Publié le
4.3.18
Par
Virgul
Vous le savez, je me transforme parfois en super-chat. Ou plutôt en Captain UMAC. Mais si, regardez le logo du site. En haut, vous voyez ? Je porte un masque, mais c'est moi. Cependant, malgré mes pouvoirs, je suis loin d'égaler le détenteur d'une réelle puissance cosmique. Et c'est de cela que l'on parle aujourd'hui les matous !
Et la Puissance fut !
Captain Universe, contrairement à ce que ce nom laisse penser, n'est pas un personnage mais plutôt un... état. En effet, il y a eu de nombreuses incarnations de Captain Universe dans l'univers Marvel. Spider-Man, X-23, Hulk ou encore Susan Richards, des Fantastic Four, ont tous endossé ce rôle à un moment ou un autre. Mais du coup, qu'est-ce que c'est que ce truc exactement ?
Eh bien, à la base, il faut revenir un peu sur la Force Enigma, qui est une force heu... énigmatique ? Oui, mais pas tant que ça. L'on sait qu'il s'agit d'une énergie cosmique, liée au Microvers et dotée d'une sorte de volonté propre, qui peut investir un hôte et lui conférer des pouvoirs (ou des pouvoirs supplémentaires si la personne a déjà des capacités surhumaines) que l'on appellera l'Uni-Pouvoir pour faire simple.
Ces pouvoirs varient sensiblement selon l'hôte, voire même les circonstances, mais en général, si vous faites partie des rares et heureux élus, vous pourrez manipuler la matière au niveau moléculaire, balancer des rafales d'énergie, voler, obtenir des dons de télépathie, bénéficier de sens boostés et j'en passe !
Il y a moyen de s'amuser, non ?
Bon, remarquez, en général, vous ne devenez Captain Universe que lorsque la situation craint déjà un peu. Il y a un truc qui cloche, ça pue du cul sévère, hop, la Force Enigma file les clés de l'Uni-Pouvoir au premier clampin qui passe. En ce qui concerne les menaces à gérer, c'est très variable, ça peut aller d'un simple détournement d'avion, qui va se régler les doigts dans n'importe quel orifice libre, au truc un peu plus corsé, comme intercepter un missile nucléaire ou empêcher la fin du monde en évitant une fusion de deux dimensions. C'est quand même très large comme éventail, un peu comme si on te filait un flingue et que les missions allaient de "empêcher une bagarre dans la cour de l'école" à "mettre fin à toute activité criminelle en s'attaquant seul à la mafia". Ce n'est pas tout à fait le même niveau d'emmerdes à la clé.
Au niveau éditorial, l'apparition de Captain Universe date de 1979, dans l'épisode Micronauts #8, paru en VF dans le troisième numéro des Micronautes, chez Artima. C'est alors un astronaute, Ray Coffin, qui est investit de l'Uni-Pouvoir. Outre les personnages déjà cités, le Dr Strange, le Fléau et même Deadpool ont pu tester l'étendue de ces pouvoirs cosmiques.
Pour vous faire une idée de l'apparence du Tisseur dans ce rôle, vous pouvez jetez un œil à notre dossier sur les costumes de Spidey. Vous pouvez également découvrir d'autres exemples dans les illustrations ci-dessous, dont la charmante Susan Richards.
Miaw !
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| Un boost cosmique pour le Silver Surfer... en avait-il vraiment besoin ? |
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| Le plus puissant - et sexy ! - membre des Fantastic Four devient Captain Universe. |
Publié le
3.3.18
Par
Nolt
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| [1] |
Le concept de doublethink est peut-être l'un des plus fascinants et des plus terrifiants de la littérature. Lorsque George Orwell le met en place dans son 1984, au côté de la tout aussi fascinante novlangue, il ne se rend peut-être pas compte à quel point il va aborder un domaine essentiel de la psychologie : faire cohabiter deux notions contradictoires en supprimant les éventuels conflits qui pourraient surgir d'une telle rencontre.
Dans le monde de Big Brother, une telle notion est effrayante. Appliquée à la continuité des séries fleuves de nos comics, elle devient nécessaire. Presque agréable.
Rappelons d'abord à quoi la doublepensée se rattache de prime abord. Elle est profondément liée au concept de novlangue qui consiste à supprimer le plus grand nombre de termes pour n'en garder qu'un seul. Ainsi, "bon" et son contraire, "inbon", vont remplacer des dizaines de mots, comme excellent, mauvais, savoureux, agréable, irritant, déplacé, magnifique... il s'agit là d'une application dérivée de la doublepensée. Le Mal n'existe plus puisqu'il ne subsiste alors que le Bon et son absurde compagnon, l'Inbon. Un tel système linguistique implique évidemment une perte effroyable de concepts, d'idées, d'opinions, liée au naufrage des mots qui les sous-tendent.
Mais laissons là la novlangue et ses atrocités syntaxiques pour nous concentrer sur la non moins terrible doublethink. Le système politique, au centre de la dystopie du roman d'Orwell, a besoin de maintenir le peuple sous contrôle. Pour cela, l'Océania, en guerre perpétuelle contre les autres puissances du moment, doit maintenir l'illusion de la "noble cause". L'ennemi d'aujourd'hui doit avoir été l'ennemi d'hier. Et l'allié de demain nécessitera d'effacer, des écrits et souvenirs, son ancien rôle d'adversaire. Pour effectuer ce travail, et réécrire le passé, les journaux et les livres d'Histoire, le gouvernement en place a besoin de fonctionnaires qui connaissent ses mensonges et réécrivent ses vérités. Pour autant, ces soldats dévoués ne peuvent être tous systématiquement éliminés. Il leur faut donc appliquer la doublepensée dans leur travail quotidien. Un individu, grâce à ce principe, peut donc avoir connaissance d'un fait, l'identifier comme non acceptable, le réécrire, et identifier la réécriture de ce même fait comme une vérité absolue ayant toujours été admise. Si une trace de la vérité dans son état premier survient, la doublepensée permet à l'agent de l'identifier, de la corriger, sans jamais perdre foi en la nouvelle interprétation que lui-même en donne. C'est, en littérature, un coup de génie, en psychologie, ce sont là les prémices de la dissonance cognitive.
Cette dissonance cognitive, moins romancée, plus âpre, oblige l'individu à adapter ses croyances ou attitudes selon les éléments qu'il perçoit. Les faits ne pouvant être modifiés dans notre monde (contrairement à celui d'Orwell), la dissonance se doit d'être réduite par modification graduelle de l'opinion ou du comportement. Il s'agit alors d'une réécriture, non de l'Histoire d'un pays, mais de la Foi d'un individu ou, tout au moins, de son système de pensée. Plutôt que de se briser, la pensée consciente s'adapte et développe une souplesse permettant de prendre en compte des données qu'elle refusait d'intégrer auparavant.
Le fait de modifier volontairement notre opinion afin de gommer les contradictions issues de faits incompatibles entre eux est au cœur de la continuité de nos comics, habitués à la réécriture de réalités malmenées sur plusieurs décennies.
Prenons un exemple tout simple. Dans le marvelverse, Tony Stark, alias Iron Man, a conçu sa première armure alors qu'il était captif des vietnamiens pendant l'intervention US en Asie du Sud-Est. Conserver un tel pitch serait, aujourd'hui, rendre le personnage incroyablement âgé puisque, tout comme dans la réalité, les présidents des États-Unis se sont succédés dans l'univers 616 jusqu'à aujourd'hui.
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| Évolution radicale pour Tête de Fer. |
Suivant le contexte, nous saurons quoi garder, quoi mettre de côté, et nous pourrons, si tout se passe au mieux, faire comme si de rien n'était. Coexistent alors au sein d'un même esprit (le nôtre) deux concepts contradictoires que nous nous efforçons de gérer au mieux afin d'en annuler les effets indésirables.
Il s'agit d'un processus de réduction de la dissonance cognitive appliqué à la fiction.
Soit un mécanisme fort confortable permettant au lecteur de corriger les incohérences liées aux très longues séries ou aux insuffisances éditoriales. Pour continuer à se placer dans le présent de la fiction, le lecteur se doit de corriger automatiquement les anachronismes qui découlent du passé de cette même fiction. Et pour être pleinement dans l'histoire, il se doit d'oublier cette correction et de vouer une réelle croyance aux nouveaux faits réinterprétés.
Dans ce cas précis, il ne s'agit pas d'un renoncement moral ou d'un acte d'abandon à un système mais bien d'un processus naturel permettant de ne pas rompre le lien entre auteurs et "récepteurs" au sens large. Ce n'est pas une entité étatique qui aliène ses citoyens mais bien deux sujets qui poursuivent un même but et sont acteurs d'une non-rupture de la continuité.
Nous parlons presque exclusivement de continuité pour les deux géants de l'édition américaine que sont DC Comics et Marvel, mais nous en oublions des bizarreries bien européennes.
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| Quelques modèles de la gamme Vaillante. |
La même gymnastique peut se retrouver sur des séries comme Michel Vaillant, ou un même pilote va conduire des antiquités et les plus récentes Formule 1, sans aucune explication ou "remise à niveau" de la part des scénaristes.
Dans d'autres cas, le contexte et le temps "figé" vont jouer en faveur du statu quo. Les Tuniques Bleues par exemple ne vieillissent pas parce que l'histoire est liée à la guerre de sécession, autrement dit une période très précise (en l'occurrence, de 1861 à 1865). Pour les séries qui ont un début et une fin, comme XIII, évidemment le problème ne se pose pas.
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| En quelques dizaines d'albums, époque et zincs ont bien changé... |
En BD, le système presque naturel du doublethink semble donc être un joli compromis en ce qui concerne les on-goings s'étalant sur de nombreuses années. Attention tout de même.
S'il faut manipuler des faits contraires tout en oubliant parfois leur existence, il s'agit là d'un confort purement artistique et fictionnel. Si dans 1984, la doublepensée se termine par la capitulation de Winston, qui va jusqu'à trahir Julia sous la torture, dans la réalité, nous ne souhaitons qu'un peu de sens dans nos lectures.
Orwell, lui, a dit, par l'intermédiaire de Winston, que "la liberté est la liberté de dire que deux plus deux font quatre".
C'est logique, essentiel, sensé. Et terriblement précieux.
Bien souvent aujourd'hui, certains faussent les additions, réécrivent l'Histoire, réinterprètent des faits anciens. Et ce faisant, ils mordent sur nos libertés. Pour de vrai.
D'autres, dans un univers purement fictionnel, nous demandent parfois de fermer les yeux sur la manipulation des chiffres. Pourquoi pas ? Nous pouvons bien concéder un peu de logique à la magie des planches.
Courber la réalité, la plier à nos besoins, permet alors de profiter pleinement des sagas passées tout en conservant à nos héros un âge approprié à leurs activités contemporaines. Une jolie façon de tricher en quelque sorte, sans que, pour une fois, personne n'ait trop à s'en plaindre.
Grâce à la doublepensée, Spider-Man peut assister aux manifestations étudiantes de la fin des années 60 et, avec la même crédibilité, être présent sur les décombres encore fumants du World Trade Center en n'ayant vieilli que de quelques années. Pour épargner au Tisseur et à ses illustres collègues l'affront du temps qui passe ou le ridicule de la contradiction, nous sommes devenus des Winston au service d'une douce Océania.
Et que les fans d'Orwell se rassurent, nous, nous ne sacrifierons pas de Julia. Peut-être juste une Mary Jane à l'occasion (cf. la partie Amazing Spider-Man de notre dossier Straczynski), mais ce sont là une histoire et des impératifs bien différents...
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[1] Crédit image : RockLou (Douglas Gavelin), via DeviantArt.
[2] Infographie par Christian Tate, texte de Owen Williams.
Publié le
2.3.18
Par
Nolt
Suite de notre tour d'horizon des meilleurs comics (cf. notre dossier Best Of) avec WE3, une œuvre tragique mettant en scène d'adorables bestioles.
Bandit, Tinker et Pirate auraient pu continuer à couler des jours paisibles au sein des familles qui les aimaient, malheureusement, ils ont été enlevés. Aujourd'hui, ils ne sont plus que des numéros.
1, 2 et 3 sont des prototypes destinés à atteindre l'objectif du "zéro mort" sur les champs de bataille humains. Implants, exosquelettes et améliorations en tout genre ont fait d'eux un véritable arsenal sur pattes. Ils ont même acquis un langage basique, une intelligence presque... humaine.
Quand les tests se terminent et que la deuxième phase s'engage, 1, 2 et 3 deviennent obsolètes. Sacrifiables.
L'une des scientifiques responsables du projet, prise de remords, les laisse s'enfuir. C'est alors toute l'armée US qui se lance à leur poursuite. Aidée, bien sûr, par quelques molosses de guerre. 1, 2 et 3 vont devoir se battre. Encore. Pour leur survie mais aussi pour retrouver le chemin de ce qu'ils appellent, parfois, "maison".
Voici une histoire qui risque fort de vous marquer durablement. L'excellent scénario a été écrit par un Grant Morrison dont on connaissait déjà le talent mais qui parvient, ici, à nous toucher peut-être plus encore que d'habitude grâce à de petits animaux, aussi dangereux qu'émouvants. Les dessins sont signés Frank Quitely, pas un inconnu non plus donc, qui nous offre un découpage incroyablement travaillé, des angles de vue originaux et stupéfiants d'efficacité, des traits frisant la perfection et, grenade à fragmentation sur le gâteau, quelques scènes qui peuvent aisément figurer parmi les plus spectaculaire jamais vues.
La planche ci-dessous montre, par exemple, un type en train de se faire... "évaporer" par un tir nourri. Les projectiles semblent surgir de la page pour boucher notre champ de vision et ce n'est qu'après un moment que l'on commence à distinguer du sang, des membres, derrière ce pudique brouillard de balles. Sensations garanties.
Le fait de choisir, comme personnages principaux, un chat, un chien et un lapin peut sembler quelque peu enfantin. C'est du moins ce que l'on peut se dire au départ, surtout en voyant les animaux arborer des armures très "manga", aux douces couleurs pastel. C'est pourtant une habile trouvaille qui fonctionne très bien. Non seulement l'opposition entre l'innocence des bêtes et le rôle qu'on leur destine n'en est que plus évidente mais, surtout, le lecteur - à moins d'avoir
un putain de cœur de pierre - est cueilli tout de suite.Les animaux ne sont pas choisis au hasard d'ailleurs : ce sont probablement les espèces les plus proches de l'homme, les plus attachantes, mais aussi les plus fragiles et tributaires de nos actions.
Le danger évident serait de verser dans l'anthropomorphisme et, en cherchant la corde sensible, de nous prendre pour de gentilles nouilles trop émotives. Pourtant, le risque est évité et c'est presque l'inverse qui est mis en scène, car à travers la perte de leur "animalité", c'est bien de la perte de l'humanité - ou de ce qu'elle devrait être - qu'il est question.
Bien des dérives sont possibles sur l'interprétation du sens de cette série. Il n'est pas question d'en faire un pamphlet anti-militariste (l'homme est ainsi fait qu'il a besoin d'avoir des flingues pour calmer les ardeurs de ses voisins) ni d'en profiter pour sacraliser l'animal au-delà du bon sens (certaines expérimentations doivent être tentées si elles peuvent sauver des vies). Par contre, si l'on quitte les fanatismes idéologiques de tout bord, l'on peut se laisser aller à méditer sur la place de l'animal dans la société (même celui qu'on bouffe, un poulet, c'est moins mignon qu'un chaton, mais ce n'est pas une raison pour l'élever en batterie) ou sur celle de l'homme, qui corrompt tout et se donne bonne conscience pendant cinq minutes en signant une pétition contre la corrida (sans même connaître les tenants et aboutissants de cette pratique) puis sans va joyeusement reprendre son rôle de connard absolu au volant de sa Renault en roulant, sans le faire exprès évidemment - les imbéciles ne font jamais rien exprès - sur la première bestiole qui traverse une rue un peu trop droite et trop longue. Les petites habitudes à la con tuent bien plus que les "grandes causes". Mais qui se préoccupe vraiment des petites habitudes à la con ?
Ce comic Vertigo, d'une centaine de pages, a été publié par Panini en 2006, puis réédité par Urban Comics en 2012 dans une version Deluxe, agrémentée de bonus. Ce dernier ouvrage est toujours disponible au prix de 15,50 euros.
Une belle BD, bénéficiant de magnifiques dessins et d'un propos suffisamment rare et profond pour vous remuer le bide, voire les méninges.
| + | Les points positifs | - | Les points négatifs |
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Publié le
1.3.18
Par
Virgul
Petite info, les matous, sur une nouvelle rubrique périodique à venir sur UMAC !
Est-ce que vous vous rappelez de vos cours de science physique au collège ?
C'était chiant, hein ?
Peut-être même que vous êtes actuellement scolarisé, auquel cas c'est encore plus chiant.
Eh bien, nous allons tenter de vous faire aborder la science autrement.
Pour cela, nous accueillons dans l'équipe Cédric, alias Feezhic, un physicien (un vrai, hein), enseignant et chercheur, mais aussi fan de science-fiction et vulgarisateur (jetez donc un œil à son profil dans la section Staff, ainsi qu'à sa chaîne youtube).
Les pastilles Pop Science vous feront découvrir la science dans ce qu'elle a de plus merveilleux et fascinant. Il y a aura des vidéos, des réponses que l'on espère simples à des questions compliquées, et, forcément, des références à la pop culture.
Et j'ai même le droit de jouer avec des tubes à essai !
Miaw !
Publié le
28.2.18
Par
Tacgnol
L’ouvrage est à la fois imposant, fragile et d’une grande consistance iconographique et textuelle. Fragile, par sa couverture matte, très douce, élégante, mais s’abîmant au moindre frottement, imposant par son format hors normes pour profiter des reproductions pleines pages, et consistant avec la masse d’informations pertinentes distillées. Il comporte 160 pages, imprimées en quadrichromie sur papier Munken pure 150 g.
Un avertissement ouvre le livre : Osamu Tezuka ne souhaitait pas à la base que ses lecteurs et les amateurs de BD découvrent "les défauts" de ses planches : retouche à l’encre blanche, découpage, traces de vieillesse... Cependant, à la demande du FIBD, dans le cadre de l’exposition qui lui est consacrée au musée de la ville Angoulême, les œuvres sont ici reproduites dans leur intégralité, sans fard.
Le livre se poursuit avec l’indispensable, rapide et concise présentation de l’auteur, permettant de se situer dans le temps. Un paragraphe explique ce surnom de dieu, non pas au sens judéo-chrétien, mais plutôt saint patron.
Ensuite, le gros morceau reprend planches, illustrations et celluloïd vu dans l’exposition, grâce à de magnifiques photogravures, laissant savourer les détails. Elles sont regroupées selon des thèmes liés à une chronologie [1], entrecoupées de témoignages d’auteurs actuels (Naoki Urasawa, Taiyô Matsumoto, Rintarô...). Les panneaux et les cartels explicatifs accrochés aux murs sont repris à côté des reproductions des œuvres correspondantes. Certaines légendes démontent quelques mécanismes de mise en scène.
Une bibliographie complète le tout, avec tous les titres parus en français, même si la majorité sont désormais épuisés, voire introuvables.
Chose amusante, le livre est imprimé par Lego, qui tire déjà foultitude de mangas, et fait l’objet d’un tirage à 2000 exemplaires non numérotés.
En un peu plus de 40 ans de carrière, Osamu Tezuka aura su créer et renouveler le manga moderne, proposer des héros charismatiques et être encore à la pointe des innovations et recherches formelles dans la mise en scène. Un livre indispensable, complet, pour les amateurs de BD et les aspirants auteurs.
Osamu Tezuka – Manga no Kamisama
Un ouvrage de Stéphane Beaujean et Xavier Guilbert.
En vente exclusivement pendant le Festival d’Angoulême (du 25 au 28 janvier 2018) et sur ce site.
[1] En détail : 1. l’âge de l’innocence — la naissance du manga moderne : 1945-1950, 2. la recherche d’idéal — le développement du manga jeunesse : 1950-1965, 3. Confronter le réel — l’émergence du manga adulte : 1966-1978, 4. la révolution du "ciné-manga", 5. le dessin de manga selon Tezuka , 6. rencontre avec l’histoire 7 inventons et narration.
| + | Les points positifs | - | Les points négatifs |
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