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L'Almanach de la Sorcière moderne
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Présentation d'un ouvrage quelque peu particulier et inspirant : L'Almanach de la Sorcière moderne.

Je ne vais pas revenir sur la métaphysique et la spiritualité, censées aller de pair avec la physique et le cartésianisme, je vous invite donc à lire cet article si vous souhaitez une sorte de préambule à ce qui suit.

Lorsque l'on a recours à des rituels, des pratiques magiques et plus généralement lorsque l'on embrasse le néopaganisme (bien que le terme soit assez fourre-tout et trop vague pour désigner en réalité quoi que ce soit), il est intéressant de profiter du savoir et de l'expérience d'autrui en consultant des ouvrages de qualité. Malheureusement, à part quelques classiques, bien souvent, ces ouvrages sont soit un peu "ternes" (noir & blanc, pas d'illustrations...), soit mal rédigés (fautes, novlangue faussement "inclusive"), soit inadaptés aux croyances ou envies de chacun (prosélytisme déplacé ou dessins peu inspirants). 
Dans ce domaine, trouver un ouvrage dont on fera un compagnon de longue date est aussi complexe que de trouver un tarot ou un oracle dont les cartes sont compatibles avec votre univers intérieur. Aussi, lorsque l'on tombe sur une petite pépite, il est sans doute intéressant de le souligner.

L'Almanach de la Sorcière moderne est écrit par Sarah A.L. et magnifiquement illustré par Neven. Il a été publié par les éditions Véga l'année dernière. Comme le sous-titre l'indique clairement, il s'agit de passer une année (n'importe laquelle, l'almanach n'est pas lié à une année précise) à la découverte des pratiques magiques et païennes. 
Ce qui frappe tout d'abord, c'est le soin formel apporté à ce livre : grand format (19,5 x 26 cm), papier mat de qualité, belle mise en page, illustrations à la fois discrètes et au charme certain, accompagnant parfaitement le texte. 
L'avant-propos, quant à lui, précise le but de ce recueil : que chacun puisse découvrir diverses pratiques et d'anciens cultes afin de "piocher" ce qui lui semble le plus approprié. Là encore, on suit les principes très libres de la wicca, ce qui n'est pas pour me déplaire.

Mais au final, que contient donc cet épais ouvrage de 390 pages ? 
Eh bien, un peu de tout. Là, il va falloir préciser le but de tout cela. Il ne s'agit pas de vous donner des informations exhaustives sur un domaine précis mais plutôt d'en survoler des dizaines, tout en vous donnant des clés de compréhension et un topo tout de même compréhensible et intéressant sur chaque sujet abordé.
L'on part donc du principe que vous pourrez (et sans doute devrez) approfondir les domaines qui vous parlent le plus. Ou peut-être que vous allez développer vos propres pratiques à partir de ces informations et d'un peu d'intuition. Aucune démarche, dans le domaine de la spiritualité, n'est mauvaise tant que vos intentions sont bonnes.

Mais quels sont-ils ces fameux domaines ? C'est là le point fort de cet almanach, ils sont aussi variés qu'importants. L'auteur aborde en effet les animaux de pouvoir, les arts divinatoires, les cristaux, les créatures légendaires, différents folklores, les phases de la Lune, les mythologies celtique, égyptienne, nordique, les outils liés aux rituels et à la pratique magique, certains rituels, la roue de l'année, les runes, les végétaux, les chakras, les signes astrologiques ou encore divers symboles. Pour chaque sujet, selon sa nature, vous trouverez une description succincte ou plus élaborée. En général, les informations sont relativement embryonnaires mais permettent tout de même de cerner l'idée générale, d'autant qu'elles sont parfois accompagnées de correspondances (couleur, astre, élément, genre...). Certaines pages sont plus denses que d'autres, mais il s'agit surtout de se laisser bercer par les découvertes et l'atmosphère de chaque jour. Ajoutons que des espaces sont souvent réservés aux expériences et observations personnelles, dans le cas où vous voudriez prendre des notes. 
Autant dire que tout cela est vaste et propre à ouvrir vos horizons.

Bien entendu, il n'y a rien ici qui puisse se "prouver" avec des outils propres à la physique. Nous sommes dans un autre domaine, celui du divin et de la magie, de la spiritualité et de la métaphysique. Chacun peut donc y puiser ce qui lui semble nécessaire et agréable. 
Quant aux pratiques païennes, elles doivent être considérées comme un complément aux outils physiques à votre disposition. Elles ne dispensent pas de la médecine ou de la science en règle générale. Elles complètent ces domaines. Et vous complètent vous. Si vous avez un rhume ou que vous souffrez d'une fracture du tibia, un médecin sera plus utile qu'une pierre ou une rune. Il faudrait être stupide pour ne pas s'en rendre compte. Le danger vient toujours des individus qui ne savent pas utiliser sereinement et intelligemment un savoir, non de la pratique païenne elle-même. Vous êtes adulte, vous êtes donc pleinement responsable de vos choix, qu'ils soient bons ou complètement cons. Si vous avez un pneu crevé, la magie ne vous le changera pas. Pas plus que le scientisme d'ailleurs. Il va falloir agir, dépenser de l'énergie, de manière sensée, en effectuant des tâches hiérarchisées par le simple bon sens. N'allez pas à la magie ou aux rituels païens par facilité ou fainéantise, il ne s'agit pas d'une rustine sur vos faiblesses mais d'un plus dans la vie d'une personne saine et équilibrée. 

Bref, un ouvrage au charme certain, ouvrant sur des mondes infinis et merveilleux. 
Encore faut-il qu'il vous convienne et vous "parle". 







Spiritualité, scientisme et magie
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Avant une petite news "Écho" de Virgul portant sur un tarot divinatoire, il m'a semblé intéressant de définir quelques termes et d'effectuer un "état des lieux" de ma propre réflexion sur le vaste et passionnant domaine de la spiritualité, histoire d'être clair avec nos lecteurs et de ne pas les embarquer dans du sensationnel ou du paranormal de bazar. Une spiritualité que certains redécouvrent aujourd’hui au travers de « religions » new age et autres pratiques teintées de traditions fragmentaires et de rituels mal compris. Il faut dire que notre civilisation, aussi avancée pense-t-on qu’elle soit (au moins sur le plan technologique), est clairement en retard sur le plan spirituel. À cause essentiellement de deux doctrines très différentes mais également néfastes.

La première calamité qui s’est abattue sur la société occidentale est l’avènement de la religion monothéiste. Il est même étonnant qu’un tel dogme ait connu un aussi grand succès tant il s’agit là d’une philosophie des « perdants », des pleurnicheurs et des masochistes. « Les derniers seront les premiers », « bienheureux les pauvres en esprit » et autres « pauvreté évangélique » ont installé durablement dans l’esprit des gens que la piété et l’élévation spirituelle passaient par une auto-flagellation constante et la contemplation de rites sinistres et déprimants. Oublié le culte sain et serein de la nature, relégués aux oubliettes les anciens dieux qui ne condamnaient pas d’office, effacées les joies des rituels passés qui permettaient à l’individu de s’unir au sacré sans le craindre.
Bien entendu, le dogme chrétien a perdu une grande partie de son influence de nos jours, mais il a été remplacé par une autre religion monothéiste, tout aussi excluante et exigeante : le scientisme. 

Attention, le scientisme n’est pas la science. Ni les scientifiques. Certains scientifiques ne sont pas scientistes, et beaucoup de scientistes ne sont nullement des scientifiques. La science est nécessaire et parfaitement efficace en son domaine (et nous l'avons d'ailleurs déjà abordée, pour tenter d'en vulgariser certains pans, ici même). Par contre, le scientisme, qui est la déification de cette même science, venant décerner des points de vertu dans des territoires qui ne sont pas les siens, est une dérive dangereuse. Tout ne se résume pas à des équations et des phénomènes reproductibles. Et l’être humain ne peut se décrire, et décrire son monde, en fonction du seul assemblage de ses molécules. Or, depuis le déclin de la religion chrétienne, le scientisme a pris la relève, remplaçant un dogme masochiste par un dogme nihiliste guère plus enthousiasmant. La représentation rigoriste du monde a été remplacée par une « vérité » très partielle et tout aussi austère, dégageant dans le même mouvement développement spirituel, panthéons, magie, paranormal et autres sujets tabous de la sphère, de plus en plus réduite, de la bienséance intellectuelle. 

Et pourtant, c’est une approche tentante, il faut l’admettre. Pourquoi ? Parce qu’étant terne et désenchantée, elle paraît plus « vraie ». Et lorsque l’on baigne dans une telle culture depuis son plus jeune âge, il est difficile, voire pour certains impossible, de s’en extraire pour ne serait-ce que l’évaluer sereinement. Par son pragmatisme désespéré, le scientisme a permis le développement et le règne d’une société inique, absurde, ivre de sa technologie mais insoucieuse de sa propre perdition. Un exemple ? Notre modèle économique actuel, qui n’est jamais remis en cause par aucun responsable politique (en tout cas, aucune action concrète n’est engagée pour le modifier), se base sur une croissance infinie et exponentielle. Ce qui semble bien entendu ahurissant. Comment augmenter « tout, tout le temps » dans un monde fini aux ressources limitées ? Eh bien, le grand tour de passe-passe de cette théorie, c’est le… progrès technologique, ce frère attardé de la science (même s’il la précède parfois). Cette théorie délirante et destructrice, qui empoisonne notre monde (au sens propre), n’est basée sur rien d’autre que la foi en ce dieu « science » qui viendra nous sauver lorsque nous aurons fini de dévaster notre unique habitat. L’on peut détruire les forêts, détraquer le climat, remplir de plastique les océans, épuiser les sols et saturer l’air de polluants, il y aura certainement une avancée scientifique qui viendra nous sauver d’un coup de baguette magique. Du moins, c’est ce que pensent les économistes (qui ne connaissent rien de la science) et une grande partie de la population (qui ne la connaît pas plus mais lui accorde une foi inébranlable et fanatique).
Il ne serait pas plus intelligent de ravager notre monde tout en pensant qu’un dieu quelconque va venir nous sauver la mise in extremis. Les dieux ont leurs limites, la science aussi. 

Tout en installant ce genre d’idées criminogènes dans l’esprit de la populace, le scientisme s’est mis, comme toute religion, à régenter la vie intime des gens. Et quoi de plus intime que votre vie spirituelle ? Il est une nouvelle mode à l’heure actuelle, celle de la zététique. Moi-même, j’ai un temps suivi cette piste, que je trouvais intéressante. Et tout n’est pas à jeter dans l’art du doute, notamment lorsqu’il s’agit de confondre un escroc ou une pratique dangereuse. Mais là encore, appuyée par le scientisme dont elle est l’émanation directe, la zététique se permet de donner des leçons dans des domaines qui lui échappent de par leur nature même. L’on peut par exemple citer l’idée zététique consistant à mettre au défi quiconque de prouver l’existence de phénomènes paranormaux par des moyens scientifiques. Ce qui est parfaitement stupide. Je ne dis pas que les phénomènes paranormaux existent, simplement, si c’est le cas, il est évident que les outils scientifiques ne peuvent s’y appliquer. Cela reviendrait à demander à un ami, qui vient de vous annoncer qu’il est éperdument amoureux d’une jeune femme, de vous le prouver à l’aide d’une caisse à outils. L’on ne peut prouver l’existence de la magie par des méthodes scientifiques. Tout comme l’on ne peut prouver que le personnage imaginaire cité plus haut est amoureux. Est-ce pour autant que la magie et le sentiment amoureux n’existent pas ?
Là encore, il faut bien s’entendre sur ce que recouvre le terme « magie ».
Si vous pensez à des sorts spectaculaires, avec projection de boules de feu et autres éclairs qui sortent des doigts, vous pouvez vous épargner de futiles recherches, cette magie-là, effectivement, n’existe pas. 

La plupart des ouvrages traitant de magie la définissent comme l’expression d’une volonté permettant une modification du réel qui n’aurait pas eu lieu naturellement. Bien des domaines faisant intrinsèquement partie de la technique magique ont d’ailleurs une efficacité reconnue, que ce soit l’autosuggestion, la visualisation, la méditation, l’hypnose, etc. Mais la magie ne se limite pas à cela. En réalité, le fait de la segmenter en des domaines distincts et appauvris est là encore un effet du scientisme, qui ne peut admettre rituels et sorts qu’en les réduisant à une somme d’éléments étudiables scientifiquement. C’est un peu comme si vous préconisiez une autopsie pour savoir ce qu’est la vie. En ouvrant le cobaye pour regarder à l’intérieur, vous l’avez tué. Vous n’étudiez plus la vie mais un cadavre. Découper la magie en sous-domaines (qui ne sont même pas essentiels), c’est oublier, méconnaître ou mépriser ce qui fait son cœur et son efficacité.

Un scientiste vous expliquera vos sentiments par la libération d’endorphines et un savant jeu de réactions chimiques à l’intérieur de votre cerveau. Et, sur le strict plan scientifique, il n’a pas tort. Mais pensez-vous réellement que l’important, pour un être humain qui éprouve de l’amour, de la haine, de la joie ou de la peur, c’est de savoir qu’il s’agit d’une réaction explicable scientifiquement et réductible à de la chimie ? C’est absurde, sans la spiritualité, sans la métaphysique, sans les croyances intimes, la vie intérieure et le développement personnel (voire civilisationnel), l’Homme ne serait qu’un robot organique dénué d’aspirations. Or, c’est l’aspiration qui fait l’Homme.
Prenez n'importe quel livre, si l'on en fait une description scientiste, c'est une certaine quantité de papier et une certaine quantité d'encre. Mais est-ce que quelqu'un de sensé se risquerait à décrire un roman d'une telle manière ? Évidemment non. Ce n'est pas parce qu'une description n'est pas fausse qu'elle est juste. 

Bien sûr il ne s’agit pas d’abandonner rationalité et pragmatisme. Tout comme l’on ne peut être perpétuellement dans le matérialisme, l’on ne peut être à chaque instant dans le spiritualisme. Il s’agit de trouver un équilibre permettant de se construire, de se protéger des effets néfastes de la société tout en en faisant partie et en profitant de ses avantages.
Que vaudrait réellement une vie basée uniquement sur la réussite matérielle et la compréhension froide et technique de l’agencement des atomes ? La plupart des systèmes philosophiques, à travers le monde et les époques, proposent un cheminement conduisant à cet indispensable éveil spirituel, à l’harmonie avec l’univers, à la réalisation profonde de l’individu, devenu plus que lui-même. C’est le cas des budo japonais et de leur satori, c’est le cas du bouddhisme et de son nirvana, c’est même le cas de l’alchimie (qui est loin d’être une pseudo-science) dont le but ultime est la transformation (au sens spirituel) de l’alchimiste lui-même.

Le scientisme n’est pas une fatalité, sa vision morne et dénuée de sens du monde non plus. Le scientisme, qui répétons-le est une vision pervertie de la science, ne peut remplacer une nécessaire quête spirituelle. Nous avons besoin, pour nous réaliser pleinement, de réenchanter le monde, de nous reconnecter avec la tradition passée et les pratiques ésotériques.
Le scientisme condamne ce genre de pratiques parce que la science ne peut les cerner et échouera toujours à le faire, tout comme un tournevis serait inutile pour décortiquer un sentiment. Et il ne s’agit pas d’une question de progrès mais de nature. La science ne peut par exemple expliquer la présence de l’univers parce que dans sa logique terre-à-terre, tout effet à besoin d’une cause. Ce que l’on comprend bien instinctivement d’ailleurs. Aussi, quelle que soit l’explication à la présence de cet univers, que ce soit un univers présent « de tout temps », une origine mathématique du Big Bang, une percussion de branes dans un multivers ou même un ou des dieux, rien ne sera satisfaisant d’un point de vue scientifique car l’on finira par aboutir soit à une nouvelle question insoluble, soit à un effet qui sera sa propre cause, ce que n’admet pas la science. La science s’arrête donc où commence le questionnement véritable, alors que l’on passe de la physique à la métaphysique. Le scientisme, lui, interdit ce basculement. Et force est de reconnaître que l’habitude, la pression sociale, les railleries, la fainéantise et le conformisme rendent difficile toute exploration spirituelle qui paraît aujourd’hui, à l’aune du scientisme, au minimum farfelue alors qu’elle est essentielle et naturelle.

Les scientistes ont un réflexe sectaire et conservateur tiré directement du milieu scientifique, qui n’est nullement ouvert et bienveillant, contrairement à l’idée que s’en fait le grand public. Toute idée nouvelle, tout progrès audacieux dans un domaine est toujours systématiquement nié et raillé en premier lieu par les scientifiques. Le nom du Big Bang, pourtant reconnu comme la base du modèle physique actuel, provient d’une moquerie d’un scientifique anglais qui ricanait bêtement en réfutant l’idée que l’univers puisse commencer dans un « gros boum ». Les scientifiques, il y a encore quelques décennies, niaient la possibilité de l’existence d’autres galaxies. Ne parlons même pas de la vie extraterrestre, dont l’existence est aujourd’hui considérée comme probable sinon certaine alors qu’elle donnait lieu à une mise au ban de la société scientifique il n’y a pas si longtemps. Et ce sont bien des scientifiques qui ont déclaré que faire voler des objets plus lourds que l’air était impossible. La science passe son temps à se tromper et le scientisme ne cesse pourtant de lui accorder une confiance absolue et de bannir des domaines entiers, des recherches, des idées, sous prétexte qu’ils sont considérés comme « impossibles » ou peu sérieux. Mais selon la logique scientifique (qui a son utilité à échelle humaine et dans le domaine physique), l’existence même de l’univers est impossible. Or, il est là…

Encore une fois, il faut le rappeler, il n’est pas question de conspuer la science et les scientifiques mais bien de critiquer le scientisme, doctrine vénérant une science imparfaite qui n'est qu'un outil. Ce scientisme prive l’humanité de sa spiritualité. L’on avance mieux et plus vite avec deux jambes qu’en sautillant sur une seule. La magie ne s’oppose pas à la science, elle la complète. Sans elle, le monde est inachevé et incohérent. Et dans la longue quête spirituelle de tout homme, en route vers sa propre réalisation, la magie et le divin demeurent des bâtons de marche essentiels.

Le scientisme, en désenchantant le monde, en recouvrant la métaphysique de railleries et d’équations, en imposant au monde une inertie coupable faite d’habitudes grotesques et de fausses certitudes, a enfoui sous d’immenses strates d’explications fallacieuses et rapides les connaissances naturelles de l’Homme et sa capacité à ressentir et manipuler la magie.
Prenons un autre exemple. Je ne suis pas versé dans l’astrologie, et je suis même persuadé que la majorité des gens qui la pratiquent sont des charlatans. Ceci étant dit, il s’agit d’un support comme un autre, il n’est pas « faux » ou « inutile » s’il résonne dans l’esprit de celui qui l’utilise avec honnêteté et noblesse. J’ai vu il y a encore peu de temps un scientiste expliquer que l’astrologie était sans fondement parce que l’attraction des astres qui sont pris en compte était négligeable à de telles distances. Bien entendu, mais il ne s’agit pas d’effets physiques, ce sont juste des symboles. Encore une fois, inutile de sortir l’équerre ou le compas, ces outils ne s’appliquent pas dans ce domaine. 

Personnellement, j’utilise des runes pour diverses pratiques. Est-ce que je pense pour autant que les runes elles-mêmes ont un pouvoir ? Non. Ce sont des symboles, ils font partie d’un tout, d’une culture, d’une pratique. Les runes n’ont de sens, et n’acquièrent du pouvoir, que dans un cadre précis, quand elles sont manipulées par des gens qui les ont étudiées, sans a priori, et ont pris le temps de se concentrer, de visualiser leur demande, de se mettre dans un état d’esprit particulier. Sont-elles efficaces ? Absolument. Une analyse scientifique permettra-t-elle de le prouver ? Certainement pas, c’est impossible, tout comme il est impossible de démontrer, à l’aide d’un compteur Geiger, que vous éprouvez de la joie. 

Si vous ne croyez pas à la magie, c’est bien dommage, car vous vous privez d’une ressource naturelle précieuse, mais c’est votre droit. Certains sont plus versés dans la physique que la métaphysique et se sentent peu à l’aise dans ce qui demande une approche plus instinctive et spirituelle. Mais ne pas apprécier un domaine et ne pas admettre qu’il existe sont deux choses différentes. Si vous réfutez l’existence de la magie parce que vous faites inconsciemment ou non confiance au scientisme actuel, c’est une erreur. Une erreur d’autant plus étrange que les scientistes n’ont aucun mal, en physique quantique par exemple, à reconnaître l’aspect magique de l’univers (même s’ils répugnent à appeler ça comme ça). La position d’une particule dépend par exemple du fait que l’on cherche ou non à connaître cette même position. C’est l’observateur, en quelque sorte, qui « force » la particule à se situer dans l’espace. C’est parfaitement contre-intuitif et même délirant selon la logique humaine, pourtant, cela ne pose aucun problème aux scientistes. Par contre, il leur est impossible d’admettre qu’un même observateur puisse avoir également, à l’aide de rituels, une influence sur des événements macroscopiques. Cela ne semble pourtant pas si délirant en comparaison des mystères et des merveilles de l’univers. 

Bien entendu, il faut insister sur le fait que la magie a ses limites, ses règles, ses nuances. Il est impossible de trouver les bons numéros du loto à l’aide de la magie, mais il est tout aussi impossible de les deviner à l’aide de la science. L’existence de limites ne prouve en rien la non-existence d’un domaine.
Il convient également de préciser que, dans le domaine de la spiritualité et de la métaphysique, le prosélytisme n’a aucun sens. La démarche est forcément personnelle. Mieux, la magie et le divin relèvent de l’intime, il n’est pas naturel d’en parler à tout bout de champ avec le premier venu. Là, il ne s’agit plus de pression sociale mais de simple bon sens. Votre rapport aux dieux et aux forces naturelles vous regarde, il peut être inexistant ou au contraire être très présent dans votre vie, mais il s’agit avant tout d’une démarche intérieure. Rien n’interdit d’en parler avec des gens bienveillants et ouverts, mais même dans ce cas, il s’agira de généralités et non de votre pratique personnelle. Tout cela pour dire que je ne défends aucune « école » de pensée, encore moins une pratique codifiée et régentée par une quelconque « autorité ». Même si l’on peut s’inspirer de certains ouvrages, chacun construit son propre domaine spirituel, « sur mesure » et unique. Cet état d’esprit se retrouve notamment dans la wicca, en tout cas lorsqu’elle est correctement présentée (je conseille cet ouvrage notamment). Quoi que vous fassiez (on parle bien ici des actions liées au domaine spirituel hein, pas de frapper votre voisin ou rouler à 200 km/h en ville), à partir du moment où vous êtes animé de bonnes intentions, c’est permis. Si c’est ce que vous « sentez » et ressentez, si ça « marche » pour vous, alors c’est ce qu’il convient de faire (que l’on parle de rituels, du choix de l’appellation d’un « principe » supérieur ou d’une simple communion avec la nature).

Dans ma conception du domaine métaphysique, la magie est une partie de la spiritualité. Il n’est pas nécessaire de l’utiliser, c’est en quelque sorte l’outil qui va avec ce domaine, qui fonctionne dans la réalité non physique. Un rituel n’est pas forcément magique, dans le sens où votre but n’est pas de modifier la réalité (il s’agit alors de s’unir aux dieux et à la nature, de simplement se détendre et se sentir bien, etc.), mais il peut l’être.
Mais du coup, qu’est-ce que la magie véritable et quelles sont ses limites ?
Difficile de répondre de manière exhaustive à ces questions, mais il est néanmoins nécessaire d’éclaircir un peu le sujet.
Encore une fois, il faut bien comprendre que la magie n’est pas spectaculaire. C’est un ensemble de techniques qui ont été peu à peu segmentées et rationalisées pour en extirper le côté spirituel et ne conserver que ce qui permet de mettre en lumière une trace physique d’efficacité. Mais, se priver de la métaphysique, donc du spirituel, n’a rien d’une idée de génie. Encore une fois, ça limite l’être humain à un assemblage d’atomes, ce qu’il est, mais il n’est clairement pas que ça.

Un rituel magique demande un minimum de préparation. Je ne vais volontairement pas rentrer dans les détails, mais vous allez choisir un moment où vous êtes certains d’être tranquille, vous allez aménager un autel, effectuer quelques gestes de purification, mettre éventuellement une musique d’ambiance, vous concentrer, visualiser votre objectif, contrôler votre respiration, prononcer certains mots. Tout cela en mélangeant des éléments vus, lus, appris, expérimentés, modifiés, pour aboutir à une pratique personnelle et unique. Le simple fait de vous lancer dans un tel rituel a déjà des effets physiques multiples. Vous modifiez votre rythme cardiaque, votre tension, votre respiration, votre activité mentale. Vous prenez également le temps de vous concentrer sur un sujet, un but, et de le visualiser. Il ne s’agit pas, comme dans certains films, d’agiter une baguette magique pour obtenir instantanément un effet, mais de commencer à pousser les choses dans le bon sens et à se mettre dans le bon état d’esprit.

Je rappelle que la magie ne peut pas s’expliquer par la seule addition de domaines physiques (comme la méditation, l’hypnose, etc.), mais l’on va tout de même procéder ainsi pour prendre un exemple quelque peu terre-à-terre. Imaginons que votre rituel visait à obtenir une somme d’argent dont vous avez besoin ou à séduire une personne dont vous êtes amoureux. Vous y avez réfléchi, consacré du temps, vous avez même conçu tout un cérémonial pour atteindre votre objectif. Vous vous êtes mis dans un état d’esprit très particulier. Cela peut ne serait-ce qu’augmenter votre confiance en vous et vous inciter à aborder la personne qui vous intéresse ou vous pouvez passer devant un bureau de presse et décider de jouer au loto. Attention, il est important de bien comprendre que la magie ne peut être efficace si l’on n’est pas soi-même actif. C’est la même chose pour la science. Un marteau, c’est très utile pour planter des clous, mais si vous ne lui insufflez pas une impulsion, le marteau ne va rien faire seul. Dans ce cas précis, c’est le rituel qui vous a marqué suffisamment pour modifier votre état d’esprit, soit en vous donnant un regain de courage soit en vous faisant remarquer un détail que vous n’auriez pas forcément noté. Cet exemple est forcément limité et simpliste, mais cela permet d’aborder la complexité du domaine et ses effets « mesurables » (bien qu’il soit impossible de les mesurer réellement, de par leur nature). Surtout, cela ne décrit en rien la magie dans son ensemble, encore moins son impact. 

La plupart des gens ne croient pas en la magie parce qu’ils imaginent une magie de fiction. Et parce qu’ils ignorent que cela demande du travail. Et le travail n’est jamais populaire. On préfèrera toujours un « raccourci » (même bancal) plutôt qu’un investissement payant mais exigeant. Et, j’en suis persuadé, la plupart des gens ont abandonné les Anciens Dieux parce qu’ils ne comprennent pas leur véritable nature. Il s’agit de symboles, de forces naturelles sur lesquelles l’on met un nom, parce qu’il faut bien les désigner, mais qui nous dépassent. Or, le fait que ces forces soient hors de notre champ de compréhension ne signifie pas qu’elles n’existent pas. Ou que l’on ne puisse pas établir, même partiellement, une connexion avec elles. L’existence de l’univers est et restera hors de notre champ de compréhension, or il existe et nous interagissons, même faiblement, avec lui.

Voilà pour cette (trop) longue mais nécessaire « mise au point ». À ce stade, si je vous ai perdu, c’est que je m’y suis mal pris ou que ce domaine ne vous intéresse pas. Mais si j’ai éveillé votre intérêt, j’espère pouvoir aller un peu plus loin lorsque j’en viendrai à aborder certains livres passionnants, qui demandent néanmoins un peu d’informations pour les aborder sereinement et efficacement. 
À bientôt !


La Wicca : un choc spirituel
Par



Nous nous penchons aujourd’hui sur un ouvrage très particulier, qui touche à la spiritualité, à la métaphysique et même à la magie : La Wicca de Scott Cunningham.

La plupart des gens ne connaissent probablement pas du tout ce qui se cache sous le terme Wicca, ou en ont une vision sans doute quelque peu déformée. Il faut dire que cette pratique véhicule pas mal d’idées reçues et peut même parfois générer quelques crispations. Commençons tout de suite par évacuer un terme qui me gêne. Bien que la Wicca soit considérée comme une religion, je préfère le terme, plus correct à mon sens, de Voie. 
En effet, la religion est en général un système se plaçant entre l'humain et le divin. Système qui édicte des règles (très humaines), des interdits, des pratiques, etc. Personnellement, je ne vois pas pourquoi il faudrait un intermédiaire entre un être humain et un principe supérieur, peu importe le nom qu’on lui donne. Et d’ailleurs, la Wicca, telle qu’elle est présentée par Cunningham (car il existe bien des formes, certaines plus secrètes et figées que d’autres), n’impose rien et repose sur l’individualisme et les inclinations personnelles.

Mais voyons déjà les principes de base. Un Wiccan est une personne qui tend vers l’harmonie avec la nature. Il ou elle reconnaît l’énergie divine qui imprègne les animaux, les plantes, les pierres, l’eau, bref, tout. Cette force est incarnée par le Dieu et la Déesse, qui symbolisent la dualité présente en toute chose. Ainsi, la Déesse et le Dieu sont à la fois lumineux et sombres, tout comme la nature, qui peut rafraîchir grâce à une agréable brise, ou ravager à l’aide d’un ouragan (ce qui rejoint les principes asiatiques du Yin et du Yang). Cela se retrouve aussi d’ailleurs dans l’être humain, capable du pire comme du meilleur et bien souvent balloté par des sentiments puissants et contraires.

Le principe de cycle est également important dans la Wicca, la mort n’étant qu’une étape vers la renaissance, symbolique ou physique. En effet, la Wicca intègre le principe de réincarnation (mais ne l’impose pas pour autant en tant que dogme à ses adeptes, à chacun de faire des recherches, de "sentir" ou non cet aspect).
Si bien des Wiccans sont réunis en covens, cela n’est nullement nécessaire, de nombreux Wiccans pratiquant seuls. Mais quelle est-elle exactement, cette pratique ?

Eh bien, il s’agit essentiellement de rituels. Parfois de magie (je me doute que c’est cette partie qui vous intéresse, mais il faut bien comprendre que la Wicca est un art de vivre, une philosophie, pas un manuel pour jeter des sorts).
Il existe des rituels de tout type, des rituels dansés, chantés, psalmodiés ou même silencieux. Des rituels dans la nature ou chez soi. Nu ou habillé. L’important, c’est d’être à l’aise, de communier avec la Déesse et le Dieu et d’avoir une pratique positive et bienveillante.

Si ce livre m’a autant emballé, c’est pour plusieurs raisons. D’une part, j’aime beaucoup le principe de liberté et d’initiative individuelle qu’il défend. En gros, Cunningham donne des exemples d’autels à dresser, de tenues, de rituels, d’objets à utiliser, mais en terminant toujours par un "si vous préférez autre chose, c’est à vous de voir". La Wicca, en tout cas cette forme de Wicca, est donc très souple et convient parfaitement à quelqu’un qui n’a pas trop envie de s’enfermer dans des dogmes conçus par d’autres. Même les noms du Dieu et de la Déesse peuvent changer et parfaitement cohabiter avec divers panthéons. En fait, à partir du moment où l’intention est bonne, le geste, le mot ou l’objet le sont aussi. 
D’autre part, je connaissais déjà et utilisais bien des techniques employées ici, que ce soit la méditation, le travail sur la respiration, la visualisation, etc. Je sais donc l’efficacité de ces techniques, pour peu que l’on n’en attende pas quelque chose d’extravagant. 
Enfin, Cunningham, loin de nous livrer une version "clé en main" de cette si mystérieuse et enivrante Voie, conseille de lire d’autres ouvrages que le sien, de s’informer, d’aller puiser ici et là, d'expérimenter, de retenir ce qui nous convient, bref, d’être actif, vigilant et auteur du système que l’on construit autour de notre spiritualité.

Un petit mot sur la sorcellerie associée à la Wicca. Tout d’abord, il s’agit de magie blanche. Personne ne devrait se risquer à vous lancer un mauvais sort, ne serait-ce qu’à cause de la loi du triple retour (ce qui est fait, en bien ou en mal, te revient par trois fois). Ensuite, il faut bien comprendre qu’il ne s’agit pas d’une magie à la Harry Potter. Si vous demandez à un Wiccan de changer une banane en poire, il n’y parviendra pas. Mais si vraiment vous voulez une poire, il pourra certainement vous en dénicher une. Le but de la magie doit donc demeurer raisonnable (et important). Pour faire simple (et pour avoir déjà étudié un peu la magie blanche par le passé), c’est une manière de mettre les choses en marche, d’activer les bonnes énergies, de se mettre aussi dans le bon état d’esprit. 
Mais cela reste une partie seulement de la Wicca. Qui d'ailleurs ne doit nullement vous dispenser de travail, de réflexion, d'investissement et d'initiative. Les Wiccans sont les artisans de leurs réussites, ils ne remettent pas leur destin entre les mains d'entités, fussent-elles vénérées. 

Ainsi, ce qui a commencé presque comme une blague (j’avais un réel intérêt intellectuel pour la Wicca, mais je conservais un certain recul sur le folklore dont je la croyais imprégnée) m’a littéralement interloqué et bouleversé. Car, instinctivement, j’appliquais déjà dans ma vie bien des principes expliqués ici, quant au reste, à ce que j’ai découvert, j’ai l’impression que c’était là, depuis toujours, devant mon nez, et qu’un vieil ami, du fond de son tombeau, vient de lever le voile de brume qui me masquait la vue pour que je puisse enfin trouver ce fameux chemin, que j’ai tant cherché.
Pour donner un exemple concret, alors que je lisais ce livre, j’ai voulu tenter, très respectueusement, un petit rituel. Quelque chose de simple et improvisé. Une première approche disons. Après quelques minutes de recueillement et de concentration, j’ai levé les mains vers le ciel en effectuant deux gestes symboliques, représentant le Dieu et la Déesse. Aussitôt (mais je savais en mon for intérieur que ce serait une expérience positive), j’ai ressenti une puissance extraordinaire m’envahir, une force à la fois fantastique et d’une bienveillance phénoménale. Sans doute ce que les mystiques appelleraient une révélation, cette espèce d’amour divin décrit avec tant de ferveur et que je pensais issu de l’imagination de certains illuminés. Je sais ce que certains vont m’objecter : c’est toi qui a généré ça. Eh bien… oui. C’est moi. Car cette force, que l’on retrouve dans les arbres, les torrents, les nuages, ou le regard d’un loup, elle est aussi en nous. Je ne me suis agenouillé devant rien, je n’ai abdiqué nulle raison, j’ai juste fait en sorte de me mettre dans les bonnes dispositions. Je ne savais pas ce qui allait arriver, si j’allais juste éclater de rire, être déçu ou ressentir un chatouillement derrière l’oreille. Or, ce qui est arrivé, ce sentiment que j’ai ressenti, était si pur, si intense, si merveilleux, que j'ai instantanément su que j’allais pratiquer à l’avenir d’autres rituels, m’intéresser à cette pratique, tenter de communier encore plus avec la nature et, pourquoi pas, devenir meilleur.
Bon, je ne vais pas rentrer dans un monastère hein, maintenant, je vais juste faire des câlins aux arbres… c’est une blague, c’est plus compliqué que ça, évidemment, mais notre vie spirituelle n’exclut en rien le monde physique. Ou l’humour.

Aucune volonté de prosélytisme bien entendu de ma part, je n’ai rien à vendre. Je souhaitais néanmoins être honnête et dire à quel point ce livre m’avait touché et impacté. Mais sans doute qu’il est arrivé au bon moment, alors que j’avais déjà effectué un cheminement personnel essentiel. J'ai ainsi pu, non me couler dans un moule, mais prendre les éléments dont j'avais besoin, les adapter, et laisser le reste. Et je ne suis qu’au début de cette palpitante aventure spirituelle. 
Je ne peux donc que conseiller cet ouvrage, mais il n’est en rien un passage obligé vers l’accomplissement personnel et la paix de l’esprit. C’est une voie, parmi des milliers. Et c’est bien la manière dont vous l’arpenterez qui la rendra sombre ou lumineuse.



+ Les points positifs - Les points négatifs
  • Une approche didactique, intelligente et très souple.
  • Propice à l'introspection.
  • Énormément de conseils pratiques.
  • Bienveillant et positif.
  • Il s'agit bien entendu d'un guide, voire d'un manuel pratique, non d'un roman, ce qui n'intéressera pas forcément tout le monde.