Publié le
5.1.25
Par
Vance
Sur Univers Multiples, on connaît la valeur de Junji Ito, un mangaka aussi inventif que subversif comme se plaisait à l'affirmer notre spécialiste ès manga Tacgnol. Il est vrai que celui qu'on surnomme "le maître de l'horreur nippone" s'est taillé une sacrée réputation avec des titres comme Tomie ou Sensor, se réclamant de grands noms du Fantastique tels Lovecraft ou Stephen King. Il y a pire comme références, voire maîtres à penser. Toujours est-il que sa renommée lui a valu d'être régulièrement adapté, généralement en animation, ce qui lui a permis d'attirer un nouveau public qui l'a découvert par le biais d'influenceurs. De quoi pousser les éditions Bragelonne, par le truchement de leur label spécialisé Mangetsu, à proposer aux aficionados et aux amateurs de curiosités un recueil doctement intitulé Les Chefs-d'œuvre de Junji Ito (en deux volumes).
Comme d'habitude chez cet éditeur, le produit flatte l'œil : une couverture pelliculée et vernie dotée d'une jaquette en papier glacé très lumineuse reprenant un melting-pot de certaines des figures horrifiques de l'ouvrage, dont le foisonnement chamarré tranche avec le dos, plus élégant et sobre avec un titre qui ressort dans une encre métallisée au-dessus du visage inquiétant de l'un des personnages phares de l'œuvre : Fuchi, la mannequin au sourire carnassier.
L'intérieur est d'excellente facture (papier Selena) avec des pages de garde aussi agréables au toucher que dérangeantes à la vue par leur graphisme un peu hypnotique. Ce mélange paradoxal de douceur et d'horreur viscérale fait tout le sel du style particulier de cet auteur. Préface, postfaces (dont une de l'auteur qui commente également chacune des histoires présentées, elles-mêmes accompagnées d'une page de crayonnés tirée de ses carnets personnels), présentation de l'artiste et d'autres de ses œuvres : chaque ouvrage est très richement pourvu. Et c'est sans compter sur la dizaine de nouvelles (dont une histoire courte par volume) qui en constituent l'essentiel.
Pour qui désirerait découvrir Junji Ito, on peut difficilement faire mieux. D'autant que dans le premier tome, les histoires sont rangées dans l'ordre chronologique de leur parution (de décembre 1990 à mars 2003), ce qui permet de mieux analyser l'évolution du style singulier de cet auteur - le second tome vient en complément, avec des récits tout aussi variés et s'étendant sur deux décennies. L'on découvre alors ces dessins clairs, avec des personnages aux visages peu détaillés mais suffisamment expressifs et reconnaissables : généralement des adolescents, parfois de jeunes adultes ou des enfants. Le noir et blanc est dispensé sans effort apparent, les décors et costumes sont sobres, la mise en page plutôt sage même si l'on aperçoit dès les premiers contes quelques cases qui sortent du lot, débordant sur les autres, s'étendant dans la diagonale voire sur la feuille entière. Bien entendu, le sens de lecture choisi par l'éditeur est le japonais (un choix qui se discute, encore une fois), mais l'on s'y fait très vite et on ne se perd pas dans les pages comme cela peut être le cas dans quelques mangas modernes.
Et, petit à petit, on commence à comprendre le fonctionnement d'Ito : il ne faut pas s'attendre à des histoires terrifiantes, à ne pas lire la nuit tombée. La plupart ne devraient même pas engendrer de cauchemars, tout au plus une vague trace éthérée dans notre subconscient. Non, chez lui, l'horreur survient presque banalement, parfois insidieusement : le premier titre fait état d'un disque qui envoûte ceux qui l'écoutent. Dans Le Vieux Vinyle, la peur est absente, on assiste plutôt à une escalade de faits précipités ; le surnaturel n'est pas vraiment expliqué malgré une enquête hasardeuse qui n'est pas sans rappeler le mécanisme du script des Mains du diable. Cela aurait pu être tombé d'un recueil d'Edgar Poe.
L'histoire suivante, Frissons, est nettement plus représentative du "style" Ito : il y a encore un objet maudit (une figurine de jade) mais ce qu'elle entraîne est vraiment plus glauque car les victimes sont atteintes d'une forme d'éruption cutanée "à l'envers" : au lieu de furoncles ou de rougeurs, ce sont des trous qui se multiplient sur la peau. La vision de personnages transformés en gruyère vivant a de quoi déstabiliser, et c'est l'un des axes sur lesquels agit l'auteur : par des mutations, des maladies, des visions cauchemardesques, les corps se déforment, les cous s'allongent, les têtes se multiplient, se superposent ou... s'envolent. À côté de ces récits-là, d'autres, encore plus troublants, nous évoquent des rêves durant une éternité (Un rêve sans fin), des marionnettes qui tirent, littéralement, les ficelles de l'existence de toute une famille (Le Castelet) ou encore, dans le titre le plus écœurant du premier recueil, comment un excès de graisse peut ruiner une famille entière (Lipidémie : plus jamais vous ne verrez l'acné de la même façon !).
Cependant, cette forme d'horreur épidermique, charnelle (qu'on pourrait rapprocher de quelques-uns des films précoces de Cronenberg) n'est pas absolue : il est ainsi arrivé à Ito d'explorer certaines formes de violence plus psychologique, n'induisant aucun paramètre proprement horrifique ou surnaturel. Ainsi, dans la Sadique, il met en scène une jeune fille qui martyrise un gamin dont elle a la charge - un comportement qui aura des répercussions terribles une fois qu'elle deviendra adulte.
Enfin, pour faire bonne mesure, Le Peintre introduit un personnage-clef dans l'univers d'Ito : Tomie, jeune fille qui oblige les artistes qu'elle rencontre à tenter, en vain, de mettre en images ou de sculpter son incommensurable beauté - alors que la moindre photo d'elle révèle un faciès démoniaque se superposant à son visage d'ange. Elle et Fuchi, la "femme-requin" citée plus haut, sont d'ailleurs devenues des figures reconnaissables de la pop culture (et ont leur propre figurine Funko). Le second tome fera ainsi également allusion à elles, y ajoutant Soichi (le garçon qui bouffe des clous et colporte des rumeurs) ou encore la très troublante femme-limace. Ce volume s'achève d'ailleurs par une postface analytique, qui propose une approche aussi surprenante que pertinente de l'oeuvre de cet auteur atypique : la relation à l'être aimé ou à son propre corps constituent sans conteste deux des axes majeurs des histoires de Junji Ito.
Si l'on peut raisonnablement être déçu de ne pas avoir tremblé autant que prévu, on ne pourra nier que ce mangaka a le don de représenter des scènes très glauques, nauséeuses, qui tranchent avec l'ambiance lumineuse et légère de son encrage, la finesse de son trait : le corps du rêveur Tetsurô Mukôda, l'impensable secret de la famille dans La Lignée, l'inéluctable transformation de Yuko, la fin sanglante de Lipidémie ou du Mannequin ont tout de même de quoi hanter vos pensées. Mais ce qui achève de déstabiliser le lecteur, c'est la propension d'Ito à ne pas clore ses histoires, préférant ne pas révéler les origines de tel objet, les conséquences de tels événements, l'avenir de tels personnages. Comme il le dit lui-même, il s'agit d'un choix délibéré, celui de nous laisser le soin d'imaginer la suite. Toutefois, avec le très réussi la Ville funéraire, il lui arrive d'écrire un récit complet qui s'achève en une conclusion aussi logique que satisfaisante.
Certaines de ses histoires rappelleront le Lovecraft des Rats dans les murs, quand elles ne s'aventurent pas dans une forme fuligineuse de la SF comme La Couleur tombée du ciel ou Dans l'abîme du temps. Quant aux Tuyaux hurlants dans le tome 2, on ne peut s'empêcher de repenser à un épisode célèbre des X-Files... En revanche, la structure générale de ses scénarios, le mécanisme de ses intrigues s'apparentent aux nouvelles de Stephen King, effectivement. Avec un traitement parfois presque léger, une forme d'indifférence déroutante.
Une œuvre à part, un artiste singulier et un produit de qualité. Parfait pour les soirées des fêtes de fin d'année !
Une œuvre à part, un artiste singulier et un produit de qualité. Parfait pour les soirées des fêtes de fin d'année !
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Publié le
5.1.25
Par
Nolt
Voilà un ouvrage historique bien particulier puisqu’il s’agit du Hitler de François Delpla.
Nous allons donc parler de la Seconde Guerre mondiale, des nazis mais aussi et surtout du travail, de plus en plus difficile, des historiens sérieux.
Les ouvrages et les documentaires sur la Seconde Guerre mondiale, Hitler ou le nazisme en général ont toujours été très nombreux. Si vous disposez d’un abonnement à une box quelconque, vous n’aurez aucun mal à trouver chaque jour un vague reportage, plus ou moins bien ficelé, sur le sujet.
Malheureusement, tout comme l’information aujourd’hui, qui se devrait d’être neutre, l’Histoire et son étude sont de plus en plus contaminées par des notions idéologiques et des jugements de valeur. Et la période 1933-1945 n’est pas la seule touchée, le Premier Empire, le Moyen Age et même l’Antiquité sont peu à peu dénaturés par des principes qui n’ont rien à faire dans le travail historique.
Bien entendu, cela pose de nombreux problèmes déontologiques, dont celui du but de cette recherche historique.
Sur UMAC, nous sommes encore quelques-uns à estimer que l’Histoire doit être une quête de la vérité, quête presque sans fin puisqu’il doit être possible, dans l’idéal, de recouper, corriger, affiner, jusqu’à obtenir non une vérité absolue et immuable mais, au contraire, une photographie d’une époque qui ne soit pas trop loin de la réalité, qui soit remise dans son contexte et qu’il soit toujours possible de retoucher lorsque de nouveaux éléments sont mis à jour.
Or il est peu de dire que Hitler, quoi que l’on puisse en penser, n’a eu que rarement la possibilité d’être présenté de manière dépassionnée. Bizarrement, alors que l’on s’attendrait à ce que le temps remédie aux excès et aux émotions de l’immédiat après-guerre, c’est l’inverse qui s’est produit. Plus le temps passe, plus la propagande (qu’elle ait un but que l’on juge noble ou pas, là n’est pas la question) s’intensifie. Près de 80 ans après la fin du nazisme, presque aucune étude dénuée de sentiment personnel ne peut être trouvée sur sa montée, son idéologie profonde, ses pratiques, ses mentors ou ses succès et échecs.
Comme si, pour certains historiens, il était plus important de condamner que d’expliquer. Comme si leur but était de montrer patte blanche, en hurlant qu’ils sont de « bonnes personnes », plutôt que de réaliser un travail objectif et pointu.
Car enfin, c’est au lecteur de tirer une conclusion de faits présentés par un historien. L’historien s’attache à être exact, et chaque individu, libre et doué de conscience, estime ensuite ce qu’il doit en penser. Ce n’est cependant pas du tout la démarche la plus courante, de nombreux ouvrages employant le jugement à l’emporte-pièce, voire le mensonge, pour conforter le mythe que leurs auteurs pensent légitime de défendre.
Attention, je ne suis pas en train de dire, évidemment, qu’il faut être « pro-nazi », ça n’aurait aucun sens, mais dans une démarche historique et didactique, le fait d’être « anti-nazi » n’a pas plus de sens, pire, c’est assez peu honorable, car cela tend à prendre le citoyen pour un benêt qu’il faut encadrer.
Heureusement, il existe des exceptions. Notamment La Dernière Guerre (ou histoire controversée de la Deuxième Guerre mondiale), par Eddy Bauer, historien, journaliste et ex-colonel de l'armée suisse, qui, au travers d’un travail aussi massif qu’exceptionnel, rendait compte de la diplomatie et de la stratégie militaire de cette période sans tout ramener au politiquement correct et à la bienséance de salon. Le Hitler de Delpla s’inscrit dans cette logique.
L’ouvrage est-il parfait ? Probablement pas, mais il est de qualité et la démarche de son auteur est louable. Il commence bien entendu avec l’enfance et la jeunesse du Führer, sa période militaire, en pleine Première Guerre mondiale, puis sa prise de contrôle du NSDAP, son arrivée au pouvoir, ses conquêtes et sa chute. Delpla va patiemment démonter certains mythes, toujours colportés par diverses ganaches (Hitler était juif, Hitler n’avait qu’une couille… oui, c’est de ce niveau-là), pour revenir, comme son travail l’exige, aux sources et recouper chaque affirmation. La rigueur est présente et indéniable. De la même manière, l’auteur ne nie pas à Hitler son statut d’être humain ou ses qualités. Cela semble ahurissant de nos jours, après 80 années de lavage de cerveaux, de parler de « qualités » à propos du chancelier du IIIe Reich, mais il est juste impossible qu’il en eût été dépourvu. Cela ne veut pas dire qu’il était sans défauts, mais il ne pouvait pas non plus les avoir tous. Ces dernières années, des reportages de moins en moins « historiques » l’ont qualifié (en vrac) de menteur, drogué, incapable, malade, homosexuel, impuissant, pédophile, voleur, demeuré, etc. Certains éléments sont même contradictoires, et ne sont étayés par rien. Cette mise à plat de Delpla est donc salutaire tant le grand public ne connaît pratiquement que des idées reçues [1] concernant cette période à juste titre qualifiée de "trouble" .
Eh bien, oui et non. Si vous êtes un amateur de cette période historique, vous en connaissez les grandes lignes. À ce niveau, mis à part quelques ajustement mineurs (souvent sur la motivation de Hitler ou d’un personnage ayant joué un rôle à l’époque), vous n’apprendrez donc rien de révolutionnaire. Par contre, la mise en contexte (qui fait si souvent défaut à la plupart des biographies du même genre) est ici remarquable et parfaitement argumentée. Que ce soit pour sa période artistique, son activité réelle pendant le premier conflit mondial ou ses relations avec les puissants de l’époque ou ses subalternes, Hitler bénéficie, peut-être pour la première fois, d’une approche honnête, mesurée et circonstanciée (ce qui, encore une fois, semble presque être un crime, alors que c’est un travail historique normal).
Certains ahanent depuis des lustres que ne pas suffisamment connaître l’Histoire, c’est prendre le risque qu’elle se répète. Outre le fait que pour la connaître, il faudrait alors arrêter de l’emballer dans un prêt-à-penser dangereux, je pense sincèrement que c’est une idiotie. L’Histoire n’est pas cyclique, elle est contextuelle. Des faits, des besoins, des actes, des injustices, des manipulations amènent les forces du moment à devenir sinon majoritaires du moins suffisamment importantes pour faire basculer une situation. Hitler avait des qualités, de stratège, d’orateur, d’idéologue halluciné, et aussi des défauts, une certaine mégalomanie, un manque de souplesse (surtout du point de vue militaire et stratégique), mais ce n’était ni un fou ni un monstre. C’était un homme, souvent brillant, parfois terrifiant, ancré dans son époque et porté par des gens qui l’ont aimé véritablement et ont vu en lui un sauveur, un leader, un dieu presque. De sa politique, vouée à rendre à son peuple ce dont il avait été dépossédé, a découlé bien des souffrances, pour les Juifs, les Allemands eux-mêmes, les Français ou le « brave soldat ricain venu mourir loin de chez lui ». Adolf Hitler est devenu alors une sorte d’épouvantail à moineaux, une manière facile de condamner ce que l’on ne veut pas regarder en face et comprendre.
Mais comprendre Hitler et sa politique est au contraire indispensable pour qui veut appréhender le monde dans lequel il vit et les nombreuses dérives qui, actuellement, limitent nos libertés.
On ne peut comprendre la Seconde Guerre mondiale sans comprendre la Première. Et on ne peut comprendre la Première Guerre mondiale sans comprendre ce qui a découlé de la guerre de 1870 ou de l’épopée napoléonienne. Tout est lié. Et on ne peut comprendre aucun sujet historique sans le remettre dans son contexte et tenter de se mettre à la place de « l’ennemi », du « vaincu », de celui qui est présenté comme « méchant » et porteur de tous les défauts de la Terre.
Ce qui se passe aujourd’hui est directement lié à ce qui s’est passé hier. C’est en jouant sur vos méconnaissances et des opinions présentées comme indéboulonnables que des dirigeants sans scrupules et pas aussi démocratiques qu’ils veulent bien le dire se permettent de jouer aux dés avec vos vies.
Mais tant qu’il y aura des auteurs, des historiens, des érudits avec des neurones en état de fonctionnement et un certain courage intellectuel, alors, les ténèbres et leur ode à l’ignorance et la facilité ne seront jamais totales.
Ce n'est pas seulement Hitler que l'on comprend mieux en lisant l'ouvrage de Delpla, mais l'importance d'une quête du vrai dans un métier essentiel : celui qui consiste à enseigner, à ceux qui ne l'ont pas vécu, un passé récent ou lointain, bardé de tares, d'imprécisions, de mensonges, de faits revisités et d'opinions personnelles.
Delpla et les siens ne sont pas seulement des passeurs d'histoire, mais des chercheurs de pépites. Comme les chercheurs d'or, ils tamisent, ont les mains et les pieds dans la boue, œuvrent à trouver la vérité qui pourrait briller et se révéler au sein d'une eau polluée et charriant des monceaux de pierres sans intérêt. Mais contrairement à bien des quidams risquant leur vie naguère et s'enfonçant dans un Yukon hostile et froid, ils ne le font pas par appât du gain. Ce qu'ils recherchent est plus noble, plus important aussi qu'un métal doré et rare. Ce qu'ils tentent de nous transmettre, c'est une parcelle de passé. Un bien plus précieux que l'or et qui est indispensable quand on souhaite se forger une opinion ou prendre une décision.
Ce n'est pas seulement Hitler que l'on comprend mieux en lisant l'ouvrage de Delpla, mais l'importance d'une quête du vrai dans un métier essentiel : celui qui consiste à enseigner, à ceux qui ne l'ont pas vécu, un passé récent ou lointain, bardé de tares, d'imprécisions, de mensonges, de faits revisités et d'opinions personnelles.
Delpla et les siens ne sont pas seulement des passeurs d'histoire, mais des chercheurs de pépites. Comme les chercheurs d'or, ils tamisent, ont les mains et les pieds dans la boue, œuvrent à trouver la vérité qui pourrait briller et se révéler au sein d'une eau polluée et charriant des monceaux de pierres sans intérêt. Mais contrairement à bien des quidams risquant leur vie naguère et s'enfonçant dans un Yukon hostile et froid, ils ne le font pas par appât du gain. Ce qu'ils recherchent est plus noble, plus important aussi qu'un métal doré et rare. Ce qu'ils tentent de nous transmettre, c'est une parcelle de passé. Un bien plus précieux que l'or et qui est indispensable quand on souhaite se forger une opinion ou prendre une décision.
Un véritable travail historique ne peut être manichéen ou monochrome. C'est cela qui le différencie de la propagande. Le propagandiste s'adresse à la foule et à ses sentiments. Son propos est brutal et satisfaisant. L'historien, lui, s'adresse à l'individu et son intellect. Son propos est subtil et agaçant (parce qu'il ne recouvre jamais parfaitement ce que l'on voudrait qu'il cache).
Le propagandiste a son utilité en temps de guerre. Mais en temps de paix, il est plus sage de lui préférer l'historien. Parce que c'est censé être celui qui ne ment pas. Et qui a vraiment envie qu'on lui mente une vie durant ?
Le propagandiste a son utilité en temps de guerre. Mais en temps de paix, il est plus sage de lui préférer l'historien. Parce que c'est censé être celui qui ne ment pas. Et qui a vraiment envie qu'on lui mente une vie durant ?
Le Hitler de Delpla va gratter un peu si vous avez une vision déformée du monde, mais quelques démangeaisons ne sont pas cher payé pour qui veut voir le réel et non sa version édulcorée et transformée par des gens qui ne poursuivent pas forcément de nobles buts.
![]() |
| Carte issue du colossal ouvrage "La Dernière Guerre", publié en 40 volumes illustrés par les Édtions Atlas. |
[1] Les grands clichés concernant la Seconde Guerre mondiale sont presque tous faux :
- « Sans les Américains, on parlerait allemand » : FAUX
En réalité, même si l’on ne peut minimiser l’apport des États-Unis, notamment en termes industriels, sans le débarquement allié du 6 juin 1944, l’Allemagne aurait tout de même perdu la guerre (elle est perdue dans les faits depuis 1943 et la bataille de Koursk) et les Européens se seraient retrouvés sous domination soviétique. C’est pour ne pas laisser l’URSS contrôler toute l’Europe que les Américains interviennent.
- « Ce fut un affrontement entre les tenants de la liberté et les racistes » : FAUX
À cette époque, tous les pays ont plus ou moins des éléments « racistes » dans leur mode de fonctionnement. Les États-Unis notamment vont conserver la ségrégation raciale jusqu’en… 1964, ils ne viennent donc pas affronter des « méchants racistes » dont ils condamneraient l'idéologie.
- « La bataille des Ardennes a failli remettre le Reich en selle » : FAUX
Même si la météo avait favorisé la contre-offensive allemande pendant quelques semaines de plus, l’armée allemande est à cette période en déroute, elle ne dispose plus de carburant pour ses chars ou de munitions pour ses soldats, et son aviation est exsangue. C’est un sursaut symbolique, pas une possibilité de renverser le cours de la guerre.
- « Hitler voulait conquérir le monde entier » : FAUX
Le nazisme est une idéologie purement germanique qui ne peut s’exporter pour tout un tas de raisons. Hitler voulait surtout conquérir un « espace vital » à l’Est, et en cas de victoire totale, il aurait sans doute lorgné sur quelques colonies, mais la conquête du monde n’était pas dans ses objectifs (et aucun élément, écrit ou rapporté, ne permet de défendre une telle hypothèse).
- « Les nazis étaient des suppôts du Mal » : FAUX
Personne ne se voit comme l’incarnation « du mal », les nazis – aussi détestable que soit le souvenir que certains en gardent (des gens qui ont réellement souffert) – avaient (de leur point de vue) de nobles aspirations. Ils étaient même en avance sur leur temps dans le domaine de la protection animale ou du respect de la nature. Ils voulaient également mettre fin aux pratiques usuraires et aux dérives de la finance. Tout n’est pas « mauvais » ou faux parce que la personne qui défend une idée est conspuée depuis des années. Si Hitler avait émis l’idée que la neige était froide, il aurait raison, encore aujourd’hui.
- « L’occupation a été une période terrible en France » : FAUX
Les soldats de la Wehrmacht ou ceux de la Waffen-SS avaient tous l’ordre de bien se comporter en France, qui faisait partie des pays « respectés » par l’idéologie nazie (et qui n'avait pas vocation à être intégrée au Reich, au contraire de la Moselle et de l'Alsace, qui sont des terres historiquement germaniques). Des manuels décrivant les mœurs françaises (très différentes à l’époque de celles de la populace germanique) et la meilleure façon de se comporter avaient même été distribués aux troupes d’occupation. Bien entendu, la Gestapo (littéralement, « police d’État ») a traqué ensuite ce que l’on appelle aujourd’hui des « résistants » et qui n’étaient, de son point de vue, que des terroristes qui assassinaient des officiers ou des soldats en permission. Quand la situation a commencé à très largement échapper aux troupes allemandes, c'est alors que des débordements et des massacres ont eu lieu. Ils sont condamnables, mais ces débordements et massacres ne proviennent pas de l'occupation en elle-même, civilisée, mais de la déroute, toujours bestiale, quelle que soit la nationalité de celui qui la subit.
- « Ce sont les forces de l'Axe qui déclenchent une guerre à grande échelle » : FAUX
Ce sont le Royaume-Uni et la France qui déclarent la guerre à l'Allemagne après l'intervention des troupes du Reich en Pologne. Techniquement, ce n'est donc pas l'Allemagne qui plonge l'Europe dans un conflit généralisé, bien que son expansion territoriale soit évidemment un élément déclencheur. De la même manière, alors que Pearl Harbor est souvent représenté dans l'inconscient collectif comme une odieuse et injustifiée attaque japonaise contre les États-Unis, en réalité, cette attaque est la conséquence de lourdes sanctions économiques imposées au Japon par les Américains. Les responsabilités sont donc partagées et rarement imputables à une seule nation.
Ce sont le Royaume-Uni et la France qui déclarent la guerre à l'Allemagne après l'intervention des troupes du Reich en Pologne. Techniquement, ce n'est donc pas l'Allemagne qui plonge l'Europe dans un conflit généralisé, bien que son expansion territoriale soit évidemment un élément déclencheur. De la même manière, alors que Pearl Harbor est souvent représenté dans l'inconscient collectif comme une odieuse et injustifiée attaque japonaise contre les États-Unis, en réalité, cette attaque est la conséquence de lourdes sanctions économiques imposées au Japon par les Américains. Les responsabilités sont donc partagées et rarement imputables à une seule nation.
- « Les Allemands ont commis des crimes de guerre » : VRAI et FAUX
La notion de « crimes » de guerre est en soi particulière, mais surtout elle dépend uniquement du fait qu'un belligérant soit ou non vainqueur. Si les Allemands ont commis des crimes, notamment à l'encontre de la population juive, ils ne sont évidemment pas les seuls. Les Américains, avec l'emploi de bombes atomiques sur une population civile ou la destruction totale de villes européennes afin de les « libérer » par des bombardements massifs, sont au moins tout aussi coupables de crimes atroces. D'ailleurs, durant le procès de Nuremberg, l'un de leurs généraux dira : « Heureusement que nous avons gagné, sinon c'est nous qui serions assis sur le banc des accusés. » Les Soviétiques, eux, allaient même jusqu'à tirer sur leur propres soldats quand ceux-ci se repliaient. Et toutes les armés ont commis des viols et des exécutions sommaires. Bref, une guerre, c'est rarement propre. Les rôles de « gentils » et de « méchants » sont attribués a posteriori et ne reflètent que très imparfaitement la réalité, toujours plus complexe et non-manichéenne.
La notion de « crimes » de guerre est en soi particulière, mais surtout elle dépend uniquement du fait qu'un belligérant soit ou non vainqueur. Si les Allemands ont commis des crimes, notamment à l'encontre de la population juive, ils ne sont évidemment pas les seuls. Les Américains, avec l'emploi de bombes atomiques sur une population civile ou la destruction totale de villes européennes afin de les « libérer » par des bombardements massifs, sont au moins tout aussi coupables de crimes atroces. D'ailleurs, durant le procès de Nuremberg, l'un de leurs généraux dira : « Heureusement que nous avons gagné, sinon c'est nous qui serions assis sur le banc des accusés. » Les Soviétiques, eux, allaient même jusqu'à tirer sur leur propres soldats quand ceux-ci se repliaient. Et toutes les armés ont commis des viols et des exécutions sommaires. Bref, une guerre, c'est rarement propre. Les rôles de « gentils » et de « méchants » sont attribués a posteriori et ne reflètent que très imparfaitement la réalité, toujours plus complexe et non-manichéenne.
PS : cet article est publié dans la catégorie "roman", mais il faut bien entendu comprendre par là "livre", puisqu'il s'agit d'un ouvrage historique et non de fiction.
Publié le
4.1.25
Par
Nolt
Retour sur la récente et très prometteuse Collection Deluxe de Picsou Magazine hors-série.
Seulement deux numéros sont parus à ce jour (en novembre 2023 et novembre 2024) mais cette nouvelle gamme (du groupe Unique Heritage Media) impressionne déjà par la qualité de son contenu et sa présentation relativement "luxueuse" pour une publication kiosque.
Ces magazines reprennent des histoires complètes et relativement longues de Donald, Mickey et toute la bande Disney. Histoires ayant la particularité d'être inspirées par des classiques. Le premier tome reprenait ainsi Les Misérables et Hamlet, le deuxième est consacré à Orgueil et Préjugés et Sherlock Holmes (plus précisément, Une Étude en Rouge).
Ces adaptations peuvent être très récentes (2018 et 2024 pour le tome 2) ou plus anciennes (1960 et 1989 pour le tome 1) et sont bien entendu relativement libres. Si le côté sombre d'un Hamlet va par exemple être relativement aseptisé, d'autres récits, comme l'adaptation du roman de Jane Austen, retranscrivent particulièrement bien l'esprit de l'œuvre originale. Signalons d'ailleurs qu'il s'agit ici de scénaristes italiens, de véritables orfèvres lorsqu'il s'agit d'employer ces personnages dans des sagas ambitieuses et originales (cf. MacDanold ou Fantomiald).
Niveau graphisme, si les dessins sont toujours de bonne tenue, la colorisation est bien sûr beaucoup plus jolie et subtile lorsqu'il s'agit de travaux récents (les moyens techniques des années 2010 ou 2020 n'étant évidemment pas ceux de 1960 ou même des années 80).
Outre les deux histoires complètes par tome, ceux-ci proposent également de magnifiques illustrations pleine page en bonus, ainsi qu'un rédactionnel revenant sur les œuvres littéraires abordées.
Le tout est très joliment présenté, sur du papier mat de qualité (rien à voir avec le papier un peu cheap du Journal de Mickey par exemple), et arbore une couverture souple avec des éléments en relief.
Pour 12,95 euros, voilà des comics qui, tout en ayant augmenté leur standard de qualité au niveau de la forme, respectent le côté (historiquement) financièrement abordable de ces publications.
Une série réellement collector, au contenu soigné.
Publié le
3.1.25
Par
Vance
C'est donc sur la période de Shaïgan-sans-merci que le duo d'artistes a jeté son dévolu - à moins que cela n'ait été imposé par l'éditeur, difficile à savoir. Replaçons-la donc dans son contexte. Après maintes tribulations et la naissance de sa fille Louve, Thorgal pensait vivre des jours heureux avec sa famille, de retour au pays, dans le clan de Vikings du Nord où Aaricia et lui avaient grandi. Mais le destin s'acharna encore sur l'Enfant des Étoiles avec l'irruption d'un ancien adversaire qui se fit passer pour lui et causa grand tort à sa famille et ses pairs (cf. la Gardienne des Clefs). C'est alors qu'il prit une décision capitale (et, comme souvent chez lui, très hasardeuse) : puisque les dieux persistent à lui mener la vie dure, et pour éviter que ses enfants et sa femme en pâtissent, il opte pour l'exil. Le temps, comme il l'affirme en un pathétique argument, que "les dieux l'oublient". Sur les routes, il croise son lot de mécréants et bandits, voire d'apprentis potentats, mais surtout celle de sa meilleure ennemie, l'inusable Kriss de Valnor (cf. L'Épée Soleil), impitoyable aventurière qui a jeté son dévolu sur celui qu'elle considère comme le meilleur archer qu'elle ait croisé, persuadée qu'avec lui elle pourra régner sur la Terre entière. Sauf que Thorgal vit suivant des principes totalement opposés aux siens, et il ne l'acceptera à ses côtés qu'un temps avant qu'une mystérieuse sorcière lui propose de mettre enfin un terme à sa funeste destinée en lui permettant d'effacer son nom des tablettes divines (cf. La Forteresse invisible) - ce qui effacera également, pour le coup, sa mémoire, une aubaine pour Kriss qui s'empressera habilement de lui faire croire qu'il est un impitoyable chef de guerre nommé Shaïgan et qu'elle est sa noble et fidèle compagne. La friponne !
Le but de l'album Shaïgan est donc de retranscrire les événements se déroulant pendant les deux tomes suivants de la série régulière (La Marque des bannis et La Couronne d'Ogotaï) au cours desquels nous suivions cette fois les mésaventures de la famille de Thorgal, tandis que ce dernier, amnésique, écumait les mers et rançonnait les territoires côtiers, avec pour objectif de s'achever pile au moment où commence le volume suivant, Géants, lorsque notre héros finit par retrouver la mémoire. Les seuls éléments dont nous disposions jusque lors étaient le témoignage d'un survivant désignant Thorgal comme étant celui qui dirige les troupes de Shaïgan (témoignage qui s'était avéré en partie faux, et destiné uniquement à faire bannir Aaricia) et quelques planches nous montrant un Thorgal perplexe, commençant à se lasser de cette vie de rapines, de combats et de pillages, et surtout désireux de retrouver ses souvenirs oblitérés.
C'est sur la base de ces indices que Yann a élaboré son scénario : nous retrouvons donc le Viking à la cicatrice à la tête d'une troupe de féroces guerriers, flanqué de l'irréductible Kriss de Valnor et de sa garde rapprochée (des combattantes qui rappellent les shield-maiden de la série TV Vikings). Dès les premières cases, on le trouve ainsi en proie au doute : les raids incessants, la vente d'esclaves, l'accumulation des richesses lui semblent vains, et surtout ne le contentent pas autant que sa cruelle compagne. Celle-ci doit déjà composer avec ses réticences et calmer les frustrations de ses lieutenants qui en veulent davantage et préfèreraient profiter de la fin d'une saison propice afin d'aller piller les riches territoires des îles britanniques. Ces Vikings ont soif de sang et d'or, et leur puissant Shaïgan montre de moins en moins d'empressement à étancher cette soif. D'autant que son amnésie le travaille : dans le visage de cette jeune nonne aux cheveux blonds ou de cet enfant abandonné, n'entrevoit-il pas quelque chose qui lui rappellerait des souvenirs perdus ? Ces brefs instants seront de toute façon interrompus par Kriss, toujours sur ses gardes, qui mettra un point d'honneur à se débarrasser de tout individu susceptible de réveiller la mémoire de son compagnon.
Alors, sur les conseils d'un sorcier qui a su lire dans les runes gravées à même la paume de notre héros sa véritable identité, Thorgal/Shaïgan entreprendra une expédition destinée à récupérer une épée légendaire enfouie dans un tombeau inexpugnable, ceci afin de s'en servir comme monnaie d'échange contre la révélation de ses souvenirs et de son véritable nom. Le script n'est pas avare en rebondissements, coups du sort et péripéties. La liste des cadavres s'allonge et Thorgal frôle la mort de nombreuses fois. Il usera de ses talents de guerrier hors pair mais également de ses facultés de déduction pour parvenir à ses fins, même si sa naïveté et sa générosité intrinsèques lui vaudront pas mal de désillusions. Le lecteur habitué de la saga retrouvera les références glissées avec méticulosité, comme le stratagème monté par Kriss pour que les Vikings du Nord soient informés de l'identité de Shaïgan - et s'en prennent en retour à sa femme. Au lieu du panthéon nordique des précédents albums, on a droit à une ancienne légende et à des... morts-vivants !
Un récit riche d'exploits mais qui risque pourtant de déplaire à une partie du lectorat. D'abord parce que les dessins de Surzhenko, pourtant appliqués, peinent terriblement à égaler ceux de Rosinski : la mise en page est sage et manque de dynamisme, le découpage est académique mais surtout les personnages manquent de grâce. Kriss, par exemple, n'a pas le charme farouche et juvénile des albums cités plus haut, et est dotée qui plus est de pourpoints et de tenues qui ne la mettent pas en valeur. La palette de couleurs manque de profondeur (on est loin des planches peintes qui ont valu de nombreux prix à son dessinateur) et on sent également une volonté manifeste de réorienter le récit vers le grand public : la cruauté pourtant omniprésente des paroles et des actes apparaît ici voilée, attendrie. Alors que les références à la culture nordique sont beaucoup plus présentes (l'auteur insère bien davantage de noms à consonance norroise que ne le faisait Van Hamme, le créateur de la série, ce qui sied manifestement à un public qui s'est abreuvé à des séries comme Vikings ou The Last Kingdom), on n'a que rarement un aperçu de la violence de ces sociétés. C'est d'autant plus étonnant que les derniers épisodes de la série régulière semblaient au contraire à la fois plus noirs et plus sanglants. Cela reste tout de même agréable à parcourir et est parfaitement rythmé.
Cependant, l'écriture des personnages pose problème, surtout celle du couple vedette. On voit un Thorgal tour à tour hésitant à procéder à des massacres puis se comportant comme un pourceau sans vergogne. Quant à Kriss, elle apparaît nettement plus monolithique que dans les albums précités, toute de fierté et de haine et déjà terriblement suspicieuse à l'égard de son amant. On n'a pas l'impression de voir cette héroïne paradoxale, impitoyable et solitaire, dont la seule faiblesse était d'être tombée amoureuse d'un homme aux idéaux strictement opposés aux siens. Quelque chose ne "colle" pas dans leurs dialogues et on finit par se lasser de voir Thorgal se faire rabrouer par une Kriss systématiquement en colère. En revanche, Yann a su plutôt malicieusement insérer un élément dans la vie de la jeune femme qui s'avèrera crucial pour les albums qui marqueront la fin de l'ère Van Hamme (Kriss de Valnor et Le Sacrifice).
Au final, voilà un album moins formellement réussi que Wendigo, un peu maladroit, mais qui permet de retrouver quelques bribes de cette magie délicieuse qu'on ressentait en parcourant les aventures de notre Viking préféré.
| + | Les points positifs | - | Les points négatifs |
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Publié le
1.1.25
Par
Virgul
Toute l'équipe vous souhaite une bonne et heureuse année 2025 !
Une année hautement symbolique pour UMAC puisque le site débute sa vingtième saison. Voilà près de 20 ans que nous mettons en avant le meilleur (et le pire parfois) des BD, romans, jeux de rôles, séries ou films qui nous ont passionnés.
Il est donc temps, pour célébrer ce long parcours, de vous offrir une mini-rétrospective.
À bientôt pour une année pleine de découvertes et de belles lectures !
Tout d'abord, si vous ne nous connaissez pas, il est peut-être bon de commencer par nos dossiers, notamment notre Best-Of Comics, le Bêtisier Marvel ou encore notre dernier dossier en date, consacré à Jean-Michel Charlier.
Si au contraire vous faites partie de nos lecteurs historiques, voilà un petit retour en arrière, plein de nostalgie.
Le premier article UMAC, en 2006. À l'époque, Nolt est le seul rédacteur et l'interface est celle de blogspot. Par la suite, l'arrivée de Tryixie, qui a entièrement codé le nouveau site, nous permettra de passer à la version actuelle. Merci également à elle pour l'illustration d'ouverture célébrant nos 20 ans !
Par la suite, avec l'arrivée de Sergio, UMAC va accueillir sa mascotte, alias Virgul (dont nous vous conseillons les Parenthèses). Un chat aussi sympathique que caractériel.
Virgul, qui dans un premier temps se contente de donner la tendance d'un article dans le tableau récapitulatif présent à la fin du texte, va rapidement prendre de l'importance et revêtir de nombreuses tenues. En voici quelques exemples.
Pour la 10e saison, nous avions organisé un grand concours et distribué de nombreux lots, car nous sommes bienveillants, généreux et sympathiques.
Au fil du temps, nous avons également laissé libre cours à notre esprit facétieux en proposant moult poissons d'avril, comme la suite de Kaamelott en vignettes de Vache qui Rit et jeu Mégadrive (la jaquette du jeu a été réalisée par Sergio, la pub Vache qui Rit a été conçue par Tryixie), ou encore un beau recueil Panini consacré à sa traductrice phare, la si célèbre Geneviève.
Toujours grâce au talent de Sergio pour la partie dessin (et une colorisation de Nolt), nous avons également lancé une série de scènes humoristiques (24 en tout) basée sur la pop culture et... les résolutions de début d'année. Voici quelques-unes des illustrations (sans les dialogues).
Eh bien voilà pour cette petite rétrospective évoquant deux décennies et près de 3000 articles et dossiers abordant des sujets aussi variés que les contes, les flingues, la spiritualité, les éditions collector, les histoires vraies encore plus folles que la fiction, la littérature jeunesse, récente ou plus ancienne, les pépites des années 80, les romans qui font frissonner, les figurines ou encore Jean-Claude Van Damme.
Nul doute que les années à venir nous apporterons encore de quoi nous réjouir et nous émouvoir. Une page se tourne, mais d'autres restent à lire.
Bonnes lectures mes amis. Et soyez heureux.
Bonnes lectures mes amis. Et soyez heureux.
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| Quelques exemples des nouvelles tenues de Virgul, notre mascotte. |












































