de ce personnage, dont on doit l'existence à un auteur américain.
Miaw !

Les Origines de Flam
Le dessin animé Capitaine Flam, avec seulement 52 épisodes, aura marqué les années 80, riches en aventures spatiales (cf. cet article). Mais si la série de Tōei animation a vu le jour, c'est avant tout grâce à de nombreux romans écrits par Edmond Hamilton. Cet auteur américain de l'Âge d'or de la SF, qui a notamment travaillé pour DC Comics sur Superman, va lancer une série de nouvelles et de longs récits, au début des années 40, qui vont connaître un certain succès. Le titre de cette saga ? Captain Future !

Ce qui deviendra, longtemps après, Capitaine Futur en version française (7 tomes disponibles à ce jour aux éditions Le Bélial), fait figure à l'époque de pionnier du genre "space opera", qui fait la part belle aux aventures épiques et à l'exploration spatiale. Hamilton va mettre en scène le jeune Curtis Newton, dont les parents sont assassinés, et qui va être élevé par Grag (un robot (certains noms sont différents de ceux du dessin animé)), Otho (un androïde synthétique) et une machine volante contenant le cerveau du professeur Simon Wright. Quelques années plus tard, Curt est devenu un jeune homme fort, intelligent et courageux, prêt à défendre la justice aux quatre coins du système solaire (pour peu qu'il soit doté de "coins").

Évidemment, le style d'Edmond Hamilton a vieilli. Il s'agit là de SF "old school", quelque peu dépassée de nos jours, mettant en scène des personnages caricaturaux et stéréotypés. L'action et les dialogues prennent une large place dans ces récits à la construction minimaliste. Mais globalement, ces romans "de gare" se lisent bien, pour peu que l'on ne soit pas hostile au genre. Le premier, L'Empereur de l'Espace, installe les personnages et reprend l'intrigue développée il y a peu dans une adaptation BD française. Les tomes suivants vont voir notre brave Curt affronter l'infâme Docteur Zarro sur Pluton, faire face à une attaque de grande envergure sur Mars, Neptune et Saturne, déjouer les manigances du Seigneur de la Vie, tenter de mettre la main sur sept joyaux fabuleux et source d'un pouvoir incommensurable, retrouver les nefs censées sillonner les voies stellaires et qui disparaissent peu à peu, et faire face à une tentative de vengeance de la part d'un vieil adversaire emprisonné sur Cerbère, et ce dans le dernier tome en date : Le Magicien de Mars

On ne sait pas si l'édition française couvrira l'ensemble du cycle Captain Future, car après un bon rythme et six tomes publiés entre 2017 et 2021, il a fallu attendre 2025 pour que le septième soit disponible. Signalons que les livres contiennent tous un marque-page reprenant l'illustration (par Philippe Gady) de chaque tome. Un petit plus sympathique. 

Voilà, vous savez dorénavant que le célèbre Capitaine Flam provient d'une série de romans "pulp" issue des débuts de la science-fiction. Et que c'est dispo en VF (au moins pour les premiers tomes) ! Ce qui vous donnera l'occasion de faire vos griffes sur ces aventures à l'ancienne, pleines de méchants improbables et de contrées exotiques. À bientôt les Matous !



La Parenthèse de Virgul #51
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Hello les Matous !
On a du lourd aujourd'hui, une anecdote (un pan de l'Histoire presque) avec de l'occultisme, du rock bien sombre, un auteur gazé lors de la bataille de Passchendaele, et tout cela pour aboutir, après bien des péripéties, à la création du... heavy metal.
Ah, on ne se fiche pas de vous, hein ?
Miaw !

Notes sombres et naissance du Metal
Tout commence en 1968, dans les faubourgs de Birmingham. Un bassiste, totalement inconnu, vient de lire un ouvrage signé Dennis Wheatley. Et il nous faut pour le moment nous pencher sur ce dernier. Le type est né dans le sud de Londres, dans une famille aisée, en 1897. Pas de bol, le voilà suffisamment âgé quand la Première Guerre mondiale éclate, ce qui lui vaut d'être incorporé dans l'artillerie britannique. Après avoir servi dans le nord de la France, il participe aux combats en Belgique, notamment à Passchendaele, où il se retrouve gazé au chlore, l'une des nombreuses saloperies dont se servaient à l'époque les belligérants.
De retour au pays, le gars reprend l'entreprise de vin familiale, qui périclite lors de la dépression des années 30. Notre brave Dennis va alors se lancer dans l'écriture. 

Dennis Wheatley va devenir un auteur prolifique et influent. Il va écrire des dizaines d'ouvrages, en se spécialisant dans le fantastique mais aussi le genre policier, l'aventure, la guerre, l'espionnage. Il va également publier des romans-mystères, dans lesquels le lecteur est invité à trouver le coupable grâce à une série d'indices ; il écrira également des essais sur bien des domaines, dont la Révolution russe ; et, après un long travail de recherche et diverses rencontres, il va finir par faire autorité en matière de satanisme et de magie noire. Certains de ses romans vont d'ailleurs traiter du sujet, comme Les Vierges de Satan, publié en version française dans les années 80 par les éditions NéO (et disponible de nos jours chez Terre de Brume). Dans les années 60, ses livres se vendent à près d'un million d'exemplaires par an. Certains seront adaptés au cinéma, entre autres par la Hammer. Le succès est au rendez-vous, et si son nom n'est pas aussi célèbre que celui d'un Lovecraft ou d'un Howard, c'est en partie à cause de problèmes de droits, qui empêcheront la réédition de ses romans (très peu sont disponibles aujourd'hui) et nuiront donc à la notoriété de ceux-ci. 

Mais revenons à notre petit bassiste anglais. Ce petit gars d'Aston, un quartier ouvrier très pauvre, va se lancer dans la lecture des bouquins de Wheatley. Et comme beaucoup de jeunes lecteurs de l'époque, il va être marqué par l'ambiance sombre de ces récits, il va être fasciné par les références à l'occultisme, au surnaturel. Et cela va avoir, chez lui, un impact bien plus important que chez le lecteur lambda. Car ce petit bassiste s'appelle en réalité Terrence Butler, dit "Geezer". Il fait partie d'un groupe qui comprend notamment un certain Tony Iommi qui, malgré un accident dans une usine de tôlerie (une presse hydraulique le déleste de deux phalanges !), continue à jouer de la guitare avec passion. Ils sont entourés de deux types eux aussi encore inconnus, un nommé Ozzy Osbourne, au chant, et le sieur Bill Ward à la batterie. 

Une nuit, Geezer fait un cauchemar, fortement imprégné de ses lectures du moment et de l'influence de Wheatley. Il rêve d'une silhouette noire, effrayante, se tenant dans sa chambre, au pied de son lit. Il en fait part à ses collègues. Les membres du groupe, constatant le succès des films d'horreur, et inspirés par l'histoire glauque de Geezer, vont avoir l'idée d'une chanson très particulière, qu'ils intituleront Black Sabbath. Pour la première fois dans l'histoire de la musique, des types ont l'idée de concevoir une musique plus sombre, plus violente, plus dérangeante, chargée de mystère et même... effrayante. Les premiers riffs, lourds et lugubres, sont composés. Ceux-ci sont également influencés par le handicap de Tony, ce dernier étant obligé de réduire la tension de ses cordes pour diminuer la douleur au niveau de ses doigts blessés, ce qui rend le son plus grave. Geezer suit en abaissant également la tonalité de sa basse. Le Heavy Metal est né, à partir de quelques bouquins d'épouvante et de deux doigts tranchés dans un accident du travail ! Ou en tout cas, il va se développer à partir de ce premier groupe devenu légendaire et formé par quelques cinglés (qui accumuleront les pires conneries en tournée).

Et voilà les amis. N'est-il pas fascinant de se dire qu'un genre musical majeur est né de l'influence d'un auteur versé dans le fantastique ? Qui sait, sans Wheatley, ce qu'aurait rêvé cette nuit-là le petit Geezer ? Et ce qu'aurait alors donné la musique de ses potes. Comme quoi, il faut faire attention à ce qu'on lit. Cela peut parfois influer non seulement sur nos pensées, mais même sur nos destins. Miaw !




La Parenthèse de Virgul #50
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Hello les Matous !
C'est la cinquantième Parenthèse de Virgul ! Et déjà huit ans que la rubrique existe. Eh bien, pour fêter ça, le sujet était tout trouvé : moi. Ou tout ce que vous avez toujours voulu apprendre (ou pas) sur le plus cool des chats.
Miaw !

Virgul par Virgul
Nous avons abordé bien des sujets au cours de ces quelques années, que ce soit Fantômas ou Captain Universe, les uniformes confédérés et le soi-disant effet Mandela, l'incroyable destin de Wilhelm Reich ou le format à l'italienne, sans parler de quelques règles de grammaire ou même des débuts de Buffy. Vous retrouverez tout cela détaillé à la fin de cette Parenthèse.
Mais pour le moment, à la manière des annuals des vieux comics qui proposaient de menues explications et anecdotes sur les personnages, voici quelques informations félines sur votre serviteur !

Nom : VIRGUL
Date d'arrivée sur UMAC : mai 2015
Poste : mascotte, rédacteur de la rubrique "La Parenthèse de Virgul"
Activité préférée : la sieste
Musique préférée : Year of the Cat, d'Al Stewart
Série préférée : Waldo Kitty
Plat préféré : le canari en sauce les croquettes


Tout d'abord, il faut savoir que ma force est peu commune. Je peux soulever, comme qui rigole, plus de 250 kilos. 
Et il n'y a pas de raison spéciale à ça, les chats mosellans sont juste super balèzes.



L'une de mes grandes passions dans la vie, c'est les flingues. Les grenades aussi, un peu, mais un bon fusil d'assaut, 
ça permet de bien se marrer et de calmer les ganaches. J'aime bien la dynamite aussi.



Profondément mélomane, je joue de la guitare, du piano, du saxophone et de la flûte. 
Ça aide quand même pour dragouiller la féline en maraude. 



Mon meilleur ami est Panzer, un maine coon qui descend la bière presque aussi vite que moi.
Il a un peu la grosse tête car il vient d'obtenir un rôle important dans une BD. Mais on vous en reparlera en temps voulu.



Sportif accompli, je maîtrise le cha-jitsu, l'art de chuter en planche à voile, le parachutisme et la valse. 
Mais la balade sylvestre reste quand même ce que je préfère.



Aventurier émérite, j'ai inspiré les plus grands, de Bob Morane à Albator, en passant par Jack Ryan.
Comme vous pouvez le voir, j'ai fière allure ! C'est fou, tout me va.



Je fréquente depuis peu la jolie Novela, une douce et gentille féline qui m'accompagne dans mes aventures. 
Je crois qu'elle n'est pas insensible à mon charme irresistible. 



Et bien entendu, comme mon humain, je suis un grand passionné de lecture. 
Dans ces moments-là, il me faut quand même un bon gros coussin moelleux pour mon auguste derrière.



Bref, j'ai redéfini à moi seul la notion de coolitude. Nous voilà donc repartis pour quelques Parenthèses supplémentaires, 
avec des infos insolites, des anecdotes passionnantes et surtout, votre matou préféré ! Rock 'n' roll !



 

Liste et thèmes des Parenthèses 1 à 50

01. Tortues Géniales (points communs entre l'univers des TMNT et l'univers Marvel)
02. La Confusion des Flash (comment différencier Flash et Flash Gordon)
03. Quand Conan rencontre Cthulhu (les incartades des Grands Anciens dans l'univers de Robert E. Howard)
04. Goldorak Go ! (incohérences et bizarreries dans le dessin animé de notre enfance)
05. La Voie du Sabre (les différents sabres des Jedi)
06. L'Homme au Cent Visages (le véritable Fantômas !)
07. À Fond la Caisse ! (évolution de la Batmobile)
08. Et la Puissance fut ! (Captain Universe et la Force Enigma)
09. Canard Masqué (Fantomiald et ses créateurs)
10. Flics et Bikers (de The Shield à Sons of Anarchy)
11. De la Toile et des Gnons (les premiers combats de Peter Parker)
12. Computer in Love (avant Penny de The Big Bang Theory : Madeline de Electric Dreams)
13. Vous avez dit "spoiler" ? (sens réel du terme "spoiler" et ses dérives)
14. Le Feu sous la Glace (quelques infos sur Emma Frost)
15. L'Homme-Multiple (présentation de Madrox et son équipe)
16. Une Vie de Chat (retour sur Waldo Kitty et ses incarnations)
17. D'Araña à Spider-Girl (connaissez-vous Anya Corazon ?)
18. Schizophrène et Surpuissant (les "véritables fausses" origines de Sentry)
19. L'Album Maudit (un Spirou très particulier)
20. Programmée pour Tuer (les tribulations de Laura Kinney)
21. Des Bulles aux Piques (le destin de Robert Baldwin)
22. Le Pouvoir du Ridicule (Top 10 des surhumains les plus kitsch du monde des comics)
25. Cohabitation Difficile (quand Spidey déménagea avec sa famille dans la tour des Vengeurs)
26. Quand sonne l'heure du Midnighter (de Stormwatch à l'univers DC Comics en passant par The Authority)
27. De l'évolution du Badass (tout est dans le titre)
28. Monty Python et Guerre des Malouines (quand la fiction s'invite dans un véritable conflit armé)
29. La Saga du Prêtre Jean (saga culte et livres dont vous êtes le héros)
31. Bichette contre les Vampires (les débuts improbables de Buffy)
32. Les Mots ont un Sens (quelques fautes courantes parmi les nombreuses dérives actuelles) 
33. De la véritable Longueur des Romans (ou pourquoi la page n'est pas une unité de mesure)
34. L'Effet Mandela (quand l'inculture devient paranormale)
35. Le Team-Up improbable (quand le Tisseur rencontre Invincible)
36. Le taf idéal pour Peter Parker ? (l'évolution du personnage durant l'ère Straczynski)
37. L'autre "Spiderman" (découverte de ce personnage méconnu, sans trait d'union)
38. Le Club tente la fusion impossible (un format hybride entre roman et BD)
39. Cinquante Nuances de Gris (uniformes confédérés et idées reçues)
40. Garde-Robe (évolution stylisée de la tenue de Batman)
41. Guiboles de Comics (quand les dessinateurs exagèrent "un peu" la taille des jambes des dames)
42. Du Nom des Gnons (ne pas confondre ce qui vous arrive en pleine tronche)
43. Follow the White Rabbit (le titre envoûtant du Jefferson Airplane au sein de trois grands films)
44. Quand les périodiques BD avaient leurs propres aviateurs (le combat entre Tanguy & Laverdure, Buck Danny et Dan Cooper)
45. I still dream of Orgonon (chanson culte et incroyable histoire vraie)
46. L'Aventurier se plie en quatre (quand Bob Morane proposait un roman, une BD, un jeu de rôle et un guide au sein de son magazine)
47. Sur les Traces d'Elric (la dark fantasy de Moorcock)
48. À l'italienne (les avantages d'un format sous-employé)
49. Dessins bâclés et dégueulasseries visuelles (gros ratages et BD atypique) 
50. Virgul par Virgul (vous êtes ici)
La Parenthèse de Virgul #49
Par

(voir encadré à la fin de l'article)



Hello les Matous !
Tout d'abord, je vous souhaite une excellente année 2026, pleine de bonheur et de pognon (parce que ça compte aussi). Pour cette première Parenthèse de l'année, on va se moquer un peu de certains dessinateurs qui se sont peut-être trompés de carrière. Mais comme on ne va pas non plus rester sur une note négative avec uniquement des ratages, je vous ai concocté un petit (un grand en fait) encadré consacré à une BD à l'aspect merdique mais qui n'est pas si nulle qu'on pourrait le croire.
Miaw !

Dessins bâclés et dégueulasseries visuelles 
Parfois, ce qui se retrouve dans le commerce mériterait d'être quelque peu retravaillé. Et on ne parle pas de trucs amateurs auto-édités, mais bien de grosses maisons d'édition, comme Marvel, et même de dessinateurs très connus. Il n'est pas question de comparer des styles, dont la valeur esthétique est par nature subjective, mais bien des erreurs coupables ou même parfois une absence de travail.

On commence par le bien connu John Romita Jr et ses gribouillages sur la série Avengers, en 2011. C'est tout de même le lancement d'un titre majeur de l'éditeur. Les dessins sont-ils au niveau ? Pas vraiment.

Ici, un Steve Rogers qui a l'air bien jeune...

... mais à quelques cases de distance, il semble s'être pris 20 ans dans la gueule.

Une Carol Danvers au charme... heu... aléatoire.

Notons le même Rogers, qui ressemble à Spock, et un Beast, 
ou un Wolvie, je ne sais pas, absolument affreux en arrière-plan.

Oh, le joli dessin fait à la règle. C'est bien, c'est propre.
Ça a bien dû lui prendre 5 minutes une belle illustration comme ça.

Ici c'est encore mieux, Romita arrête de dessiner, et c'est
le coloriste qui fait tout.

Ah, on a peut-être trouvé une piste pour cacher
la misère : mettre tous les personnages de dos.
Quand il ne dessine pas les visages, c'est vrai que
Romita est finalement très bon.


Bon, si Romita faisait sa feignasse sur les dessins ci-dessus, là on tombe dans l'involontairement drôle avec les personnages dessinés à l'époque par Paul Azaceta et Matthew Southworth dans un Spider-Man Hors-Série sorti en France en 2011 également. Très belle prestation du duo, comme nous allons le voir.

Là on a Peter Parker et Betty Brant. Fallait le savoir, hein ?
Mais qu'est-ce qu'il a sur le front l'autre ahuri ?

Un magnifique Spidey, très bien proportionné (il n'est pas
en train de se transformer et n'a rien de spécial, il est censé être "normal" là).

Ah c'est impressionnant les effets spéciaux quand on les maîtrise !
Ou l'Homme Sable dessiné par un enfant de 5 ans.

Ici, c'est ce bon vieux Harry Osborn. Très joli boulot sur
le visage. Notons également, en case 1, un bébé à tête de toast.


Vous vous souvenez d'Andy Kuhn ? Non hein ? Nous oui, malheureusement. Le type avait œuvré notamment sur des épisodes de Marvel Team-Up, publiés en France en 2007. Ce n'est pas le pire, mais ce n'est clairement pas non plus le meilleur de la bande.

De bien beaux visages, dans un style très heu... approximatif ?

Là encore, postures et visages ne sont pas au top.

Une Spider-Woman qui a déjà été plus jolie.
Heureusement qu'elle porte un demi-masque qui
limite les dégâts.


Et on ne pouvait pas terminer sans ce petzouille de Mike Allred et ses personnages tout raides et aux proportions étranges. Ici des extraits de Fantastic Four et Silver Surfer.

Allez, c'est un balai dans le cul pour tout le monde.
Miss Hulk a l'air surprise quand même...

Bon, il paraît que la bonne longueur pour les
jambes, c'est quand les pieds touchent par terre.

Un coup de... de poing, de la Chose. Difficile de dire si c'est un bras
que l'on voit. Précisons que la case n'est pas coupée, le "dessin" est en entier.

Une des pires poses du Tisseur. On dirait qu'il est assis
sur une chaise invisible. Du Allred dans toute sa splendeur.


Si votre dessineux préféré s'est fait un peu malmener dans cette Parenthèse, ben... faites avec, ça ne va pas vous tuer. Ou allez chialer chez votre mémé. Ceci dit, parfois, des dessins moches, ou pas très réussis disons, peuvent avoir un intérêt. Et même être employés intelligemment. Cette Parenthèse ne serait pas complète sans une sorte d'antithèse montrant une BD affreuse sur le plan visuel mais malgré tout particulièrement travaillée et réussie. 
Allez, les matous, on vous laisse avec l'encadré (plutôt surprenant) ci-dessous.
Ronronnez bien !



Un exemple de dessins bien moches mais assumés : Geogres Clooney, une histoire vrai (volontairement sans "e").

L'auteur, Philippe Valette, a tout d'abord publié les deux premières parties de son histoire sur son blog. L'ensemble, avec les parties 3 & 4, a ensuite été édité chez Delcourt, dans la collection Tapas.

Lorsque l'on se lance dans cette étrange lecture, la première réaction qui vient est de se dire que l'on est devant une merde intersidérale : c'est moche, le lettrage est dégueulasse, c'est blindé de fautes. Du coup, quand on se met à rire, c'est la stupéfaction !
"Mince, ce truc me fait marrer ! Mais j'ai dix ans ou quoi ?"
Peu à peu, le mépris et la stupéfaction font place à une curiosité sincère. Et plus l'on rentre dans cet univers débile, plus la réaction est viscérale. C'est tout ou rien, très probablement, soit l'on est allergique, soit l'on se dit que, derrière une apparence bâclée, il y a peut-être là quelque chose de non seulement frais et original mais aussi profondément maîtrisé.

L'intrigue est aussi barrée que le reste. Un super-héros trouve une merde chez lui et se demande qui a bien pu oser ainsi lui larguer une crotte dans le salon. Bien que préoccupé, il ne tarde pas à se lancer sur la piste d'un braqueur, qui ressemble furieusement à une Tortue Ninja.
On assiste également à un long détour par le Domac, le héros étant particulièrement friand de cheeseburgers. Il y rencontre alors le commissaire et ses hommes et a quelques soucis avec la serveuse, qui lui occasionne une émotion ayant une conséquence physique difficilement conciliable avec le port d'un costume moulant.


Bien que tout soit fait pour faire penser à une BD d'ado attardé, ne sachant même pas dessiner, Georges Clooney se révèle finalement assez subtil. Ou disons, au moins, osé. 
Il fallait tout d'abord assumer ce graphisme simpliste, possédant tout de même ses qualités. Certains plans (comme ceux dans l'intérieur des véhicules, où l'on voit le personnage en contre-plongée, à partir des pédales de la voiture) sont aussi inattendus qu'efficaces et permettent de rompre totalement avec cette fausse impression d'amateurisme laissée par les dessins. Certaines postures également ne sont pas seulement "mal dessinées" mais servent le propos (comme lorsque le héros, surpris, fait un bond avec les membres en arrondis, comme si tout son corps exprimait un "o" d'étonnement).

Les dialogues sont souvent très drôles, non pas tellement à cause des propos tenus (l'humour très "pipi-caca-bite" ne vole pas très haut) mais grâce à un réel sens du rythme et de la rupture. Il faut tout de même admettre que certains échanges sont à mourir de rire, comme lorsque l'un des flics doit appeler le héros en se faisant passer pour une fille en chaleur.
Pour ce qui est de la dégradation volontaire du texte, dans 99 % des cas, ce n'est pas une bonne idée (cf. cet article). Ici cependant, cela fait sens et convient au style de la BD. Je dirais même que ça participe autant à son humour qu'à son aspect visuel global.
Enfin, narrativement, c'est tout simplement brillant. Que cela soit volontaire ou purement instinctif, l'auteur met dans son histoire suffisamment de technique pour emballer le lecteur. Attention cependant, si Valette a avoué dans certaines interviews qu'il avait improvisé l'essentiel du récit et que les fautes avaient été laissées volontairement mais n'étaient pas prévues au départ, il serait dangereux de croire que n'importe quelle connerie, dessinée sur un bout de table, peut être qualifiée d'œuvre artistique ou simplement même de récit.

Si l'on prend le parti de vous parler de cette BD, c'est non seulement parce qu'elle est drôle (ce qui n'est pas si courant) mais c'est aussi parce que son apparence est intéressante et cache tout de même de réelles fondations techniques. Et ce "squelette" technique, qui soutient l'ensemble, peut être voulu ou être indépendant de l'auteur, mais il ne peut être absent. Ne faites donc pas l'erreur de penser que quelques feutres et deux ou trois insultes peuvent bâtir une BD ou même une histoire. Pour que cela fonctionne, il faut la présence de ces mécanismes invisibles qui rendent le tout efficace.
Par exemple, toute la scène se situant dans la voiture des flics, dans la deuxième partie, fonctionne grâce à des effets techniques précis. On voit d'abord des plans larges, avec une seule phrase par case et même une case sans dialogue entre les différents échanges. Cela donne une impression de langueur (en adéquation avec l'état d'esprit du commissaire), de temps qui passe lentement. Puis, on passe à un plan rapproché, montrant qu'il se passe quelque chose, que le commissaire n'est plus dans ses pensées mais rentre dans son domaine d'action. Enfin, on le voit en contre-plongée, il vient de prendre une décision, il paraît immense, puissant. Retour à un plan large et des échanges courts pour le temps de la réflexion et le gag qui l'accompagne. De la même manière, quand les deux flics (le commissaire et Michel) sont sur le banc, alors que le commissaire se confie, c'est l'incroyable longueur de la scène et la monotonie des plans qui permettent la rupture qui conclut ce moment (avec le passage des autres personnages en bagnole et le geste du "petit frère").
Et l'on pourrait continuer comme ça longtemps. Mais on ne va pas tout décortiquer, l'idée est simplement de montrer que, même avec une apparence pourrie, une histoire qui fonctionne est une histoire qui fait appel à un minimum de technique, qu'elle soit ou non consciente.

L'humour ne plaira pas à tout le monde, les dessins encore moins, mais la BD s'avère cohérente, couillue, drôle et étonnamment bien construite. Une vraie bouffée d'air frais.


La Parenthèse de Virgul #48
Par


Hello les Matous !

Ça ronronne dans les chaumières ? Aujourd'hui, on va aborder un sujet essentiel quand on parle de livres, et notamment de BD : le format. Et un format bien spécifique encore trop peu employé en France mais qui, pour certaines œuvres, peut donner des résultats saisissants.

À l'italienne
Si l'origine transalpine de ce format, dit à l'italienne, explique son nom, il faut savoir qu'il n'est en rien fixé par une taille précise mais désigne en réalité toute publication qui est plus large que haute. Que ce soit dans la BD franco-belge ou les comics, l'on a donc guère l'habitude de penser réellement un récit dans ce format. Et c'est bien regrettable car il permet de gommer certains défauts ou d'accentuer certaines qualités du format classique.

Il faut tout d'abord distinguer les œuvres pensées réellement (ou totalement redécoupées) pour ce format et les compilations de strips initialement prévus pour les journaux. Si l'on trouve des recueils de strips concernant des séries aussi connues que Tintin ou Amazing Spider-Man, cela reste avant tout des curiosités ou des éléments historiques, le format n'apporte alors pas grand-chose par rapport à celui d'une BD classique. Par contre, lorsqu'il s'agit d'histoires conçues spécifiquement pour se présenter ainsi, comme le 300 de Miller ou les rééditions à l'italienne de certains Blake et Mortimer, cela change tout et l'expérience de lecture en est radicalement changée.

Quels sont ces effets aussi fantastiques que mystérieux que tu sembles nous vanter depuis le début de cette parenthèse, me demanderez-vous avec la touchante fébrilité du lecteur aguiché par une féline et noble prose ? Eh bien, nous y venons !
L'un des effets évidents est ce que nous appellerons poétiquement la préservation de la brume du temps. En effet, lorsque nous ouvrons une BD classique, nous avons devant les yeux non seulement la scène "présente", que nous allons lire, mais aussi plusieurs scènes du futur, qui se dévoilent déjà, comme si le brouillard les recouvrant logiquement était dispersé par le simple fait de tourner la page. Dans le format à l'italienne, vous ne verrez qu'un tiers (voire un sixième) de ce que dévoile le format classique, ce qui permet de demeurer dans le présent et de maintenir un certain suspense.

Le deuxième effet, encore plus important, est l'immersion. En effet, avec des cases agrandies, bénéficiant de plus de détails, et un œil se concentrant sur une scène bien découpée et mise en valeur, le lecteur est littéralement "plongé" dans l'action, un peu comme un spectateur devant un grand écran, au cinéma. L'impact de chaque scène en est alors décuplé. 
Le troisième effet évident, très lié au précédent, est le travail de l'auteur sur l'ambiance du récit. Avec une concentration recentrée du lecteur, des cases plus grandes, des scènes mieux mises en valeur car isolées des autres, l'auteur peut à loisir travailler l'atmosphère de chaque partie de son récit. Une scène de nuit, par exemple, ne sera pas parasitée par la luminosité d'autres scènes à venir, qui se retrouveraient sur la même planche dans un format classique.

Bien entendu, ces subtilités ne conviennent pas forcément à tous les récits. Le format à l'italienne met presque naturellement en valeur les thrillers, les histoires sombres, feutrées et intimistes, les BD d'enquête ou d'épouvante, et globalement tout ce qui touche au mystère. Ce format sera donc moins efficace lorsqu'il s'agira de mettre en scène, par exemple, d'immenses et impressionnants paysages ou des combats aériens. Ce n'est pas impossible pour autant, juste moins pratique. Mais même s'il est toujours possible de s'adapter à une contrainte technique, il vaut mieux penser son format en fonction de ce que l'on raconte (et inversement, les deux étant inévitablement intriqués).
Voilà en tout cas une belle manière de mettre la contrainte du support au service de son art.

L'on trouve assez peu de BD dans ce format en France, même si l'on peut noter le Ruse du duo Waid/Guice, le Spirou de Chaland ou les Flash Gordon récemment réédités par Hachette (à ne pas confondre avec le Flash de DC Comics, cf. cette Parenthèse). Mais la grande réussite dans ce domaine demeure les Blake et Mortimer recomposés pour ce format (l'on peut citer par exemple Le Testament de William S, Signé Olric, Le Bâton de Plutarque ou encore Le Serment des Cinq Lords). Ces éditions spéciales (vraiment bien plus larges que hautes !) bénéficient de cases agrandies, d'un découpage repensé et d'un nouveau regard, plus immersif, sur chaque aventure. L'ambiance en est radicalement accentuée, et les élégants aplats propres à la série n'en sont que plus efficaces et esthétiques. Si vous voulez vous prendre une claque visuelle et découvrir la puissance du format à l'italienne, ce sont ces albums que l'on vous conseille. Attention cependant à ne pas confondre avec certaines éditions spéciales, comme Les Sarcophages d'Açoka, qui est en fait un demi-format qui condense (et résume) trois albums classiques.

Voilà les matous, on termine avec quelques exemples de planches et on espère vous avoir donné envie de (re)découvrir de bonnes BD. Miaw ! 

Ici une simple compilation de strips originaux (Les 7 Boules de Cristal).

L'album "maudit" de Chaland, une curiosité.

Le 300 de Miller, dense et violent.

Ruse, publié par Semic. De superbes dessins et un découpage très cinématographique.

Le format à l'italienne n'embellit pas forcément tous les genres de récit.

Blake et Mortimer, probablement l'une des séries qui exploitent le mieux ce format.

L'atmosphère sombre et angoissante, ainsi que les jeux de lumière, ne sont pas parasités par les autres scènes.

Le découpage resserré immerge le lecteur au cœur de l'action.

La brume du temps est préservée, chaque planche étant consacrée à une seule scène.