Publié le
14.7.19
Par
Virgul
Si vous ne connaissez pas encore Mike Ward, c'est une lacune qu'il va vous falloir absolument combler !
Mike Ward est un humoriste canadien, très célèbre outre-Atlantique, qui fait des spectacles en anglais et en français. Pour l'anecdote, il s'est rendu compte que Gad Elmaleh s'intéressait de très près à ses vannes et allait tenter de le piller (ce qui est bel et bien arrivé à George Carlin, Jerry Seinfeld, Richard Pryor, Steven Wright, Dave Chappelle, Louis C.K., Elon Gold, Martin Matte, Martin Petit, Louis-José Houde, Patrick Huard et bien d'autres) et un échange tendu s'en était suivi dans les coulisses d'un gala en France.
Mais surtout, Mike est le producteur et l'animateur d'un podcast vidéo exceptionnel, intitulé Sous Écoute et dans lequel il improvise des discussions (fort drôles) avec deux autres humoristes (des invités qui changent bien entendu à chaque fois). Il existe plus de 220 épisodes, et ils font en général environ 2 heures chacun, autant dire qu'il y a de quoi faire.
Certains contiennent des anecdotes qui valent vraiment le détour !
Bon après, si vous vous choquez dès qu'il y a une vanne sur un sujet un peu scabreux, que vous êtes un fragile tendance SJW avec 6 points de QI, ce n'est peut-être pas ce qu'il vous faut.
Pour les autres, il y a de fortes chances pour que vous passiez un très bon moment.
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Publié le
14.7.19
Par
Nolt
Retour sur Any Empire, un comic ambitieux mais au final indigent.
Lee est un gentil garçon, qui aime jouer aux soldats et lire des comics. Purdy, lui, est très méchant car il fait du mal aux animaux. Et Sarah est très intelligente, car elle va réussir à mener une enquête - dont on ne verra quasiment rien - pour confondre les auteurs des brutalités animales.
Le tout délivré avec un message magnifique : la guerre, c'est mal.
Voilà donc le résumé de l'histoire. Attention, il ne s'agit pas du résumé du début mais de tout le livre, soit 300 pages.
Bon, commençons par voir qui a bien pu pondre un tel navet. Il s'agit de Nate Powell, un type qui a commencé à s'auto-publier dès l'âge de 14 ans. Quand on voit le résultat, on se dit que le filtre éditorial reste tout de même indispensable. L'auteur a maintenant la trentaine et il livre ici un épouvantable ramassis de lieux communs, "soutenu" par une narration totalement bancale.
Les dessins, par contre, sont très réussis. Là on a fait le tour des qualités de Any Empire, pour les défauts, il va falloir malheureusement bien plus de temps.
Le résumé de la quatrième de couverture était pourtant encourageant et permettait d'imaginer le meilleur : des gamins livrés à eux-mêmes, un défi assez terrible à relever (tuer "quelque chose" pour faire partie de la bande), une enquête, un chassé-croisé mêlant les enfants d'hier et les adultes d'aujourd'hui... pourtant, malgré ces ingrédients, le plat est franchement raté.
Le récit, publié en France en 2012 chez Sarbacane, est tout d'abord très économe en texte, trop d'ailleurs puisque les scènes muettes totalement incompréhensibles sont légion. L'enchaînement de ces mêmes scènes, allié à des ellipses, flashbacks et digressions sauvages, forment également un incroyable fatras. Alors, il y a bien l'alibi de l'onirisme, m'enfin, entre une scène onirique et une écriture sous acide, il y a une marge qui est ici franchie.
Difficile de juger l'histoire tant il n'y en a pas. L'affaire, si l'on peut appeler ça comme ça, des tueurs de tortues est totalement survolée. Tout comme le dilemme que l'on pensait voir naître chez Lee. Les personnages, eux, à force d'être ébauchés à coups de cases silencieuses et solennelles, sont d'une pauvreté hallucinante. Rien ne fonctionne.
Mais si l'on commence à s'intéresser au message véhiculé par l'auteur, alors là on arrive vraiment dans le domaine du
n'importe quoi. Cela se voudrait intelligent, pas de bol, c'est idiot et prétentieux. Prétentieux parce que, vraiment, pour faire aussi ampoulé et s'étaler pendant 300 pages en aboutissant à un résultat aussi misérable, il faut vraiment avoir plus de balloches que de cervelle. Idiot parce que c'est là un propos aussi facile que vide, politiquement correct jusqu'à la nausée et typique d'une condamnation de principe, sans aucune réflexion ni le moindre recul. Tout ou presque peut pourtant se défendre, mais encore faut-il le faire avec un minimum d'élégance, sans enfoncer des portes déjà largement ouvertes depuis longtemps.Powell se sert d'un tas de clichés pour appuyer son délire lourdingue. Cela va des comics GI Joe, jusqu'au paintball ou le hard rock (?!), en passant par le sport et, forcément, les supporters ultra-violents. Le but étant, évidemment, de démontrer l'existence d'un quelconque culte de la violence, culte qui n'existe bien souvent que dans la tête de ceux qui le dénoncent.
Si l'idée consiste à révéler aux lecteurs ébahis que la paix est un état préférable à la guerre, alors bravo à Powell pour sa science du consensus par la niaiserie. Et si l'auteur avait quelque chose de plus subtil en tête, ce dont il est permis de douter, c'est raté puisque noyé dans une forme inintelligible.
Bref, tout est à jeter. Enfin non, comme précisé plus haut, le gars dessine bien. Il ne reste plus qu'à lui trouver un scénariste.
Stupide, maladroit et suffisant : le trio magique.
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Publié le
12.7.19
Par
Nolt
Asylum Pyre, excellent groupe français de Power Metal, vient de sortir son quatrième album il y a peu de temps. Et nous vous le conseillons vivement.
Alors, pour ceux qui ne connaîtraient pas encore, il s'agit d'un groupe qui s'est formé en 2006 et a sorti son premier album en 2009. Pour faire simple, il s'agit de "metal mélodique". Pour faire plus compliqué, le groupe définit parfois son style, non sans humour, comme du "Modern and Traditionnal Power Speed Electro Pop Metal". Ouais, parce que parfois, un peu comme dans l'édition, les noms de genre finissent par ne plus trop rien vouloir dire. Disons que c'est de la putain de bonne musique, "entre Queen et Evanescence, mais en plus speed et puissant".
Au niveau de l'inspiration et des textes, il s'agit d'une atmosphère plutôt sombre, où la thématique apocalyptique est très présente. Le tout interprété par l'excellente et charismatique Ombeline "Oxy" Duprat, mélange de charme et de puissance vocale que l'on vous propose de découvrir avec la vidéo de One Day, titre issu de l'album "N°4".
En ce qui concerne les autres membres actuels du groupe, l'on retrouve Johann "Jae" Cadot à la guitare et au chant, Pierre-Emmanuel "Wik" Pélisson à la guitare, Fabien "Hed" Mira à la basse et Thomas "Kas" Calegari à la batterie. Un line-up efficace qui visiblement a trouvé ses marques.
N'hésitez pas à plonger également dans leurs albums précédents, bénéficiant en plus de fort belles illustrations, comme celle de Natural Instinct? ou encore Fifty Years Later, réalisées par Alexandre Chaigne.
Site officiel du groupe/leur page facebook
Publié le
12.7.19
Par
Nolt
Un Dark Knight ambiance fêtes de fin d'année avec le sublime Batman : Noël.
Bob est un peu paumé. Il n'a pas d'argent, vit dans un appartement minable, son fils est souffrant et... Noël approche. Alors Bob fait une grosse connerie. Il accepte un job on ne peut plus louche, pour le compte d'un type dangereux. Et comme Bob n'a vraiment pas de chance, il tombe sur Batman, qui ne voit en lui qu'un malfrat comme tant d'autres.
Le protecteur de Gotham a cependant tort cette fois. Mais pour s'en rendre compte, il devra recevoir l'aide de trois visiteurs, trois personnages bien connus qui lui montreront des bribes de son passé, des morceaux du présent et une fraction, atroce, de son avenir.
Et si tout le monde pouvait changer ?
Voilà une jolie variation sur A Christmas Carol, le célèbre conte de Charles Dickens, écrite et dessinée par Lee Bermejo. Et visuellement, il faut bien dire que les planches de Bermejo sont carrément superbes.
L'artiste nous livre ici un Batman inquiétant, une Catwoman sensuelle, un Joker sinistre mais aussi des décors d'une beauté et d'une richesse stupéfiantes. Gotham devient ainsi à la fois réaliste, glauque et... belle. Le niveau de détail est parfois assez hallucinant, notamment en ce qui concerne les immeubles. Les fenêtres par exemple ne sont pas de simples rectangles, dessinés à la hâte, mais ont toutes des particularités propres. L'une est fissurée, une autre dispose d'une climatisation... et surtout, elles donnent sur de "vrais" appartements, dans lesquels on peut distinguer un tableau, un meuble. Bref, la plus infime portion de case est soignée et renferme une petite touche de vie, de vérité presque.
Il serait injuste de ne pas citer également Barbara Ciardo, une (très jolie) coloriste italienne, qui avait déjà bossé avec Bermejo sur le Superman des Wednesday Comics. Le résultat était déjà excellent à l'époque, il l'est ici tout autant, avec de fort beaux contrastes et jeux de lumière.
Le récit est également très bien fichu. Contrairement à ce que l'on pourrait penser, reprendre un tel classique est un exercice périlleux : non
seulement la plupart des effets sont connus des lecteurs, mais en plus il faut pouvoir s'approprier l'œuvre et poser un regard neuf, ou au moins différent, sur des scènes passées presque dans l'inconscient collectif.Et Bermejo, là encore, s'en sort haut la main en adoptant une narration respectant l'esprit du conte mais permettant également de transposer la problématique dans Gotham, avec un Batman faisant un surprenant mais excellent Scrooge. L'auteur parvient à intégrer dans son récit des éléments faisant référence à l'évolution de Batman (celui-ci étant bien plus sombre de nos jours que par le passé) et, par ce biais, à lui faire poser un pathétique regard sur son passé et ce qu'il est devenu.
La réflexion sur le "vigilantisme" (plus que réellement le super-héroïsme au sens large) est également plutôt subtile et bien amenée. Surtout, Batman aura rarement semblé aussi effrayant que lorsqu'on le voit apparaître à travers les yeux de ce pauvre Bob, aussi paumé que terrorisé.
C'est bien simple, tout est réussi et respire le talent et le travail.
L'ouvrage a été publié en France en 2012 par Urban Comics et est encore disponible en neuf (112 pages, 14,50 euros, collection DC Deluxe). L'adaptation est correcte, si l'on excepte une phrase franchement mal fichue et une coquille. Un peu dommage, mais pas de quoi fouetter non plus une chauve-souris. Niveau bonus, l'on retrouve une intro de Jim Lee et un carnet de croquis, avec commentaires de Bermejo.
Un très beau conte "batmanisé".
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Publié le
9.7.19
Par
Nolt
Sortie ce mois de Nicky Larson et le parfum de Cupidon en DVD et Blu-ray. Du coup, on va en parler, même si ça ne nous réjouit pas plus que ça.
Alors, on va commencer par le pitch. Nicky Larson, détective privé et garde du corps plutôt dragueur voire carrément obsédé, est chargé de veiller sur un produit (le fameux parfum) qui permet de rendre irrésistible toute personne qui s'en asperge. Malheureusement, le parfum est dérobé et Nicky et sa jolie assistante Laura vont devoir le récupérer.
En ce qui concerne Nicky Larson, c'est évidemment un dessin animé (diffusé à l'époque dans le Club Dorothée) et surtout à la base un manga de Tsukasa Hojo, intitulé City Hunter. Même si parfois les adaptations de manga, avec de véritables acteurs, semblent très hasardeuses (comme Dragon Ball par exemple (oui, j'ai préféré cette adaptation (et je vous emmerde !))), ici, la matière première permettait tout à fait une transposition dans le "monde réel". Transposition effectuée par Philippe Lacheau, qui signe le scénario et la réalisation, et qui est entouré de sa bande habituelle, notamment Tarek Boudali, Julien Arruti et Élodie Fontan.
L'accueil réservé à ce film fut assez étrange. Il a été descendu dès l'annonce de sa mise en chantier, puis lors des premières bandes-annonce, pour finalement bénéficier apparemment d'un bon bouche-à-oreille de la part des fans, jugeant l'adaptation "fidèle". Alors, oui, c'est parfois fidèle sur des détails dont tout le monde devrait se foutre, comme la couleur de la veste de Larson, ou l'utilisation du fameux maillet par Laura, mais le problème, c'est qu'au niveau de l'esprit de la série, la fidélité est tout de suite beaucoup plus aléatoire.
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| Les méchants : un sosie de Kheiron et Jerôme Le Banner. |
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| Ah oui, il y a Pamela Anderson aussi. |
Mais si vraiment on doit isoler un énorme problème, qui plombe tout le film, c'est bien entendu le scénario, truffé de conneries, de références idiotes, de beauferies et de blagues éculées. En général, les comédies françaises ne volent pas bien haut, mais alors là, difficile de faire plus prévisible et bas de plafond.
Voyons quelques exemples sans trop de spoilers (même si, franchement, il n'y a rien à gâcher ici). Le type qui s'adresse à quelqu'un derrière une porte et constate qu'il s'est trompé de personne après avoir dit quelque chose d'embarrassant... ça a dû être fait un putain de million de fois ! On pige le truc dès le départ, comment ça peut être drôle ? Pareil pour la séance de "réanimation" du méchant à la fin, on le voit venir à des kilomètres.
Et quand ça se veut un peu original, ça n'est que vulgaire, à base de bites (dès la scène d'introduction, au moins, le ton est donné) de nichons et d'humour lourdingue qui ferait passer Bigard pour le summum du raffinement. Pourtant, je n'ai rien contre le fait d'utiliser l'artillerie lourde, mais lorsque ce n'est pas soutenu par un minimum de fond, à moins d'avoir 5 ans ou le QI d'un responsable culturel de la mairie de Thionville [1], ça devient vite pénible.
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| Un plaisir tout de même de retrouver Dorothée. |
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| Ah, cette tête de champion que l'on croirait issue de la série Les Années Fac... |
Une référence, c'est quand même censé faire allusion à un élément en rapport avec le sujet que l'on traite. Là c'est juste foutu n'importe comment, par poignées, avec pour seul point commun le Club Dorothée. J'ai eu peur de voir débarquer à un moment Azoulay et ce qui reste des Musclés. On a échappé à la Merguez Party en BO de peu. Mais si ça se trouve, ça sera pour la suite (un crossover avec Cat's Eye), apparemment plus ou moins déjà prévue malgré un résultat économique décevant (le film n'a pas été rentable avec les seules entrées cinéma, mais Thomas, notre spécialiste ciné, m'assure qu'un deuxième opus pourrait voir le jour si les ventes DVD sont bonnes... du coup, si elles sont vraiment très bonnes, ils pourront peut-être même engager un scénariste).
Bref, c'est très très mauvais sauf sur un point : les scènes d'action (enfin, certaines). Celle en POV (du point de vue du personnage) a le mérite d'être un peu originale, même si elle est loin d'être aussi réussie que le gunfight final, à la chorégraphie inspirée et même amusante. Au moins, ça, ça a été soigné, il y a un véritable effort derrière. Mais bordel, c'est quand même vachement peu pour un film d'une heure trente (en ressenti, comptez une heure en plus).
Du coup, difficile de conseiller cet achat, même (surtout !) si l'on est fan de City Hunter, dont on ne retrouve ici qu'un pâle ersatz de ce qui faisait son charme. Le réalisateur semble pourtant sincèrement fan du personnage, mais ça ne suffit pas pour faire un bon film. Celui-ci souffre d'un déficit énorme au niveau de l'écriture, ce qui rend les gags sinistres, l'intrigue poussive et les personnages creux.
Gras, pas drôle, prévisible et écrit avec les pieds.
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| Seule scène véritablement impressionnante et inspirée du film. |
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| Le grand écart avec ce "gag" : une bite dessinée par un électrocardiogramme. Désopilant. |
[1] Allusion au fait qu'un concert de metal, prévu de longue date, a été stoppé après seulement quelques titres samedi dernier par un responsable de la municipalité de Thionville qui trouvait que c'était "trop fort" et que ce n'était pas de la "musique". Trouver le moyen de se rendre compte que la musique, ça fait du bruit, et que le metal, c'est un peu différent de Frédéric François, en plein milieu du truc alors qu'on est l'organisateur... c'est quand même du génie.
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