Un Livre dont vous êtes le Héros - sélection d'illustrations
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Retour sur une collection de livres mythique qui a passionné bien des lecteurs dans les années 80 : Un Livre dont vous êtes le Héros.

Nous avons déjà souvent abordé ce genre d'ouvrages, notamment dans cette Parenthèse où Virgul revenait sur la légendaire Saga du Prêtre Jean, ou encore dans cet article qui présentait le bien plus récent Magiciens du Fer. Cette fois, nous allons survoler toute une collection, de manière essentiellement visuelle, grâce à la gamme publiée sous le label Folio Junior à partir de 1984.

Il faut bien comprendre à quel point ces livres ont été une révolution (et un formidable appel d'air permettant à de nouveaux lecteurs de découvrir le si passionnant domaine du papier). À l'époque, les jeux de rôles étaient encore balbutiants. Si D&D est déjà l'objet de quelques polémiques absurdes, L'Œil Noir vient à peine de sortir. Mais surtout, les JdR nécessitent du matériel, un groupe de joueurs, un apprentissage minimum de règles parfois complexes...
Avec les Livres dont vous êtes le Héros, Gallimard (précédant de peu Hachette et sa Saga du Prêtre Jean, évoquée plus haut et sortie en 1986) va rendre l'expérience de lecture interactive et permettre à bien des curieux de s'initier aux jeux de rôles de manière simple et instinctive. L'arpenteur de pages n'est plus seulement le témoin d'une aventure, il incarne le héros, il fait des choix, il décide de son parcours !

Cette gamme va proposer plusieurs séries. Parfois des one-shots mais aussi des sagas trépidantes et incroyablement riches, comme l'extraordinaire (et fleuve !) Loup Solitaire. Notons également La Voie du Tigre et son système de combat ambitieux (il était possible de choisir quel coup de poing, de pied ou quelle projection employer !).
Bien sûr, les choix semblent bien limités en regard de ce que propose un véritable JdR, mais la sensation d'influer sur l'histoire est bien là, et les meilleures séries permettent de véritablement profiter des acquis durement gagnés dans les aventures précédentes.  

Et si l'heroic fantasy se taille la part du lion dans cette collection, l'on trouve aussi de l'épouvante, de la science-fiction ou même des enquêtes policières. Chacun peut donc s'embarquer dans le genre qui le fait le plus vibrer. Et pour ne rien gâcher, ces livres disposent de couvertures colorés et fascinantes, aussi effrayantes parfois (à l'époque, personne ne chiale parce qu'il est "traumatisé" par un bouquin) que sublimes et poétiques (voir aussi, dans le même registre, notre sélection de couvertures de la collection Épouvante de J'ai Lu). 
C'est à un voyage graphique dans le passé que nous vous convions donc aujourd'hui. Parce que, pour ceux qui ont connu cette plongée enivrante dans l'épique et les frissons, pour ceux qui ont passé des heures à arpenter des contrées merveilleuses et à découper du bandit de grand chemin, rien ne vaut la vue de ces anciennes couvertures pour ouvrir, dans nos esprits, ces portes rouillées menant vers la réminiscence de plaisirs passés mais intacts...







Écho #11 : Swan Song
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On se penche aujourd'hui sur du post-ap, présenté dans une belle édition aux allures pulp : Swan Song.

Il s'agit, selon l'éditeur, d'une "aventure grandiose et bouleversante" qui se déroule après une guerre nucléaire entre les États-Unis et l'Union Soviétique. Le monde est plongé dans le chaos et subit un hiver sans fin. C'est dans ce contexte sinistre que Black Frankenstein, un colosse, se voit confier la mission de protéger une enfant très spéciale. 

Survie, fantastique, lutte pour le pouvoir et combats épiques se mélangent dans cette fresque qui s'étale sur deux romans, bien épais (plus de 1000 pages en tout, même si, on le rappelle, la "page" n'est pas une unité de mesure, cf. cet article). 
Si vous avez aimé Le Fléau, de Stephen King, vous devriez être séduit par ce récit, d'autant que les points communs entre les deux histoires sont nombreux (jusqu'au mystérieux Homme en Noir, appelé ici "the Man with the Scarlet Eye").

Cette saga écrite par Robert McCammon est disponible aux éditions Toussaint Louverture depuis deux jours. C'est donc tout frais !
À la base publiée en 1987, cette œuvre qui a pourtant connu un grand succès (McCammon a d'ailleurs remporté un Bram Stoker Award pour ce roman) n'avait jamais été publiée en français.  

Une réserve cependant, et elle est de taille, le traducteur a cru bon de saloper les dialogues en virant la plupart des adverbes de négation et en pratiquant l'ellipse sauvage (du genre "j'suis" ; "tu r'tournes" ; "Y t'a virée"... une catastrophe !). On sait à quel point c'est pertinent (cf. cet article). Donc, non, ça ne rend pas les dialogues plus "réalistes" et, surtout, on se demande bien pourquoi il faudrait se baser sur une très hypothétique retranscription phonétique alors qu'on n'entend pas le texte mais qu'on le lit...
Résultat, non seulement c'est pénible à lire mais en plus, les personnages ont tous l'air de demeurés. Argh. 

Bref, un bel écrin mais un contenu très largement perfectible.


Natalie & Léon
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— La vie, c'est comme ça tout le temps ou seulement quand on est petit ?
— C'est comme ça tout le temps.




Récemment, Natalie Portman a fait des déclarations quelque peu critiques envers le film Léon qui a lancé sa carrière en 1994.
Alors, dans ce qu’elle dit, il y a des éléments qui sont problématiques mais il y a aussi, pour une fois, des choses sensées. Ce qui est suffisamment rare, de la part d’une actrice, américaine de surcroit, pour être souligné.

On tape suffisamment sur les dindes décérébrées (cf. cet article) pour, de temps en temps, nous permettre de reconnaître que tout n’est pas à jeter dans les discours tendant à remettre en question les œuvres du passé.
Mais commençons par voir un peu ce que Natalie Portman a dit. En gros, elle pense que Léon contient des aspects malaisants à cause de la sexualisation de son personnage. Elle reconnaît aussi qu’elle doit beaucoup à cette œuvre de Luc Besson, ce qui est à porter à son crédit. 

Nous allons donc essayer de comprendre ce qui se cache derrière se terme « malaisant » ; pourquoi c’est une critique en général inacceptable mais qui, ici, peut se comprendre au vu du contexte. Eh oui, c’est toujours le contexte qui prime, sans ça, on est condamné à des lieux communs et des positions de principe absolues qui ne marchent absolument pas dans la réalité.

Commençons donc par voir pourquoi une telle critique n’est pas recevable.
Léon est un film dur, âpre, émouvant aussi, qui raconte une histoire d’amitié entre deux êtres abîmés par la vie. D’une part un tueur à gage un peu simplet, d’autre part une fillette qui se retrouve seule au monde après avoir vu ses parents (pas très recommandables), sa sœur et son petit frère (qu’elle aimait sincèrement) se faire assassiner. 
C’est de base une histoire qui doit susciter un malaise. 
Si voir dans quoi vit cette gamine et à quoi elle doit faire face ne provoque pas de malaise chez vous, c’est que vous êtes probablement un psychopathe. Donc, c’est fait exprès. Parce que tous les récits ne peuvent pas être juste des histoires aseptisées dégoulinantes de sucreries et de bisous.

Mais est-ce légitime de raconter de telles horreurs ?
Ben… oui. D’une part on en a besoin pour se construire, d’autre part cela permet d’expérimenter des événements extrêmes sans pour autant en subir les conséquences. Penchez-vous sur le Petit Poucet ou Hansel et Gretel, ce sont des contes parfaitement malaisants (on y découvre tout de même des parents abandonnant leurs enfants ou des pratiques anthropophages), et ces contes ont pourtant bercé l’enfance de bien des gamins en Occident. Outre les frissons « sécurisés », ils permettent aussi de délivrer une morale ou, tout au moins, des pistes de réflexion permettant à un jeune esprit de se blinder contre de possibles aléas de la vie.
Et plus important encore, dans toute tragédie, l’on teste votre humanité. Un drame est censé vous faire éprouver non de la peur mais de l’empathie. Et l’empathie, c’est la base du comportement civilisé et un élément crucial dans la survie de l’espèce. Je ne me comporte pas comme un barbare parce que je suis capable de me mettre à la place d’autrui, et donc de m’imaginer sa souffrance à travers des scénarios que je vais désapprouver (sauf si, bien entendu, j’ai une bonne raison d’en vouloir à quelqu’un).

Au-delà de ça, l’on pourrait même revendiquer la simple liberté artistique de l’auteur. Tant que l’on reste dans les limites de la loi (il est interdit par exemple de représenter un mineur dans des scènes pornographiques, ce que certains éditeurs semblent ignorer, cf. cet article), tout est possible.
Cela va même au-delà de « c’est possible », c’est même nécessaire. Une histoire, sans problème à résoudre, sans menace à affronter, sans dilemme permettant de faire en sorte que le héros puisse se dépasser et évoluer, n’est pas vraiment une histoire.
On ne peut donc pas reprocher à un récit d’être malaisant si c’est son but intrinsèque. 
Il y a des scènes très dures et touchantes dans Stand by Me par exemple. Et c’est ce qui en fait une bonne nouvelle (et un bon film). La Vie est Belle, de Roberto Benigni, confronte un enfant à la pire horreur qui soit (la guerre et les camps), et pourtant, c’est aussi un film beau, tendre, poétique même. 
On a besoin, en fiction, de la saleté, du malaise, de la noirceur et des pires merdes. Parce que sans cela, le héros et son parcours ne peuvent accéder au lyrisme. 

Bien entendu, chacun regarde et lit ce qu’il souhaite, ce qu’il aime. Je connais des gens qui ne supportent pas qu’une histoire ne se termine pas « bien » [1], et c’est leur droit. Tout comme il est aussi du droit des auteurs et lecteurs d’écrire et lire des récits qui sont d’une approche plus rugueuse. 
Pour prendre une métaphore simple, on ne reprochera à personne de ne boire que de l’eau et du lait, mais une limonade, une bière ou un whisky, ça peut avoir son charme. 

Donc, non, dire d’une œuvre qu’elle est « malaisante » (quand elle est clairement basée sur des situations et personnages dramatiques) n’est pas une critique recevable.
MAIS, de la part de Natalie Portman, ça peut s’entendre, et l’on va également voir pourquoi.

Tout d’abord, il faut bien comprendre que lors de la sortie de Léon, la jeune actrice qui interprète Mathilda a à peine 13 ans. C’est une très jeune adolescente qui va être propulsée sur la scène internationale, sous le regard de millions de gens. J’ignore si elle a ou non été bien entourée, mais même en l’étant, on ne ressort pas indemne de ça. 
Pour preuve, elle-même raconte une anecdote édifiante. Alors qu’un jour elle se précipite sur un courrier de fan (le premier selon elle, mais même si c’était le centième, l’impact reste identique), elle lit alors les propos abjects d’un homme qui lui dit qu’il a pour fantasme de… la violer.
Ça doit marquer un peu quand on est une gamine de 13 ans. Et par « un peu », vous aurez compris que je veux dire « beaucoup ». Ça marquerait même un adulte, donc une enfant…
Du coup, comme Natalie Portman l’explique, elle s’est construite dans l’angoisse d’être objetisée et de servir de fantasme à des tarés qui pouvaient lui faire n’importe quoi. Tous les hommes ne se comportent pas comme des merdes, bien entendu, mais même si c’est 1 % des mecs, sur plusieurs millions, ça commence à faire du monde. Ça fait même bien trop de monde pour se sentir en sécurité. 
Et cette peur, viscérale, lourde, quotidienne, Portman l’a associée (à raison) au film Léon. Non parce que le film est mauvais ou problématique, mais parce que certains spectateurs sont des fils de pute qui envoient des menaces de viol à des gamines. 

Or, si l’on prend ça en compte (et il me semble que ce n’est pas idiot de le faire), l’on peut parfaitement comprendre les réserves de Natalie Portman sur ce film qui est associé, dans son esprit, à des menaces de psychopathes et à une découverte de la sexualité qui a été freinée par la crainte de l’image qu’elle pouvait renvoyer à l’écran. 
En fait, pour quelqu’un qui a dû gérer une telle situation à un si jeune âge, elle a plutôt un recul assez ahurissant et des propos très modérés (rappelons qu’elle ne condamne ni Besson ni le film, et qu’elle rappelle que cette œuvre a lancé sa carrière).

Au regard de ce qu’elle a vécu, le fait qu’elle émette des réserves sur ce film (que personnellement j'apprécie, je pense même que c’est, de loin, le meilleur Besson), surtout des réserves modérées et raisonnables, me paraît parfaitement légitime. Et du coup, ça fait du bien, putain, dans ce monde de wokistes hystériques, de se rendre compte que des personnalités peuvent encore s’exprimer avec un minimum de nuances et livrer leur opinion sans en faire une généralité ou un brûlot absurde. 

Par contre, il ne faut pas pour autant oublier que les auteurs ont le droit au malaise, à l'erreur, à la provocation, au mensonge et même à la médiocrité. Parce que les auteurs ne vous doivent rien. Certains sont médiocres et incapables de construire un récit qui tiennent la route, d'autres sont brillants et créent des chefs-d'œuvre, beaucoup tâtonnent et naviguent dans un entre-deux aussi flou que confortable, mais aucun, même le pire, n'a de compte à rendre à celui qui le lit. Même (surtout !) quand il bouscule, surprend, expérimente et dérange (encore une fois, dans les limites de la loi). Parce que c'est ça son rôle, sa raison d'être, sa mission. 
Alors oui, une petite fille plongée trop tôt sous les projecteurs hollywoodiens a le droit de se plaindre et d'émettre des réserves sur un film qui l'a touchée personnellement et a grandement modifié sa vie. Cela ne justifie en rien la longue litanie des pleurnicheurs qui se sentent offensés ou traumatisés par quelque chose qui n'existe pas. On ne peut pas tordre la fiction selon les besoins, diktats et délires de chacun. Alors, à moins d'avoir reçu des menaces de viol à cause d'une fiction quand vous étiez enfant, prenez vos blessures imaginaires, faites-en un beau paquet, enterrez ça dans votre putain de subconscient, là où toutes vos larmes de pacotille auraient dû finir, et ne rendez pas les auteurs (même les mauvais) responsables de votre état misérable et de votre manque de résilience. Si vous êtes détruit par des mots, de l'imaginaire, des choses qui n'existent pas, alors c'est vous le problème. 


Apprends à écrire tes blessures dans la sable et à graver tes joies dans la pierre.
Lao Tseu




[1] Ils sous-entendent alors que ça doit se terminer par une « happy end », alors que pour moi, « une histoire qui se termine bien » signifie plutôt « une histoire qui a une fin logique et émotionnellement forte ».


Écho #10 : Nerf M41A
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Hey les Matous, ça ronronne ? 
On évoque aujourd'hui un flingue mythique issu d'un film non moins légendaire !

Le M41A est une arme futuriste apparue dans le film Aliens, en 1986. Ce fusil d'assaut, développé par Armat Battlefield Systems, équipe notamment les Marines qui vont se frotter aux nombreux xénomorphes rencontrés sur LV-426. 
Bref, une arme bien cool dont tout collectionneur rêverait de posséder la réplique.

Eh bien, c'est tout à fait possible, et vous avez même deux choix à votre disposition.
Soit vous optez pour la réplique exacte (ci-dessous), en airsoft, et il vous en coûtera plus de 350 euros, autrement dit un prix complétement délirant, soit vous pouvez vous rabattre sur la version Nerf (ci-dessus), qui fait bien plus "jouet" mais dont le prix, toujours trop élevé, est quand même plus abordable (une centaine d'euros).

Notons que ce M41A de la gamme Nerf LMTD (pour "limited") est plutôt bien fichu, la réplique est correcte si l'on met de côté la couleur (qui n'est pas non plus trop naze pour du Nerf), il y a même un compteur de munitions, comme sur le modèle original, et le lance-grenades est bien entendu fonctionnel.

Ceci dit, niveau fléchettes, on ne peut pas dire que la marque ait fait un effort exceptionnel. En effet, vous ne trouverez dans cette boîte (elle aussi collector, avec des traces d'acide d'aliens) que trois "grenades" et dix "balles". Pas franchement énorme vu le prix. Et grandement dommage vu que ces munitions possèdent une couleur spécifique, que l'on ne retrouve pas sur les autres modèles. 

Bref, un gadget en plastique, qui ne vaut clairement pas le prix auquel il est vendu, mais qui va certainement en faire craquer plus d'un. Miaw !


Wolfskin
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À la fin des années 2000, Warren Ellis, sans doute pour changer un peu des histoires de super-héros auxquelles il s'adonnait depuis plus de quinze ans (il a commencé à écrire pour Marvel dès 1994 cf. notre dossier sur l'auteur), et peu après la publication de son premier roman, a fait un petit détour par l'heroic fantasy, plus précisément cette sword & sorcery naguère mise à l'honneur par les aventures de Conan le Barbare, en s'intéressant aux pérégrinations d'un guerrier nordique dans les contrées hostiles de l'Europe centrale.

Ça a donné la mini-série Wolfskin, dont les premiers épisodes ont été dessinés par Juan José Ryp (ils avaient travaillé ensemble sur No hero et Black Summer) qui sont trouvables en France dans un album broché de la collection "Milady Graphics" chez Bragelonne, complétés par un autre épisode dispensable et une belle galerie de couvertures originales

Le contexte rappellera aux amateurs la série Thorgal (malgré des noms différents, on évoque les mêmes territoires et peuplades dans une époque similaire), sauf qu'Ellis et Ryp s'en donnent à cœur joie dans l'éviscération et la décapitation : le personnage principal, un "Peau-de-loup", est un guerrier féroce, tenace, plutôt malin et bretteur émérite, doté qui plus est d'une force spectaculaire (imaginez un grand guerrier viking capable de manier d'une main une épée longue ! Parfait personnage pour un rôliste à tendance grosbill) ; cependant, lorsqu'il est sous l'emprise des « têtes noires », les champignons sacrés de Wrod, son dieu de la mort, le voilà qui vire berserk ! Et c'est parti pour des pages entières sans texte, inondées du sang des malheureux adversaires de ce Lone Ranger des âges farouches : les têtes volent, les membres tombent, les tripes se déversent par les profondes entailles portées par ses deux armes de prédilection. Au besoin, il peut aussi défoncer des crânes à coups de marteau... 

À un contre dix, il garde l'avantage, ses sens suraiguisés lui permettant d'anticiper les pièges éventuels. En outre, doté de cette sagesse conférée par d'innombrables combats, il sait les éviter lorsque c'est possible et ne laisse pas aisément manipuler ou attendrir. Solitaire survivant des siècles sauvages, tel un John Wick des temps anciens, notre héros ne parle que lorsqu'il y est contraint - et le bougre n'est pas avare de bons mots.

Mais alors que Conan, cet autre fier-à-bras, ne craignait pas grand-chose en dehors de la magie, et respectait les cultes de ses adversaires, le Peau-de- loup ne recule que devant les machines : l'un des belligérants brandit en effet une sorte de mousquet rudimentaire (rappelez-vous les boute-feux dans Princesse Mononoké), arme qu'il considère juste bonne pour les traîtres et les veules qui frappent de loin, mais dont il connaît le pouvoir destructeur.

L'ensemble aurait pu être écœurant, cela dit, ou agaçant et répétitif, d'autant que le scénario ne brille guère par son originalité (notre fier barbare se trouve pris entre deux clans qui se disputent un village, chacun cherchant à s'attirer ses faveurs pour faire pencher la balance). Néanmoins, grâce à quelques répliques bien senties où pointe l'ironie mordante du Ellis de Supergod, ainsi qu'à une vision assez lucide des cultes qui régentent la vie des peuples en cette ère trouble, le lecteur tolérant devrait passer un bon moment, plein d'hémoglobine et de fureur. 



+Les points positifs-Les points négatifs
  • Un récit enlevé, brutal et sanglant, sans aucune concession sur la violence.
  • Une vision intéressante d'un âge proto-médiéval où la magie est quasiment absente.
  • Une édition française soignée.


  • C'est parfois très gore. Trop ?
  • Une histoire sans aucune originalité.
  • Plus disponible neuf en français.