"Où les hommes renaissent au monde. Où les femmes reviennent toujours.
Où les lumières se voilent. Pour mieux rayonner ensuite."
À partir de là, c'est tout ou rien : soit on a une œuvre attachante qui sent bon le sable de Californie, le goudron des routes et l'odeur résineuse des planches de ces lieux intimistes où l'on se rassemble autour d'un gars avec une guitare qui nous chantera les filles et l'amour, la vie et la mort... soit on a un machin prétentieux et grandiloquent qui veut se la jouer et qui ne reste dans l'âme que comme une fausse note qu'on s'empresse d'oublier.
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L'Egide est une société secrète ancestrale de sorciers afrodescendants ayant pour mission de protéger des "hauts potentiels" blancs...
C'est en lisant une interview que le scénariste a accordée à The Comic Lounge que j'ai compris pourquoi pas mal de choses m'échappaient tant dans la promo que dans la métaphore de notre société fournie par le comic. Voici ce qu'il y disait :
"Un élément important de Excellence est l'insistance pour que les personnes noires et brunes soient considérées à tout moment comme des êtres humains pleins, fonctionnels et vitaux, avec tout ce que cela implique. Nous devrions être autorisés à être grands, à échouer tragiquement, à être en colère aveuglément, à aimer profondément, à apprécier pleinement nos succès et à le faire sans le fardeau supplémentaire que notre statut d 'autres nous impose parfois. Perdre le poids de toujours être un exemple, même si nous l'avons accepté. Prouver que l'excellence est réelle et qu'elle ne sera pas niée, ni respectée, ni méprisée… pas pour toujours."
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| Brandon Thomas, auteur de Excellence |
Que l'on soit bien d'accord : je vois les couleurs de peau, je peux entendre les discours des uns et des autres se sentant défavorisés en raison de la leur... Mais, en tant que prof, je ne fais pour ma part aucune différence de traitement entre les individus, quel que soit leur sexe, quelle que soit leur couleur... Alors je vais tâcher de retranscrire dans les lignes à venir ce que je pense avoir compris de ce comic... sans trop me mouiller, toutefois. Je ne doute pas que certains trouveraient sans doute plus à y comprendre.
L'univers est un peu futuriste et indéniablement chargé de fantastique.
C'est un comic bavard. Les phylactères sont nombreux et très remplis ; les messages importants se répètent souvent et sont même parfois redondants avec les images... Rien de très gênant mais ça peut rebuter parce que ça donne l'impression de vouloir se donner un air particulièrement complexe alors que, souvent, avec un choix de mots plus pertinent, la plupart des enjeux et des problématiques seraient compris bien plus rapidement.
Le syndrome Nikita (du nom de la série de 1997, je n'ai pas vu celle de 2010), c'est le nom que je donne à ces récits parlant d'une organisation secrète depuis l'intérieur avec tant de détails en tous sens qu'on en finit par en oublier qu'il existe un monde extérieur. Certes, l'organisation en question est intéressante mais elle n'existe prétendument que pour protéger des gens que... l'on ne voit jamais. C'est très "Egidocentré", comme narration et c'est dommage : il aurait été intéressant de comprendre mieux en quoi consiste cette mission pour laquelle ils donneraient leur vie parce que, en l'état, on a l'impression qu'ils servent juste de "bonne fée" à certains Blancs.
Les deux seuls exemples d'interventions extérieures (l'une, en plus, n'étant qu'une simulation et l'autre un rapport de mission échouée) montrent des magiciens intervenant de façon on ne peut plus démesurée pour influer sur la vie amoureuse de leurs filleuls.
En quoi ces Blancs à protéger sont-ils si importants ? En quoi sont-ils différents des autres, d'où leur vient ce mérite ? Pourquoi les mettre dans les bras de la bonne personne mérite-t-il de risquer à ce point sa vie à chaque instant ? Tout cela mérite-t-il l'entretien d'une société secrète plusieurs fois centenaire ? Pourquoi les magiciens noirs ont-ils interdiction de flirter avec les blanches ? En gros, ces magiciens noirs sont-ils plus que des Cupidons stylés capables de faire des boules d'énergie et des éclairs avec leurs bouts de bois ou non ?
Une fois de plus, c'est un concept qui semble avoir pris sa place dans les médias américains... Je ne prétends ni l'approuver ni le comprendre, j'en prends note, c'est tout.
L'idée qu'un noir est soit un parangon soit une personne indigne dépend, dans le livre, des Quatre Murs,
les quatre principes énoncés comme règles de vie pour l'Aegis :
1) Il est interdit de protéger et défendre les non-méritants.
2) Il est interdit de façonner une baguette magique sans agrément.
3) Il est interdit de lancer des sorts sans baguette agréée.
4) Il est interdit aux femmes de pratiquer la magie.
Chacune de ces règles correspond-elle métaphoriquement à quelque chose dans la vie réelle ? L'Aegis elle-même correspond-elle à quelque chose ? J'avoue ne pas bien piger la symbolique de l'ensemble, s'il y en a une.
En plus, les quatre fameuses règles sont visiblement faites pour être enfreintes, puisque "Ils interdisent, mais ils pardonnent".
C'est ici le tome 1. J'espère en découvrir davantage et en comprendre plus à la lecture du tome 2 lorsqu'il sortira aux éditions Delcourt comme celui-ci.
En l'état, je trouve surtout le comic beau : le dessinateur a le chic pour créer un univers, pour illustrer ce qui n'existe pas, pour restituer la coolitude et les fringues à la mode et pour dessiner ses personnages depuis des angles de vues atypiques (comme, parfois, à travers le sol, dans une contre-plongée qui ne serait possible, au cinéma, qu'avec un plancher transparent).
Mais l'histoire... je ne sais quoi en penser. J'aimerais que l'on me prenne un peu par la main et que l'on me dise si oui ou non je dois trouver un message destiné à notre époque dans la moindre case ou si je dois le lire comme un simple divertissement très vaguement militant. Je suis perplexe. C'est ce qui va expliquer ce "BOF" de Virgul, notre mascotte. Le comic vaut plus que ça. Mais, en le reposant sur mon étagère, après lecture, je me suis dit : "C'est beau. Mais je ne sais pas quoi en penser... parce que je ne pige pas ce qu'il me veut..." et je n'aime guère ça.
Par contre, si vous comprenez mieux que moi les questions raciales américaines, si vous avez envie de vous lancer un défi ou avez juste envie de lire ce comic comme un divertissement, sans réfléchir : vous ferez bien de le faire, il est très bon. Mais il m'embête !
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J'ai un jour vu un gars jeter une pièce dans un puits aux souhaits... et je me suis dit :
"Je piquerais bien une tête là-dedans, histoire de choper la petite monnaie des touristes."
Mais oh, ça va bien, hein ! On occupe ses soirées comme on peut : j'ai un max de temps libre, peu d'amis, pas assez d'argent pour m'en acheter et pas assez de courage pour faire l'effort de m'en faire. Alors lâchez-moi l'argenterie, merci bien !
Après avoir développé des concept arts pour le monde vidéoludique, elle rencontre Isabelle Bauthian (mais où ai-je déjà vu ce nom ?) avec qui elle signera Yessica Voyance et les quatre tomes (on en veut davantage, sans déconner, c'était juste génial !) de la série Alyssa, série adorée par toute la famille chez moi (ma propre fille se reconnaît pas mal en l'héroïne, d'ailleurs) et également signée, donc, de cette Isabelle Machin, là... Et dire que je ne parvenais pas à me souvenir d'où j'avais vu ce nom. Mais partout, pauvre vieux plantigrade sénile ! Rigoureusement partout dans ta bédéthèque !
Allez, penchons-nous sur ce diptyque, alors. Je vous préviens : vous n'êtes pas à l'abri de lire quelques adjectifs qualificatifs mélioratifs... Mais je comprends que ça puisse vous embarrasser, autant d'amour. Alors, pour ceux qui s'attendent à ce que je boude mon plaisir par masochisme, j'accepte de chicaner par moments et de faire preuve d'un rien de mauvaise foi. Mais juste pour le jeu, hein, parce que, soyez prévenus : j'adore ces deux albums !
Nous avons un dessin très caricatural et rondouillard mais bourré de détails réalistes illustrant une histoire de fantasy comique et légère mais pour adultes aussi bien sensuellement que narrativement.
Nous avons une idée de base simple en apparence mais utilisée de façon assez futée pour se complexifier sans jamais perdre le lecteur.
À la suite de ces événements, la BD nous offre une longue ellipse et nous retrouvons un Nevo cardiaque et alcoolique, endeuillé et en proie à des ennuis terribles. Il lui faudra, à l'aide d'un renfort inattendu, redescendre dans ce puits et affronter ce dragon afin de lui demander une faveur lui offrant une chance de réparer ses erreurs (je me fais flou mais le scénario est trop bon pour que je vous en gâche la découverte en trois lignes).
Je pourrais aussi piocher dans le même article de la concurrence pour prétendre que les couvertures ne font rien pour attirer le lecteur parce qu'elles donnent une impression de farce... la critique allait jusqu'à dire qu'elles n'étaient pas très esthétiques et trompaient le lectorat sur la nature de ces bouquins. Eh bien c'est plus encore du remplissage que mes deux premiers paragraphe vous causant de mon épouse ! Parce que ces couvertures montrent bien l'un des aspects de ces bandes dessinées : elles sont bel et bien comiques. Mais en effet, elles ne se limitent pas à ça. Une fois de plus, le fait que la BD ait bien plus que ça à offrir n'est après tout qu'une bonne nouvelle, après coup. L'auteur de cette critique n'aime pas les bonnes surprises ou quoi ?
Et là, je m'insurge. Parce que j'en ai marre que l'on limite les œuvres pour enfants à des niaiseries. Nos gosses méritent qu'on ne les prenne pas pour des imbéciles profonds !
Enfant, j'ai lu des Astérix que je lis encore avec plaisir aujourd'hui malgré le fait qu'une majorité des subtilités me passaient au-dessus de la tête.
Enfant, j'ai lu Le grand pouvoir du Chninkel que je considère encore comme un chef-d'œuvre à l'heure actuelle en n'étant nullement choqué par le coït entre Jo'n et Gw'el ou même par la tentative de viol que subit cette dernière avant de s'échapper... parce que je n'y pigeais pas grand-chose mais Van Hamme et Rosinski avaient assez de talent pour faire comprendre au gamin que j'étais qu'il y avait de la passion entre les deux Chninkels et que Gw'el venait d'éviter de subir un sort atroce.
Enfant, j'ai lu Pierre Tombal en me demandant parfois ce que je regardais... mais au fil des relectures, ça a développé mon humour noir. À l'heure actuelle, je m'en relis parfois un avec le même souvenir ému de ma naïveté passée que quand je feuillette les Idées noires de Franquin et que je me souviens de l'océan de perplexité dans lequel sa première lecture, quand j'étais gosse, m'avait plongé.
Enfant, j'ai lu le Peter Pan de Loisel et ça n'a pas "ruiné mon enfance" en me montrant le machiavélisme dont une fée peut être capable, ni "traumatisé" quand j'ai pigé ce qu'y faisait Jack the Ripper.
Enfant, j'ai lu des tas d'albums qui m'étaient destinés ou non et qui n'ont jamais rien fait d'autre que m'aider à comprendre l'existence et ce qui m'entourait ; à m'éveiller au monde, aux choses de la vie, à des questionnements dont je pouvais à peine percevoir les enjeux et les implications...
Les enfants ont droit à de la qualité ; ne les prenons pas pour moins esthètes que nous l'étions, au risque qu'ils le deviennent !
Les enfants ont droit à de la complexité ; ne les prenons pas pour plus bêtes que nous l'étions, de peur qu'ils le deviennent !
Et oui : les enfants ont droit à un peu de cul suggéré et à de la violence esthétisée ; ne les croyons pas plus prudes que nous l'étions, ils le sont beaucoup moins (principalement en raison de leur contact avec les médias cités plus haut). Ils pourraient jouer à The Witcher, Bayonetta ou GTA et pas regarder la case ci-dessus ? Sans déconner ? Ils jouent à des jeux dont un paramètre de programmation se nomme le breast bounce mais seraient inaptes à regarder une case statique où l'on voit un décolleté ? Allons, allons, restons sérieux !
C'est pas beau, ça, un GriZZly heureux ?
Pour peu, vous me verriez presque sourire. Mais non, il en faut un peu plus... "Rebecca Morse"... Hèhè... ouais, okay, là, je me fais sourire tout seul en imaginant tout ce que je n'ai pas écrit sur ce patronyme rigolo. C'est pas du jeu ! En plus, il se fait très tard et je suis claqué... À cette heure là, je rirais du bruit d'un verre qui fait "pok". Hèhè... "Pok.". Hèhèhè !
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Si rien n'explose, c'est qu'elles se sont trompées quelque part !
Primo, non. On a bien assez de repères pour avoir accès à la parcelle de l'univers utile à la BD.
Secundo, non. On n'est pas obligé de se limiter à cette BD si l'univers nous plaît ; il y a quatre bouquins qui vont avec. Parce que je me mets à la place de l'auteur : répéter en BD ce que j'aurais déjà écrit en romans, ça me gaverait pas mal !
Apparemment issue de la haute société anglaise, c'est cette grande blonde qui dirige le trio et veille à la planification de leurs opérations... même si les deux autres n'ont pas précisément des caractères propres à faciliter l'exécution méticuleuse d'un plan quelconque, malheureusement.
Audrey est, qui plus est, une magicienne assez impressionnante mais, dans cet univers, la magie s'épuise. Elle ne fait donc que rarement usage de cette capacité, ce qui est plutôt une bonne chose pour la qualité de l'histoire, ça évite le coup du deux ex machina toutes les deux pages.
En gros, dans les Spice Girls, ce serait Geri Halliwell... Oui, j'assume mes références de vieux, na !
Je ne connaissais ce talentueux Liégeois qu'à travers sa collaboration avec Jack Manini pour La fille de l'exposition universelle. La rédaction de cet article m'a révélé l'existence d'une production bien plus importante, notamment aux éditions Paquet. Il va falloir que je me penche sur tout ça.
Car oui, j'aime ce genre de trait. C'est frais et précis ; épuré quand il le faut mais détaillé jusqu'à l'obsession quand c'est utile. Un trait européen sans concession particulière faite à un autre genre, dans la plus pure tradition de ce que l'on considère ici comme la belle BD belge. On sent dans son dessin efficace aux tracés parfaits l'habitude de bosser sur des œuvres d'animation autant qu'une vraie expertise dans cette prise de tête qu'est la conception d'un bon storyboard (toutes les planches, des plus basiques aux plus complexes sont d'une lisibilité parfaite).
J'espère sincèrement que ce projet lui donnera plus encore de visibilité... car si j'aime me rassasier de comics, de mangas et de bandes dessinées européennes mélangeant les influences, je ne saurais oublier sans me trahir que ce sont des dessinateurs comme Willem dont j'ai recopié les dessins jusqu'à l'épuisement lorsque j'étais ado. Ce sont eux qui ont fait de moi le curieux du neuvième art que je suis.
Et je ne peux qu'être ravi qu'il en existe encore pour sortir des bandes dessinées terriblement actuelles mais néanmoins toujours connectées avec mon passé de lecteur.
Eh bien je dirais que mettre un gars comme Christophe Arleston (je parlais déjà de lui dans la chronique du dernier Trolls de Troy) à la tête d'une collection dédiée aux mondes de l'imaginaire est une excellente idée. Lorsque le directeur des éditions Bamboo, Olivier Sulpice, a signé pour la création de la collection Drakoo, il voulait apparemment enrichir son catalogue d'œuvres atypiques flirtant avec la fantasy, la science-fiction et le fantastique... Qui de mieux pour ce faire, en francophonie, que le papa de Lanfeust, Les Forêts d'Opale, Les Naufragés d'Ytaq, Ekhö Monde Miroir, Les Feux d'Askel, Le Chant d'Excalibur, Les Maîtres Cartographes, Moréa et bien d'autres encore ?
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