Batman Beyond
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Sortie du premier tome de Batman Beyond chez Urban Comics. Tout de suite, le point sur le Dark Knight du futur.

Quelques explications s'imposent concernant ce Batman qui n'est en réalité par Bruce Wayne mais le jeune Terry McGinnis. Les comics Batman Beyond sont en fait tirés de la série animée de 1999, diffusée en France sous le titre Batman, la relève.
Ce premier tome ne constitue pourtant pas le début de l'histoire puisqu'il existe deux séries précédentes (Batman Beyond vol. 1 et 2) qui reprenaient l'ambiance et une partie de la trame du dessin animé. Les Batman Beyond vol. 3 et 4, présents ici, se situent, eux, après le long-métrage Le Retour du Joker. Enfin, les Batman Beyond vol. 5 et 6 seront publiés par Urban Comics dans les deux prochains tomes de la collection DC Beyond.

Tout cela veut donc dire que, bien que l'on découvre un nouveau Batman et que ce soit le "numéro #1" d'une nouvelle série, on n'assiste pas aux réels débuts de McGinnis. Lorsque l'histoire commence, il est déjà Batman et officie sous les ordres d'un Bruce Wayne vieillissant et passablement ronchon.


Le récit se déroule vers la fin des années 2050 et le début de la décennie suivante. Wayne a raccroché les gants après avoir été blessé et, surtout, après avoir été obligé de faire usage d'une arme. Terry McGinnis a découvert par hasard l'identité secrète de Batman et a depuis pris la relève dans une Neo-Gotham infestée par les criminels en tout genre, et notamment par des gangs de Jokerz.
Tout cela est heureusement expliqué en début d'ouvrage grâce à une frise chronologique, un texte portant sur la série animée et, surtout, un topo sur tous les personnages principaux. Ainsi, même si vous découvrez cette version du personnage, vous ne partez pas dans le flou complet.

On débute par un annual Superman/Batman qui voit Terry obligé d'aller effectuer une mission à Metropolis, sous la coupe de Lex Luthor. Ce dernier a en effet, pour se débarrasser de Superman, répandu dans les rues une nouvelle drogue à base de kryptonite. Tous les habitants en ayant consommé servent donc de "répulsif naturel" contre ce pauvre Supes, souffrant en plus de la perte de sa bien-aimée.
Les autres arcs racontent le retour de Silence (cf. cet article), l'apparition du nouveau Maître de la Matière, ou encore la tentative de déstabilisation de la société de Wayne par l'un de ses anciens ennemis.


Beaucoup d'action dans ces épisodes, une touche d'humour et, surtout, une "parkerisation" très nette du personnage principal. En effet, Terry, nouveau Batman plus effilé et au look plus épuré, fait penser par certains côtés à l'alter ego de Spider-Man dans ses jeunes années (ou à la version Ultimate), notamment à cause d'une vie privée chaotique subissant les aléas de ses activités super-héroïques. Sa relation avec sa petite amie Dana souffre par exemple énormément de ses absences répétées. Et puis, le jeune homme ne manque pas d'humour, contrairement à son prédécesseur, peu porté sur la vanne.

Le cadre est plutôt sympathique lui aussi, même si l'on aurait aimé que cette nouvelle Gotham et les technologies du futur soient plus détaillées. Superman est présent dans l'annual, avec un nouveau costume et beaucoup de vague à l'âme. L'on peut également découvrir une Justice League rajeunie, composée de Green Lantern, Aquagirl, Barda, Micron et Warhawk. On a droit également à une nouvelle Catwoman, au pouvoir étonnant mais finalement assez logique.
Niveau ennemis, on évite de tomber forcément dans le classique ou le déjà-vu. On peut noter par exemple l'intrigante organisation Undercloud, sorte d'Anonymous du futur, et surtout Inque, une adversaire au passé dramatique, très loin des clichés manichéens et simplistes.


Le scénario, de Paul Levitz et Adam Beechen, se révèle plutôt habile, plus sombre que le dessin animé, et même relativement innovant par certains côtés.
Les dessins, réalisés par Ryan Benjamin, Renato Guedes, Eduardo Pansica et Chris Batista, sont franchement agréables, certaines scènes sont impressionnantes et même les planches et personnages les plus cartoony ne manquent pas de charme.

Un mot sur la VF qui, étonnamment pour du Urban, se révèle peu soignée. Plusieurs coquilles et fautes (dont la sempiternelle confusion entre futur et conditionnel présent) sont présentes. Certaines font vraiment mal aux yeux ("si je le laissait"). Quelques constructions de phrases laissent également à désirer ("demande d'accès demandé", ce n'est tout de même pas très heureux). On a même quelques accentuations (cette façon de mettre en gras certains mots) un peu étranges. Par exemple, dans "nous ferons ce que tu nous diras", le choix est discutable. Il aurait été plus sensé d'accentuer le "tu", voir à la rigueur "ferons". Et dans un autre cas, pour ces mêmes mots en gras, certaines lettres n'ont pas été sélectionnées.
Pris isolément, tous ces petits défauts ne sont pas dramatiques, mais leur nombre fait un peu tiquer.


Voilà donc un Batman plus jeune, au caractère radicalement différent, dans un futur riche et connecté à la continuité par bien des allusions et personnages.
La suite (Batman Beyond Unlimited, 18 épisodes, dans le tome 2, et Batman Beyond Universe, 16 épisodes, tome 3) comprendra l'arc 10 000 Clowns et permettra de retrouver également la JLA et Superman.
Une nouvelle série pourrait voir le jour par la suite, d'autant que Terry McGinnis va prendre une certaine importance dans la saga Futures End, dont la première partie débarque chez Urban dans un mois à peine.

Conseillé.



+ Les points positifs - Les points négatifs
  • Un Batman plus jeune et "parkerisé".
  • Des personnages secondaires bien campés.
  • Une touche d'humour fort bienvenue.
  • Des explications permettant de rentrer facilement dans une histoire qui ne débute pas dans ce premier tome.
  • L'aspect "vie privée" de Terry, prometteur mais insuffisamment exploité.
  • Une Neo-Gotham un peu mise de côté également malgré son gros potentiel.
  • Une VF perfectible.
Uber - Les Surhumains du Reich
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Nous partons pour l'Allemagne de 1945 avec le premier tome de Uber, sorti ce mois chez Panini.

Avril 1945. Le Reich est à l'agonie, pris entre l'avancée alliée à l'ouest et l'étau soviétique à l'est qui menace de faire tomber Berlin. Tout semble perdu.
Pourtant, l'Allemagne a encore un atout à jouer. Les wunderwaffen d'Hitler, ces fameuses armes "miracles", pourraient bien changer le cours de la guerre. Parmi elles, l'übermensch, un surhomme à la force inimaginable. Certaines versions "cuirassées" de ces panzermenschen peuvent même encaisser un tir d'obus à bout portant...
Alors que les russes subissent de plein fouet cette ultime contre-offensive, les anglais entrent dans la course au surhomme.
Quoi qu'il en soit, le cours de l'Histoire a déjà changé. Hitler ne s'est pas suicidé dans son bunker et il rêve déjà, pour venger Berlin en ruines, de raser Paris...

Voilà une nouvelle série, plutôt intéressante, que l'on doit à Kieron Gillen pour le scénario et Caanan White pour les dessins. Étonnamment, les deux auteurs ne sont pas traités de la même façon sur la cover. Si le nom de Gillen apparait en blanc, en larges lettres majuscules, celui de White est plus petit et discret. Ce genre de détail peut sembler sans importance mais cette différence de traitement est clairement assez injuste, d'autant que la notoriété supposée du scénariste ne justifie en rien un tel déséquilibre. M'enfin bon, passons.




Les épisodes rassemblés ici empruntent à la fois au genre super-héroïque, à l'Histoire et à l'espionnage. De nombreux personnages réels apparaissent dans ces planches, que ce soit Hitler, Churchill, Guderian ou Speer. D'ailleurs, à part Stéphanie, une jolie scientifique qui se révèle être en fait une espionne, aucun personnage fictif n'a beaucoup d'importance ou "d'épaisseur", la narration privilégiant largement l'aspect géopolitique - d'ailleurs très vraisemblable - aux destins individuels.
Cela pourrait donner quelque chose d'un peu froid, à l'aspect documentaire, mais en réalité le récit, aidé par des dialogues fort bien écrits et un rythme haletant, devient vite passionnant.

Le niveau de violence (probablement la cause d'une vente sous blister en plus du macaron d'avertissement) du titre est très élevé. Uber se révèle particulièrement gore, avec des scènes ne lésinant pas sur l'hémoglobine, les corps démembrés ou les morceaux de cervelle qui volent.
Vu le contexte (la guerre après tout), cela reste tout de même justifié et permet de rendre compte de l'âpreté des combats avec un certain réalisme. Ce même réalisme est renforcé par une utilisation mesurée et intelligente des surhommes. On sent que les scientifiques tâtonnent, le processus de transformation est long et les surhumains relativement limités (ils doivent notamment respecter une phase de repos après avoir utilisé leurs pouvoirs).



Le mélange entre uchronie, surnaturel et nazis n'est pas franchement nouveau (l'on peut citer Je suis Légion, le début de The Twelve voire même encore le moins sérieux Lost Squad) mais fonctionne particulièrement bien ici.
Gillen semble bien connaître son sujet et développe une histoire crédible et prenante, soutenue par des dessins qui restent agréables malgré une colorisation contrastée, manquant de nuances.
D'un point de vue un peu anecdotique, on peut signaler des erreurs grossières concernant certains termes allemands dans le texte. Difficile de savoir si c'était déjà présent en VO, mais les pluriels de ce que l'on appelle le "masculin faible" en allemand sont systématiquement ignorés. On voit donc des "les übermensch" ou "les panzermensch", alors que le pluriel correct serait "menschen". En français, c'est l'équivalent d'un "les animal" par exemple. C'est très bien d'utiliser des termes étrangers pour renforcer l'immersion, mais se renseigner un minimum sur leur emploi n'aurait pas demandé beaucoup plus de temps et aurait permis d'éviter ces maladresses.

Au niveau éditorial, l'on peut regretter aussi que les covers originales des épisodes soient uniquement présentes dans une version réduite (même pas un quart de page).

Un récit certes violent mais historiquement crédible et habilement mis en scène.
Le cliffhanger final et les pans de mystère qui entourent encore la "production" de surhumains donnent envie de découvrir la suite.




+ Les points positifs - Les points négatifs
  • Le contexte historique.
  • La dimension stratégique et politique.
  • Qualité des dialogues.
  • Une violence très présente mais justifiée.
  • Une colorisation un peu "lourdingue" parfois.
  • Des fautes d'allemand, qui changent un peu des habituelles fautes de français.
Sens Interdit
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Suite à mon article sur Goldorak, j’ai eu droit à quelques réactions épidermiques concernant le sens de lecture des manga adaptés en français. Je vais donc me fendre d’un dernier billet sur le sujet, parce que, honnêtement, je pense que même un fan acharné de la BD nippone peut comprendre l’essentiel de l’absurdité d’un tel choix.

Je tiens à commencer par préciser que, au sein de UMAC, nous n’avons pas tous la même approche concernant le sens de lecture des adaptations. Certains s’en accommodent fort bien. Peut-être parce que, étant dessinateurs, ils accordent une importance supérieure aux dessins. Ou peut-être aussi parce qu'ils n'en ont pas grand-chose à carrer en réalité. ;o)
Cependant il ne s’agit pas d’un choix ou d’un débat, mais d’une convention, de simple bon sens.

Un manga se lit, en VO, de droite à gauche tout simplement parce que c’est le sens de lecture du japonais. À partir du moment où l’on adapte une BD en français, elle doit se lire dans le sens de lecture de la langue choisie, donc de gauche à droite dans ce cas.
L’inversion volontaire du sens de lecture (que les éditeurs ont réussi, avec génie et cynisme, à faire passer pour un « respect de l’œuvre » auprès des masses) est en fait une facilité éditoriale, un moyen de faire plus vite et moins cher.

Lorsque l’on inverse les cases d’une BD, rares sont les véritables problèmes qui surviennent. Si vraiment un aspect graphique ne peut supporter cette inversion, alors c’est là que doivent intervenir un graphiste et l'indispensable travail d'adaptation. Pratique courante, même de nos jours, et même sur des comics (qui pourtant ne souffrent évidemment pas de ce problème de sens de lecture).

Inverser le sens de lecture d’une langue, pour régler un éventuel problème graphique, est complètement disproportionné. La fausse « solution » cause bien plus de problèmes qu’elle n’est censée en résoudre.
D’autant que, désorienter le lecteur, jouer sur le sens de lecture, le lettrage, est une pratique artistique efficace en BD, mais seulement lorsqu’elle est voulue par les auteurs, pas lorsqu’elle découle d’une économie de travail travestie en mode snobinarde (cette paresse éditoriale, soutenue par l'approbation hypnagogique de la masse, entraîne bien un absurde effet de mode : la publication de certaines œuvres purement européennes, comme Lanfeust Quest, dans le sens de lecture japonais).

David Mack
par exemple, dans Echo, trouble nos réflexes de lecteur et nous désoriente en tentant de rendre compte de l’handicap évident d’un personnage sourd.
Cette déstructuration est volontaire, mais si elle devient la norme, elle n’a plus aucun impact. Mieux encore. Prenons le cas où un auteur japonais tente justement de désorienter son lectorat sur quelques pages, un peu comme Mack dans l’exemple précédent, en inversant et triturant le texte : l’adaptation française se retrouvera alors dans le bon sens de lecture au moment où le lecteur doit ressentir une gêne…

Une adaptation, d’un support à un autre (roman, série TV, BD, film...) ou d’une langue à une autre, est forcément différente de l’œuvre originale, pour des questions pratiques, économiques, linguistiques, etc. On ne peut pas « respecter » une œuvre en l’adaptant. Au contraire, on la dénature forcément un peu. Par contre, on peut faire preuve de logique et opter pour ce qui « trahit » le moins la volonté de l’auteur. Or, quand un auteur japonais écrit dans le sens de lecture japonais, il ne souhaite pas désarçonner son lectorat ou utiliser un procédé spécifique. Il est donc naturel que, tout comme les expressions ou références culturelles sont adaptées dans le texte (et non seulement « traduites »), le sens de lecture le soit également.

Bien des premiers manga à avoir été adaptés en France (Akira, Dragon Ball, Gunnm…) l’étaient dans le sens de lecture occidental, ce qui n’a jamais gêné la compréhension de l’œuvre ni sa cohérence visuelle.
Mais, encore une fois, si une gêne survenait, la logique imposerait l’adaptation graphique, pas l’inversion du sens de lecture d’un livre traduit en français.
La solution qui consiste à dénaturer une BD, en faisant fi du sens de lecture de la langue imprimée (et de la logique qu’elle impose par convention), est tout sauf une solution. Cela revient à couper une jambe lorsque l’on s’est fait une entorse. C’est une stupidité sans nom.

Par contre, j’avoue que je suis vraiment admiratif des éditeurs de manga, qui en quelques années ont réussi à faire passer chez leurs lecteurs l’idée que leur manque de travail et d’implication provenait d’un respect naturel pour les œuvres qu’ils publient.
Chi, très heureux d'être publié en français dans le
sens de lecture... français. Même les chats sont
parfois plus sensés que certains humains. 
C’est un peu comme si on vous servait un poisson non vidé dans un restaurant, sous prétexte de « respecter le produit ». Le produit, quand on le respecte, on le travaille. Personne ne sera content de trouver des boyaux dans son assiette. Enfin, a priori personne si ce n'est quelques ganaches.

Milgram a parlé, lors d’expériences d’obéissance à une autorité respectée par le sujet, d’état agentique. L’individu, « simple » agent d’une autorité sur laquelle il décharge inconsciemment sa propre responsabilité, peut tout accepter. Même des violences qu’il refuserait en temps normal, même la violation du simple bon sens.
Dans le cas de ces lecteurs, pressés de défendre les maîtres qui leur fournissent leur ration de bidoche, agissant en meutes ricanantes et mordantes, il s’agit presque du même procédé : « puisque c’est la norme actuelle, alors la norme est bonne ! »
Les questions évidentes sont considérées comme superficielles et ceux qui les posent sont raillés.

Pire encore, l’état agentique ne permet aucun retour en arrière. Dans le cas des expériences de Milgram, cela veut dire que si l’on accepte une « petite » violence ou une violence « moyenne » à l’égard d’un individu, on acceptera d’autant plus facilement la plus haute forme de violence, tout simplement parce qu’arrêter de se conformer à l’état agentique serait admettre que l’on a eu tort, dès le départ.
Il est toujours plus confortable d’accepter une plus grande intensité dans ce qui est considéré comme « vrai » plutôt que de se confronter à une possible erreur de l’autorité, et donc à une remise en cause de sa propre obéissance.

C’est sans doute aller un peu loin, mais les phénomènes de meutes issus du net font tout de même penser à cet état où l’individu cesse de penser et n’agit qu’en fonction d’un contexte qui semble le protéger et le décérébrer. Et les « violences » imposées aux œuvres, par le biais d'idées malsaines présentées comme des évidences, passent ainsi très bien, en douceur et dans l'enthousiasme général, même si elles ne reposent sur rien d'autre qu'une confiance naïve dans le melliflu discours d'un éditeur trop heureux d'un tel manque de recul.

Alors, oui, on peut lire un livre à l'envers, ça n'a rien d'un exploit. Je suppose qu'on peut même lire un livre en sautillant sur une jambe ou avec une carotte dans le cul, ceci dit, même si ça devient la norme, je n'irai pas me risquer à l'essayer. Non que je n'aime pas les carottes, mais je préfère les ingurgiter par un autre orifice.



La plupart des hommes sont incapables de se former une opinion personnelle mais le groupe social auquel ils appartiennent leur en fournit de toutes faites.
Gustave Le Bon

La foule croit qu’elle sait et comprend tout, et plus elle est sotte, plus ses horizons lui semblent vastes.
Anton Tchekhov


La Rage des Red Lantern
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Le tome #6 de la série Geoff Johns présente Green Lantern vient de sortir chez Urban Comics. Voyons ce que nous réserve La Rage des Red Lantern !

Alors que la guerre contre le Corps de Sinestro vient de se terminer, les Gardiens modifient les lois du Livre d'Oa. La force létale est maintenant autorisée pour les porteurs d'anneaux. Cela donne lieu à une première exécution sommaire, Laira tuant froidement le fil d'Abin Sur, responsable d'un massacre. Une "police des polices" - les Alpha Lantern - est alors créée.
De son côté, Atrocitus forme le Corps des Red Lantern et est bien décidé à mener une guerre de lumière pour venger les siens. Hal Jordan va avoir besoin de toute sa volonté (et d'un peu d'espoir) pour contrer la rage qui menace de le submerger...

Si vous n'êtes pas familier avec les différents concepts et Corps de l'univers cosmique de DC Comics, nous vous recommandons vivement de jeter un œil sur ce dossier pour y voir plus clair.
Le récit dont il est question aujourd'hui est situé juste après Sinestro War et avant Blackest Night. Il est d'ailleurs souvent question de la prophétie de la Nuit Noire, que diverses factions tentent de cacher ou d'empêcher.

Les Alpha Lantern, "bœuf-carottes" du Green Lantern Corps.

Les épisodes regroupés ici (Green Lantern #26 à #28, #36 à #38, et Final Crisis : Rage of the Red Lanterns #1) sont clairement importants. Non seulement l'on y découvre les puissants et sanglants Red Lantern, mais l'on assiste aussi à la naissance des Alpha Lantern (et d'ailleurs à un premier procès vite expédié) ou encore à l'apparition des Blue Lantern et même aux intrigues des Contrôleurs, sorte de rivaux des Gardiens.
Beaucoup de combats, de jeux de lumière, de créatures exotiques et de poses musculeuses dans l'espace, mais aussi une relation complexe entre Jordan et Sinestro.

Pour peu que l'on aime le genre, cette histoire se suit avec beaucoup de plaisir. Le scénario de Geoff Johns (Batman : Terre-Un, Avengers...) parvient à un certain équilibre entre réflexion et action ou suspense et grandes tirades. Beaucoup de testostérone, mais c'est intelligemment fait et bien plus intéressant que le prometteur mais poussif Blackest Night qui s'ensuivra. L'auteur parvient notamment à introduire un certain questionnement moral avec les nouvelles lois des Gardiens et l'attitude tranchée de certains Lantern.
Les dessins de Mike McKone, Shane Davis et Ivan Reis sont efficaces et très esthétiques. On en prend plein la rétine, avec une colorisation adéquate.

Atrocitus : dentition parfaite mais caractère de merde.

Urban Comics, comme souvent, facilite l'immersion des novices grâce à une frise chronologique, un long résumé des épisodes précédents et un petit topo sur les personnages principaux. L'adaptation française est de qualité (une seule coquille sur l'ensemble).

Un excellent arc, plein de rebondissements, d'informations utiles et de bastons lumineuses.

Ce genre d'image finit par donner de mauvaises idées à notre mascotte...



+ Les points positifs - Les points négatifs
  • Concepts intéressants.
  • De belles planches.
  • De l'action non soporifique.
  • Intrigues et mesquineries à échelle cosmique.
  • La qualité Urban.
  • Virgul s'amuse maintenant à cracher du sirop de fraise partout.
Star Wars débarque chez Panini
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Le premier numéro du bimestriel Star Wars, édité par Panini, est sorti ce mois en kiosque. Voyons tout de suite de quoi il retourne.

Un petit point s'impose peut-être tout d'abord sur la valse des licences qui a touché les comics Star Wars. Aux Etats-Unis, Dark Horse a perdu les droits au profit de Marvel, qui renoue ainsi avec la Force et les Jedi (des comics Star Wars avaient déjà été publiés par la Maison des Idées, cf. cet article). En France, c'est Panini qui obtient les nouveaux titres, mais Delcourt continue tout de même d'exploiter l'ancien catalogue - et accessoirement de publier quelques nouveautés - sous le label "Légendes".
Alors, évidemment, quand une licence tombe sous la coupe de Panini, ça fait toujours un peu froid dans le dos. C'est normal, c'est un peu comme si on vous annonçait que c'est Ed Gein qui va remplacer votre baby-sitter habituelle, en général, la réaction évidente est de se chier dessus en mode turista mexicaine force 12. Et pourtant, cette fois, les vendeurs d'autocollants ont fait du bon boulot.


En effet, outre une traduction franchement bonne (pas de patois "coulombien" - cf. l'encadré de cet article - ou de phrases mal foutues, et une seule faute sur l'ensemble de la revue, pas vraiment un exploit vu la faible densité de texte, mais ça reste honorable), l'on a droit également à du contenu rédactionnel concernant essentiellement les auteurs des séries publiées.
Il s'agit pour beaucoup d'extraits d'interviews récupérés sur des sites US, mais les sources sont citées et la présentation est de qualité. On a droit aussi aux visuels des (très) nombreuses variant covers disponibles. Là c'est plus de la pub qu'autre chose mais ça permet tout de même de jeter un œil aux travaux (certains réalisés exclusivement pour l'édition française) des différents artistes.

Voyons maintenant le contenu. Il faut savoir que ces deux séries sont maintenant considérées comme faisant partie officiellement de la continuité Star Wars. Elles se situent directement après l'épisode IV (A New Hope).
On commence par les deux premiers épisodes de l'on-going Star Wars. Le scénario est écrit par Jason Aaron (Scalped, Southern Bastards), les dessins sont de John Cassaday. Signalons qu'aux Etats-Unis, le numéro #1 de la série s'est vendu à... plus d'un million d'exemplaires, un chiffre certes boosté par les nombreuses variant covers (et les collectionneurs et spéculateurs qu'elles attirent), mais qui reste effarant de nos jours.



Le récit démarre en trombe alors que les rebelles tentent de saboter une usine impériale, basée sur Cymoon 1, en se faisant passer pour des émissaires de Jabba le Hutt.
Graphiquement, les planches sont agréables, les visages ressemblent à ceux des acteurs de l'époque, et les vaisseaux s'avèrent plutôt soignés également.
L'histoire se révèle par contre extrêmement plate et convenue. On a un peu l'impression qu'il s'agit d'un catalogue et que le cahier des charges imposé consistait à énumérer tous les grands noms de la saga et la plupart des machines emblématiques (dont les populaires et imposants TB-TT, ou quadripodes impériaux). Très dommage, surtout lorsque l'on sait à quel point Aaron peut insuffler de la vie et une dimension dramatique dans ses récits.
On a même (déjà) droit à une confrontation entre Dark Vador et le jeune Luke Skywalker.

Dans les points positifs, l'on peut noter le soin qu'apporte Aaron à respecter la personnalité de chaque protagoniste, notamment au niveau des dialogues (et surtout dans l'épineuse relation entre Han Solo et Leia). Une petite touche d'humour également avec C-3PO (la scène où il "défend" le Faucon Millenium contre une bande de maraudeurs est certainement la plus réussie des épisodes réunis ici).
Malheureusement, le reste n'est guère palpitant pour l'instant.



La deuxième série, Darth Vader, est scénarisée par Kieron Gillen et dessinée par Salvador Larroca. Elle se déroule en parallèle et conte en fait les mêmes évènements mais du point de vue de l'Empire. Vador y tient évidemment un rôle central.
Là encore, visuellement, le résultat est plutôt joli et l'on a de nouveau un casting prestigieux avec par exemple l'inquiétant Palpatine ou Boba Fett (mais apparemment, les auteurs nous certifient que de nouveaux personnages seront introduits par la suite).

Même s'il est difficile de juger sur seulement deux épisodes, il semble que l'aspect politique et les relations au sein des hautes sphères impériales soient ici plus développés, alors que Star Wars semble plus privilégier l'action pure.
Cette approche pourrait être très intéressante mais l'on ne voit rien de bien innovant pour le moment. Vador joue les caïds et fait quelques démonstrations de force, sans pour autant réellement impressionner. Tout cela reste froid et presque caricatural.

A moins d'être un fan acharné de Star Wars et de son univers étendu, difficile de trouver ces épisodes réellement bons. Même si l'on ne constate aucune maladresse grossière (et une implication réelle de la part de Panini), ces deux histoires valent surtout pour les personnages célèbres qu'elles mettent en scène et non pour leurs qualités intrinsèques.
Décevant par manque d'audace et de profondeur.



+ Les points positifs - Les points négatifs
  • De belles planches.
  • Respect des personnages.
  • Un soupçon d'humour.
  • Un travail rédactionnel inattendu de la part de Panini.
  • Récit plat et flirtant avec le sentiment de déjà-vu.
  • Un Vador surpuissant mais manquant de charisme et de profondeur.
  • L'aspect politique et social, insuffisamment exploité. 
  • Une rencontre bien rapide (et même un peu gênante pour la continuité) entre Vador et Skywalker.