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Publié le
17.1.26
Par
Nolt
ASTÉRIX
Nous débutons cette fois encore par un immense classique qui a occupé de nombreuses soirées de ma jeunesse. Même si Tintin était loin devant en matière d'inclination personnelle, le petit Gaulois a longtemps accompagné les heures qui précédaient mon sommeil. Je me souviens avec tendresse et émerveillement de certaines épopées magistrales, comme Le Tour de Gaule ou Astérix chez les Bretons. Si les reprises récentes de la série ne sont clairement pas à la hauteur du mythe (car trop centrées sur les seuls gags et sans enjeux réels), les albums du tandem Goscinny/Uderzo demeurent des monuments de savoir-faire et de subtilité. Ici, à côté d'une intégrale plus ancienne, l'édition Hachette et sa jolie fresque (pas encore terminée). Chaque tome contient du rédactionnel et divers bonus revenant sur la création du récit, mais aussi un petit fascicule dispensable et une chouette figurine en plastique.
Pour aller plus loin sur le sujet :
DEAN KOONTZ
Voilà probablement l'auteur qui, avec King (dont on parlera plus loin), m'a fait le plus vibrer à l'adolescence, et ce malgré ses défauts. Car le bougre est parfois agaçant tant il peut verser dans la caricature ou survoler son sujet. Mais au-delà de ça, il demeure un magicien capable de vous tenir en haleine, de vous émouvoir et de vous intriguer (jetez donc un œil aux cinq ouvrages présentés dans le premier lien, ci-dessous). Et il est difficile d'en demander plus à un écrivain. Il est devenu une légende de la gamme "épouvante" de J'ai Lu (des formats poche très abordables à l'époque) et a abordé autant l'épouvante que la science-fiction ou le polar. Notons que c'est un amoureux des animaux, notamment des chiens, et que rien que pour ça, j'éprouve pour lui une affection particulière.
J'ai récupéré quelques ouvrages physiques de l'auteur alors que, pendant un temps, j'avais tout revendu pour privilégier des versions kindle, plus pratiques lorsque l'on manque de place.
Pour aller plus loin sur le sujet :
QUELQUES CLASSIQUES
Il faut lire le Dracula de Bram Stoker. Ne vous contentez pas d'une adaptation cinématographique, car vous passeriez alors à côté de l'essence même du mythe. Il faut tourner les pages, toucher le papier, humer l'encre, demeurer au plus près de la version originale pour comprendre l'épouvante viscérale que suscita ce roman fondateur pour toute une armée de lecteurs, avides et tremblants. Sous la plume de Stoker, la Transylvanie devint plus qu'une région méconnue, elle se transforma en terre d'épouvante, abritant les pires cauchemars, en symbole ultime de terreur, en promesse d'abominations tranquilles, car maîtrisées par la plume. Tout comme Le Roi en Jaune, Frankenstein ou Le Grand Dieu Pan, Dracula fait partie de ses œuvres qui ont fini par transcender leur sujet pour devenir des bornes littéraires. Des points de passage presque obligatoires pour qui veut se frotter non seulement aux bons romans de genre mais aussi à l'Histoire littéraire. Les éditions récentes de Callidor, magnifiques et illustrées, sont à conseiller. Aux côtés de ces romans du genre fantastique, l'on notera d'autres classiques, comme Les Trois Mousquetaires, pour l'aventure romanesque, en passant par Dune, pour la science fiction ou 1984, pour la dystopie. Là encore, des ouvrages aussi ambitieux et profonds que divertissants.
Anecdote de rayonnage :
L'on notera aussi la présence des premières intégrales du Trône de Fer, on attend toujours la suite...
Pour aller plus loin sur le sujet :
LEFRANC
J'étais au collège quand j'ai découvert Lefranc, reporter ayant un cousinage évident avec son illustre collègue Tintin. Ils forment sans doute d'ailleurs, avec Ric Hochet, le plus improbable trio de journalistes, toujours embringués dans de folles histoires (et ne travaillant pas beaucoup, mais on ne peut pas écrire des articles et courir le monde visiblement). Lefranc a eu longtemps, pour moi, le parfum des histoires à l'ancienne, parsemées d'expressions désuètes et de menaces caricaturales. Mais loin d'être un défaut, cet aspect a donné à la série sa saveur et une délicate patine (que l'on peut retrouver aussi dans les Blake & Mortimer par exemple).
Anecdote de rayonnage :
Ici, quelques volumes de l'intégrale Yoko Tsuno (une intégrale thématique et non chronologique) et des Tuniques Bleues dans différents formats. Une autre preuve de l'incroyable richesse et de la diversité de la BD franco-belge.
Pour aller plus loin sur le sujet :
BUCK DANNY
Ma première "rencontre" avec le vieux Buck fut mémorable, puisque je tombai à l'époque directement sur le tome 2 de Tout Buck Danny (à ne pas confondre avec l'intégrale actuelle), qui comportait Les Tigres Volants, Dans les Griffes du Dragon Noir et Attaque en Birmanie. L'objet en lui-même était fascinant, car c'était la première fois que je voyais un tome d'une "intégrale", donc un album bien épais promettant de longs moments de lecture. Il faut dire que, même de nos jours, ces fameuses intégrales sont rarement présentes en librairie, et presque jamais dans les hypermarchés. D'ailleurs, j'achetai, toujours à l'époque, la suite (Les Trafiquants de la Mer Rouge, Les Pirates du Désert, Les Gangsters du Pétrole) en albums simples, qui arboraient encore des couvertures souples. J'ai ensuite suivi l'aviateur américain et ses potes dans toutes leurs étapes, sur tous les appareils, des plus étranges aux plus modernes, et sur tous les théâtres d'opération (il fallait bien entendu alors appliquer ce que j'appelle la doublepensée appliquée à la continuité). Je possède aujourd'hui l'intégrale récente, contenant des histoires courtes et un tas d'illustrations, d'anecdotes et d'infos intéressantes. Je regrette toutefois les illustrations originales (de Bergèse) illustrant la collection Tout Buck Danny, l'intégrale actuelle se contentant de reprendre en cover l'illustration de l'un des albums.
Anecdote de rayonnage :
L'on peut voir ici quelques tomes de Dan Cooper, le grand perdant de la lutte qui opposa naguère les pilotes des magazines BD concurrents (voir le premier lien ci-dessous). Quelques tomes également des Casseurs, de Blueberry et même, pour les plus observateurs, quelques adaptations BD d'Arsène Lupin.
Pour aller plus loin sur le sujet :
MAGIE & SPIRITUALITÉ
Voilà des ouvrages à part qui concernent un domaine à la fois intime et pourtant d'une importance crucial : la spiritualité, le divin, la métaphysique. Autrement dit un pan de l'existence rendu difficile à aborder par les railleries de certains et la dévotion inepte de bien des gens à un scientisme qui nie l'existence de tout ce qui ne peut se mettre en équation et s'empresse de mettre sous le tapis de la pensée ses propres erreurs et limites.
Si la science est importante et respectable, son enfant bâtard et dégénéré, le scientisme, qui la pousse à s'aventurer sur des territoires qui ne sont pas les siens, a fait plus de mal que l'inquisition en son temps, en en reprenant bien des pratiques et en désenchantant le monde. Or, l'humain a besoin de divin. Bien entendu, il n'est pas bon de se consacrer seulement à la métaphysique, tout comme il n'est pas bon de se consacrer uniquement à la physique ; un juste milieu est nécessaire pour que nous puissions marcher sur nos deux jambes et non clopiner sur une seule. Certains livres nous rappellent que ce que nous pressentons et constatons, depuis la nuit des temps, est présent et réel. Certains, pour des raisons qui m'échappent, tenterons de vous faire croire que ça n'existe pas, parce que ça ne rentre pas dans le cadre de la physique. Mais le propre de la métaphysique, c'est justement de ne pas correspondre à une vision purement technique du monde et de l'âme. Un scientiste (ou pire, un prétendu et autoproclamé "zététicien") vous dira qu'un roman est une certaine quantité de papier et d'encre, ce qui n'est pas faux. Mais qui se risquerait à définir ainsi un roman ? Ce n'est pas parce qu'une définition est vraie qu'elle est juste. Il vient un moment où tout être, à force de tourner des pages, à envie de s'intéresser à ce qu'il y a derrière les apparences, à ce qui nous échappe, à ce qui sous-tend cet espace et ce temps dont on nous explique qu'il sont relatifs et non absolus. La métaphysique ne peut être régie par les scientistes. Elle vous appartient. Elle est au cœur de votre intimité, de votre démarche la plus pure et essentielle. Alors, bien sûr, tout comme l'on ne peut prouver l'amour que l'on éprouve pour ses proches à l'aide d'un tournevis ou d'un compteur Geiger, l'on ne peut prouver l'existence de la métaphysique à l'aide d'outils physiques. Cela suffit à certains pour nier son existence, comme naguère des écrits bibliques suffisaient à certains religieux pour nier l'évidence et les avancées de la science. Eh bien, aucun de ces camps n'a entièrement raison. Le monde est fait de règles physiques, utiles et indéniables, et de sous-textes métaphysiques, tout aussi indispensables. Plus l'on se penche sur ce pan de l'univers, plus l'on y devient sensible. À chacun de décider s'il convient de l'ignorer ou de l'explorer. Mais ne laissez pas des inconnus décider à votre place sous prétexte qu'ils parlent fort et portent des œillères.
Anecdote de rayonnage :
Au milieu d'ouvrages très sérieux, l'on trouve aussi ici quelques éléments de pure fiction, comme le Neonomicon de Lovecraft.
Pour aller plus loin sur le sujet :
BOB MORANE
Autant les romans de Vernes sont indigestes et très mauvais (car écrits dans un style très "rapport de police", sans maîtrise ni inspiration), autant les adaptations BD de son pourtant mythique Bob Morane sont parfois intéressantes (et elles ont au moins le mérite d'aller à l'essentiel et de varier les ambiances graphiques). Aussi, même si ma première approche du personnage eut lieu à l'époque à travers la Bibliothèque Verte, c'est bien l'intégrale des adaptations dessinées qui retient mon attention de nos jours. Mêlant aventures exotiques, action pure, fantastique et même science-fiction, la série est certes inégale mais clairement divertissante. Et puis, le héros est tellement légendaire, malgré (ou peut-être à cause de) son côté rigide, monolithique et parfait, qu'il mérite bien qu'on lui accorde de tourner quelques pages. Dommage que son père littéraire n'ait pas été à la hauteur.
Anecdote de rayonnage :
Outre les Morane, l'on notera la présence de quelques Lucky Luke et Alix, séries dont j'avais plus de tomes étant jeune et que je reconstitue peu à peu.
Pour aller plus loin sur le sujet :
POWERS, Y THE LAST MAN et autres COMICS
Même si je lis bien moins de comics de nos jours (hors activité professionnelle), mis à part peut-être du Batman, et qu'il sont pour beaucoup issus de mes lectures adultes (donc dépourvus d'aura nostalgique), je demeure attaché à certaines séries, comme Powers, baigné par l'humour audacieux de Bendis ; Y the last man, avec un Vaughan abordant de nombreux sujets sociétaux sans le côté puant du wokisme ; les Girls des frères Luna, au ton incisif et à la galerie de personnages savoureuse ; ou certains one-shots, comme La Pro du grand (et transgressif) Garth Ennis ou l'émouvant We3, avec un Grant Morrison au sommet de son art. La BD américaine ne manque pas d'œuvres subtiles et matures, et je ne peux que conseiller d'y piocher au gré des envies.
Pour aller plus loin sur le sujet :
Alias (Jessica Jones)
STEPHEN KING
Je pense qu'entre l'œuvre de King et moi, ce fut longtemps une histoire d'amour. J'ai passionnément aimé Derry et Castle Rock, Louis Creed et James Gardener, l'affrontement épique du Fléau et la poésie sombre de Roland et de son ka-tet. En tant qu'auteur, King m'a aussi appris énormément au niveau de la construction des personnages. Si Vik et Nolan ou Amber et Kiera vous ont touché, d'une manière ou d'une autre, c'est parce que j'ai appris, en lisant les livres du vieux sorcier du Maine, à installer un personnage de la bonne manière, à le rendre épais, crédible, profond. De cela, je serai éternellement reconnaissant. Par contre, je fais une différence très nette entre non pas l'homme et l'artiste, comme je l'entends souvent, ce qui ne voudrait rien dire (ce sont les mêmes !) mais entre l'œuvre, que l'on peut aimer, et l'auteur, l'homme, que l'on peut mépriser. J'ai longtemps cru que King était juste, sur le plan humain et politique, un opportuniste doublé d'un demeuré (comme on peut le constater dans son Billy Summers, ridicule sur bien des plans), mais son attitude, notamment lors de l'assassinat de Charlie Kirk, un père de famille pacifique et innocent, m'a révulsé. Que l'on puisse relayer des propos mensongers pour salir la mémoire d'un brave type, assassiné par une merde de wokiste lâche et sans cervelle, me donne envie de vomir. Je conserve donc un respect pour les romans mais un dégoût profond pour le sale type qui les a écrits. D'ailleurs, ses idées nauséabondes et extrémistes finissent par marquer son physique. Il ressemble de plus en plus à une goule décharnée qui serait issue de l'une de ses nouvelles...
Décidément, le gauchisme est devenue une maladie mentale.
Anecdote de rayonnage :
Notons ici le coffret VO de The Dark Tower, ainsi qu'un ouvrage regroupant les cartes de Game of Thrones. Pour ce qui concerne King, ce sont des versions dématérialisées qui constituent aujourd'hui le gros de ma "collection". Et bien sûr, sur la deuxième photo, le coffret Philip K. Dick, un autre géant de la littérature ayant écrit notamment Le Maître du Haut Château.
Pour aller plus loin sur le sujet :
RIC HOCHET
Avant de passer aux "Beaux Livres", il me fallait encore aborder un classique de la BD franco-belge. Il y en a beaucoup, bien entendu, sur lesquels je ne m'attarde pas trop, de Yoko Tsuno aux Casseurs, en passant par Blueberry, Achille Talon, Alix ou Dan Cooper, et il y aurait des choses à dire sur chacune de ces séries, mais je suis comme bien des enfants ayant été blessés par l'arrêt brutal des aventures de Tintin : j'ai cherché, longtemps, des produits de substitution. Aucun n'a pu remplacer le personnage d'Hergé dans mon cœur, mais certains, comme Ric Hochet, se sont révélés être d'agréables découvertes. André-Paul Duchâteau a su bâtir un personnage suffisamment original et attachant pour qu'il ne soit pas un simple ersatz. Et même si son "papa" a eu des doutes sur le calembour à l'origine de son nom, Hochet a réussi le double exploit de se faire une place dans les bibliothèques et d'être le héros d'une longue série, qui perdure de nos jours. Bon, tous les tomes ne sont pas des sommets de maîtrise narrative, mais la série demeure dans l'ensemble tout à fait honnête.
Anecdote de rayonnage :
Très conseillée également, la belle intégrale Théodore Poussin, de Frank Le Gall, contant des aventures exotiques se déroulant à la fin des années 1920.
Pour aller plus loin sur le sujet :
HARRY POTTER / BEAUX LIVRES
Je termine par un aspect un peu particulier de cette exploration de bibliothèques : le côté purement "objet". Car si l'essentiel de ma collection est constitué de romans et BD que j'apprécie beaucoup, il m'arrive aussi d'acheter un livre pour son aspect "physique" et collector. Bon, pas au point d'acheter des romans que je n'aime pas du tout, évidemment, mais je me laisse parfois tenter par du Harry Potter par exemple, dont l'édition illustrée Gallimard est somptueuse, alors que je n'ai pas un rapport réellement passionnel avec l'œuvre de J.K. Rowling (romancière que je respecte néanmoins et que j'admire pour son courage puisqu'elle fait partie des rares personnes publiques à condamner la propagande transgenre et les demeurés qui enculent la biologie, l'évidence et le simple bon sens). Parfois, l'objet en lui-même, le soin apporté aux illustrations, à la mise en page, à la couverture, font que manipuler un livre devient aussi un plaisir esthétique et physique évident. Dans cette catégorie, l'on peut citer le Watchmen version Urban Limited, l'intégrale récente du Seigneur des Anneaux ou encore la collection collector de Callidor, déjà évoquée plus haut.
Anecdote de rayonnage :
Outre les Harry Potter, notons ici la présence de l'intégrale des Annales de la Compagnie Noire, celle des Détectives du Yorkshire et même un très joli... tarot.
Pour aller plus loin sur le sujet :
Écho #71 : Harry Potter - Collection Gallimard
Écho #41 : Harry Potter - Le Guide Ultime
Voilà. Je pourrais encore évoquer de nombreux auteurs et continuer sur une partie 3, voire 4 ou 5, avec d'autres rayons, d'autres collections, mais je pense que je suis arrivé au double but que je m'étais fixé. D'une part montrer l'étendue des domaines abordés par le staff UMAC lors de 20 longues saisons, ensuite rendre un hommage, sincère et nostalgique, à ces milliers de pages qui m'ont aidé, formé, réconforté, amusé, fasciné et ému. Les livres ont été - et continuent d'être - pour moi plus que de simples objets de divertissement. Ils furent et demeurent des amis, des phares, des bouées. Je suis devenu auteur à mon tour parce que d'autres écrivains, avant moi (j'en ai cité beaucoup, mais l'on pourrait encore en évoquer des dizaines), ont éclairé et montré un chemin que j'arpente aujourd'hui. C'est d'ailleurs un écrivain qui, alors que j'étais encore à la recherche d'une validation, d'une "autorisation" d'écrire, me permit de me lancer réellement à mon tour dans cette aventure. Son nom est Alain Absire. C'est après m'avoir remis un prix pour l'une de mes nouvelles qu'il me dit alors cette phrase qui changea tout pour moi. Ces mots furent prononcés dans un murmure, alors que j'étais occupé à m'enivrer à la buvette, sans me préoccuper du bal que les courtisans effectuaient autour du président du jury. Il se dirigea vers moi, un sourire aux lèvres, et me dit : "C'est bien ce que vous faites, il faut continuer."
Je tenais aussi à dire aux auteurs, passés et récents, à ceux que je n'ai jamais rencontrés mais qui ont marqué ma vie, à ceux qui sont devenus des amis, à ceux que j'ai oubliés, ceux qui ont disparu, que je trouve aussi que c'est bien ce qu'ils font. Et qu'il faut continuer.
Merci à : Enid Blyton, Georges Bayard, Anthony Buckeridge, Maurice Leblanc, Dean Koontz, Stephen King, Jean-Michel Charlier, Georges Remi (dit Hergé), René Goscinny, Albert Uderzo, Jean Graton, Bill Willingham, Alan Moore, J.M. Straczynski, Roland Habersetzer, Marco Rota, Guido Martina, Terry Moore, H.P. Lovecraft, Bram Stoker, Robert W. Chambers, Jean Van Hamme, Edgar P. Jacobs, George Orwell, George R.R. Martin, J.K. Rowling, Michel Pagel, Jacques Martin, Alain Dodier, Serge Le Tendre, Pierre Makyo, Roger Leloup, Peyo, Morris, Brian Michael Bendis, Frank Herbert, Philip K. Dick, Daniel Keyes, Paolo Eleuteri Serpieri, Alain Absire, Edwin Abbott Abbott, Guy de Maupassant, Brian K. Vaughan, André-Paul Duchâteau, Tibet, William Vance, Vladimir Volkoff, Bernard Cornwell, Jules Verne, Victor Hugo, Carsten Stroud, Pierre Lemaitre, Brian Panowich, Dashiell Hammett, James Ellroy, William Boyd, James Herbert, Joe Abercrombie, Glen Cook, J.R.R. Tolkien, Edgar Allan Poe, Stan Lee, Ed Naha, John Patrick Shirley, Pierre Louis Boileau, Pierre Ayraud (dit Thomas Narcejac), Bob de Moor, Michael Moorcock, L. Ron Hubbard, Pierre Souvestre, Marcel Allain, Dan Simmons, Jeff Smith, David Mack, Kentarō Miura, Louis Salvérius, Raoul Cauvin, Lambil, Christian Denayer, Georges-Camille Arnaud (dit Georges-Jean Arnaud), Jonathan Stroud, Akira Toriyama, John Wagner, Frank Miller, Jonathan Luna, Joshua Luna, Jean Giraud, Terry Pratchett, Brian J.L. Glass, Michael Avon Oeming, Grant Morrison, Brian Azzarello, Ted Naifeh, Bryan Talbot, Jeph Loeb, Tim Sale, Garth Ennis, Frank Le Gall, Hippolyte Léon Denizard Rivail (dit Allan Kardec), Joseph Gillain (dit Jijé), André Franquin, Michel Regnier (dit Greg), Philippe Vandevelde (dit Tome), Jean-Richard Geurts (dit Janry), Camille Flammarion, Jean Bruce, Jay Bennett, Alan Wildsmith, Emmanuel Bonnet, Marylène Bergmann, et toutes les légions d'auteurs, nobles et passionnés, que j'ai oubliées.
Hail to the Kings !
Publié le
1.1.26
Par
Virgul
On ne fait habituellement jamais de pub sur UMAC, mais comme on a touché un paquet de pognon et que c'est pour la bonne cause, on va faire une exception.
Toi, jeune rebelle en slibard qui joue à Fortnite dans ta chambre, as-tu déjà expérimenté Gobetou, la nouvelle boisson désénergisante aux extraits de soja et de pulpe de guimauve ?
Avant, toi aussi, tu étais soumis à un fléau de notre époque : le libre arbitre. Cela t'obligeait à réfléchir, peser le pour et le contre, avoir un avis et ce genre de saloperies inutiles ! La chatte à ta mère, imagine le temps perdu !
Avec Gobetou, la boisson des jeunes branchés qui aiment la vie et qui font jeunes parce qu'ils sont cool, tu peux dorénavant gagner du temps en te recentrant sur l'essentiel : les jeux vidéo, TikTok et les manifestations pour les nobles causes, comme l'interdiction de la méchanceté.
Avec Gobetou, toi aussi, accueille la vérité délivrée par les médias et le gouvernement avec le sourire et des pétillements de joie dans les synapses ! Et surtout, accueille en toi le pouvoir extraordinaire de l'énergie du vide !
Et avec ton premier pack de Gobetou acheté, obtiens un dictionnaire rigolo pour bien maîtriser le français de 2026 !
Avant, toi aussi, tu étais soumis à un fléau de notre époque : le libre arbitre. Cela t'obligeait à réfléchir, peser le pour et le contre, avoir un avis et ce genre de saloperies inutiles ! La chatte à ta mère, imagine le temps perdu !
Avec Gobetou, la boisson des jeunes branchés qui aiment la vie et qui font jeunes parce qu'ils sont cool, tu peux dorénavant gagner du temps en te recentrant sur l'essentiel : les jeux vidéo, TikTok et les manifestations pour les nobles causes, comme l'interdiction de la méchanceté.
Avec Gobetou, toi aussi, accueille la vérité délivrée par les médias et le gouvernement avec le sourire et des pétillements de joie dans les synapses ! Et surtout, accueille en toi le pouvoir extraordinaire de l'énergie du vide !
Et avec ton premier pack de Gobetou acheté, obtiens un dictionnaire rigolo pour bien maîtriser le français de 2026 !
Ne sois pas un ringard qui boit du chocolat chaud ou du café et qui prend des douches, deviens-toi aussi membre de la communauté Gobetou et parle vrai, parle jeune, parle beau avec le dico Gobetou des Vrais Mots Gentils que c'est mieux de les dire. Ne deviens pas comme tes parents, ces vieux cons (que tu peux dénoncer), et parle comme un citoyen gentil amoureux de la gentillesse :
On ne dit pas "vérité" mais "discours de haine".
On ne dit pas "parents dévastés par l'assassinat de leur enfant" mais "refus de l'enrichissement culturel".
On ne dit pas "principe de précaution" mais "propagande complotiste".
On ne dit pas "vérité" mais "discours de haine".
On ne dit pas "parents dévastés par l'assassinat de leur enfant" mais "refus de l'enrichissement culturel".
On ne dit pas "principe de précaution" mais "propagande complotiste".
On ne dit pas "destruction de l'agriculture française" mais "accord multipartite à haute valeur partagée".
On ne dit pas "criminels" mais "chances pour la France".
On ne dit pas "démocratie" mais "populisme".
On ne dit pas "propagande éhontée" mais "service public".
On ne dit pas "immunité pour les racailles" mais "justice".
On ne dit pas "faits remis dans leur contexte" mais "propagande pro-russe".
On ne dit pas "bon sens" mais "fascisme".
On ne dit pas "criminels" mais "chances pour la France".
On ne dit pas "démocratie" mais "populisme".
On ne dit pas "propagande éhontée" mais "service public".
On ne dit pas "immunité pour les racailles" mais "justice".
On ne dit pas "faits remis dans leur contexte" mais "propagande pro-russe".
On ne dit pas "bon sens" mais "fascisme".
On ne dit pas "système anti-démocratique" mais "Union Européenne".
Toi aussi, deviens une bonne personne en soutenant les gentils et en combattant les méchants, parce qu'être méchant, c'est mal et c'est reconnu scientifiquement comme satanique et problématique ! Alors, tu veux une vie de merde ou devenir correct-penseur comme Greta Thunberg, Stephen King et Alain Souchon ?
Gobetou, la boisson désaltérante qui t'apporte la délivrance et la sécurité de bien penser.
(disponible goût kiwi-slip sale et banane-France 2)
(disponible goût kiwi-slip sale et banane-France 2)
Gobetou, j'en suis fou !
Publié le
29.11.25
Par
Nolt
La fin d'année approche, le temps est au bilan et aux regards en arrière... l'occasion idéale pour m'attarder sur l'une de mes collections les plus importantes (en taille et en émotion) : les livres. Ces rayonnages, ployant sous le poids des pages et d'auteurs souvent brillants, me permettront de revenir sur des titres très connus, d'autres un peu moins. Bon voyage dans ce dédale de papier !
TINTIN
À ce jour, ma plus grande collection en termes d'ouvrages, puisqu'ils remplissent à eux seuls trois grands casiers de 80 cm. Tintin, ce fut ma passion littéraire d'enfance. Recevoir un nouvel album me procurait un plaisir immense. Je me souviens encore des couvertures immaculées et brillantes, des pages tournées avec bonheur, de l'odeur des planches. Il m'arrive encore de relire des albums avec le même plaisir. On pourrait bien entendu débattre de la gestion de l'œuvre par certains commerçants sans âme qui ont hérité d'un patrimoine qu'ils malmènent et surexploitent sans vergogne, mais je préfère m'attarder sur le savoir-faire d'Hergé (dont on a longuement parlé dans ce dossier). Ce type, à une époque où tout était encore à inventer, a réussi à trouver des astuces narratives aussi efficaces qu'intemporelles. Il a réussi à livrer, surtout, des aventures passionnantes et suffisamment pensées et travaillées, en respectant le jeune lectorat qui était alors exclusivement sa cible. Cet auteur est devenue une légende à une époque où pour le devenir, il fallait encore faire montre d'un talent exceptionnel et de capacités uniques. Je lui dois de doux et excitants souvenirs. Il aura à jamais une place à part dans mon cœur et dans ma bibliothèque.
Conseil pour les collectionneurs :
Si vous souhaitez de belles éditions (très complètes en matière de bonus, illustrations, analyses et rédactionnel) encore disponibles d'occasion (en bon état) à des prix raisonnables, optez pour les Archives Tintin publiées par Atlas (à gauche sur la photo 2), de superbes tomes très complets.
Pour aller plus loin sur le sujet :
TANGUY & LAVERDURE
L'on prête à Léonard de Vinci l'une des plus belles citations sur l'aviation : "Dès lors que vous aurez goûté au vol, vous marcherez à jamais sur terre les yeux tournés vers le ciel."
Dans mon cas, c'est bien avant d'avoir goûté au vol que, déjà, mes yeux scrutaient l'azur. J'ai toujours trouvé fascinants ces engins aux formes élégantes, qui évoluaient en défiant l'attraction. Et en termes d'aventures aéronautiques, la série Tanguy & Laverdure a toujours été, selon moi, un cran au-dessus des autres. D'une part parce qu'elle mettait en scène des pilotes français, mais surtout parce qu'elle bénéficiait du talent de Jean-Michel Charlier, scénariste terriblement sous-estimé et pourtant auteur de nombreuses excellentes séries. Dès que je l'ai pu, j'ai acquis l'intégrale de la série originelle, plus quelques albums modernes, pas toujours à la hauteur malheureusement (cf. cet article, entre autres).
Dans mon cas, c'est bien avant d'avoir goûté au vol que, déjà, mes yeux scrutaient l'azur. J'ai toujours trouvé fascinants ces engins aux formes élégantes, qui évoluaient en défiant l'attraction. Et en termes d'aventures aéronautiques, la série Tanguy & Laverdure a toujours été, selon moi, un cran au-dessus des autres. D'une part parce qu'elle mettait en scène des pilotes français, mais surtout parce qu'elle bénéficiait du talent de Jean-Michel Charlier, scénariste terriblement sous-estimé et pourtant auteur de nombreuses excellentes séries. Dès que je l'ai pu, j'ai acquis l'intégrale de la série originelle, plus quelques albums modernes, pas toujours à la hauteur malheureusement (cf. cet article, entre autres).
Je repense encore souvent, avec nostalgie, aux premiers pas de Michel et Ernest, à l'escadrille des Cigognes, aux éditions 16/22 de Dargaud (une façon bon marché de faire main basse sur quelques albums à l'époque) et aux Mystère, Fouga Magister et autres Mirage qui ont enflammé mon imagination et traversé des planches inoubliables.
Anecdote de rayonnage :
Pas mal d'autres univers ici, dont les Schtroumpfs ou encore quelques Jérôme K. Jérôme Bloche. Des morceaux d'enfance ou d'adolescence, compactés en volumes de papier combattant le Temps, ce grand ennemi des pages et des lecteurs.
Pour aller plus loin sur le sujet :
La Parenthèse de Virgul #44 : Quand les périodiques avaient leurs propres aviateurs
MICHEL VAILLANT
Voilà l'exemple parfait qui permet de démontrer qu'il n'est en rien nécessaire d'être passionné par un domaine pour apprécier une série qui s'y rapporte. J'ai pour la bagnole le même attrait que j'éprouve devant un tournevis ou une cuillère : c'est un outil bien pratique mais qui n'enflamme nullement mon esprit. Si je suis devenu fan des Michel Vaillant de Jean Graton, c'est plus par attrait pour les bonnes BD que pour les courses et rallyes. Il faut dire que j'ai bien commencé, car encore collégien, c'est l'album L'honneur du Samouraï qui retint mon attention. Un chef-d'œuvre narratif, avec une introduction subtile et drôle qui permet de présenter véhicules et personnages, un affrontement loin d'être manichéen, des courses habilement mises en scène et des moments épiques alternant avec des scènes plus intimistes mais parfaitement amenées. Les 70 albums de la série historique ne sont pas tous de cette qualité, il faut bien l'avouer. Par contre, notons que la saison 2, toujours en cours, figure parmi les meilleures reprises à ce jour.
Pour aller plus loin sur le sujet :
FABLES
Si j'éprouve de nos jours un désintérêt certain pour ce que sont devenus les comics mainstream des géants de l'industrie américaine, il y a tout de même quelques séries, non super-héroïques, qui figurent encore dans mon top 20 des meilleurs BD de tous les temps. Le Fables de Willingham en fait évidemment partie. C'est une œuvre que j'ai découverte adulte, avec un œil plus acéré et des exigences revues à la hausse, et bien que le sujet ne m'emballait pas, là encore, je fus conquis par la qualité du récit, à la fois prenant, intelligent et émouvant.
L'intégrale publiée par Urban figure parmi les indispensables de cet éditeur. Un moment de pur bonheur. Une bulle de beau dans un monde de merde.
Anecdote de rayonnage :
Vous l'avez peut-être noté, cette section comprend aussi l'intégrale Druuna de Serpieri, un mythe presque pour les lecteurs de mon âge qui, étant jeunes, feuilletaient fébrilement au supermarché ces BD mêlant érotisme et science-fiction. Ça a toujours son intérêt aujourd'hui, car au final, l'auteur, un maître des "fumetti", est un excellent dessinateur et livre ici des fantasmes certes crus mais raisonnables comparés aux saloperies pédophiles que certains publient de nos jours sous couvert de "divertissement".
Pour aller plus loin sur le sujet :
SPIDER-MAN / MARVEL
Un de mes coups de cœur d'enfance. C'est ma grand-mère maternelle qui m'achetait à l'époque des albums grand format du Tisseur, publiés par Lug. C'était très différent de la BD franco-belge, qui est toujours restée ma culture de base et ma passion première, mais j'adorais le personnage et le côté très "désorganisé" (par rapport aux BD que je connaissais alors) des planches.
Je n'aurais jamais imaginé que, adulte, j'en viendrais à bosser sur Amazing Spider-Man (et la plupart des autres séries Marvel ou DC). Par contre, Panini et son impéritie m'ont guéri de la VF. Je ne conserve que des albums en VO, ici notamment l'excellent run de Straczynski ou encore l'épopée Civil War.
Il m'arrive encore de feuilleter certains albums, de voir le Monte-en-l'air et de ressentir une bouffée de ce passé imparfait mais magnifié par le temps. Je me rappelle de ma chambre de gamin, de mes parents encore jeunes, de l'école, du bon et du doux, mais aussi du moins bon et du rugueux. Le temps n'est pas toujours un ennemi. Sauf peut-être pour les pages qui jaunissent et se fanent.
Il m'arrive encore de feuilleter certains albums, de voir le Monte-en-l'air et de ressentir une bouffée de ce passé imparfait mais magnifié par le temps. Je me rappelle de ma chambre de gamin, de mes parents encore jeunes, de l'école, du bon et du doux, mais aussi du moins bon et du rugueux. Le temps n'est pas toujours un ennemi. Sauf peut-être pour les pages qui jaunissent et se fanent.
Pour aller plus loin sur le sujet :
Dossier Civil War
ARTS MARTIAUX & ROLAND HABERSETZER
J'ai franchi la porte d'un dojo à 15 ans. Parce que j'avais vu pas mal de films plus ou moins bons traitant du karaté, mais surtout parce que je suis tombé, à l'époque, sur le Karate-Do en trois tomes de Maître Habersetzer. L'auteur, dont je collectionne les ouvrages depuis (et l'un des plus grands experts français dans le domaine) y faisait preuve d'une telle passion, d'une telle intelligence, d'une telle honnêteté, qu'il était impossible de ne pas se laisser embarquer par sa prose, efficace, et ses dessins, clairs et techniques. Là encore, la chance, un peu poussée il est vrai par mon travail et un peu d'audace, me permit d'interviewer ce grand monsieur, d'abord pour la presse écrite, puis sur UMAC. Depuis, nous entretenons une correspondance sporadique mais salutaire (pour moi). Maître Habersetzer m'a fait deux cadeaux précieux, dont je mesure l'importance : il m'a adressé l'un des exemplaires, dédicacé, de son livre Mémoires, un ouvrage à tirage confidentiel, limité à ses proches ; et il a accepté d'écrire la préface de mon recueil de nouvelles, Jour de Neige. Cet homme, droit dans ses bottes, sage, cultivé, bienveillant et courageux, demeure à ce jour pour moi un phare dans la nuit. Et dans un monde où les lumières sont de plus en plus rares et pâles, ça compte. Ça compte beaucoup.
Conseil pour les collectionneurs :
Si le sujet vous intéresse et que vous souhaitez allez au-delà de l'approche purement technique, n'hésitez pas à vous procurer le Fondamentalement Martial, de Roland Habersetzer, un ouvrage regroupant des articles de fond, variés et d'une grande intelligence, qui questionnent la pratique des arts martiaux, sa finalité, et se penchent aussi sur les droits et les devoirs d'un homme (ou d'une femme) moderne face à la violence qu'il convient de contrôler, qu'elle vienne d'autrui ou de soi. Une somme de réflexions d'une richesse inégalée.
Pour aller plus loin sur le sujet :
FANTOMIALD ET LA FAMILLE DUCK
Ah, ce que j'ai aimé Donald étant petit ! Le samedi, j'allais sur le marché de ma ville, acheter des Picsou Magazine et autres Mickey Parade. Le bouquiniste d'alors était un brave bougre, il reprenait automatiquement tous les livres qu'on lui ramenait, permettant ainsi aux enfants comme moi de renouveler leurs lectures à bas coût. Je revenais alors chez moi, m'installais dans ma chambre et tournais les pages, pendant des heures. À l'époque, les week-ends duraient une éternité.
Je me suis rendu compte, bien plus tard, que j'aimais surtout les auteurs italiens ayant pris en main le destin de Donald. Leurs versions, différentes, plus émouvantes et innovantes, m'ont marqué longuement, que ce soit Fantomiald ou Mac Danold. J'en ai récupéré un bon nombre, en VF ou en anglais. Je crois que les collectionneurs ont ceci de particulier qu'ils essaient de faire plaisir à l'enfant qui est en eux, ce qui est impossible, évidemment, car si les souvenirs agréables sont ceux de l'enfant, les yeux, le cœur et l'âme sont devenus adultes et demandent plus que ce qui suffisait à les irriguer naguère.
Anecdote de rayonnage :
Pas mal de trucs en vrac ici, dont un From Hell qui s'est perdu là, les Girls et le Ultra des frères Luna, des Marvel "best sellers" petit format édités par Panini et les Out There d'Augustyn et Ramos.
Pour aller plus loin sur le sujet :
La Parenthèse de Virgul #9 : Canard Masqué
Écho #51 : Recueil Mac Danold
ARSÈNE LUPIN
Maurice Leblanc a été pour moi une révélation. Quand je lis l'un de ses romans, à 12 ans (sans doute mon premier véritable roman "adulte"), je suis embarqué dans une intrigue passionnante, parsemée de rebondissements inattendus, de coups de théâtre, de moments intenses. À aucun moment, alors que l'on est dans les années 80, je ne ressens le poids du temps sur la prose de Leblanc, à peine peut-être une jolie patine. J'aime ce que je lis, ce que je ressens, cette fébrilité qui me fait tourner les pages, ce suspense qui me prend aux tripes, ce Lupin qui semble si mystérieux et si formidable ! J'ai envie de crier à tout le monde que c'est génial, qu'il faut lire ce truc... mais non, inutile, c'est connu. Très connu. Et ça me paraît juste que ça le soit, parce que c'est vachement bien. Plus tard, bien plus tard, à l'occasion des 120 ans du personnage, j'écrirai, le cœur serré et la passion intacte, un article pour rendre hommage au vieux Leblanc et aux fantastiques Boileau et Narcejac, qui lui ont succédé. Et aujourd'hui encore, je continue de penser que si je suis devenu écrivain, si Le Sang des Héros et L'Ombre de Doreckam, dans des registres bien différents, ont pu voir le jour, c'est essentiellement grâce à l'auteur du gentleman cambrioleur. Parce qu'on n'oublie jamais sa "première fois". Et que lorsqu'elle est extraordinaire, elle peut inspirer toute une vie, ou au moins une plume.
Anecdote de rayonnage :
L'on peut voir dans ce casier la Saga du Roi Arthur, de Bernard Cornwell, probablement ce qui s'est fait de plus beau, de plus subtil et de plus inspirant sur le sujet.
Pour aller plus loin sur le sujet :
MOORE (pas celui auquel vous pensez)
Il existe pas mal de Moore dans le milieu des comics, du Alan ronchonnant au plus discret Tony, mais c'est ici Terry qui nous intéresse. Le gaillard a un style bien à lui, il a mis à l'honneur des héroïnes charismatiques bien avant que cela devienne un diktat des demeurées "féministes" qui revendiquent des libertés qu'elles ont déjà (et se gardent bien d'aller gueuler là où ces libertés sont absentes, forcément : on ne peut mener que les combats délimités par son courage), et il a même fini par bâtir un ensemble de séries formant une sorte de mooreverse, qui culminera et trouvera sa conclusion dans Cinq Ans.
On lui doit cependant surtout Strangers in Paradise, qui reste selon moi une des meilleures séries de comics, tant sur le plan de la profondeur des personnages que des thèmes abordés. Terry Moore fait partie de ces auteurs importants, qui ne sont pas des génies, qui peuvent se tromper, qui peuvent décevoir, mais qui demeurent foncièrement indispensables, parce qu'ils manipulent la magie à l'état pur, et que la magie manque.
On lui doit cependant surtout Strangers in Paradise, qui reste selon moi une des meilleures séries de comics, tant sur le plan de la profondeur des personnages que des thèmes abordés. Terry Moore fait partie de ces auteurs importants, qui ne sont pas des génies, qui peuvent se tromper, qui peuvent décevoir, mais qui demeurent foncièrement indispensables, parce qu'ils manipulent la magie à l'état pur, et que la magie manque.
Anecdote de rayonnage :
Vous aurez noté la présence d'ouvrages de Go Nagai, auteur du célèbre Goldorak. Est-ce que ces trucs sont vraiment bien ? Non.
Pour aller plus loin sur le sujet :
LOVECRAFT
Je n'ai jamais aimé Lovecraft étant jeune. Ses récits m'emmerdaient prodigieusement. J'aimais le cadre, mais pas la prose. J'ai compris d'où cela venait une fois plus vieux et versé moi-même dans l'écriture : Lovecraft n'utilise pas ses personnages, ou pas vraiment. Il se concentre sur des descriptions, certes fascinantes mais un peu froides, et délaisse les protagonistes qui se devraient être des vecteurs d'affect, un principe fondamental de mon point de vue. Ceci dit, l'univers qu'il a construit est suffisamment riche et intrigant pour que l'on puisse passer outre ce style quelque peu aride. Je redécouvre même parfois aujourd'hui, avec plaisir, certaines nouvelles au lyrisme envoûtant, qui fonctionnent sur un style certes limité mais efficace. Qui sait ce qu'il aurait pu advenir de ce mythe, cosmique et terrifiant, si son auteur avait su y insuffler, dès le départ, un brin d'émotion humaine ? (Non pas une description de gens éprouvant de la terreur, mais bien des personnages parvenant à transmettre leurs ressentis.)
Anecdote de rayonnage :
Plusieurs ouvrages intéressants ici, en dehors de l'univers lovecraftien. L'intégrale Locke & Key, une excellente saga dans le genre thriller fantastique, et un coffret Marvel du The Dark Tower de King.
Pour aller plus loin sur le sujet :
MICHEL ET LE CLUB DES CINQ
Je me devais de terminer cette première partie par ce qui a enflammé mon esprit lorsque je suis passé des BD aux romans pour la jeunesse. Je les voyais ces Club des Cinq, dans la bibliothèque familiale, mais je n'avais pas le droit d'y toucher. Du moins, pas avant de savoir lire. Si je suis reconnaissant à mes parents d'une chose (pas que d'une, mais celle-ci aura une importance capitale), c'est de m'avoir inculqué très vite le respect des livres. On ne les malmène pas. On n'y touche pas si on ne veut pas les lire. Pour ma mère, ses livres étaient encore plus qu'un divertissement : ils avaient été obtenus, pour certains, "en travaillant bien à l'école", car en ce temps-là, dans le monde d'avant, on récompensait encore les bons élèves en leur offrant des heures de lecture. Ce n'était pas perçu comme une punition ou un fardeau, mais comme un accès à l'aventure, à l'imaginaire, un pur plaisir.
À quatre ans, je savais lire. Rien de tel qu'un objectif mâtiné de mystère pour motiver un gamin. J'ai alors commencé à me plonger, seul, sans avoir besoin des adultes, dans le papier. Il y avait mes BD, toujours, Astérix, Lucky Luke, mais aussi le Club. Plus tard, je découvrirai aussi les Michel de Bayard, les rues de Corbie, et encore plus tard, Bennett et Mortimer, traduction des Jennings d'Anthony Buckeridge. Pour aimer lire, pour vraiment que la lecture devienne un indispensable plaisir, un éternel refuge, une parenthèse pleine de promesses, il faut bien débuter et éviter certains écueils. Je dois beaucoup à Enid Blyton, à Buckeridge, à Georges Bayard. Ils m'ont mis sur les bons rails, sans heurts, avec talent et douceur. Qui aujourd'hui se souvient d'eux ? Victor Hugo, que j'aime et admire, a 2555 rues à son nom en France. Bayard en possède une seule. Une petite, à Corbie, lieu de résidence de son plus célèbre personnage. Loin de moi l'idée de comparer le vieil Homme-Océan, tonnant de son exil, à ce bougre de Bayard, à l'ambition bien plus modeste et au style, il est vrai, bien plus humble. Mais pour donner accès aux fleuves les plus impressionnants, l'on oublie parfois qu'ils doivent être gonflés par bien des rus et ruisseaux. Ce qui mène à la lumière du soleil, que l'on ne peut même pas regarder, est forcément plus faible, plus diffus, plus modeste, mais pour guider dans les ténèbres, une vague lueur suffit. Et elle est souvent essentielle.
Évidemment, je n'ai rien gardé des "Bibliothèque Verte" que j'ai lus à l'époque, mais je rachète parfois, à l'occasion, des exemplaires qui constituent alors d'étranges portes vers le passé. Presque de la nostalgie sous forme solide.
Pour aller plus loin sur le sujet :
La Parenthèse de Virgul #38 : le Club tente la fusion impossible
Les livres que l'on conserve après les avoir lus deviennent plus que des livres. Ils sont le témoignage physique d'émotions bien réelles mais issues d'univers fictifs. Un sanctuaire pour vos cicatrices et vos souvenirs. Une sorte de trait d'union entre l'imaginaire et la réalité, une preuve que la magie existe, que les mots ont un effet et que le papier et l'encre sont à manier avec prudence, mais aussi avec audace.
Le livre dont les pages ont jauni, dont la reliure s'est craquelée, nous rappelle aussi, comme le vinyle qui craque sous le diamant qui creuse ses sillons, que le temps, si l'on n'y prend garde, emporte tout, et souvent l'essentiel.
On dit à tort que les écrits restent, mais ils ne restent que si on les préserve, du temps comme des imbéciles qui rêvent de les réécrire sans cesse, selon la mode, l'envie ou le slogan du moment.
Les régimes autoritaires, tout comme la plupart des démocraties, fausses ou réelles, ont toujours voulu régenter l'écrit, les auteurs et ce à quoi le peuple à accès. Parce que les mots ont un poids, une fonction. Ils charrient les idées et renforcent les convictions, ils questionnent les absurdités présentées comme des évidences, ils bousculent et alertent, ils blessent mais réconfortent et ouvrent des horizons. La plume et le glaive, surtout lorsqu'ils sont aiguisés et bien maniés, devraient être les seuls fondamentaux qu'aucun pouvoir ne peut interdire. Car le fait de s'instruire et de se défendre n'est pas seulement un droit naturel, c'est un devoir sacré.
Le livre, ce n'est pas seulement le divertissement, c'est aussi le pilier sur lequel bâtir un raisonnement, une langue, parfois même une morale ou une nation. C'est parce qu'il est important qu'il fait peur aux scélérats et aux ganaches qui les servent. Et c'est parce que nul n'accède à la complétude en se défaisant d'une partie de son âme et de son passé que nos auteurs et nos pages méritent respect et considération.
Peu importe que votre bibliothèque soit remplie de Tintin ou d'ouvrages du grand Hugo. Peu importe que vous aimiez Abercrombie, Jules Verne ou Orwell. Ce sont tous des cours d'eau. Certains sont des fleuves, d'autres des ruisseaux, mais ils mènent tous au même océan. Cet océan, immense, multiple, où l'on peut se perdre mais aussi se trouver vraiment.
Je dois beaucoup aux livres, à mes livres. Pas tant ceux que j'ai écrits mais ceux que j'ai lus. Ce sont les piliers de mon esprit. Et bien plus important, ils sont les piliers de notre civilisation. Des piliers centenaires parfois mais fragiles, car si on ne les lit plus – et on lit de moins en moins de nos jours dans nos contrées –, ils deviendront plus petits, plus ternes, plus transparents, jusqu'à disparaître sous le tic-tac des horloges et le ricanement des hyènes.
Si vous n'avez pas été initié, lorsque votre esprit était jeune et alerte, au plaisir de la lecture, alors pardon. Pardon pour ce système inique qui vous a spolié de l'essentiel. Nous, Gaulois, aurions dû hurler quand on nous imposait une hérésie scolaire et quand, piloté de l'étranger, un gouvernement félon sciait des branches naguère considérées comme essentielles.
Si vous n'avez pas été initié, lorsque votre esprit était jeune et alerte, au plaisir de la lecture, alors pardon. Pardon pour ce système inique qui vous a spolié de l'essentiel. Nous, Gaulois, aurions dû hurler quand on nous imposait une hérésie scolaire et quand, piloté de l'étranger, un gouvernement félon sciait des branches naguère considérées comme essentielles.
Lire est devenu, dans la France moderne et européiste, synonyme d'une lecture technique, aride, idiote et fade. On lit scolairement un courrier de l'administration, un mail publicitaire, un ticket de caisse. Mais lire, d'un point de vue littéraire, demeure bien plus que cela. Lire, c'est élargir le monde, scier les barreaux du système, se donner la chance de s'explorer vraiment pour découvrir qui l'on est. Et découvrir d'autres pensées que les siennes. Pas des slogans, pas des publicités, pas des lois, mais l'immensité infinie du possible.
Soyez des résistants. Tournez des pages.
(Il me reste pas mal de rayons à explorer, mais ce sera pour une partie 2...)
(Il me reste pas mal de rayons à explorer, mais ce sera pour une partie 2...)





























































